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jeudi 20 décembre 2018

Gilets Jaunes "Compter sur nous-mêmes, compter sur l'intelligence collective de notre mouvement citoyen"

On a reçu ce texte qui sera bien utile pour alimenter le débat ce soir, jeudi 20 décembre au Café Repaire du Conflent (Bar du Canigou, 18h30 à Villefranche de Conflent)


Compter sur nous – mêmes,
Compter sur l'intelligence collective de notre mouvement citoyen


Qu'est-ce qui nous arrive ? 

Nous vivions replié sur nous mêmes. Depuis longtemps les choses avait perdu leurs sens. 
Nous ne savions plus sur quoi trouver appui et force. Le cynisme et le chacun pour soi régnait en maître. La peur régissait les comportements. Malheur aux faibles, aux fragiles, aux sensibles, aux pauvres, aux égarés. 

La vie même était devenue marchandise. La résignation, le fatalisme se mêlait à une colère intérieure immense qui trouvait son origine dans la violence sociale subie au travail, dans la rue, dans les regards, dans les humiliations vécues, dans la perte de notre dignité.

On ne voyait pas comment il pouvait être possible de reprendre prise sur un monde de démesure où tout semblait échapper à l'action de l'humain. 


Qu'est-ce qu'il nous arrive ! 

Il a suffit de revêtir un gilet jaune pour que les regards se posent sur nous, que l'on nous prête intérêt. Ce gilet jaune magique a aussi permis de nous reconnaître entre nous et de nous rassembler.

Timidement au début, tout doucement, au fil des jours, les hommes et les femmes se sont mis à parler, à échanger, à mettre des mots sur des vies trop souvent perdues à la gagner, pas pour vivre, juste pour survivre. Nous vivions dans une insécurité vitale, à flux tendu, nous vivions dans le court terme , tenaillés par l'inquiétude de ne pas y arriver. Et tout cela avait pourrit notre vie, notre regard sur le monde. Non seulement notre vie était pourrie mais celle de nos enfants, des compagnes ou compagnons, de nos familles, des copains. 


Et puis au fil des jours, on s'est surpris à être heureux de se retrouver ici, chaque jour, dans ces lieux de ralliement que sont les ronds-points. On s'est réapproprié l'espace public qui nous appartient. On s'en est rendu compte en devenant maître du macadam et de l'autoroute. Nous avons rencontré ici du respect de l'autre. Les regards se croisent et se rencontrent. On a finit par mettre des mots sur les sentiments que l'on éprouvait en ces lieux : de la fraternité , de la solidarité, de l'entraide, de la considération, de l'écoute, de la joie. 

Chacun peut y venir et participer à sa mesure. On y rencontre un noyau d'hommes et de femmes déterminés. On les reconnaît à leurs traits tirés, à la fatigue des jours et des nuits à organiser la résistance, à concrétiser cette détermination du mouvement qui n'a fait que se renforcer avec le temps. 

Chacun s'est rendu compte avec étonnement et émerveillement de la puissance de l'action collective. On ne croyait plus qu'il était possible de reprendre du pouvoir sur nos vies, de redevenir acteur de nos vies et non spectateur. Ce champ de vision nouveau nous a ouvert l'horizon et la peur de ne pas y arriver s'est éloignée à mesure que la confiance en notre action collective prenait de l'ampleur. 

Très vite, chacun se sera rendu compte que le combat qui s'engageait allait être un combat de longue haleine. On a jamais vu des privilèges être abandonnés sans résistance. Le pouvoir en place est capable d'exercer de la violence. On l'a expérimenté. 

Comme cela a été dit. Nous écrivons en ce moment une page d'histoire. 
Les enfants pourront être fiers des hommes et des femmes qui ont contribué à l'écrire. 

Le président Macron a fini par rompre son silence, les mains posées à plat sur le pupitre. Il cherche à acheter la paix sociale, en brandissant le bâton et la carotte. Menaces à l'encontre de ceux qui ne respecteront pas l'ordre public associées à des concessions financières truquées qui ne remettent rien en cause sur le fonctionnement d'un système économique qui détruit l'humain. 

Le pouvoir va chercher maintenant à courtiser les gilets jaunes. Pour cela Macron va déléguer le boulot aux élus locaux. Ils vont choisir des interlocuteurs les plus modérés et des associations qui joueront le rôle de cautions morales. Le but étant de diviser le mouvement pour le briser. 

Face à cela, il serait criminel de refuser de s'organiser. Libre à nous de construire des formes d'organisation horizontales et de continuer à mutualiser les connaissances, les informations les moyens tel que les réseaux se sont organisés de manière spontanée. Ce principe de mutualisation constitue la puissance d'une intelligence collective. Ce n'est pas de leaders dont nous avons besoin mais que chacun se porte responsable, s'engage à sa mesure. Nous n'allons pas remettre à nouveau notre destinée entre les seules mains de porte-paroles. 

Se retrouver autour des ronds points ne peut être une situation qui perdure. Il faut passer à une autre étape. La meilleure base pour asseoir le mouvement dans la durée c'est là où nous habitons. Dans chaque commune, les gilets jaunes sont en capacité de se réunir, de se reconnaître, de savoir qui est qui et qui fait quoi. Chacun peut être à l'initiative de créer un collectif de gilets jaunes sur sa commune. Libre à chacun de s'organiser en collectif spontané, en comité de salut public ou en association. Nous pourrons ainsi disposer des salles publiques pour nous réunir, nous organiser et agir dans la durée. 

Ces collectifs locaux de gilets jaunes associés à tous les citoyens de bonne volonté représenteront un contre-pouvoir citoyen local. Une manière de faire vivre la démocratie, d'exiger une transparence de gestion, que des comptes soient rendus, que les citoyens soient associés aux décisions tout au long des mandats électifs. 

Il est bon que des avancées sociales puissent être conquises dans les rapports de force avec le pouvoir politique. Mais le plus important pour toutes celles et ceux qui souffrent, sans attendre la venue de jours meilleurs, il faut prendre soin du lien social, de la solidarité, de l'entraide, de la fraternité. Le lien social constitue la véritable sécurité du vivre pour tous les laissés pour compte. Le pouvoir d'achat est une illusion dans la société capitaliste. 

Ici, maintenant, les citoyens organisés localement sont en capacité de créer des réponses aux besoins concrets qui changent la vie. En 1927, ici, à Céret, les ouvriers sandaliers du Vallespir avaient créé un café associatif « le café de France » afin de se donner un espace culturel et de loisir leur appartenant. Femmes, enfants et ouvriers se retrouvaient là le soir et les dimanches pour des moments joyeux et aussi pour organiser leur mouvement. C'est aussi durant ces années que la classe ouvrière créa des mutuelles, des coopératives, des cantinas semblables aux restaurants populaires que nous avons connus en Espagne où il était possible le dimanche de déjeuner avec toute la famille pour pas cher. 

Tout est possible et nous n'avons pas besoin pour cela d'attendre que les changements nous soient donnés d'en haut. Ils ne viendront jamais dans la forme dans nous avons besoin. 

Notre avenir nous appartient. 

Que chacun se porte responsable.

Pour qu'ensemble nous puissions compter avec l'intelligence 

et la puissance collective de notre mouvement !


Dominique BONNARD contribution personnelle au débat, contact : 06 22 71 79 47 

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