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mardi 25 avril 2017

Présidentielle : que pensent les partisans du revenu universel de la proposition de Benoît Hamon ?


Présidentielle : 

que pensent les partisans 

du revenu universel 

de la proposition de Benoît Hamon ?



Propos recueillis par Sophie Brunn
France Télévisions
Mis à jour le
publié le

La mesure portée par Benoît Hamon était au cœur des débats de la primaire de la gauche. Un mois et demi plus tard, le candidat a revu sa copie. Nous avons recueilli la réaction de Nicole Teke, membre du MFRB, qui milite pour l'instauration d'un tel revenu.




Benoît Hamon avant une conférence de presse, le 10 mars 2017, à Paris. (CHRISTOPHE SAIDI/SIPA)


C’était l’une des mesures phares de la campagne de Benoît Hamon pendant la primaire du PS et de ses alliés : la création d’un revenu universel. Une mesure qui a suscité bien des critiques, y compris dans le camp du candidat socialiste. Benoît Hamon présente son programme, jeudi 16 mars. Et si le revenu universel en fait toujours partie, il a été sensiblement modifié. Aujourd’hui, la "première étape" de la mesure concerne désormais aussi des salariés (ceux gagnant jusqu'à 1,9 smic). En revanche, elle ne touche plus tous les jeunes de 18 à 25 ans indistinctement : ceux qui sont salariés sont soumis à la règle générale. Le tout pour un coût évalué à 35 milliards d'euros.
Qu’en pense le Mouvement français pour un revenu de base (MFRB), mouvement citoyen transpartisan qui milite pour l’instauration d’un tel revenu ? Franceinfo a posé la question à Nicole Teke, sa coordinatrice des relations publiques.


Franceinfo : Depuis la primaire, Benoît Hamon a modifié son projet de revenu universel à plusieurs reprises. Etes-vous satisfaite de la version aujourd’hui retenue dans son programme présidentiel ?

Nicole Teke : Au MFRB, nous défendons un revenu de base qui repose sur trois piliers : il doit être universel (c’est-à-dire versé à tous), inconditionnel (sans exigence de contrepartie, que l'on travaille ou non), et enfin versé à titre individuel. Benoît Hamon a fait le choix de présenter une mesure par étapes et de se concentrer sur la première, qui ressemble plutôt à une prime d'activité améliorée. Il propose en effet d'automatiser le versement du RSA. Cela répond en partie au problème, car on sait que 36% des personnes qui ont droit à cette allocation aujourd'hui ne la demandent pas. Il propose aussi d'en augmenter le montant, à 600 euros par mois, et de l'ouvrir aux 18-25 ans. En ce sens, c'est une amélioration du RSA. Par ailleurs, Benoît Hamon propose aussi un complément de revenus pour tout travailleur qui perçoit un salaire net jusqu'à 1,9 smic mensuel : c’est une avancée. Mais si cette avancée est une étape vers le revenu de base, elle ne constitue pas un revenu de base en tant que tel.
Benoît Hamon imagine aussi une deuxième étape, celle d’un véritable revenu universel, mais qui est renvoyée à un horizon plus lointain, au-delà d’un premier quinquennat. Ce que nous craignons, c’est que, malheureusement, cette deuxième étape n'aboutisse pas. Elle sera conditionnée à un conseil citoyen qui devra déterminer s’il faut l'universaliser ou en augmenter le montant, comme Hamon s’y était engagé lors de la primaire (à l'époque, il défendait un revenu de base à 750 euros). Tout cela dépend de facteurs qui rendent la mesure beaucoup plus incertaine. 

Ce qui vous pose problème, et vous fait dire que ce n’est pas en l’état un revenu universel, c’est l’absence d’inconditionnalité ?

La première étape du revenu universel de Benoît Hamon n'est ni universelle, ni inconditionnelle, ni individuelle, alors que pour nous, c’est ce qui caractérise un revenu de base. Son revenu n'est pas universel car il sera distribué à une certaine catégorie de population (qui certes en a besoin, mais il n'est pas versé à tous). Il ne sera pas individuel : aujourd'hui, le RSA est versé sur la base du couple ou du ménage, et je n'ai pas entendu Benoît Hamon dire qu'il allait verser le RSA de manière individuelle. C'est pourtant ce qui permettrait de diminuer les dépendances économiques, dans le couple notamment, et de favoriser une plus grande émancipation. Enfin, le revenu ne sera pas non plus inconditionnel, puisqu'il est prévu sous condition de ressources. Donc aucun des trois critères n'est rempli dans cette première étape.

Ces amendements n'étaient-ils pas nécessaires pour rendre le revenu universel acceptable ? Est-ce une façon de "faire passer la pilule" aux yeux des opposants ?

Je ne sais pas, mais cette nouvelle proposition de Benoît Hamon se rapproche beaucoup de celle de Manuel Valls pendant la primaire. Or Manuel Valls a perdu, pour d'autres raisons bien sûr, mais on pense que si les électeurs ont voté Benoît Hamon, c'est bien en raison de ce revenu universel, parce qu'ils croyaient en cette idée novatrice. Ce recul pourrait, au final, avoir des effets plus négatifs que positifs sur son électorat. Aujourd’hui, on se rapproche davantage d'une nouvelle allocation, certes améliorée, mais finalement assez classique.

Mais avec ces modifications, Benoît Hamon répond aussi aux critiques sur le financement de sa mesure...

Pendant la primaire, il avait pourtant bien expliqué cette question du coût. Il faut distinguer le coût brut et le coût net : on va donner un revenu universel, mais en contrepartie, on prélèvera un impôt. Plus les revenus augmentent, plus l'impôt sera élevé. Ce qui fait qu'à partir d'un certain seuil, généralement les 20% des revenus les plus élevés, ces individus ne perçoivent plus de revenu de base, mais contribuent davantage à son financement. Outre ce financement par l’impôt sur le revenu, Hamon propose aussi une taxe progressive sur le patrimoine et une taxe sur les robots. Finalement, la question du coût relève d’une décision politique. Benoît Hamon est tombé dans ce piège de devoir défendre un coût moindre du revenu de base, alors que ce n'est vraiment pas le fond du problème.

Les modifications apportées changent-elles, pour vous, la philosophie et l’objectif du revenu universel, en particulier la volonté de permettre un autre rapport au travail ?

Pour nous, le revenu universel est un moyen non pas de s’opposer au travail, mais de s'opposer au travail subi. C'est l'idée de pouvoir donner une liberté de choix à tout individu et d'équilibrer le rapport de force entre l'employeur et l'employé. On ne pense pas qu’à cause du revenu universel, tout le monde restera chez soi à regarder la télé sans rien faire. Au contraire, il s’agit aussi de permettre une certaine émancipation et de revaloriser des activités qui, aujourd’hui, ne sont pas considérées comme productives, comme le bénévolat ou l'implication dans des associations.
Pendant les débats de la primaire, Benoît Hamon avait su faire passer ce message. J'ai aujourd’hui l'impression qu'il se recentre beaucoup plus sur l'éradication de la pauvreté et le pouvoir d'achat.

Au final, est-ce que vous vous réjouissez qu’un candidat ait porté cette mesure, même inachevée ? Ou craignez-vous que cette version, si différente de votre objectif, compromette sa mise en œuvre ?

Le fait que Benoît Hamon ait porté le revenu universel comme une mesure phare de sa campagne a été, bien sûr, bénéfique. Cela a permis d'introduire l'idée au cœur des débats politiques, c’est une avancée historique ! Le risque, c'est que le revenu de base soit coloré politiquement, qu’il apparaisse comme une mesure du PS et de Benoît Hamon. Certains partisans de la mesure, qu’on peut trouver chez Les Républicains, à En marche ! ou même autour de Jean-Luc Mélenchon, se sont bien gardés de la défendre au vu de ce contexte.
On espère qu'après les élections présidentielles, peut-être au cours des législatives, on pourra avoir un appui en dehors du PS. Nous défendons vraiment le revenu de base comme une idée au-delà du clivage gauche-droite, qui rassemble toutes les forces progressistes qui veulent défendre cette idée à l'échelle nationale. Ce n’est une mesure ni de gauche ni de droite, elle a des partisans comme des détracteurs des deux côtés de l’échiquier politique.

Source : http://www.francetvinfo.fr/politique/ps/primaire-a-gauche/presidentielle-que-pensent-les-partisans-du-revenu-universel-de-la-proposition-de-benoit-hamon_2098303.html

lundi 24 avril 2017

L'Entonnoir - Programme du 24 au 30 avril 2017

Programme de la semaine du 24 au 30 avril 2017



["atelier de l'entonnoir"]
4 mai 19h : réunion des bénévoles motivés à donner un coup de main pour la journée de soutien à l'Entonnoir.
Une quinzaine de bénévoles seront nécessaire pour organiser en amont et gérer les ateliers pendant la journée du 10 juin (loto, pétanque, vente aux enchères, adhésion et inscription, service au bar ainsi que d'autres propositions d'ateliers…)
Si vous êtes intéressés, contactez Jégé ou Marine pour plus de renseignements.
Jégé : 06 42 38 97 96 Marine : 06 33 60 76 75
- Collecte de vêtements pour Homme -
L'association ACAL attend l'arrivée de nouveaux migrants à Campôme. On compte sur vous pour déposer les vêtements à l'Atelier de l'Entonnoir.
Contact Manon 06 78 24 88 61
Lundi
18h : Qi Gong
avec Véro
Mardi
10h sur le marché : Viens chanter avec les Wargasound!!!
matin : Permanence de Omnibus
Prêts et ventes de livres
12h30 : Incroyable Cantine populaire
C'est, bio et végétarien,
préparé par les adhérents, ... par vous la semaine prochaine?

Menu entrée/plat/dessert à 6 Euros
20 Réservations mardi à partir de 11h au 04 68 97 06 12
Mercredi
17h30 : Jeux de société
Apportez vos jeux préférés, ouvert à tous en autogestion!

18h30 - 20h:  Atelier Jongle
Initiation Jonglage avec Lili et Fab

Les beaux jours sont de retour ! On ressort les balles, massues, diabolos,... C'est l'atelier Jonglage !
Viens t'initier, apprendre de nouvelles figures et partager les tiennes.
C'est gratuit, ouvert à tous et apporte ton matériel si tu en as.
18h30 : Grainothèque
Bienvenue pour l'échanges de graines
Jeudi
17h15 - 18h15 : Théâtre pour adultes débutants
Pour faire quoi ? Différents exercices permettant de maîtriser l'espace, le corps, la voix…
Seulement des exercices ? Oh que non, un petit spectacle de moins de trente minutes en fin d'année, à l'Entonnoir,
Devant les amis bienveillants, permettra de travailler un texte et de s'imposer une nécessaire pression permettant de progresser …
Ça coûte combien ? Ça ne coûte rien.
Qui contacter ? Olivier au 06 20 76 60 82
Vendredi
10-12h : Yoga Ashtanga
Parce que le yoga est une pratique qui mérite d'être connu de tous !
2h de la première série + méditation finale.
Venir avec son tapis, l'estomac vide, et bien sûr dans la joie et la bonne humeur...
Place limitée à 8, voire 10 maximum
Vendredi  à partir de 18H30...

Projection + Concert !

21h30 Concert de La Gouailleuse
Des textes ciselés dans la vie de tous les jours.

Chansons vivantes et grinçantes.
Comme d'habitude petite restauration sur place...
Prix libre et adhésion à l'association obligatoire !
Pour ceux qui aiment faire plusieurs soirées en une, il y a aussi une soirée à l'Alchimie ce vendredi.

www.atelierdelentonnoir.fr

Atelier de l'entonnoir
1 rue des Marchands
66500
Prades
Tel :04-68-97-06-12
contact@atelierdelentonnoir.fr

L’agrandissement de l’aéroport de Vienne interdit au nom de la protection du climat


L’agrandissement de l’aéroport de Vienne interdit au nom 

de la protection du climat


par




Le tribunal administratif fédéral autrichien a décidé, en février, d’interdire la construction d’une troisième piste pour l’aéroport de Vienne, la capitale. Et ce, pour des raisons de protection du climat. Le projet d’une troisième piste a été lancé il y a dix ans, quand la politique climatique n’avait pas l’importance qu’elle a acquise aujourd’hui. Au moment d’examiner s’il devait l’autoriser ou non, le tribunal a jugé que la hausse des émissions de CO2 engendrée par la nouvelle piste était devenu un aspect si décisif qu’elle justifiait à elle seule l’interdiction. Une décision qui fait écho aux débats en France autour du projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes.

« L’intérêt général de la protection contre les conséquences négatives du changement climatique est plus important que les avantages de ce projet en matière de développement régional et d’emploi, a expliqué la cour. Avec la construction d’une troisième piste à l’aéroport de Vienne, et avec l’accroissement du trafic aérien qui en découlerait, les émissions de gaz à effet de serre de l’Autriche augmenteraient significativement ». Selon les juges, « ces émissions supplémentaires de CO2 ne se justifient pas, même face aux aspects positifs que présente le projet » [1].

La décision autrichienne n’est pas encore définitive. Des collectivités locales et la société exploitante de l’aéroport s’y opposent et contestent le jugement. L’aéroport de Vienne est le 20ème plus important aéroport européen en terme de trafic, avec plus de 22 millions de passagers par an. Les partisans de l’agrandissement font valoir la concurrence économique dans un contexte de développement du trafic aérien : Prague construit une nouvelle piste et de nouvelles infrastructures sont en cours d’édification à Lisbonne, Varsovie et Istanbul. Reste que cette décision, prise au nom de l’intérêt général et du climat, est une première. Elle pourrait avoir des conséquences sur d’autres batailles en cours autour de projets de nouvelles pistes d’aéroport, comme celui de Munich en Allemagne, ou de Notre-Dame-des-Landes.

dimanche 23 avril 2017

Le Front national n’est pas le meilleur ami des animaux


Le Front national n’est pas 

le meilleur ami des animaux



 Par Pascal Durand, Eurodéputé écologiste et vice-président de l’Intergroupe sur le bien-être animal au Parlement européen


 Marine Le Pen candidate à l' élection présidentielle de 2017, arrive au Parlement européen, à Strasbourg, le 14 décembre 2016. Photo Pascal Bastien pour Libération


La volonté de Marine Le Pen de « faire de la protection animale une priorité nationale » ne se traduit pas dans les votes de son parti au Parlement européen, bien au contraire.

La condition animale préoccupe nos concitoyens. Un récent sondage souligne que 80 % des Français considèrent que la protection des animaux est intimement liée à leur conception de la société. Le travail accompli depuis des années par les associations et des lanceurs d’alerte ainsi que les récentes prises de position de personnalités ont fait évoluer les mentalités. Comme souvent, la classe politique est en retard sur la société et les poncifs sur «l’amour des animaux» peinent à cacher la réalité de discours sur les bienfaits de la chasse ou de traditions pour justifier la cruauté gratuite imposée à des êtres vivants. Considérer l’animal comme un être vivant et sensible à part entière et non comme un meuble, c’est repenser l’idée que nous nous faisons de la souffrance et de la dignité. Des conditions d’élevage, de transport et d’abattage aux différents types de chasse et au trafic des espèces sauvages en passant par la corrida, le cirque ou les expérimentions animales, nombreux sont les domaines dans lesquels la réalité de la souffrance animale ne peuvent, ni ne doivent, être ignorés. Le vivant, fragile par nature, est indivisible et il serait décent que certains arrêtent de se servir de la cause animale comme d’un accessoire de communication. Laissant de côté ceux qui méprisent ouvertement la cause animale, regardons la réalité des votes au Parlement européen d’un mouvement politique qui instrumentalise ouvertement le bien-être animal à des fins électoralistes.

Mme Le Pen aime les déclarations sur «la manière dont nous traitons les animaux», mais ses votes et ceux du groupe qu’elle préside vont à l’encontre du bien-être animal. Prisonniers de leur idéologie, les députés frontistes privilégient leur vision nationaliste plutôt que de permettre des avancées concrètes à l’échelle européenne de la question du bien-être animal. Et les exemples ne manquent pas. Ainsi, récemment, le groupe Front national, considérant les chasseurs comme les premiers écologistes, a été le seul groupe politique parmi les eurodéputés français à s’opposer à l’adhésion de l’Union européenne à la convention Cites interdisant le commerce international des espèces menacées d’extinction. Comment, de bonne foi, se proclamer défenseur de la cause animale et de la biodiversité et défendre ce commerce au moment où nous vivons la sixième extinction animale de masse ?

En novembre 2015, le FN votait contre une résolution demandant à la Commission d’interdire, à l’échelle de l’Union, «toute utilisation traditionnelle ou culturelle d’animaux qui s’accompagne de mauvais traitements ou de souffrances», permettant ainsi aux amis de la corrida de continuer leur barbare loisir. Le 14 mars, le Parlement européen demandait à la Commission de prendre des mesures pour mettre un terme à la tragique situation des lapins en interdisant l’élevage en cages. Les eurodéputés FN ont préféré, dans leur grande majorité, voter contre - ou s’abstenir - afin de ne pas déplaire à l’industrie alimentaire française, troisième productrice de lapins d’élevage en Europe. La production de masse, l’industrialisation de l’élevage et le système concentrationnaire qui en découle ne semblent pas concerner celles et ceux qui, pourtant, prétendent « faire de la condition animale une priorité nationale ».

Lorsqu’en décembre 2012 et en novembre 2015, les écologistes européens veulent introduire une durée maximale de huit heures pour le transport des animaux, le FN vote à deux reprises contre toute amélioration de cette situation, préférant ainsi laisser ces animaux entassés dans les camions, sans aucun espace leur permettant de se coucher ou même de se mouvoir et qui, pour beaucoup d’entre eux, se termine par une mort lente et douloureuse. Malgré ses diatribes sur la Politique agricole commune, Mme Le Pen n’a jamais eu l’intention de la réformer ni de la remplacer par une «politique alimentaire durable» qui prenne pleinement en considération l’animal. «Si la lutte contre la souffrance animale est absolument légitime, il ne faut pas qu’elle soit un prétexte pour remettre en cause l’élevage français», assurait ainsi le FN lors des élections européennes de 2014.

Bref, ne changeons rien !

Comme souvent, la question animale se trouve ainsi reléguée au second plan, après celle du maintien d’un modèle industriel d’élevage. Or, sans stigmatiser les éleveurs, victimes directes d’un système productiviste et intensif qui leur est imposé, il faut souligner que ce modèle, par ailleurs préjudiciable à l’environnement, ne vise que le profit des gros industriels de l’agroalimentaire et allie la souffrance animale à la souffrance humaine. Il suffit de voir la profonde détresse des petits éleveurs, leurs difficultés à survivre, ou observer le désespoir des employés dans les abattoirs pour comprendre que la souffrance animale ne diminue en rien la souffrance humaine, bien au contraire. Pourtant, des solutions existent. Il suffit d’avoir le courage de s’opposer politiquement aux lobbys industriels et d’accompagner les éleveurs pour une meilleure prise en compte du bien-être animal. En remettant cette question au cœur des formations agricoles et en conditionnant une partie des aides agricoles au respect de la condition animale, nous pouvons améliorer le sort. Les conditions d’élevage, de transport et d’abattage des animaux doivent être strictement encadrées, au niveau européen comme au niveau national, les aides conditionnées au respect de ces règles et les sanctions pour ceux qui enfreignent les lois doivent être exemplaires.

Mais sur ces sujets encore, le FN vote contre. Et la liste des incohérences entre le discours cosmétique des élus FN et la réalité de leurs positions ne fait que s’allonger. Loin du parti «antisystème» qui valoriserait la condition animale, les eurodéputés frontistes soutiennent les grands groupes agroalimentaires qui ne pensent «animal» que par le prisme de l’exploitation et du profit. Par ailleurs, au fond, pour eux, les animaux restent des accessoires pour les amoureux de la chasse, du divertissement animalier, des cirques, de la corrida, bref des amoureux de la mise en scène de la souffrance, du sang et de la mort. La question de notre rapport aux animaux et au vivant n’est pas un sujet politique parmi d’autres. Il constitue un projet de société. Et s’il est clair que pour le Front national, c’est le vieux monde qui constitue son seul horizon, le monde nouveau que nous voulons construire sera solidaire et respectueux du vivant sous toutes ses formes.

Pascal Durand Eurodéputé écologiste et vice-président de l’Intergroupe sur le bien-être animal au Parlement européen
Source :  http://www.liberation.fr/debats/2017/04/12/le-front-national-n-est-pas-le-meilleur-ami-des-animaux_1562299