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mercredi 18 janvier 2017

Caméras dans les abattoirs : feu vert surprise de l'Assemblée


Caméras dans les abattoirs : 

feu vert surprise de l'Assemblée



Par Anne Pascale REBOUL |




L'Assemblée nationale a voté de façon inattendue jeudi soir l'obligation d'installer des caméras de surveillance dans les abattoirs à partir de 2018, souhaitée par les radicaux de gauche et les associations de protection animale.

Bêtes mal étourdies, accrochées vivantes... Les images chocs diffusées début 2016 par l'association L214 avaient suscité beaucoup d'émotion et entraîné un plan gouvernemental en faveur du bien-être animal.

Et les députés avaient mis cette question au coeur d'une commission d'enquête, dont a découlé une proposition de loi portée par Olivier Falorni (DVG) et son groupe des radicaux de gauche, comprenant cette mesure phare sur les caméras dans les abattoirs.

À partir du 1er janvier 2018, et à l'issue d'une expérimentation, "des caméras (seront) installées dans tous les lieux d’acheminement, d’hébergement, d’immobilisation, d’étourdissement, d’abattage et de mise à mort des animaux", stipule la disposition adoptée, à laquelle se sont finalement ralliés les socialistes et le gouvernement.

L'expérimentation devra permettre "d’évaluer l’opportunité et les conditions de la mise en place" des caméras, ont fait préciser les socialistes via un amendement à ce texte examiné en première lecture.

Il est cependant loin d'être certain que la proposition de loi puisse être définitivement adoptée d'ici à la fin de la législature dans six semaines.

"Nous sommes déjà dans des discussions pour des expérimentations (...) Actons le fait que ça va se généraliser", a plaidé le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll après une interruption de séance, alors qu'il s'était montré prudent jusqu'alors, invoquant "la crise de l'élevage" et le "respect des travailleurs" dans les abattoirs.

Les directions des abattoirs ne pourront par avoir accès aux images enregistrées, à la différence des responsables de protection animale désignés dans les établissements ainsi que des services de l'Etat de contrôle vétérinaire.

- menace sur les "petits abattoirs" -

Malgré l'opposition de quelques députés de droite et du centre, qui pronostiquent déjà que "les petits abattoirs disparaîtront" compte tenu de cette nouvelle charge, l'obligation d'installer des caméras a été adoptée par 28 voix contre 4, dans un hémicycle peu garni à l'heure du débat télévisé de la primaire organisée par le PS.

Les radicaux de gauche se sont félicités de ce vote alors que l'affaire partait "mal engagée" après un examen difficile en commission en décembre.

Unanimes dans la dénonciation des actes de cruauté envers les animaux, les élus s'étaient divisés sur la question de la vidéo dans les abattoirs, déjà mise en oeuvre notamment en Grande-Bretagne.

L'opinion publique y est massivement favorable, à hauteur de 85% selon un sondage d'octobre.

Dans un courrier commun, dix ONG de protection animale, dont les fondations 30 millions d'amis et Brigitte Bardot, CIWF et L214, avaient mis la pression sur les députés pour qu'ils soutiennent le contrôle vidéo obligatoire afin que la proposition de loi ne soit pas vidée de "toute substance".

Le syndicat des abatteurs et découpeurs industriels, Culture viande (70 adhérents, 35.000 salariés), avait objecté en vain que "la protection animale à l'abattoir n'est pas une affaire de caméras", mais "avant tout une question d’hommes, de formation et de bon sens".

"Je crois plus à la pertinence de lanceurs d'alerte formés et protégés qu'à un système de vidéosurveillance", avait aussi déclaré à l'AFP Dominique Langlois, patron d'INTERBEV, l'Association Nationale Interprofessionnelle du Bétail et des Viandes, pas hostile cependant à une expérimentation.

Les députés ont par ailleurs supprimé une disposition du texte initial qui prévoyait, dans les abattoirs de boucherie de plus de 50 salariés, la présence permanente d'un agent des services vétérinaires aux postes d’étourdissement et de mise à mort.

"Si on va vers la vidéosurveillance, on ne peut pas en même temps demander à l'Etat de mettre un vétérinaire par chaîne d'abattage", a estimé M. Le Foll.

Un comité national d'éthique des abattoirs sera créé au sein du Conseil national de l'alimentation. Les députés ont aussi voté pour un rapport sur les modalités d’une possible interdiction de l’abattage des femelles en gestation.

Les parlementaires ont longuement débattu de l'abattage rituel. "Nous sommes en train de travailler avec les cultes", a noté le ministre.

Source : http://www.lavoixdunord.fr/102521/article/2017-01-12/cameras-dans-les-abattoirs-feu-vert-surprise-de-l-assemblee


lundi 16 janvier 2017

OGM cachés - nouvelle action des faucheurs volontaires en Côte d'Or

Communiqué des Faucheurs Volontaires :

Des OGM cachés dans les champs de colza en Bourgogne, ça continue...

Fauchage d’une nouvelle plate-forme d'essai de colza muté.

Ce vendredi matin 13 janvier, sur la commune de Messigny en Côte-d’Or, les Faucheuses et Faucheurs Volontaires ont neutralisé une nouvelle plate-forme d'essai de colza contenant des variétés rendues tolérantes à des herbicides (VrTH) issues de
mutagénèse. Cette technique est définie comme OGM par la directive européenne 2001-18, mais est exclue de son champ d'application, ce qui exempte ces variétés de toute évaluation, traçabilité et étiquetage.

Ces OGM se retrouvent donc cachés dans nos champs et nos assiettes !
Déjà, le 28 novembre dernier, nous étions intervenus sur des plate-formes d’essai mises en place par Dijon-Céréales et avions dénoncé le développement de ces cultures d’OGM cachés.

Nous sommes déterminés à poursuivre nos actions de désobéissance civile, tant que ces semences de colza et de tournesol OGM resteront commercialisées.
Il y a urgence ! Le gouvernement doit mettre enfin en place un moratoire sur ces cultures avant les prochains semis de tournesol au printemps 2017.

Nous dénonçons par ailleurs la propagande mensongère développée par les promoteurs de ces cultures auprès des agriculteurs, alors que ce ne sont en réalité que de fausses solutions à des problèmes agronomiques créés par les pratiques de
l’agriculture industrielle. Les plate-formes d’essai de ces variétés ont pour seul but de participer à cette propagande.

Non au passage en force des OGM cachés, des brevets et des pesticides qui vont avec. Oui à la préservation de nos systèmes de production agricole respectant notre santé et notre environnement. Oui à une alimentation choisie et de qualité.

Les Faucheurs Volontaires à Messigny, le 13 janvier 2017

dimanche 15 janvier 2017

ALERTE : URGENCE MARINALEDA

ALERTE : 

URGENCE MARINALEDA



Lundi, 9 Janvier, 2017 - 15:53

Marinaleda, village andalou en autogestion, est quasiment la seule expérience de ce type en Europe. Et ça marche !

Il aura fallu plus de 10 ans d’occupation de terres, de répression, de violences du pouvoir, de privations, pour que les « sans-terre » de Marinaleda arrachent 1 200 hectares au duc de l’Infantado, ami du roi père, et grand propriétaire dont les domaines s’étendent à l’infini.

Depuis, Marinaleda a créé un mode de fonctionnement non capitaliste : égalité des salaires, auto-construction (15€ par mois à la charge des familles), services à la population gratuits, pas de chômage, décisions prises en assemblées générales de la population (40 à 50 par an).

La communauté s’est dotée d’une usine coopérative : fabrication d’huile d’olive. 
L’expérience peut devenir contagieuse... Son maire, J. M. Gordillo, réélu depuis 30 ans, a été victime d’agressions, de tentatives d’assassinat. L’existence même de Marinaleda insupporte la droite et ici le Parti socialiste Espagnol (PSOE) qui dirige le gouvernement autonome andalou. La présidente de la Junta, Susana Díaz vise le leadership national du parti. Le PSOE souhaite en finir avec cet havre de « socialisme ».

La Junta a mis en demeure la communauté d’acheter les terres, qui avaient été conquises de haute lutte contre le duc. Pour le maire et les habitants de Marinaleda, pas question d’acheter la terre. Ils la travaillent en usufruit. En partagent les fruits. Et puis la terre n’est pas un bien marchand, m’a dit, il y a quelques minutes le charismatique maire. En fait, le gouvernement socialiste andalou, en attaquant Marinaleda, veut renflouer ses caisses, et surtout liquider cette « utopie concrète ».

Tous solidaires et vigilants !

Nous sommes tous Marinaleda.

Signez la pétition qui circule. Elle est incomplète, mais a le mérite d’alerter.

vendredi 13 janvier 2017

Mobilisation réussie : à Dax, les faucheurs de chaises l’ont emporté sur la banque fraudeuse

Mobilisation réussie : 

à Dax, les faucheurs de chaises 

l’ont emporté 

sur la banque fraudeuse



10 janvier 2017 / Baptiste Giraud et Raphaël Bodin (Reporterre)



Le procureur de Dax a demandé lundi 9 janvier la relaxe pour le faucheur de chaises Jon Palais. Au même moment, plus de 2.000 personnes le soutenaient et dénonçaient l’évasion fiscale. Une mauvaise opération pour la BNP, absente au tribunal, et qui voit sa plainte se retourner contre elle.

  • Dax (Landes), reportage

« On va prendre le dossier pour lequel nous avons un public enthousiaste. » Pas habituée à ce qu’une audience au tribunal de grande instance de Dax suscite tant d’intérêt, sa présidente n’en était pas moins compréhensive, lundi 9 janvier en début d’après-midi. Il faut dire que la mobilisation avait de quoi surprendre la cité landaise. Alors que le petit tribunal était plein à craquer, on entendait, venu du dehors, le chant de la foule : « Ce ne sont pas les faucheurs qu’il faut juger, mais l’évasion fiscale en bande organisée. »

Deuxième surprise, la banque BNP n’était pas représentée à l’audience. La directrice d’agence, qui avait porté plainte pour la banque, n’était pas là, et aucun avocat n’avait fait le déplacement. Alors même que la BNP s’est constituée partie civile et demande un euro symbolique « en réparation du préjudice ».

Jon Palais est accusé de « vol en réunion » ainsi que de refus de prélèvement ADN lors de son audition à la gendarmerie en juin 2016. Caroline Joly, l’une de ses avocate avec sa mère Eva Joly, s’est d’abord attaquée au second point, l’ADN, en arguant de la nullité de la procédure : un tel prélèvement ne peut se faire qu’avec l’autorisation du parquet, or celle-ci n’apparaît pas dans le dossier. Le procureur allait dans son sens : « En tant que magistrat, je suis le premier garant des libertés individuelles. La procédure est viciée » constate Jean-Luc Puyo.

Sur le fond, la présidente a rappelé les faits et donné la parole à l’accusé : « J’ai effectivement participé à cette action de réquisition de chaises, j’en étais le porte-parole », a reconnu Jon Palais. « Le but était de dénoncer l’évasion fiscale, ce n’était pas d’utiliser pour notre propre bien les chaises. » Interrogé sur cette non appropriation des chaises, il a ensuite rappelé comment elles ont été rendues aux forces de police le jour de l’ouverture du procès de Jérôme Cahuzac, devant le tribunal.

Pourquoi le refus de prélèvement ADN ? « L’action s’est déroulée en plein jour, à visage découvert, nous étions filmés. Je trouvais anormal que l’on me demande les prélèvements. C’était me traiter comme un criminel. »

« Réquisition », « emport », mais pas d’« appropriation »



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Deux mille personnes dans les rues de Dax
 

Deux témoins ont ensuite été entendus. Antoine Peillon d’abord, grand reporter et spécialiste de l’évasion fiscale. Il a raconté « l’accueil et l’hébergement de ces chaises par des personnalités », dans le 14e arrondissement de Paris, « au vu et au su de la police ». « Confisquer ces chaises, c’était de l’ordre de la manifestation d’idées, je n’y ai pas vu le moindre motif crapuleux », a-t-il ajouté, avant de rappeler la réalité de l’évasion fiscale et l’inaction de l’État. Puis Vincent Drezet, inspecteur général des finances publiques, a expliqué avoir soutenu ces actions au nom du syndicat Solidaires finances publiques, dont certains membres sont eux-mêmes des faucheurs de chaises.

Venait alors le tour du procureur : « Nous n’avons pas d’élément d’appropriation frauduleuse de Jon Palais ou des autres participants » a-t-il analysé. En conséquence, « l’infraction de vol n’est pas constituée ». Un peu plus tôt, il avait parlé de « l’emport – et je choisis mes mots – des chaises ». « Je suis le premier à adhérer à l’idée de lutter contre la fraude fiscale, je suis le premier à déférer des fraudeurs devant la justice », poursuivait-il, avant de rappeler qu’il a été pendant 4 ans « vérificateur de fiscalité », c’est-à-dire contrôleur fiscal… Il a demandé la relaxe de Jon Palais.

Ses avocates se voyaient ainsi couper l’herbe sous le pied, n’ayant pas eu l’occasion de développer leurs arguments. Eva Joly dissertait sur le rôle des banques dans l’évasion fiscale, sujet qu’elle maîtrise sur le bout des doigts : « Chacun est conscient du déséquilibre dans de procès, entre un militant pacifiste qui vit avec moins de 1.000€ par mois, et la 4e banque mondiale, qui a fait 6,7 milliards de bénéfices l’année dernière, dont un tiers dans des paradis fiscaux. » 

Les faucheurs de chaises ont gagné la bataille médiatique


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Les faucheurs de chaises ont gagné la bataille médiatique


Mis en délibéré, le jugement sera connu dans deux semaines, le 23 janvier. « C’est déjà une grande victoire de se sentir compris par le procureur », déclarait Jon Palais à la sortie de l’audience. L’autre victoire, c’est qu’il se trouvait alors face à une meute de journalistes. Le Figaro, Le Monde, AFP, BFM, iTélé, RTL, France Bleu, Mediapart, … Tous ont fait le déplacement.

« La bataille médiatique est perdue par la BNP », jugeait un peu plus tard un militant. Et effectivement, on peut se demander quel calcul a poussé la banque à s’engager dans cette procédure. Depuis peu, elle s’est également décidée à communiquer avec la presse sur le sujet. « Ils ne se sont pas rendus compte que ça allait leur péter à la gueule ? », se demande Florent Compain, président des Amis de la Terre, qui sera bientôt le deuxième faucheur de chaise à passer au tribunal. « Une tribune comme cela pour parler d’évasion fiscale, on en aurait rêvé », ajoute Martine Billard, secrétaire nationale à l’écologie du Parti de gauche.

Formant une haie d’honneur pour l’entrée de de l’accusé au tribunal, la foule a ensuite déambulé jusqu’au Carreau des Halles. Dans ce lieu, prêté par la mairie, des concerts, conférences gesticulées, un suivi en direct du procès, et autres prises de parole se sont enchaînés tout l’après-midi jusqu’au retour en héros de Jon Palais et de ses avocates. 2.000 personnes, dont une majorité avait fait spécialement le déplacement, ont ainsi répondu à l’appel à « faire le procès de l’évasion fiscale ». Tandis qu’entre Bizi !, Attac, les Amis de la Terre, ANV-COP21 et les associations locales, 340 personnes participaient bénévolement à l’organisation de la journée.

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Jon Palais : « Nous sommes des milliers de David contre Goliath »


« Les banques favorisent l’égoïsme, le chacun pour soi. Nous, dans notre manière de faire, sommes leur antidote : coopération, intelligence collective, entraide, dit Jon Palais. C’est de cette force que nous aurons besoin pour aider les réfugiés climatiques, les migrants, pour montrer la seule voie qui nous permettra de survivre. Nous sommes des milliers de David contre Goliath. »

Et maintenant ? « Il va falloir qu’on analyse finement ce qu’on a fait bouger du rapport de force. Un cran a été franchi. Notre action gagne du crédit. Et cela encourage à continuer avec les chaises, à imaginer d’autres choses » poursuit l’activiste non-violent.

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Le matin, des candidats à la présidentielle ont débattu de l’évasion fiscale

Lundi matin, une table-ronde s’était tenue avec des candidats à l’élection présidentielle. Les organisateurs avaient invité tous les candidats déclarés, sauf le Front national. Six ont répondu présents et accepté de débattre des moyens de lutter contre l’évasion fiscale : Benoît Hamon (représenté par Sandrine Charnoz), Yannick Jadot, Pierre Larrouturou, Charlotte Marchandise (de la Primaire citoyenne), Jean-Luc Mélenchon (représenté par Corinne Morel-Darleux) et Philippe Poutou (NPA). Si chacun a bien tenté de faire ressortir son originalité, tous se sont montrés en accord sur l’essentiel : faire sauter le verrou de Bercy, donner plus de moyens à l’administration fiscale et la justice...

Prochain évènement, une semaine internationale de mobilisation contre les paradis fiscaux est prévue du 3 au 9 avril. Soit juste avant le 2e procès d’un faucheur de chaise, Florent Compain, le 11 avril à Bar-le-Duc. Et quelques semaines avant le premier tour des présidentielles.

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L’enjeu, maintenant : que l’évasion fiscale devienne un sujet de la campagne présidentielle

 
Lire aussi : A Dax, le procès de la BNP, championne de l’évasion fiscale

Source : Baptiste Giraud pour Reporterre
Photos : © Raphaël Bodin/Reporterre
 
 
Source : http://reporterre.net/Mobilisation reussie-a-Dax-les-faucheurs-de-chaises-l-ont-emporte-sur-la-banque