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lundi 15 juillet 2019

Forêts publiques : l’État réfléchit au démantèlement de l’ONF

Forêts publiques : 

l’État réfléchit 

au démantèlement de l’ONF


7 juin 2019 / Gaspard d’Allens (Reporterre)



En plus des suppressions de postes, l’État réfléchit à confier la gestion des forêts communales à des prestataires privés et à supprimer la consultation de l’ONF en cas de défrichement... Or, selon les travailleurs forestiers, une gestion durable de la forêt dépend du maintien d’un service public forestier fort.


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« La France est un grand pays forestier », s’est récemment félicité Emmanuel Macron. Pourtant son service public, l’Office national des forêts (ONF) se fait démanteler en silence. Ce vendredi 7 juin 2019, les agents de l’établissement public appellent à une nouvelle mobilisation à Épinal, après avoir enchaîné ces dernières années, les grèves et les blocages ainsi qu’une longue marche à travers la France cet automne. Selon l’intersyndicale, il y a urgence : « Jamais la privatisation de la gestion des forêts publiques ne s’est profilée de manière aussi évidente », alerte-t-elle dans un communiqué.


Plusieurs signaux sont, en effet, visibles. Les suppressions d’emplois continuent tandis que l’Office se fait peu à peu déposséder de ses compétences. Certains acteurs de la filière forestière voudraient même déléguer la gestion des forêts communales à des prestataires privés. Un projet de décret sur la simplification de la procédure des autorisations administratives, actuellement en consultation publique, propose aussi de se passer de l’avis de l’ONF en cas de défrichement de forêts publiques. « Cette mesure de simplification administrative pourrait favoriser la déforestation en France », avertit le Snupfen (Syndicat national unifié des personnels des forêts et de l’espace naturel), le syndicat majoritaire de l’établissement.


Un prochain rapport pourrait remettre en cause l’existence de l’ONF

 

L’ONF vit peut-être ses dernières heures. Un rapport interministériel doit être publié sous peu. Il présentera différentes pistes d’avenir pour le service public de la forêt dont une remise en cause de l’existence même de l’ONF. « Le dossier est explosif, rapporte un syndicaliste. On ne sait pas à quelle sauce on va être mangé. Le rapport devait être remis au gouvernement le 28 février 2019 et il n’a toujours pas été rendu public. Le gouvernement attend sûrement l’été pour le publier. Quand tout le monde sera en vacances... » Interrogé par Reporterre sur ce sujet, le ministère de la Transition écologique n’a pas répondu.


Cette actualité s’inscrit dans un contexte financier difficile pour l’Office, qui est fortement endetté. Son déficit atteint 360 millions d’euros et son modèle économique s’est fragilisé avec des cours du bois à la baisse. En cinquante ans, la récolte dans les forêts domaniales a augmenté de 35 % mais la recette correspondant à ces coupes a diminué de 30 %. La subvention du gouvernement prévue pour financer le travail de l’ONF dans les forêts des collectivités a également été réduite.

 



Pour équilibrer ses comptes, l’établissement public a été obligé de supprimer des postes. Un sur quatre lors des quinze dernières années. Sur les 15.000 emplois que comptait l’ONF en 1985, il n’en reste plus que 9.000. Pire, alors que le contrat État-ONF pour 2016-2020 promettait d’arrêter cette spirale infernale, la réduction des postes continue : « En 2018, l’ancien directeur général Christian Dubreuil a annoncé 1.500 nouvelles suppressions d’emplois dans les cinq ans à venir. Dès 2019, il a été décidé de fermer 460 postes. Soit 5 % des effectifs en une seule année ! », s’indigne Philippe Canal, porte-parole du Snupfen, pour qui, « le service public forestier est en voie de disparition physique ».

D’autant plus que la proportion de fonctionnaires diminue au sein de l’Office. Ils représentent 56 % du personnel et aucun recrutement n’est prévu en 2019. L’ancien directeur général, Christian Dubreuil, parti à la retraite en janvier 2019, a déclaré, dans le cadre d’un rapport de l’IGAPS (Inspection générale de l’appui aux personnes et aux structures (p. 19) qu’« à l’ONF seuls deux postes justifiaient du statut de fonctionnaire : l’agent comptable et le directeur général ». « Une aberration », juge Philippe Berger, engagé au Snupfen : « Les fonctionnaires vont devenir minoritaires par rapport aux contractuels et aux salariés de droit privé. Pourtant qui peut mieux qu’un fonctionnaire servir l’intérêt général et éviter la pression des marchands de bois ou des promoteurs ? D’ailleurs, les salariés de droit privé ne sont pas assermentés. Ils ne peuvent pas exercer des missions de police ou de contrôle qui font partie intégrante du métier de garde forestier. »


Un souhait ancien de privatiser la gestion des forêts


Une autre offensive est en cours. Elle pourrait bouleverser le rôle de l’ONF et limiter son champ d’intervention. Vendredi 7 juin 2019, des annonces du ministre de l’Agriculture sont attendues sur ce point lors du Congrès national des communes forestières à Épinal.

La Fédération nationale des communes forestières (Fncofor), qui organise le colloque, s’est désolidarisée de l’ONF. Elle réclame que « les communes puissent récupérer la gestion de leur forêt en régie ou avec un autre organisme ». « Nous ne voulons pas la fin du service public bien au contraire, mais il faut aujourd’hui tout remettre à plat, réagit Dominique de la Rochette, chargée de la communication au sein de la fédération. Le déficit de l’ONF s’accroit de 40 millions d’euros par an. Le maillage du territoire n’est plus respecté. On ne peut plus continuer comme ça. »

En parallèle, la direction du Trésor, au sein du ministère de l’Économie, souhaite depuis plusieurs années privatiser la gestion des forêts, comme l’indique une note de 2010 : « À moyen terme, il pourrait être utile d’étudier la proposition de déléguer la gestion des forêts communales sous forme de concessions à des prestataires privés », peut-on notamment y lire.

https://reporterre.net/IMG/pdf/note_ministere_de_l_economie_23_decembre_2010-1.pdf












Extrait de la note interne de la Direction du trésor, télchargeable ci-dessus.


Pour les syndicalistes, cette logique qui dépossède l’ONF de ses prérogatives est une grave menace. « Cela remet en cause notre principe de solidarité nationale au profit des communes riches qui veulent gérer eux-mêmes leur business, souligne Philippe Berger. Les communes pauvres vont être désavantagées et ne pourront pas s’acheter les services de prestataires privés. » Sentant le danger poindre, 500 conseils municipaux ont voté, depuis un mois, des résolutions pour le maintien de l’ONF sur leur territoire.

« Nous avons été contaminés par les logiques productivistes et entrepreneuriales »


À l’origine de cette bataille pour la gestion des forêts communales, on retrouve aussi une critique de la politique actuelle de l’ONF. Selon Michel Benard, syndicaliste à la CGT Forêt, « l’Office national des forêts cherche à maximiser les profits. Il coupe de plus en plus de bois et délaisse la petite économie locale. Il se comporte comme une entreprise privée qui doit dégager des bénéfices ». Un ver est déjà dans le fruit. « La privatisation s’est distillée dans nos métiers. Nous avons été contaminés par les logiques productivistes et entrepreneuriales, poursuit M. Bénard. Il ne s’agit pas de défendre en soi l’ONF mais un véritable service public qui réponde aux attentes de la société ».


Dans un manifeste sorti début juin, la Fédération des communes forestières propose aussi de séparer les activités commerciales (vente et coupe de bois) des missions non marchandes (protection des sols et des écosystèmes) « Ces activités sont de natures différentes et les élus doivent pouvoir distinguer leurs conseillers de leurs prestataires ». Cette proposition n’est pas approuvée par les syndicalistes.
« Cela fragiliserait encore plus le service public de la forêt. Nous serions cantonnés à un rôle de contrôleur, analyse Philippe Canal. Au lieu de gérer de manière durable la forêt, de faire nous-mêmes la politique demandée, on surveillerait simplement les acteurs privés comme des inspecteurs du travail ou des organismes sanitaires. Je pense que c’est moins efficace. »




Même son de cloche chez les défenseurs de l’environnement. « Nous voulons que les activités économiques et environnementales restent associées, dans les mains d’un même acteur », dit Adeline Favrel de France nature environnement. « La biodiversité et l’écologie ne doivent pas être traitées à côté, à la marge, avec un service public diminué. Elle doit se retrouver au cœur d’une gestion multifonctionnelle. »

Autre inquiétude : le projet de décret (en consultation publique) sur la simplification des autorisations administratives. Il envisage de supprimer la consultation de l’ONF pour des opérations de déboisement dans les forêts publiques. « Dorénavant, pour décider d’autoriser ou non la transformation d’une forêt en zone commerciale, en lotissement ou en champ de blé, l’État se passera de notre avis », s’inquiète le Snupfen. Pourtant, qui connaît mieux ces forêts que nous le service public qui les protège et les gère depuis des siècles ? »



Même si l’avis de l’ONF restait consultatif, il a pu, à plusieurs reprises, bloquer ou modifier des projets d’aménagement comme des carrières, des pistes de ski et des barrages. À Bure (Meuse), l’ONF avait aussi émis des réserves sur le défrichement du bois Lejuc qui doit accueillir un site d’enfouissement de déchets nucléaires.

En voulant simplifier les procédures administratives, ce décret ouvre donc la voie aux bétonneurs et pourrait selon les syndicalistes toucher plusieurs milliers d’hectares par an. « Il va dans le sens du défrichage à tout va et de l’absence de gestion durable de la forêt », admet de son côté Guillaume Tumerelle, avocat et professeur de droit forestier. « Ce gouvernement n’est pas cohérent entre ses paroles et ses actes, ajoute Adeline Favrel, de France nature environnement. Alors qu’il dit vouloir protéger les écosystèmes naturels, il prend des mesures pour faciliter le changement d’usage des sols qui a été reconnu comme la première cause de disparition de la biodiversité. »

Malgré nos demandes répétées, ni la direction de l’ONF ni le ministère de la Transition écologique n’ont répondu à nos questions.


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Lire aussi : Une longue marche lance le combat contre l’industrialisation de la forêt
 


Source : Gaspard d’Allens pour Reporterre

Gaspard d’Allens est l’auteur de : Main basse sur nos forêts



Photos :

. chapo : Pascal Briod/ Flickr
. Forêt de Fontainebleau. Christophe Bitton/ Flickr
. Jacinthe - Goultard/ Flickr
. Fontainebleau - Christophe Bitton / Flickr


Source : https://reporterre.net/Forets-publiques-l-Etat-reflechit-au-demantelement-de-l-ONF?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_hebdo

dimanche 14 juillet 2019

OGM : Les animaux génétiquement modifiés sont-ils un risque pour la nature ?


OGM : 

Les animaux génétiquement modifiés 

sont-ils un risque pour la nature ?



GENOME  

Alors que les animaux génétiquement modifiés pourraient se populariser au sein de la nature pour « aider » l’homme, cette perspective ne fait pas l’unanimité dans la communauté scientifique

Jean-Loup Delmas

Publié le 07/07/19 à 14h20

Des moustiques génétiquement modifiés ont été lâchés au Burkina Faso — Pixabay

  • Au Burkina Faso, des moustiques génétiquement modifié ont été relâchés pour lutter contre le paludisme.
  • Ce n’est pas la première fois que le génome d’animaux dit « nuisible » est changé par l’homme. Une pratique que beaucoup de chercheurs estiment néanmoins très dangereuse.

Cette semaine, des moustiques génétiquement modifiés ont été lâchés au Burkina Faso, comme le relève un article du Monde de ce jeudi. Les changements génétiques rendent soit les moustiques stériles, soit font que leurs progénitures ne peuvent être que des mâles. Dans les deux cas, le but est de diminuer les populations de ces insectes, responsable du paludisme, encore la cause de mortalité la plus importante du pays.

Ce cas est loin d’être une première. Au Brésil, des moustiques OGM ont plusieurs fois été lâchés pour enrayer la diffusion de certaines maladies, comme la dengue ou le virus  Zika. Et le processus pourrait se populariser encore plus au fil des années, selon Jean-François Silvain, entomologiste et président de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité : « L’homme cherche à limiter l’influence des animaux dits “nuisibles”, que ce soit en modifiant leurs comportements ou en faisant décroître leurs populations. La modification génétique, de plus en plus facile à utiliser, risque de se développer. Elle est déjà en pleine expansion, et si le processus devient admis éthiquement et scientifiquement, il devrait facilement se populariser. »

« Quand on ne maîtrise pas une chose, il faut se méfier avant d’y toucher… »


« Risque », le mot est prononcé. Car il est bien sympa ce monde utopique où les moustiques sont devenus infoutus de pondre la moindre larve, où les rats ne transmettent plus la moindre maladie et où les tiques nous font des bisous plutôt que des morsures, mais cela ne serait pas un peu dangereux tout ce bazar ? Difficile à dire, ce qui est déjà en soi un problème pour Henri-Pierre Aberlenc, entomologiste et spécialiste des insectes : « On est encore au balbutiement de la génétique et on délivre déjà des animaux modifiés dans la nature ! On ne sait aucunement les conséquences que cela pourrait avoir. Des études attestent que les gènes modifiés des plantes OGM se répandent ensuite dans toute la chaîne du vivant. Comment contrôler ? »

Assumant être contre le procédé de modification génétique sur les animaux, le spécialiste des insectes prend la peine d’étayer son point de vue : « On sait comment modifier la génétique, mais on ne sait pas encore tout de son fonctionnement. Du coup, on touche à des choses qu’on ne maîtrise même pas, en prenant le risque d’impacter non seulement l’espèce mais également tout l’écosystème alentour et sans pouvoir prédire le danger. Je rappelle que tous les premiers atomistes sont morts des suites de l’exposition aux radiations. Quand on ne maîtrise pas une chose, il faut se méfier avant d’y toucher… »

Une efficacité loin d’être démontrée


Au-delà des risques, le procédé en lui-même n’est pas certain de faire des preuves : après les moustiques brésiliens, le Haut conseil des biotechnologies (HCB) avait admis ne pas pouvoir tirer de conclusions claires sur l’efficacité ou non d’une telle initiative. Jean-François Silvain atteste : « Parfois, les espèces développent des résistances, ou quand on chasse un nuisible, une autre espèce la remplace et apporte les mêmes problématiques pour l’humain. On ne sait pas non plus comment réagira l’écosystème à une disparition d’une espèce, qui peut-être nuisible pour l’homme mais essentiel pour la chaîne du vivant locale. »

Pour le chercheur, plutôt que modifier la génétique des moustiques ou autre, l’homme devrait surtout changer son état d’esprit à lui (c’est beau, on sait) : « Il faut sortir du paradigme voulant que, pour un problème ponctuel, aussi grave peut-il être comme c’est le cas pour le paludisme, on bouleverse une espèce voire un écosystème entier. Cette pratique est dangereuse et fait peser une réelle menace sur la biodiversité. »

Car ensuite, où serait la limite questionne Henri-Pierre Aberlenc : « On modifie déjà le génome de certains mammifères, combien de temps avant que l’on fasse de même pour les humains ? La génétique ouvre la porte à tous les possibles, et tous ne sont pas souhaitables. l’homme ne cesse d’enfoncer un peu plus le doigt dans l’engrenage. Tâchons de ne pas trop jouer aux apprentis sorciers. »


 
 
 

samedi 13 juillet 2019

Frédéric Wolff n’aime pas le téléphone nouveau

Et vous ?
Vous en pensez quoi de la 5 G qu'on veut nous imposer ?
Voilà un avis trouvé sur le blog de Fabrice Nicolino


Planète sans visa
Une autre façon de voir la même chose

 


Frédéric Wolff n’aime pas 

le téléphone nouveau

 

Une nouvelle génération de téléphonie mobile est annoncée : la 5G. Elle est beaucoup plus qu’un simple aménagement des standards téléphoniques actuels. Le progrès qu’elle préfigure ? Un effroyable regrès sanitaire, écologique, démocratique et humain. Allons-nous laisser faire ? Résister ? Ni cobayes, ni machines, nous ne sommes pas négociables, pas plus que la vie sur Terre.

Des milliards d’objets connectés, des millions de stations de base terrestres, une antenne tous les cent mètres, 20 000 satellites supplémentaires, le Très-Haut débit accessible aux endroits les plus reculés du monde, mille fois plus de données transmises, des hologrammes à volonté, des véhicules sans conducteurs, des robots pour nous opérer à distance, pour remplacer les derniers paysans, des services publics dématérialisés, des données à foison sur nos comportements, sur nos déplacements et sur nos vies placées sous surveillance permanente, mieux encore, sous pilotage électronique, une planète ou tout devient intelligent : les villes, les routes, les maisons, les frigos, les brosses à dents… 350 000 ans d’Homo Sapiens pour en arriver là. Gageons qu’une innovation rendra la connerie universelle, elle aussi, intelligente.

Il est difficile de se représenter toutes les retombées de cette nouvelle fuite en avant tant elles sont colossales, obéissant à ce que Günther Anders nommait les « phénomènes supraliminaires » échappant à notre perception en raison de leur ampleur. Mais au moins peut-on essayer de penser ce qui se joue. Au moins doit-on tenter de relier ce qui, pris isolément, semble anodin et presque désirable si l’on s’en tient à la doxa progressiste.
Ce qui, souvent, s’impose lorsque l’on considère les technologies sans fil, ce sont les risques sanitaires. Les ondes 5G sont-elles nocives ? Cette question est d’autant plus préoccupante que l’on connait les effets délétères des radiofréquences du type 2G, 3G, 4G, wifi… Je ne suis ni physicien, ni biologiste, mais je sais lire. Et j’ai lu. Des études publiées dans des revues à comités de lecture, des alertes de scientifiques, de médecins, des témoignages de personnes électro-hypersensibles avec qui j’ai partagé le quotidien.

Combien de preuves accablantes du danger des ondes artificielles ? Des dizaines ? Des centaines ? Des milliers ? Des milliers. Je ne vais pas dresser la liste des risques sur la santé. Ils sont connus et mentionnés dans un appel international récent de scientifiques, de médecins et d’organisations. Et ils sont effrayants quoi qu’en disent les lobbies et leurs collabos. Ils ont beau jeu de répondre qu’il n’y a pas consensus scientifique et qu’il faut continuer à étudier tout en poursuivant l’emballement technologique et son cortège macabre, s’inscrivant ainsi dans la lignée des scandales sanitaires passés, du tabac à l’amiante, en passant par le dérèglement climatique, les pesticides, les perturbateurs endocriniens, les OGM… A chaque fois, le même scénario, à quelques variantes près.
Les conflits d’intérêt, la fabrique du doute, les autorités sanitaires et scientifiques complices ou aphones, les protocoles biaisés, la rédaction d’articles favorables par l’industrie signés ensuite par des scientifiques de renom… Tous les moyens sont bons pour gagner du temps, rendre la société dépendante, inverser la charge de la preuve, individualiser les responsabilités, dénigrer les lanceurs d’alerte, voire les victimes.

On me rétorquera qu’aucune étude sanitaire n’a été réalisée relativement à cette nouvelle génération d’ondes. Certes. Mais tout de même, trois choses à ce propos :

1. La 5G ajoutera une nouvelle source de pollution électromagnétique à celles déjà existantes. Comment ne pas craindre que ce cumul ne soit pas préjudiciable au monde vivant ? A force de poser des pièces les unes sur les autres, l’empilement finira par s’effondrer. La pièce qui aura provoqué le basculement ne sera pas foncièrement différente des précédentes. Poison chimique, rayonnement ionisant ou non-ionisant, nouvelle augmentation de la température moyenne, comment savoir ? La situation qui en résultera sera inédite et irréversible. Cela ne concerne pas seulement la santé, mais l’ensemble des écosystèmes naturels, sociaux, économiques, humains…

2. Il est tout de même extravagant de déployer une innovation sans s’être inquiété sérieusement de ses effets sur la santé publique. Rien de bien nouveau, hélas, mais quand va-t-on cesser de nous prendre pour des cobayes ? Si la 5G était un médicament, elle ne serait pas autorisée !

3. Pour autant, comment serait-il possible de conclure à une totale innocuité de cette technologie, quand un cancer peut mettre 30 ans à se déclarer, quand les effets cocktails – entre différentes fréquences, entre rayonnements artificiels et molécules chimiques de synthèse – sont quasiment infinis et laissent entrevoir le pire, quand les symptômes liés aux ondes sont asymptomatiques, quand on peut être vulnérable même à de très faibles doses – ainsi, pour les fœtus, les enfants, les personnes malades, épuisées, chimico et électro-hypersensibles ? Où pourront survivre ces dernières, quand il n’y aura plus aucun endroit vierge d’ondes sur la terre et sur la mer, alors que bon nombre d’entre elles endurent d’ores et déjà un enfer innommable ?

Le bon sens le plus élémentaire voudrait que l’on s’abstienne, que l’on s’en remette au principe de précaution, ou plutôt de prévention, étant donné le foisonnement de preuves scientifiques alarmantes.

Ce n’est là qu’une partie du problème. Quand bien même des réseaux filaires ou je ne sais quelle innovation seraient retenus et nous épargneraient les ondes toxiques, il y aurait lieu de refuser cette nouvelle génération de télécommunication qui aggravera la dévastation écologique en cours. Par quel miracle les fourmis, les abeilles, les oiseaux seraient-ils épargnés, alors que des études sérieuses prouvent les effets biologiques sur ces espèces ? Plus largement, à quoi faut-il s’attendre ? A des centaines de millions de téléphones 5G et de gadgets électroniques à venir, à de nouvelles infrastructures dispendieuses, à des extractions de minerais et de matériaux extrêmement polluants, à des déchets qui le sont tout autant, à des sols stérilisés, à des nappes phréatiques asséchées, à une gabegie d’eau potable et d’énergie. Pour mémoire, les data centers rejettent autant de CO2 que le transport aérien. Il faut croire que notre boulimie numérique importe plus que la vie sur Terre.
Comment faut-il le formuler ? Ces technologies sont incompatibles avec un usage respectueux du monde. Las. D’un côté la déploration pour la planète, de l’autre la fascination pour la techno-science et la croissance. « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes », écrivait déjà Bossuet. Rien de bien nouveau, en somme, si ce n’est l’échelle inédite de la Catastrophe. Un nouveau pas vers l’abîme en toute connaissance de cause. Si notre civilisation était un humain, elle serait internée à vie comme n’importe quel psychopathe.

Combien coûtera ce petit caprice de technocrates ? 500 milliards d’euros sur 10 ans, selon l’estimation de la Commission européenne. Quand on sait qu’un Conseil Général refuse d’attribuer une aide qui pourrait alléger un peu les souffrances de personnes électro-hypersensibles, il y a de sérieuses raisons d’être révulsé, non ? Et ce n’est là qu’un exemple parmi des milliers d’autres tout aussi immondes les uns que les autres. Qui paiera les conséquences de ces nouveaux jouets inutiles et nuisibles, imposés, rappelons-le quand même, sans aucune délibération, sans la moindre consultation populaire ? Le coup d’Etat est magistral. Dans une société technicienne administrée par les experts, une seule solution : la plus efficace. Comme nous sommes une civilisation soucieuse de l’image, nos gouvernants s’attachent à combler notre besoin d’illusion, et quoi de mieux, pour faire diversion, que des élections qui ne changeront rien, un grand débat qui se gardera bien d’aborder les sujets majeurs ? Nucléaire, nanotechnologies, transhumanisme, innovations perpétuelles, industrialisation, marchandisation et enlaidissement du monde, armes de guerre massive, ethnocides… Et il faudrait en plus aller voter pour le parti unique de la société techno-industrielle et de l’abondance matérielle ? Il faudrait participer à son simulacre de démocratie et croire à ses sornettes selon lesquelles les avancées technologiques sont bonnes pour notre santé, pour notre sécurité et pour la planète ? Il faudrait s’agenouiller devant leurs égos bouffis d’orgueil et leurs hologrammes bêtifiants ? Sans moi.

A ces questions sanitaires, écologiques et démocratiques, s’ajoute un enjeu crucial : celui de notre liberté, de notre humanité dans le monde hyper-connecté de la planète intelligente. Des puces RFID aux smartphones, des compteurs Linky à la transition numérique, les dispositifs techniques s’accumulent pour édifier la Smart City. La 5G complétera ce bel ensemble dont les technophiles peuvent être fiers. Détruire le monde naturel ne leur suffit pas, il leur faut aussi s’attaquer à ce qui reste de notre humanité. Qu’est-ce qu’une ville intelligente ? Une ville morte, peuplée d’humains diminués, bientôt faussement augmentés grâce aux ennemis de l’humain, les transhumanistes. Des techno-mutants, amputés de leurs facultés déléguées aux machines, mutilés de leur mémoire, de leur pensée, de leur sensibilité, de leur concentration, de leur capacité de faire, de penser, de choisir, de résoudre des problèmes par eux-mêmes. Une humanité frappée d’obsolescence, réduite à une seule dimension, celle d’un rouage économique mis à nu, ciblé, traqué, surveillé, n’ayant pour seul guide que la maximisation de ses intérêts. Un troupeau standardisé et prédictible, compétitif et malléable, car dans l’univers surpeuplé de la mégalopole, sur une planète aux ressources comptées et aux besoins infinis, il importe d’optimiser les flux, de congédier le hasard et l’imprévu. La meilleure façon d’y parvenir ? Révoquer l’humain. Des guichets sans guichetiers, des caisses sans caissières, des métros, des bus et des voitures sans conducteurs, des écoles sans professeurs, une médecine sans médecin, des bibliothèques sans bibliothécaires, des services publics sans humain à qui s’adresser. Des applis, des bornes, des automates, des voix synthétiques, des algorithmes, des caméras de flicage avec reconnaissance faciale, des évaluations permanentes de chaque parcelle de nos vies, du prédictif et du coercitif… Voilà la planète intelligente et la grande convergence des technologies. « L’incarcération de l’homme-machine dans le monde-machine », ainsi que l’écrivent les auteurs inspirés de Pièces et main d’œuvre, ce groupe de réflexion critique grenoblois qui, à longueur de livres et d’articles, met au jour « l’enfer vert », « les gadgets de destruction massive » – nos téléphones portables – les puces RFID, le nano-monde, « les mouchards électroniques » au doux nom de Linky, la technologie comme fait majeur de notre époque…

La ville intelligente est sans doute le rêve des gestionnaires et des techniciens de tous bords, mais elle est un cauchemar pour tous les êtres épris de liberté et d’humanité. On n’habite pas dans une telle cité, on y fonctionne. L’humain n’y a pas sa place. Réduit à n’être qu’un accessoire du système technicien, et finalement qu’une série de chiffres, il est voué à disparaître dans son humanité même. Le compte à rebours a commencé, il est déjà bien entamé. La machine s’empare des esprits autant que des corps. A chaque problème, qu’il soit social, écologique ou politique, une solution : la technologie. A chaque geste, à chaque opération de la vie quotidienne, une prothèse. Comme il est bien connu que la fonction crée l’organe et la prothèse le handicap, comme les générations nées, élevées et éduquées avec le digital l’auront totalement naturalisé, je suis, pour ma part, plus que tourmenté, partageant avec Jaime Semprun cette interrogation obsédante : « […] quand le citoyen-écologiste prétend poser la question la plus dérangeante en demandant : “ Quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? ”, il évite de poser cette autre question, réellement inquiétante : “ A quels enfants allons-nous laisser le monde ? ” » (L’abîme se repeuple, éditions de l’Encyclopédie des Nuisances 1997). Les adultes ne sont pas épargnés par cette emprise numérique, pas plus les seniors et bien des écolos, soucieux avant tout de ne pas paraître conservateurs ou réactionnaires, et c’est avec effroi qu’il m’arrive d’assister, dans les espaces civilisés, à des scènes consternantes où les gens ne se regardent plus, ne s’écoutent pas vraiment, se parlent en continuant de pianoter sur leurs écrans tactiles ; comment avons-nous en arriver à ce si peu d’attention aux autres, ceux qui sont là à côté de nous, et les lointains, les sacrifiés de notre petit confort moderne ? Quel Hopper contemporain peindra la mélancolie de l’âge numérique, ses solitudes, ses cohortes de naufragés ? Les cloîtrés dans leurs cages de Faraday, les empoisonnés dans leurs villages du cancer, les délabrés dans les mines de métaux rares et les décharges électroniques, les esclaves dans les usines à nécro-phone, les ravis de l’aliénation électronique…

Malgré tout, des dissidents – et pas seulement des ermites ou des hommes des cavernes s’éclairant à la bougie – rejettent cette colonisation électronique, refusant le téléphone mobile, voire internet, car ces technologies sont climaticides, polluantes et asservissantes. Des éleveurs refusent de pucer leurs bêtes, des assistantes sociales boycottent le rendu des statistiques, des personnels de l’éducation nationale dénoncent l’école numérique, un réseau – Ecran Total – rassemble les personnes opposées à l’informatisation et à la gestion.

Y aura-t-il un sursaut pour faire barrage à la 5G ou allons-nous laisser faire comme nous avons, majoritairement, acquiescé à la soumission aux écrans ? Des collectifs d’opposition vont-ils se multiplier, plus nombreux encore que ceux qui se sont opposés aux compteurs Linky ? Verrons-nous des actes de désobéissance civile, des refus de collaborer, des boycotts massifs, des faucheurs d’une nouvelle génération, des convergences entre les défenseurs de la santé publique, des abeilles et des oiseaux, de la démocratie, des services publics de proximité, de la liberté et de l’humanité ? Des zones à défendre s’installeront-elles un peu partout sur nos territoires ? Des mouvements de type « Faut pas pucer » grandiront-ils dans les activités et les métiers menacés ? Des villes se déclareront-elles territoires hors 5G ? De nouvelles formes de combat verront-elles le jour, des alliances inattendues se noueront-elles avec pour mot d’ordre : Ni cobayes, ni machines ? En finirons-nous avec cet impensé qu’est la technologie, si répandu dans les milieux qu’on dit alternatifs ? Allons-nous comprendre enfin qu’elle est l’accélérateur majeur de la destruction du monde humain et non-humain ?

Bien malin qui le dira. Contre cet angle mort de la réflexion, il importe instamment de réhabiliter la Pensée. Je la tiens pour une force agissante, un point d’appui pour soulever le monde. « Ce que des idées ont produit, d’autres idées peuvent le détruire » (Pièces et main d’œuvre, Manifeste des chimpanzés du futur). Oui, il est urgent de lire les penseurs. L’un d’entre eux, justement. Jacques Ellul, écrivait en 1972 :
« S’intéresser à la protection de l’environnement et à l’écologie sans mettre en cause le progrès technique, la société technicienne, la passion de l’efficacité, c’est engager une opération non seulement inutile, mais fondamentalement nocive. Car elle n’aboutira finalement à rien, mais on aura eu l’impression de faire quelque chose, elle permettra de calmer faussement des inquiétudes légitimes en jetant un nouveau voile de propagande sur le réel menaçant. »

Cette pensée permet de tracer une ligne de partage entre les environnementalistes et les éco-gestionnaires du désastre d’un côté, les écologistes authentiques et les néo-luddites de l’autre côté. Le Président du parti des Verts en Suisse, Alberto Macchi, en offre une illustration parfaite, en déclarant ceci : « Nous n’avons pas d’opposition de principe à la 5G. Notre position est de dire qu’aujourd’hui, on n’a pas suffisamment de réponses en matière d’effets potentiels de cette technologie sur la santé ». Je ne connais pas cet homme, et peut-être est-ce une excellente personne qui se bat sincèrement pour son prochain. Mais tout de même, ceci. Qu’il se rassure. La technologie trouvera une solution. Grâce aux capteurs greffés sous la peau, des alertes nous seront envoyées en cas de dépassements des seuils de danger et une appli nous guidera – pour ne pas dire nous contraindra, mais comme c’est pour notre bien, soyons charitables, n’est-ce pas ? – dans les bonnes pratiques d’une santé optimale, car dans la nécropole, chacun est responsable de son bien-être. Grâce à la rhétorique du Progrès, la dépendance technologique c’est l’autonomie, l’aliénation électronique la liberté, le techno-totalitarisme la démocratie, la dévastation écologique la transition énergétique et numérique. De quoi se plaint-on ?


Frédéric Wolff

 Source : http://fabrice-nicolino.com/?p=4832

 

vendredi 12 juillet 2019

Revenu universel d’activité : attention danger !

Revenu universel d’activité : 

attention danger !

Emmanuel Macron a annoncé, le 13 septembre 2018, le lancement d’un plan de lutte contre la pauvreté, qui intégrera la mise en place d’un « revenu universel d’activité ». Les associations signataires de cette tribune veulent pointer les risques de ce projet et en appellent à de véritables mesures d’amélioration du système de protection sociale.

 Le revenu universel d'activité (RUA) vise à fusionner plusieurs minima sociaux, avec au minimum la prime d’activité et le Revenu de solidarité active (RSA). Il est également envisagé d’intégrer les aides personnalisées au logement (APL), ainsi que des allocations ciblant un public spécifique comme l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI), entre autres.

Le RUA sera aussi conditionné à « l'obligation d'inscription dans un parcours d'insertion, qui empêche de refuser plus de deux offres raisonnables d'emploi ou d'activité. » Le risque est donc grand que ce « revenu » soit conditionné à une démarche d’insertion par l’emploi, alors que la plupart des aides actuelles sont liées à un niveau de vulnérabilité (AAH, ASI) ou de ressources (APL).

Ainsi, après avoir organisé le naufrage de l'assurance chômage, qui coupera les droits de centaines de milliers de personnes, les minima sociaux vont se retrouver une nouvelle fois sous tension. Même sans réforme, les budgets augmenteront donc de manière exponentielle par cet afflux de nouveaux allocataires potentiels, alors même que le RUA est pour l’instant prévu à budget constant.

Sortir de la pauvreté doit être un droit inconditionnel pour toutes et tous 

Alors même que 5,6 millions de personnes sont actuellement au chômage total ou partiel, il n’existe que 524 000 offres d’emplois à pourvoir. Les discours culpabilisants sur la culture d’assistanat des chômeurs et, plus largement des allocataires des prestations sociales, reposent sur une vision erronée de la société prétextant qu’il suffirait de « traverser la rue » pour trouver un emploi.

L’emploi n’est pourtant pas systématiquement source d’insertion ou de réalisation personnelle. Il est aussi parfois facteur de souffrance, déclencheur de pathologies (surmenage, perte de sens, dépressions, maladies professionnelles...), mais également d’exploitation dans le cas des travailleurs·ses précaires (la France en compte entre un et deux millions, dont une majorité de femmes).

Placer sous condition le droit à la protection sociale est contraire aux principes de solidarité et de justice. Cela reviendrait à infliger une double peine aux publics concernés. Rien ne justifie de maintenir des personnes dans la pauvreté sous prétexte qu’elles n’accepteraient pas d’agir sous injonction (par du bénévolat forcé par exemple, tel qu’envisagé par le Premier Ministre).

Des lignes rouges à ne pas franchir

La concertation organisée par le gouvernement sur le projet de RUA a débuté le 3 juin dernier. L’hypothèse que la réforme se ferait à budget constant est une option sur la table, ce qui ferait de très nombreux perdants parmi les allocataires actuels.

Nous, associations signataires craignons qu’une telle réforme porte préjudice aux plus précaires. Un exemple à ne pas suivre est celui du crédit universel britannique qui, sous couvert de simplification, n’a fait qu’aggraver la précarité mais aussi renforcer le contrôle des plus vulnérables.

Nous appelons à un débat large et transparent, et préconisons d’ores et déjà d’exclure les mesures suivantes :

→ Le conditionnement du RUA à l’acceptation d’une des deux offres d’emploi jugées « raisonnables » par l’administration. Cela n’aboutirait qu’à un contrôle abusif des demandeurs·ses d’emploi et les obligerait à accepter un emploi à n’importe quel prix.

→ Le bénévolat forcé : il est impensable de conditionner des aides sociales à des heures de bénévolat. Cela reviendrait à conditionner la survie des bénéficiaires à du travail forcé.

→ La lutte contre la pauvreté avec des moyens constants : le gouvernement a annoncé vouloir simplifier le système de protection sociale, ce qui est entendable au vu de sa complexité actuelle.
Mais pour lutter contre le non-recours aux aides sociales qui touche près de 30 % des allocataires potentiels, il est indispensable de mobiliser des moyens supplémentaires, sans quoi cela reviendra à partager le budget actuel, déjà insuffisant, entre un plus grand nombre de personnes.

→ Une fusion de l’ensemble des minima sociaux : alors qu’il faudrait tendre vers l’inconditionnalité des minima sociaux, certaines aides comme les APL ou l’AAH, en étant intégrées au RUA, risqueraient de devenir elles aussi conditionnées à une démarche d’insertion, alors qu’elles ont été conçues pour pallier un manque de ressources.

→ Le « tout numérique » : aujourd’hui, le conditionnement des prestations sociales va souvent de pair avec une lourdeur administrative et des démarches en ligne obligatoires. Le non-recours est en partie dû à ce problème de fracture numérique, puisque 20 % de personnes en France ne parviennent pas ou ont du mal à effectuer des démarches dématérialisées.

Égalité sociale, liberté individuelle et organisation collective

L’inconditionnalité d’un revenu socle devrait être au cœur du projet gouvernemental. Nous estimons que le projet du gouvernement devrait intégrer les principes suivants :
  • Automatisation du versement des aides sociales, pour lutter contre le non-recours et simplifier les démarches administratives.
  • Élargissement du RSA aux 18-25 ans, un public aujourd’hui particulièrement touché par la précarité.
  • Individualisation des prestations sociales – par opposition à la notion de « foyer fiscal », pour assurer une véritable autonomie des personnes et l’indépendance notamment vis-à-vis du.de la conjoint·e.
  • Garantie qu’aucun allocataire actuel ne soit perdant à l’issue de cette réforme.
Notre système de protection sociale est aujourd’hui largement perfectible, mais les intentions affichées par le gouvernement avec le projet de RUA nous inquiètent profondément, en dépit de la concertation lancée récemment. Nous, associations signataires, appelons à un débat de fond sur ce projet. Il est urgent de promouvoir des mesures ambitieuses pour sortir l’ensemble de nos concitoyen·ne·s de la pauvreté.

Organisations signataires :

AequitaZ ; Assemblée des citoyens du monde ; Collectif Roosevelt Ile de France ; Emmaüs France ; Ligue des droits de l’Homme (LDH) ; Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB) ; Mouvement National des Chômeurs et Précaires (MNCP).

Témoignages :

« Le regard sur les chômeurs n'a cessé de se durcir. On cherche à nous faire croire qu'il y a des bons et des mauvais chômeurs. Il y a ceux qui cherchent du boulot et ceux qu'il faut contrôler et sanctionner. Mais on ne cherche pas à comprendre l'impact que ça peut avoir quand ça fait deux ans que vous enchaînez les refus, que vous avez fait tout l'annuaire mais qu'il y a toujours quelqu'un qui finit par vous passer devant. Ce sont toujours les mêmes qui vont prendre une claque dans la gueule. On ne parle jamais de cette violence-là. » Marc Desplats, membre du Mouvement National des Chômeurs et Précaires

« J'ai travaillé pendant de nombreuses années dans une grande entreprises de télécommunications. J'ai vu comment la « gestion managériale» s'est transformée en industrie à broyer des salariés. On finit par devenir des robots, sanctionnés pour avoir eu le malheur de dire « bonjour » au téléphone parce que ça nous faisait perdre en compétitivité... Si le travail nous rend inhumain, il faudra finir par s'interroger sur le bien-fondé de notre système actuel qui l'encense sans poser la moindre question sur sa nature ou ses conditions... » André Barnouin, membre du Mouvement National des Chômeurs et Précaires 

« On ne peut pas vivre des minima sociaux aujourd'hui. On peut à peine survivre. Mais ça n’intéresse personne. Depuis le temps qu’on demande à être reçus par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités donc aussi des Précaires… Mais on n’est jamais entendus, jamais à la table des négociations. Il faut se rendre à l’évidence, quand vous êtes chômeurs, précaires, vous finissez par être complètement invisible. Pourtant nous contribuons aussi à l’économie nationale par la TVA. Aujourd’hui, ce n’est pas d’un RUA dont nous avons besoin, mais d’un véritable revenu universel, individuel et inconditionnel. » Isabelle Maurer, membre du MNCP, RSA 68 et MFRB

« Le revenu universel d’activité n’aura d’universel que le nom. Il ne répond pas aux trois critères définissant un revenu de base : il ne sera pas universel puisqu’il ne ciblera que les personnes en recherche d’emploi. Il ne sera pas inconditionnel puisqu’il s’agira d’accepter une des deux offres d’emploi proposées jugées « raisonnables » par l’administration. Et il ne sera pas non plus individuel puisqu’il n’est pas prévu de revoir dans ce projet le modèle du foyer fiscal ». Nicole Teke, membre du Mouvement Français pour un Revenu de Base


Source :  https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/200619/revenu-universel-d-activite-attention-danger


jeudi 11 juillet 2019

SAMEDI 13 JUILLET Fillols ÉMEUTE PHILHARMONIQUE

On a reçu ça :




De : Foyer Laïque de Fillols <foyerlaique.fillols@gmail.com>
Date: lun. 1 juil. 2019 à 22:59
Subject: ÉMEUTE PHILHARMONIQUE LE SAMEDI 13 JUILLET



Le Foyer Laïque de Fillols présente

L’EMEUTE PHILHARMONIQUE DE SEC

Grand orchestre rock avec son quintette au coeur,
ses soixante-dix voix et ses trente soufflants


LE SAMEDI 13 JUILLET
19H00 - PLACE DU VILLAGE


participation libre
buvette / petite restauration

L’Émeute Philharmonique de SEC (EPS) est une expérience collective grimée en grand orchestre de rock : au départ, il est un duo basse-batterie de tous les diables, rejoint pour la circonstance par des percussions, des synthétiseurs, une belle fanfare et une chorale à cent bouches.

L’édition fillolencque de l'EPS - sixième du nom après celles de Toulouse, Lyon ou Montreuil -  se construit en ce moment même avec une troupe à l'origine du projet et des habitants de notre coin de montagne. Pendant deux semaines, ça cherche, ça fabrique et ça crée, ça meugle, ça tape et ça cisèle pour raconter en voix et en musique une histoire un brin loufoque : « l’Aventure complète de George Gallamus ». Pour livrer, au bout du compte, une grande fête à partager sur la place de village.

Allez, venez donc pour l’émeute philharmonique de Fillols, ça va ruer dans les brancards !

https://eps.seclerock.com/

mercredi 10 juillet 2019

Soudaqui - Juillet - Lettre d'info

Ça bouge à Céret, Perpignan, Thuir et Matemale !!
+ 3 nouveaux comptoirs d'échange.





A Céret, pour échanger ses euros en soudaquis à Céret, rendez-vous chez "Authentique Brocante", votre 1er comptoir d'échange. Mélanie vous aidera à remplir votre fiche d'adhésion et vous remettra une enveloppe avec des coupons de 20 Soudaquis. "Authentique Brocante", c'est une boutique vintage du centre ville où l'on peut trouver du mobilier, des objets déco, vinyles ...
Au marché de Céret les samedis matins,payez désormais en soudaquis auprès de :
  • "L'ânesse dans le Cerisier" , Chloé confectionne des produits cosmétiques et des savons au lait d'ânesse à Céret.
  • "La Belle Verte", Jalna est productrice de légumes bio à Reynes
  • "Entre les Arbres" , Simon propose fruits, légumes et produits transformés bio issus d'un maraichage agroforestier à Céret.
  • Tournicotons , manège itinérant,en bois, actionné par les pas des adultes et/ou enfants. Pierre vous suggère ici une animation douce, familiale, participative et écologique !
  • Yodaqui : yaourts sans lait , issus de la fermentation de riz, agrémentés de fruits des P.O. Cécile et Simon les produisent à Arles sur Tech.



A Thuir , votre 1er comptoir d'échange se situe chez « CoProd.co », coopérative d'activité et d'emploi qui aide au développement économique et social de divers acteurs de notre territoire.





Mond'o Pizza - Pizzeria - Prades

Mond'o Pizza Prades propose des pizzas préparées sur des pâtes à pizza bio. La gamme de produits accorde une place privilégiée aux pizzas végétariennes dont certaines garnitures sont également bio. Certaines compositions intègrent même du tofu. Livré, à emporter ou sur place, Mond'O Pizza est ouvert tous les jours.


Les Ruchers Llugols, ARTMIEL - Miel - Ria Sirach
Miels, propolis, cire, pollen frais des P.O. récoltés dans le parc naturel. Armelle vous propose aussi pendant la saison, entre mars et octobre, des visites du rucher ou stage de découverte
Présente sur les marchés de Prades : les samedis et mardis matins à côté de la fontaine sur la place de l'église





La Sève Apéritifs fleurs et fruits – Los Masos

Jean- Baptiste produit des apéritifs alcoolisés bio à base de fleurs et de fruits. Ces boissons fermentées concoctées avec passion se déclinent en une large gamme variant avec les saisons (sureau, acacia, figues, coing, rhubarbe...).
Dégustation et boutique à Los Masos, à côté du parking de l'Église, les mardis et jeudis de 14h à 18h


























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