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vendredi 20 mai 2022

Salariés et écologistes unis, une victoire : La Chapelle Darblay va redémarrer

Salariés et écologistes unis, 

une victoire : 

La Chapelle Darblay 

va redémarrer

 

7 mai 2022

 


La Métropole de Rouen est sur le point d’annoncer le rachat du site de la Chapelle Darblay. Dernier site français à fabriquer du papier journal entièrement recyclé, sa fermeture avait eu lieu en 2020, lançant une lutte pour inverser la décision. Ce rachat est une victoire pour les travailleurs soutenus par les écologistes.

C’est une grande victoire pour le recyclage en France. Selon les informations de Reporterre, la Métropole de Rouen va annoncer, mardi 10 mai, la concrétisation du rachat du site UPM Chapelle Darblay de Grand-Couronne, près de Rouen (Seine-Maritime). Depuis plusieurs années, les salariés se battaient pour la survie du dernier site français à même de fabriquer du papier journal et d’emballage 100 % recyclé. Celle-ci avait été fermée en 2020 après quatre-vingt-dix années de fabrication de papier journal.

L’intercommunalité officialisera le rachat à UPM lors d’une conférence de presse, ainsi que la vente, au même prix, à des industriels. Le consortium d’entreprises Veolia/Fibre excellence, qui « s’est porté candidat pour reprendre l’exploitation et prolonger le développement de l’usine en répondant pleinement aux enjeux industriels et environnementaux », comme l’annonçait la Métropole dans un communiqué, est donc parvenu à ses fins. Comme envisagé en mars dernier, les industriels ont créé « une société de projet qui louera ses actifs à Veolia, énergéticien et recycleur de vieux papiers et cartons, et à Fibre excellence, papetier ». Deux cents emplois « directs » devraient être créés.

Nicolas Binet, opérateur de maintenance à l’usine UPM la Chapelle Darblay. © Alexandre-Reza Kokabi / Reporterre

L’horizon avait commencé à s’éclaircir le 11 février dernier pour les défenseurs de l’usine. Agissant par délégation de la commune de Grand-Couronne, le président socialiste de la Métropole de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, annonçait la préemption du site, estimée à environ 6 millions d’euros. En achetant le site, l’intercommunalité évitait ainsi son rachat par le groupe Samfi-Paprec, qui souhaitait produire de l’hydrogène et ne comptait pas préserver l’activité initiale de l’usine. Ce projet « aurait écarté l’activité de recyclage et de traitement in situ de papiers et de carton », indiquait la Métropole.

Une nouvelle étape a été franchie le mardi 1ᵉʳ mars. Pour maintenir l’activité de recyclage papier-carton, les élus métropolitains ont voté à l’unanimité une enveloppe de 3,6 millions d’euros pour racheter les équipements de l’usine — machines, pièces de rechange, stocks… « On va réussir à la redémarrer, cette putain d’usine ! » s’enthousiasmait alors Cyril Briffault, délégué syndical CGT au sein de l’usine, auprès de Reporterre. Comme espéré, l’opération a abouti une fois passé le délai de recours de deux mois suivant le vote du conseil métropolitain.

Une mobilisation qui paie

« Il reste encore un chemin industriel important à faire avant le redémarrage du site, mais c’est une avancée remarquable », se réjouit Arnaud Dauxerre, représentant sans étiquette du collège des cadres au comité social et économique (CSE). Joint au téléphone par Reporterre, il dit sa hâte « de mettre la clé dans la serrure, de la tourner, et de voir de la fumée sortir des cheminées ».

« C’est un combat syndical de longue haleine qui a porté ses fruits pour sauver ce fleuron du recyclage français », dit-il avec émotion. Depuis l’annonce de la cession de la papeterie en septembre 2019 par le papetier finlandais United Paper Mills (UPM), les collectifs Sauvons la Chapelle-Darblay ! et Plus jamais ça ont mené plusieurs actions pour sauver l’usine. Le 28 avril 2021, plus d’une centaine de personnes avaient notamment manifesté près du ministère de l’Économie. Après plus de sept heures d’occupation du port de la Rapée, elles avaient obtenu un engagement ferme du gouvernement à maintenir les activités de la papeterie.

 

Une large coalition syndicale et écologiste s’était mise en place pour défendre la Chapelle Darblay. © NnoMan/Reporterre



Avant sa fermeture, la papeterie de Grand-Couronne était l’un des deux seuls débouchés français (avec la papeterie Norske Skog de Golbey, dans les Vosges) pour désencrer les vieux papiers — journaux, magazines, brochures et imprimés publicitaires. Le site dispose d’une capacité de recyclage de 480 000 tonnes de déchets papier et carton par an, soit le résultat du tri de 24 millions d’habitants d’Île-de-France et d’un large secteur Grand Ouest.

Cette matière première servait à produire, chaque année, 250 000 tonnes de papier journal 100 % recyclé. Mais depuis la fermeture, les papiers et cartons sont enfouis, brûlés ou envoyés en Belgique et en Allemagne, selon la Métropole. L’activité devrait redémarrer en produisant du papier d’emballage puis, à terme, de la ouate de cellulose (un isolant) et peut-être à terme, comme le souhaitent des salariés, du papier journal pour les médias français. « On ne s’interdit rien ! dit Arnaud Dauxerre. Nous avons toujours, chevillée au corps, l’idée de réemployer toutes les machines qui sont sur le site. »

« Si ce projet va au bout, ces salariés auront écrit l’une des plus belles pages de notre histoire sociale », avait dit l’élu écologiste Jean-Michel Bérégovoy lors du conseil extraordinaire de la Métropole, mardi 1ᵉʳ mars, dans des propos relayés par le média 76actu. Cette histoire est bel et bien en train de s’écrire, à la sueur des « Pap Chap », le surnom des défenseurs de l’usine.

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Source : https://reporterre.net/Salaries-et-ecologistes-unis-une-victoire-La-Chapelle-Darblay-va-redemarrer?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

 

jeudi 19 mai 2022

Goûter concert solidaire dimanche 22 mai + dédicace et table ronde à l'Entonnoir

On a reçu ça 


"RESERVEZ déjà votre DIMANCHE 22 MAI dès 14h pour une après-midi de solidarité 
 
Avec le concert des WITCH CAROL, SOS Méditerranée et la dédicace du livre "Montrez-nous qu'on a tort" de Géraldine Stringer
 
Les Bénéfices de cette journée nous aideront à poursuivre nos actions auprès des migrants du Conflent
 
Goûter-surprise apportez vos gâteaux, vos biscuits à apero etc... et quelques dineros, merci pour eux et....
 
.... rendez-vous le jeudi 12 mai à 18h à l'Entonnoir pour préparer cette belle après-midi"
 
 

mercredi 18 mai 2022

L’Europe se rue vers le gaz naturel liquéfié au mépris du climat

 

L’Europe se rue 

vers le gaz naturel liquéfié 

au mépris du climat

 
 
6 mai 2022


 

Pour rompre sa dépendance au gaz russe, l’Europe se tourne vers le gaz naturel liquéfié. Mais acheminer du GNL par bateau depuis les États-Unis, le Qatar ou l’Afrique aura de lourdes conséquences sur le climat.

Le 24 février dernier, la Russie de Vladimir Poutine envahissait l’Ukraine. Depuis, l’Union européenne (UE) tente de réduire sa dépendance au gaz russe, qui représente 45 % de ses importations. L’affaire est devenue pressante depuis que l’entreprise Gazprom a décidé, le 27 avril, de couper le robinet de la Bulgarie et de la Pologne. « Une menace à peine voilée » à l’encontre du reste des vingt sept États membres, selon la spécialiste de politique européenne Tara Varma. Afin de se prémunir contre des ruptures d’approvisionnement, l’UE mise sur le gaz naturel liquéfié (GNL), qui peut être transporté par bateau depuis d’autres pays. Sur le plan climatique, le remède choisi est cependant pire que le mal.

Le gaz naturel liquéfié est similaire, en matière de composition, au gaz fossile que l’on utilise pour se chauffer, cuisiner ou produire de l’électricité, et que l’Europe achemine actuellement depuis la Russie via des pipelines. Seul son état diffère : « Le GNL est refroidi à -161 °C dans des usines de liquéfaction afin de pouvoir être transporté à l’état liquide », explique Lorette Philippot, chargée de campagne aux Amis de la Terre. Une fois liquéfié, le gaz traverse les océans depuis les États-Unis, le Qatar ou encore l’Argentine, à bord d’immenses tankers réfrigérés (des méthaniers). Lorsqu’il atteint les ports européens ou asiatiques dotés de terminaux de regazéification, il est retransformé en gaz, et peut rejoindre les réseaux de distribution continentaux usuels.

À la combustion, le GNL émet autant de gaz à effet de serre que du gaz « classique ». Mais si l’on prend en compte l’ensemble de sa chaîne de valeur, il s’avère encore plus néfaste pour le climat. Selon une analyse comparative publiée par le cabinet Carbone 4 en octobre, le GNL émettrait 2,5 fois plus d’équivalent CO2 que le gaz transporté par gazoduc. « Le processus de liquéfaction du gaz et son maintien à température basse est très énergivore », explique Lorette Philippot. Les navires méthaniers consomment également des quantités titanesques de gasoil.

 


Fuite de méthane dans un bateau transportant du GNL. © Transport & Environment

À cela, il faut ajouter les fuites de méthane, un puissant gaz à effet de serre dont le gaz fossile est composé à environ 90 %. Des déperditions ont lieu tout au long du processus d’extraction et d’acheminement du GNL. Avant qu’il n’arrive à destination, jusqu’à 6 % du méthane qu’il contient peut s’être évaporé dans l’atmosphère.

Grèce, Estonie… une multitude de projets

Malgré l’effet catastrophique du GNL sur le climat, les projets de développement vont bon train en Europe. « C’est une très grosse menace qui s’accentue fortement depuis la fin du mois de février », analyse Lorette Philippot. Dans la dernière version de son plan « REPowerEU », dévoilé en mars, la Commission européenne présente le GNL comme l’un des principaux moyens de diminuer la demande en gaz russe. Washington envisage d’inonder l’Europe. Le 25 mars, le président étasunien, Joe Biden, s’est engagé auprès de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à fournir 15 milliards de mètres cubes supplémentaires de GNL par an à l’Europe dès 2022, et 50 milliards d’ici 2030.

De l’est à l’ouest du continent, les gouvernements ouvrent grand les bras au GNL. Mardi 3 mai, le Premier ministre grec, accompagné du président du Conseil européen, Charles Michel, a inauguré un nouveau terminal flottant au large de la ville d’Alexandroúpoli, à la frontière gréco-turque. L’installation devrait entrer en service en 2023. Elle permettrait de regazéifier environ 58,5 millions de mètres cubes de gaz (principalement américain) par jour, rapporte Le Figaro. Le gouvernement grec espère ainsi subvenir à la totalité de ses besoins en gaz, et à 80 % de ceux de ses voisins macédonien, bulgare et serbe.

 


L’Estonie et la Finlande se sont elles aussi lancées dans la course. Début avril, les deux pays ont noué un partenariat pour construire un terminal d’exploitation de GNL sur les rives du port baltique de Paldiski. Ce projet, dans les cartons depuis dix ans, a été « précipité » par la guerre en Ukraine, selon Libération. L’Espagne, qui dispose déjà de six terminaux gaziers, songe quant à elle à relancer un projet de gazoduc transpyrénéens afin de fournir le nord du continent en GNL algérien.

Technologie à prix d’or

Ces projets nécessitent des investissements colossaux. Mi-avril, l’Allemagne a débloqué près de 3 milliards d’euros afin de se doter de terminaux flottants d’importation. « Il y a un vrai risque que les gouvernements gaspillent de l’argent public dans des infrastructures qui risquent de nous coincer dans une technologie extrêmement dangereuse d’un point de vue climatique », estime Neil Makaroff, du Réseau Action Climat (RAC).

De son côté, l’Italie a conclu des accords avec l’Algérie, l’Égypte, l’Angola et la République du Congo afin de convoyer plusieurs milliards de mètres cubes de GNL depuis l’Afrique jusqu’à ses ports dès 2022. Dans cette optique, le gouvernement de Mario Draghi envisage d’acheter ou de louer à prix d’or des unités flottantes de stockage et de regazéification. « Ce sont autant de milliards qui n’iront pas dans la rénovation des bâtiments, les énergies renouvelables ou les mesures de sobriété », déplore Neil Makaroff.

Le FSRU italien « Toscana » adapté pour livrer du GNL, ici en 2016. Wikimedia Commons/CC BY-SA 4.0/Avallav

 

La France n’est pas en reste : fin mars, les pouvoirs publics ont chargé TotalÉnergies d’installer un terminal flottant de stockage et de regazéification dans le port du Havre. D’ici 2023, il devrait débarquer 3,9 millions de tonnes de GNL en provenance des États-Unis, du Qatar et de l’Afrique par an, selon les informations des Échos. Le 2 mai, Engie s’est également engagé auprès de l’entreprise étasunienne NextDecade à acheter 1,75 million de tonnes métriques par an (Mtpa) de GNL entre 2026 et 2041.

« Ce n’est absolument pas une solution pour l’hiver prochain », s’insurge Lorette Philippot. Le GNL en question devrait être produit à partir de gaz de schiste extrait dans le bassin Permien, au cœur de l’écosystème « riche et vulnérable d’une réserve naturelle », selon Les Amis de la Terre.

L’Europe dans une « boucle d’addiction » au gaz ?

Ces projets, développés avec l’aval du gouvernement français, constituent selon Lorette Philippot un « bond en arrière » : « Avec l’impératif de sortie du gaz russe, le risque réputationnel lié à l’exploitation du gaz de schiste est en train de baisser, analyse-t-elle. Les industries et les gouvernements s’engouffrent dans la brèche pour prendre des solutions de très long terme qui vont conditionner notre modèle énergétique jusqu’en 2040. »

La chargée de campagne craint que ces projets n’enferment l’Europe dans une « boucle d’addiction » au gaz. « Il ne faut pas croire que ces infrastructures resteront de manière transitoire dans le paysage, ajoute Neil Makaroff. Elles sont là pour plusieurs décennies et nous empêcheront d’atteindre nos objectifs climatiques. »

Des alternatives sont possibles, insistent les associatifs. Tous deux évoquent une étude publiée fin mars par la fondation Bellona, le Regulatory Assistance Project (RAP) et les groupes de réflexion Ember et E3G. Elle montre que, grâce à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables, l’Union européenne pourrait s’affranchir complètement du gaz russe d’ici 2025 sans construire de nouvelles infrastructures gazières (y compris des terminaux méthaniers) ni se tourner vers le charbon.

« Il faut activer rapidement tous les leviers que l’on connaît, recommande Neil Makaroff. La sobriété, le déploiement des panneaux photovoltaïques, des pompes à chaleur, la rénovation énergétique des bâtiments… La transition est le meilleur levier de souveraineté énergétique. » 

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Source : https://reporterre.net/L-Europe-se-rue-vers-le-gaz-naturel-liquefie-au-mepris-du-climat

 

mardi 17 mai 2022

Anatomie d’une campagne médiatique contre la gauche (1/3)

Anatomie d’une campagne 

médiatique 

contre la gauche (1/3)

 

  Mépriser, moquer, délégitimer : 

les chiens de garde sont lâchés.

 


par Pauline Perrenot,

« Illusionniste », « prestidigitateur », « chefs à plume », « petites cervelles », « fascisme à visage humain », « Polichinelle hâbleur », « escroquerie », « chiens », « pitbulls », « danger pour la France », « insurgé de prédilection »… 

La campagne de la France insoumise pour les élections législatives, à laquelle se sont ralliées les autres formations de la gauche parlementaire (Générations-EELV-PS-PCF), a littéralement déchaîné les médias dominants. 

Éditorialistes et journalistes politiques ont orchestré, du PAF aux grands quotidiens nationaux, une cabale d’une rare violence que nous traiterons en trois temps : 

1) Mépriser, délégitimer : l’Union populaire n’adviendra pas ; 

2) Stigmatiser : haro sur les « islamogauchistes » ; 

3) Traquer : sus aux « déviants » de la social-démocratie. 

Premier mouvement.

Aussitôt Emmanuel Macron réélu, les chiens de garde sécurisaient le périmètre de la « démocratie » en étouffant les critiques. « Dire du président qu’il a été "mal élu" ? C’est "ébranler la légitimité du vote, et par là même les fondements de la démocratie représentative" pour Le Monde. C’est "alimenter une défiance dans les institutions, dans notre système démocratique" pour David Pujadas. Des syndicats qui souhaitent être pris en compte ? "C’est factieux !" s’indigne Jean-Michel Aphatie. » Ce n’était là qu’un début.


« Des gens dangereux »


Pour Mathieu Bock-Côté (Europe 1, 27/04), «  Jean-Luc Mélenchon veut accélérer la crise de régime », tenter « un coup de force » et « un dernier tour de piste avant de se laisser momifier vivant à la manière d’un petit Lénine français vénéré et contemplé par tous les sectateurs de la Révolution ». Un peu plus tôt sur la même antenne, face à Sonia Mabrouk, Raphaël Enthoven commentait l’affiche « Mélenchon Premier ministre » de la France insoumise, qui révélerait selon lui « qui [sont] les gens dangereux […] susceptibles de s’asseoir [sur les institutions] pour un bénéfice à peu près nul. » Un verdict partagé par l’ex-plume de Valeurs actuelles, Louis de Raguenel, désormais chef du service politique de la radio Bolloré : « À force de marteler ces messages dangereux, ça finit par donner aux ultras des espoirs de renversement de l’État. » (Europe 1, 2/05)

C’est donc de (violent) concert avec l’extrême droite que les chantres de « l’extrême centre » pointent, d’un seul et même doigt, le péril de l’époque : la France insoumise et l’union de la gauche. Sur LCI, Jean-Michel Aphatie prévenait ses confrères (29/04) :

Le fond de l’affaire, c’est qu’on dit que Marine Le Pen n’est pas républicaine, n’est pas démocrate, très bien, ça fait vingt ans qu’on fait une danse là-dessus à l’extrême-droite ! Et la France Insoumise, elle est comment ? Quel attachement à la démocratie et aux valeurs ?

L’éditocratie poursuivra précisément sur cette lancée. À commencer par Catherine Nay (Europe 1, 30/04) :

Si ça ne se passe pas comme prévu, « il faudra aller chercher la victoire dans la rue pour faire avancer la société ». Qui le dit ? C’est la Clémentine Autain [sic]. Vous savez avec son joli sourire et ses yeux myosotis. Et elle dit ça sans être morigénée par quiconque, c’est sa vision de la démocratie ! Ça s’appelle le fascisme à visage humain.

Dans Le Figaro (6/05), Ivan Rioufol monte d’un cran : « S’il y a un totalitarisme qui vient, c’est au cœur de la gauche marxiste et révolutionnaire qu’il faut le traquer, comme toujours historiquement. » Et de poursuivre : « L’entourloupe sur "le cordon sanitaire" a permis à l’extrême gauche, sectaire et violente, de se comporter en terrain conquis. Oui, il y a un danger pour la République. Mais il est à débusquer dans la stratégie d’infiltration insurrectionnelle du soi-disant Insoumis. » Le totalitarisme, c’est également ce que l’union de la gauche inspire à Bernard-Henri Lévy : « Avec cet accord Insoumis/socialistes, c’est Chavez qu’on accorde avec Jaurès. Poutine avec Léon Blum. Et voilà bradé, pour un plat de lentilles (une poignée de circonscriptions), tout le patient travail de la gauche, depuis 50 ans, pour conjurer sa tentation totalitaire. Navrant. » (Twitter, 4/05).

Sur LCI (6/05), Jean-François Kahn qualifie sans rire les Insoumis de « néo-bolcheviks ». « Un parti factieux, séditieux ? » interroge de son côté Frédéric Haziza (Radio J, 8/05). « Une secte » affirmait deux jours plus tôt Philippe Val (Europe 1, 6/05) : « Une secte dont certains militants se radicalisent sur internet, comme cette femme "gilet jaune", anti vax et mélenchoniste qui a récemment agressé un pompier », mais également « des irresponsables [qui] jouent la violence sociale contre le suffrage universel. » Un parti qui, en tout cas, « a réussi son pari de caler la gauche sur les extrêmes » selon Challenges (5/05), qualificatif employé partout, inspirant un espoir à Thomas Sotto face à Jean-Luc Mélenchon : « Est-ce que ça ne va pas faire le jeu d’Emmanuel Macron une gauche qui se radicalise ? » (France 2, 6/05).

Le 2 mai, date de l’accord entre la France insoumise et Europe Écologie les Verts (EELV), David Reyrat, journaliste sportif au Figaro, synthétise : « Pour être certain de ne pas être coincé dans une faille temporelle. On parle bien en 2022 de porter au pouvoir en France des trotskistes, des maoïstes, des communistes, des khmers verts. En 2022. En France. C’est bien ça ? Vous confirmez ? » (Twitter, 2/05, tweet supprimé depuis). Franz-Olivier Giesbert confirme dans Le Point (5/05) : « La haine est en marche et rien ne semble pouvoir l’arrêter ». On ne le lui fait pas dire… « Certes, nous ne sommes pas en 1789 quand la populace […] saccageait et pillait tout sur son passage. […] Il y a en ce printemps ensoleillé mais saturnien beaucoup d’électricité dans l’air, une violence verbale peu ordinaire, en particulier du côté des chefs à plume de la France insoumise. » Et le non-violent-verbal de qualifier les responsables insoumis de « mufles » et de « braillards », quelques lignes seulement avant de fustiger la « décomposition démocratique » du pays : « Une partie des "élites" de la France d’en haut […] commence à basculer dans l’extrémisme de gauche ». Diantre ! L’élite médiatique, au moins, aura été épargnée.

Pendant ce temps sur Twitter, en écoutant François Ruffin sur BFM-TV, l’ancien directeur du Nouvel Observateur Claude Weill weillise :

Ce type est un grand malade. « Il y a un bâton pour chasser Macron ! » […] s’excite-t-il. Étonnez-vous que des petites cervelles insoumises, échaudées par ces appels incessants à la haine et au déni de démocratie finissent par aller taper sur des pompiers… (3/04)

Qui est excité ?

Jacques Julliard dans Marianne, sans nul doute. Le 4 mai, il tempête dans l’édito « Oui à l’union, non à Mélenchon ! » : « Le mélenchonisme n’est ni l’avenir ni la justice, c’est une construction qui repose sur un homme et sur les branches pourries du mouvement social. Épargnons-nous ce retour en arrière. » Sur France 5 (5/05), Denis Olivennes alerte :

Il faut se souvenir de ce qu’a été Jean-Luc Mélenchon ! […] Il a quand même conspué les juges indépendants et la presse indépendante ! Je ne crois que ce que je vois. Et ce que je vois, c’est un leader qui a attaqué l’indépendance des juges, attaqué les journalistes, dont les amis c’est Poutine et Maduro, des gens qui n’acceptent pas la démocratie ! C’est ça Mélenchon !

Le magazine hebdomadaire des Échos fait campagne plus qu’à son tour, et directement par la voix de son directeur adjoint de la rédaction : « Mélenchon ou la défaite de la raison » titre-t-il son édito (2/05). Tout y passe : « Héros fatigué d’une gauche en déliquescence », « amoureux transi des dirigeants d’un Venezuela en ruine », « un "insoumis sauf avec les dictateurs" », des « convictions […] flottantes », la « gauche régressive ». Bref… « la folie Mélenchon ».

Un crachat que reprend en écho le rédacteur en chef adjoint de L’Est Républicain, dans l’édito qui garnit les huit titres du groupe Ebra – propriété du Crédit Mutuel (28/04) : « Jean-Luc Mélenchon incarne à merveille le Polichinelle hâbleur d’une gauche désorbitée, entraînée vers les abîmes d’une tragique bouffonnerie. » D’une rare brutalité contre « Méluche, le magnifique », l’éditorial se conclut sur un incontrôlable accès de mépris de classe : « Les chiens sont lâchés. Ses pitbulls aboient et mordent. [Mélenchon] est, nous dit-on l’idole des jeunes. Même diplômés. C’est dire l’incurie de l’époque. »

Un désespoir partagé par l’une des grandes figures macronistes du Monde, Françoise Fressoz, qui aligne les formules de courtoisie à l’égard de Jean-Luc Mélenchon : « Trublion », « prestidigitateur », « acteur talentueux, doublé d’un séduisant bonimenteur. À 70 ans, il joue la partition de sa vie, fait croire que la gauche radicale peut gouverner le pays. » (10/05) Le désarroi puise sa source au milieu de l’article : « Avant le premier tour, il y avait deux France, celle d’Emmanuel Macron et celle de Marine Le Pen. Le soir du 10 avril, une troisième a surgi, celle de Jean-Luc Mélenchon. Depuis, le vaincu s’emploie à la faire survivre et prospérer, au prix d’une personnalisation du pouvoir totalement assumée. »

Pendant ce temps sur Twitter, Raphaël Enthoven enthovenise :

UE, OTAN, Syrie, Russie, gilets jaunes, vaccins, oligarchie, populisme, mépris de la constitution... L’avenir de LFI est dans l’alliance avec le RN, plutôt que dans une OPA sur la gauche dont les autres membres doivent renoncer à leur identité pour gratter quelques circos. (2/04)


« On n’est pas en dictature ! Ce n’est pas Mélenchon qui décide ! »


« OPA », « coup de force », « au forceps », « destruction », « soumission ». Partout, le champ lexical mobilisé pour décrire le processus d’accord est celui de la violence, les journalistes politiques moulant leur discours dans les diatribes et le narratif des grands pontes du PS qui refusent l’alliance avec la France insoumise.

Le 5 mai, Le Figaro

s’illustre à cet égard par sa Une tout en retenue – « Mélenchon soumet les Verts et le PS à la gauche extrême » – doublée d’un édito signé Vincent Tremolet de Villers, « Bienvenue en mélenchonie » :

De Catilina à Jean-Luc Mélenchon, on peut écrire, sans risque, que le niveau s’est effondré. Les grossiers appétits écrasent, sans aucune gêne, toute autre considération. Fabien Roussel lâche tout pour un steak aux lentilles, Olivier Faure montre qu’il a les dispositions pour ouvrir un stand à la grande braderie de Lille.

Brillant. Au moins autant que la chronique de son confrère Guillaume Tabard une page plus loin, relatant la « soumission idéologique » des « socialistes, écologistes et communistes […], passés sous les fourches caudines de l’Insoumis en renonçant à bien de leurs valeurs ». Dans « C ce soir » (France 5, 5/05), Thomas Snegaroff introduit l’émission – « Est-ce que le PS vit son moment populiste ? » – avant de présenter, entre autres, Denis Olivennes, « essayiste, chef d’entreprise » (et accessoirement co-gérant de Libération) : « Vous faites partie de ces figures de la gauche qui voient dans cet accord une forme de reddition, de capitulation, de soumission, de trahison, de suicide, vous me direz quel est le mot que vous préférez. » Réponse de l’intéressé : « Tous. »

Le but de Jean-Luc Mélenchon selon Christophe Barbier ? « Faire une OPA sur tous les restes de la gauche ». Plus encore ? « Digérer et déchirer la gauche […], et ce qu’il ne digère pas, il veut le déchirer. […] Le rêve du trotskyste Mélenchon, c’est de détruire ce qu’il déteste le plus : ce n’est pas la droite, ce n’est pas l’extrême droite, ce n’est pas Macron ! C’est la social-démocratie ! » (RMC, 3/03) « Lider maximo » titre encore BFM-TV (5/05), dont Alain Marschall donne une déclinaison au moment d’interroger Aymeric Caron : « Le parti socialiste a été liquidé avec gourmandise ? » Sur RMC (3/03), la journaliste Catherine Rambert s’insurge : « On n’est pas en dictature ! Ce n’est pas Mélenchon qui décide ! » avant de s’illustrer par des propos homophobes et orduriers :

- Catherine Rambert

 : J’ai une pensée et beaucoup de compassion pour les communistes, pour le PS et pour les Verts qui sont en train d’avaler d’énormes couleuvres pour rentrer dans cette union au forceps. Et quand je dis « avaler des couleuvres », je ne suis pas certaine que ça passe par là mais enfin bon, on ne va pas faire un cours d’anatomie aujourd’hui !

- Daniel Riolo 

: On ne sait même pas si c’est des couleuvres hein Catherine !

De la hargne à l’insulte, il n’y a qu’un pas… que franchit également – comme de coutume –, et sans trébucher, le dessinateur du Point, Xavier Gorce : « Connaissez-vous cette vieille comptine ? "Ce petit animal a la peau si tendue ; Que quand il ferme un œil ; Il ouvre le trou du cul." Pourquoi le sourire de Mélenchon me la rappelle ? » (Twitter, 27/04) Une berceuse que lui inspire la fameuse affiche de la discorde.


Pile « hargne », face « moquerie »


Dans Paris Match (5/05), Gilles Martin-Chauffier met à profit son mépris pour réussir l’un des meilleurs portraits du moment : Jean-Luc Mélenchon en « insurgé de prédilection », « faire-valoir du pouvoir ». Extrait :

Comme un interrupteur, il ne possède que deux positions : allumé ou disjoncté. Sur une estrade, sur un plateau, dans son bureau, il faut qu’il attire l’attention. […] Une fois en scène, il porte le béret du Che, l’auréole de saint François d’Assise (les animaux sont un autre de ses dadas) et la kalachnikov de Castro. Et ça passe : sans avoir jamais pointé dans une entreprise ni lancé un pavé, ce révolutionnaire institutionnel est la voix reconnue des rebelles. Donc il proteste. Le sexisme, le racisme, le nucléaire, les OGM, le capitalisme, la chasse aux bébés phoques, la pluie en été, tout lui tourne les sangs. Malheureusement pour lui, si élevé soit l’arbre, ses feuilles tombent toujours par terre. Les capitalistes se moquent de ses diatribes comme de leur première OPA. Et les sceptiques ricanent : quitte à lutter contre le racisme, à aider le tiers-monde, à préserver la planète, n’importe quelle multinationale en fait cent fois plus que lui. Le leader des insoumis tire plus de flèches qu’il n’abat de proies.

Puis, le 4 mai, L’Obs se joint au concert des petites mesquineries : « Bientôt primus inter pares, le nouveau chantre de l’union de la gauche s’est imaginé un destin de rechange. […] Le voilà qui prétend marcher sur les traces de Léon Blum […] ou de François Mitterrand […]. Mélenchon se voit à Matignon. Un scénario encore bien improbable. Mais, le cas échéant, il ne serait ni Blum, ni Mitterrand. » Invitée sur le service public – qui plébiscite donc ses outrances sur Europe 1 – Catherine Nay opte pour le filon culinaire : « Jean-Luc Mélenchon doit beaucoup jubiler [...] mais il veut faire un soufflé avec des miettes ! » Plus tard : « Il s’allie chacun pour un plat de lentilles ! » Mais encore ? « Jean-Luc Mélenchon a toujours tendance à faire d’un chou un potager. » Enfin ? « La grand-mère déguisée en loup, c’est Mélenchon. » (France 5, 3/05).

Sur « Quotidien » aussi, on se bidonne avec l’union de la gauche au moment d’interroger Julien Bayou à la sortie du local de campagne de la France insoumise : « Le couple LFI-EELV s’est fait hier. Là, c’est quoi le challenge quand on se met à faire un trouple ? » Et les journalistes start-up tiennent à faire savoir qu’ils peuvent, comme Catherine Nay, filer les métaphores : « Vous pensez que ça va être une relation passionnelle ? Mais tumultueuse ? » ; « Il y a un mariage pour demain ? » ; « À deux, c’est déjà fait, à trois on va voir, et là à quatre euh… ? » (TMC, 3/05)

Enfin, après avoir vitupéré contre un rassemblement « navrant », « assez minable » et témoignant d’une « inconséquence politique » (LCI, 4/05), Jean-Michel Aphatie fanfaronne deux jours plus tard : « Hélas, le titre grille le suspense, c’est pas très grave ! Dans les bons films, on essaie de regarder jusqu’au bout ! » et joue les maîtres de foire du plateau : « Olivier Faure, […] vous allez voir, a commenté cet événement avec un enthousiasme désarmant devant les journalistes hier soir ! Il est un peu fatigué le pauvre, il a eu des journées très, très longues, cette semaine ! [Rires] […] Bon, et puis après, il est allé se coucher ! » (LCI, 6/05)

Pendant ce temps sur Twitter, Enthoven enthovenise – les Insoumis « sont définitivement (car délibérément) imperméables à la raison ». Quid des éditorialistes ?


Intermède : le 1er mai ? La violence


Pour ne pas rompre le rythme, il va sans dire qu’au lendemain du 1er mai, comme le jour même, les médias dominants concentrent leurs forces éditoriales sur « les violences » de la manifestation (parisienne). Les chaînes d’info en continu diffusent en boucle l’agression d’un pompier par une manifestante, tandis que France Inter se fend d’une brillante exclusivité : le « soutien à Mélenchon » de la manifestante en question, sur la base d’une exégèse de tweets qui permit à la rédaction de dénicher l’arme du crime : « Un selfie dans l’isoloir avec un bulletin Mélenchon » (2/05).

Le soir dans « C dans l’air » (France 5, 2/05), on apprendra par Fanny Guinochet que les militants autonomes « souvent s’en prennent […] aux biens publics » comme « l’hôpital » avant que Caroline Roux mentionne seulement la revendication des salaires entre deux virgules… pour mieux embrayer : « Les Français auront surtout vu des scènes de violences, de pillages, en marge de cette manifestation. » Discours performatif au carré : s’ensuit un reportage de 15 secondes, dans lequel en effet, les Français verront exclusivement – soit non plus « en marge » – des scènes de pillage. Le clou du spectacle est atteint dans Le Figaro (6/05), avec Ivan Rioufol :

Les « antifas » ont une nouvelle fois semé la terreur en brisant des commerces sur leur passage. Or ces milices, qui sévissent au nez de la police, sont les bras armés de l’extrême gauche. Ces nouvelles « chemises noires » partagent avec LFI, la violence en plus, les mêmes objectifs politiques.

Mais à cet égard, notre palme revient à l’émission « Estelle Midi » (RMC, 3/04). Vingt minutes de bashing en roue libre, réparties entre trois chroniqueurs. Mélenchon ? Un « illusionniste », dont Daniel Riolo entend révéler la vraie nature :

On l’a vu à la manif, […] dans les électeurs de Mélenchon, il y a cette jeune dame qui trouve ça bien de se balader avec des tournevis et des marteaux pour taper sur les pompiers. C’est cette extrême gauche là, aussi, qu’il y a dans le bloc Mélenchon ! Donc à un moment, je crois quand même que les gens vont devoir ouvrir les yeux, exactement comme on les ouvre parfois sur d’autres partis et se rendre compte que le bulletin […] Nupes là, c’est un danger pour la France !

Une violence qui se prolonge lors des « prises de parole » des auditeurs. « Antonio », employé dans un service technique hospitalier et électeur de Jean-Luc Mélenchon, ne peut s’exprimer plus de dix secondes en continu sans subir les foudres obsessionnelles de Daniel Riolo :

Eh Antonio ! Vous, la violence de Mélenchon, elle ne vous gêne pas ? [Quelle violence ?] Bah qu’on agresse des pompiers ? Il n’a pas condamné. Il n’a pas condamné. Il n’a pas condamné. Il n’a pas condamné. Il a accusé l’État de laisser la violence se propager. Il n’a pas condamné. Le discours sur la police, l’agression des pompiers, il n’a pas condamné !

Six fois.

Puis, « Antonio » est coupé au bout de six secondes : « Donc vous vous en foutez ! Dites-le ! » Sept secondes, et rebelote : « Donc vous, vous ne condamnez pas l’agression du pompier vous ? Bah il ne veut pas répondre ! Donc vous ne condamnez pas, monsieur ! [Je condamne toute violence.] Bah Mélenchon l’a pas fait ! » Puis… en fin d’émission :

- Daniel Riolo : Je crois que [Mélenchon] a fini par condamner l’agression de la jeune femme sur le pompier finalement, sur France Inter il me semble. [Non, sur Twitter, NDLR].

- Rémy Barret : Mais tu avais raison, il avait dit auparavant [Voooilà !] que les violences étaient inhérentes [Voooilà !] à la Préfecture de police [Voooilà !] qui n’avait pas fait son travail. [Voooilà !]

- Daniel Riolo : Voooilà. Il a mis le temps, il a réfléchi un peu. Voilà.

Voilà…


Chronique d’un échec annoncé


Alors que la quasi-totalité des éditorialistes accablent d’emblée une « union mal embarquée […], de bric et de broc » (Jean-Michel Aphatie, LCI, 6/05), « un mirage, une escroquerie » (Christophe Barbier, RMC, 3/03), une « fable » (Le Monde, 10/05), un « accord factice » et « moche » (Olivier Bost, RTL, 5/05), ou une alliance au « succès timide » (Challenges, 3/05) sur la base de premiers sondages, partout, les journalistes politiques tiennent également à faire la chronique de son échec annoncé. « Arme de conquête ou pistolet à eau ? » interroge Olivier Bost dans son édito en face-à-face avec Yves Calvi (RTL, 5/05). Spoil :

- Olivier Bost

 : Ça marche quand vous avez une dynamique pour prendre le pouvoir, réelle et basée sur des gens qui veulent exercer le pouvoir. Très concrètement là aujourd’hui, c’est pas du tout cette histoire-là puisque c’est les plus radicaux qui l’emportent et la radicalité n’a pas pour objectif aujourd’hui d’exercer le pouvoir.

- Yves Calvi

 : On a l’impression que cette union populaire, à peine commencée, elle a du plomb dans l’aile, en tout cas qu’on la prend pas au sérieux !

C’est le moins qu’on puisse dire…

« Comment va gouverner cet homme ? » s’insurge d’ailleurs Catherine Nay (Europe 1, 30/04). « Parce qu’on voit bien aussi que c’est quelqu’un qui a une certaine enflure de l’égo, qui ne veut pas quitter le pouvoir, qui n’admet pas d’avoir été défait ! Et plutôt que d’être déprimé comme il y a cinq ans, eh bien il dit "Le Premier ministre, c’est moi !" » Même tonalité dans Le Monde, qui prend position le 6 mai et tient à faire savoir sa déception : « manœuvre », « marchandages », chefs de partis qui « convoqu[ent] bruyamment l’Histoire », « Canossa des défaits », « contorsions sémantiques », « silences assourdissants », « reniements »… L’édito du Monde regorge de sentences pour une conclusion sans appel : cet accord « n’en fait […] pas un programme de gouvernement [...]. L’objectif de devenir la principale force d’opposition au président réélu peut permettre de s’en accommoder, tant bien que mal, à titre provisoire. Pas celui d’exercer les responsabilités. »

Jeff Wittenberg, éditorialiste politique pour France TV, en doute aussi très fortement : « Les femmes et les hommes qui vont porter le futur programme si vous gagnez […], est-ce qu’ils ont suffisamment d’expérience ? » ; « Toutes les personnalités de la France insoumise, celles qui vous rejoignent au PS, les Verts, personne n’a connu de responsabilité gouvernementale. Est-ce que ce n’est pas tout de même un handicap ? ; « Dites-nous si le manque d’expérience à la tête de l’État n’est pas un frein ? » (France Inter, 8/05, face à Jean-Luc Mélenchon). Rappelons qu’il y a cinq ans, les mêmes éditocrates sortaient les violons pour l’entrée de ladite « société civile » macroniste dans l’hémicycle.

Verdict plus violent dans l’édito des Échos (2/05). La gauche au pouvoir ? Une « supercherie », révélant « une profonde fascination pour le nihilisme. […] Mélenchon Premier ministre ? On se pince ! » Pas autant que nous… « Très difficile de réussir son pari » assène encore Christophe Barbier (BFM-TV, 5/05). L’une des raisons à cela ? « Le vote musulman. C’est-à-dire de ces 69% de Français qui se disent de confession musulmane et qui ont voté Jean-Luc Mélenchon. Ceux-là n’ont pas forcément envie d’aller voter pour X ou pour Y qui sera simplement le représentant de Mélenchon. Ils n’ont pas forcément adhéré à un programme, ils ont adhéré à cette personne. » Car il faut le savoir : ils sont bêtes (en plus d’être méchants).


Le programme ? « Archaïque » !


Un échec annoncé donc, qui n’empêche pas les journalistes politiques de délégitimer le programme de A à Z. Les positions de la France insoumise sur le nucléaire ? « Mentalité antiscientifique » et « désir régressif vers une nature fantasmée et divinisée » assène Mathieu Bock-Côté (Europe 1, 5/05). Jean-Luc Mélenchon évoque-t-il sur France Inter « une politique de la radicalité concrète sur le plan écologique » ? La journaliste Claire Gatinois (Le Monde) traduit : « Il y a une forme de brutalité sociale aussi du coup ? Vous nous dites […] j’applique mes actions quitte à ce que ce soit brutal finalement ? » (France Inter, 8/05). Et dans la matinale de RTL (2/05), Alba Ventura fait faire ses gammes à Stéphane Le Foll pour garnir les gros titres : « Il y a une dérive chez Jean-Luc Mélenchon ? C’est ce que vous êtes en train de nous dire ? […] Quand vous dites "autoritaire", quand vous dites "radicalité" ? »

Au Figaro (6/05), on prend nettement moins de pincettes au moment de dénoncer « une "soviétisation" de l’économie française à plus de 300 milliards par an ». Le programme pour Christophe Barbier ? « Impraticable et infinançable » (RMC, 3/05). « Des promesses intenables », « une radicalité [...] en tout cas anachronique » tance Alain Finkelkraut avant de nuancer : une « radicalité monstrueuse » (Europe 1, 10/05). « Ça serait la faillite si c’était appliqué ! » radote Jean-François Kahn sur LCI (6/05). Quant à Jacques Julliard dans Marianne (4/05), il en est « convaincu » : « L’application brutale de l’ensemble des propositions du programme de Mélenchon nous conduirait à la catastrophe. » « Complétement dingue » ajoute Denis Olivennes sur France 5 (5/05) :

Emmanuel Macron a fait la plus grosse relance keynésienne de toute l’histoire récente de la 5ème République ! Ce pays prétendument néolibéral atteint des niveaux de dépense publique, de dette publique, de dépense sociale, d’impôts, de fonctionnaires et de réglementations comme on n’en a jamais connus ! Et on va encore alourdir la bête ! Dans ce pays qui souffre déjà d’une faible croissance qui explique son niveau de chômage et son faible pouvoir d’achat, on va encore charger la mule et son ventre va toucher le sol ! Et on va rajouter encore 200 milliards de dépenses publiques, […] c’est complétement dingue !

Et pour sortir de la dinguerie, rien de tel qu’un recul historique avec François Lenglet. L’objet de sa chronique (RTL, 3/05) ? Faire état du « bilan économique désastreux de l’expérience du Front populaire » ! L’occasion pour l’éditocrate d’anachroniser sa rengaine en fustigeant la « surenchère syndicale » de l’époque, ainsi qu’une France « affaiblie par les grèves à répétition et les nationalisations. » Avant de se faire le porte-parole de Léon Blum, qui « doit aujourd’hui se retourner dans sa tombe en entendant Jean-Luc Mélenchon récuser la construction européenne qui a tant manqué à l’époque. » Toute honte bue. Autres références, même tonalité sur Europe 1, où Nicolas Bouzou avertit ses contemporains (Europe 1, 4/05) :

La vérité, c’est que les programmes révolutionnaires du type « La France insoumise » n’ont jamais apporté rien d’autre que de la misère économique et sociale ! C’est toute l’histoire de l’Amérique Latine dans les années 1980 et 90, c’est parfaitement documenté historiquement. Ce type de programme met en place un système économique qui génère des rentes et qui entraîne une explosion des inégalités. Les riches, dans ce genre de système, s’en sortent toujours. Ce sont les plus fragiles qui en souffrent.

« Révolutionnaire » ? Rétrograde, en tout cas, pour Denis Olivennes : « Back to the future ! On va refaire le programme d’il y a 40 ans, on rentre dans la modernité en refaisant le programme commun des années 70. Ça, c’est l’avenir de la social-démocratie. Euh… non ! » (France 5, 5/05). Paraphrasé le même jour par Challenges : « Il y a des éléments de son discours qui nous ramènent quarante ans en arrière : retraite à 60 ans (alors que l’espérance de vie a gagné presque dix ans depuis), augmentation des impôts et des dépenses publiques (alors que celles-ci ont déjà progressé de dix points de PIB), intervention massive de l’État… Il n’y manque qu’un bon programme de nationalisations ! » Chiche ! L’Europe ? « La même rhétorique que celle de Marine Le Pen […]. Bref, comme avec le projet du Rassemblement national, cela s’appelle un "Frexit" sans le dire. À nous de le répéter. » La majorité des confrères s’y attèlent déjà, dont Frédéric Haziza, tapant sur un « programme anti-européen et pro-Poutine. » (Radio J, 8/05).

Mais la cabale vaut pour l’ensemble des aspects programmatiques : « Le blocage des prix ? C’est archaïque ! » vilipende Jean-Michel Aphatie (LCI, 6/05) avant de dérouler le prêchi-prêcha : « Tout le monde le sait : l’économie de marché, qu’on régule qu’on tempère, […] est la seule qui permet au consommateur et au producteur de vivre ensemble. » Puis : « Nationaliser les banques ? Mais pas un socialiste n’y croit ! » Et il ose :

On a l’exemple du Crédit Lyonnais, on a vu ce que ça a donné ! Des masses d’argent non contrôlées, du scandale, du gaspillage… Je ne sais pas si Jean-Luc Mélenchon y croit d’ailleurs ! Mais lui, il a toujours dit ça, donc au moins faisons lui le crédit d’une cohérence intellectuelle à défaut de la sincérité.

Et de poursuivre le dézingage en règle. La retraite à 60 ans ? « C’est l’un des plus gros bobards de la scène politique actuellement. Ça, Jean-Luc Mélenchon, il va falloir qu’il l’explique hein ! […] Parce que quand il était en campagne présidentielle, vraiment, personne n’a été attentif à ça. On est d’une complaisance souvent avec la gauche qui est très importante. »

« Complaisance » ? Dans le dictionnaire éditocratique, nom féminin ; définit l’attitude des médias sus-cités, et celle de Paris Match en particulier, au moment d’évoquer les militants et sympathisants de la France insoumise qui « vont refaire un tour de piste d’ici au mois de juin pour aider Jean-Luc Mélenchon. » (5/05) Par exemple ?

[L]es fameux zadistes qui chassent les paysans creusant des retenues d’eau sans leur permission. Au bout de quelques mois à jouer les Jacquou le Croquant, ils finiront à trente par sortir trois carottes et dix navets d’un terrain où un campagnard nourrissait un village à lui seul. Alors ils les apporteront sur le marché en tendant le poing et la sébile. Je vous rassure : entretemps, rien n’aura changé. Rien ne change jamais. Et Jean-Luc Mélenchon continuera de rêver de révolution comme la chaisière rêve d’épouser l’évêque.

Terminons ce premier volet sur le service public en compagnie de Renaud Dély, présentateur de « 28 Minutes » sur Arte, également éditorialiste et présentateur sur France Info. Pour l’auteur de l’essai Anatomie d’une trahison. La gauche contre le progrès (mai 2022), la séquence actuelle est plus qu’une aubaine : cabale et auto-promo, d’une pierre deux coups !

C’est donc en grand expert que Renaud Dély défile sur les ondes publiques : « C ce soir » (France 5, 2/05), France Inter (4/05) et « C à vous » (France 5, 5/05) – dont sont issus les propos qui suivent. Et en grand expert qu’il manie l’art des citations : « Comme disait le psychanalyste Jacques Lacan, "le réel, c’est quand on se cogne". » Voilà pourquoi les éditorialistes ne sont jamais assommés. « Le problème du projet unitaire qui est en voie d’être adopté, c’est qu’aussi sincère soit-il, il est en léger décalage avec le réel aujourd’hui sur de nombreux sujets ! » Plus précisément sur le fond du programme ?

C’est le signe d’une gauche qui perd confiance en elle, qui rompt aussi avec une certaine idée du progrès, en tout cas du mouvement. C’est une gauche qui est profondément à la fois repliée sur des identités, des communautés qui s’affrontent et repliée sur le passé, qui est nostalgique. […] Ces derniers jours, on entend beaucoup parler du Front populaire, […] c’était il y a 86 ans !

Le psychanalyste n’est pas encore au bout du raisonnement :

Et donc cette gauche [veut] se rassurer […] parce qu’elle perd pied face au réel, parce qu’elle a du mal à le comprendre, à comprendre sa complexité et à le réformer. […] Ça contribue probablement à flatter, à enthousiasmer même une frange militante c’est vrai, mais à réduire le champ de la gauche sur un espace beaucoup plus réduit électoralement et à la décaler de la réalité du pays.

Ce que confirment d’ailleurs noir sur blanc les résultats des deux dernières élections présidentielles.

D’autres griefs ? Anne-Élisabeth Lemoine se charge du lancement : « C’est une gauche qui donne beaucoup de leçons également ! » « C’est la gauche indignée » acquiesce Renaud Dély, du même ton paternaliste. « C’est légitime et heureux de s’indigner dans la vie face à l’injustice et au malheur, mais ça ne fait pas un projet politique ! » Il n’en fallait pas plus à Patrick Cohen : « Il y a une formule formidable vous vous rappelez, c’est celle de Malek Boutih, "la gauche est condamnée à se liquéfier dans sa méchanceté". » Et les éditorialistes dans leur arrogance… bourgeoise, comme le rappelle Renaud Dély au moment de parler « écologie » :

L’indignation ou la dénonciation d’une génération, par exemple les boomers […], ne suffit pas à construire le monde d’après ! Le problème de toute une frange de la gauche, et de toute une frange des écologistes au sens large, c’est de tenir parfois un discours anxiogène, catastrophiste, mais sans réussir à dessiner les contours du monde d’après. Si effectivement c’est foutu, s’il n’y a plus rien à faire, foutu pour foutu, on finit par se racheter des SUV !

Éclats de rire sur tout le plateau.


***


Après avoir polarisé leur agenda de campagne autour de l’extrême droite, après avoir tapissé de chats un projet de société structurellement xénophobe et raciste, après avoir propulsé la candidature d’un néo-fasciste reçu partout avec déférence ou complaisance, les médias dominants exploitent la seule fenêtre médiatique (massive) arrachée par la gauche depuis des mois pour (massivement) instruire son procès.

Dès lors, il faut au moins être éditorialiste au Figaro pour entrevoir, dans la séquence actuelle, un « cirque médiatique mené par l’extrême gauche autour de son nombril » (Ivan Rioufol, 6/05) ; travailler au Point pour titrer une chronique « Mélenchon, nouveau chouchou des médias » et critiquer une « lune de miel médiatique » (Jean-François Kahn, 12/05) ; ou encore vivre sur un plateau de CNews pour avoir « l’impression que c’est Jean-Luc Mélenchon qui a gagné l’élection présidentielle depuis quinze jours avec une complicité ou une douceur de l’espace médiatique » (Pascal Praud, 5/05). « L’extrême gauche n’affole surtout pas les médias bien-pensants. L’extrême droite toujours, l’extrême gauche jamais » lui rétorque l’ancien directeur général de LCI et membre de la direction de TF1 Éric Revel, plus lucide que jamais.

Mépriser, moquer, délégitimer : les chiens de garde étaient bel et bien de sortie. Comme jamais ? Sans doute non. Mais avec plus d’une corde à leur arc. À suivre…


Pauline Perrenot, grâce à un travail d’observation collectif des adhérent·e·s d’Acrimed

 

 Acrimed est une association qui tient à son indépendance. Nous ne recourons ni à la publicité ni aux subventions. Vous pouvez nous soutenir en faisant un don ou en adhérant à l’association.

 

Source : https://www.acrimed.org/Anatomie-d-une-campagne-mediatique-contre-la

lundi 16 mai 2022

Ouvrez la Lettre d'info et découvrez le programme de la semaine :) à l'Alchimie, lieu culturel associatif de Prades 66500



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Appel à bénévoles

Ce sera l'occasion de vous initier pour tenir le bar !

Nous lançons un appel à bénévoles pour le jeudi printanier du 19 mai

Pour tenir le bar-café/et ou fermer l'association lors de la soirée contes pour enfants, accompagnée de la délicieuse cuisine préparée par "Le Point d'Orgues"

et pour la pièce de théâtre "La soupe" le

21 mai !

D'autres dates suivront, (tous les jeudis de juin) alors n'hésitez pas à nous contacter, si vous voulez mettre un pied dans l'association.

contact@assoalchimie.org

 

Lundi

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Mardi

Le bar-café :

Des cafés, macchiato, cappuccino, infusions, jus de fruits, bières bio & locales

...

La restauration

Cuisine végétarienne, Bio, locale et artisanale ! Avec pleins d'amour !

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Jeudi

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Vendredi

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Samedi

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Bar-café ouvert

&

Petite restauration Bio, locale, artisanale et le samedi, c'est GLUTEN FREE !

De 9h à 15h

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à venir

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Infos partenaires

Progamme de Mai - Couleur Famille
être parent d'ados en 2022 c'est comment ?
Visite guidée du sentier des mines de taurinya
Soutien au collectif "Bienvenue migrant.e.s en Conflent"
Printemps sans pesticides
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Au plaisir de vous croiser par ici ou par là :)

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