Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
Mais pas que.
Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...

BLOG EN COURS D'ACTUALISATION...
...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...

dimanche 24 janvier 2021

Lettre d'info du café associatif l'Alchimie à Prades 66500

 


Certes le climat est peu propice (froid, couvre-feu et autres protocole sanitaire), pourtant l'Alchimie veut et peut proposer des activités.

Contexte actuel oblige, pas plus de 9 personnes en simultané et pas d'activités dites sportives.

Mais les possibilités restent nombreuses, place à la créativité...

Merci de nous contacter si vous avez des idées ou envies pour que nous puissions animer ce lieu avec et pour vous: contact@assoalchimie.org

 

 

 

LUNDI

 

La gouvernance partagée n'est pas qu'un idéal. Aujourd'hui nous l'expérimentons!

Si vous voulez vivre et faire vivre la gouvernance partagée à l'Alchimie, cela continue ce Lundi 25 janvier à 13h30. Néanmoins au vue des restrictions en cours, il faut s'inscrire pour cette rencontre afin que l'on puisse adapter le lieu aux règles sanitaires en vigueur.

Merci de manifester votre venue avant Lundi

sur notre mail contact@assoalchimie.org ou au par SMS au 07.83.36.77.31

 

MARDIS

Du choix en ce qui concerne la petite boisson chaude au marché du mardi ... mmm...cappuccino, crème, Macchiato allongé ou infusion Yogi   Des bons gâteaux faits par nos bénévoles engagés, et n'oublions pas les empanadas à l'indienne inspiration Fab. tout ça et surtout de la convivialité matinale à travers la fenêtre OUVERTE, quelle joie!

JEUDI

 

16h-18h

Distribution paniers légumes et œufs aux adhérents de l'AMAP La Kajette Bio

VENDREDI

 

9h30-16h30

PROCHAINES JOURNÉES COLLECTIVES D’ENTRETIEN, DE NETTOYAGE ET D'AMÉNAGEMENT DES LOCAUX

TOUS LES DERNIERS VENDREDIS DU MOIS entre 9h30 et 16h30

29 janvier, 26 février et 26 mars 2021

( petit déjeuner offert et repas du midi tiré du sac)

merci de nous informer de votre venue au 06 16 85 86 72 (Lili)

Vous avez un peu de temps à consacrer à ce joli projet qu'est l'Alchimie? Devenez bénévole!

Un appel à bénévolat est lancé pour la gestion du parc informatique: imprimante (achat et installation de cartouches), achat et installation d'un nouvel ordinateur ainsi que d'une tablette

Au plaisir de vous voir par ici ou par là

Lucile et Tatiana pour L'Alchimie

Contact: 0783367731


samedi 23 janvier 2021

L’incendie d’une antenne vers Limoges revendiqué par un collectif anti 5G

L’incendie d’une antenne 

vers Limoges 

revendiqué par un collectif 

anti 5G


13 janvier 2021

 

 

L’incendie d’une antenne, revendiqué par un collectif contre la 5G, a endommagé un émetteur radio situé aux Cars, près de Limoges (Haute-Vienne), dans la soirée du lundi 11 janvier. Un autre incendie a également détruit une antenne radio 4G à proximité, selon France Bleu.

 


Ces dégâts ont privé 1,5 million de personnes de radio et de télévision numérique terrestre (TNT) dans plusieurs départements de la Haute-Vienne, de la Corrèze, de la Charente et du nord de la Dordogne.

Le premier incendie a été revendiqué par le « Comité pour l’abolition de la 5G et son monde » (CLA5GSM) dans un courriel adressé au quotidien Le Populaire du Centre.

« Le sabotage de l’antenne des Cars » a eu lieu dans le cadre de l’opération « voix du vent et chants d’oiseaux », d’après le comité. « Malgré notre grand âge et notre connaissance de certains secrets, nous ne sommes pas puissantes, nous ne sommes qu’une poignée, pourchassées, terrifiées, mais nous vaincrons malgré notre faiblesse », est-il écrit dans ce courriel. « Jamais l’iPhone ne réjouira l’humanité », ajoute ce comité.

En 2019, plusieurs dizaines d’antennes-relais avaient été visées par des incendies volontaires, parfois revendiqués par des collectifs contre la 5G.

 

Source : https://reporterre.net/L-incendie-d-une-antenne-vers-Limoges-prive-1-5-million-de-personnes-de-radio-et-de?fbclid=IwAR3oTRYVAt4GCgUcQDS1687XX2MIg24Fij2KaEA2XlYDzcVJn0yLsUSRlhE


vendredi 22 janvier 2021

« Déclaration pour la vie » : les zapatistes annoncent leur venue en Europe

« Déclaration pour la vie » : 

les zapatistes annoncent 

leur venue en Europe


9 janvier 2021 / Nous.

 


En 2021, une délégation zapatiste venue du Chiapas insurgé, dans le sud du Mexique, parcourra les cinq continents. Les rebelles décrivent, dans leur Déclaration pour la vie, le but de leur périple : rencontrer celles et ceux qui, partout dans le monde, dans leur variété et leurs différences, luttent contre les exploitations et les persécutions, contre la destruction de la planète ; en un mot, contre le capitalisme.

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- Présentation par Reporterre : Au moment de célébrer le 27ᵉ anniversaire de leur soulèvement du 1ᵉʳ janvier 1994, les zapatistes du Chiapas ont rendu publique une « Déclaration pour la vie », confirmant leur intention de se rendre sur les cinq continents, à commencer par l’Europe, qu’ils sillonneront de juillet à octobre prochain. C’est l’aboutissement d’un projet commencé voici trois mois avec un texte intitulé « Une montagne en haute mer », et qui a précisé l’audacieuse aventure des rebelles mayas du Sud-Est mexicain.

Un tel voyage est un moment important dans la trajectoire des zapatistes. Hormis deux délégués s’étant rendus en Espagne en 1997, c’est la première fois qu’ils sortent du Mexique. En 2021, la délégation zapatiste comportera plus d’une centaine de membres et sera aux trois quarts composée de femmes.

Depuis un quart de siècle, des milliers de personnes venues d’Europe ou d’autres continents se sont rendus au Chiapas pour en apprendre davantage sur cette lutte atypique qui a réussi à construire des formes d’autonomie à une échelle peu commune. Cette fois, ce sont les zapatistes qui voyagent vers nous. Pour partager leur expérience, mais surtout pour aller à la rencontre des luttes qui palpitent partout en Europe et sur les autres continents. Et ainsi continuer à tisser des liens d’interconnaissance et d’échange entre des formes de résistance et de rébellion diverses et pourtant interdépendantes.

Pour l’heure, ils nous invitent à nous préparer aux rencontres dont ce voyage sera l’occasion et proposent cette « Déclaration pour la vie », déjà signée par des centaines de collectifs, d’organisations et de personnes de très nombreux pays.

 


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Une déclaration… pour la vie

1er janvier 2021

Aux peuples du monde :
Aux personnes qui luttent sur les cinq continents :
Frères, sœurs, froeurs, compañer@s :

Durant ces derniers mois, nous avons pris contact entre nous de différentes manières. Nous sommes des femmes, des lesbiennes, des gays, des bisexuels, des transgenres, des travestis, des transsexuels, des personnes intersexes, des queers et d’autres encore, hommes, groupes, collectifs, associations, organisations, mouvements sociaux, peuples originaires, associations de quartier, communautés et un long etcétéra qui nous donne une identité.

Nos différences et les distances entre nous viennent des terres, des cieux, des montagnes, des vallées, des steppes, des déserts, des océans, des lacs, des rivières, des sources, des lagunes, des races, des cultures, des langues, des histoires, des âges, des géographies, des identités sexuelles ou pas, des racines, des frontières, des formes d’organisation, des classes sociales, des capacités financières, du prestige social, de la popularité, des followers, des likes, des monnaies, des niveaux de scolarité, des manières d’être, des préoccupations, des qualités, des défauts, des pour, des contre, des mais, des cependant, des rivalités, des inimitiés, des conceptions, des argumentations, des contre-argumentations, des débats, des différends, des dénonciations, des accusations, des mépris, des phobies, des philies, des éloges, des rejets, des abus, des applaudissements, des divinités, des démons, des dogmes, des hérésies, des goûts, des dégoûts, des manières d’être, et un long etcétéra qui nous rend différents et bien des fois nous oppose.

 


Il n’y a que très peu de choses qui nous unissent :

Faire nôtres les douleurs de la terre : la violence contre les femmes, la persécution et le mépris contre les différentEs dans leur identité affective, émotionnelle, sexuelle ; l’anéantissement de l’enfance ; le génocide contre les peuples originaires ; le racisme ; le militarisme ; l’exploitation ; la spoliation ; la destruction de la nature.

Comprendre que le responsable de ces douleurs est un système. Le bourreau est un système exploiteur, patriarcal, pyramidal, raciste, voleur et criminel : le capitalisme.

Savoir qu’il n’est pas possible de réformer ce système, ni de l’éduquer, de l’atténuer, d’en limer les aspérités, de le domestiquer, de l’humaniser.

S’être engagé à lutter, partout et à toute heure — chacunE là où on se trouve — contre ce système jusqu’à le détruire complètement. La survie de l’humanité dépend de la destruction du capitalisme. Nous ne nous rendons pas, nous ne nous vendons pas, nous ne titubons pas.

 

Des femmes zapatistes.

 

 

Avoir la certitude que la lutte pour l’humanité est mondiale. De même que la destruction en cours ne reconnaît pas de frontières, de nationalités, de drapeaux, de langues, de cultures, de races, la lutte pour l’humanité est en tous lieux, tout le temps.

Avoir la conviction que nombreux sont les mondes qui vivent et qui luttent dans le monde. Et que toute prétention à l’homogénéité et à l’hégémonie attente à l’essence de l’être humain : la liberté. L’égalité de l’humanité se trouve dans le respect de la différence. C’est dans sa diversité que se trouve sa ressemblance.

Comprendre que ce n’est pas la prétention d’imposer notre regard, nos pas, nos compagnies, nos chemins et nos destins qui nous permettra d’avancer, mais la capacité à écouter et à regarder l’autre qui, distinct et différent, partage la même vocation de liberté et de justice.

De par ce qui nous unit, et sans abandonner nos convictions ni cesser d’être ce que nous sommes, nous nous sommes mis d’accord pour :

  • Premièrement : réaliser des rencontres, des dialogues, des échanges d’idées, d’expériences, d’analyses et d’évaluations entre personnes qui sommes engagées, à partir de différentes conceptions et sur différents terrains, dans la lutte pour la vie. Après, chacun continuera son chemin, ou pas. Regarder et écouter l’autre nous y aidera peut-être, ou pas. Mais connaître ce qui est différent, c’est aussi une partie de notre lutte et de notre effort, de notre humanité.

 

L’escargot de la vie.

  • Deuxièmement : que ces rencontres et ces activités se réalisent sur les cinq continents. Qu’en ce qui concerne le continent européen, elles se concrétisent durant les mois de juillet, août, septembre et octobre 2021, avec la participation directe d’une délégation mexicaine formée par le Congrès national indigène-Conseil indigène de gouvernement, le Front des villages en défense de l’eau et de la Terre des États de Morelos, Puebla et Tlaxcala, et par l’Armée zapatiste de libération nationale. Et que nous aiderons selon nos possibilités à ce qu’elles se réalisent, à des dates postérieures encore à préciser, en Asie, en Afrique, en Océanie et en Amérique.
  • Troisièmement : inviter les personnes qui partagent les mêmes préoccupations et des luttes similaires, toutes les personnes honnêtes et tous les en bas qui se rebellent et résistent dans les nombreux recoins du monde, à rejoindre, à contribuer, à soutenir et à participer à ces rencontres et activités ; et à signer et à s’approprier cette déclaration POUR LA VIE.

Depuis l’un des ponts de dignité qui unissent les cinq continents.

Nous.


Planète Terre.


1er janvier 2021.

 


Si vous souhaitez signer cette Déclaration, vous pouvez envoyer votre signature à firmasporlavida@ezln.org.mx. Merci d’indiquer le nom complet de votre groupe, collectif, organisation ou quoi que ce soit d’autre, dans votre langue et avec l’indication de votre géographie (pays ou autre). Les signatures seront ajoutées au fur et à mesure de leur arrivée.

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Lire aussi : Au Mexique, les zapatistes du Chiapas s’opposent aux grands projets nuisibles


Source : Courriel à Reporterre

Photos : Illustrations zapatistes.



 

Source : https://reporterre.net/Declaration-pour-la-vie-les-zapatistes-annoncent-leur-venue-en-Europe

jeudi 21 janvier 2021

En Europe, plus d’un million de barrages menacent la survie des poissons


En Europe, 

plus d’un million de barrages 

menacent la survie des poissons

 

Le barrage de Caban Coch, dans la vallée de l'Elan au Pays de Galles, n'est que l'un des 1,2 million d'obstacles fluviaux estimés en Europe. Sara Barrento/Nature, Author provided

Le célèbre écrivain Franz Kafka a souvent décrit dans ses textes des personnages qui tentent d’atteindre leur but sans jamais y parvenir, freinés sur leur chemin par d’innombrables obstacles. C’est à peu près ce que doivent ressentir les poissons et les invertébrés migrateurs qui vivent dans nos rivières européennes. Notre étude parue dans Nature le 17 décembre dernier révèle qu’il existe en moyenne 0,74 obstacle par km de rivière en Europe. Cela signifie qu’un organisme peut difficilement parcourir plus de 1000 mètres sans être arrêté par de grands barrages ou par une myriade de structures de basse chute telles que des déversoirs, des ponceaux, des gués, des écluses et des rampes.

Le mouvement de l’eau constitue la nature essentielle de tous les courants d’eau, des petits ruisseaux aux grandes rivières. Mais ce mouvement naturel, et notamment ses variations qui provoquent inondations et sécheresses, a été jugé trop dynamique pour les êtres humains, les freinant dans leur volonté de devenir « maîtres et possesseurs de la nature » depuis leurs premiers jours, selon l’expression de Descartes dans son Discours de la méthode. Lorsque les enfants jouent avec des bâtons au bord des ruisseaux ou quand ils créent des paysages dans leur jeu vidéo Minecraft, le barrage est l’une des premières choses qu’ils apprennent à construire.

Maîtriser la puissance des inondations, traverser les rivières par des ponts, contrôler le débit pour la navigation, dévier le cours de l’eau pour l’irrigation… toutes ces techniques constituent le grand art de l’ingénierie, et une partie essentielle de la culture humaine.

Les poissons migrateurs tous menacés

Jusqu’à l’ère industrielle, l’humain n’avait qu’une influence locale ou régionale sur l’environnement et les conséquences restaient relativement limitées. Des études prouvent que les premières constructions de moulins dans les affluents du Rhin, qui empêchaient les saumons d’atteindre leur frayère, ont réduit la population de saumons de moitié… déjà au Moyen Âge. Le saumon était alors si abondant que malgré cette chute drastique, les populations demeuraient suffisamment importantes pour ne pas mettre en péril l’espèce. Mais jusqu’à quand ?

Désormais, seuls quelques fleuves très éloignés coulent sans entraves, leurs eaux inondent et fertilisent des plaines d’inondation naturelles poissonneuses à la végétation florissante, leurs sédiments sont transportés en aval, construisant des îles et même des deltas dans la mer. En Europe, la rivière Vjosa, qui prend sa source en Grèce et traverse l’Albanie jusqu’à l’Adriatique constitue l’une de ces rares exceptions.

 

 

Gestion adaptative des barrières dans les rivières européennes (Projet européen AMBER).  

Cliquer ici pour voir sur youtube
https://www.youtube.com/watch?v=eVm7K4Chujk&feature=emb_imp_woyt

 

La plupart des fleuves du « Nord global », c’est-à-dire des pays industrialisés, mais de plus en plus aussi des pays en développement du Sud global, ont été fragmentés en morceaux. Ils ne coulent plus guère, leurs sédiments sont bloqués en amont des barrages, et leur lit s’érode peu à peu. Les deltas de l’Ebre, du Nil et du Mékong disparaissent ainsi, ne recevant plus de leur cours supérieur qu’un faible pourcentage de la production naturelle de sédiments.

Les poissons à la recherche de leurs sites de frai sont soit bloqués, soit affaiblis par une série de passes à poissons dont quelques-uns seulement survivent. Et même lorsqu’ils y parviennent, leur progéniture ou les adultes qui migrent en aval sont souvent coupés en morceaux en tentant de traverser une turbine hydroélectrique.

Résultat, presque toutes les espèces de grands poissons migrateurs du monde entier en sont arrivées au bord de l’extinction, comme si un plan invisible d’éradication avait été exécuté depuis deux siècles. C’est ainsi que de fascinants fossiles vivants, comme des espèces d’esturgeons vieilles de 250 millions d’années, ne sont presque plus visibles que dans les zoos.

D’autres espèces qui dépendent des migrateurs comme les moules de rivière, qui les utilisent pour transporter leurs larves, sont menacées. C’est le cas de la Grande Mulette en Europe. Face à ces problématiques, la prise de conscience demeure trop lente, notamment car les pêcheurs traditionnels, gardiens des poissons, sont eux-mêmes en déclin dans le monde entier.

Des traités internationaux ont vu le jour, comme la directive-cadre européenne sur l’eau. Ils donnent des outils pour s’attaquer au sujet, en supprimant certains barrages, en les détournant ou en libérant l’eau en fonction des débits naturels. Mais la première étape consiste à mesurer l’ampleur du problème : combien y a-t-il de barrages ? Les grands barrages, qui mesurent plus de 15m de haut, sont visibles sur des images satellites et dans la plupart des pays nécessitent un permis de construire enregistré. Il est donc aisé de les recenser dans le monde entier et d’obtenir à leur sujet des informations précises.

Mais les obstacles plus petits, les barrages à faible hauteur de chute, ou même les ponceaux, sont souvent construits sans formalités détaillées, et sont difficilement visibles depuis l’espace. Il existe par ailleurs une confusion babylonienne sur les expressions permettant de nommer ces constructions, même au sein d’un seul pays.

 

Les principaux fleuves d’Europe, chaque bassin étant indiqué par une couleur différente. L’épaisseur est proportionnelle à l’ordre des cours d’eau. Auteur d’après les données Écrins, EEA, Copenhague

Recenser les barrages, un travail de titan

De tels défis attirent des scientifiques audacieux, comme Carlos Garcia di Leaniz, un biologiste de la pêche d’origine basque et professeur à l’université de Swansea au Pays de Galles, en Grande-Bretagne. Dans le cadre d’un projet Horizon 2020 appelé Amber, il a réuni des chercheurs de toute l’Europe pour élaborer un atlas recensant ces obstacles sur le continent. Un travail titanesque au cours duquel ils se sont confrontés à de nombreuses difficultés.

Des études de terrain ont permis de développer des modèles sur le nombre d’obstacles n’apparaissant pas sur les cartes normales ou les images satellites, ou de mettre au point des prédicteurs tels que la densité de population, afin d’estimer la densité des obstacles dans une région donnée.

Une application pour téléphone portable appelée « barrier tracker » a été développée pour inviter les citoyens à contribuer par leurs observations à la vérification des cartes sur le terrain.

Le plus compliqué a certainement été de récolter des informations totalement dispersées et non vérifiées stockées dans des milliers de pages de rapports et dans la mémoire profonde des ordinateurs de la plupart des institutions et administrations… et des pays.

C’est alors que nous nous sommes rencontrés par hasard. Tous deux invités à une réunion d’experts à Chongqing, en Chine, nous nous sommes retrouvés côte à côte dans le bus d’excursion en octobre 2016 au barrage des Trois Gorges.

Je venais de soumettre avec succès un projet de consortium LeStudium (Loire Valley Institute for Advanced Studies) pour plusieurs ateliers d’experts, rassemblant des informations sur la suppression du barrage. Titulaire d’une chaire Unesco sur Fleuves et Patrimoine, j’avais dans l’idée d’aider à transférer l’expérience européenne et américaine en matière de suppression des barrages vers les pays du Sud Global dont les sociétés se développent rapidement, une approche classique de la chaire Unesco. Nous avons donc décidé de collaborer.

 

Le fleuve Vjosa s’étend sur plus de 270 km depuis ses sources en Grèce, en passant par l’Albanie puis la mer Adriatique. Bien que relativement sauvage, son cours inférieur est menacé par plusieurs projets de barrages à grande échelle. Gregor Subic, Author provided

 

La France a depuis longtemps établi une banque de données sur les obstacles à l’écoulement (ROE), et ces données ont facilement pu être transférées dans les banques de données et les modèles dans le projet H2020 Amber.

Une collaboration européenne laborieuse

Dans d’autres pays, la situation est plus compliquée. En Italie, il existe des dizaines d’expressions pour qualifier des types d’obstacles très similaires. En raison de la structure fédérale de mon pays d’origine, l’Allemagne, chaque comté (Bundesland) a une manière différente d’enregistrer les données, bien que les Länder collaborent au sein d’un groupe de travail commun, la LAWA. Avec l’aide de l’Institut fédéral d’hydrologie, nous avons enfin pu disposer de ces données dans un format commun, avec une terminologie commune, de sorte qu’elles sont désormais intégrées à l’Atlas des barrières, que l’on peut télécharger gratuitement sur le site web Amber.

Mon expérience m’a révélé les difficultés qui persistent dans la collaboration européenne autour d’une gestion durable de l’environnement. Le millefeuille institutionnel, entre les pays et au sein des pays, freine considérablement notre travail.

Les résultats de l’Atlas des barrières, qui ont été publiés dans notre article dans Nature en décembre sont très choquants à deux égards. Le nombre d’obstacles est d’une part bien supérieur à ce que nous avions prévu, puisqu’il s’élève à plus d’1,2 million en Europe. Par ailleurs, près de 10 % de ces barrières sont obsolètes et pourraient être retirées.

Comment les supprimer précisément, et que faut-il prendre en compte lors du démantèlement d’un barrage… chercheurs autour du monde (dont nous) tâchent de répondre à ces questions à l’avenir, en espérant qu’un jour, l’esturgeon et d’autres migrateurs sensibles pourront suivre à nouveau librement le cours de nos rivières.

Pour cela, il faudra que la société dépasse sa vision des rivières comme simple ressource à exploiter, pour laisser place à une reconnaissance de leur rôle de berceau de l’humanité, de systèmes essentiels de maintien de la vie et d’entités biologiques et culturelles à préserver pour leur propre nature. En bref, qu’elle développe « une culture fluviale ».

 

Source : https://theconversation.com/en-europe-plus-dun-million-de-barrages-menacent-la-survie-des-poissons-152151

mercredi 20 janvier 2021

Cyberaction : BASTA : À qui profite la PAC ?

 

https://www.youtube.com/watch?v=HTzU06B5MHI&feature=emb_imp_woyt

 

Cyberaction :  

BASTA : 

À qui profite la PAC ? 


La Politique Agricole Commune, financée par les impôts des citoyens européens, profite largement aux géants de l’agro-alimentaire comme Bigard, Avril, Savéol, Tereos et Agrial, en subventionnant une agriculture toujours plus industrielle.


Plus d'infos

BASTA 

La Politique Agricole Commune (PAC) représente l’ensemble des aides versées à l’agriculture européenne. C’est elle qui structure notre modèle agro-alimentaire. Chaque année, 9 milliards d’euros, financés par les impôts des citoyens européens sont dédiés à l’agriculture française. 

Mais qui en profite ?

Aujourd’hui, les principaux bénéficiaires de la PAC demeurent les producteurs intégrés dans un modèle de type agro-industriel, face auxquels les plus petits bénéficiaires ont du mal à exister. Grandes parcelles et grands cheptels, capacité à produire en quantité et à exporter, concentration, optimisation et surproduction : le système des aides de la PAC est particulièrement généreux avec les acteurs qui respectent ces principes. Par conséquent, la PAC incite financièrement les fermes à s’agrandir plutôt que d’opérer une transition agroécologique. 

Ces inégalités au niveau des fermes se répercutent et s’accentuent en aval de la chaîne de production. Les coopératives ou entreprises agro-alimentaires touchent elles aussi directement ou indirectement une part significative des subventions de la PAC. Le modèle agro-alimentaire actuel est ainsi dominé par l’agro-industrie, où quelques grandes entreprises imposent leur modèle au reste de la filière. 

Ce sont les BASTA, les profiteurs de la PAC !

BASTA,  Bigard, Avril, Savéol, Tereos, Agrial & Co…
LES PROFITEURS DE LA PAC !



#BASTA,
c'est l'acronyme des géants de l'agro-alimentaire à qui la Politique Agricole Commune (PAC) profite, au détriment des paysan.ne.s en France et en Europe, mais aussi en Afrique, en Amérique Latine et en Asie

BASTA, ce sont les entreprises Bigard, Avril, Savéol, Téréos, Agrial et compagnie, principales bénéficiaires des 9 milliards d'euros alloués à la France par la PAC.

En 2021, une nouvelle PAC va être adoptée pour 7 ans.


C’est le moment où jamais d’agir !

https://basta.pouruneautrepac.fr/wp-content/uploads/2021/01/Argumentaire_BASTA.pdf  


Monsieur Julien Denormandie,
Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation
78 rue de Varenne
75007 PARIS

Votre ville, date du jour

Objet : réforme de la Politique Agricole Commune via le Plan Stratégique National

Version longue proposée
Monsieur le Ministre,

Pendant les prochains mois, en bâtissant le Plan Stratégique National PAC, vous allez négocier la réforme qui aura probablement le plus d’ampleur sur l’agriculture française de tout le quinquennat. Selon la manière dont vous orienterez la prochaine PAC, elle pourra soit achever de mener notre agriculture dans le mur, soit constituer notre plus belle opportunité pour la réorienter vers plus de justice, d’écologie et de cohérence.

La France est l’État membre de l’Union européenne qui bénéficie le plus de la PAC. Il est donc normal qu’elle soit exemplaire en matière d’utilisation de ses fonds. En tant que citoyen/paysan/autre et contribuable, je demande à ce que l’argent public dépensé au titre de la PAC en France soit alloué en conformité avec l’agriculture et l’alimentation auxquelles nous aspirons, moi-même et des millions de mes concitoyen·ne·s, préoccupé·e·s par les défis à relever au cours de la prochaine décennie.

Je ne veux pas d’une agriculture qui paupérise les paysan·ne·s, pollue, vide les campagnes, mise sur l’export, mette en danger la santé publique, ferme les yeux sur les conditions d’élevage des animaux, ni sur les maux qu’elle entraîne à d’autres endroits de la planète. Je veux au contraire une agriculture qui crée de la valeur pour les paysan·ne·s, produise des services environnementaux, fasse vivre les territoires, mise sur la souveraineté et la relocalisation alimentaires, produise des denrées saines accessibles à tou·te·s, restaure un élevage paysan et tire les autres agricultures du monde vers le haut. C’est ça, et uniquement ça, que le Plan Stratégique National de la prochaine PAC doit soutenir.

Monsieur le Ministre, je vous ai entendu défendre à plusieurs reprises les agriculteur·rice·s qui se sentent attaqué·e·s par les demandes citoyennes, en insinuant qu’aucune autre catégorie de la population ne serait prête à changer autant que ce que nous demandons au monde agricole. C’est faux ! Ouvrez les yeux : partout la jeunesse se mobilise, les modes de consommation évoluent, les appels à bâtir un nouveau pacte social se multiplient. Entendez nos voix Monsieur le Ministre et retranscrivez-les dans la réforme de la PAC.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes salutations distinguées et espère trouver dans votre réponse à ce courrier les signes d’une volonté de votre part de réorienter la PAC.

 

Source : https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/basta-yaquiprofitelapac-4476.html

 

mardi 19 janvier 2021

« S’il y a un interdit, ce n’est pas de violer les enfants de la famille, mais plutôt de parler des incesteurs »

« S’il y a un interdit, 

ce n’est pas de violer 

les enfants de la famille, 

mais plutôt de parler 

des incesteurs »

 

par

 

Pour l’anthropologue Dorothée Dussy, l’inceste, paroxysme de domination, est un « faux tabou », en réalité largement admis par nos sociétés. À l’aune de l’affaire Olivier Duhamel, elle rappelle que l’incesteur est le plus souvent un homme banal, loin du sociopathe.

Basta ! : Dans votre ouvrage, Le berceau des dominations, vous rappelez que le nombre de personnes ayant l’expérience de l’inceste « est à la limite de l’épouvante » et estimez que c’est un phénomène « banal », qui structure nos sociétés. Pourquoi ?

Dorothée Dussy [1] : Ce que disent les chiffres, avec une stabilité consternante depuis que l’on a commencé à enquêter sur le sujet dans les pays occidentaux (au début des années 1950), c’est que 5 à 10 % des enfants sont incestés. Si l’on prend au sérieux cette prévalence, qui est stable et transversale à tous les milieux sociaux, on est obligé de se dire que c’est structurel. On ne peut pas faire comme s’il s’agissait de faits divers conjoncturels sans liens les uns avec les autres.

Et ces chiffres ne bougent pas, en dépit des divers bouleversements qui agitent nos sociétés. Un événement tel que Mai 68, qui a entraîné des changements de mentalité majeurs, n’a eu aucun impact sur la prévalence de l’inceste. La société fonctionne, malgré tous ces enfants massacrés. Elle ne semble pas gênée par le fait que beaucoup d’hommes aient des rapports sexuels avec qui bon leur semble, y compris des enfants. Pour le moment, ce qui fait dysfonctionner la société, c’est quand la violence est dévoilée.

Quelle est la particularité de l’inceste par rapport aux autres violences sexuelles ?

L’inceste représente un paroxysme de domination, puisque la relation entre un adulte et un enfant est totalement asymétrique, dans l’inceste plus encore que dans les autres formes de viols. Ce qui distingue aussi l’inceste, c’est qu’il y a de l’attachement entre le bourreau et sa victime ; et que les violences sont reconduites à maintes reprises. Un père qui viole sa fille, ou un grand cousin sa petite cousine, ne le font pas qu’une seule fois. Souvent, il y a une érotisation de la situation, c’est-à-dire qu’il n’est pas rare que l’incesté éprouve une forme de plaisir sexuel. C’est d’ailleurs cela qui fracasse les victimes et qui les rend dingues.

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On est un objet sexuel, mais il se trouve que l’on est aussi une personne humaine et que la stimulation des organes sexuels, malgré la douleur, le dégoût et la terreur, peut entraîner du plaisir. Ajoutons la contradiction dans laquelle les victimes sont obligées de vivre, avec d’un côté le discours social et familial qui dit que la famille protège les enfants – et c’est en partie vrai puisqu’on apprend aux enfants à ne pas se faire écraser quand ils traversent la route par exemple – et de l’autre une tolérance face à quelqu’un qui t’agresse pendant des années.

Vous expliquez que les viols incestueux sont des « viols d’aubaine ». Que voulez-vous dire ?

Je parle de viol d’aubaine pour « dépathologiser » le viol incestueux, que l’on aimerait tant pouvoir associer à la figure de monstres. Il faut arrêter avec ça. L’incesteur est le plus souvent un homme banal. De ce point de vue, Olivier Duhamel est un cas d’école. C’est un homme intelligent, bien inséré socialement, à l’aise dans son corps. On ne peut pas faire de lui un sociopathe. Camille Kouchner le dit d’ailleurs : elle l’adorait, c’était un mec sympa, qui lui avait appris le droit. Dans leur maison de vacances il y avait beaucoup de liberté, les gens étaient chouettes, on pouvait compter sur eux. Mais il se trouve que ce mec très chouette est un violeur, qui s’autorise, quand il en a envie, à prendre comme jouet sexuel son beau-fils, et ce pendant des années. Si l’on dit que ce sont des dingues, on dépolitise la question, on les déresponsabilise, on s’interdit de réfléchir.

Vous insistez sur le fait que l’interdit de l’inceste est purement théorique. C’est un « faux tabou », en fait largement admis. Pouvez-vous préciser ?

Comme le montre très bien le « cas » d’Olivier Duhamel, l’inceste est toujours un secret de polichinelle. Une large partie de l’entourage savait ! L’ancienne ministre de la Culture Aurélie Filipetti avait averti le directeur de Sciences Po en 2019 que des faits d’inceste étaient reprochés à Olivier Duhamel. Cela n’a pas empêcher le directeur de lui confier, en septembre 2020, la leçon inaugurale de rentrée de l’institut, qui s’adresse à un très large public. La révélation n’altère pas les relations avec le violeur. Cela ne modifie pas grand-chose. Tout cela révèle notre indulgence, voire notre complaisance, vis-à-vis du bon plaisir des hommes ; nous vivons réellement dans un monde de patriarches et de domination masculine. C’est particulièrement vrai en France où les victimes ont réellement d’immenses difficultés à être soutenues et entendues.

S’il y a un interdit, ce n’est pas de violer les enfants de la famille, mais plutôt de parler des incesteurs. On stigmatise l’acte, mais on banalise l’acteur. Les campagnes de sensibilisation à l’inceste, par exemple, s’adressent toujours aux victimes, et jamais aux auteurs. Comme si ce n’était pas eux le problème. Or, pour incester des millions d’enfants, il faut du monde. Précisons qu’ils savent, bien évidemment, que ce qu’ils font n’est pas autorisé, mais ils s’en accommodent. Et il n’y a aucune pulsion sexuelle. La preuve : ils s’organisent pour se cacher, et intiment toujours à leur victimes de se taire.

Vu le nombre d’incestés, et donc d’incesteurs, il y a forcément des violeurs sur les bancs de l’Assemblée nationale, ou encore au sein du Conseil constitutionnel, lequel a retoqué plusieurs fois les lois sur l’allongement du délai de prescription des crimes d’inceste. C’est logique, car personne ne renonce facilement à ses privilèges. Mais c’est un vrai problème, qui participe à la reconduction de l’inceste.

Pour vous, « il n’y a pas besoin que tout le monde soit incesté pour que l’ensemble de la société soit éclaboussée par l’inceste ». C’est-à-dire ?

L’inceste ne se réduit pas aux faits sexuels mais les déborde largement pour maculer et organiser les relations entre les gens de la famille au quotidien. Il faut donc ajouter au comptage des victimes de l’inceste les frères, sœurs, conjointes et bien d’autres. Il y a pour tout le monde une incorporation de la peur et de la grammaire du silence. On va s’habituer à se taire dans sa vie professionnelle, amicale, sportive parce que c’est ce avec quoi on a été construit. On va considérer normal de se taire et être aveugle quand une agression a lieu devant nous. Combien d’entre nous ont fait cette expérience d’une agression dans les transports en commun, avec personne qui bouge, même si c’est bondé ? On a intériorisé qu’il faut se taire si un rapport de domination se manifeste devant nous.

Pensez-vous qu’il y aura un « MeToo » de l’inceste ? Qu’est-ce que cela pourrait apporter aux victimes ? Et à la société ?

« MeToo » a généré des dévoilements en cascade, en grande partie grâce à l’outil Internet, qui a permis à des millions de femmes de témoigner sans avoir à chercher un éditeur, pour écrire un livre. C’est important que les victimes parlent, à condition qu’on les écoute évidemment (ce qui n’est pas toujours le cas). Mais ce n’est pas parce qu’il y a un dévoilement qu’il y a un changement du système. Cela fait des décennies qu’il y a des faits divers médiatisés, et les mécanismes de l’inceste n’ont pas été enrayés pour autant.

Par ailleurs, si on décidait, là, tout de suite, de prendre en charge l’ensemble des victimes d’inceste, qu’est ce qu’on en ferait ? Il y en a tellement. Combien de structures faudrait-il ouvrir ? Personne n’est suffisamment outillé pour penser l’étendue de la violence, et prendre en charge les victimes, y compris parmi les professionnels du soin et de la justice. L’immensité de la tâche contribue au fait que l’on ne s’attaque pas vraiment à ce système. Qui sait ce qu’il faut faire quand on reçoit le dévoilement de violences ? Si on soupçonne quoi que ce soit, on est bien embêté. Moi y compris.

En attendant de trouver des dispositifs adéquats dans une société idéale, que peut-on faire ?

Deux choses pourraient, peut-être, changer en profondeur la société. D’abord, un changement de mentalité dans la socialisation des petits garçons, car si tous les hommes ne sont pas des violeurs, l’immense majorité des violeurs sont des hommes. Il faudrait leur apprendre à ne pas être concentrés uniquement sur leurs bons plaisirs ; et à ne pas prendre toute la place dans la cour de récré pour jouer au foot parce qu’ils le valent bien (entre autres). Avoir de plus en plus de femmes journalistes, éditrices, ou députées pourrait aussi changer la donne. Car ce sont des postes qui leur offrent la possibilité d’avoir une parole publique et de définir le fonctionnement de notre société. Cela pourrait aider à ébrécher le silence autour de l’inceste.

Propos recueillis par Nolwenn Weiler

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 Dans ce dossier :
- Pour en finir avec des cours de récréation sexistes, où les filles n’existent qu’à la marge
- À la « Maison des femmes » de Saint-Denis, les victimes de violences reprennent le contrôle de leur vie
- « Si la liberté des femmes n’a cessé d’être contestée, c’est qu’elle entraîne toutes les autres »

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 Le berceau des dominations, anthropologie de l’inceste, Dorothée Dussy. Le livre sera réédité chez Pocket en avril 2021.

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Cet entretien a été réalisé en collaboration avec Politis, qui le publie dans son numéro en kiosque ce jeudi 14 janvier.

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Notes

[1Dorothée Dussy est anthropologue. Elle travaille au CNRS et est membre de l’Iris, Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux.

 

Source : https://www.bastamag.net/Entretien-Dorothee-Dussy-anthropologue-inceste-violences-sexuelles-Camille-Kouchner-affaire-Olivier-Duhamel