Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
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jeudi 21 septembre 2017

Version courte de l'argumentaire contre le refus progressif de distribuer dans les gares les fiches horaires sur papier des lignes TER

Argumentaire contre le refus progressif 
de distribuer dans les gares
les fiches horaires sur papier des lignes TER.
(Version courte)


Selon la SNCF, c’est la Région Occitanie qui a décidé de restreindre la distribution des fiches horaires sur papier des TER circulant sur son territoire. Je trouve cette mesure, qui que ce soit qui l’ait prise, parfaitement néfaste (pour ne pas écrire les autres mots qui m’ont sauté à l’esprit) et je vais m’en expliquer ci-dessous. Tout ce que j’avance est corroboré par un ou plusieurs exemples.

Comme on le sait, l’activité de la vente consiste à répondre le plus sincèrement possible à la demande d’un acheteur potentiel, qui doit pouvoir exprimer librement son désir. A l’ère moderne, on parle davantage de marketing, que certains aiment confondre avec la vente. Mais il s’agit désormais de satisfaire un marché, c'est-à-dire un groupe, voire une masse de clients, de la façon dont aime travailler l’industrie, qui préfère créer le moins de produits possible mais en quantité la plus grande possible, délaissant alors les demandes qui ne concernent que quelques personnes, moins profitables.

Un exemple du passage de l’un à l’autre est sensible dans la communication des horaires de trains. Après le Chaix, support de bien des rêves et magnifique catalogue de tous ceux de France, devenu soi disant déficitaire (?), la SNCF a consenti à nous communiquer des fiches horaires de chaque ligne, en les restreignant peu à peu aux trains de grandes lignes et aux TGV. Ayant acheté aux USA un logiciel de gestion de transport aérien, elle a essayé de plus en plus de nous présenter à de nombreux points de vue ses trains rapides comme des avions, véhicules dans lesquels on ne connaît du territoire que l’atterrissage et le décollage, et par lesquels on ne dessert qu’un minimum d’escales. Ainsi les chefs de gare sont-ils devenus des « chefs d’escale ». Les demandes sont gérées à partir de « hubbs », gros centres d’où arrivent et partent la plupart des trajets, ce qui réduit le nombre de types de billets. Ces réseaux en « hubbs » sont des outils de grande productivité pour la gestion de flux de voyageurs, mais évidemment très dispendieux en usure des matériels, en énergie, et quelquefois en temps, par exemple pour aller de Perpignan à Toulouse en transitant par Montpellier.

Ainsi de plus en plus d’usagers se voient proposer de passer par Paris pour se rendre d’une grande métropole française à une autre, c'est-à-dire de remplacer un trajet plus transversal par deux trajets radiaux, quelquefois plus rapides, mais dont le kilométrage total est plus long et le prix plus élevé (TGV oblige) que par les lignes rurales. Le marketing consistera, en modifiant totalement la culture des agents de guichet, ou en faisant traiter le maximum de demandes par des automates dûment programmés, à laisser le voyageur ignorer autant que se peut l’existence de la transversale, de sorte qu’il soit tout à fait satisfait de l’unique proposition qu’on lui présentera. C’est ainsi que, à part [Bordeaux  Marseille], qui résiste assez bien, d’autant que les TGV n’y roulent pas plus vite que les Intercités, la plupart des relations transversales nationales disparaissent peu à peu. L’informatique permet de gérer différemment les demandes locales et plus lointaines, et donc, par exemple par la non prise en compte de certaines correspondances, de favoriser très discrètement une érosion de la fréquentation non locale des lignes desservant des territoires moins densément peuplés. C’est le prélude à leur possible fermeture, en conformité avec les conseils de la Cour des Comptes et les désirs des grands décideurs.

On nous présente ainsi la suppression des fiches papier comme un geste vertueux en faveur de l’environnement, alors qu’il s’agit d’une broutille à côté du MILLION DE TONNES distribuées annuellement dans nos boites aux lettres sous forme de publicité, et qu’il n’est aucunement question de restreindre. Elle vise en fait à obliger les derniers réticents à acheter leurs billets de trains par Internet, donc par informatique, certains agents de guichets ayant encore quelques difficultés à passer de la vente au marketing, ou du « service public » au « centre de profit ». La demande est alors essentiellement formatée à une gare de départ, une gare d’arrivée, un jour et une heure de départ, la variable d’ajustement étant de partir plus tôt (cinq heures du matin par exemple) ou plus tard (souvent le lendemain matin). Toute représentation spatiale, toute carte, tout plan de réseau sont évacués. C’est ainsi qu’on a proposé à une voyageuse voulant se rendre de Narbonne à Tours de passer par Lyon et Paris, et qu’on m’a vendu au guichet, car je ne me méfiais pas, un billet Paris-Le Touquet et retour, passant, à l’aller, par Lille et Calais. Les billets contiennent encore les indications permettant de calculer qu’il s’agit alors de parcourir deux fois plus de kilomètres qu’au retour, mais deux fois plus vite, ce qui prend donc le même temps, tout en payant, petit détail, 8,20 €uros de plus, qui sont, je suppose, la rançon du progrès. Gageons que ces indications spatiotemporelles seront supprimées dès que possible.

Cette perte de repères et de possibilités de rêver réduit le voyage à un déplacement vectoriel d’un point A à un point B. Couplée avec le « yield management », pratique assez peu démocratique promue par le marketing anglo-saxon, qui consiste à faire varier le prix d’un billet d’une minute à l’autre selon un algorithme secret qui évacue tout notion de tarif et ne vise qu’à faire payer chaque « client » le plus cher qu’il est prêt à accepter, elle permettra ainsi peu à peu de ne faire partir que les trains les plus pleins possible.

Et, malheureusement, les TER semblent suivre le mouvement. La Région Occitanie vient de décider de ne distribuer les fiches horaires sur papier que dans les gares ouvertes au service de ceux qu’elle subventionne. C’est donc, à cette échelle aussi, le dessèchement programmé des dernières relations transversales, du genre [Agen  Périgueux]. La Région Aquitaine précise d’ailleurs que ses fiches n’ont aucune valeur contractuelle et recommande de vérifier la veille du départ que le train est maintenu et garde le même horaire. Après « bla bla car », voici « bla bla train ». En clair, à terme, votre train pourrait ne partir que s’il est plein, comme à la fête foraine, ou pour le transport des vaches ou des moutons. Ne serons-nous pas alors devenus, si nous n’y prenons garde, un simple bétail de marché ?

Le Soler, le 13 septembre 2017.

Jean Monestier.

Membre de plusieurs associations intéressées par le thème des transports,
Diplômé en économie auprès de l’Université de Toulouse,
Artiste-Auteur-Militant,
Objecteur de Croissance,
Militant pour le maintien d’une biosphère humainement habitable.





                         

mercredi 20 septembre 2017

Expo "Dessins Anonymes" à l'Alchimie

On a reçu ça : 
Bonjour à tous,

après avoir été reportée cet été, j'ai le plaisir de vous annoncer que l'exposition Dessins Anonymes  
se tiendra dans le garage de l'Alchimie (3, rue de l'Hospice à Prades)
 du 1er octobre au 30 novembre 2017
aux horaires d'ouvertures du café culturel associatif.

Le vernissage aura lieu le
 dimanche 1er octobre à partir de 17h jusqu'à 20h.


mardi 19 septembre 2017

Cette semaine à l'Alchimie

CHER(E)S ADHERENT(E)S

Voici venu le temps de réadhérer à votre association chérie !
Comme l'an passé le montant de l'adhésion est de 5 euros minimum pour une année.
Les bulletins sont à votre disposition au café

En attendant
Voilà la programmation des évènements à venir et réguliers de votre café

JEUDI 21 SEPTEMBRE
à partir de 19h00

« Les Jeudis de l'Alchimie » présentent !

CHANTONS ENSEMBLE !!
(karaoké)
Restauration possible avec les délicieuses galettes de Véro !


SAMEDI 23 SEPTEMBRE
A 21H00

SCENE OUVERTE

Bienvenue aux troubadours, chanteurs, musiciens amateurs pour une soirée festive où chacun pourra donner et recevoir le meilleur de la musique en toute simplicité.

Inscription au 07 83 36 77 31


Reprise des ateliers de méditation corporelle avec Marcel Etienne !
Les jeudis de 15h à 17h


...et comme chaque semaine

JEUDI
DE 17H30 A 19H30

L'AMAP DE LA KAJETTE BIO !

Venez chercher vos légumes ! Réservez votre kajette au :
06 41 12 47 51 et demandez Marie !

12,50 euros la kajette de légumes (2 personnes pour 1 semaine)
Engagement pour 1 an

Un p'tit creux ? Pas de souci ! Vero est là et propose ses galettes bio à partir de 18h et jusqu'à 21h !



3 rue de l'Hospice à Prades
07 83 36 77 31

Le restaurant

LUNDI ET MERCREDI

De 11h à 15h

MARDI ET SAMEDI
De 9h à 15h

JEUDI
De 18h à 21h


Le bar-salon de thé

DIMANCHE
De 16h à 20h30

lundi 18 septembre 2017

Mardi 19 septembre - "Visages Villages" au Lido à Prades






Mardi 19 septembre à 21H
Les Ciné-Rencontres vous proposent 


 

 Synopsis :

Agnès Varda et JR ont des points communs : passion et questionnement sur les images en général et plus précisément sur les lieux et les dispositifs pour les montrer, les partager, les exposer. Agnès a choisi le cinéma. JR a choisi de créer des galeries de photographies en plein air. Quand Agnès et JR se sont rencontrés en 2015, ils ont aussitôt eu envie de travailler ensemble, tourner un film en France, loin des villes, en voyage avec le camion photographique (et magique) de JR.  Hasard des rencontres ou projets préparés, ils sont allés vers les autres, les ont écoutés, photographiés et parfois affichés. Le film raconte aussi l’histoire de leur amitié qui a grandi au cours du tournage, entre surprises et taquineries, en se riant des différences....
 
 
 
 Critique TELERAMA :
 
Ce pourrait être un post-scriptum aux Plages d'Agnès (2008), superbe autobiographie, tout en inventions et bricolages, mais aussi aux Glaneurs et la Glaneuse (2000), documentaire à succès, jalonné de rencontres insolites. Comme dans ces films-là, Agnès Varda apparaît très souvent. La voilà de nouveau sur la route avec ses caméras, mais, cette fois, accompagnée par un coréalisateur et partenaire à l'image : le plasticien JR, connu mondialement pour coller ses immenses photographies sur des maisons, des ponts, des monuments. Principe de départ : l'octogénaire et le trentenaire débarquent dans des villes ou des villages français et conçoivent ensemble des installations pour rendre hommage à des gens du coin et pour faire surgir de la beauté dans des lieux familiers ou, au contraire, abandonnés. Les deux artistes, filmés comme les personnages d'une comédie à tandem, se charrient gentiment. Il ironise sur sa coupe au bol bicolore. Elle lui reproche de ne pas vouloir enlever son chapeau, et, surtout, ses lunettes noires. Rien de grave. Cette légèreté au bord de la futilité paraît d'abord fixer la limite de l'entreprise, d'autant que l'une des premières installations du duo laisse perplexe : les volontaires photographiés dans le camion de JR, une baguette de pain entre les dents, se retrouvent en posters sur les murs de leur commune... Par la suite, le film gagne en profondeur. Si JR semble le plus occupé des deux (il participe activement au collage des images géantes), Visages villages reste, avant tout, fidèle à la fantaisie créatrice et à l'esprit « marabout-bout de ficelle » qui court à travers l'oeuvre d'Agnès Varda — elle en a assuré le montage. Mais aussi à son féminisme : quand JR s'intéresse à des dockers sur le port du Havre, la cinéaste redirige son attention vers les épouses de ces messieurs. Deux figures chères à la réalisatrice donnent d'ailleurs les plus beaux moments : l'installation, encore plus éphémère que les autres (pour cause de marée), sur le bunker d'une plage normande, d'un magnifique portrait, signé Varda en 1954, de feu Guy Bourdin (son ami, le grand photographe, qui habita là). Et l'étrange rendez-vous en Suisse avec Jean-Luc Godard, ancien « poteau » de la Nouvelle Vague. L'allure de JR et ses inamovibles lunettes rappellent à Varda la coquetterie, cinquante ans plus tôt, de JLG, qui devient ainsi un discret fil rouge du film, puis une ombre, presque un trou noir, dans les échanges entre les deux artistes. Car, peu à peu, la différence d'âge apporte bien davantage qu'une cocasserie surjouée. Le temps qui passe et le temps qui reste deviennent des motifs récurrents. Il y a la réalité clinique des injections oculaires désormais nécessaires à la vision de la cinéaste — elle les rapproche du terrifiant plan d'oeil tranché dans Le Chien andalou, de Luis Buñuel. Il y a la mélancolie déchirante d'un vieil ouvrier interviewé dans son usine le tout dernier jour de sa vie professionnelle, et qui se sent comme « au bord d'une falaise ». Il y a ce vertige : Agnès Varda, 89 ans, à son aise dans un cimetière, plutôt pressée, dit-elle, que ce soit « fini » et, à la fois, de plain-pied avec son camarade de jeu, toute aux joies, indissociables chez elle, de vivre et de créer. — Louis Guichard.