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dimanche 22 juillet 2018

Les ciseaux génétiques Crispr-Cas9 provoquent des mutations inattendues selon une étude


Les ciseaux génétiques 

Crispr-Cas9 

provoquent 

des mutations inattendues 

selon une étude



Par AFP le 16.07.2018 à 17h55

Une des scientifiques à l'origine de la découverte de des ciseaux Crispr-Cas9, Jennifer Doudna, interviewée par Robert Capps, journaliste de Wired, à New York, le 7 juin 2017 GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives - Brian Ach


La technique expérimentale Crispr-Cas9, utilisée pour modifier des gènes défectueux et sur laquelle la médecine fonde de grands espoirs, est moins précise que ce qu'on pensait et cause des mutations inattendues, selon une étude parue lundi.

Ces ciseaux génétiques ont provoqué des mutations "importantes" et "fréquentes" lors d'expériences menées sur des souris et des cellules humaines dans le cadre de l'étude, publiée dans la revue Nature Biotechnology.

Ces travaux ont montré que les changements involontaires causés dans l'ADN par cette technique "ont été largement sous-estimés jusqu'à maintenant", a déclaré dans un communiqué Allan Bradley, du Wellcome Sanger Institute en Angleterre, où l'étude a été menée.

"Envisager d'utiliser cette technique en thérapie génique doit s'accompagner de beaucoup de précautions, en surveillant les éventuels effets négatifs", a-t-il poursuivi.

Crispr-Cas9 est une découverte majeure dévoilée en 2012, attribuée à un duo féminin franco-américain, Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna, et fréquemment citée pour l'attribution du prix Nobel.

Elle est basée sur une enzyme qui agit comme des ciseaux moléculaires. Ces derniers peuvent enlever des parties indésirables du génome de façon très précise pour les remplacer par de nouveaux morceaux d'ADN, un peu comme lorsqu'on corrige une faute de frappe dans un logiciel de traitement de texte.

Cette technique n'en est qu'au stade de la recherche et n'est pas utilisée sur des humains.
Lors de précédents travaux, des chercheurs ont réussi grâce à elle à corriger une anomalie génétique dans des embryons humains. Cela ouvre potentiellement la voie à de grands progrès dans le traitement des maladies génétiques, mais soulève aussi de lourdes questions éthiques.

Car théoriquement, cette technique pourrait servir à produire des bébés génétiquement modifiés afin de choisir par exemple la couleur de leurs cheveux ou d'augmenter leur force physique.
Les travaux dévoilés lundi ont mis en évidence des changements dans l'ADN de certaines cellules qui pourraient activer ou désactiver des gènes importants, avec des conséquences potentiellement lourdes.

"Cette étude souligne qu'en matière d'édition du génome, il est essentiel de vérifier que les modifications qui interviennent sont celles et seulement celles qu'on a voulu provoquer. Cela a toujours été une évidence", a commenté un chercheur qui n'a pas participé à l'étude, Robin Lovell-Badge, du Francis Crick Institute de Londres.

Pour autant, "ces résultats ne justifient pas qu'on panique ou qu'on perde la foi dans ces techniques", a-t-il poursuivi.

L'ensemble des chercheurs insiste sur le fait qu'il est nécessaire de poursuivre les recherches sur Crispr-Cas9 avant toute application clinique.

Source : https://www.sciencesetavenir.fr/sciences/les-ciseaux-genetiques-crispr-cas9-provoquent-des-mutations-inattendues-selon-une-etude_125902


samedi 21 juillet 2018

Des pensionnés d'invalidité privés de prime d'activité

Des pensionnés d'invalidité 

privés de prime d'activité


Par Amandine Cailhol





D'après la ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn, la pension d'invalidité «n’est pas cohérente avec l’esprit de la prime d’activité». Photo Sylvain Thomas. AFP



Depuis le début du mois de juillet, de nouvelles règles de calculs, moins avantageuses, s'appliquent pour les travailleurs invalides, ou victimes d'un accident ou d'une maladie professionnelle, demandant la prime d'activité. Avec, à la clé, un perte moyenne de 158 euros mensuels.



Pour Sandrine, la perte nette est de 200 euros par mois. Pareil pour Élodie. Là où Nadine voit fondre ses revenus de 170 euros et Lami, de 235 euros. Leurs points communs : ils sont tous les quatre bénéficiaires d’une pension d’invalidité, et, ne perçoivent plus, depuis le 1er juillet, la prime d’activité versée aux travailleurs modestes (disposant de revenus inférieurs à 1 500 euros pour une personne seule sans enfants). La mesure n’est pas nouvelle : elle avait été annoncée par le gouvernement fin 2017, lors du vote du budget 2018 par l’Assemblée nationale. Initialement prévue pour le 1er janvier, elle a finalement été reportée à l’été. Et le couperet vient de tomber.

Depuis 2016, la pension d'invalidité, qui compense la perte de salaire des personnes dont la capacité de travail est réduite d’au moins deux tiers à la suite d’un accident ou d’une maladie d’origine non professionnelle, ou la rente accident du travail-maladie professionnelle (ou rente AT-MP) étaient considérées comme un revenu d’activité dans le calcul de la prime d’activité. Mais pour Agnès Buzyn, la ministre de la Santé et des Solidarités qui s’exprimait, en novembre 2017, devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, cette dérogation, mise en place par la loi travail, «n’est pas cohérente avec l’esprit de la prime d’activité qui a pour objectif et seul objectif d’inciter les bénéficiaires à augmenter les revenus tirés de leur activité». D’où la décision du gouvernement de changer les règles du jeu, et de considérer à nouveau ces sommes comme des allocations venant en déduction de la prime d’activité. Résultat: le calcul est nettement moins avantageux pour les bénéficiaires. Avec à la clé, une perte moyenne de 158 euros mensuels pour 6 600 bénéficiaires.


« Les plus modestes sont frappés ! »




 Autre argument mis en avant par Bercy, cette dérogation, «n’a pas été utilisée par un grand nombre de bénéficiaires». Seules 6 600 personnes, alors que le nombre de pensionnés d’invalidité exerçant une activité professionnelle est de 230 000, sans compter les «quelques milliers de bénéficiaires d’une rente AT-MP», pointe l’Association des paralysés de France (APF). Dans le lot, tous ne sont, certes, pas éligibles à la prime d’activité, mais nul doute que certains pourraient faire valoir leurs droits. D’où le cri de colère de l’association : «Nous attendons donc du gouvernement qu’il apporte des solutions contre le non-recours aux aides sociales au lieu de supprimer celles qui ne seraient pas assez sollicitées.»


 Il y a huit mois, une pétition a été lancée et signée par plusieurs associations, notamment par l'APF, mais aussi par Emmaüs, l’AFM-Téléthon, l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et ou handicapés psychiques (Unafam) ou encore l’Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei). Forte de 46 000 signatures, elle exige la «suppression des mesures qui mettent en grande difficulté des centaines de milliers de personnes en situation de handicap ou atteintes de maladie invalidante !» Dont la mesure qui touche les bénéficiaires de pensions d’invalidité et de rente AT-MP. «Une fois de plus, les plus modestes sont frappés», s’agace, en parallèle, l’APF qui dénonce une «mesure inacceptable, […] pénalis[ant] de nombreuses personnes en situation de handicap aux revenus modestes et en fait même passer certaines sous le seuil de pauvreté !»


« Stagnation des ressources »




C’est le cas de Sandrine, dont le témoignage est mis en avant par l’APF : «Travaillant 20 heures par semaine, étant divorcée, vivant seule avec deux enfants à charge, cette perte [200 euros, ndlr] est énorme sur mon foyer !» Ou encore de Nadine, qui a perdu 170 euros : «J’arrivais à régler mes factures, je ne faisais pas de folies. Aujourd’hui, je n’ai plus que 950 euros par mois, ça va être encore plus dur».

Injuste, selon l’association, cette mesure est par ailleurs «une discrimination inacceptable par rapport aux autres personnes dans l’emploi qui, à revenu égal, bénéficieront bien de cette prime». Et de rappeler que, même si le gouvernement a consenti quelques gestes, comme la revalorisation de l’Allocation adulte handicapée (AAH), la période est marquée par la «stagnation voire la dégradation des ressources des personnes en situation de handicap survenue ces derniers mois», liée notamment à la hausse de la CSG. Pas de quoi rassurer, alors que le gouvernement vient de reporter, à la rentrée de septembre, ses annonces autour de son plan de lutte contre la pauvreté.

Amandine Cailhol


Source : http://www.liberation.fr/france/2018/07/11/des-pensionnes-d-invalidite-prives-de-prime-d-activite_1665520


vendredi 20 juillet 2018

Le tour de France des Zad : 2) À Kolbsheim, villageois et zadistes sont solidaires

Le tour de France des Zad : 

À Kolbsheim, 

villageois et zadistes sont solidaires


9 juillet 2018 / Jean-François Gérard et Abdessalam Mirdass (Reporterre)
 




Reporterre poursuit son tour de France des Zad. Après Roybon, nous voilà à Kolbsheim, près de Strasbourg, où il s’agit d’empêcher la construction d’une autoroute qui ravagerait, notamment, une forêt. En bonne entente avec les villageois voisins, les zadistes tiennent bon depuis un an.


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  • Kolbsheim (Bas-Rhin), reportage
« Le Dieu des zadistes existe ! » Ce mercredi 27 juin au soir, une ambiance détendue et chaleureuse règne sur la Zone à défendre (Zad) du Moulin. Quelques habitants se donnent des accolades, des sourires, sans trop en faire. En fin de journée, l’ultime enquête publique sur le Grand Contournement ouest (GCO) de Strasbourg a rendu un avis défavorable. C’est l’une des dernières cartouches des opposants sur le plan des procédures. Car si la Zad est la partie immergée du front anti-GCO, d’autres militants agissent côté coulisses. Et les uns et les autres maintiennent des relations étroites. Cet avis négatif semble donner un surcroît de légitimité aux opposants, un petit sursis et encore un nouvel espoir que le projet soit suspendu, voire abandonné.

Depuis le 14 juillet 2017, une poignée de personnes se sont installées dans cette clairière en contrebas de Kolbsheim, petit village aux portes de Strasbourg. Il s’agit d’un point névralgique du tracé de l’autoroute payante de 24 kilomètres, un des rares qui traverse une forêt. La Zad en est à sa « troisième ou quatrième génération d’occupants », remarque non sans émotion Baptiste (la plupart des prénoms ont été changés), quand il voit l’essor récent. Militant de terrain qui habite au nord de Strasbourg, il a résidé sur place à l’automne 2017 et reste l’un des soutiens les plus actifs.

Les zadistes ont des parcours multiples. Les uns, bas-rhinois, peuvent être précaires et avoir suivi des parcours de vie chahutés, d’autres sont des militants écologistes qui ont été d’une Zad à l’autre (Notre-Dame-des-Landes, Sivens, EuropaCity, Roybon, Bure, Saint-Avold ou Garzweiler en Allemagne). Ils se côtoient depuis le début, au gré des allées et venues de chacun. Des Allemands et Belges ont aussi fait un passage. Les plus jeunes ne veulent pas trop s’exposer.


Du village voisin ou de Strasbourg, des habitants viennent souvent prêter main-forte.

Passée la barricade à l’entrée, certains villageois viennent en journée participer aux différents travaux, mais profitent du confort de leur maison à quelques centaines de mètres. À terme se pose aussi la question d’héberger de futurs soutiens de passage. D’autres jeunes adultes sont venus en couple. L’un d’eux, Claire et Martin, Alsaciens et éducateurs d’une trentaine d’années, s’était enchaîné sous une foreuse lors de travaux préparatoires en mars. Ils ont été condamnés par le tribunal correctionnel à une amende et à 2.600 euros de dommages et intérêts. La somme a été récupérée en 24 heures via une cagnotte en ligne. Le couple est depuis parti, après 9 mois sur place, à la suit d’une occasion de formation pour l’un deux. Quant à Manu, grutière intérimaire, elle est venue de Lorraine, inspirée par la Zad de Notre-Dame-des-Landes. Il y a aussi Georges, père de famille strasbourgeois, très impliqué à Nuit debout en 2016, qui a laissé une tente où il n’arrive qu’après le dîner en famille et repart peu avant 7 h pour être là au réveil de son fils.


La cuisine collective est bien approvisionnée.


Pour se restaurer, une partie de la nourriture de la cuisine collective provient de dons des villages voisins. Dans deux poulaillers, des poules produisent quelques œufs. Bientôt, les poussins nés à la Zad pourront aussi produire. La question d’agrandir les deux poulaillers se pose, mais certains plaident pour maintenir la liberté totale. Quelques brasseries locales font aussi don d’une petite part de leur production. Dans le village, dont le maire, Dany Karcher, a toujours été un opposant au projet, il est possible d’accéder aux douches d’un club sportif et à un espace avec internet. Un ramassage des poubelles à l’entrée du site est aussi mis en place. Un point d’eau est accessible à côté de l’ancien moulin à eau, inhabité depuis que le projet se concrétise. Les terrains appartenaient à la famille Grunelius, dont le château surplombe la forêt. Le châtelain, qui réside sur place, a donné l’autorisation d’occuper ses terrains. Cabane dans les arbres, tente, grande, roulotte, caravane, chacun trouve son logement.

La Zad est régie par une assemblée, dont les délibérations restent confidentielles. Reporterre a pu assister à l’une d’entre elles. S’y côtoient habitants, soutiens et militants engagés sur les aspects juridiques. Actualité, vie de la Zad et actions militantes y sont débattues. Développer de la permaculture, avoir un parc animalier font partie des idées. Deux chèvres, Manu et Brigitte, se promènent déjà autour du feu. L’un des coqs s’appelle Berlusconi.

Avec l’été, les opposants s’attendent à plus d’activité et de monde sur place, en journée ou pour dormir. Si bien qu’il faut organiser les lieux de vie. Il y a un espace d’accueil et pour se restaurer, et un endroit plus calme dans une grange où se reposer, et enfin un nouvel espace, Zad Lanta, plus festif.


Daniel : « Si le village est solidaire avec nous, 
c’est parce qu’on a toujours été dans la non violence. »

Daniel, artiste et « militant de la “désargentisation” » depuis les années 2000, habite depuis janvier sur place : « Si le village est solidaire avec nous, c’est parce qu’on a toujours été dans un principe non violent. On est sur une terre très religieuse et c’est à prendre en considération. Convaincre les gens de participer à l’enquête publique a été difficile, car il y a beaucoup de résignation. Mais symboliquement, cet avis négatif, c’est comme si les zadistes avaient mis sur la gueule des porteurs du projet. On a aussi réussi à faire comprendre la distinction entre les chemises claires (gendarmes locaux, présent à de nombreuses reprises), qui ont jusqu’ici été correctes avec nous, et les chemises foncées (les forces d’intervention). »

Pour Jack, venu d’une autre région de France, « se confronter au système, c’est difficile, mais créer un maillage entre les lieux parallèles, c’est possible. Petit à petit, il faut faire le lien entre les Zad, des lieux de vie hors de la compétition. On est dans une société de la spécialisation, or la démarche de la Zad, c’est un transfert de compétences. Si quelqu’un part, sa compétence reste. »




Son ami Marc, Strasbourgeois et ancien boulanger, « cherche depuis 10 ans une vie en forêt. Et si c’est avec une lutte, c’est encore mieux. Je ne savais même pas qu’il y avait une Zad près de Strasbourg. Une amie m’a dit qu’elle y allait, je l’ai suivie et on a débarqué ici. Deux semaines après, je me suis installé. » La « compétence » qu’il apporte et veut développer, c’est la culture de plantes, dont il a apporté des graines depuis un jardin partagé où il a ses habitudes à côté de son appartement à Strasbourg. Ce qui l’attire le plus à Kolbsheim ? Tendre vers un lieu « autogéré et en autosuffisance ».

Pour Daniel, son engagement est aussi l’aboutissement de combats passés
« Cela fait des années que je tente de convaincre les élus à Strasbourg, qu’il faut un lieu pour les gens qui sont dans l’itinérance, qui ne soit pas dédié à la consommation. Un espace où les gens peuvent se poser quelques temps. Ici, c’est une opportunité. »

La menace de l’expulsion


Malgré l’avis défavorable de l’enquête défavorable, une menace d’expulsion pèse depuis le 20 juin. Onze habitants ont été sommés de quitter les lieux par le tribunal administratif. Même si la notification « à effet immédiat » ne leur a toujours pas été remise en main propre, la décision autorise le constructeur et exploitant, Vinci via sa filiale Arcos, à se faire aider des forces de l’ordre pour expulser les terrains dont il est désormais propriétaire. Des travaux de déboisement sont en théorie prévus à partir du 1er septembre, avec des repérages préalables. Fin juin, quelques écologues sont d’ailleurs venus faire un tour des lieux sous le regard impuissant de zadistes, trop peu nombreux à ce moment-là. Car en journée, une partie des habitants travaille. Et, malgré des messages d’alerte, il est parfois compliqué de mobiliser d’autres opposants si la menace n’est pas vitale. Mais les autorités peuvent-elles s’asseoir sur l’avis négatif de l’enquête publique ?


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Source : Jean-François Gérard pour Reporterre
Photos : © Abdessalam Mirdass/Reporterre


Source : https://reporterre.net/Le-tour-de-France-des-Zad-A-Kolbsheim-villageois-et-zadistes-sont-solidaires

jeudi 19 juillet 2018

Fillols : samedi 21 juillet IMPRO JAZZ et dimanche 22 juillet LE JOUR DU DÉFILÉ





Le Foyer Laique de Fillols présente un beau week-end d’arts et de réjouissances avec :


IMPRO JAZZ ce samedi 21 juillet
et
LE JOUR DU DÉFILÉ le dimanche 22 juillet





Pour rappel, en voici le programme détaillé :



Samedi 21 juillet


IMPRO JAZZ (8ème édition)

Place du village

Pas de standard, pas de compo, que de l’impro !


18h00 : Trio #1
André Mallau, batterie
John Serry, claviers
Nicholas Lupovici, guitare

20h00 : la Grande Paella (repas complet, vin, 12 euros)

22h00 : Quartet #2
Philippe Gleizes, batterie
Jean-Philipe Morel, basse
Vincent Mascart, saxophone
David Vilayleck, guitare

Préparez vos esgourdes, ça s'annonce tonitruant !

Entrée libre, et participation libre également



Dimanche 22 juillet


LE JOUR DU DÉFILÉ

mode plouc & tendance rurale

17h00 – Les Tinettes (duo de clown triple épaisseur) par le collectif « Les Poneys Rouges »
18h00 - Course de planches (PMU plouc), la fameuse, que l’on ne présente plus…
19h00 – Les Cigales (hawaiian girls)… qui viennent de Sète, à califourchon sur un ukulélé.

20h : DEFILÉ INSOLITE
mais bien ordonné

21h30   LES CONCERTS DU SOIR

JUMP THE FENCE
(folk hop 8-bit)
Jump The Fence, c'est un mélange de folk, de hip-hop et de musique de jeux vidéo en 8-bit. Jump The Fence, c'est Mario Bros qui rencontre Bob Dylan et qui lui propose un battle de hip-hop. Jump The Fence en live, c'est un spectacle musico-humoristico-théâtral avec un tyrannosaure vegan, un Légo baratineur, du ukulélé, du tambourin, une Game-Boy, des coups de gueule et des éclats de rire...

LES BOUILLANTS
(bal chauffe-semelle)
Les Bouillants interprètent un large répertoire de musiques populaires pour faire danser toutes les générations. Au programme : Cumbia, Merengue, Forro, Compas, Calypso, Swing New Orleans, Klezmer, Valse... Les Bouillants mènent le Bal ! Faites chauffer les semelles !


buvette / bar à vin / petite restauration
spectacles et concerts gratuits

Renseignements Foyer Laïque :
 04 68 05 63 68

mercredi 18 juillet 2018

Les réseaux comme champ de bataille

Les réseaux 


comme champ de bataille






La construction d’une ligne THT dans le sud Aveyron déclarée d’utilité publique


paru dans lundimatin#152, le 10 juillet 2018

Depuis l’Amassada nous lançons un appel. Depuis ce hameau fait de palettes, de taules, d’argile, de bois de charpente, de ballots de paille, ancrés là, défiant les lignes THT, leur réseau glacial. Nous sommes enraciné.e.s ici. Construisant toujours plus de liens avec les autres luttes territoriales. Comme à la ZAD, comme à Bure, comme à Roybon, comme au sein d’autres contrées en lutte, nous avons fait le pari de bâtir, le pari d’HABITER. D’habiter ces lieux, précisément contre le bétonnage que RTE leur réserve. Préférant y bricoler nos techniques que de se plier à leur Plan. Préférant mélanger le torchis pour nos cabanes que de nous aplatir devant l’horreur métallique de leurs infrastructures.

Extrait de l’appel à se défendre depuis l’Amassada

Alors que la déclaration d’utilité publique pour la construction du mega transfo sud Aveyron vient de tomber et qui devrait déboucher sur l’évacuation et la destruction de l’Amassada, un ami sur place nous a confié ces quelques considérations fragmentaires sur ce qu’implique ce genre de projet d’infrastructure.

Cela sonne comme un jugement : « PREFECTURE DE L’AVEYRON, DREAL OCCITANIE, Arrêté numéro 12-2018-06-18-001 du 18 juin 2018, Objet : déclarant d’utilité publique les travaux de création d’un poste de transformation électrique 400 000/225000 volts dénommé « sud aveyron » et déclarant cessibles au profit de RTE Réseau de transport d’électricité les terrains nécessaires à la réalisation de ces travaux et constatant l’urgence à prendre possession des biens expropriés »

Mais derrière les mots vides de l’administration, derrière ce langage technocratique, que se cache t- il, sinon la « prise de possession », donc l’expropriation légalisée. Derrière cet arrêté glacial et les petites mains gratte-papier qui l’ont produit, qu’y a t’il sinon ce pouvoir global qui mesures après mesures, dispositifs après dispositifs, chiffres après chiffres, s’est disséminé sur toute la surface du globe. Qu’y a t’il sinon l’Economie et ses machines. Ses bulldozers, ses flics, ses grenades. « urgence à prendre possession » : cela veut dire détruire le hameau de l’Amassada, expulser de ses terres un camarade paysan, excaver des milliers de mètres cube de gravas, transportés par des centaines de camions pendant 6 mois, finir de tuer un village déjà accablé par un transformateur et des lignes THT de toute part, et cela pour quoi ? Pour construire un autre transformateur et d’autres lignes THT… pour « évacuer » l’énergie des parcs éolien … pour relier un autre transfo à d’autres lignes THT… pour « acheminer » l’énergie vers les métropoles, les plateformes logistiques, les data center, Frontex…. Prise de possession renouvelée. Homogénéiser toute différence. Aplatir les singularités.


























Que l’arrêté préfectoral ait été signé en amont par le ministre de la transition énergétique Nicolas Hulot, ne change pas grand-chose au fait que les politiciens ne sont ici que des « facilitateurs ». Simple courroie de transmission de l’Economie. Ce n’est plus un secret pour personne, le pouvoir d’aujourd’hui a la forme d’un immense réseau de dispositifs technologiques. Des dispositifs qui gèrent des systèmes auto-régulateurs, des architectures connectées. Tout un maillage de technologies qui moulinent des environnements et les individus qui circulent parmi ces environnements. Mais des individus réduits à des électrons. Regardez le petit spot savoureux de RTE :




Cliquez sur ce lien pour voir la vidéo


Cet usinage incessant, ce management intériorisé, devient ce qui est « naturel ». Comme le dit RTE : « comme l’influx nerveux contracte nos muscles, l’électricité qui circule sur notre réseau fait vibrer l’économie ». Assurément le pouvoir n’est plus là où on le croyait. A en croire RTE, finis les institutions, les partis, les grandes associations syndicales, la famille, la nation... tous digérés dans la Mégamachine et ses rouages industrieux. Cela a sans doute commencé dès le XIX e siècle et n’a cessé de s’accélérer jusqu’à aujourd’hui où le pouvoir a été transféré du corps politique déliquescent vers le corps glorieux des ingénieurs technocrates. Les mêmes qui, alliés des industriels, banquiers, pouvaient prophétiser en 1866 « Nous avons enlacé le globe de nos réseaux de fer, d’argent, d’or, de vapeur et d’électricité. Répandez, propagez, par ces nouvelles voies dont vous êtes en partie les créateurs et les maîtres, l’esprit de Dieu ». [1]

Au regard de ceci, le plan managérial du macronisme tient clairement de ce vieux fanatisme industriel de l’Organisation, augmenté à présent par la puissance des calculs algorithmiques. Gouverner c’est « faire fonctionner » la société et le monde comme une entreprise big data. En éliminant au passage les incapables, ceux qui ne veulent pas « prendre le train en marche »... Le reste n’est qu’une question de matière première, et d’énergie exploitable, n’est-ce pas !?


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« La politique de l’avenir aura pour objet l’administration des intérêts matériels de la société ; les hommes généraux de l’industrie, les banquiers et les ingénieurs, seront alors des hommes politiques à titre au moins égal à celui des raisonneurs, des réglementeurs. Nos efforts doivent tendre dès aujourd’hui à leur révéler le caractère politique qui est en eux et qu’ils ne sentent pas » 
 Michel Chevalier, Le Globe, 1831
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Dans le corps de la Mégamachine réticulaire, un transformateur, hideux en soi, doit apparaître, par son opérativité même, comme une pièce centrale du pouvoir. Une machine parmi les machines. La modernisation des lignes THT, en fonction du marché mondial de l’électricité, devient alors « une priorité nationale », non tant pour la « solidarité énergétique entre les territoires » comme RTE aime à le rappeler, mais bien pour l’organisation purement technique du territoire. Et ceux qui osent s’opposer à cette organisation seront qualifiés « ennemis de l’intérieur ». Il faut savoir que la réalisation cauchemardesque de la « troisième révolution industrielle », programmant l’assimilation complète des réseaux (qu’ils soit informationnels ou énergétiques) n’est pas l’avènement du « pouvoir horizontal » que nous vend cet imbécile de Jeremy Rifkin, mais bien celui d’une totalité hégémonique. Par le biais technologique des smart grids ou « réseaux intelligents » [2], chaque être sera réduit à un faisceau de watt et de byte : un capteur-transmetteur pour ce nouvel Ordre Décentralisé. Un Ordre démultipliant ses technologies de pouvoir en un ensemble de machines périphériques, mais qui toutes renvoient à la Même Totalité. Des métropoles smart, des véhicules autonomes, la 5 G, le compteur Linky, les google home, la dispersion des objets connectés, bref tout ce qui fait la texture cybermanagériale de ce système. Mais un système qui reste profondément colonial. Qui a besoin d’énergie, un besoin monstrueux d’énergie et d’information. Un système dont l’appétit vorace en mégawatt et en terabyte doit bien quelque part aller puiser son carburant, qui doit bien en quelque lieu de cette Terre, venir excaver les ressources qu’il dévorera. De là que se poursuit la folle avancée de l’extractivisme mondial, toujours plus loin, toujours plus profond. Et que Macron est prêt à tout, quitte à ouvrir des mines dans tous les territoires français, pour extirper les précieux lanthanides, éléments capitaux à la « troisième révolution industrielle ».


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« C’est en organisant l’espace aux fins d’un mouvement répétable, en le vectorisant, en travaillant la matière pour qu’elle s’ouvre et réponde aux appétits de la vie humaine que les comptoirs de la Hanse, le commerce de la soie, l’influence de Venise, la conquête de l’Ouest américain, la stratégie militaire occidentale… ont pu avoir lieu. A l’extérieur des lignes du réseau règnent le vide, l’inconnu ou l’hostile ; et même à l’intérieur du réseau, on peut sentir un effort permanent pour empêcher le retour de l’inconnu, le jaillissement de l’imprévu. Le réseau apparaît en premier lieu comme possibilité de communication entre des points appartenant à des espaces hétérogènes. Le réseau doit se frayer une voie à travers l’opacité du différent pour établir un lien d’échanges entre des lieux étrangers l’un à l’autre. Le réseau est un travail qui nie l’hétérogénéité originaire du monde : voulant la réversibilité du mouvement et de l’échange, il est contraint de se constituer comme espace continu tendant au Même, puisqu’il s’agit d’y garantir la sûreté du mouvement. Aussi on modifiera le terrain matériel et éventuellement le terrain social sur lesquels doit prospérer le réseau, afin qu’ils ne présentent pas de risques pour l’usager réticulé »Philippe Forget, Gilles Polycarpe, Le réseau et l’infini. Essai d’anthropologie philosophique et stratégique.

 
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Par la validation politique du méga transfo RTE, il y a clairement la volonté d’accélérer un processus administratif sans doute trop long aux yeux des industriels qui s’impatientent ainsi de ne pas voir leur « PROJET » se réaliser, ralenti par ce qu’ils nomment en bloc tantôt la « contestation » tantôt la « population locale ». Comme pour conjurer toutes différences, toutes singularités, toutes amitiés qui font les êtres qui vivent sur ce territoire. Là où il y a de la chair, des contacts, des liens, là où la vie promet encore quelque solidarité de base, des rencontres, la fête, bâtir et manger ensemble, ils n’y verront qu’abstraction. Sans doute parce qu’il ne comprennent plus la vie. La vie qu’il ont contribué à rendre si méconnaissable. A force de l’avoir mise en calcul. Et réduit toute chose à du Management. Leur langage même suinte la Fonction. D’un côté, ils entendent gérer la possibilité de constitution d’une « ZAD » de l’autre rassurer « une population mal informée ». C’est sans doute pour cela que dès le départ l’existence même du projet a été cachée à cette même « population »... Une « population » trop « rurale » qui refuse « de se faire connecter » pour son propre bien... Indigne du progrès qu’on vient lui offrir... Mais en fait, qui en voudrait de ce progrès ? De ce progrès qui rend malade. Est-ce que ces chers experts de l’enquête publique viendraient construire leur maison en-dessous des lignes ? On ne vit pas sous ces câbles 24h/24 sans un jour ou l’autre en subir les nuisances mortifères dans son corps. Maladies qui ne sont jamais reconnues par les sbires de RTE, s’échappant, lorsqu’on les questionnent, par un odieux déni : « mais enfin, les ondes électromagnétiques des lignes ne sont pas pires que celles de votre four à micro ondes... » Et si les habitants de tous les environs viennent résister à leur mauvaise farce d’enquête publique et bien RTE s’en passera de cette « population ». C’est d’ailleurs pour ça que les enquêteurs ont cru bon en novembre 2017, et en parfaite collaboration avec la gendarmerie qui craignait des « débordements » [3], de se délocaliser à l’autre bout du département. D’autre part, RTE voyant que son enquête ne prenait pas et que le « registre numérique » était inondé de bonnes blagues, d’insultes ou d’arguments qui démontaient son projet, a rectifié le tir en faisant appel à toute une clique de communicants, et d’entreprises de l’énergie (EDF, ENGIE, EIFFAGE ENERGIE, ENERIA, CAP SUD, EOSE INGENIERIE...) pour venir poster leur position « très favorable au projet de transformateur sud aveyron ». Positions qui se sont vues reprises en intégralité dans le rapport final de l’enquête publique. On ne peut plus avoir de doute sur qui tient les ficelles de ce genre de « procédure de consultation » : invariablement les aménageurs et leur cohorte de sous fifres.


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Mais on se tromperait en regardant ce pouvoir réticulaire sous le seul angle de sa « grandeur ». Il n’y a pas un-seul-grand-réseau (qu’il soit énergétique ou informatique), mais un méga-réseau d’équipements miniaturisés. Un méga réseau qui prend en charge toutes les tailles et toutes les formes de maille. Ce ne sont plus les états, les collectivités, ou les partis qui tiennent ces « équipements collectifs » mais bien un Réseau de réseaux, une Mégamachine, qui est à la fois partout et nulle part. Qui n’a plus la forme de l’usine des Temps modernes, mais dont les rouages à broyer les hommes sont devenus les normes elles-mêmes. La fumée des cheminées a fait place à un brouillard d’ondes électromagnétiques. Et la discipline ressemble de plus en plus à un profilage généralisé. Chaque individu se convertit en capteur cybernétique déterminé par ses comportements, ses appels téléphoniques, ses consultations de sites, ses parcours GPS, sa consommation électrique. Regardez le Linky. Outre le fait de bombarder à coup de Khz les habitats, en tant que capteur, il est l’archange des GAFA. C’est l’intercesseur par lequel les entreprises viendront puiser directement à la source les tonnes d’informations sur les « habitudes » de chacun. Ce qui a été compris par pas mal de monde. De l’immeuble au plus petit hameau, des voisins s’organisent a minima pour bloquer la pose des Linky par les sous traitants d’Enedis.



                                                                            
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« Non seulement le pouvoir capitaliste avec ses polices, ses armées, ses administrations, s’exhibe à tous les coins de rue, s’immisce dans toutes les séquences de la vie quotidienne, ne cesse de prétendre aménager l’ensemble du territoire en super-équipement-goulag, mais, sous une forme moléculaire, il s’infiltre partout, dans l’école, dans la famille, dans l’inconscient. Pour pouvoir être partout à la fois il démultiplie son visage unique. » Guattari, Equipements collectifs et assujetissement sémiotique, 1979.



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La fonction retord des « réseaux intelligents » qui se mettent en place aujourd’hui au nom de la « transition énergétique » tient à cette double face : d’un côté le gigantisme des infrastructures (THT, transfo, centrales, câblage, data center) de l’autre leur miniaturisation incessante. Faisant de chaque corps un producteur et un relais de contrôle. Ce qui induit une « naturalisation » des équipements technologiques, au quotidien, dans toutes les dimensions de l’espace et du temps. Une naturalisation où il s’agit de lisser toutes les contraintes matérielles comme de masquer le fonctionnement interne de chaque objet au sein des réseaux. Plus une appli est « simple » et « intuitive », plus un objet est « designé », plus il efface toutes les chaînes technologiques et normatives qui ont contribué à le faire exister. Quelle trame logistique fait fonctionner ce petit objet qu’est Echo d’Amazon, avec son assistant vocal intelligent Alexa qui « anticipe vos besoins » ?


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Les smart constituent bel et bien une mise au pas des comportements dans un chantage incessant à l’efficacité et à l’auto - évaluation. L’idée même de transition, dont RTE comme EDF propulsent la propagande à un niveau inégalé, comme son nouveau mantra publicitaire pour légitimer les « réseaux de demain », cette idée participe elle aussi à la régulation des conduites au sein de la Mégamachine. La transition n’est que le nom d’un nouveau dispositif qui sélectionnera les bons et les mauvais « comportements énergétiques ». Elle n’est aucunement le passage de la société fossile-nucléaire à la société « bas carbone » mais la stricte perpétuation de l’état nucléariste. Elle est la neutralisation des discontinuités du vivant, l’effacement des brèches du temps, le gommage de toute altérité. Un monde où les capteurs et les algorithmes constituent le milieu, l’ambiance dans laquelle navigue l’humanité « en transition ». Mais une humanité qui ne répète que le plus vieux programme de l’inévitable Progrès, dans lequel toute bifurcation sera évacuée en tant qu’ « hérétique ». [4]. En bloquant une de ses infrastructures, par exemple la construction d’un méga transfo, on libère de fait, non seulement un fragment d’espace, mais aussi la possibilité d’une temporalité inédite, non linéaire, non continue. Une temporalité nôtre qui échappe au réseau.


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Un ami écrivait ceci dernièrement
« Les lieux habités n’existent qu’à conjurer la montée totalitaire d’une manière univoque d’imposer un Monde, la dite « globalisation » comme marchandisation guerrière, fondée sur la réduction de la multiplicité des pratiques et des relations à une seule : l’équivaloir général.
Rabattant toutes les activités charnelles sur le seul travail abstrait, les désirs flamboyants sur le seul étalon de l’argent-roi, les fictions fabulatoires sur le seul crédit monétaire.
C’est bien cela qu’il s’agit de penser : la fiction auto-immune de l’Un comme capture de commun, du peuple. Et, corrélativement, la négation du dispars irréductible, des attachements créateurs, des localités vivantes : la conjuration préventive de toute possibilité de communisation de l’expérience. »
 
 
 
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Si les réseaux sont un champ de bataille c’est d’abord parce qu’ils constituent des infrastructures de la dépossession. Leur temps est celui Unique de l’organisation managériale du monde. Leur pouvoir décentralisé une toile de capture. A la lecture de l’histoire, les réseaux ne sont qu’une hypothèse mais sans cesse réactivée par les pouvoirs en place, et ce en Occident depuis le XIX e siècle. C’est une hypothèse qui n’a cessé depuis de gagner en légitimité opérationnelle. Mais son pouvoir tient sa puissance autant par ses équipements imposés par la force que par les imaginaires qu’elle a mis en place. Il faut se le dire, l’industrialisme a toujours été, indistinctement, une machine de guerre et une religion ! Et RTE fonctionne parce qu’il déploie une « religion de l’interconnexion » où la communauté abstraite des fidèles est composée des millions de consommateurs et surtout de leur « foi » dans le réseau. On ne combat pas une religion de la même manière qu’une armée de fantassins. Mais on peut en profaner les principes actifs, en destituer les instances, et rendre ses temples à l’usage commun, ou les laisser aux ronces... L’hypothèse des réseaux est l’hypothèse d’un monde où les corps seraient mis en contact par le seul intermédiaire de leurs appareils. Les réseaux devenant les corps. Et les corps devenant les réseaux. C’est le cauchemar qui s’annonce derrière les sourires glaçants des managers et leur infâme « plateforme » qu’elle soit logistique ou sociale.


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De notre côté, il s’agit de ne pas laisser cette hypothèse continuer sa destruction planétaire. En se constituant en communes interreliées, il s’agit bien de ne pas laisser les réseaux se faire les entremetteurs hégémoniques de tout contact entre les corps. Mais de composer nos propres lignes de passages, nos propres points de rencontre. D’élaborer un réseau sûrement, non celui unifié renvoyant toujours à Lui-Même, mais le réseau des vies-en-lutte, toujours singulières, toujours hétérogènes. Quelque chose comme un tissu vital, une étoffe existentielle tissée à même la Terre.

Nous n’accepterons pas de vivre tels des cyborgs dans une société de cyborgs. Empêcher la totalisation machinique des vivants pourrait être le point focal de toutes celles et ceux pour qui le monde ne se réduit pas à une abstraction économique. Construisant toujours plus de liens avec les autres luttes territoriales, comme à la ZAD, comme à Bure, comme à Roybon, comme au sein d’autres contrées en lutte, faisons le pari de bâtir, le pari d’HABITER. D’habiter ces lieux, précisément contre le bétonnage que RTE leur réserve. Préférant y bricoler nos techniques que de se plier à leur Plan.

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Rendez-vous dans les mois qui viennent à l’Amassada ! Et surtout pour la quatrième fête du vent qui se tiendra, quoi qu’il arrive, le 20-21-22 septembre...

Pour tout contact et infos : amassada at riseup.net


À lire sur lundimatin :


PAS RES NOS ARRESTA [Documentaire]
Quand RTE tente de s’approprier les terres de jeunes agriculteurs pour implanter un transformateur électrique de sept hectares.

Transformateur de Saint-Victor
La Préfecture abandonne la tenue de l’enquête publique dans le Sud-Aveyron mais la mobilisation continue... [vidéo]

Être forêts de Jean-Baptiste Vidalou
[Bonnes feuilles]

Habiter les territoires en lutte
Rencontre avec Jean-Baptiste Vidalou autour d’Être Forets et de la lutte contre RTE et son monde






 Cliquez sur ce lien pour voir la vidéo



[1Pierre Musso, La religion industrielle, Monastère, manufacture, usine, une généalogie de l’entreprise, 2017 et aussi sont intervention à TlmdlT.

[2JacquesFradin Le génie révolutionnaire, la vie smart sur https://lundi.am/La-conspiration-Episode-8

[4Il faut lire à ce sujet Mauvais temps, anthropocène et numérisation du monde, qui vient de paraître aux éditions Dehors




Source : https://lundi.am/Les-reseaux-comme-champ-de-bataille



mardi 17 juillet 2018

Explosion de grenade GLIF4 au ralenti - trouvée dans un pré sur la ZAD a...




Ajoutée le 6 juil. 2018
Cette arme de guerre est couramment utilisée par les forces de l'ordre.

Elle est létale et mutile comme dernièrement sur la ZAD ou en ce moment dans les quartiers de Nantes.

Musique: Joey le soldat - Microphone

Source : https://youtu.be/RT8hRoru6iQ


La police tue, la police mutile.

la police utilise des armes de guerre :

Par exemple cette grenade GLIF4 qui a été tirée l'aveugle sur le bocage de Notre Dame des Landes ce printemps (plus de 11 000 tirs en tout genre)

Une de ces grenades a été retrouvé au moment de la moisson. 


Voici la preuve irréfutable de son caractère meurtrier lors de son explosion dans cette vidéo

Cette arme de guerre est couramment utilisée par les forces de l'ordre. 


Elle est létale et mutile comme dernièrement sur la ZAD ou en ce moment dans les quartiers de Nantes. 


Source :https://www.facebook.com/comitezadlille/?hc_ref=ARQEANuWIWx8A1wyH_m7pNIKx2WVCKX2DzLlMhUYXr2h2D0Rg65IO2h1eVmcV4L7MwU&fref=nf