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mercredi 15 juillet 2026

Près de 8,4 millions d’euros engloutis pour un barrage jamais rempli : la justice vient d’ordonner sa destruction totale aux frais du département du Tarn

 

Source : DR

 

Près de 8,4 millions 

d’euros engloutis 

pour un barrage jamais rempli : 

la justice vient d’ordonner 

sa destruction totale 

aux frais du département du Tarn

  Dans ce bilan merci de ne pas oublier de mentionner la mort de Rémi Fraisse, pas seulement en toute fin d'article

 Trois hectares de forêt rasés, une digue à moitié construite, une zone humide éventrée : voilà ce qu’il restait du projet de barrage de Sivens quand la justice a fini par trancher. 
Le tribunal administratif de Toulouse a annulé les autorisations qui permettaient au chantier d’exister, condamnant de fait le département du Tarn à démolir ce qu’il avait entrepris et à remettre en état les lieux, aux frais de la collectivité. Un projet censé sécuriser l’irrigation d’une vingtaine d’exploitations agricoles s’est ainsi transformé en gouffre financier et en symbole national de l’aménagement du territoire raté.

À retenir

  • Un tribunal administratif annule rétroactivement tout fondement légal du projet de barrage
  • Les experts eux-mêmes jugeaient le projet surdimensionné et disproportionné aux besoins réels
  • La démolition et restauration coûteront plus cher que ne l’aurait coûté l’abandon initial du chantier

Un chantier lancé malgré tous les signaux d’alerte

Le projet portait sur la construction d’un barrage-réservoir sur le Tescou, un petit affluent du Tarn, près du lieu-dit du Testet. Ce projet aurait créé un lac de barrage permettant la constitution d’une réserve d’eau d’un volume de 1,5 million de m3 utilisable notamment pour l’irrigation de terres agricoles et le contrôle de l’étiage du Tescou. Sur le papier, l’ouvrage devait profiter à une trentaine d’agriculteurs pratiquant la culture du maïs. Dans les faits, les experts mandatés par l’État eux-mêmes doutaient de la pertinence du projet.

Le rapport d’expertise commandé après le début du chantier ne mâchait pas ses mots. Les experts jugeaient le projet surdimensionné, estimaient que l’étude d’impact avait été « de qualité très moyenne » et déploraient que le choix d’un barrage en travers de la vallée ait été privilégié « sans réelle analyse des solutions alternatives possibles ». Et le chiffrage financier interpellait déjà à l’époque : « Ceci est d’autant plus regrettable que le coût d’investissement (8,4 millions d’euros hors taxe, Ndlr) rapporté au volume stocké est élevé », notaient les deux ingénieurs, qui estimaient également que 40 exploitants bénéficieraient du barrage, alors que le Conseil général en annonçait le double.

Les conséquences écologiques, elles, ne se sont pas fait attendre. Depuis le début du défrichement sur le site d’une superficie totale de 34 hectares, les opposants ont mené toutes sortes d’opérations pour tenter d’empêcher la destruction d’une zone humide de 13 hectares. Peine perdue : le décapage du sol a déjà condamné définitivement la zone humide qui abritait plusieurs dizaines d’espèces protégées. Un membre du collectif d’opposants résumait la situation avec une formule qui a marqué les esprits : « Elle est détruite à 90% (…) Jamais, elle ne reviendra à l’état initial ».

La justice tranche : tout était illégal

Il aura fallu attendre juillet 2016 pour que le couperet tombe vraiment. Le tribunal administratif de Toulouse a annulé trois arrêtés fondateurs du premier projet de barrage de Sivens, une victoire juridique de taille qui remettait en cause sur le fond l’utilité du projet de retenue d’eau. Trois décisions, trois coups portés au même dossier : le tribunal a annulé la déclaration d’utilité publique (DUP), l’autorisation de défrichement et la dérogation à la loi sur les espèces protégées, alors que la zone humide de Sivens en comportait une centaine.

Le rapporteur public n’a pas mâché ses mots sur le bilan de l’opération. Il avait estimé qu’il y avait un « bilan négatif compte tenu du caractère excessif du barrage au regard des besoins, de l’atteinte à l’environnement et du coût ». Sur la question des espèces protégées, la sanction a été tout aussi nette : « le projet ne répond pas à des raisons impératives d’intérêt majeur compte tenu de ses dimensions et des mesures compensatoires inadéquates ». Détail qui a son importance pour la suite : les juges ont choisi l’annulation pure et simple des trois arrêtés, et non leur simple abrogation, une nuance juridique qui efface rétroactivement toute base légale au projet, aussi bien pour l’ouvrage existant que pour toute tentative de le faire renaître au même endroit.

Grand perdant de ce jugement : le département du Tarn, maître d’ouvrage. Le Conseil général du Tarn se retrouvait sans aucune base légale pour planifier un projet à Sivens, alors qu’un nouveau barrage redimensionné et déplacé nécessiterait une nouvelle déclaration d’utilité publique et une nouvelle enquête publique. Autant dire repartir de zéro, après avoir déjà englouti des millions dans des travaux devenus, du jour au lendemain, purement et simplement illégaux.

Démolir, indemniser, restaurer : la double peine du département

Une annulation de ce type n’est jamais qu’une formalité juridique. Elle emporte une obligation concrète : remettre les lieux en l’état, c’est-à-dire démolir ce qui a été bâti sans droit et restaurer la zone humide détruite. Un jugement ultérieur du tribunal administratif de Toulouse a d’ailleurs rappelé cette obligation de l’État à « prescrire les mesures de remise en état du site de Sivens » et à appliquer les mesures de police relatives aux opérations de défrichements.

Sur le plan financier, l’addition a été douloureuse pour les finances départementales. Au-delà des 8,4 millions d’euros déjà investis dans un ouvrage jamais mis en eau, un protocole d’accord a organisé le règlement du contentieux : l’accord transactionnel portait sur une compensation de 3,4 millions d’euros de l’État au Département sur l’abandon du projet, soit 2,1 millions pour les dépenses en pure perte et 1,3 million pour réhabiliter la zone humide. Les travaux de démolition et de restauration ont fini par démarrer avec plus d’un an et demi de retard : le 21 août 2017 démarrent les travaux de réhabilitation du site, avec pour objectif de restituer au site son état initial avant travaux, notamment en remettant en place la terre déplacée.

Curieusement, ce délai n’a pas été jugé fautif par les tribunaux, contrairement à d’autres manquements de l’État sur ce dossier. Un jugement a précisé que l’État, y compris dans un protocole d’accord transactionnel conclu avec le département du Tarn, avait mis du temps à s’occuper des mesures compensatoires consécutives à la destruction des zones humides, mais qu’un tel délai n’était pas fautif pour le juge administratif. En revanche, sur le défrichement lancé avant toute autorisation légale, l’addition judiciaire a été plus salée : l’État a été condamné à verser une indemnité de 10 000 euros pour chacune des deux associations requérantes.

Ce dossier a également coûté une vie humaine : celle de Rémi Fraisse, jeune naturaliste de 21 ans tué en marge des manifestations d’opposition à l’automne 2014, un drame qui a précipité l’abandon du projet initial et accéléré la prise de conscience politique sur le dimensionnement réel des besoins agricoles locaux. Aujourd’hui encore, la vallée du Tescou reste citée en exemple dans les débats sur les retenues d’eau et les mégabassines, preuve qu’un chantier mal ficelé peut coûter bien plus cher à démolir qu’à ne jamais avoir été construit.

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samedi 30 mai 2026

Les 10 bonnes nouvelles de la semaine - Association Routes Vivantes, policiers et Brésil


Association Routes Vivantes, 

policiers et Brésil : 

les 10 bonnes nouvelles 

de la semaine

 


Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? 

Voici 10 bonnes nouvelles 

à ne surtout pas manquer cette semaine. 

 

1. Animaux écrasés sur les routes : création de l’association Routes vivantes

Une association nommée Routes vivantes a été créée pour réduire la mortalité des animaux sauvages due aux collisions routières. Elle cherche à sensibiliser les automobilistes et à travailler avec les collectivités pour améliorer les passages à faune et mieux intégrer la biodiversité dans l’aménagement des infrastructures routières. (Le Zéphyr)

 

2. Des policiers appellent à désobéir aux ordres contre la liberté de la presse

Une association de policiers, PRC, dénonce les violences et entraves subies par les journalistes lors de manifestations. Elle appelle à sanctionner les comportements abusifs et invite même les policiers à refuser certains ordres jugés contraires à la liberté de la presse, tout en critiquant la concentration des médias. (Blast)

 

3.Vallée de l’Arve : des habitants participent à la recherche sur les pollutions

Dans la vallée de l’Arve (Haute-Savoie), lune des zones les plus polluées de France, des habitants participent à un institut écocitoyen qui associe citoyens, scientifiques, élus et acteurs locaux. Ensemble, ils définissent les thèmes de recherche en santé-environnement (qualité de l’air, de l’eau, des sols, impacts sur la santé) afin de produire des études utiles aux décisions publiques et mieux comprendre les effets des pollutions locales. (Vert)

 

4. Dans un village de la Meuse, les habitants décident directement des projets locaux

À Ménil-la-Horgne, une assemblée citoyenne permet aux habitants de voter directement sur les projets du village (équipements, services, énergie). Le maire et le conseil municipal mettent ensuite en œuvre les décisions prises collectivement. Le dispositif renforce la participation et la cohésion locale, même s’il ne fait pas l’unanimité parmi les habitants.(Reporterre)

 

5. Au Brésil, réforme fiscale pour alléger la classe moyenne et taxer davantage les riches

Le gouvernement brésilien a adopté une réforme de l’impôt sur le revenu qui relève le seuil d’exonération, permettant à des millions de ménages de la classe moyenne de ne plus payer d’impôt. En parallèle, la contribution des plus riches est augmentée via la taxation des dividendes et un impôt minimum sur les très hauts revenus. (La Relève et la Peste)

 

6. Sanctuaire pour éléphants au Portugal : une alternative à la captivité en Europe

Un sanctuaire pour éléphants ouvre dans le sud du Portugal, dans la région de l’Alentejo. Il doit accueillir des animaux issus de cirques et de zoos européens, dont Julie, dernière éléphante de cirque du Portugal, et Kariba, une éléphante vivant seule dans un zoo en Belgique. (The Guardian)

 

7. Un nouveau scanner pour détecter l’endométriose

Des chercheurs d’Oxford testent un nouveau type de scanner combiné à un traceur pour détecter plus tôt l’endométriose. L’objectif est de réduire les années d’attente avant diagnostic, souvent très longues avec les méthodes actuelles. Les premiers résultats sont encourageants mais doivent être confirmés par des études plus larges. (BBC)

 

8. Victoire juridique contre la vénerie sous terre des blaireaux dans le Tarn-et-Garonne

Le tribunal administratif de Toulouse a annulé un arrêté préfectoral autorisant la chasse des blaireaux en période complémentaire dans le Tarn-et-Garonne. La décision juge cette pratique illégale, notamment car elle pouvait toucher des jeunes blaireaux encore dépendants dans les terriers. Les associations de protection de la nature obtiennent ainsi une victoire après plusieurs années de recours.(ASPAS)

 

9. Un modèle de placenta artificiel pour mieux tester les médicaments pendant la grossesse

Des chercheurs de l’Université de Berne ont développé un modèle de placenta artificiel en laboratoire pour étudier comment les médicaments passent de la mère au fœtus. L’objectif est de mieux évaluer les risques, car les effets sur les femmes enceintes sont souvent mal connus et difficiles à tester. Ce système pourrait aussi réduire le recours aux tests sur les animaux. (Swisscom / blue News)

 

10. À Varsovie, des canards prioritaires sur la route au printemps

À Varsovie, en Pologne, des bénévoles et la police interrompent temporairement la circulation chaque printemps pour permettre à des canards sauvages de traverser une route en toute sécurité. Ces opérations protègent notamment les jeunes harles bièvres lors de leur déplacement vers la rivière Vistule. (France 24)

– Mauricette Baelen

mardi 21 avril 2026

Les 10 bonnes nouvelles - Tigres, cacatoès et maire

Tigres, cacatoès et maire : 

les 10 bonnes nouvelles

 



 




1. Kazakhstan : le retour des tigres, 70 ans après leur disparition

Le Kazakhstan prépare la réintroduction de tigres sur leurs terres historiques grâce à un vaste programme mêlant reforestation, restauration des proies sauvages et suivi des félins par satellite. Entre conservation spectaculaire et coexistence avec les habitants, le projet veut prouver qu’un grand prédateur peut retrouver sa place dans un écosystème reconstruit. (Marca)

 

2. Aires de jeux : des structures conçues pour les enfants des zones de guerre

Une ONG britannique développe des modules de jeux en bois, démontables et facilement transportables, pour offrir des espaces de joie et de reconstruction aux enfants vivant dans des camps de réfugiés, de l’Ukraine à l’Éthiopie. Au-delà du jeu, le projet mise aussi sur l’apprentissage collectif et la reconstruction symbolique dans des lieux marqués par l’exil. (The Guardian)

 

3. Haute-Saône : un maire reverse 1 800 € par mois de ses indemnités à deux assos locales

À Héricourt, le nouveau maire communiste Gilles Lazar a annoncé qu’il réduirait sa propre indemnité au niveau de celle de ses adjoints, soit 1 800 € mensuels de moins, pour reverser cette somme aux Restos du Cœur et au Magasin alimentaire social de la ville pendant tout son mandat. Le geste s’ajoutera aux subventions municipales existantes, avec en plus la promesse de nouveaux locaux mieux équipés pour ces structures. (20 Minutes)

 

4. Regensburg interdit les robots tondeuses la nuit pour protéger les hérissons

La ville impose l’arrêt des robots tondeuses de 30 minutes avant le coucher du soleil jusqu’au lever du jour afin de protéger les hérissons, qui ne fuient pas face au danger et sont souvent grièvement blessés par les lames. La mesure vise aussi crapauds, lézards et autres petits animaux nocturnes, avec des amendes potentiellement élevées en cas d’infraction. (BR24)

 

5. Les renouvelables frôlent 50 % des capacités électriques mondiales

En 2025, les énergies renouvelables ont atteint 49,4 % des capacités électriques mondiales, portées par un bond record du solaire (+511 GW), selon l’IRENA. Avec 692 GW supplémentaires en un an, le rythme actuel rapproche le monde de l’objectif de tripler les capacités d’ici 2030, tandis que la crise au Moyen-Orient rappelle la vulnérabilité persistante des énergies fossiles. (Reuters)

 

6. Australie : premier succès pour le sauvetage du cacatoès palmiste

Un poussin de cacatoès palmiste, espèce menacée en Australie, a quitté avec succès un nid artificiel installé par des conservationnistes dans le nord du Queensland. Cette première, obtenue à peine un mois après l’installation, redonne de l’espoir à une espèce dont il resterait moins de 2 000 individus sauvages, menacée par la disparition des cavités naturelles dans les vieux arbres. (Mongabay)

 

7. Côte d’Azur : un papillon déclaré éteint réapparaît après 40 ans

L’Hespérie du barbon, un petit papillon non observé en France depuis 1984 et classé éteint en PACA, a été redécouvert sur une falaise littorale des Alpes-Maritimes. La présence d’une femelle, d’œufs et de chenilles confirme qu’il s’agit d’une population locale toujours vivante, relançant les espoirs de conservation sur la Côte d’Azur. (La Relève et la Peste)

8. 130 ONG réclament la fin des guerres au Moyen-Orient et une taxe sur les pétroliers

Réunies autour de 350.org et de la Fight Inequality Alliance, plus de 130 organisations demandent une fin permanente des conflits au Moyen-Orient et une taxe exceptionnelle sur les superprofits du pétrole et du gaz, dopés par la flambée des prix liée à la guerre. L’objectif : financer aides d’urgence, services publics, renouvelables locales et allègement de la dette des pays du Sud, durement frappés par la hausse des coûts de l’énergie et des engrais. (Common Dreams)

 

9. Plus de 60 000 € récoltés pour des familles victimes de violences policières

La cagnotte solidaire « 1 euro contre les violences policières » a déjà dépassé 60 000 euros, permettant de soutenir six familles confrontées aux frais de justice, d’obsèques ou de suivi psychologique. Prolongée en avril, elle aidera une famille supplémentaire à chaque nouveau palier de 10 000 €. (Komune)

 

10. Royaume-Uni : le kelp revient cinq ans après l’interdiction du chalutage

Cinq ans après linterdiction du chalutage de fond au large du Sussex, les scientifiques observent un retour net de la biodiversité : hausse des daurades noires, bancs de moules sur plus d’un kilomètre et 92 espèces recensées en vidéo. La régénération progressive des forêts de kelp montre qu’une protection ciblée des fonds marins peut restaurer rapidement les habitats, avec à la clé protection côtière, nurseries pour les poissons et pêche plus durable. (BBC)

* Visuel de couverture : wikipédia

– Mauricette Baelen


mercredi 15 avril 2026

Mardi 21 avril : "Soulèvements" 21h au Lido à Prades

 

  Prochaine séance du Lido animée 

 
par les
Ciné-Rencontres 


Mardi 21 avril à 21h

 

Pour voir la bande-annonce cliquer ici : https://www.youtube.com/watch?v=CC5sKvkiEVw

 

1h 45. Documentaire de Thomas Lacoste 


Un portrait choral à 16 voix, 16 trajectoires singulières, réflexif et intime d’un mouvement de résistance intergénérationnel porté par une jeunesse qui vit et qui lutte contre l’accaparement des terres et de l’eau, les ravages industriels, la montée des totalitarismes et fait face à la répression politique. Une plongée au cœur des Soulèvements de la Terre révélant la composition inédite des forces multiples déployées un peu partout dans le pays qui expérimentent d’autres modes de vie, tissent de nouveaux liens avec le vivant, bouleversant ainsi les découpages établis du politique et du sensible en nous ouvrant au champ de tous les possibles.

 

Critique presse (Culturopoing.com) : "Soulèvements" est salutaire par sa façon de montrer comment la désobéissance civile devient, pour ces acteurs, un outil de survie éthique face à "l'écocide en cours".

 

 

 Pour adhérer aux Ciné-Rencontres cliquer ici.
 

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mardi 3 février 2026

Sainte-Soline : ce que révèlent les bodycams des gendarmes - Le dessous des images - ARTE

 

 

29 janv. 2026
 
 
En novembre 2025, Mediapart et Libération révèlent des images tournées par des gendarmes lors de la manifestation de Sainte-Soline, deux ans plus tôt. 
Ces vidéos montrent un contrechamp violent qui bouleverse le récit de cette journée sanglante. 

 Le 5 novembre 2025, Mediapart et Libération publient des vidéos inédites issues des caméras-piétons des gendarmes présents le 25 mars 2023 à Sainte-Soline. 
Ce jour-là, de violents affrontements ont éclaté entre les forces de l’ordre et les manifestants venus s’opposer à la construction d’une mégabassine. 
Laura Wojcik, journaliste au pôle vidéo de Mediapart, revient sur les coulisses de cette enquête. 
Michaël Meyer, sociologue des médias, analyse le contraste entre la France, qui garde confidentielles ces images, et les États-Unis, où elles sont largement diffusées.
 
 
 Crédits : 

AFP/THOMAS BERNARDI, CAMILLE CASSOU 
AP ARCHIVE 
BFM TV 
GAETAN B. 
INA 
JOANIE LEMERCIER 
LE MONDE MAX PPP 
MEDIAPART 
LIBERATION
 
 00:43 : Les bodycams de Sainte-Soline 
 03:18 : L'enquête de Médiapart 
 07:09 : Les bodycams aux USA

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=jOPcvXpLF1Y

vendredi 5 décembre 2025

Journalistes intimidés à BASF : pourquoi nous continuerons de couvrir les luttes

 

Journalistes intimidés à BASF : 

pourquoi nous continuerons 

de couvrir les luttes

  

25 novembre 2025

 

Les journalistes envoyés par Reporterre Léa Guedj et Pierre-Yves Lerayer, violentés par un policier en compagnie du reporter de Blast Jose Rexach, lors de l'action écologiste contre l'usine BASF de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, le 17 novembre.

 

Deux journalistes de Reporterre ont été violentés par la police alors qu’ils suivaient une action de désobéissance civile. Pouvoir suivre les militants, y compris lorsqu’ils sortent de la légalité, est pourtant essentiel à l’information.

Jusqu’où aller pour informer ? Faut-il franchir les barrières d’une usine qui produit des pesticides ? Suivre les militantes et militants qui traquent la fabrication de substances interdites en Europe ? Chez Reporterre, nous sommes souvent confrontés à cette question. Depuis des années, nous suivons les actions de désobéissance civile. C’est ainsi que lundi 17 novembre, notre journaliste Léa Guedj et notre photographe Pierre-Yves Lerayer se sont rendus sur le terrain pour raconter l’action d’écologistes contre une usine normande du géant agrochimique BASF.

Sur place, ils ont été violentés par les forces de police, qui les ont gazés à bout portant. Ils ont été violemment agrippés à plusieurs reprises. Le téléphone portable de Léa Guedj lui a été confisqué durant de longues minutes. Ils avaient pourtant décliné leur identité de journalistes. « Y’a pas de presse ici », leur a rétorqué un policier. « Allez, casse-toi », leur répond un autre dans des vidéos que nous avons consultées.

« Si vous sortez pas, c’est que vous êtes une manifestante »

D’autres journalistes présents sur le site ont également été intimidés. « Ils m’ont demandé de sortir car on était sur un site privé. J’ai temporisé, un peu trop longuement à leur goût. Ils m’ont alors dit "si vous sortez pas, c’est que vous êtes une manifestante" », raconte à Reporterre Pauline Moullot, journaliste à Libération présente lors de l’action.

Cette attitude belliqueuse envers la presse est-elle légale ? La propriété privée l’emporterait-elle sur le droit à être informé ? En juin 2020 déjà, notre journaliste Alexandre-Reza avait suivi les activistes d’Extinction Rebellion sur les pistes de l’aéroport d’Orly. Il avait été arrêté, emmené en garde à vue pendant dix heures, puis condamné à une amende de 750 euros, sous prétexte de « manquement à la sûreté aéroportuaire » et d’avoir accédé aux zones de sûreté à accès réglementé « sans raison légitime » de s’y trouver.

Deux victoires judiciaires pour Reporterre

Une condamnation que Reporterre avait attaquée en justice. Trois ans plus tard, en novembre 2023 le tribunal administratif de Melun nous a donné raison, estimant que la condamnation d’un journaliste constituerait « une ingérence disproportionnée au droit fondamental à la liberté d’expression et d’information ». Il a écarté l’argument selon lequel l’action aurait pu être couverte sans commettre d’infraction et celui selon lequel le journaliste n’aurait pas pu être identifié par la police.

« Cette décision du tribunal administratif fait jurisprudence en creux », explique Me Alexandre Faro, l’avocat de Reporterre. « Mais le juge reste précautionneux et ne veut pas consacrer un droit d’infraction qui s’appliquerait aux journalistes. Il dit simplement qu’au cas par cas, dans certaines circonstances, il considère qu’une condamnation d’un journaliste serait une ingérence disproportionnée à la liberté d’expression et d’informer », poursuit-il.

En novembre 2021, une autre de nos journalistes, Elsa Souchay, avait suivi une action d’opposants aux OGM qui avaient pénétré dans les locaux d’une entreprise pour éventrer des sacs de semences, identifiés comme contenant des grains génétiquement modifiés. Poursuivie pour vol et dégradations commis en réunion, elle a également été relaxée.

Le droit d’informer librement peut donc primer en justice. Mais ce n’est pas toujours le cas. En 2020, Konbini avait été condamné pour avoir suivi l’association animaliste DxE à l’intérieur d’un élevage de poulets.

À la même époque, des journalistes de presse locale avaient été convoqués par la gendarmerie pour avoir suivi des décrocheurs de portraits d’Emmanuel Macron.

Sans journalistes, qui documentera la répression ?

« Couvrir une action illégale, pour un journaliste, est-ce se rendre complice de l’action ? Et quand la couverture de l’action nécessite pour le journaliste de pénétrer dans des lieux interdits, doit-il y renoncer ? », s’interrogeait alors Arrêt sur images. « Si policiers et tribunaux continuent de confondre journalistes et militants — sur les tarmacs, dans les élevages intensifs et ailleurs — les rédactions pourraient ne plus couvrir ce type d’actions. Et c’est l’information du public qui en pâtira », conclut le média.

Face à l’urgence écologique, et à la portée limitée des mobilisations plus classiques, les mouvements écologistes sont de plus en plus nombreux à faire le choix de la désobéissance civile. Pour Reporterre, média dont le suivi des luttes est l’une des raisons d’être, ne pas couvrir ces actions serait manquer à notre mission.

En tant que journalistes, notre place est sur le terrain : nous ne pouvons nous contenter de relayer les communiqués de presse, qu’ils proviennent des ONG comme des grandes entreprises. Nous ne pouvons pas rester sagement derrière les grilles pendant que les activistes dénoncent les pratiques toxiques et climaticides de certaines multinationales.

Sans journalistes, qui documentera la répression exercée par la police française et dénoncée jusqu’à l’ONU ? Qui pourra témoigner des pratiques illicites et dangereuses pour la santé et l’environnement de groupes qui n’ont que le profit pour boussole ?

Mener ce travail de terrain, faire face aux poursuites : tout cela n’est possible que grâce à vous lectrices et lecteurs de Reporterre. Car notre journal et ses journalistes ne vivent que par vos dons. Ce sont eux qui nous donnent la force d’être vos yeux et vos oreilles auprès de celles et ceux qui se battent pour dénoncer les injustices environnementales. Et ce sont eux qui nous permettront de continuer. Alors, si vous le pouvez, soutenez un média indépendant, à but non lucratif, faites un don.

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Source : https://reporterre.net/Journalistes-intimides-a-BASF-pourquoi-nous-continuerons-de-couvrir-les-luttes

mardi 25 novembre 2025

« Faut leur tirer dans la gueule ! » : la manifestation de Sainte-Soline vue par les gendarmes (vidéo complète)



Lien vers la vidéo : 
https://www.youtube.com/watch?v=TT8j4a10aKE

Mediapart révèle des images inédites du 25 mars 2023, filmées par les caméras-piétons des gendarmes. 

Elles montrent des consignes prohibées et dangereuses données par la hiérarchie, un vocabulaire guerrier et une troublante satisfaction de blesser « l’adversaire ». 
🗞 Pour lire notre article « Gérald Darmanin mis face à son irresponsabilité » :
https://www.mediapart.fr/journal/fran... 
🗂 Pour parcourir notre dossier « Mégabassines, la guerre de l’eau » :
https://www.mediapart.fr/journal/ecol... 
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« Faut leur tirer 

dans la gueule ! » : 

la manifestation de Sainte-Soline 

vue par les gendarmes

Mediapart et « Libération » révèlent des images inédites du 25 mars 2023, filmées par les caméras-piétons des gendarmes. Elles montrent des consignes prohibées et dangereuses données par la hiérarchie, un vocabulaire guerrier et une troublante satisfaction de blesser « l’adversaire ».

Camille Polloni et Laura Wojcik

Deux ans et demi après la manifestation contre les mégabassines qui avait fait des dizaines de blessé·es à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) le 25 mars 2023, Mediapart et Libération ont eu accès à plus de quatre-vingt-quatre heures d’images tournées par les gendarmes ce jour-là, principalement via les caméras-piétons qu’ils portaient sur la poitrine.

Ces images ont été saisies par l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) dans le cadre d’une enquête préliminaire pour violence par personne dépositaire de l’autorité publique et non-assistance à personne en danger ouverte par le parquet de Rennes, compétent en matière militaire, et désormais en voie d’achèvement. 

Le but de la procédure était de retrouver les tireurs qui ont fait quatre blessés graves parmi les manifestant·es. En définitive, aucun n’a été identifié. Mais Mediapart et Libération ont récupéré un matériel exceptionnel pour comprendre, de l’intérieur, l’état d’esprit des gendarmes, leurs actes et les propos échangés dans leurs rangs. 

Multiples tirs tendus

Ces images révèlent des consignes de la hiérarchie normalement interdites, car dangereuses. Et une apparente cruauté de certains gendarmes, qui semblent tirer sans discernement : ils se réjouissent à de nombreuses reprises de blesser lourdement des manifestant·es. À la vue de ces images, l’IGGN aurait pu signaler au parquet ces potentielles infractions : elle n’en a rien fait. 

Les fonctionnaires sont conscients d’être filmés, puisqu’ils mettent eux-mêmes en route leur caméra quand ils le jugent utile. Il leur arrive toutefois d’oublier que la caméra tourne ou de déclencher involontairement l’enregistrement. 

Sur ces images, on voit de nombreux tirs tendus de grenades lacrymogènes et explosives, ce qui est formellement interdit. Compte tenu de la dangerosité de ces munitions si elles touchent quelqu’un à pleine vitesse, les règles d’utilisation du lance-grenades prévoient exclusivement des tirs en cloche, le canon devant être positionné à 45 degrés et surtout pas à l’horizontale. 

Ces tirs tendus ne relèvent pas d’initiatives isolées : dans plus de la moitié des escadrons étudiés, des gradés ordonnent à leurs subordonnés de procéder ainsi. 

Ces vidéos montrent aussi des dizaines de commentaires particulièrement déplacés et d’insultes visant les manifestants, traités de « fils de pute », d’« enculés », de « pue-la-pisse ». Des gendarmes se vantent d’avoir touché des manifestants « en pleine tête » ou « dans les couilles », se réjouissent de « leur faire mal » et vont jusqu’à dire qu’il faudrait « les tuer ».

Des gendarmes jamais confrontés à leurs propos 

L’avocate Chloé Chalot, qui défend les intérêts des quatre blessé·es graves ayant déposé plainte, regrette que tout n’ait pas été consigné sur procès-verbal par l’IGGN. Elle réclame « un nouveau travail de retranscription, beaucoup plus exhaustif », et note que « les enquêteurs n’ont pas confronté les gendarmes en cause aux comportements constatés et propos tenus, malgré la gravité et les conséquences de ceux-ci »

En effet, les caméras-piétons des gendarmes n’ont été exploitées qu’après les auditions de leurs chefs d’escadron. Aucun gendarme n’a été interrogé sur le contenu des images. 

De son côté, le procureur de Rennes, Frédéric Teillet, indique que « si ces images révélaient d’autres infractions pénales que celles dont il était saisi, la procédure prévoit que le service d’enquête en informe le parquet. Ce qui n’a pas été le cas ». Il ajoute que « si ces images révélaient des comportements qui, sans constituer d’infraction pénale, relèvent de manquements aux obligations des militaires de la gendarmerie, cela relèverait de la procédure administrative, pour laquelle le parquet n’est pas compétent »

La Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) affirme quant à elle que « les enregistrements disponibles, extraits des caméras-piétons des unités déployées lors des troubles à l’ordre public de Sainte-Soline en mars 2023, ont été mis à la disposition exclusive de la justice, dans le cadre d’enquêtes judiciaires toujours en cours, dont il ne revient pas à la gendarmerie de les commenter ».

Un dispositif de maintien de l’ordre exceptionnel 

Mediapart n’a pas recensé les injures proférées au pic des affrontements, qui peuvent échapper à tout un chacun, mais seulement celles prononcées « à froid ». Car, tout au long de l’après-midi, selon l’heure et selon les endroits où sont positionnés les gendarmes, l’intensité des violences varie fortement. 

La manifestation du 25 mars 2023, organisée par Les Soulèvements de la Terre, le collectif Bassines non merci et la Confédération paysanne, avait été interdite par la préfecture des Deux-Sèvres, qui craignait notamment « une intrusion et l’implantation d’une ZAD [zone à défendre – ndlr] » sur le site de la bassine (déclarée illégale depuis). 

« Nous ne connaissions pas le lieu et nous ne l’avons connu précisément que le 24 mars au matin », a indiqué la préfète Emmanuelle Dubée au cours de l’enquête pénale, regrettant « l’incertitude délibérée devant laquelle les organisateurs ont souhaité placer les services de l’État » malgré ses tentatives de contact. Selon la préfète, qui garde en mémoire une manifestation survenue en octobre 2022, « nul ne pouvait ignorer la nature violente du rassemblement qui se préparait ».

Le jour dit, un dispositif exceptionnel de maintien de l’ordre, comptant près de 3 000 agents, est mis en place. Une quinzaine d’escadrons de gendarmes mobiles sont répartis tout autour de la réserve SEV 15 pour empêcher son invasion par trois cortèges convergents : le bleu, le jaune et le rose. Sont aussi déployés deux canons à eau, deux véhicules blindés et vingt quads du peloton motorisé d’intervention et d’interpellation (PM2I) de la Garde républicaine, ultérieurement blanchis par une enquête administrative malgré leurs tirs de LBD en mouvement.

« Pourquoi ne pas avoir laissé les manifestants accéder symboliquement à la bassine comme ils l’ont demandé ? », ont demandé les enquêteurs de l’IGGN à la préfète, pour qui une telle option était exclue : « Ils ont reconnu que ce ne serait pas que symbolique. […] Il m’appartenait d’assurer la sécurité des biens. […] Leur volonté était aussi de s’en prendre aux forces de l’ordre. »

« À l’arrivée vers la réserve de Sainte-Soline, […] les trois cortèges se situaient dans le périmètre interdit à la manifestation », ajoute la préfète. Du point de vue légal, cet « attroupement » peut être dispersé par la force après sommations. Des sommations ont bien été effectuées, mais l’IGGN estime qu’elles sont restées « inaudibles » pour les manifestant·es.

Avec l’autorisation de la préfète, le PM2I tire ses premières grenades lacrymogènes vers 12 h 35 pour disperser le cortège bleu, qui s’approche de la bassine. Puis il vise, « vraisemblablement par erreur », le cortège rose, comme l’a déjà montré le magazine « Complément d’enquête ».

Alors que les cortèges commencent à se mêler, les manifestant·es semblent vouloir « encercler » la bassine (et donc les gendarmes positionnés devant). La préfète autorise alors l’emploi de la force sur l’ensemble des cortèges. « Les tirs de grenades lacrymogènes s’intensifient, à un rythme très soutenu, et ne cesseront quasiment plus », note l’IGGN, qui observe que « la zone est noyée de fumées lacrymogènes » dès 13 heures.

Aux alentours de 13 h 15, « les affrontements les plus violents de la journée » commencent et durent presque trois quarts d’heure. Les gendarmes reçoivent des pierres, des cocktails Molotov et des feux d’artifice, tandis que quatre véhicules de gendarmerie sont incendiés. Des manifestant·es essaient de pénétrer dans la SEV 15 en faisant tomber les grillages qui entourent le site.

« Acculés », les gendarmes tirent sans arrêt. « La plupart des grenades CM6, MP7 ou GM2L atterrissent dans les premiers rangs des black blocs, et parfois au-delà, parmi les manifestants restés en retrait en spectateurs », constate l’IGGN. Les gaz lacrymogènes finissent par « noyer » la « zone des blessés », qui s’est créée spontanément sur un chemin légèrement en retrait.  

Les affrontements se calment vers 14 heures et reprennent brièvement une heure plus tard, quand un médecin de la gendarmerie s’approche de Serge D., très grièvement blessé, pour le secourir. De 15 h 30 à 16 h 30, les manifestant·es quittent le site.

« Un putain de trou qui appartient même pas à l’État » 

Sur la journée, notent les enquêteurs, la gendarmerie « fait état de la consommation de 5 015 grenades lacrymogènes (2 783 CM6, 857 MP7, 1 375 GM2L), de 89 grenades de désencerclement GENL, de 40 grenades assourdissantes ASSR et 81 munitions de LBD 40 ». Quarante-cinq gendarmes sont déclarés blessés, tandis que les manifestant·es dénombrent environ deux cents blessé·es dans leurs rangs.

Les images issues des caméras-piétons témoignent de ces affrontements. Mais elles montrent aussi des gendarmes prenant leur pause dans les camions, en chantant sur du Michel Fugain ou du Dalida, mangeant leur sandwich ou se plaignant de devoir après cirer leurs chaussures pleines de boue. 

Ces dizaines d’heures d’enregistrements ouvrent une fenêtre inédite sur leur quotidien, leurs doutes sur l’utilité de protéger « un putain de trou qui appartient même pas à l’État », leurs plaisanteries souvent de mauvais goût (« Tu veux une pipe et un Mars ? — Le Mars non, mais la pipe je suis pas contre »), leurs projets d’apéro. 

Trois escadrons de gendarmerie mobile (EGM) n’ont transmis aux enquêteurs aucune image de leurs caméras-piétons. L’EGM de Saint-Étienne-lès-Remiremont a expliqué que ses caméras étaient en maintenance. Celui de Chambéry s’est excusé : malgré la réquisition adressée par l’IGGN, il a essayé d’extraire les images trop tard, au-delà du délai de trente jours où elles sont effacées automatiquement. L’EGM de Cherbourg n’a fourni ni images ni explications. 

Certaines caméras-piétons ont bien été saisies par l’IGGN mais n’ont jamais été exploitées par ses soins (EGM de Clermont-Ferrand). La plupart des images ont bien été visionnées et en partie retranscrites. Mais une grande partie des tirs tendus, insultes et autres propos problématiques qui y figurent ne sont même pas mentionnés.  

Source : https://tinyurl.com/3nyu9evf