Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
Mais pas que.
Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...
BLOG EN COURS D'ACTUALISATION...
...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...
vendredi 21 août 2026
samedi 8 août 2026
Samedi 26 septembre marchons partout en France pour le climat la paix et les solidarités !
Samedi 26 septembre
marchons partout en France
pour le climat la paix
et les solidarités !
Monsieur le Président de la République,
Le 31 décembre 2022, vous demandiez dans vos vœux : « qui aurait pu prédire la crise climatique aux effets spectaculaires ? ». La Gironde avait brûlé quatre mois plus tôt. Elle vient de brûler encore, plus fort qu'à aucun moment depuis cinquante ans, et la fumée est montée jusqu'aux villages du Cher.
Qui aurait pu prédire que 5 764 personnes mourraient de la canicule en quinze jours, sans que rien ne s'arrête ?
Qui aurait pu prédire que celles et ceux qui mourraient d'abord seraient les habitantes et les habitants des quartiers populaires, les familles précaires dans des logements sans isolation, les personnes âgées ou en situation de handicap restées seules, celles et ceux qui travaillent dehors et celles et ceux qui dorment dans la rue ?Qui aurait pu prédire que les paysannes et les paysans perdraient entre 15 % et un tiers de leurs récoltes selon les productions
Qui aurait pu prédire que des millions d'animaux d'élevage mourraient de chaud en quelques jours, les poules d'abord, entassées sous des toits de tôle, et qu'il faudrait rouvrir les fosses d'enfouissement de 2003 ?
Qui aurait pu prédire que d'innombrables mammifères, oiseaux et insectes brûleraient vifs dans les incendies, sans qu'aucun décompte ne soit seulement tenté ?
Qui aurait pu prédire que les coupes dans les services publics laisseraient les enfants dans des écoles surchauffées, les pompiers sans moyens et les hôpitaux à découvert au moment précis où nous en avions le plus besoin ?
Qui aurait pu prédire que TotalEnergies encaisserait 5,4 milliards de dollars en un seul trimestre, 102 % de plus qu'il y a un an, sur la flambée du baril provoquée par les guerres pour l'accès aux ressources énergétiques et minières ?
Personne ne pouvait l'ignorer, parce que tout était écrit.
Les compagnies pétrolières, elles, savaient dès 1971. Elles ont préféré payer pour qu'on en doute.
Le GIEC (Groupe d'expertes et d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) avait prédit, depuis 1990.
À de nombreuses reprises, par voie de presse, de pétitions et même de manifestations, des milliers de scientifiques du monde entier ont tenté d'alerter les dirigeant·es politiques. Ils et elles ont été ignoré·es.
Nous nous sommes mobilisé·es
Depuis que vous avez été élu, nous nous sommes mobilisé·es par centaines de milliers dans les grèves, marches et pétitions pour le climat.
Sur les ronds-points, quand la question du prix du carburant a rendu évident que la fin du mois et la fin du monde sont le même combat, et que la nécessaire bifurcation écologique ne peut se faire au détriment des travailleurs et des travailleuses pauvres de notre pays.
Aux côtés des exilé·es et déplacé·es, notamment à cause des dérèglements climatiques et des guerres économiques et militaires menées dans leur pays d'origine.
Contre les méga-bassines, pour que l'eau reste un commun et non le privilège de quelques exploitations. À deux millions de signatures contre le retour d'un insecticide interdit, parce que les sols, les rivières et celles et ceux qui les travaillent ne sont pas une variable d'ajustement.
Vous ne nous avez pas écouté·es. Vous avez dit que nous exagérions, puis que nous étions des radicaux, puis des écoterroristes. Pendant ce temps, vous avez ramené le Fonds vert de 2,5 milliards d'euros à 837 millions, quand il permet aux communes de se protéger. Vous avez ajouté 6,7 milliards au seul budget des armées en une année. Et toute notre sécurité civile tient sous le milliard, avec douze avions bombardiers d'eau.
Nous ne venons pas vous demander de nous plaindre. Nous venons vous demander des comptes.
Nous exigeons un plan d'urgence
Parce que l'été prochain sera plus chaud que celui-ci. Des lieux frais accessibles dans chaque bassin de vie, en commençant par les quartiers populaires et les communes rurales. Des écoles, des crèches, des hôpitaux et des EHPAD où l'on ne meure pas de chaud. La protection des travailleuses et des travailleurs de la chaleur inscrite dans la loi. Un toit pour chacune et chacun, parce qu'on ne s'adapte pas au climat quand on dort dehors. Des moyens humains et matériels réels pour les secours. Un fonds pour les paysannes et les paysans sinistrés, et le sauvetage de la faune inscrit dans les plans de catastrophe.
Nous exigeons un plan d'adaptation
Parce qu'aucune commune ne doit rester seule devant le feu et la soif. Le Fonds vert rétabli et l'ingénierie publique rendue aux territoires. La rénovation des logements engagée, des passoires thermiques et du parc social, pour que l'isolation cesse d'être un privilège. Des forêts renouvelées, des sols restaurés, des haies replantées, des rivières et des nappes traitées comme des communs et non comme des stocks à privatiser.
Nous exigeons un plan d'atténuation
Parce qu'on ne s'adapte pas indéfiniment à une catastrophe qu'on continue d'alimenter. La fin de toutes les subventions aux énergies fossiles. L'interdiction pour toute entreprise française d'ouvrir de nouveaux projets fossiles, ici comme ailleurs. Des transports publics accessibles partout avant toute taxe qui pèserait sur les plus modestes. Une sortie du fossile qui soit aussi une sortie des guerres qu'il finance.
Pour payer ces trois plans
Nous exigeons que contribuent celles et ceux qui ont fabriqué la catastrophe et qui en tirent profit.
Les superprofits des énergies fossiles, taxés dès la loi de finances 2027.
Les superprofits de l'armement, dont les carnets de commandes n'ont jamais été aussi pleins.
Un impôt climatique sur les patrimoines des plus riches, qui rapporterait entre quinze et vingt-cinq milliards d'euros par an.
Trois Françaises et Français sur quatre veulent déjà que les entreprises fossiles paient davantage. Nous ne demandons rien d'autre que ce que ce pays réclame.
Le samedi 26 septembre 2026
Partout en France, dans les métropoles et dans les bourgs de mille habitants, dans les centres-villes et dans les quartiers, nous serons dans la rue.
Marchons pour le climat, pour la paix, pour les solidarités.
Marchons pour la justice écologique et pour la justice sociale.
Marchons pour les vivantes et les vivants, humains et non humains.
Marchons pour qu'on suive enfin les scientifiques, et qu'un plan
d'urgence, d'adaptation et d'atténuation soit engagé sans attendre un
été de plus.
mercredi 1 juillet 2026
"De l'eau pour la vie, pas pour le ski" : les opposants au lac artificiel du Roc d'Aude ont donné de la voix aux Angles
"De l'eau pour la vie,
pas pour le ski" :
les opposants au lac artificiel
du Roc d'Aude
ont donné de la voix aux Angles
Des manifestants opposés au lac artificiel du roc d'Aude © Radio France - Tanguy Bocconi
Tanguy Bocconi
Publié le
Plus de 250 personnes ont manifesté ce dimanche 28 juin au pied du terminal des télécabines des Angles contre un projet de lac artificiel à 5,5 millions d'euros qui va stocker 113.000 mètres cubes d'eau au sommet du Roc d'Aude. Un désastre écologique totalement inutile selon ses détracteurs.
C'est sous un soleil de plomb que les opposants à la retenue d'eau du Roc d'Aude se sont mobilisés ce dimanche 28 juin au pied de la gare des télécabines de la station des Angles, à l'appel d'une vingtaine d'associations dont "Bien vivre en Pyrénées catalanes", "En commun 66", Alternatiba, Frene 66, la LPO, le GOR, ou Moutain Wilderness qui ont enchaîné les prises de parole pendant plus de deux heures dans une ambiance pacifique mais combative, sans bloquer la circulation ni le fonctionnement de la station.
La chaleur, étouffante, n'a pas découragé les quelques 250 personnes venues contester ce projet de lac artificiel à 5,5 millions d'euros porté par la mairie des Angles et qui doit permettre de stocker jusqu'à 113.000 mètres cubes d'eau, l'équivalent de 45 piscines olympiques, à plus de 2.000m d'altitude.
Si ses opposants dénoncent "un projet inutile et destructeur pour alimenter les canons à neige de la station de ski des Angles", la mairie répond qu'il profitera aussi aux pompiers et aux éleveurs.
"Une vision à très très court terme"
Des arguments qui n'ont visiblement pas convaincu les manifestants comme Nicolas, qui n'a pas hésité à faire le déplacement depuis Perpignan : "C'est une honte ce qui se passe. On démolit une montagne à 2.400 mètres d'altitude pour faire une retenue d'eau, uniquement pour la station de ski, au lieu de chercher un autre modèle économique plus viable que le tout-tourisme... C'est vraiment une vision à très très court terme."
Dans la foule, il y a aussi des locaux comme Johan, 18 ans, qui s'interroge sur le coût du chantier: "J'aurais préféré que les cinq millions d'euros soient plutôt mis dans des moyens pour pouvoir loger les saisonniers, puisqu'il n'y a plus de logements pour nous du fait des locations à outrance des plateformes telles que Airbnb. La mairie essaye d'agiter les peurs en disant que s'il n'y a pas ce projet, il n'y aura plus d'emplois, mais il n'y a pas eu de concertation des habitants, il n'y a pas eu d'enquête publique. Ça a été fait un peu dans la discrétion, en silence."
Un avis partagé par Christian Blanc, l'ancien maire des Angles, qui réfute l'argument d'une réserve en eau utile pour les éleveurs ou la lutte contre les incendies : "C'est même dangereux pour l'élevage, parce que le Roc d'Aude est ceinturé de ruisseaux et les troupeaux en fortes chaleurs ne sont pas sur le sommet, ils descendent en forêt. Aujourd'hui, alimenter des troupeaux avec des abreuvoirs issus d'une bassine avec un fond en bâche PVC, c'est le meilleur moyen d'aller déclencher un problème sanitaire. C'est un habillage qui a été trouvé pour essayer de justifier ce projet, mais qui est ridicule."
"Quant au prétexte de la lutte contre les incendies, vous parlez à un ancien pompier et en tant que maire, pendant 25 ans, j'ai suivi tous les grands feux du pays, poursuit Christian Blanc. Aujourd'hui, tous les grands feux ont été combattus par les Canadair, qui sont autorisés à se poser à un kilomètre de la station versant sud, au lac de Matemale et au lac des Bouillouses. Et ensuite, il y a tout un chapelet de lacs autour du roc d'Aude, lac d'Aude de la Balmette des Boutassous qui peuvent permettre d'avoir un pompage ponctuel. Donc là aussi, là, l'argument pompier, il est risible. Ce sont tout simplement de faux arguments pour essayer de justifier l'injustifiable."
"Un projet de méga bassine au coût d'une destruction irréversible"
De son côté Philippe Assens, membre fondateur de l'association En Commun 66, tient à préciser les choses et fait œuvre de pédagogie : " Il y a une chose très importante à faire comprendre, c'est que nous, nous sommes pour les retenues collinaires, mais les vraies, celles en fond de vallée glacière, alimentées par les eaux de ruissellement sur des fonds argileux. Or là, ce n'est pas une retenue collinaire, puisqu'elle est creusée en haut d'une montagne, dans la roche, avec une bâche, et que l'eau est prélevée dans une nappe. Parce qu'une nappe et une rivière, c'est la même chose. Donc, il faut bien comprendre que dans le cas du Roc d'Aude, il s'agit bien d'un projet de méga bassine au coût d'une destruction irréversible d'un sommet de montagne, alors qu'on aurait pu faire une chose intelligente en fond de vallée. Ce n'est pas de la faute des gens des Angles, c'est de la faute du préfet qui aurait dû faire une étude d'impact. Eux ont pris un cabinet. Mais la différence avec une étude d'impact, c'est qu'il y a les personnes publiques associées, le Département, l'Etat, la communauté de communes, le PNR et là, personne n'a été sollicité."
Dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux, la mairie des Angles rappelle pour sa part "que la commune a gagné au tribunal administratif contre le recours suspension, preuve que le projet répond parfaitement à toutes les exigences environnementales et réglementaires exigées en la matière" et souligne que le projet "fera l’objet d’un suivi environnemental et écologique après sa réalisation."
Reste qu'au sommet du Roc d'Aude les tractopelles sont en action depuis des semaines et le chantier bien avancé, malgré un recours en référé contre le permis d'aménager et un pourvoi déposé devant le Conseil d'État qui n'a pas encore rendu sa décision.
A écouter dans l'article
vendredi 26 juin 2026
Téléphérique, lac artificiel : « La montagne ne doit pas devenir un parc d’attraction »
Téléphérique, lac artificiel :
« La montagne
ne doit pas devenir
un parc d’attraction »
25 juin 2026
À la station-village des Angles, au cœur du parc naturel régional des Pyrénées catalanes, les tractopelles sont déjà à l’œuvre. - © Vincent Vlès / Mountain Wilderness
Une manifestation est prévue le 28 juin dans les Pyrénées-Orientales contre la construction d’un lac artificiel à 2 300 m d’altitude. Ce projet participe à une économie de la montagne en bout de course, dénonce un opposant dans cette tribune.
David Berrué est militant écologiste dans les Pyrénées-Orientales.
En Pyrénées catalanes, une course contre la montre s’est engagée pour sauver l’économie du ski des effets du dérèglement climatique. Du côté de Camprodon, c’est la construction d’un téléphérique « quatre saisons » qui doit mener la station de Vallter à retrouver une rentabilité que la seule période hivernale ne garantit plus. Aux Angles, c’est celle d’un lac artificiel destiné à sécuriser la production de neige de culture pour les trois prochaines décennies.
Deux chantiers réalisés au nom du maintien de l’emploi montagnard. Mais également justifiés par leurs bienfaits supposés en faveur de l’environnement, de la biodiversité, de la résilience des territoires. Le monde à l’envers. Et, pour les collectifs et associations écologistes, une guerre des récits de chaque instant.
Démolition au bulldozer
Le téléphérique de Vallter est un cas d’école. Cette infrastructure prévoit l’acheminement de 2 000 personnes par heure, 16 000 par jour, à une altitude de 2 500 m. Beau panorama, offre de restauration et aménagements ludiques — les inévitables luges sur rail, tyrolienne géante, pistes de descente en kart ou à vélo — doivent y séduire une clientèle espérée nombreuse, tout au long de l’année.
Se pose, bien sûr, le problème de l’érosion des crêtes. Celui du piétinement, massif, de pelouses d’altitude évidemment vulnérables. Celui de la divagation, redoutée par les naturalistes, du public au sein de parcs et de réserves naturelles protégées — et jusqu’ici notamment protégées du fait de leur difficulté d’accès. N’est-ce pas un moindre prix à payer, veulent croire les partisans du projet, au regard des parkings qui seront relocalisés un peu plus bas dans la vallée, des remontées mécaniques obsolètes bientôt démontées et des quelques espaces ainsi renaturalisés ?
Même logique aux Angles, où, pour le moment, la démolition au bulldozer du sommet de la station, entre mont Llaret et roc d’Aude, fait certes assez mauvais genre. Mais sinon. Mais après. Cette retenue collinaire une fois creusée, étanchéifiée, clôturée, qui pour regretter une steppe d’altitude peuplée de cailloux, de quelques blocs lichéneux et de sapinettes éparses balayées par un vent glacial, tenace, pénible ? Qui pour ne pas voir l’intérêt, après prélèvement dans des ruisseaux en aval, de ces 113 000 m3 d’eau tout à coup disponibles, à 2 300 m d’altitude, sur près de 3 hectares et par 7 mètres de fond ?
Lire aussi : La guerre de l’eau, un conflit explosif dans les Pyrénées-Orientales
Les arguments de la commune ont la solidité de l’évidence. Avec ce lac, une dizaine de nuits suffisamment fraîches suffiront, en début de saison, pour enneiger la station. L’été, les tuyaux et conduites forcées alimentant les canons par gravité serviront à produire de l’électricité renouvelable. Le cycle de l’eau ? Renforcé, amélioré, optimisé. La neige de culture, produite en hiver, fond en effet au printemps. Ne va-t-elle pas humidifier les sols de façon plus efficace et plus délicate que lorsqu’il pleut et que tout ruisselle, bêtement, et d’un seul coup, vers la mer ?
Enfin, cette bassine est un point d’eau où, pronostique la mairie, pourront s’abreuver des espèces en voie de disparition — grands tétras, perdrix grises — et la sécurité civile puiser en cas d’incendie. Comme si les lacs de Matemale et des Bouillouses, situés juste à côté, ne faisaient pas déjà très bien l’affaire.
L’enthousiasme est si grand que l’on se demande comment n’avoir pas vu plus tôt l’intérêt d’une telle bassine… et de ses nombreux services écosystémiques associés. Mystère. Mais raison pour laquelle, sans doute, la commune a décidé d’aller vite et a d’ailleurs obtenu de ne réaliser ni étude d’impact, ni enquête publique. Avec la complicité de la préfecture et de l’Office national des forêts. En communion avec un cortège réjoui d’élus et de socio-professionnels. À rebours, évidemment, des écologistes et des quelques habitants du coin adeptes d’une montagne préservée des logiques marchandes.
« La seule perspective demeure la transformation de la montagne en parc d’attraction standardisé »
Pour ces derniers, c’est la consternation. Un coup dur de plus. Parce que l’on ne puise pas dans les rivières sans conséquences. Parce que les « excédents » qu’il est question de capter alimentent des tourbières dont le rôle est crucial pour l’environnement et dont la disparition ne sera jamais compensée. Parce qu’aussi la question de l’emploi a bon dos : s’il est des économies à soutenir et dans lesquelles investir, pourquoi ne pas subventionner des emplois dans l’agriculture, dans l’entretien des forêts, dans la rénovation thermique des logements, dans la santé, liste non exhaustive, plutôt que dans le maintien sous perfusion d’une activité de loisir en sursis ?
Lire aussi : Bassines et retenues d’eau : quel est le problème ?
Avec l’augmentation des températures, la baisse inexorable du nombre de journées-skieurs [1], on aurait pu penser que l’économie des sports d’hiver organiserait un repli stratégique, diminuerait la voilure poc a poc [peu à peu], anticiperait la transition vers un modèle qui ne soit pas sa continuation par d’autres moyens, ainsi que l’illustre la ruée sur l’aménagisme quatre saisons actuellement observable. Il n’en est rien. La seule perspective demeure la transformation de la montagne en parc d’attraction standardisé, naturellement climatisé et financièrement profitable à certains.
Il est pourtant d’autres pistes et d’autres voix possibles. Pour les faire entendre, une manifestation est programmée, dimanche 28 juin, à 11 heures, aux Angles, à l’initiative de collectifs et d’associations mobilisés, depuis plus d’un an, sur le terrain et sur le plan juridique. Pour dire non à l’artificialisation de la montagne. Pour rappeler que l’eau est rare, précieuse. Que notre monde est fragile. Qu’il nous faudrait en prendre soin. Que la montagne est en première ligne et qu’à ce rythme, +4 °C, c’est pour demain — soit des températures auxquelles la production de neige artificielle, au demeurant, n’est plus envisageable.
Notes
[1] Selon Le Dauphiné libéré, « il s’agit de la moyenne de tous les forfaits vendus (séjour, année, quotidien) ramenée au nombre de passages journaliers ».
Précisions
- Dans les tribunes, les auteurs expriment un point de vue propre, qui n’est pas nécessairement celui de la rédaction.
- Titre, chapô et intertitres sont de la rédaction.
Source : https://reporterre.net/Prenons-soin-de-notre-montagne-disons-non-a-son-artificialisation
___________________________________________
Contre cette méga-bassine dont les impacts sur l'environnement sont
d'ores et déjà délétères, collectifs citoyens et associations
écologistes appellent à une manifestation, ce dimanche 28 juin à 11h, aux Angles, au niveau des télécabines.
Pour venir :
Le bus 560 de la compagnie LIO est possible :
il part de la gare de Prades à 9h19 (changement à Mont Louis)
de la cité de Villefranche à 9h25 (idem)
2 autre rendez-vous possibles pour du covoiturage :
- Au niveau de la maison bleue à 9h45
- An niveau du parking en terre de Villefranche à 9h50
Et aussi
https://togetzer.com/
Carte des aires de covoiturage :
https://umap.openstreetmap.fr/
mardi 23 juin 2026
Stop à la mégabassine du Roc d'Aude ! - Manifestation dimanche 28 juin 11h Les Angles - Rendez-vous covoiturage
Le bus 560 de la compagnie LIO est possible :
il part de la gare de Prades à 9h19 (changement à Mont Louis)
de la cité de Villefranche à 9h25 (idem)
2 autres rendez-vous possibles pour du covoiturage :
- Au niveau de la maison bleue à 9h45
- An niveau du parking en terre de Villefranche à 9h50
Venez nombreux et nombreuses
https://togetzer.com/
Carte des aires de covoiturage :
https://umap.openstreetmap.fr/
vendredi 1 mai 2026
Le bonheur de faire péter tout ça
Le bonheur de faire péter tout ça !
Le
Théophile Alexandre Steinlen, 1894C’est le jour d’en prendre de la graine. Il y a 140 ans, à Chicago, des travailleurs perdaient la vie pour la gagner. Pour gagner un triangle rouge. Un côté pour les huit heures de travail, un côté pour les huit heures de sommeil, un côté pour les huit heures pour la vie. Une révolution. Ceux qui leur faisaient tirer dessus étaient de la même espèce que ceux d’aujourd’hui. Nous les avons fait reculer, mais ils reviennent toujours, déguisés autrement, ils arrivent par derrière, mêmes chiens de garde, même sourire de serpent, même sac de farine pour nous rouler dedans.
La fête des travailleurs, Pétain en avait fait la Fête du travail, il avait enlevé le rouge de l’églantine qu’on marie au muguet. Églantine ou aubépine ? C’était un débat quand j’étais gamin dans notre banlieue rouge. Mais il fallait toujours un petit ruban rouge avec ton muguet pour emmerder Pétain et sa descendance.
La fleur rouge, c’était aussi à la mémoire de Maria Blondeau, tuée dans la manif du 1er mai 1891 à Fourmies avec son compagnon Kléber Giloteaux, les « fiancés du 1er mai » morts parmi les neufs morts et les 35 blessés, le tableau de chasse des vaches d’en face. Retailleau, Macron , Attal, ou Hollande, ils sont toujours là. Là-bas c’est Trump, Hegseth, Elon Musk, etc. Et partout dans le monde, règne leur Internationale à eux.
Mais pas question de plier. Déprimer c’est collaborer, c’est se coucher avant que les violeurs n’entrent dans la pièce.
On ne perd pas toujours, on n’a pas toujours perdu. Le 1er Mai raconte aussi les victoires et les progrès.
Résistance, ni martyre ni musée, résistance !
Le 1er mai, c’est le jour d’en prendre de la graine.
P.S. Voilà un superbe Premier mai avec des tubes et des perles à reprendre en chœur !
programmation musicale :
Jacqueline Danno, Il est cinq heures
Champi avec les chœurs des grévistes de la Nouveauté, Chanson de grève
Compagnie Jolie Môme, Son bleu
Pete Seeger, Eight-Hour Day
Denis Cacheux : Le Grand métingue du Métropolitain
Chicho Sanchez Ferlosio, Libertad A Durruti
Marty, L’impôt sur les feignants
Gaston Ouvrard, L’Internationalisation
Mireille et Jean Sablon, Fermé jusqu’à lundi
samedi 21 mars 2026
lundi 2 mars 2026
samedi 28 février 2026
mardi 3 février 2026
Sainte-Soline : ce que révèlent les bodycams des gendarmes - Le dessous des images - ARTE
Sainte-Soline :
ce que révèlent
les bodycams des gendarmes
- Le dessous des images -
ARTE
vendredi 2 janvier 2026
Dermatose nodulaire : l’alliance avec la Coordination rurale crée le malaise à la Confédération paysanne
Dermatose nodulaire :
l’alliance avec
la Coordination rurale
crée le malaise
à la Confédération paysanne
Une manifestation d'agriculteurs à Alençon (Orne), le 19 décembre 2025. - © Jean-François Monier / AFP
Les barrages contre le protocole sanitaire en cas de dermatose nodulaire ont réuni des agriculteurs membres de deux syndicats opposés, la Coordination rurale et la Confédération paysanne. Chez cette dernière, l’alliance fait débat.
La cause défendue rassemble de nombreux agriculteurs, mais les alliances nouées sur le terrain laissent chez certains comme un goût amer. Dans les Landes, l’Ariège, le Jura, la Corrèze, la Haute-Loire, la Creuse, l’Aude, l’Aveyron, les Hautes-Alpes... la lutte contre le protocole sanitaire d’abattage total des troupeaux de bovins lorsqu’un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est détecté a mobilisé des centaines d’agriculteurs. Sur les barrages se sont retrouvés les membres de deux syndicats agricoles aux lignes souvent diamétralement opposées.
D’un côté, la Confédération paysanne, classée à gauche, qui prône un modèle d’agriculture écologique, mobilisée contre les mégabassines et la loi Duplomb. De l’autre, la Coordination rurale (CR), chantre de la contestation des mesures écologiques dont la proximité idéologique avec l’extrême droite est bien documentée, qui défend une vision identitaire des paysans et un positionnement anti-État.
Pas d’alliance nationale
« Nos différences restent immenses, c’est d’ailleurs pour cela que nous n’appelons pas à une alliance nationale. Il n’y aura aucune alliance au-delà des blocages de fermes et de routes à l’échelle départementale, détaille Fanny Métrat, porte-parole de la Confédération paysanne. Mais la colère est si grande chez les éleveurs que nous sommes obligés de dépasser nos clivages. Des membres des FDSEA [antennes départementales de la FNSEA, le syndicat majoritaire défendant une ligne productiviste] et des personnes non syndiquées rejoignent également les mobilisations. »
« Clarifier notre ligne pour rappeler
que ce rapprochement reste ponctuel »
Chacune des sections départementales de la Confédération paysanne, indépendantes du national, a décidé elle-même de faire front commun, ou non, avec la Coordination rurale. Une ligne de crête pas évidente à tenir, au niveau national, pour le syndicat. Les rapprochements entre les deux organisations se font essentiellement selon les affinités de chacun sur le terrain.
« De toute façon, il y a des chambres qui sont cogérées par la CR et la Confédération paysanne, comme en Ardèche et en Corse, résume un salarié de la Coordination rurale. Donc localement, si les gens s’entendent bien, il peut tout à fait y avoir des actions communes. »
Dans les boucles de messageries internes, certaines sections locales, notamment celles régulièrement visées par des attaques de la CR, ont partagé leur gêne : elles craignent qu’une telle alliance leur fasse perdre des adhérents. Visiblement mal à l’aise, plusieurs d’entre elles n’ont pas souhaité répondre à Reporterre, renvoyant vers le national.
Impératif de visibilité
La présence de membres des FDSEA dans les manifestations souligne l’importance de l’ancrage territorial des mobilisations. Elle détonne d’autant plus qu’à l’origine, c’est le rejet de la FNSEA et de son soutien à la stratégie gouvernementale d’abattage total des troupeaux qui a renforcé ces alliances locales entre la Coordination rurale et la Confédération paysanne.
D’autant que, puisque de moins en moins d’agriculteurs votent pour élire leurs représentants, les syndicats ne peuvent pas se permettre de déserter les mobilisations. « Il ne faut pas oublier que 30 % des agriculteurs ne se reconnaissent dans aucune organisation syndicale », souligne Samuel Ouahab, doctorant en sociologie spécialiste des politiques publiques agricoles à l’université de Toulouse, qui se rend régulièrement sur les barrages.
« La Confédération paysanne
est complètement tiraillée »
« Nous ne sommes pas acculés, mais l’embarras que suscite ces actions va nous obliger à clarifier notre ligne pour rappeler que ce rapprochement reste quelque chose de ponctuel », insiste, sous couvert d’anonymat, une porte-parole de la Confédération paysanne du sud de la France. Dans son département, les deux syndicats ont bloqué l’entrée d’une ville côte à côte et ont distribué des tracts floqués des deux logos. « Ici, les membres de la CR ne sont pas autant des ultras que dans le Sud-Ouest, c’est aussi pour cela que nous avons accepté de nous mobiliser avec eux », précise la syndicaliste.
Des alliés embarrassés
Dans la crise que traversent actuellement les éleveurs, les appels, actions et prises de paroles communes de sections locales ont créé un certain malaise chez des alliés de la Confédération paysanne. À commencer par des militants écologistes, régulièrement menacés, voire agressés, par des membres de la Coordination rurale.
« La Confédération paysanne est complètement tiraillée : certes, les deux syndicats portent un combat commun, mais en s’affichant avec la CR, le risque est de générer des incompréhensions avec ses alliés historiques. Ce flou n’est vraisemblablement pas la bonne stratégie », regrette Julien Le Guet, porte-parole du collectif Bassines non merci, qui fait partie de ces alliés.
À peine élu, en novembre, le président de la CR, Bertrand Venteau, promettait de les « combattre ». « Les écolos, la décroissance, veulent nous crever, nous devons leur faire la peau », lançait-il sous un tonnerre d’applaudissements. En janvier 2022, un membre de la Coordination rurale avait tenté de pousser l’un des porte-parole de Bassines non merci par-dessus une balustrade lors d’un rassemblement sur un pont routier à Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres), rapporte Mediapart.
Mi-décembre, les éleveurs et éleveuses membres des Soulèvements de la Terre, fer de lance des contestations écologiques en France, publiaient un communiqué appelant à « rejoindre et renforcer les blocages et actions organisés par [leurs] camarades de la Confédération paysanne ». « La gravité et l’urgence de la situation nous fera peut-être nous tenir aussi aux côtés des adhérent·es de la Coordination rurale », soulignait le texte.
« Il ne faut pas banaliser les alliances avec la CR »
« Ce qui nous réunit sur ces points de blocage, c’est avant tout la nécessité de ne pas laisser crever l’élevage paysan à cause de normes biosécuritaires hors-sol pensées pour protéger les intérêts des dirigeants de la FNSEA », explique à Reporterre Nao, représentante des Soulèvements de la Terre.
La militante refuse pour autant de « banaliser les alliances avec la CR » : « Nous condamnons fermement la xénophobie émanant de certains de ses membres, ainsi que les attaques contre les militants écologistes, que les dirigeants de la CR voudraient faire passer pour responsables de la détresse agricole. Être présent dans cette lutte avec un tas d’autres paysans, c’est aussi ne pas laisser la place libre à une instrumentalisation de cette détresse par l’extrême droite. »
Liens assumés avec l’extrême droite
Les liens entre la Coordination rurale et l’extrême droite contrarient en effet de nombreuses associations écologistes et antiracistes. Dans les années 2010, le président de la Coordination rurale du Gard, Richard Roudier, fondait, en parallèle de sa casquette de syndicaliste, la Ligue du Midi, un groupuscule identitaire violent investi dans la campagne présidentielle d’Éric Zemmour en 2022.
À quelques mois des élections européennes, en 2024, la direction du syndicat déjeunait avec Jordan Bardella durant le Salon de l’agriculture, juste après avoir rencontré Marion Maréchal, ainsi qu’Éric Coquerel (La France insoumise), Xavier Bertrand (Les Républicains), ou encore la macroniste Yaël Braun-Pivet. En août 2024, la vice-présidente de la CR, Sophie Lenaerts, participait à l’université d’été du groupuscule royaliste l’Action française.
Interrogé par Reporterre sur ces accointances idéologiques, Bertrand Vanteau, président de la CR, assume : « Tant que le Rassemblement national essaiera de défendre nos positions, nous continuerons de nouer le dialogue. »
Preuve d’une alliance à géométrie variable, l’atmosphère reste encore inflammable dans certains départements. Dans la nuit du 17 au 18 décembre, des personnes se revendiquant de la CR de la Vienne ont déversé trois bennes de déchets, plus de 100 pneus et du lisier, bloquant l’accès aux bureaux de Vienne Nature, Poitou-Charentes Nature et France Nature Environnement Nouvelle-Aquitaine.
Lire aussi : La Coordination rurale dégrade les locaux d’associations écologistes
La veille, lors d’un rassemblement de la Coordination rurale, une soixantaine de tracteurs et 200 personnes avaient déversé des centaines de mètres cubes de déchets, dégradant la mairie de Melle (Deux-Sèvres), des commerces ainsi que la permanence de la députée écologiste Delphine Batho. Un monument édifié en l’honneur des personnes blessées par la répression policière survenue à Sainte-Soline en 2023 a été également dégradé.
Un rapprochement « plus spontané que délibéré »
Le 11 décembre, le député écologiste Benoît Biteau, également éleveur de bovins, était en discussion avec le préfet de l’Ariège pour éviter une intervention musclée des forces de police à contre des éleveurs bloquant une exploitation dont le troupeau était menacé d’abattage, lorsque des membres de la Coordination rurale sont venus dégrader sa permanence, ainsi que les locaux de différentes organisations de défense de la nature (OFB, LPO, FNE).
« De l’autre côté, les mouvements antibassines ne sont pas innocents et on assume totalement de les combattre », rétorque Bertrand Venteau, le président de la CR, à Reporterre.
« Toutes ces scènes renvoient aux images les plus sombres de l’histoire, lors desquelles le fascisme s’organisait… Elles rappellent les méthodes des “Chemises noires” de Mussolini ou des “Chemises vertes”, créées par Henri Dorgères », souligne Julien Le Guet, porte-parole de Bassines non merci. Le militant fait ici référence aux Comités de défense paysanne, sortes de sections d’assaut fascistes françaises des années 1930 appelant à fermer les frontières, à cibler les fonctionnaires et à défaire les grèves d’ouvriers agricoles.
« Parler d’alliance entre la Conf’ et la CR,
c’est peut-être un peu fort »
« La Confédération paysanne doit réaffirmer clairement sa pensée antifasciste et antiraciste, ne serait-ce que pour clarifier sa position auprès des agriculteurs, de moins en moins syndiqués, qui ont du mal à s’y retrouver », conclut Julien Le Guet.
« Parler d’alliance entre la Conf’ et la CR, c’est peut-être un peu fort. Ce n’est pas délibéré, mais davantage spontané. C’est simplement que, en soutien aux éleveurs, on a ces deux syndicats qui portent une vision convergente et proposent des solutions alternatives à celles de la FNSEA », nuance Benoît Biteau, qui avait participé au Convoi de l’eau en 2023, cette mobilisation contre les bassines entre Sainte-Soline et Orléans.
Pas les premières actions communes
Ce n’est pourtant pas la première fois que les deux syndicats affichent une stratégie commune. En avril 2024, la Coordination rurale, la Confédération paysanne et le Mouvement de défense exploitants familiaux (Modef) — également classé à gauche — signaient une lettre ouverte, appelant Emmanuel Macron à garantir des « prix rémunérateurs » pour les agriculteurs. Les organisations soulignaient « leurs différences » tout en affirmant vouloir envoyer un « signal fort » dans un « contexte de crise et face aux enjeux historiques ».
Présent dans les cortèges d’agriculteurs en janvier 2024 et en décembre, Samuel Legris, doctorant en sociologie à l’université de Pau, dresse un parallèle entre ces mobilisations conjointes et celles observées lors des mouvements des Gilets jaunes et contre le pass sanitaire.
« On assiste à un rapprochement, dans la mobilisation, d’acteurs aux divergences idéologiques, qui composent comme ils le peuvent, résume-t-il. Lors d’un rassemblement organisé récemment à Pau, on pouvait voir flotter un drapeau français avec la croix de Lorraine [un symbole repéré dans de nombreuses manifestations d’extrême droite] à côté d’un drapeau du syndicat Sud Solidaires agricoles. » À la différence que des heurts ont parfois pu éclater entre manifestants au sein des cortèges de Gilets jaunes, sur fond de dissensions politiques.
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