Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
Mais pas que.
Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...

BLOG EN COURS D'ACTUALISATION...
...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...
Affichage des articles dont le libellé est montagne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est montagne. Afficher tous les articles

mercredi 12 août 2026

"On joue avec le feu" : pourquoi ce chantier de construction d'une réserve d'eau artificielle en altitude divise tout un territoire et oppose les habitants de la vallée

"On joue avec le feu" : 

pourquoi ce chantier de construction 

d'une réserve d'eau artificielle 

en altitude 

divise tout un territoire 

et oppose les habitants de la vallée

 

Aux Angles, dans les Pyrénées-Orientales, cet été, le chantier d'un bassin de 113 000 m3 cristallise les tensions entre les défenseurs de l'environnement et la municipalité. 2026. © France 3 Occitanie

 

Lucas Rodriguez

 

Les pelleteuses tournent à plein régime à 2 300 mètres d'altitude, au sommet de la station des Angles, dans les Pyrénées-Orientales. Le creusement d'une vaste retenue collinaire destinée, entre autres, à la production de neige artificielle cristallise les tensions. Entre survie de l'économie et urgence climatique en pleine sécheresse estivale, le projet divise.

C’est un immense trou creusé au cœur du parc naturel régional des Pyrénées catalanes qui fait polémique. À 2 300 mètres d’altitude, le sommet de la station de ski des Angles s'est transformé cet été en un vaste chantier de terrassement.

L’objectif de la municipalité, qui a investi 4,1 millions d’euros, est de bâtir un bassin étanche de 2,2 hectares, capable de stocker 113 000 mètres cubes d’eau pompés dans les ruisseaux en contrebas, pour sécuriser l’enneigement artificiel dès l'hiver prochain. Mais dans un département frappé par une sécheresse historique, soumis à de lourdes restrictions d'eau depuis la mi-juillet et meurtri par les récents incendies de Trévillach et Thuès-Entre-Valls, le maintien de ce chantier relève de l'aberration pour les associations de défense de l'environnement.

 

https://www.google.com/maps/@42.5432639,1.728287,9z?hl=fr&entry=ttu&g_ep=EgoyMDI2MDgwNS4xIKXMDSoASAFQAw%3D%3D

"Massacre environnemental" pour les uns

Pour les détracteurs du projet, cette retenue d'eau symbolise une fuite en avant intenable. "On est en train de détruire le sommet d’une montagne à coups de bulldozer", s'indigne David Berrué, militant pour Les Écologistes, très actif lors des mobilisations. Il pointe du doigt une "course techno solutionniste" qui refuse de penser l'après-ski, alors que la couche de neige à 1 800 mètres d'altitude devrait fondre de 60 % d'ici 2050. Pire, selon lui, capter cette ressource vitale met en péril l'écosystème local.

En diminuant le débit des ruisseaux, des zones humides vont disparaître. Alors que le Capcir connaît des records de températures, on joue bel et bien avec le feu.

David Berrué - Militant "Les Écologistes"

Le constat est partagé par Marc Maillet, président de l'association Frene 66, qui dénonce un saccage sur un site classé Natura 2000, abritant des espèces protégées comme le grand tétras. "C’est un massacre, une destruction invraisemblable d’un paysage remarquable", explique-t-il, fustigeant l'absence de véritable étude d'impact précise, remplacée par de simples études environnementales.

Il rappelle également que la forêt domaniale de Barrès bénéficie d'un statut de protection ancestral via les "usages de Barcelone", dénonçant une "privatisation camouflée" de la montagne au profit de l'industrie de la neige.

 

"Maintien de la vie rurale" pour les autres

Face à cette levée de boucliers, la direction de la station défend bec et ongles un aménagement pensé, selon elle, pour l'avenir de la vallée. Jérôme Meunier, directeur de la station des Angles, réfute fermement la vision d'une "mégabassine" dédiée au seul profit des skieurs.

L'enjeu, c'est avant tout un projet de développement durable et la survie du territoire.

         Jérôme Meunier - Directeur de la station des Angles

Selon la direction, cette eau aura de multiples vocations pour anticiper les bouleversements climatiques. Comme réserve d'eau potable potentielle pour le siècle à venir, abreuvage pour les groupements pastoraux locaux en été, production d'énergie verte grâce au fonctionnement couplé avec d'autres lacs, et réserve stratégique saluée par les pompiers du SDIS en cas de feux de forêt.

Jérôme Meunier insiste sur les trois années de travail avec des écologues, qui auraient d'ailleurs permis de "découvrir et protéger des espèces rares".

Au-delà de la bataille des chiffres et des normes, c'est le maintien de la vie rurale en haute altitude qui cristallise les débats.

"Derrière cette économie, il y a des cabinets médicaux, une école, des pharmacies, de la culture", martèle le directeur, rappelant que la station a sauvé le village de l'exode rural dans les années 1960. Un argument de l'emploi jugé "hypocrite" par les écologistes, qui réclament désormais que l'argent public subventionne directement la rénovation thermique, l'entretien des forêts ou les services à la personne, actant définitivement la fin du "tout ski".

  

Source : https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/pyrenees-orientales/perpignan/on-joue-avec-le-feu-pourquoi-ce-chantier-de-construction-d-une-reserve-d-eau-artificielle-en-altitude-divise-tout-un-territoire-et-oppose-les-habitants-de-la-vallee-3396310.html?utm_term=Autofeed&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#Echobox=1785818470 

mercredi 1 juillet 2026

"De l'eau pour la vie, pas pour le ski" : les opposants au lac artificiel du Roc d'Aude ont donné de la voix aux Angles

 

"De l'eau pour la vie, 

pas pour le ski" : 

les opposants au lac artificiel 

du Roc d'Aude 

ont donné de la voix aux Angles

 

Des manifestants opposés au lac artificiel du roc d'Aude © Radio France - Tanguy Bocconi

Tanguy Bocconi
Publié le

Plus de 250 personnes ont manifesté ce dimanche 28 juin au pied du terminal des télécabines des Angles contre un projet de lac artificiel à 5,5 millions d'euros qui va stocker 113.000 mètres cubes d'eau au sommet du Roc d'Aude. Un désastre écologique totalement inutile selon ses détracteurs.

C'est sous un soleil de plomb que les opposants à la retenue d'eau du Roc d'Aude se sont mobilisés ce dimanche 28 juin au pied de la gare des télécabines de la station des Angles, à l'appel d'une vingtaine d'associations dont "Bien vivre en Pyrénées catalanes", "En commun 66", Alternatiba, Frene 66, la LPO, le GOR, ou Moutain Wilderness qui ont enchaîné les prises de parole pendant plus de deux heures dans une ambiance pacifique mais combative, sans bloquer la circulation ni le fonctionnement de la station.

La chaleur, étouffante, n'a pas découragé les quelques 250 personnes venues contester ce projet de lac artificiel à 5,5 millions d'euros porté par la mairie des Angles et qui doit permettre de stocker jusqu'à 113.000 mètres cubes d'eau, l'équivalent de 45 piscines olympiques, à plus de 2.000m d'altitude.

Si ses opposants dénoncent "un projet inutile et destructeur pour alimenter les canons à neige de la station de ski des Angles", la mairie répond qu'il profitera aussi aux pompiers et aux éleveurs.

"Une vision à très très court terme"

Des arguments qui n'ont visiblement pas convaincu les manifestants comme Nicolas, qui n'a pas hésité à faire le déplacement depuis Perpignan : "C'est une honte ce qui se passe. On démolit une montagne à 2.400 mètres d'altitude pour faire une retenue d'eau, uniquement pour la station de ski, au lieu de chercher un autre modèle économique plus viable que le tout-tourisme... C'est vraiment une vision à très très court terme."

Dans la foule, il y a aussi des locaux comme Johan, 18 ans, qui s'interroge sur le coût du chantier: "J'aurais préféré que les cinq millions d'euros soient plutôt mis dans des moyens pour pouvoir loger les saisonniers, puisqu'il n'y a plus de logements pour nous du fait des locations à outrance des plateformes telles que Airbnb. La mairie essaye d'agiter les peurs en disant que s'il n'y a pas ce projet, il n'y aura plus d'emplois, mais il n'y a pas eu de concertation des habitants, il n'y a pas eu d'enquête publique. Ça a été fait un peu dans la discrétion, en silence."

Un avis partagé par Christian Blanc, l'ancien maire des Angles, qui réfute l'argument d'une réserve en eau utile pour les éleveurs ou la lutte contre les incendies : "C'est même dangereux pour l'élevage, parce que le Roc d'Aude est ceinturé de ruisseaux et les troupeaux en fortes chaleurs ne sont pas sur le sommet, ils descendent en forêt. Aujourd'hui, alimenter des troupeaux avec des abreuvoirs issus d'une bassine avec un fond en bâche PVC, c'est le meilleur moyen d'aller déclencher un problème sanitaire. C'est un habillage qui a été trouvé pour essayer de justifier ce projet, mais qui est ridicule."

"Quant au prétexte de la lutte contre les incendies, vous parlez à un ancien pompier et en tant que maire, pendant 25 ans, j'ai suivi tous les grands feux du pays, poursuit Christian Blanc. Aujourd'hui, tous les grands feux ont été combattus par les Canadair, qui sont autorisés à se poser à un kilomètre de la station versant sud, au lac de Matemale et au lac des Bouillouses. Et ensuite, il y a tout un chapelet de lacs autour du roc d'Aude, lac d'Aude de la Balmette des Boutassous qui peuvent permettre d'avoir un pompage ponctuel. Donc là aussi, là, l'argument pompier, il est risible. Ce sont tout simplement de faux arguments pour essayer de justifier l'injustifiable."

"Un projet de méga bassine au coût d'une destruction irréversible"

De son côté Philippe Assens, membre fondateur de l'association En Commun 66, tient à préciser les choses et fait œuvre de pédagogie : " Il y a une chose très importante à faire comprendre, c'est que nous, nous sommes pour les retenues collinaires, mais les vraies, celles en fond de vallée glacière, alimentées par les eaux de ruissellement sur des fonds argileux. Or là, ce n'est pas une retenue collinaire, puisqu'elle est creusée en haut d'une montagne, dans la roche, avec une bâche, et que l'eau est prélevée dans une nappe. Parce qu'une nappe et une rivière, c'est la même chose. Donc, il faut bien comprendre que dans le cas du Roc d'Aude, il s'agit bien d'un projet de méga bassine au coût d'une destruction irréversible d'un sommet de montagne, alors qu'on aurait pu faire une chose intelligente en fond de vallée. Ce n'est pas de la faute des gens des Angles, c'est de la faute du préfet qui aurait dû faire une étude d'impact. Eux ont pris un cabinet. Mais la différence avec une étude d'impact, c'est qu'il y a les personnes publiques associées, le Département, l'Etat, la communauté de communes, le PNR et là, personne n'a été sollicité."

Dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux, la mairie des Angles rappelle pour sa part "que la commune a gagné au tribunal administratif contre le recours suspension, preuve que le projet répond parfaitement à toutes les exigences environnementales et réglementaires exigées en la matière" et souligne que le projet "fera l’objet d’un suivi environnemental et écologique après sa réalisation."

Reste qu'au sommet du Roc d'Aude les tractopelles sont en action depuis des semaines et le chantier bien avancé, malgré un recours en référé contre le permis d'aménager et un pourvoi déposé devant le Conseil d'État qui n'a pas encore rendu sa décision.

A écouter dans l'article

 


 

Source : https://www.ici.fr/occitanie/pyrenees-orientales-66/les-angles/de-l-eau-pour-la-vie-pas-pour-le-ski-les-opposants-au-lac-artificiel-du-roc-d-aude-ont-donne-de-la-voix-aux-angles-1288075 

vendredi 26 juin 2026

Téléphérique, lac artificiel : « La montagne ne doit pas devenir un parc d’attraction »

Téléphérique, lac artificiel : 

« La montagne 

ne doit pas devenir 

un parc d’attraction »

 

25 juin 2026

 

À la station-village des Angles, au cœur du parc naturel régional des Pyrénées catalanes, les tractopelles sont déjà à l’œuvre.

Une manifestation est prévue le 28 juin dans les Pyrénées-Orientales contre la construction d’un lac artificiel à 2 300 m d’altitude. Ce projet participe à une économie de la montagne en bout de course, dénonce un opposant dans cette tribune.

David Berrué est militant écologiste dans les Pyrénées-Orientales.



En Pyrénées catalanes, une course contre la montre s’est engagée pour sauver l’économie du ski des effets du dérèglement climatique. Du côté de Camprodon, c’est la construction d’un téléphérique « quatre saisons » qui doit mener la station de Vallter à retrouver une rentabilité que la seule période hivernale ne garantit plus. Aux Angles, c’est celle d’un lac artificiel destiné à sécuriser la production de neige de culture pour les trois prochaines décennies.

Deux chantiers réalisés au nom du maintien de l’emploi montagnard. Mais également justifiés par leurs bienfaits supposés en faveur de l’environnement, de la biodiversité, de la résilience des territoires. Le monde à l’envers. Et, pour les collectifs et associations écologistes, une guerre des récits de chaque instant.

Démolition au bulldozer

Le téléphérique de Vallter est un cas d’école. Cette infrastructure prévoit l’acheminement de 2 000 personnes par heure, 16 000 par jour, à une altitude de 2 500 m. Beau panorama, offre de restauration et aménagements ludiques — les inévitables luges sur rail, tyrolienne géante, pistes de descente en kart ou à vélo — doivent y séduire une clientèle espérée nombreuse, tout au long de l’année.

Se pose, bien sûr, le problème de l’érosion des crêtes. Celui du piétinement, massif, de pelouses d’altitude évidemment vulnérables. Celui de la divagation, redoutée par les naturalistes, du public au sein de parcs et de réserves naturelles protégées — et jusqu’ici notamment protégées du fait de leur difficulté d’accès. N’est-ce pas un moindre prix à payer, veulent croire les partisans du projet, au regard des parkings qui seront relocalisés un peu plus bas dans la vallée, des remontées mécaniques obsolètes bientôt démontées et des quelques espaces ainsi renaturalisés ?

Même logique aux Angles, où, pour le moment, la démolition au bulldozer du sommet de la station, entre mont Llaret et roc d’Aude, fait certes assez mauvais genre. Mais sinon. Mais après. Cette retenue collinaire une fois creusée, étanchéifiée, clôturée, qui pour regretter une steppe d’altitude peuplée de cailloux, de quelques blocs lichéneux et de sapinettes éparses balayées par un vent glacial, tenace, pénible ? Qui pour ne pas voir l’intérêt, après prélèvement dans des ruisseaux en aval, de ces 113 000 m3 d’eau tout à coup disponibles, à 2 300 m d’altitude, sur près de 3 hectares et par 7 mètres de fond ?

Lire aussi : La guerre de l’eau, un conflit explosif dans les Pyrénées-Orientales

Les arguments de la commune ont la solidité de l’évidence. Avec ce lac, une dizaine de nuits suffisamment fraîches suffiront, en début de saison, pour enneiger la station. L’été, les tuyaux et conduites forcées alimentant les canons par gravité serviront à produire de l’électricité renouvelable. Le cycle de l’eau ? Renforcé, amélioré, optimisé. La neige de culture, produite en hiver, fond en effet au printemps. Ne va-t-elle pas humidifier les sols de façon plus efficace et plus délicate que lorsqu’il pleut et que tout ruisselle, bêtement, et d’un seul coup, vers la mer ?

Enfin, cette bassine est un point d’eau où, pronostique la mairie, pourront s’abreuver des espèces en voie de disparition — grands tétras, perdrix grises — et la sécurité civile puiser en cas d’incendie. Comme si les lacs de Matemale et des Bouillouses, situés juste à côté, ne faisaient pas déjà très bien l’affaire.

L’enthousiasme est si grand que l’on se demande comment n’avoir pas vu plus tôt l’intérêt d’une telle bassine… et de ses nombreux services écosystémiques associés. Mystère. Mais raison pour laquelle, sans doute, la commune a décidé d’aller vite et a d’ailleurs obtenu de ne réaliser ni étude d’impact, ni enquête publique. Avec la complicité de la préfecture et de l’Office national des forêts. En communion avec un cortège réjoui d’élus et de socio-professionnels. À rebours, évidemment, des écologistes et des quelques habitants du coin adeptes d’une montagne préservée des logiques marchandes.

« La seule perspective demeure la transformation de la montagne en parc d’attraction standardisé »

Pour ces derniers, c’est la consternation. Un coup dur de plus. Parce que l’on ne puise pas dans les rivières sans conséquences. Parce que les « excédents » qu’il est question de capter alimentent des tourbières dont le rôle est crucial pour l’environnement et dont la disparition ne sera jamais compensée. Parce qu’aussi la question de l’emploi a bon dos : s’il est des économies à soutenir et dans lesquelles investir, pourquoi ne pas subventionner des emplois dans l’agriculture, dans l’entretien des forêts, dans la rénovation thermique des logements, dans la santé, liste non exhaustive, plutôt que dans le maintien sous perfusion d’une activité de loisir en sursis ?

Lire aussi : Bassines et retenues d’eau : quel est le problème ?

Avec l’augmentation des températures, la baisse inexorable du nombre de journées-skieurs [1], on aurait pu penser que l’économie des sports d’hiver organiserait un repli stratégique, diminuerait la voilure poc a poc [peu à peu], anticiperait la transition vers un modèle qui ne soit pas sa continuation par d’autres moyens, ainsi que l’illustre la ruée sur l’aménagisme quatre saisons actuellement observable. Il n’en est rien. La seule perspective demeure la transformation de la montagne en parc d’attraction standardisé, naturellement climatisé et financièrement profitable à certains.

Il est pourtant d’autres pistes et d’autres voix possibles. Pour les faire entendre, une manifestation est programmée, dimanche 28 juin, à 11 heures, aux Angles, à l’initiative de collectifs et d’associations mobilisés, depuis plus d’un an, sur le terrain et sur le plan juridique. Pour dire non à l’artificialisation de la montagne. Pour rappeler que l’eau est rare, précieuse. Que notre monde est fragile. Qu’il nous faudrait en prendre soin. Que la montagne est en première ligne et qu’à ce rythme, +4 °C, c’est pour demain — soit des températures auxquelles la production de neige artificielle, au demeurant, n’est plus envisageable.

 

Notes

[1Selon Le Dauphiné libéré, «  il s’agit de la moyenne de tous les forfaits vendus (séjour, année, quotidien) ramenée au nombre de passages journaliers  ».

Précisions

- Dans les tribunes, les auteurs expriment un point de vue propre, qui n’est pas nécessairement celui de la rédaction.
-  Titre, chapô et intertitres sont de la rédaction.

 Source : https://reporterre.net/Prenons-soin-de-notre-montagne-disons-non-a-son-artificialisation

___________________________________________

Contre cette méga-bassine dont les impacts sur l'environnement sont d'ores et déjà délétères, collectifs citoyens et associations écologistes appellent à une manifestation, ce
dimanche 28 juin à 11h, aux Angles, au niveau des télécabines.

Pour venir :

Le bus 560 de la compagnie LIO est possible :
il part de la gare de Prades à 9h19 (changement à Mont Louis)
        de la cité de Villefranche à 9h25 (idem)

 2 autre rendez-vous possibles pour du covoiturage :
- Au niveau de la maison bleue à 9h45
- An niveau du parking en terre de Villefranche à 9h50

Et aussi 


A Prades, rdv covoit' 9h30, allée de la Plaine Saint-Martin, parking piscine municipale.

jeudi 25 juin 2026

Dimanche 28 juin - Appel à manifester contre la retenue d'eau des Angles - Covoiturage

Saint Jean, ce mardi, à Villefranche, la flamme est arrivée depuis le Canigou. 

Nous sommes la montagne qui se défend !

 




Le bus 560 de la compagnie LIO est possible :
il part de la gare de Prades à 9h19 (changement à Mont Louis)
        de la cité de Villefranche à 9h25 (idem)

 2 autre rendez-vous possibles pour du covoiturage :
- Au niveau de la maison bleue à 9h45
- An niveau du parking en terre de Villefranche à 9h50

Venez nombreux et nombreuses.

vendredi 19 juin 2026

Cette station des Pyrénées-Orientales creuse un lac pour les canons à neige : les associations s’indignent


Cette station 

des Pyrénées-Orientales 

creuse un lac 

pour les canons à neige : 

les associations s’indignent

 

14 juin 2026
Philippe Becker

 

Photo de une © Michel Roussel


À un peu plus de trois kilomètres au-dessus du village des Angles, au niveau du Roc d’Aude, les pelleteuses s’activent. Les travaux pour une retenue d’eau de 113 000 m2 sur ce sommet ont démarré. Le futur bassin doit alimenter de manière plus efficace les canons à neige en hiver. Pour les opposants, c’est une méga-bassine d’altitude qui dénature le site au profit d’un loisir voué à disparaître. Une manifestation sur place est prévue le 28 juin.

Ce sont deux visions de la montagne qui s’affrontent. L’économie et l’emploi en soutenant la neige artificielle malgré le changement climatique, ou la sanctuarisation de l’environnement. « Cette retenue est tout à fait légale » assure le maire des Angles Michel Poudade, contacté par Made in Perpignan. Il évoque l’ensemble des autorisations obtenues mais aussi le recours en référé des associations contre le projet, qui a été retoqué.

Le lac artificiel est creusé sur la crête. Profond d’environ sept mètres, il s’étendra sur trois hectares, pour une emprise totale du site de six hectares. Les terres appartenaient à l’ONF. Pour les obtenir, la mairie a dû en échange donner 18 hectares de terrains communaux à l’Etat, sur le secteur des « Rocatells », ce qui inquiète les chasseurs qui souhaitent y conserver leurs habitudes. « Les plans de chasses seront maintenus » assure Michel Poudade. L’ensemble du projet, comprenant la retenue, les conduites et les systèmes de contrôle, reviendrait selon l’édile à 4,5 millions d’euros, payés par les revenus de la station. « Il n’y a pas un sou d’argent public là-dedans. »

« Tout ce que je pourrai faire pour maintenir cette activité et cette économie, je le ferai »

Michel Poudade assume la finalité. « Le premier objectif, il faut être très clair, est de préserver notre économie. » L’idée est d’avoir un stockage supplémentaire pour fabriquer davantage de neige de culture en moins de jours, plutôt que de devoir attendre le renouvellement des bassins existants. En clair, enneiger tout le domaine en 50 heures de froid seulement et passer de 1800 m3 à 2800 m3 d’eau par heure. L’eau sera pompée en surface, dans les cours d’eau qui alimentent la Balmette, et remontée jusqu’au bassin sans dépasser selon le maire les maximums prélevables déjà autorisés depuis 2008, soit 300 000 m3. 

Image de synthèse de la future retenue © Mairie des Angles

Au-delà de la question du volume, il s’agit pour Michel Poudade d’économiser l’électricité des quatre surpresseurs qui amènent la pression de 40 bars nécessaire aux canons. Le lac artificiel, situé sur un point haut, offrira la pression naturelle du gravitaire. « On va économiser 150 000 euros d’électricité par an. » Il insiste sur l’importance de l’activité ski et le faible taux de chômage, qu’il annonce à 2 %, sur les Angles. « Je suis très fier qu’une commune de 680 habitants puisse proposer 1200 à 1400 emplois en saison hivernale. Tout ce que je pourrai faire pour maintenir cette activité et cette économie, je le ferai. »

L’ancien maire Christian Blanc, battu en 2014, fulmine. « C’est un projet complètement fou. C’est la destruction d’une montagne au coeur d’un parc naturel régional, ça ne s’est jamais vu. »

Pour Christian Blanc, si les petites retenues sont courantes sur les stations de ski, creuser une crête est une toute autre affaire. Pour lui, il aurait été préférable de pomper dans le lac de Matemale et ses 20 millions de m3 d’eau. « Au lieu d’aller puiser dans un barrage qui existe déjà au pied du village, on va construire une retenue à 2300 mètres d’altitude, avec des clôtures autour. » Michel Poudade rétorque que pomper à Matemale serait impensable en raison des pressions nécessaires quand on puise plus bas.

« On continue la transformation progressive du village des Angles en parc d’attractions »

Christian Blanc évoque aussi le changement climatique avec des autorisations de prélèvement anciennes qui ne seraient plus dimensionnées à un futur plus sec et à un étalement urbain qui se poursuit. « Il y a encore des projets de lotissements en cours. On construit des luges sur des rails. On continue la transformation progressive du village des Angles en parc d’attractions. » Une quinzaine d’associations sont vent debout contre le projet, parmi lesquelles Frene 66, Bien vivre aux Angles, la Confédération Paysanne 66, Alternatiba 66 ou encore Cerca nature. Une pétition a réuni plus de 6000 signatures.

Laurine Nogues, membre de Cerca nature, naturaliste et habitant sur la montagne, s’inquiète. « Je suis maman d’une petite fille de trois ans et je suis inquiète des conséquences de décisions motivées par le profit à court terme. Je trouve regrettable de sacrifier une partie de nos trésors de biodiversité au nom du capitalisme et de certaines activités humaines. »

Pour l’association Frene 66, le Roc d’Aude est favorable à la perdrix et au Grand Tétras, espèces en déclin. Plusieurs opposants supposent un lien avec le coq qui a récemment percuté un câble de téléski, dérangé selon eux par les engins. Michel Roussel est le président de l’association Bien Vivre aux Angles. Pour lui, les trois hectares de bassin sont un « coup de poignard dans la nature » qui entraîneront une surface d’évaporation supplémentaire sur une eau précieuse. « Est-ce qu’il faut n’avoir que l’objectif de faire du chiffre, d’amener du monde ? Les gens viennent consommer la montagne, le ski, n’acceptent pas un retard, une piste moins bien damée etc. C’est tapis rouge pour eux, on fait des infrastructures pour faire chauffer les cartes bleues, en croisant les doigts pour que ça tienne le plus longtemps possible. »

© Michel Roussel
© Michel Roussel
 

Le militant s’inquiète aussi du risque de catastrophe, en prenant l’exemple d’une bassine à Courchevel qui a réchauffé les sols glacés et a entraîné des mouvements de terrain. « On aura 113 000 tonnes d’eau là-haut. Qu’est-ce que ça donnera s’il y a une fissure, un petit tremblement de terre ? »

« On ne parle pas d’une tour Eiffel, on parle d’un lac »

Pour Michel Poudade, les impératifs environnementaux seront respectés. « En termes de paysage, l’eau ne dégrade rien. On ne parle pas d’une tour Eiffel, on parle d’un lac. Je ne comprends pas ces attaques. Je me demande si, avec ces associations, on aurait fait le lac de Matemale. » Il évoque un talus autour du lac avec la terre végétale récupérée lors des travaux, et sur lesquels seront replantées des espèces locales.

S’agissant du profit à court terme, il s’inscrit en faux. Michel Poudade envisage en effet un revenu sur le village grâce à de l’hydroélectricité. L’idée, dans un second temps, sera en effet de faire remonter l’eau depuis les retenues plus basses, aux heures où l’électricité est moins chère, puis de la faire descendre sur les 400 mètres de dénivelé et passer à travers des turbines quand la revente devient intéressante.

« Si dans 30 ans le ski s’arrête, la commune sera contente d’avoir un retour financier de 400 000 ou 500 000 euros pour développer son activité quatre saisons. »

© Mairie des Angles

Ce système en circuit fermé est appelé « STEP » pour station de transfert par énergie. Enfin le maire des Angles évoque des utilisations secondaires de la retenue, comme l’alimentation d’abreuvoirs pour l’élevage ou celle des bouches d’incendie du domaine. Pour cela il restera toujours un minimum de 15 000 ou 20 000 m3 sur la retenue.

Les travaux avancent en vue d’une mise en service pour l’hiver prochain. Suite à leur premier recours retoqué, les associations espèrent néanmoins être entendues devant le Conseil d’Etat.


Tout au long de l’année, vous pouvez nous soutenir et financer plus de temps d’enquête pour nos journalistes ➡️ Je participe à votre campagne de dons ✊🏻

  

Source : https://madeinperpignan.com/retenue-angles-canons-neige-pyrenees-orientales-polemique/ 

mardi 16 juin 2026

On a besoin de vous 🙏🏔️ Rassemblement le 28 juin aux Angles (66)

 


🖐️ 

Ami(e)s de la Terre, on a besoin de vous, de votre présence, pour montrer sur le site que nous sommes nombreuses et nombreux à nous indigner devant la construction de cette méga bassine

Nous ne pouvons pas laisser ce genre de projet fleurir partout sans nous y opposer.

Un collectif d'associations se mobilise et a besoin du soutien du plus grand nombre afin de faire passer notre message devant les médias, informer la population sur ce projet, et montrer que nous ne sommes pas d'accord :

- L'eau est un bien commun et précieux .

- La montagne est un écosystème fragile.

- Ce genre de projet va à l'encontre des préconisations face au dérèglement climatique.

Après les prises de paroles des associations s'en suivra un moment musical/boeuf ouvert à tous/toutes 🎶

On vous transfère le lien pour les covoiturages.

https://togetzer.com/covoiturage-evenement/g9i1oy

Et la carte des aires de covoiturage :

https://umap.openstreetmap.fr/fr/map/aires-cd-66_1408961#9/42.636990/1.727600

Vous venez ? 

Merci de faire tourner l'info

 🙏🏔️☀️

 


lundi 15 juin 2026

"Mobilisations aux sommets" : départ de trobada à Fillols teinté de militantisme

"Mobilisations aux sommets" : 

départ de trobada à Fillols 

teinté de militantisme

 


 Publié le

 

La trobada est partie de Fillols, comme chaque année, ce samedi 13 juin au matin. À l’occasion de cette édition 2026, un collectif d’associations a organisé une action militante intitulée "Mobilisations aux sommets". Il s’oppose à deux projets en cours de réalisation sur le territoire : la bassine du roc d’Aude, de plus de 2 hectares, destinée à alimenter les canons à neige de la station de ski des Angles et le projet de télécabine Valter reliant le village de Setcases à la station de ski Vallter, mitoyenne de la réserve nationale de Mantet.

Pour les organisateurs de cette action, s’associer à la trobada n’est pas anodin : "C’est une manifestation très symbolique pour les Catalans du nord et du sud, en lien avec leur montagne sacrée, le Canigou. Ce site est très attractif, il faut donc rester vigilant quant à sa fréquentation, pour préserver l’intégrité de la haute montagne et qu’elle reste naturelle. Nous sommes ici aujourd’hui pour informer sur ces deux projets destructeurs d’espaces et d’espèces uniques et pour mobiliser la population".

Les organisateurs de la trobada, de leur côté, soutiennent le mouvement, tout en estimant que le choix du moment n’était peut-être pas approprié : "Leur action est nécessaire, mais ici, il n’y a que des gens déjà convaincus. Les personnes qui participent à la trobada sont de vrais montagnards, qui respectent la vie de la montagne, la faune, la flore et les chemins. Cela fait plus de 20 ans que nous montons à pied, avec les ânes, car nous défendons une cohabitation respectueuse de la montagne".

Se rejoignant sur l’essentiel, tous se sont élancés pour une ascension jusqu’au chalet des Cortalets. Ce rendez-vous était le premier d’une série de "Mobilisations aux sommets", un appel lancé par le collectif Els brulls terres agricoles auquel de nombreuses associations ont déjà répondu*. Affaire à suivre.

*GPRenc, Defensem ulldeter, La forge citoyenne, Jeunesse populaire du Conflent, Viure, Le printemps de Prades, Mountain wilderness, Charles-Flahaut, GreenVoice, Bien vivre en Pyrénées catalanes, Bien vivre en Vallespir…

Source : https://www.lindependant.fr/2026/06/13/mobilisations-aux-sommets-depart-de-trobada-a-fillols-teinte-de-militantisme-13417830.php

samedi 13 juin 2026

Mobilisations aux sommets


Photo prise en décembre 2025 après les travaux de terrassement 

AUX AMI.ES DES BRULLS ET DES MONTAGNES
DES PYRENEES CATALANES 


DU SAMEDI 13 JUIN au DIMANCHE 28 JUIN
  
Nous marchons pour nous opposer à la marchandisation de la haute montagne
ne pas céder aux projets de prospection financière marqués par un profit à court terme
qui nie la nécessité de s'adapter aux problèmes actuels :
augmentation des températures, perte de biodiversité, surfréquentation,
dégradation de la qualité de vie de leurs habitants

Nous ne voulons pas des projets de destruction d'espaces et d'espèces uniques
qui portent atteinte à l'intégrité de la haute montagne : elle doit rester naturelle.
 
NON aux :
    *  télécabineS Vallter reliant le village de Setcases à la station de ski de Vallter (du côté espagnol de la Portell de Mantet)
    *  méga-bassin ( + de 2 hectares ) du Roc d'Aude destiné à alimenter les canons à neige de la station de ski alpin des Angles

Après la 1ère mobilisation ce samedi 13 pour la Trobada del Canigo,
Mobilisations aux sommets #2 : Retour de la régénération de la flamme
le mardi 23 juin  2 RDV :
- à 8h à Fillols pour redescendre avec les marcheuses et marcheurs sur
Villefranche 
- à 11h à Villefranche à la célébration de l'arrivée de la Flama del Canigó3
 
Mobilisations aux sommets #3 :  en Capcir regroupement et conférences
le dimanche 28 juin afin de manifester contre les projets du mégabassin 
du Roc d'Aude et du télécabine de Valter .
Ce sera aux Angles, lieu exact et horaires en cours de préparation
APPEL A VENIR

 ...
Les premières associations solidaires de l'appel "Mobilisations aux sommets" :
Collectif des Brulls, La Forge citoyenne, Jeunesse Populaire du Conflent, Defensem Ulldeter,
Viure, Le printemps de Prades, Mountain Wilderness, GPRENC, Charles Flahaut,
GreenVoice, Bien vivre en pays en Pyrénées Catalanes,...

 

 



mercredi 10 juin 2026

Un grand tétras, première victime des travaux de la retenue collinaire du Roc d'Aude aux Angles














https://tinyurl.com/377e9wfh




Source : https://viure.fr/un-grand-tetras-premiere-victime-des-travaux-de-la-retenue-collinaire-du-roc-daude-a-les-angles/

 

🚨 Mobilisation pour défendre la montagne !

Le 28 juin, retrouvons-nous au Roc d'Aude (Capcir) pour nous opposer au projet de méga-bassine destiné à alimenter les canons à neige de la station des Angles.

Face à l'artificialisation de la haute montagne, à la perte de biodiversité et à des projets guidés par une vision à court terme, nous affirmons qu'un autre avenir est possible : préserver les espaces naturels, protéger les espèces qui y vivent et adapter nos territoires aux défis climatiques.

❌ Non aux  méga-bassines d'altitude.

✅ Oui à une montagne vivante, sauvage et respectée.


📍 Rendez-vous le 28 juin sur le site du chantier du Roc d'Aude.


🚡 Accès possible par télécabine puis environ 1h de marche (300 m de dénivelé).


Nous avons besoin d'être nombreuses et nombreux. 

 

Partagez, relayez et rejoignez la mobilisation !