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lundi 14 septembre 2026

5 raisons de végétaliser les cours d’école

 


5 raisons de végétaliser 

les cours d’école

 

De nombreuses générations d’enfants ont connu le modèle traditionnel de la cour d’école entièrement recouverte de bitume et même parfois privée de tout végétal. Aujourd’hui, de plus en plus d’établissements expérimentent d’autres manières d’aménager leurs cours, en laissant davantage de place à la nature. Une configuration qui offre de multiples avantages, notamment en termes écologiques et éducatifs. Après un été caniculaire quasiment partout en France – n’en déplaise aux climato-négationnistes dans le déni, Mr Mondialisation revient sur un projet de renaturation plus que nécessaire.

 

En juin dernier, des parents très inquiets se sont mobilisés pour limiter la surchauffe des salles de classe, devenues de vraies fournaises.

Pourtant, avec des moyens et une organisation collective anticipée, végétaliser une cour de récréation pourrait devenir vital. Opter pour cette solution permettrait de lutter activement contre l’emballement climatique, mais aussi d’ouvrir l’esprit des plus jeunes à des problématiques environnementales et sociales. Mr Mondialisation vous présente à nouveau cinq raisons de généraliser cette idée à tous les établissements scolaires.

Lien pour voir la vidéo sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=g0D5ICi6xrA

1) Lutter contre le dérèglement climatique

Si les environnementalistes se battent pour limiter l’intensité du réchauffement climatique, celui-ci est inévitable et a d’ailleurs déjà bien commencé. Résultat, les fortes températures, les sécheresses et les canicules vont se multiplier ces prochaines années.

Or, les espaces artificialisés, en particulier avec du bitume noir, favorisent grandement les îlots de chaleur. À l’inverse, les végétaux peuvent rafraîchir une zone, notamment grâce à l’ombre que peuvent offrir les arbres.

 

Lien pour voir la vidéo sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=ftJSarL9qgw

En outre, les plantes ont également l’avantage de capturer du CO2 et donc de contribuer à limiter le dérèglement climatique. Enfin, retirer le bitume permet aussi au sol d’absorber l’eau de pluie et faciliter son cycle naturel.

2) Apprendre à vivre ensemble

C’est un rapport que l’on fait sans doute moins spontanément, et pourtant, une cour végétalisée offre plusieurs avantages au niveau de la socialisation des enfants. Elle permet d’abord de diversifier les jeux et mieux intégrer les filles.

En effet, les espaces traditionnels mettent fréquemment les garçons à l’honneur, notamment avec un terrain de football qui occupe généralement une place centrale dans l’école. Un sport qui a tendance à moins intéresser le genre féminin, qui de fait reste souvent en marge, comment le montre une enquête de l’UNICEF.

Avec une organisation spatiale différente, les enfants peuvent participer à plus d’activités ludiques et améliorer leur relation et leur coopération. Cette diversité permet en outre aux occupations des uns de ne pas empiéter sur celles des autres et donc de mieux cohabiter et intégrer tout le monde.

3) Améliorer sa santé et ses capacités

Une étude néerlandaise établit un lien de cause à effet entre la présence de la verdure et la diminution de l’agressivité, la violence et le harcèlement entre enfants. Il faut dire que de nombreuses recherches confirment également que le contact avec la nature fait énormément baisser le stress.

 

Lien pour voir la vidéo sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=QbUUj9DDjWw

Mais ce n’est pas tout, puisque cette exposition améliorerait aussi le système immunitaire, les capacités motrices (notamment par la diversification des jeux et l’interaction avec l’environnement) et l’estime de soi. Elle inciterait les enfants à se dépenser. Et pour couronner le tout, le contacte avec la nature augmenterait tout simplement la sensation de sérénité.

4) Rêver

En présence d’un terrain vide, bétonné et sans vie, il est sans doute beaucoup plus simple de surveiller les élèves. Et c’est probablement pour cette raison que les cours d’école modernes ont été conçues ainsi.

Lien pour voir la vidéo sur YouTube :  https://www.youtube.com/watch?v=QOaCIB0_9lM

Et pourtant, pour évoluer de façon équilibrée, un enfant a, à l’inverse, besoin d’être stimulé, pour pouvoir rêver, escalader, manipuler, construire, inventer, ou encore se cacher. La diversité des espaces offerts par la végétalisation peut contribuer à fournir les éléments nécessaires à tous ces besoins.

Ce foisonnement va aussi permettre de développer une plus grande créativité à travers tout un imaginaire, mais également à encourager la curiosité et à porter un intérêt réel et empathique à tout ce qui entoure l’écolier.

5) S’ouvrir à la nature

Dans un monde où l’urbanisation est galopante et où les écoles en milieu rural ferment les unes après les autres, les établissements scolaires sont de plus en plus situés dans les agglomérations où la nature est elle-même déjà bien discrète.

Pour beaucoup d’enfants citadins, il n’existe donc presque plus aucun moyen de se connecter avec elle et d’apprendre à la respecter et à la protéger. Dans ce contexte, les cours végétalisées peuvent devenir une fabuleuse façon d’atteindre ces buts.

 Lien pour voir la vidéo sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=UHGqySplHnY

 

Mieux, elles peuvent même prendre une dimension éducative avec une participation au jardinage, à la découverte des plantes ou encore à l’observation de la biodiversité (notamment les insectes et les oiseaux) favorisée par une telle configuration. Et dans une époque où la défense de la planète s’avère de plus en plus cruciale, ouvrir les futurs citoyens à ce genre d’enjeux apparaît comme une nécessité absolue.

– Simon Verdière, mise à jour par Mara Pron


Photo de couverture de Vitolda Klein sur Unsplash

Source : https://mrmondialisation.org/5-raisons-vegetaliser-cour-ecole/ 

vendredi 4 septembre 2026

Stop Pesticides - Mobilisation internationale le 3 octobre 2026 à Saint‑Pierre‑la‑Garenne (Eure)

Stop Pesticides

Mobilisation internationale 

le 3 octobre 2026 

à Saint‑Pierre‑la‑Garenne (Eure)



Les pesticides tuent, de plus en plus et depuis bien trop longtemps ! Le 3 octobre 2026, nous, paysan·nes, travailleurs et travailleuses agricoles, personnes malades et habitant·es de territoires contaminés convergeront vers le site de Syngenta à Saint-Pierre-la-Garenne, dans l’Eure. Nous y appelons à une manifestation massive pour dénoncer les ravages de l’industrie agrochimique et obtenir la mise à l’arrêt de ce site majeur, emblématique de l’impunité dont bénéficient les multinationales qui nous empoisonnent. Simultanément, des mobilisations auront lieu sur plusieurs autres continents pour dire « Pesticides, Syngenta, ni ici ni ailleurs ! » 




Le Teaser de la mobilisation en vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=SRCp1qZ00ME

Notre campagne contre la production de pesticides

Les pesticides tuent, de plus en plus et depuis bien trop longtemps, en premier lieu les travailleurs et travailleuses agricoles. Les quelques multinationales qui en tirent profit intoxiquent toujours plus les terres et les populations. Depuis des années, nous accumulons pourtant les preuves, les alertes et les combats : dossiers de reconnaissance de maladies professionnelles, recours juridiques, enquêtes de terrain, rassemblements devant des points de captage d’eau pollués, manifestations, accompagnement des personnes contaminées... Pourtant, nous ne sommes toujours pas entendu.es. Alors que les scandales sanitaires à ce sujet se multiplient, les pouvoirs publics et les instances européennes continuent de favoriser un modèle agricole soumis aux pesticides et de légiférer en ce sens. Ils installent ainsi une insécurité chimique sur la population entière, C’est pourquoi nous avons engagé une campagne d’actions pour désarmer les infrastructures de production des pesticides sur nos territoires et promouvoir une autre agriculture. 

Pourquoi arrêter ce site ?

Un site qui contamine durablement

Le site de Saint-Pierre-la-Garenne illustre concrètement les dégâts de ce système. Depuis des décennies, Syngenta y produit de nombreux pesticides dangereux. Les nappes phréatiques voisines sont fortement polluées, et des arrêtés préfectoraux interdisent régulièrement aux riverain.es d’utiliser l’eau de leurs puits pour arroser leurs cultures. Dans les environs, les pathologies, notamment certains cancers, sont en constante augmentation. Le territoire lui-même en subit les conséquences durables.

La santé des salarié.es menacée

Cette pollution s’accompagne de conditions de travail indignes. Sur les 150 salarié·es du site, plus de la moitié sont en procès avec leur employeur au sujet des primes de douche, que l’entreprise refuse de verser. Or le Code du travail impose à l’employeur de mettre à disposition des douches et des installations sanitaires adaptées dans les établissements où sont réalisés certains travaux insalubres et salissants. Ces obligations prennent un sens particulier lorsque les travailleur·euses manipulent chaque jour des substances chimiques toxiques et que des maladies professionnelles associées sont reconnues sur le site.

Un système derrière ce site


Interdits ici, les produits sont vendus ailleurs

L’usine s’inscrit aussi dans une économie d’exportation des poisons. Jusqu’en 2023, elle produisait encore des substances actives de pesticides interdites en Europe, que ce soit pour leur usage agricole, leur production, leur stockage ou leur circulation. Ces produits étaient ensuite envoyés vers d’autres continents, avec des conséquences sociales et environnementales dramatiques. Des pratiques comparables se poursuivent dans d’autres sites industriels proches, notamment chez BASF à Saint-Aubin-lès-Elbeuf. Ce commerce des toxiques repose sur une logique de double standard et de colonialisme chimique que nous refusons : ce qui est interdit ici ne doit pas être imposé ailleurs.

À moins de deux kilomètres se trouve également le site de Nufarm, autre acteur majeur de l’agrochimie, qui produit notamment de l’imidaclopride, du glyphosate ou de la butraline. Jusqu’en 2025 au moins, l’entreprise a exporté en Afrique de l'Ouest et sans accord des pays importateurs d’importants volumes de prochloraz, un fongicide retiré du marché français en 2021 en raison de ses effets sur les cancers hépatiques et sur l’environnement. Malgré ces faits, aucune sanction n’a été prise par les services de l’État.

La captation des semences 

Le site de Saint-Pierre-la-Garenne abrite notamment le Centre d’Étude Technique d’Application des Produits de Protection des Semences (CETAPPS), où d’importants volumes de semences propriétaires sont enrobés chimiquement avant leur diffusion. La production industrielle des pesticides est intrinsèquement liée à celle du contrôle des semences, et donc à la perte d’autonomie des paysan·nes. Nous refusons que les semences soient brevetées et génétiquement modifiées par ces firmes alors que nous les sélectionnons depuis des générations pour préserver une biodiversité cultivée indispensable à la souveraineté alimentaire.

Un secteur organisé en oligopole

Syngenta, aux côtés de BASF, Bayer-Monsanto et Corteva, domine un secteur organisé en oligopole. Depuis son rachat en 2017 par le conglomérat public chinois ChemChina, l’entreprise occupe une place centrale dans le marché mondial des pesticides et des semences. Ce pouvoir économique s’appuie sur une forte concentration industrielle et sur le soutien de grands actionnaires comme BlackRock, Vanguard, State Street, Capital Group et Fidelity. Ce système fragilise l’agriculture paysanne et entretient une dépendance structurelle aux intrants chimiques, au prix de la maladie des populations et de la disparition progressive des paysan·nes.

Le chantage à l’emploi

Lorsque ces enjeux sont soulevés, les entreprises agitent souvent le chantage à l’emploi et la menace de délocalisation. Nous répondons clairement à cet argument. Nous défendons des reconversions industrielles utiles aux salarié·es comme aux paysan·nes, mais nous ne voulons de ces productions ni ici ni ailleurs. Les mobilisations prévues dans d’autres pays le 3 octobre exprimeront elles aussi cette exigence commune et cette solidarité internationale.

Ce que nous demandons 

Un seul chemin est possible : la transformation du modèle agricole. Nous voulons cultiver, nourrir et vivre de notre travail sans nous empoisonner. Nous refusons que nos terres soient accaparées et leur fertilité brisée par les multinationales de l’agro-industrie. Nous nous opposons à ce que les semences paysannes soient brevetées et que la biodiversité cultivée soit réduite à une marchandise.Les alternatives agroécologiques aux pesticides existent, et leur généralisation suppose de lever les freins économiques et politiques qui maintiennent la dépendance à l’agrochimie. Nous devons sortir du système libéral qui tire les prix vers le bas et impose à une majorité de paysan.nes l’utilisation massive de pesticides utilisés comme moyens de survie à court terme sur le marché international. Les coûts cachés des pesticides en France (soutien financier public, coûts environnementaux, coûts sanitaires), estimés à 18 milliards d’euros par an, devraient au contraire être consacrés à la transformation du modèle agricole.

Changer la donne par l’action collective ! Réunies nos colères sont puissantes.

Le 3 octobre 2026 à Saint-pierre-la-Garenne, nous viendrons de Normandie, de partout en France et au-delà pour marquer notre détermination à en finir avec les industriels des pesticides. Pour mettre un terme à l'insécurité chimique, l'expression de la colère citoyenne est essentielle. Nous exigerons que soient établies les responsabilités dans la contamination de l’eau, des sols et des corps, que cessent les productions les plus toxiques, que les salarié·es soient justement indemnisé.es et soutenu.es dans la reconversion de ces secteurs. L’omerta tout comme les crimes de Syngenta doivent cesser !

MANIF’ et FÊTE : Parce que face aux industrie de la mort, nous partageons une immense envie de vivre, notre mobilisation débordera de sons et de couleurs. Une grande fête paysanne aura lieu le samedi soir à l'issue de la manifestation 

ACCUEIL : Il sera possible de camper, dans des endroits dédiés, la veille et le soir même de la manifestation - 

SOIRÉE D'INFOS, BUS, COVOITURAGE : Des  soirées d'information afin de se regrouper localement pour la mobilisation, ainsi que des bus s’organisent depuis diverses villes en France. Si vous souhaitez organiser une soirée de mobilisation dans votre ville ou village nous pouvons vous envoyer un kit de présentation. 

À l'appel de la Confédération paysanne, Cancer Colère, le CSVPO (collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest), les Soulèvements de la terre.

Avec le soutien d'organisations syndicales, paysannes, décoloniales, écologistes, culturelles...

Pour plus d'infos : stop-syngenta3oct.com

Contact : stop-pesticides3oct@riseup.net

  


 

Les 10 exigences concrètes 

de notre campagne d'action 

pour sortir des pesticides 

et défendre une agriculture paysanne

Nous demandons :

1. L'accompagnement des fermes vers une transition agroécologique. Les politiques publiques et notamment la PAC 2028-2034 doivent soutenir des pratiques agricoles respectueuses de la santé, des sols et de la biodiversité et aider à l'emploi. Aucun fonds public ne doit aller à une agriculture mortifère ;

2. L'instauration de prix minimum garantis qui visent à interdire l'achat des produits agricoles par les distributeurs alimentaires en dessous du prix de revient qui comprend les charges, la rémunération du travail et la protection sociale ;

3. l'application de la décision rendue le 3 septembre 2025 par la cour administrative d'appel de Paris imposant la réévaluation des procédures d'homologation des pesticides du fait de leur impact environnemental et sanitaire désastreux ;

4. l'interdiction effective des substances cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques et des perturbateurs endocriniens ;

5. l'abandon des projet de loi Duplomb 2, du projet de directive omnibus et la mise à distance du lobby agrochimique vis à vis des espaces de décisions des politiques publiques ;

6. la reconnaissance élargie des maladies professionnelles et des réparations pour les travailleurs et travailleuses agricoles malades de l'utilisation des pesticides ;

7. la garantie d’une protection sociale pleine et entière pour tous les salarié·es de l’agrochimie, victimes ou exposé·es aux risques de leur activité et des mesures protectrice d'accompagnement à la reconversion de leurs secteurs d'activités ;  

8. l'arrêt de l'exportation de pesticides interdits en Europe sur d'autres continents, des réparations pour les victimes du chlordécone dans les Antilles, le paraquat en Guyane, ou le malathion en Te Ao Maohi - Polynésie, dépollution et la restitution des terres spoliées par l'empire constitué par le groupe Bernard Hayot (GBH) ;

9. le refus des nouveaux OGM issus des Nouvelles Techniques Génomiques (NGT) et des variétés de semence brevetées qui engendrent une privatisation du vivant au dépend de l'agriculture paysanne et de l'autonomie alimentaire des populations ;

10. la protection immédiate de tous les points de captage et cours d'eau, ainsi que la dépollution des sols et des milieux naturels ; 

Source : https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/stop-pesticides-mobilisation-internationale-le-3-octobre-2026

mercredi 26 août 2026

Les 10 bonnes nouvelles de la semaine - Réseaux sociaux, séniors, auto-construction :

 


Réseaux sociaux, séniors, 

auto-construction : 

les 10 bonnes nouvelles 

de la semaine

 

  

Pour contrer le blues du dimanche soir (ou plutôt des lundis capitalistes), voici 10 bonnes nouvelles de la semaine !

 

1. Réseaux sociaux : la loi interdisant l’accès aux moins de 15 ans, censurée par le Conseil constitutionnel

La loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans a été censurée par le Conseil constitutionnel, qui a jugé l’atteinte aux libertés disproportionnée. Ils ont notamment critiqué son périmètre trop large, l’absence de prise en compte de l’autorité parentale et les risques liés à la vérification d’âge. Le gouvernement prévoit un nouveau texte d’ici au printemps 2027. (le Monde)

2. Les Insatiables redonnent l’appétit à des séniors

La dénutrition toucherait un million de personnes de plus de 65 ans en France et peut entraîner perte d’énergie, amaigrissement et problèmes de santé. Pour la prévenir, l’association Les Insatiables organise notamment des ateliers et concours culinaires en Ehpad, qui permettent de sensibiliser les seniors à l’importance de bien manger tout en favorisant le plaisir, l’autonomie et le lien social. (Marcelle Média)

3. En Ariège, elles construisent leur maison en bois, terre et paille

En Ariège, Jocelyne et Dominique ont construit leur maison avec du bois, de la terre et de la paille, des matériaux bruts ou peu transformés. Dix ans après, la maison de 54 m² n’a pas bougé, grâce notamment à une conception protégeant la terre de l’humidité. Construite en chantier participatif, elle leur a coûté 50 000 euros au total. (Reporterre)

4. Quimper : échanges culturels entre jeunes breton·nes et palestinien·nes

Des collégien·nes breton·nes ont accueilli huit jeunes Palestinien·nes du camp de Balata, en Cisjordanie, pour une tournée mêlant danses, visites et rencontres. À travers le Dabke et plus globalement la culture locale, ces échanges ont permis de mettre en lumière les traditions communes, créer des liens entre les deux jeunesses et d’offrir aux jeunes Palestinien·nes une parenthèse de liberté et de sérénité. (La Relève et la Peste)

5. Un vaccin personnalisé montre des résultats prometteurs contre le mélanome

Un vaccin personnalisé à ARN messager développé par Moderna et Merck a donné des résultats positifs en phase 3 chez plus de 1 100 patients atteints d’un mélanome avancé. Associé à une immunothérapie, il a amélioré significativement la survie sans récidive par rapport au traitement seul. Les laboratoires doivent désormais présenter les résultats détaillés et demander son autorisation. (20minutes)

6. Dans le sud-ouest de l’Angleterre, la martre des pins se reproduit avec succès

La réintroduction de la martre des pins porte ses premiers fruits dans le sud-ouest de l’Angleterre : des caméras ont filmé quatre petits à Exmoor et deux à Dartmoor, après le relâcher de 34 individus depuis 2024. Ces naissances constituent les premières preuves de reproduction depuis le lancement du programme visant à restaurer l’espèce, disparue localement depuis plus d’un siècle. (Devon Wildlife Trust)

 

7. La nigelle des champs réapparaît en Sarthe après 150 ans d’absence

Après 150 ans d’absence, la nigelle des champs a été retrouvée en Sarthe, où sa dernière observation remontait à 1879. Classée en danger critique d’extinction, cette petite fleur a réapparu sur une parcelle où des pratiques agricoles favorables permettent aussi à d’autres fleurs des moissons de se développer. (Reporterre)
 

10. Une loutre réapparaît à New York après plus d’un siècle d’absence

Après plus d’un siècle d’absence, une loutre d’Amérique a été photographiée dans la Bronx River, à New York. Son retour témoigne de la restauration progressive de cette rivière, autrefois fortement polluée, grâce à des décennies d’efforts pour améliorer la qualité de l’eau et les habitats. (The Guardian)
 
Mara Pron


Photo de couverture : Ryan Reynoso / Unspalsh

Source : https://mrmondialisation.org/reseaux-sociaux-seniors-autoconstruction-10-bonnes-nouvelles-semaine/ 

mardi 25 août 2026

Les 5 conditions pour l'aide à mourir - « Aide à mourir » : lettre aux député·es de la part du Front de Gauche Antivalidiste


 Les 5 conditions 

pour l'aide à mourir

 

 Un droit à l'aide à mourir est institué. Il consistera à autoriser et à accompagner un malade qui a demandé à recourir à un produit létal. Le malade devra s'administrer lui-même le produit. Toutefois, s'il en est incapable physiquement, il pourra se le faire administrer par un médecin ou un infirmier. L'auto-administration sera donc la règle et l'administration par un soignant l'exception.

Pour accéder à l'aide à mourir, le malade devra remplir 5 conditions :

1. être majeur (au moins 18 ans) 

2. être français ou résident étranger régulier et stable en France

3. être atteint d'une affection grave et incurable, quelle qu'en soit la cause, qui engage le pronostic vital, en phase avancée ou terminale. Un amendement du gouvernement a explicité la "phase avancée" de la maladie L, qui reprend la définition donnée par la Haute Autorité de santé (HAS) dans son avis du 6 mai 2025 L. Cette phase est "caractérisée par l'entrée dans un processus irréversible marqué par l'aggravation de l'état de santé de la personne malade qui affecte sa qualité de vie". Selon l'exécutif, la prise en compte de ces repères dans la loi permettra d'éviter une application variable de l'aide à mourir, qui pourrait générer des inégalités d'accès ou exposer les médecins à des décisions isolées, sans fondement partagé 

4. présenter une souffrance liée à cette affection qui est réfractaire aux traitements (qu'on ne peut pas soulager) ou insupportable selon le patient, lorsqu'il a choisi de ne pas recevoir ou d'arrêter un traitement. Les députés ont précisé qu'une souffrance psychologique seule ne peut pas permettre de bénéficier de l'aide à mourir et ont, en deuxième lecture, supprimé le caractère constant de la souffrance

5. être apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée. Le malade devra être capable de prendre sa décision en ayant conscience de la portée et des conséquences de son choix, ce qui exclut les personnes dont le discernement est gravement altéré au moment de la démarche.


___________________________________


 Ici un point de vue peu entendu, 

qui mérite d'être connu et défendu


Tribune 17 février 2026

Elena Chamorro

« Aide à mourir » : 

lettre aux député·es de la part 

du Front de Gauche Antivalidiste

La gauche anti-validiste vous appelle à voter contre la proposition de loi relative à « l’aide à mourir ». Nous, collectifs et associations de personnes handicapées, citoyen·nes et soignant·es engagé·es à gauche, souhaitons de nouveau vous alerter sur les dangers majeurs que représente ce texte.


Mesdames, Messieurs les député·es,

Vous examinez actuellement en seconde lecture la proposition de loi relative à « l’aide à mourir », visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté.

Nous, collectifs et associations de personnes handicapées, citoyen·nes et soignant·es engagé·es àgauche, souhaitons de nouveau vous alerter sur les dangers majeurs que représente ce texte.

Contrairement à ce qui est avancé, la proposition de loi ne concernera pas seulement des personnes malades dont la mort est imminente, mais bel et bien de nombreuses personnes malades et handicapées, dont la mort n’est ni proche ni prévisible, comme le confirment les critères d’éligibilité retenus. Sur un tel sujet, il n’y a d’ailleurs pas de distinction artificielle à faire entre maladie et handicap, puisque la maladie constitue l’une des principales causes des limitations qui produisent le handicap, les deux notions sont inextricablement liées.

Dans une société marquée par la précarité, le manque d’accompagnement et l’effondrement du système de soins, le suicide assisté et l’euthanasie risquent de devenir pour les personnes concernées une réponse à l’abandon plutôt qu’à la souffrance. Beaucoup de personnes malades et handicapées pourraient ainsi être conduites à demander la mort faute de pouvoir vivre dignement.

La liberté invoquée ne peut être réelle dans un contexte d’inégalités profondes, où les personnes concernées subissent déjà dépendance, pauvreté et pressions sociales. Présenter le choix de la mort médicalisée comme libre revient à faire abstraction des contraintes sociales, économiques et institutionnelles existantes.

Les expériences étrangères montrent qu’une fois le principe adopté, les critères vont en s’élargissant et les demandes en augmentant, y compris pour des raisons sociales, sans qu’aucune garantie ne puisse empêcher les dérives observées. L’exemple du Québec doit à cet égard nous alerter. L’euthanasie, qui avait été présentée initialement comme une réponse à des situations exceptionnelles, s’est progressivement banalisée et représente désormais environ 7 % des décès.

Dans une société qui peine déjà à prévenir le suicide, la reconnaissance d’un droit à mourir risquerait, en outre, d’affaiblir la prévention du suicide et de conduire à une hiérarchisation des vies inacceptable tant sur le plan éthique que politique.

En tant qu’élu·es de gauche, vous avez une responsabilité particulière. Vous ne pouvez faire de la mort une proposition sociale. L’urgence est d’améliorer les conditions de vie, de soins et d’accompagnement des personnes malades et handicapées.

Pour toutes ces raisons, nous vous demandons de vous opposer fermement à cette proposition de loi lors du vote du 20 février 2026.

Nous comptons sur vous,

https://fg-antivalidiste.fr/

Le FGA et ses soutiens.

 

Le Front de Gauche Anti-validiste est composé des associations CLE Autistes, CUSE (Collectif Une Seule École), Handi-Social, Odile Maurin, élue municipale, présidente d’Handi-Social, Elisa Rojas, avocate et militante, l’Observatoire Féministe des Violences Médicales, Corps Dissidents, Les Dévalideuses, Collectif JABS – jusqu’au bout solidaires, Elena Chamorro, enseignante et militante.

Il est soutenu par plus de 2700 soignant·es, chercheur·ses, membres de la société civile, syndicats, collectifs et associations ARRA Association pour la Réduction des Risques Aéroportés, Winslow Santé Publique, #NousToutes, SNJMG syndicat national des jeunes médecins généralistes, Pour une Santé Engagée et Solidaire, collectif d'étudiant·es en santé de Sorbonne Université, Collectif Nos Enfants Trans, Les Dégommeuses, AcceptessT, Pour une MEUF (Médecine Engagée Unie et Féministe), Collectif CHAUD, collectif de soutien aux personnes handiEs, Collectif Dévalidiste du Pays de Redon, Syndicat handi angoumoisin, Cabrioles, Carnet de recherche pour l’autodéfense sanitaire face au Covid-19, Mask Bloc Lille, Mask Bloc Lyon, Mask Bloc Paris, Paye ta Psychophobie, Association of Rights-based Public Jobs for the Disabled, Korea Council of Centers for Independent Living, National Coalition of Disabled Survivors of Institutionalization, l'Assemblée pour des soins antiracistes et populaires, Collectif Queer Handi Access 80…


Source : https://blogs.mediapart.fr/elena-chamorro/blog/170226/aide-mourir-lettre-aux-depute-es-de-la-part-du-front-de-gauche-antivalidiste


vendredi 14 août 2026

Pénurie de lunettes pour l’éclipse : le symptôme d’un néolibéralisme à bout de souffle

 



PÉNURIE DE LUNETTES POUR L'ÉCLIPSE : LE SYMPTÔME D'UN NÉOLIBÉRALISME À BOUT DE SOUFFLE


12 août 2026

« La France est en déclin » : c'est ce que répètent les réactionnaires. Selon eux, notre grand et beau pays serait trop taxé, trop social, il y aurait trop « d'assistés » et de dépenses publiques... Bref, tout fout le camp. En fait, c'est l'inverse qui s'est produit : avant d'être essoré par 20 ans de néolibéralisme et dirigé par des managers tyranniques, il y avait encore dans notre pays une vague conscience du bien commun et du service public. Alors oui, la France est bien en déclin, mais pas pour les mêmes raisons avancées dans les médias dominants : la preuve avec les lunettes spéciales pour regarder les éclipses.

Tout le monde en parle : ce mercredi 12 août, nous aurons la chance d'assister à une éclipse solaire, qui sera quasiment complète dans l'ouest de la France. Un spectacle céleste qui se poursuivra avec les perséides, la fameuse nuit des étoiles filantes, pour peu qu'elle ne soit pas gâchée par la pollution lumineuse ou divers satellites.

La dernière éclipse totale visible en France a eu lieu en 1999. C'était il y a 27 ans, et c'est un événement de comparaison intéressant pour observer la faillite du néolibéralisme. Actuellement, nous avons une pénurie de lunettes pour regarder l'éclipse : les pharmacies et bureaux de tabac ont été pris d'assaut, il faut parfois débourser plus de 7 euros pour récupérer les rares modèles disponibles. Et comble de l'impréparation, les rares lunettes trouvables se trouvent dans des exemplaires de Paris Match, un magazine de Bolloré. Ce gouvernement d'incapables n'a rien prévu pour protéger les yeux de la population.

En 1999, tout le monde avait accès à des lunettes. D'abord parce qu'à l'époque, le prix des lunettes de protection avait été plafonné par une circulaire publiée quatre mois avant l'éclipse. L’État a donc veillé à ce qu'il n'y ait pas de spéculation sur ce produit qui protège la santé. C'était 5 francs maximum, soit 76 centimes d'euros. Autre mesure : le gouvernement avait imposé un cahier des charges et des normes à respecter pour la production des lunettes.

À l'époque, personne ou presque n'avait eu besoin d'en acheter, car les lunettes étaient distribuées gratuitement quasiment partout : les opticiens et les pharmacies en donnaient, il y avait des paires offertes avec les programmes TV, et l’État avait organisé des points « Éclipseinfo », gérés par les mairies et les associations d'astronomie, qui donnaient elles aussi les fameuses lunettes. Tout avait été préparé bien en amont : l'éclipse avait eu lieu en août, et ces mesures avaient été prises des mois en avance.

Le gouvernement avait aussi diffusé 10 millions de tracts et 700.000 affiches d'information. Dans les salles de classe, on expliquait aux enfants ce qu'était une éclipse solaire, l'importance de se protéger, et on distribuait les lunettes. Mieux encore, un stock de près de 35 millions paires avait été constitué par l’État. Et malgré cette organisation, 147 personnes avaient présenté des lésions oculaires faute de protection.

Nous voici en 2026 : les lunettes ne sont plus gratuites et disponibles partout, mais hors de prix et en pénurie. Voilà le capitalisme dérégulé : un recul drastique sur des tâches qui étaient bien gérées il y a trois décennies.

Interrogé par Le Monde, le Ministère de la Santé confirme qu'il n'a prévu aucune campagne de prévention grand public. Inévitablement, des dizaines de personnes seront blessées le 12 août, car elles n'auront pas pu se procurer de quoi regarder l'éclipse. Les libéraux parleront alors de « responsabilité individuelle » et culpabiliseront les victimes.

Il y a quelques jours, la Ministre de la Santé racontait déjà n'importe quoi à propos des incendies, estimant que le monoxyde de carbone provoqué par les feux « se sent et se voit » et qu'il suffit d'un masque pour s'en protéger – alors qu'il s'agit au contraire d'un gaz potentiellement mortel, incolore et inodore, et qui n'est pas une particule filtrable avec les masques habituels. Pendant le Covid, le gouvernement avait assuré que les masques étaient inutiles et dangereux, avant d'imposer le port du masque sans être capables d'en fournir, puis de mettre en place des mesures liberticides aussi absurdes qu'inutiles.

L'éclipse est un nouveau révélateur d'un recul abyssal. Cela ne veut pas dire que l'époque de Jospin et Chirac était un paradis. Mais il y a bien un déclin, évident : celui des élites, devenues profondément stupides, cupides, incultes et égoïstes, sans aucun sens de l'histoire ni de l'intérêt collectif. 
 
 
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mardi 11 août 2026

Son fils est né avec une malformation : une mère en colère contre les pesticides et leurs « lobbyistes sans scrupules »

Son fils est né avec une malformation : 

une mère en colère contre les pesticides 

et leurs « lobbyistes sans scrupules »

 

7 août 2026

 

Le fils de Florence Jamault, maraîchère bio, est né avec une malformation potentiellement liée à une exposition aux pesticides avant la conception.

Les parents d’un garçon né avec une malformation potentiellement liée aux pesticides se livrent à une double bataille : dénoncer le pouvoir de l’agrochimie, notamment au Parlement européen, et chez eux, en vivant de leur culture bio.

Corbie (Somme), reportage

Florence Jamault est du genre à se trouver chanceuse, quelles que soient les situations. Ce, même si son fils est né à Amiens (Somme) il y a dix-sept ans avec une malformation au niveau du pénis, potentiellement liée à une exposition aux pesticides avant la conception. « Je nous estime heureux qu’il n’ait pas de cancer comme tant d’autres à cause des produits de l’agrochimie. Nous n’avons pas eu à traverser le calvaire des chimios », confie-t-elle depuis le campement de fortune familial estival. Il est installé à Corbie sur l’exploitation maraîchère bio qu’elle a montée en 2020 avec son compagnon, Julien Pillon.

« Notre salle de bain naturelle ! » s’exclame-t-elle en cette caniculaire journée de juillet en désignant l’Ancre. La rivière rejoint la Somme qui mène à Amiens, 20 km plus loin. Tout autour, des champs géants de blé, de maïs, d’orge et de betteraves à perte de vue. Quelques canards de Barbarie font office de comité d’accueil à l’entrée de la surface agricole, à côté des toilettes sèches.

« Depuis tout petit, je suis en contact avec les pesticides, je les reconnais à l’odeur »

Pas d’accès à l’eau ni à l’électricité dans le mobile home et la caravane où ils dorment pendant les vacances scolaires. Histoire d’allonger, encore, les longues journées à bichonner les pousses de haricots qui montent en torsade et autres fleurs de courgettes qui annoncent de belles cueillettes dans trois longues serres surchauffées par le soleil ardent de cet été… Et toutes les autres cultures, légumières, mais aussi céréalières, étalées sur 1,5 hectare.

Avant ça, Florence Jamault, lunettes aux montures fines argentées, comme quelques mèches de sa chevelure brune, travaillait dans la culture. « J’ai juste ajouté “agri” devant », rit la quadra. Lui était professeur des écoles. Auparavant, il avait passé un bac pro vigne et vin. Leur reconversion n’a rien du hasard.

À la naissance de leur fils, «  les soignants ont demandé le métier de nos parents… Nos deux pères étaient agriculteurs en conventionnel, cela ne les a pas étonnés  », se remémore Florence Jamault. © Stéphane Dubromel / Reporterre

Peu de temps avant la naissance de leur fils, qui n’était pas présent lors de notre entretien, Julien Pillon a été salarié agricole pendant un an, pour prêter main-forte à son père, aujourd’hui âgé de 75 ans, céréalier dans la Somme… et grand consommateur de pesticides, comme la majorité de sa génération. Ses champs de colza et de betteraves étaient pulvérisés à foison.

« Depuis tout petit, je suis en contact avec les pesticides, je les reconnais à l’odeur. J’ai utilisé le pulvérisateur à main, avec le liquide qui coule dans le dos. Cette exposition a pu jouer dans la malformation. C’est dur de se le dire », livre Julien Pillon, 46 ans, bras taillés à force de désherber.

La maladie des garçons qui se font pipi sur les pieds

Le 11 avril 2009, dans les cinq minutes qui suivent la naissance de leur fils, la nouvelle tombe. Elle porte un nom barbare, l’hypospadias, « aussi appelée la maladie des garçons qui se font pipi sur les pieds car sans opération, le jet n’est pas bien orienté », décrit simplement Florence Jamault.

« Tout de suite, les soignants ont demandé le métier de nos parents… Nos deux pères étaient agriculteurs en conventionnel, cela ne les a pas étonnés », se remémore la maraîchère biologique, malgré tout guillerette dans sa combishort noire aux motifs de pâquerettes, « assortis aux ongles noirs », plaisante-t-elle, les mains dans la terre et les chaussures de randonnée aux pieds.

Florence Jamault et son fils ont décidé d’aller témoigner au Parlement européen, fin juin. © Stéphane Dubromel / Reporterre

Enfant, son fils a été opéré à deux reprises, la circoncision a réglé le problème. Le couple a quand même tenu à signaler son histoire au service « pesticides et pathologies pédiatriques » du CHU d’Amiens.

Les spécialistes concluent : « Devant les expositions professionnelles indirectes probables du père de l’enfant durant la période préconceptionnelle, il nous apparaît légitime de recommander aux parents de réaliser une demande d’indemnisation auprès du Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides. » Pour compléter le dossier, il manque la visite de l’exploitation du père de Julien, sujet délicat à aborder. « Je ne lui en veux pas, il était dans le système », assure le maraîcher au regard noisette affirmé.

Julien Pillon et Florence Jamault sur leur exploitation maraîchère bio installée à Corbie. © Stéphane Dubromel / Reporterre

« Ils n’écoutent plus les ONG, ni les scientifiques »

« Mon gamin va bien, d’autres parents dont les enfants souffrent de leucémie auraient davantage besoin de dédommagements. Mais pour faire reconnaître le statut de victime et essayer de faire avancer les choses, il faut réaliser une demande, alors on le fait. Les pesticides sont pulvérisés partout dans les champs. Les voisins jouent dans les jardins alentour avec leurs enfants. Certains en deviennent malades et ne peuvent même pas faire reconnaître leur statut de victime », déplore-t-elle.

Le fonds prend en charge les victimes professionnelles du secteur agricole ainsi que leurs enfants exposés aux pesticides pendant la période prénatale, mais pas les simples riverains. C’est pour une meilleure reconnaissance des maladies environnementales que Florence Jamault et son fils ont décidé d’aller témoigner au Parlement européen, fin juin. Comme deux autres parents dont les enfants luttent contre le cancer, ils ont accepté l’invitation des Amis de la Terre à le faire.

«  Mon témoignage de maman d’un enfant né avec une malformation a plus d’écho que celui de maraîchère bio  », considère Florence Jamault. © Stéphane Dubromel / Reporterre
 

« On n’écoute plus les ONG ni les scientifiques, pour preuve, la loi Duplomb… Je me suis dit qu’on allait tenter de tirer une petite larme à certains politiques pour changer leur façon de voir et de voter », lâche-t-elle. Elle pense notamment au projet Omnibus X sur la sécurité des aliments, en ce moment en débat à Bruxelles et qui prévoit d’allonger la durée d’autorisation des pesticides, même toxiques. « Mon témoignage de maman d’un enfant né avec une malformation a plus d’écho que celui de maraîchère bio », considère Florence Jamault.

Trois jours à découvrir les arcanes du quartier européen « avec des lobbyistes qui discutent ouvertement avec des politiques aux yeux de tous, sans scrupules, lors de rencontres informelles, des sortes de Happy hour sur le gazon devant le Parlement », décrit-elle.

Horrifiée par l’influence de l’industrie agrochimique

Avec son fils, ils ont raconté leur vécu à une dizaine d’eurodéputés de tous bords. « L’un d’entre eux m’a dit qu’on avait le choix entre nourrir la population avec un risque de la rendre malade ou bien cultiver uniquement en bio mais sans que ce soit suffisant pour alimenter tout le monde, c’est aberrant », dénonce celle qui, avec son compagnon, s’acharne tous les jours à prouver que le modèle du biologique est viable, même si moins rentable.

Elle a été horrifiée par l’influence du discours de l’industrie agrochimique. Elle se serait crue dans le film Goliath, qui raconte le combat d’une autre femme contre des fabricants de pesticides. « Je suis en colère contre ces industriels qui vendent à la fois des produits qui nous rendent malades et des remèdes, c’est très malin », ironise-t-elle.

Lire aussi : « C’est du cynisme à l’état pur » : Bayer vend des produits cancérogènes... et des médicaments anticancéreux

Jamais elle ne pointe du doigt les agriculteurs conventionnels « qui ont un sentiment de culpabilité alors qu’ils sont les premières victimes du système, beaucoup développent des maladies professionnelles ». Elle a de bonnes relations avec ses voisins qui le sont. Même si elle s’estime heureuse que son potager soit abrité par de grands arbres qui font un minimum barrage aux produits pulvérisés.

Pour installer ses cultures, le couple a repris le terrain de chasse du propriétaire d’une ancienne usine. La vente à la ferme du vendredi après-midi a lieu dans un des bâtiments administratifs en brique rouge. Avant de planter, elle a d’abord fait tester le sol pour s’assurer qu’il n’était pas pollué en métaux lourds. « Quand une femme enceinte vient m’acheter mes produits, je veux être sûre de lui vendre des légumes sains », commente-t-elle.

Florence Jamault : «  Quand une femme enceinte vient m’acheter mes produits, je veux être sûre de lui vendre des légumes sains.  » © Stéphane Dubromel / Reporterre

Son compagnon vante le courage de Florence, d’aller dénoncer jusqu’à Bruxelles le modèle dominant, ce « sujet tabou », « si ça peut aider à donner du crédit à l’agriculture biologique »... Et elle celui de Julien, tant physique que mental, à s’évertuer treize heures par jour à prouver qu’un modèle sans produit est possible. Ils ont fini par investir dans une machine pour planter leurs 15 000 poireaux. Les années précédentes, c’était à la main.

Quand le quotidien dans les rangs de légumes se fait trop dur, elle pense à son frère, mort d’un cancer il y a une quinzaine d’années, à sa meilleure amie qui a vaincu le sien et elle se dit, encore une fois, qu’elle est chanceuse. Le soir même, elle se rendra à l’enterrement d’un ami du coin, lui aussi victime d’un cancer.

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Source : https://reporterre.net/Son-fils-est-ne-avec-une-malformation-une-mere-en-colere-contre-les-pesticides-et-leurs