Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan. Mais pas que. Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...
BLOG EN COURS D'ACTUALISATION... ...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...
1. Des lycéens fabriquent un banc d’allaitement pour l’espace public
À Avion, des élèves du lycée Auguste-Béhal de Lens ont conçu et fabriqué un banc d’allaitement installé au parc de la Glissoire,
offrant aux parents un espace calme et intime pour allaiter ou donner
le biberon. Un second banc est prévu, dans une démarche visant à favoriser l’allaitement dans l’espace public.(La Voix du Nord)
2. Une cour d’appel confirme la protection fédérale des zones humides de Floride
La justice américaine a confirmé que l’État
ne pouvait pas gérer seul certains permis de destruction des zones
humides sans respecter les obligations de la législation sur les espèces
menacées.Les autorisations resteront donc soumises au cadre
fédéral, qui prévoit davantage de contrôle public et de consultation des
nations autochtones. (Earthjustice)
3. À Dives-sur-Mer, la lutte contre la spéculation immobilière s’organise
À Dives-sur-Mer, où les résidences secondaires représentent près de la moitié des logements, la commune développe des BRS, logements sociaux, préemptions et taxes sur les résidences secondaires et logements vacants pour maintenir des habitant·es à l’année. Le dispositif BRS permet notamment à un trentenaire d’acheter son appartement 155 000 €, soit presque deux fois moins cher que les logements voisins. (Grand Format)
4. Une décision judiciaire renforce les droits des peuples autochtones face au projet de pipeline Line 5
La Cour suprême du Michigan a annulé le permis de construction du tunnel destiné à faire passer l’oléoduc Line 5 sous le détroit de Mackinac.
La décision intervient après les recours de plusieurs nations
autochtones et de collectifs écologistes opposés aux risques pour les
eaux des Grands Lacs. (Earthjustice)
5. Des vêtithèques pour lutter contre la fast fashion
À Genève, l’association Vet’Lok permet aux familles d’emprunter des vêtements pour enfants plutôt que de les acheter, favorisant réemploi, partage et réduction des achats neufs. Le modèle, encore marginal, existe aussi en France et pourrait réduire la surconsommation textile.(la Brèche)
6. Des plantes peuvent contribuer à dépolluer les sols contaminés au cadmium
Certaines plantes, comme le tabouret des bois, le saule ou l’arabette de Haller,
accumulent naturellement le cadmium et d’autres métaux lourds, ouvrant
des pistes pour dépolluer les sols. La laitue est particulièrement
efficace en laboratoire, mais son usage alimentaire pose problème puisqu’elle concentre aussi le cadmium présent dans les sols. (La Relève et la Peste)
7. Nantes transforme deux cours d’immeubles en jungle urbaine
À Nantes, l’artiste Evor a transformé progressivement deux cours d’immeubles en une jungle de 600 m² et des milliers de plantes, offrant un îlot de fraîcheur
en plein centre-ville. Désormais intégrée au parcours du Voyage à
Nantes, elle est accessible au public depuis un belvédère aménagé par la
Ville. (Marcelle)
8. Après un été brûlant, la mobilisation écologiste se renforce
Face aux canicules, sécheresses et incendies de l’été, les associations écologistes constatent une hausse de la mobilisation citoyenne.
Une dizaine de manifestations sont prévues en septembre, avec des
convergences inédites entre syndicats, associations sociales et
écologistes, tandis que les collectifs entendent maintenir la pression
sur les enjeux climatiques à l’approche de la présidentielle de 2027. (Vert)
9. Le kākāpō dépasse les 300 individus pour la première fois depuis 75 ans
En Nouvelle-Zélande, la population du kākāpō, perroquet nocturne incapable de voler, atteint 325 individus,
après une saison de reproduction exceptionnelle marquée par 90 nouveaux
poussins. L’espèce, tombée à seulement 51 individus en 1995, bénéficie
depuis de décennies d’un programme de conservation intensif combinant
suivi scientifique, gestion des prédateurs et aide à la reproduction. (Le Cercle)
10. En Sardaigne, la mobilisation fait reculer un projet de « glamping » de luxe
En Sardaigne, la mobilisation de collectifs citoyens et environnementaux a conduit les autorités à révoquer les autorisations d’un projet de complexe touristique de luxe à Cala Finanza,
qui bénéficiait d’un régime dérogatoire aux règles environnementales et
paysagères. La décision bloque pour l’instant la construction du site,
même si le promoteur a engagé un recours. (EuroNews)
Malgré l’existence d’un fonds d’indemnisation
dédié aux victimes des pesticides, les ouvriers agricoles exposés au
chlordécone durant des décennies aux Antilles peinent toujours à se
faire reconnaître.
Guadeloupe, correspondance
Du haut de ses 60 ans, Danielle Sainte-Rose n’a rien oublié du travail harassant dans les bananeraies en Martinique : «Je
travaillais dans une exploitation au Lamentin, à Vert Pré. Elle a fermé
depuis. Ma mère y était ouvrière agricole. C’est elle qui m’a fait
entrer là-bas. Au départ, c’était un petit boulot pour gagner de
l’argent. Finalement, j’y suis restée de 1996 à 2011.»
Les journées sous le soleil plombant de l’île se ressemblent toutes.
Compter les bananes. Poser les gaines photosélectives sur le fruit.
Ajouter de l’engrais chimique. Couper les feuilles au moment de la
récolte. Le tout, sans aucune protection fournie par l’employeur.
Toutes ces années, sans qu’elle en ait conscience, Danielle Sainte-Rose a été exposée au chlordécone.
Le pesticide est utilisé aux Antilles depuis 1972 afin de lutter contre
le charançon du bananier, l’un des principaux ravageurs des bananiers.
Il faut attendre 1993 pour que la France en interdise la vente et
l’usage, après épuisement des stocks des exploitants. Les États-Unis
l’avaient pourtant déjà proscrit pour sa toxicité en 1977.
«Ça a commencé par des douleurs dans le dos»
«C’était bien du chlordécone
qui était utilisé. Je passais devant les bidons tous les jours en
allant travailler et le nom du produit était dessus. On en utilisait
encore dans les années 2000, avant que je ne parte. Parfois c’était les
ouvriers agricoles qui en répandaient dans les champs et parfois il
était directement projeté par hélicoptère, au-dessus de nos têtes, alors
que nous ramassions les bananes. Nos chapeaux en étaient recouverts. Ma
mère en ramenait même à la maison, sans savoir la dangerosité du
produit, pour le jardin», affirme l’ancienne ouvrière agricole.
« Tout le monde savait »
Depuis, la mère de la sexagénaire est morte d’un lymphome, un cancer
du sang, que Danielle Sainte-Rose lie à son exposition au chlordécone.
De son côté, elle a été diagnostiquée en 2013 d’une forme de cancer au
niveau de la moelle épinière, un myélome. «Ça
a commencé par des douleurs dans le dos. Puis dans les os. Je ne
pouvais plus me déplacer. J’ai vu plusieurs spécialistes. J’ai dû faire
une chimio et une greffe de moelle osseuse. Aujourd’hui, je suis en
rémission», explique Danielle Sainte-Rose.
Ce n’est que dix ans plus tard, lorsque le scandale du chlordécone
fait la Une des grands médias nationaux, qu’au détour d’une réunion
publique organisée par le Coaadep,
le Collectif des ouvriers agricoles et leurs ayants droit empoisonnés
par les pesticides, et en présence d’un médecin de l’Agence régionale de
santé (ARS) en Martinique qu’elle comprend que le chlordécone est responsable de sa maladie.
«L’association m’a aidée à déposer un dossier au Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides (FIVP).
Il a été retenu en février 2024. Je perçois depuis une pension de 883
euros tous les mois. Cela n’enlève pas ma colère, car tout le monde
savait que c’était dangereux, à commencer par l’État, déplore celle dont le myélome a été reconnu comme maladie professionnelle. Si
l’on peut nous indemniser sur le temps de vie qu’il nous reste sur
Terre, c’est déjà ça. Mais je ne comprends pas pourquoi plus de monde
n’est pas concerné.»
Moins de 100 dossiers par an
Moins d’une centaine de dossiers en provenance de la Martinique et de
la Guadeloupe ont été déposés en 2024, et presque autant en 2023, selon
le rapport d’activité 2024 du Fonds d’indemnisation.
«Il faut rappeler qu’on part de loin, prévient Edwige Duclay, chargée de la coordination du plan chlordécone IV. Le
fonds a été mis en place en 2020 et tient compte de l’ensemble des
victimes de pesticides. Pas uniquement celles du chlordécone. Pour les
Antilles, en 2021, nous n’avions que cinq dossiers déposés. Aujourd’hui,
pour les deux territoires, entre 2021 et 2025, on dénombre 302 dossiers
déposés. 224 accords et déjà 183 personnes qui sont indemnisées.» L’indemnisation est plafonnée à 1 500 euros par mois et varie en fonction de la maladie.
Des chiffres à mettre en rapport avec les résultats de l’étude Kannari,
réalisée en 2013 par Santé publique France, la seule grande enquête sur
le sujet publiée à ce jour. Cette dernière avait alors démontré que le
pesticide était détecté dans le sang de plus de 90% de la population martiniquaise et guadeloupéenne.
«Avoir du chlordécone dans
le sang ne veut pas dire que l’on va tomber malade. On parle de
surexposition lorsque les personnes ont une chlordéconémie supérieure à
0,4 microgramme par litre (µg/L)»,
précise Edwige Duclay. Reste qu’en 2021, à l’issue d’une vaste campagne
de test, sur les quelque 40 000 chlordéconémies réalisées en Martinique
et en Guadeloupe, près de 15% d’entre elles (soit 6 000 personnes) indiquaient des seuils de contamination supérieurs à 0,4 µg/L, explique Edwige Duclay.
Depuis 2022, les ARS ont mis en place un accompagnement dédié pour celles et ceux qui seraient dans cette situation. «Des
associations comme Phyto-Victimes, présente en Martinique et en
Guadeloupe, peuvent alors aider les victimes à constituer des dossiers
pour obtenir une indemnisation», précise Edwige Duclay, qui rappelle que les enfants des travailleurs agricoles peuvent aussi formuler une demande «s’il
est démontré que les causes du décès [d’un parent] sont dues à une
maladie professionnelle liée à l’exposition prolongée à des pesticides
comme le chlordécone».
Une communication erratique
Un rappel nécessaire, tant le manque d’information est l’une des
premières raisons du faible nombre de dossiers en provenance de la
Guadeloupe et de la Martinique. Quelques flyers et affiches existent
dans les cabinets de certains médecins, notamment en Martinique, mais
rien de plus. Pas d’affichages dans les rues, ni de campagnes télé et
radio.
Les associations dénoncent aussi les conditions d’accès au fonds
d’indemnisation. Seules les personnes atteintes d’un cancer de la
prostate, de la maladie de Parkinson ou d’un lymphome non hodgkinien et
ayant travaillé dans l’agriculture aux Antilles sont en droit de
solliciter le FIVP.
«Les cancers de la prostate
reconnus comme maladie professionnelle par les caisses générales de
Sécurité sociale ne concernent que 7% des ouvriers agricoles aux Antilles. Quant aux indemnités pour les troubles neurodéveloppementaux (TND) chez l’enfant, la réparation ne concerne que ceux dont les mères étaient ouvrières agricoles. Or, 92% des femmes avec une chlordéconémie positive pendant la grossesse ont par la suite des enfants souffrant de TND. Peu d’entre elles sont des ouvrières agricoles»,
assure le docteur Josiane Jos-Pelage, présidente de l’Association
médicale de sauvegarde de l’environnement et de la santé (Amses).
«Nous sommes débordés»
De plus, la recherche n’a pas encore tout dit des maladies liées à ce
pesticide particulièrement toxique. Comme le rappelle Dominique
Théophile, sénateur guadeloupéen, lors de la présentation d’un projet de loi dont il est l’auteur visant à mieux indemniser les victimes du chlordécone, «des
études de l’Anses et de l’Inserm soulignent les effets néfastes du
chlordécone sur le système nerveux, la reproduction, le système hormonal
et le fonctionnement de certains organes».
Le texte en discussion au Sénat en avril visait à élargir le périmètre du fonds à «toute
personne souffrant d’une maladie résultant d’une exposition au
chlordécone, due aux autorisations de commercialisation et d’épandage
délivrées par la République française»,
qu’elle soit ou non ouvrière agricole. Mais la commission de
l’aménagement du territoire en a décidé autrement en rejetant la
proposition, considérant «qu’il
est nécessaire d’attendre un enrichissement éventuel des données
scientifiques pour élargir le champ des pathologies indemnisables».
Des associations comme le Coaadep tentent de trouver d’autres voies de passage. «En
mars 2025, la cour administrative d’appel de Paris a précisé que l’État
devait apporter réparation pour préjudice moral d’anxiété envers les
personnes durablement exposées à cette pollution. Nous avons pu
permettre l’indemnisation de deux ex-ouvriers agricoles de cette manière et nous comptons poursuivre en ce sens. Nous avons déjà 50 dossiers similaires que l’on va tenter de défendre», précise Yvon Sérénus, président du Coaadep.
Reste à savoir si l’indemnisation est la solution la plus adaptée. «Vu
le nombre de cas de cancers et de troubles neurodéveloppementaux aux
Antilles, le mieux aurait été une mise à disposition gratuite de tous
les moyens de rééducation, de psychomotricité, d’orthophonie ou de
psychologie, surtout pour les enfants de 3 à 4 ans, estime Josiane Jos-Pelage. Il
faut parfois attendre plus d’un an pour un rendez-vous dans un centre
d’action médicosociale. Nous sommes débordés. Combler cette carence
serait plus utile que d’offrir des rentes individuelles au cas par cas.»
Excellent café, bio, Arabica, en soutien aux camarades Zapatistes
Compañeroas,
La commande du café zapatiste, c'est maintenant et jusqu'au 07 février 2026. Vous pouvez déposer vos bons de souscriptions (ci-joint) accompagnés de vos règlements (espèce ou chèque à l'ordre de la CNT 66) à la librairie La Libambulle à Prades (66), 12/14 rue Jean Jaurès.
Si vous ne pouvez pas l'imprimer, des bons de souscription seront disponibles à la librairie. (Merci aux libraires !)
Vous
trouverez également ci-joint le bilan de la commande globale du café
zapatiste gérée par l'asso ECHANGES SOLIDAIRES dont voici leur dernier message :
Bonsoir à toutes tous,
Nous vous présentons déjà nos meilleurs vœux pour cette année 2026. Le contexte général ne prête guère à l'optimisme. Mais ne lâchons rien et continuons à lutter pour un monde plus juste et solidaire comme ne cesse de faire les zapatistes. Et à ce titre nous voulions vous partager le dernier communiqué zapatiste témoignant des avancées du projet de blocs chirurgicaux dans la forêt Lacandone que nous avons soutenu l'année dernière et que nous continuerons à soutenir cette année grâce à votre engagement : Voici le lien (avec une jolie vidéo à la fin) : https://enlacezapatista.ezln.org.mx/2025/12/23/un-toit-commun/
Si vous avez des questions n'hésitez pas à me contacter en réponse à ce mail.
Pour la commande de café zapatiste dans le conflent,
La distribution 2025 du café YACHIL produit par les coopératives zapatistes aura lieu au café associatif l'Alchimie à Prades (1, rue de l'hospice) le vendredi 7 Novembre de 17h à 18h et de 20h à 21h.
Nous
nous joindrons à la soirée proposée par Sylvie et Amélie autour des
communautés indigènes du Brésil et de Colombie. Certaines subissent la
déforestation, les expropriations, tout comme les communautés zapatistes
au Mexique. J'attire votre attention sur la publication du 30 septembre 2025 du Centre des droits humains Frayba,
dont nous avions rencontré une porte-parole il y a deux ans à Mosset et
Fillols, sur les spoliations, créations de conflits et incursions des
forces militaires et étatiques contre l'EZLN qui se passent actuellement au Chiapas.
Entre
les 2 moments de distributions du café zapatiste, de 18h à 20h, vous
pourrez assister à un film de 21 minutes, une conférence et un débat. La
récupération du café pendant ces 2 heures sera interrompue.
Il y aura une centaine de paquets en vente en plus des souscriptions de début d'année pour ceux qui n'ont pas commandé. Soyez présent.e.s tôt si vous souhaitez en acheter.
Pour
les personnes qui ne pourraient pas venir récupérer leur commande,
merci de trouver quelqu'un.e pour venir le récupérer durant la distribution prévue.
Solidairement,
Timothée pour la commande du café zapatiste en Conflent
Christian Tein est un nom bien connu depuis l’année dernière et le
soulèvement en Kanaky. D’abord porte-parole de la Cellule de
Coordination des Actions de Terrain (CCAT) durant les mois de
mobilisation contre le projet de réforme constitutionnelle visant à
mettre fin au gel du corps électoral, il est ensuite nommé président du
Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste (FLNKS) durant sa
détention. Christian Tein incarne ainsi le renouveau d’une
dynamique indépendantiste revendicatrice portée par une jeunesse kanak
marginalisée en son pays, tout en se plaçant dans la continuité du rêve
de ses aîné·es de voir un jour la Kanaky accéder à sa pleine
souveraineté.
C’est lors d’une rencontre organisée par le collectif indépendantiste
breton Dispac’h à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes que nous avons pu
évoquer avec lui ces intenses derniers mois, mais aussi et surtout,
parler du futur de la Kanaky.
CA – Vous avez été arrêté le 19 juin 2024, puis après 3 jours de garde à vue, vous avez été extradé vers la France lors d’un voyage durant lequel vous avez été menotté tout du long,
puis incarcéré pendant un an à 17.000 kilomètres de chez vous. Libéré
en juin dernier, il vous est toujours interdit de retourner en Kanaky /
Nouvelle-Calédonie. Comment vous allez après tout ça ? Quel est votre
état d’esprit aujourd’hui, après avoir expérimenté la logique brutale de
la répression coloniale ? Comment trouvez-vous encore la force de vous
battre depuis la France ?
Christian Tein – C’est vrai que la déportation qu’on a subie, mes
camarades et moi, c’est une expérience marquante. Pour moi, c’était
particulier parce que j’étais à l’isolement à Mulhouse pendant un an. On
ne sort jamais indemne de ce genre de situation, mentalement et
physiquement. Comme je l’ai déjà dit, je ne souhaite à personne de vivre
ce genre de situation.
Malgré tout, il faut rester concentré·e, et continuer à porter le
travail que nos ancien·nes ont débuté. On avait considéré que les deux
derniers accords allaient emmener le pays vers la complète émancipation
du pays conformément aux engagements signés (ndlr : les accords de
Matignon signés en 1988 et les accords de Nouméa signés en 1998), vers
l’indépendance. Mais on s’est retrouvés face à un gouvernement brutal et
sourd, qui ne sait pas respecter ses engagements. C’est dans ce sens-là
que je dis qu’on est condamné à se battre pour exister. On voit par
exemple ce que traverse la Palestine, et ce qui se passe dans d’autres
pays… Nous ne voulons pas être les derniers Mohicans de la région
Pacifique.
CA – Lors de son 53ème congrès extraordinaire en août 2024,
le FLNKS vous a nommé président alors que vous étiez encore en
détention. Votre nomination s’est faite aussi en parallèle de
l’intégration de nouveaux groupes dans le front de libération. Certains
médias y ont vu une forme de «radicalisation»… Quelle est votre vision
pour le devenir du FLNKS ? Qu’est-ce que le soulèvement de 2024 a changé
pour le camp indépendantiste ?
Christian Tein – Premièrement, moi qui ai participé à organiser la
CCAT, il n’a jamais été question chez nous d’abîmer notre pays. On s’est
toujours inscrit dans des mobilisations pacifiques, et j’ai toujours
essayé de faire preuve de sagesse, en rassurant les gens sur le fait que
notre combat était juste. La démarche collective qui a conduit à ma
nomination a été reconnue comme légitime et nécessaire dans le contexte
actuel, où l’unité et la convergence des luttes sont plus que jamais
essentielles pour porter la voix de la Kanaky et poursuivre le combat
initié par nos aîné·es.
Deuxièmement, c’est l’État qui a contraint notre population à aller
dans le mur en menant une politique méprisante, et a foutu en l’air 30
ans de paix dans le pays ! L’État devrait être tenu pour responsable de
la situation sociale, économique et politique actuelle, et des mort·es
de l’année dernière.
Concernant l’ouverture du FLNKS à d’autres groupes : Les militant·es
ont toujours demandé que le front de libération s’ouvre aux autres
forces indépendantistes, des partis politiques mais aussi des syndicats.
C’est une démarche que j’ai toujours portée au niveau politique, faire
en sorte que les forces indépendantistes puissent se retrouver ensemble
dans un front commun. Parce qu’on ne peut pas gagner un combat si on ne
parle pas le même langage et qu’on ne porte pas le même discours.
CA – Durant le soulèvement de l’année dernière en Kanaky, les
manifestant·es étaient systématiquement stigmatisé·es et qualifié·es
«d’émeutier·es» dans le discours médiatique. On a vu aussi une
radicalisation du discours de la classe politique loyaliste
calédonienne. Sonia Bakès, la présidente de la Provinces Sud, vous a
notamment qualifié de «chef des terroristes». Vous êtes en France depuis
plus d’un an maintenant. Quel est votre regard sur l’attention
médiatique et l’opinion publique ici sur la situation en Kanaky ?
Christian Tein – On se rend bien compte que les Français·es ont
manqué d’information. Il s’agit pour nous de sensibiliser, d’établir des
liens de solidarité et de faire entendre la voix du peuple kanak
au-delà de nos frontières, afin que la réalité de la Kanaky ne soit pas
déformée ou occultée par des discours officiels ou médiatiques partiaux.
Notre présence ici vise donc à tisser des ponts, à témoigner de notre
lutte pour la dignité et la justice, et à rappeler que le combat pour
l’autodétermination d’un peuple concerne l’ensemble des sociétés éprises
de liberté.
L’État français, avec les derniers gouvernements qui se sont
succédé, n’ont fait qu’alimenter cette politique de négation de nos
droits, en collaboration avec les non indépendantistes. Ils et elles
veulent balayer d’un revers de la main tout ce qui a été consenti et
obtenu par le sang, par des efforts et des concessions. On ne peut pas
construire un pays avec ces personnes qui ne connaissent pas la valeur
de la parole donnée et de l’engagement.
Concernant Monsieur Lecornu, sa nomination au poste de Premier
ministre n’est vraiment pas le bon choix pour amener la Kanaky vers la
stabilité : le Front de Libération a communiqué en le qualifiant de
«Ministre des colonies par excellence». Il a laissé un souvenir amer en
Kanaky, en passant en force pour organiser le 3ème référendum sur
l’autodétermination, et auquel nous peuple colonisé n’avons pas
participé… (ndlr : en décembre 2021 Sébastien Lecornu, alors ministre
des Outre-Mer, a fait pression pour organiser le 3ème et dernier
référendum prévu par l’accord de Nouméa sur l’autodétermination du pays
en décembre 2021, alors que le pays se remettait à peine de l’épidémie
de Covid-19 et que les indépendantistes estimaient alors qu’il était
impossible de mener campagne dans ces conditions).
CA – Un des enjeux actuels en Kanaky est la tenue des
élections provinciales, prévue le 30 novembre 2025 mais dont la date
pourrait être reportée au mois de juin 2026. La tenue de ces élections est intrinsèquement liée au corps électoral
(c’est-à-dire les personnes habilitées à voter lors de ces élections).
En quoi est-il nécessaire selon vous de maintenir ces élections cette
année ?
Christian Tein – Il est nécessaire de maintenir les élections cette
année pour redonner de la légitimité aux institutions et aux
représentant·es. Reporter ces élections reviendrait à maintenir un
mandat de 7 ans à nos élu·es au lieu de 5. Jamais dans l’histoire
démocratique un mandat provincial n’a été aussi long. Même votre Haute
Assemblée, le Sénat, a vu son mandat réduit de 9 à 6 ans, pour rester en
phase avec l’expression démocratique et la régularité des scrutins.
Comment justifier qu’en Nouvelle-Calédonie, on fasse exactement
l’inverse, en prolongeant indéfiniment des mandats sans consulter le
peuple ?
Après vient la question du corps électoral, l’État veut une nouvelle
fois passer en force en reportant ces élections. Il veut mettre en place
sa stratégie et faire appliquer l’accord de Bougival avec un corps
électoral dégelé. Nous nous y opposons fermement, et d’ailleurs le
Conseil Constitutionnel vient de rendre une décision, le 19 septembre
dernier, qui stipule que le gel du corps électoral inscrit dans l’accord
de Nouméa (qui a une valeur constitutionnelle) est conforme à la
Constitution.
CA – À ce sujet, le 13 août dernier, le FLNKS a officiellement rejeté l’accord de Bougival.
Puis le 24 septembre dernier, pour l’anniversaire des 172 ans depuis la
prise de possession de la Kanaky par la France, le FLNKS a publié une
déclaration unitaire visant à accéder à la pleine souveraineté avant les
prochaines élections présidentielles françaises en 2027. Quel est
l’objectif de cette déclaration ?
Christian Tein – Alors l’idée, c’est de rappeler quand même cette date importante du 24 septembre :
elle marque la prise de possession unilatérale par l’État français de
notre pays… C’est une date de rendez-vous incontournable du peuple
kanak, qui se rassemble autour de la mémoire collective de la lutte pour
les droits et la dignité. L’État français tente de nous imposer
l’accord de Bougival qui ne garantit pas la souveraineté pour la Kanaky
et maintient le peuple dans une situation d’inaccessibilité à
l’autodétermination. Face à cette tentative, le FLNKS s’inscrit et
s’engage dans un calendrier visant à atteindre la pleine souveraineté en
2027. Nous allons tenter dès à présent de créer les conditions
nécessaires pour amener la population à franchir cette étape décisive.
Toutes les rencontres que nous faisons actuellement en France, à
l’international et à un niveau régional, c’est dans cette
perspective-là. On a une équipe qui parlera à l’ONU à l’occasion de la
4ème commission du C24 [le Comité spécial de la décolonisation des
Nations Unies] il y a eu aussi une équipe qui est partie dans la région
Pacifique. Nous souhaitons faire savoir notre objectif, celui de la
pleine souveraineté de notre pays, et dire qu’il est temps de fermer la
parenthèse coloniale.
CA – Durant les événements de l’année dernière en Kanaky, la
CCAT (Cellule de Coordination des Actions de Terrain, dont Christian
Tein était alors le porte-parole), ainsi que la jeunesse kanak, ont tous
deux joué un rôle déterminant. Était-il nécessaire alors de sortir du
cadre du FLNKS pour porter la mobilisation ?
Christian Tein – La création de la Cellule de Coordination des
Actions de Terrain (CCAT) répondait à la nécessité de disposer d’un
outil capable de rassembler l’ensemble du camp indépendantiste, mais
aussi d’établir des alliances avec les progressistes et, plus largement,
avec tous les Calédoniens. L’objectif était de porter la mobilisation
au-delà des clivages traditionnels, en évitant toute affiliation directe
avec les partis politiques indépendantistes ou le FLNKS. En effet,
certains citoyens pouvaient éprouver de la méfiance, craignant que de
telles initiatives soient récupérées ou instrumentalisées à des fins
politiques. C’est pourquoi la CCAT a été pensée comme un espace ouvert,
pour élargir la base de la mobilisation et permettre l’organisation de
rassemblements d’ampleur inédite.
Cette stratégie s’est révélée particulièrement efficace, comme en
témoigne la mobilisation massive ayant réuni plus de 50.000 personnes
devant la mairie de Nouméa — un fait exceptionnel pour un territoire
dont la population est estimée à 270.000 habitant·es. Ce rassemblement a
démontré la capacité de la CCAT à fédérer largement : des
Métropolitain·nes, des Caldoches, des Javanais·es, des Tahitien·nes, des
personnes originaires de Wallis-et-Futuna, tous et toutes se sont
reconnues dans l’esprit fédérateur de la CCAT et ont répondu présentes.
La jeunesse a joué également un rôle central dans cette dynamique de
mobilisation. Nombreux·ses sont les jeunes qui ont adhéré à ce
mouvement, porté·es par un élan collectif, voyant fleurir les drapeaux
et participer aux manifestations. Cependant, malgré leur engagement,
beaucoup de ces jeunes se sont sentis ignoré·es et non entendu·es. Ils
et elles ont vécu un sentiment d’humiliation dans leur propre pays.
Lorsque, à partir du 12 mai, les forces de l’ordre ont entrepris de
réprimer la contestation dans les quartiers populaires, la colère a
atteint son paroxysme. Face à cette injustice perçue, la jeunesse s’est
levée pour exprimer son refus de la politique menée par l’État, mais
elle a alors dû faire face à une répression brutale.
Cette séquence illustre l’attachement et la détermination de la
jeunesse kanak à poursuivre le combat pour la dignité et la souveraineté
de leur peuple. Malgré les épreuves, elle demeure résolue à accompagner
la lutte jusqu’à l’obtention de la pleine souveraineté.
CA – Le 24 septembre dernier a marqué les 172 ans depuis la
prise de possession de la Kanaky par la France. 172 ans de résistance
Kanak face à la logique coloniale, durant lesquels les Kanak ont
beaucoup perdu, mais ont aussi réussi à maintenir une culture unique, un
esprit de résistance qui anime toujours aujourd’hui la jeunesse, et un
idéal d’indépendance. Quelles sont selon vous les perspectives pour les
prochaines décennies ?
Christian Tein – Comme mentionné précédemment, la volonté de tourner
la page coloniale demeure une priorité absolue pour le peuple Kanak.
Après 172 ans de colonisation, il est jugé indispensable de refermer
cette parenthèse historique qui a duré bien trop longtemps. L’urgence de
ce changement s’exprime par le désir d’initier rapidement des
discussions sur l’avenir du pays, dans l’objectif que la Kanaky puisse
enfin prendre sa place parmi la communauté internationale.
La conviction que de belles perspectives s’ouvrent au pays pour
l’ensemble de la population calédonienne est largement partagée. La
Kanaky est un territoire doté de nombreux atouts, mais il est impératif
que son avenir se construise en tenant compte du peuple Kanak et de la
jeunesse, acteurs incontournables de son développement et de son
émancipation.
Dans cette optique, l’opposition à l’accord de Bougival s’affirme
clairement. Celui-ci est perçu comme une tentative de détourner le
projet d’indépendance porté par le peuple Kanak. Le refus de cet accord
s’accompagne d’une volonté d’ouvrir de nouvelles discussions, porteuses
d’espoirs et de perspectives vers la pleine souveraineté du pays. Cette
démarche s’inscrit dans la nécessité d’agir sans délai, après tant
d’années d’attente et de sacrifices, de générations de militant·es
mobilisé·es et de jeunes disparu·es sur le chemin de la libération.
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Par Nicolas Lebourg, historien spécialiste de l'extrême droite Publié le 4 octobre 2025
En accusant à tort l’institution d’invisibiliser les harkis, deux élus
d’extrême droite ont diffamé les équipes qui font vivre ce lieu de
mémoire et ont passé sous silence les républicains espagnols et les
Juifs qui y ont été internés, dénonce l’historien Nicolas Lebourg.
J'ai pour principe d'éviter les polémiques et agitations. Ceci dit il était hors de question de laisser des élus hors-sol mettre la pression aux formidables équipes du Mémorial du camp de Rivesaltes. Donc points sur les i :
Le
député RN Laurent Jacobelli à la journée nationale d'hommage aux harkis
de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), le 25 septembre. (JC Milhet/Hans Lucas. AFP)
Ce
25 septembre, Laurent Jacobelli, télégénique député du Rassemblement
national, a posté une vidéo filmée devant le Mémorial du camp de
Rivesaltes (MCR), et prenant violement à partie ce dernier. Peut-être
encore troublé par sa condamnation judiciaire quelques jours avant, il
invente une politique du MCR qui en ferait un « temple du wokisme ». La
mémoire du camp aurait été détournée au détriment des quelques 22 000
harkis et membres de leurs familles passés par ce site. « Pour diffuser
une pensée de gauche et pro-migrants, dit-il. On ne parle plus des
harkis. Quelle honte ! ». La charge n’est pas solitaire puisque, le même
jour, Michèle Martinez, député RN des Pyrénées-Orientales (département
où se situe Rivesaltes), attaquait également le MCR lorsqu’elle
proposait la création d’une fondation nationale pour la mémoire des
Harkis. Les deux élus accusent le Mémorial d’invisibiliser les harkis,
ce que le premier qualifie de « scandale ».
Bien
sûr, on pourrait objecter que s’ils étaient rentrés dans le bâtiment,
ils auraient constaté que l’exposition permanente traite très largement
de ce sujet. Si nos députés étaient allés le lendemain au MCR ils
auraient assisté… à la journée d’hommage aux harkis qui s’y tient tous
les ans. Si nos députés daignent parfois se rendre à l’Assemblée
nationale et aux Invalides, ils y auront vu en 2024 une exposition sur
les harkis… créée par le MCR, d’abord installée au MCR. S’ils ont
préféré arpenter la Côte d’Or, ils auront pu visiter l’exposition sur
les harkis qui s’y tenait, réalisée avec le soutien du MCR. S’ils lisent
des livres sur les harkis, ils connaissent leur spécialiste :
Abderahmen Moumen. Il est le responsable scientifique de la partie sur
les harkis de la nouvelle exposition permanente du MCR, à venir dès
2026. S’ils sont attentifs à l’institution, ils auront noté que le
président de son conseil scientifique, l’historien de l’antisémitisme et
de Vichy Laurent Joly, rappelait dans sa réponse à M. Jacobelli être le
petit-fils d’un Kabyle ayant choisi la France.
D’ailleurs,
si nos députés s’intéressent à l’histoire, il semble qu’ils aient
quelques trous de mémoire. M. Jacobelli dit que le MCR a été créé en
hommage aux « harkis et pour tous ceux qui sont passés par le camp ». Il
ne les nomme pas. Mme Martinez affirme qu’au MCR « le passé harki est
parfois invisibilisé par d’autres mémoires ». Elle ne les nomme pas.
Aidons-les. Ouvert en 1941, le camp a interné des milliers de
républicains espagnols qui avaient fui les exécutions franquistes, des
milliers de juifs étrangers, ensuite transférés vers Drancy puis
Auschwitz. Était-ce des mots si difficiles à utiliser : « juifs », «
républicains » ? Sont-ce des mémoires honteuses avec lesquelles voisiner
? Tout ne fut pas si sombre. Il y eut aussi des collaborateurs internés
à la Libération. Et puis, le site fut même utilisé pour un centre de
rétention des clandestins jusqu’en 2007.
Selon
M. le député, le MCR fait des expositions « pour les LGBT, pour tout,
pour rien ». Qu’est-ce que ce « rien » ? L’exposition temporaire de 2024
dédiée à l’internement des « nomades », Rivesaltes ayant été le camp de
Vichy qui en concentra le plus ? Quant aux LGBT, le MCR est partenaire
du festival LGBT+66 : manifestement, oui, il faut continuer à dire leur
sort dans l’Europe de 1939-1945. Si M. Jacobelli se rend jusqu’à sa
circonscription, en Moselle, il pourra y songer à comment des
homosexuels mosellans vivant dans des territoires rattachés au Troisième
Reich y furent arrêtés, « pour tout, pour rien ».
Il
ne s’agit même plus d’opposer une vision de l’histoire à une autre. Le
trumpisme a lâché la bride : on peut inventer entièrement le réel pour
mieux le dénoncer. Le travail historique est l’exact opposé de ce
palimpseste où le vrai n’est même plus un moment du faux. Résultat, les
adaptes du retour autoritaire l’ont en horreur. En Allemagne, c’est le
Mémorial du Buchenwald qui est dans le viseur de l’AFD. Que nous raconte
l’histoire du camp de Rivesaltes ? La gestion coercitive des flux
humains dans une société qui se désintéresse des populations
ostracisées. Cela vaut pour les harkis comme pour les autres groupes qui
y ont été relégués. C’est le signifié de l’histoire qu’on voudrait
effacer. Quitte à recourir aux tentatives classiques de clientélisation
de minorités blessées. Quitte à diffamer les équipes du MCR qui, elles,
travaillent dans un département champion de France du chômage et de tous
les défis sociaux, pour tenter de reconstruire du lien et du sens.
C’est bien pour l’histoire, pour les harkis, pour ces équipes, que
l’historien des extrêmes droites et unique historien de toutes les
périodes du camp de Rivesaltes que je suis tient à rappeller que ce
n’est pas la mémoire qui divise, mais le ressentiment. Le MCR a ouvert
en 2015. Comme le dit sa directrice Céline Sala-Pons, cela fait « dix
ans à faire taire les silences ».
LE VALIDISME, ENTRE PRÉCARISATION ET EXCLUSION DÉMOCRATIQUE
Entretien avec Odile Maurin
À Toulouse, Odile Maurin incarne le combat contre le validisme et les inégalités sociales.
Militante engagée devenue élue sur une liste citoyenne après avoir été plébiscitée, elle fait face aux obstacles nombreux et invisibles que rencontrent les personnes handicapées dans l’exercice d’un mandat politique. Elle a aussi cofondé en 2024, avec d’autres élus handicapés, l’Observatoire du validisme en politique.
Son parcours révèle les limites d’un système encore peu accessible et interroge les conditions d’une véritable participation démocratique.