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À la veille du trentième sommet international sur le climat (COP30) qui
démarre à Belém, au Brésil, le 10 novembre, un rapport de l’ONU publié
le 4 novembre estime que les engagements climatiques des pays ne sont
pas à la hauteur de la surchauffe planétaire en cours.
Conformément à l’accord de Paris sur le climat de 2015, les près de 200
États signataires du traité doivent déposer tous les cinq ans auprès des
Nations unies leur « contribution déterminée au niveau national »
(CDN), c’est-à-dire leur feuille de route, afin de contenir le
réchauffement global dans une fourchette comprise entre 1,5 et 2 °C par
rapport aux niveaux préindustriels. Selon le rapport de
l’organisme onusien, si les États parviennent à respecter leurs
engagements volontaires, la température moyenne mondiale devrait
augmenter de 2,3 à 2,5 °C d’ici à la fin du siècle. Les raisons de cette faible progression dans la limitation du chaos
climatique s’expliquent notamment par le fait qu’à peine un tiers des
États ont soumis ou annoncé fin septembre leurs nouveaux engagements – ces 64 nations représentant 63 % des émissions mondiales.
Alors que 2024 a été la première année à franchir le 1,5 °C de
surchauffe par rapport à la période préindustrielle, l’ONU alerte dans
son rapport sur le fait que l’urgence climatique implique « des
réductions d’émissions sans précédent dans un délai de plus en plus
court, et dans un contexte géopolitique de plus en plus difficile ».
« Nous sommes dorénavant comme face à deux univers parallèles : des
dérèglements climatiques qui s’intensifient d’une part et de l’autre, un
multilatéralisme qui ne répond pas assez efficacement aux dangers à
venir, analyse pour Marta Torre-Schaub, directrice de recherche CNRS spécialiste en droit de l’environnement à l’Institut des sciences
juridique et philosophique de la Sorbonne. « Réduire rapidement nos
émissions est une course contre la montre. Or nous devrions tous être en
train d’accélérer l’action climatique. » Dix ans après la
signature des Accords de Paris sur le climat, ces résultats sonnent
comme un triste rappel à la réalité de l’inaction climatique. |
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