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dimanche 27 septembre 2026

samedi 26 septembre 2026

Pourquoi l'EPR de Flamanville va-t-il être mis à l'arrêt pendant près d'un an ?

 

Pourquoi l'EPR de Flamanville 

va-t-il être mis à l'arrêt 

pendant près d'un an ?

 

L'EPR de Flamanville va être mis à l'arrêt pour près d'un an le 26 septembre 2026   © France Télévisions 

Christophe Meunier

À l'issue d'un chantier de près de 17 ans aux nombreux rebondissements, le réacteur nucléaire de troisième génération avait enfin été raccordé au réseau électrique en décembre 2024. Moins de deux ans plus tard, il va être mis à l'arrêt pour une durée de 350 jours. Une interruption de près d'un an prévue de longue date et normale, assure l'exploitant. 

En décembre dernier, l'EPR de Flamanville a atteint pour la première fois sa pleine puissance, après avoir été raccordé au réseau électrique un an plus tôt. Neuf mois plus tard, ce samedi 26 septembre 2026, le réacteur nucléaire de troisième génération va être mis à l'arrêt pour un long moment : 350 jours soit près d'un an.

De prime abord, pour le grand public, la nouvelle a de quoi, au choix, faire sourire ou grincer des dents. Le chantier interminable de l'EPR de Flamanville - 17 ans - aura fait couler beaucoup d'encre à commencer sur nos antennes et dans nos colonnes.

Il aura aussi fait couler beaucoup d'argent - plus de 19 milliards d'euros contre les 3,7 milliards initialement prévus - au gré des nombreux rebondissements et soucis techniques rencontrés sur la construction. Et pourtant cette mise en sommeil prolongée du fleuron énergétique français n'est pas une surprise.

 

Source : Cour des comptes / EDF / France Info Créé avec Datawrapper

Une visite obligatoire prévue de longue date

L'arrêt de l'EPR en septembre 2026 avait été annoncé de longue date, avant même le raccordement au réseau électrique, car il est obligatoire pour toute nouvelle installation nucléaire. Cette visite de contrôle intervient dans les 30 mois qui suivent le premier chargement du réacteur en combustible (effectué en mai 2024).

Elle s'apparente à une visite décennale où une centrale est passée au peigne fin mais sur une durée plus longue (350 jours contre 190 jours maximum). Après le déchargement du combustible (la totalité va être remplacée pour pouvoir l'étudier), la cuve va faire l'objet d'une inspection complète à l'aide robots. La résistance et l'étanchéité du circuit primaire et de l'enceinte du réacteur vont être mises à l'épreuve (des pressions supérieures au fonctionnement normal du site) pour s'assurer de leur fiabilité.

Réparer (aussi) quelques couacs techniques

Parmi les nombreuses péripéties ayant émaillé le feuilleton du chantier de l'EPR, la fiabilité de la cuve, et en particulier celle de son couvercle, figure en bonne place. En avril 2015, l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) rendait publiques des anomalies détectées dans la composition de l'acier de la cuve.

Si cet équipement extrêmement sensible du réacteur nucléaire de troisième génération était finalement jugé apte au service, le remplacement du couvercle était exigé rapidement après la mise en service du réacteur.

Cette mise en sommeil prolongé de l'EPR de Flamanville va donc être aussi l'occasion de remplacer cette pièce sensible. Le nouveau couvercle, fabriqué par Framatome, est déjà arrivé dans le nord Cotentin. Un beau bébé de 6 mètres de diamètre et de 99 tonnes. L'ancien modèle va être entreposé dans un local dédié sur le site de Flamanville durant quelques années puis il sera pris en charge par l’ANDRA au centre de stockage de l’Aube.

Durant ses premiers mois de fonctionnement, l'EPR de Flamanville a déjà été mis à l'arrêt, notamment suite au passage de la tempête Goretti en janvier 2026. L'épisode a révélé une vulnérabilité des transformateurs au sel. L'arrêt du site va être l'occasion de renforcer les protections des installations contre le sel.

Beaucoup de monde (et d'argent) mobilisé

C'est un (autre) chantier d'envergure qui va débuter ce samedi 26 septembre à Flamanville. 20 000 activités sont programmées durant ces 350 jours d'arrêt. Elles vont mobiliser 2 500 personnes travaillant pour 200 entreprises (40 % d'entre elles sont basées à proximité du site ou dans la région).

Le coût de cette opération est estimé à plusieurs centaines de millions d'euros.

 

Source : https://france3-regions.franceinfo.fr/normandie/manche/pourquoi-l-epr-de-flamanville-va-t-il-etre-mis-a-l-arret-pendant-pres-d-un-an-3421295.html?utm_term=Autofeed&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#Echobox=1790090819 

vendredi 25 septembre 2026

Brisons le déni racial


 

Se désintoxiquer du racisme, 

raconter des imaginaires 

pour s’en libérer


jeudi
17 septembre 2026

Deux fois par mois, 
retrouvez ici une sélection d’articles de Mediapart 
et des contenus inédits 
pour se désintoxiquer du racisme. 
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L'édito
Viser le déni racial 




Par Sabrina Kassa, journaliste et responsable éditoriale aux questions raciales

Oui, il y a quelques raisons de se réjouir en cette rentrée : le déni racial, tel le portrait de Dorian Gray, se craquèle de toutes parts, le visage défait par les marques de l’hypocrisie. Un déni qui passe par l’invisibilisation du racisme, des personnes racisées et de toute l’organisation économique, sociale, culturelle et symbolique qui les maintient en situation de minoration. 

La semaine dernière, le même jour, deux illustrations parfaites. Une en creux avec la sortie calamiteuse sur le « grand remplacement » d’Aurore Bergé, où la ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations – cherchez l’erreur ! – a légitimé sur CNews, le 9 septembre, ce concept raciste et meurtrier.

« Ça fait partie du combat politique et de la liberté d’expression », a complété la ministre le lendemain, suscitant l’indignation jusque dans son propre camp, à l’instar de la députée Prisca Thevenot, qui a rappelé à la ministre que le racisme était un délit et non un débat.

L’autre moment, bien plus consistant, a été créé par Adèle Haenel à la suite de la censure de sa « carte blanche » consacrée au génocide à Gaza, dans l’émission « La Grande Librairie » sur France 5. La comédienne s’y attendait, c’est justement cette « liberté d’expression » chère à Aurore Bergé lorsqu’il s’agit de donner de l’audience au fascisme, qu’elle visait. Raison pour laquelle elle a pris soin, avec son équipe, de capter ce moment.

« Ce fauteuil où je m’assois est un plongeoir. Le premier mot sera un saut dans le silence télévisuel qui englue le pays, ce brouhaha médiatique qui masque sans répit l’absence omniprésente de certaines paroles. » Puis elle embrayait : « L’État d’Israël commet un génocide en Palestine et la France est complice. N’acceptez pas l’inacceptable, alors sanctionnez Israël et libérez la Palestine. »

Adèle Haenel, comédienne doublement césarisée, avait droit à cette « carte blanche » (cette carte qui donne tous les droits !), à condition qu’elle ne sorte pas du périmètre de la dénonciation symbolique (lire à ce sujet ce texte de Mona Chollet qui en dévoile tous les contours).

Avec ces quelques mots, Adèle Haenel qui sort en cette rentrée littéraire Viser juste, vient de nous faire une démonstration magistrale de son titre, en exprimant son refus de respecter la silenciation des voix palestiniennes et de celles et ceux qui veulent manifester en leur faveur. C'est au tour maintenant de l'Arcom et de France Télévisions de se justifier.

Avant-hier, ce fut au tour de Kylian Mbappé de nous offrir un moment de résistance antiraciste, après qu’il a refusé de porter le tee-shirt proclamant « Todos somos caballas » (« Nous sommes tous des maquereaux », surnom des habitant·es de Ceuta), une initiative en soutien aux habitant·es de l’enclave espagnole, en Afrique du Nord, après l’épisode d’afflux massif de personnes migrantes venues du Maroc en août dernier. « Je suis pleinement solidaire de Ceuta et de toutes les victimes. […] Mais je tenais également à faire un geste et à adresser une pensée à tous les migrants qui ont perdu la vie et qui vivent eux aussi dans des conditions difficiles », a-t-il déclaré.

La vie des migrant·es mérite aussi le respect. Voilà quelques mots insupportables à l’oreille de nombreux élus d’extrême droite, qui depuis deux jours couvrent le capitaine de l’équipe de France d’insultes : « racaille », « agent de subversion au service des ennemis des peuples européens », etc. Et qui sait ? Demain, ils demanderont peut-être qu’il soit déchu de sa nationalité.

Avant Mbappé, le FC Barcelone avait aussi refusé de participer à cette initiative lancée par une association valencienne. « Le club se positionne en défense de la liberté d’expression. Que chacun fasse ce qu’il estime devoir faire... », avait déclaré Joan Laporta, président du Barça. Mais là, pas l'ombre d’un reproche. Preuve, s’il en fallait, que la liberté d’expression est un sport de combat pour qui veut dénoncer le consensus racial. 
 
 

jeudi 24 septembre 2026

Qui est responsable de la mort de Remi Fraisse ?


Qui est responsable 

de la mort de Remi Fraisse ?

 

Interrogée en conseil municipal sur les responsabilités ayant conduit à la mort de Remi Fraisse, Madame Lherm, Maire de Lisle sur Tarn a déclaré : " la plus grande responsabilité, celle qui a entrainé le chaos et le drame, elle appartient aux responsables de l'organisation qui n’ont brillé que par leur inaction."  juste après avoir dit : "La demande d'autorisation de manifestation du collectif du Testet a été déposée le 22 octobre 2014". (voir le PV du Conseil Municipal fin de page 9 à page 11*).

 

Il s'agit donc clairement d'une mise en cause du collectif Testet dans la mort de Rémi Fraisse.

 

Le collectif Testet a donc fait valoir sont droit de réponse et envoyé à Madame Lherm une lettre Ouverte, rétablissant les faits, lettre reproduite ci-dessous et que vous pouvez télécharger et diffuser la lettre autour de vous en cliquant ici.

 

 

 

Madame LHERM

 

Maire de L'isle-sur-Tarn
Place Paul Saissac
81310 Lisle-sur-Tarn 

                                                                                         

Lisle-sur-Tarn, le 31 août 2026

Lettre ouverte

Objet : droit de réponse à votre mise en cause de la responsabilité du collectif Testet dans la mort de Rémi Fraisse

 

Madame la Maire et Conseillère départementale,

Lors de la séance du Conseil municipal du 5 juin 2026, interrogée sur les responsabilités ayant conduit au décès de Rémi Fraisse, vous présentez votre version des faits, visant à présenter le Collectif Testet comme responsable de la survenue du drame (voir le PV du Conseil Municipal fin de page 9 à page 11*).

 

Pour ce qui est de l'écriture de l'histoire, nous nous référons aux faits et les faits sont têtus :

 

1) Le Collectif Testet n’était pas à l’origine de la manifestation du 25 octobre 2014 (voir déclaration initiale du 16 octobre), mais la soutenait, car annoncée comme festive et non violente, avec d’autres organisations. Lorsqu’il a pris connaissance de l’ampleur attendue, il a souhaité contribuer à son bon déroulement, notamment en organisant avec la préfecture les conditions d’accès et de stationnement. À cette fin, les organisations ont demandé, le 17 octobre, une réunion au Préfet (voir courrier).

 

2) En conséquence, cette réunion de préparation s’est tenue le mardi 21 octobre à la préfecture, et à laquelle vous étiez présente avec Mme Puibasset pour la commune de Lisle/Tarn. Il n'est pas notifié, dans le relevé de décision (voir R.D.), votre refus d’avis favorable pour cette manifestation. De même, vous n’y avez pas fait état de vos informations sur la présence d’armes sur le site…

 

3) La préfecture s’était engagée à ce que les forces de gendarmerie ne soient pas visibles sur le site du chantier afin d’éviter toute confrontation. Selon le rapport de gendarmerie du 2 décembre 2014 page 9, ce sont les responsables locaux qui choisissent  de protéger la base de vie (c’est-à-dire un parking entouré d’un grillage…). De fait, leur présence a amené des violences qui ne se seraient pas produites si cet engagement avait été respecté. Leur retrait après la mort de Rémi Fraisse a d’ailleurs immédiatement ramené le calme sur le site.

 

4) Durant toute la période (10h à 19h le samedi 25 octobre) et sur le périmètre prévu (Barat – Métairie Neuve) à plus d’un kilomètre de la « base de vie », le rassemblement s’est déroulé sans incident notable. Comme l’ont relaté les journalistes venus sur place, notre rassemblement était à la fois festif et studieux. Il a pris fin à 19h comme prévu, la Métairie Neuve restant fréquentée, comme c’était le cas depuis des semaines.

 

5) Rappelons : 

  • Que l’arme, la grenade OF-F1, tirée par un gendarme dans des conditions non conformes à son utilisation, qui a entrainé la mort de Rémi Fraisse, a été ensuite interdite pour son caractère létal.
  • Qu’aucune enquête (pénale, parlementaire, du Défenseur des droits…) n’a mis en cause la responsabilité du Collectif Testet dans ce drame.
  • Que le 27 février 2025, la Cour Européenne de Droits de l’Homme a condamné l’État français pour ne pas avoir "assuré le niveau de protection requis pour éviter un risque pour la vie" lors des opérations de maintien de l'ordre qui ont conduit à sa mort.

 

6) Rappelons que notre lutte était bien légitime, au vu des avis (de 2010 à 2013) de l’Office National de l’Environnement et des Milieux Aquatiques (Onema / OFB), des commissaires enquêteurs de l’enquête publique et des scientifiques (CSRPN & CNPN).

Rappelons que plus d'un mois avant le début des travaux, le 28 juillet 2014, le gouvernement était informé par la Commission européenne de son constat de non-respect de la directive-cadre sur l’eau. Que cela annonçait inévitablement le lancement d'une procédure d’infraction engagée contre la France et l'annulation de la subvention européenne pour 30 % du montant du projet. Que le Conseil général du Tarn, dont vous étiez une élue, était vraisemblablement également informé (écouter à partir de 7 minutes 50 secondes).

Dans ce contexte, les travaux n’auraient pas dû être engagés. Sans cette volonté de passage en force de la part du Conseil Général et du gouvernement, une vie aurait été épargnée et de nombreuses personnes n’auraient pas été blessées et traumatisées.

 

7) Rappelons que la légitimité de notre lutte a ensuite été confirmée par le rapport des experts du Ministère rendu public le 27 octobre 2014 et par les décisions de justice annulant les arrêtés qui autorisaient la réalisation du projet initial de barrage Sivens et condamnant l’Etat.

 

Afin de pouvoir continuer le travail en co-construction entrepris dans le Projet de Territoire pour la Gestion de l’Eau du bassin versant du Tescou,  depuis 2017, il nous semble nécessaire qu’aucun d’entre nous ne déforme les faits.

 

Nous vous prions d’agréer, Madame la Maire, l’expression de nos salutations distinguées.

 

 

Claude FORGEOT,

au nom du Conseil d’Administration

du collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet