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mardi 13 janvier 2026

Ce médecin opposé aux pesticides que l’extrême droite veut faire taire

Ce médecin 

opposé aux pesticides 

que l’extrême droite 

veut faire taire

 
Par Emmanuel Clévenot
6 janvier 2026 

Le médecin Louis-Adrien Delarue, opposé aux pesticides, a reçu une plainte d'une députée du Rassemblement national.

 

Médecin, Louis-Adrien Delarue refuse de voir défiler dans son cabinet davantage de malades du cancer. Il a décidé de se battre contre les pesticides et les élus les promouvant. Quitte à finir au centre d’une plainte d’une députée d’extrême droite.

Angoulême (Charente), reportage

Le Dr Bruno Sachs est médecin de campagne. Pas de ces vieux toubibs hermétiques à la misère humaine. Plutôt de ceux attentifs et bienveillants. Parfois rongés par ce trop-plein de malheur défilant dans leur cabinet. Sauf que le Dr Bruno Sachs n’existe pas. Il est le héros malgré lui du romancier Martin Winckler dans son best-seller La Maladie de Sachs. Le bouquin préféré de Louis-Adrien Delarue, et on comprend vite pourquoi.

Ajoutez au personnage fictif un peu de rébellion, du grunge de Nirvana et une touche du film Goliath — où l’acteur Pierre Niney incarne la froideur terrifiante des lobbyistes de l’agrochimie —, et vous obtiendrez un premier portrait-robot de l’homme que l’on attend au Café des halles d’Angoulême, en cette fraîche matinée de décembre.

Il débarque avec un bon quart d’heure de retard, lunettes embuées et front perlé de gouttelettes. « Toutes mes excuses… J’enchaîne les rendez-vous avant de baisser le rideau pour les fêtes. » Les vendredis du généraliste sont sacrés : aucune consultation à l’agenda, c’est sa journée militante. Son écharpe déroulée, le quadra commande un allongé et rembobine la cassette de son enfance.

Petits fours et bourgeoisie

Naissance : le 6 mars 1980, au Havre. Premier port d’attache véritable : Versailles. Son père, diplômé de la prestigieuse HEC — même promo qu’un certain François Hollande —, côtoyait la haute. Partageant tantôt la tête de l’ancêtre de l’armateur de porte-conteneurs CMA CGM, tantôt celle du groupe Crédit Mutuel. Un aristo ? « Non, mais un bourgeois assurément », nuance son fils. Le petit Louis-Adrien traînait ainsi dans les cocktails sélects, où il croisa entre autres le Premier ministre Laurent Fabius.

« J’ai rompu les liens à mon dix-huitième anniversaire », claque-t-il. Pour des histoires intimes l’ayant poussé à choisir le camp maternel, d’une part. Parce qu’il exècre tout ce qu’incarne le paternel, d’une autre. Ce capitalisme élitiste des plus froids. « Il n’a jamais supporté que je devienne un simple généraliste. Lui me rêvait chirurgien ou cardiologue. » Le docteur en parle avec détachement, le cœur léger. Il a eu la chance de goûter à deux univers que tout oppose, les a comparés, et a choisi le sien.

« Mes vraies racines sont paysannes », dit-il, la fierté retrouvée. Une fois le divorce prononcé, il a suivi sa mère, infirmière et fille d’éleveurs, dans les Deux-Sèvres. La ferme des grands-parents s’est métamorphosée en terrain de jeu des grandes vacances, et les genoux de papy sont devenus le meilleur rehausseur pour conduire le tracteur. Louis-Adrien Delarue revoit encore son aïeul y grimper à 90 ans passés, et sa mamie continuer d’élever « trois poules et un cochon » jusqu’au dernier sommeil. « Cette maison, c’est ma madeleine de Proust », sourit-il.

Parkinson à 40 ans

Léchant son pouce pour mieux dompter les pages, un vieil homme feuillette le canard local à l’extrémité de la banquette. Dehors, les cabanons du marché de Noël se réveillent péniblement, chahutés par le crachin matinal. Louis-Adrien Delarue se fait plus grave : en octobre, quatre de ses patients âgés de moins de 40 ans ont déclaré un cancer. Dont trois du sein. Neuf mois plus tôt, le professeur Fabrice Barlesi, oncologue et directeur de l’Institut Gustave Roussy, évoquait un imminent « tsunami » de cancers précoces. Une tendance « absolument palpable », confirme le praticien charentais.

Et le voilà lancé dans une démonstration bien ficelée : « Le lien entre les pesticides et les pathologies cancéreuses et neurologiques est de mieux en mieux documenté. » Une myriade de travaux scientifiques appuie chacun de ses arguments. Quelques anecdotes familiales aussi. Comme celle de ce cousin, agriculteur conventionnel, victime de la maladie de Parkinson à 40 ans. « Il est mort cette année dans des conditions pas croyables, déplore Louis-Adrien Delarue. Son frère, lui, est né la langue pendante. Sans jamais pouvoir communiquer. »

En juillet, Louis-Adrien Delarue était aux côtés de Fleur Breteau, cofondatrice du collectif Cancer Colère, dans les tribunes de l’Assemblée nationale pour dénoncer la loi Duplomb, dévastatrice pour la santé. © Emmanuel Clévenot / Reporterre

Pas question d’aborder ces sujets de ce côté-là de la cousinade. « Pauv’ gars. Encore un qui mourra jeune », lançait-on simplement lorsqu’un voisin contractait une tumeur. C’était comme ça. Et personne ne cherchait à savoir pourquoi. Personne ou presque.

Une fois à la fac de médecine de Poitiers, le toubib en herbe ne manquait pas d’opérer un crochet par la ferme de ses aïeuls. Une brioche achetée en chemin, une tasse de café au creux de la paume, et le trio passait des heures à discuter. « Ne pas s’être affranchi des pesticides au lendemain de la guerre a sûrement été le plus grand regret de mon grand-père. Il en parlait souvent les larmes aux yeux. »

Dans le viseur du RN

Derrière les consultations, et les diagnostics qu’elles amorcent, se cachent des destins déchirés. Le généraliste le sait bien. Un cancer peut aussi être synonyme de couples qui se séparent, de proches vous tournant le dos, et de peur dévorante de la mort. Pour ces malades, il a décidé d’être là où on ne l’attendait pas. Là où l’on imagine mal une blouse blanche se glisser.

Tantôt perché dans les tribunes de l’Assemblée nationale, aux côtés de Fleur Breteau, figure du collectif Cancer Colère — l’une des grandes rencontres de sa vie —, pour pointer « les alliés du cancer ». Tantôt sur le blocage furtif d’une usine BASF, géant de l’agrochimie accusé de produire un pesticide pourtant interdit.

« Bonjour, c’est la gendarmerie »

Ce militantisme décomplexé lui a toutefois valu un inattendu coup de téléphone, le 1er décembre : « Bonjour, c’est la gendarmerie. » En pleine consultation, le praticien a appris sa convocation au poste avec prises d’empreintes et photo de face. Au bout de la ligne, son interlocuteur a fini « par cracher le morceau » : la députée du Rassemblement national, Caroline Colombier, a déposé plainte contre le quadra pour outrage envers un agent dépositaire de l’autorité publique. Son tort ? Un commentaire publié sur Facebook en réaction aux déclarations de la parlementaire sur l’acétamipride, un pesticide interdit que le projet de loi Duplomb entendait réautoriser.

Les mots exacts de l’intéressé ? « Heureusement que le ridicule ne tue pas, vous seriez morte deux fois dans la même interview. » Lui n’y voit pas d’injure. Juste un goût pour le sarcasme hérité des colonnes de Charlie Hebdo. Quant à la stratégie de la lepéniste ? « Une procédure-bâillon visant à éteindre le débat public, suppose-t-il. On croirait avoir affaire à une mafia. » Ce musellement des voix dissidentes lui évoque le chef-d’œuvre de George Orwell, 1984. Une dystopie devenue réalité à bien des égards. Contactée par Reporterre, Caroline Colombier n’a pas répondu à nos sollicitations.

Identités caviardées

De tels coups d’éclat médiatiques, Louis-Adrien Delarue en a signé d’autres. À commencer par une thèse retentissante, levant le voile sur les conflits d’intérêts gangrenant la Haute Autorité de santé. Et comme le redoutait l’étudiant d’alors, la soutenance — censée être une formalité — ne se déroula pas comme imaginé. « Faire des courbettes à un jury de professeurs en toge fixant leur petit nombril… Ce n’est pas ma tasse de thé, sourit-il. Mon sujet les a vexés. Certains l’ont pris pour eux et m’ont sacrément cuisiné. »

Pour valider son diplôme, et prononcer le serment d’Hippocrate, une condition lui a été imposée : noircir les noms des experts fautifs de recommandations frauduleuses, pointés du doigt dans le document de 216 pages.

« Ce silence sur les ravages des pesticides m’insupporte »

Omerta, non merci. Le soignant livrera en pâture ses travaux, un mois plus tard, sans en caviarder la moindre ligne. Les médias s’en saisiront. La justice aussi. Quatorze années se sont depuis écoulées, mais l’homme à la marinière n’a rien perdu de son envie de secouer l’univers feutré de la médecine : « Ce silence sur les ravages des pesticides m’insupporte. Pourquoi les professeurs n’en parlent pas à la fac, alors que la documentation existe depuis les années 1970 ? Certainement par peur de se faire rabrouer par le Conseil de l’Ordre. » Lui s’en moque : tant qu’il le pourra, il criera haut et fort dans l’espoir d’interpeller un à un ses collègues généralistes.

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Source : https://reporterre.net/Ce-medecin-oppose-aux-pesticides-que-l-extreme-droite-veut-faire-taire

lundi 12 janvier 2026

Victoire ! - Abandon des poursuites contre le journal L’Empaillé à Perpignan : « Le droit est un rempart contre les procédures abusives des mairies RN »

Abandon des poursuites 

contre le journal L’Empaillé 

à Perpignan : 

« Le droit est un rempart 

contre les procédures abusives 

des mairies RN »

 

  • par
  • Ce 8 janvier, devant les juges perpignanais, l’avocat de Philippe Rouch, directeur de la police municipale (PM) et celui du journal L’Empaillé ont chacun plaidé la cause de leur client dans cette affaire de droit de la presse. D’un côté, le directeur de la PM considérant que le mot « caïd » employé dans un article du journal était une « injure publique », de l’autre, le directeur de la publication qui avait publié en octobre 2023, l’article « Purge sur la ville ». Après une première plaidoirie, le tribunal s’est retiré près d’une trentaine de minutes pour finalement prononcer la « nullité des poursuites ».

    Devant le tribunal, plusieurs dizaines de personnes s’étaient rassemblées pour soutenir les trois journalistes venus défendre leur travail. « Nous nous retrouvons aujourd’hui devant le tribunal de Perpignan pour défendre la presse libre. L’Empaillé, notre journal, est attaqué en justice », ont expliqué les journalistes. De leur côté, les manifestants scandaient des slogans hostiles à Louis Aliot, maire RN de Perpignan et des chants de solidarité à l’égard du journal.

    « Une victoire pour tous les journalistes »

    Une fois l’audience démarrée, les débats ont porté sur les aspects techniques du dossier. Car si en droit, le dossier est complexe sur le fond, il a été jugé sur un élément de forme. Techniquement, c’est l’absence de notification par le juge d’instruction au prévenu de sa faculté « à garder le silence » qui « lui a nécessairement occasionné un grief », précise le juge pour justifier sa décision. De fait, la procédure est close et le journal peut poursuivre son travail.

    À l’issue du procès, l’avocat du journal, Octave Nitkowski, précise que « l’intégralité de la procédure a été annulée parce que les droits de la défense n’ont pas été respectés dès le début du dossier. Monsieur Grysole est définitivement innocenté dans cette procédure qui représentait une entrave à sa liberté d’expression. »

    Selon Octave Nitkowski, il s’agit « non seulement d’une victoire pour la liberté d’expression, mais aussi pour les droits de la défense de tous les journalistes. »

    Le tribunal n’a pas jugé si le mot « caïd » pouvait être qualifié d’injure

    Durant la suspension d’audience, l’avocat de Philippe Rouch et ancien bâtonnier, Raymond Escalé, s’est rapproché des journalistes présents dans la salle pour justifier la procédure contre le mot caïd. « Philippe Rouch est un fonctionnaire, ce n’est pas un homme politique qui accepte le jeu des médias ». Quand bien même, il livrait il y a quelques jours une longue interview vidéo pour le site Omerta. En clair, selon son avocat, le directeur de la police se serait senti insulté par l’utilisation du mot caïd, allant même jusqu’à demander 5 000 euros de dommages et intérêt.


    Pour le directeur de la publication et journaliste de L’Empaillé, Simon Grysole, le verdict laisse un sentiment de frustration. « C’est le principe des procédures baillons, c’est fait pour ne pas parler du fond. J’avais préparé une déclaration que j’aurais aimé lire sur cette politique d’extrême droite menée ici et qui est dangereuse. C’est là-dessus qu’on a enquêté et c’est ce qu’on combat en tant que journal militant. On ne se le cache pas. C’est vrai que c’est un peu frustrant mais ça reste une victoire ».

    L’avocat de la défense a enfoncé le clou en déclarant que « le droit est un rempart contre l’instrumentalisation qui en est faite par les mairies RN. »

     Source : https://madeinperpignan.com/perpignan-abandon-poursuites-contre-le-journal-lempaille-le-droit-est-un-rempart-contre-les-procedures-abusives-des-mairies-rn/

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    Victoire !

    Ce 8 janvier au tribunal de Perpignan, Messieurs Aliot et Rouch ne se sont pas déplacés. Le directeur de la police municipale de cette mairie RN attaquait L’Empaillé. Nous l’avions qualifié de « caïd » dans notre enquête d’octobre 2023. Celle-ci documentait la politique d’extrême droite menée à Perpignan, et révélait l’existence d’une police municipale aux méthodes brutales et arbitraires, forte de deux cents agents armés de flashballs et pour certains décorés d’un écusson aux relents néo-fascistes. Cette plainte relevait avant tout d’une procédure bâillon, destinée à nous faire perdre du temps et de l’argent.

    Lors de l’audience, il n’y a même pas eu de débat sur cette supposée injure, puisque l’instruction n’a pas respecté la notification de droit au silence lors de la mise en examen du directeur de publication. Ce point de nullité, plaidé avec brio par notre avocat, a bien soulevé quelques gesticulations verbales de la part de la procureure et de l’avocat de la mairie d’extrême droite, mais sans succès : les juges ont décidé de l’abandon des poursuites. Cette victoire avant même l’examen du fond nous a privés de la possibilité d’argumenter sur l’indemnisation de nos frais de procédures.

    Nous remercions les dizaines de personnes qui se sont déplacées, de Perpignan et d’ailleurs, pour nous soutenir devant le tribunal, ainsi que le fonds Ripostes pour le financement des frais liés à la procédure.

    Plus que jamais, nous continuerons à enquêter sur l’extrême droite, et nous resterons le relais de toutes les luttes pour combattre ces gens dangereux, que ce soit dans les villes tenues par le RN, à l’Assemblée ou dans des groupuscules néofascistes éparpillés sur le territoire.

    Vive la presse libre, vive la résistance antifasciste !

    L’équipe de l’Empaillé

    Source : https://lempaille.fr/victoire 

     

    dimanche 11 janvier 2026

    L'Alchimie Prades 💎❄💎 broderie rebelle / stage plantes du féminin / nouvelle expo ! / ateliers / événements à venir... Au plaisir de vous croiser par ici ou par là !


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    L'expo 
    Merci à H.TAN, l'une de nos artistes fétiches, qui a répondu à l'appel 
    et qui nous fait donc l'honneur d'amorcer l'année en toute beauté 
    avec sa nouvelle expo qui promet ! 
    appel_artistes
    L'info
    L'atelier "chants sacrés tibétains" passe du vendredi au jeudi, 
    nouveau jour, nouvel horaire ! Cf. ci-dessous, au jeudi...
     les événements
    Le mois de janvier met le féminin à l'honneur à l'Alchimie 
    avec cette semaine deux dates d'un atelier de broderie 
    sur la thématique "femmes, pouvoir & ruralité" 
    ainsi qu'un stage sur les plantes amies du féminin 
    qui revient ce mois !
    Flyer_A5_IPY...
    M_thodes_nat...
    à venir...
    Un concert-spectacle réchauffant de Lou Mondo 
    qui nous emmène en Amérique Latine 
    ... mais aussi une rencontre avec le S.E.L 
    et notre fidèle rendez-vous mensuel du mercredi 
    pour fabriquer soi-même de nouveaux cosmétiques :)

    De quoi faire voyager tous les sens !
    Lou_Mondo(2)
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    Lundi
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    MARDI_RESTAU
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