Interrogée en conseil municipal sur les responsabilités ayant conduit à la mort de Remi Fraisse, Madame Lherm, Maire de Lisle sur Tarn a déclaré : " la plus grande responsabilité, celle qui a entrainé le chaos et le drame, elle appartient aux responsables de l'organisation qui n’ont brillé que par leur inaction." juste après avoir dit : "La demande d'autorisation de manifestation du collectif du Testet a été déposée le 22 octobre 2014". (voir le PV du Conseil Municipal fin de page 9 à page 11*).
Il s'agit donc clairement d'une mise en cause du collectif Testet dans la mort de Rémi Fraisse.
Le collectif Testet a donc fait valoir sont droit de réponse et envoyé à Madame Lherm une lettre Ouverte, rétablissant les faits, lettre reproduite ci-dessous et que vous pouvez télécharger et diffuser la lettre autour de vous en cliquant ici.
Madame LHERM
Maire de L'isle-sur-Tarn
Place Paul Saissac
81310 Lisle-sur-Tarn
Lisle-sur-Tarn, le 31 août 2026
Lettre ouverte
Objet : droit de réponse à votre mise en cause de la responsabilité du collectif Testet dans la mort de Rémi Fraisse
Madame la Maire et Conseillère départementale,
Lors de la séance du Conseil municipal du 5 juin 2026, interrogée sur les responsabilités ayant conduit au décès de Rémi Fraisse, vous présentez votre version des faits, visant à présenter le Collectif Testet comme responsable de la survenue du drame (voir le PV du Conseil Municipal fin de page 9 à page 11*).
Pour ce qui est de l'écriture de l'histoire, nous nous référons aux faits et les faits sont têtus :
1) Le Collectif Testet n’était pas à l’origine de la manifestation du 25 octobre 2014 (voir déclaration initiale du 16 octobre), mais la soutenait, car annoncée comme festive et non violente, avec d’autres organisations. Lorsqu’il a pris connaissance de l’ampleur attendue, il a souhaité contribuer à son bon déroulement, notamment en organisant avec la préfecture les conditions d’accès et de stationnement. À cette fin, les organisations ont demandé, le 17 octobre, une réunion au Préfet (voir courrier).
2) En conséquence, cette réunion de préparation s’est tenue le mardi 21 octobre à la préfecture, et à laquelle vous étiez présente avec Mme Puibasset pour la commune de Lisle/Tarn. Il n'est pas notifié, dans le relevé de décision (voir R.D.), votre refus d’avis favorable pour cette manifestation. De même, vous n’y avez pas fait état de vos informations sur la présence d’armes sur le site…
3) La préfecture s’était engagée à ce que les forces de gendarmerie ne soient pas visibles sur le site du chantier afin d’éviter toute confrontation. Selon le rapport de gendarmerie du 2 décembre 2014 page 9, ce sont les responsables locaux qui choisissent de protéger la base de vie (c’est-à-dire un parking entouré d’un grillage…). De fait, leur présence a amené des violences qui ne se seraient pas produites si cet engagement avait été respecté. Leur retrait après la mort de Rémi Fraisse a d’ailleurs immédiatement ramené le calme sur le site.
4) Durant toute la période (10h à 19h le samedi 25 octobre) et sur le périmètre prévu (Barat – Métairie Neuve) à plus d’un kilomètre de la « base de vie », le rassemblement s’est déroulé sans incident notable. Comme l’ont relaté les journalistes venus sur place, notre rassemblement était à la fois festif et studieux. Il a pris fin à 19h comme prévu, la Métairie Neuve restant fréquentée, comme c’était le cas depuis des semaines.
5) Rappelons :
- Que l’arme, la grenade OF-F1, tirée par un gendarme dans des conditions non conformes à son utilisation, qui a entrainé la mort de Rémi Fraisse, a été ensuite interdite pour son caractère létal.
- Qu’aucune enquête (pénale, parlementaire, du Défenseur des droits…) n’a mis en cause la responsabilité du Collectif Testet dans ce drame.
- Que le 27 février 2025, la Cour Européenne de Droits de l’Homme a condamné l’État français pour ne pas avoir "assuré le niveau de protection requis pour éviter un risque pour la vie" lors des opérations de maintien de l'ordre qui ont conduit à sa mort.
6) Rappelons que notre lutte était bien légitime, au vu des avis (de 2010 à 2013) de l’Office National de l’Environnement et des Milieux Aquatiques (Onema / OFB), des commissaires enquêteurs de l’enquête publique et des scientifiques (CSRPN & CNPN).
Rappelons que plus d'un mois avant le début des travaux, le 28 juillet 2014, le gouvernement était informé par la Commission européenne de son constat de non-respect de la directive-cadre sur l’eau. Que cela annonçait inévitablement le lancement d'une procédure d’infraction engagée contre la France et l'annulation de la subvention européenne pour 30 % du montant du projet. Que le Conseil général du Tarn, dont vous étiez une élue, était vraisemblablement également informé (écouter à partir de 7 minutes 50 secondes).
Dans ce contexte, les travaux n’auraient pas dû être engagés. Sans cette volonté de passage en force de la part du Conseil Général et du gouvernement, une vie aurait été épargnée et de nombreuses personnes n’auraient pas été blessées et traumatisées.
7) Rappelons que la légitimité de notre lutte a ensuite été confirmée par le rapport des experts du Ministère rendu public le 27 octobre 2014 et par les décisions de justice annulant les arrêtés qui autorisaient la réalisation du projet initial de barrage Sivens et condamnant l’Etat.
Afin de pouvoir continuer le travail en co-construction entrepris dans le Projet de Territoire pour la Gestion de l’Eau du bassin versant du Tescou, depuis 2017, il nous semble nécessaire qu’aucun d’entre nous ne déforme les faits.
Nous vous prions d’agréer, Madame la Maire, l’expression de nos salutations distinguées.
Claude FORGEOT,
au nom du Conseil d’Administration
du collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet







