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NOUVELLE INSPECTION CITOYENNE
SUR LE SITE CHIMIQUE DE BASF À GENAY (69)
EN TOUTE IMPUNITE,
BASF CONTINUE A PRODUIRE DES PESTICIDES
INTERDITS EN FRANCE
Communiqué de presse – 30 juin 2026
1) CMR : Cancérigène, Mutagène er Reprotoxique
Source : https://faucheurs-volontaires.fr/nouveaux-pesticides-interdits-chez-basf.htm
Des manifestants opposés au lac artificiel du roc d'Aude © Radio France - Tanguy Bocconi
Tanguy Bocconi
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Plus de 250 personnes ont manifesté ce dimanche 28 juin au pied du terminal des télécabines des Angles contre un projet de lac artificiel à 5,5 millions d'euros qui va stocker 113.000 mètres cubes d'eau au sommet du Roc d'Aude. Un désastre écologique totalement inutile selon ses détracteurs.
C'est sous un soleil de plomb que les opposants à la retenue d'eau du Roc d'Aude se sont mobilisés ce dimanche 28 juin au pied de la gare des télécabines de la station des Angles, à l'appel d'une vingtaine d'associations dont "Bien vivre en Pyrénées catalanes", "En commun 66", Alternatiba, Frene 66, la LPO, le GOR, ou Moutain Wilderness qui ont enchaîné les prises de parole pendant plus de deux heures dans une ambiance pacifique mais combative, sans bloquer la circulation ni le fonctionnement de la station.
La chaleur, étouffante, n'a pas découragé les quelques 250 personnes venues contester ce projet de lac artificiel à 5,5 millions d'euros porté par la mairie des Angles et qui doit permettre de stocker jusqu'à 113.000 mètres cubes d'eau, l'équivalent de 45 piscines olympiques, à plus de 2.000m d'altitude.
Si ses opposants dénoncent "un projet inutile et destructeur pour alimenter les canons à neige de la station de ski des Angles", la mairie répond qu'il profitera aussi aux pompiers et aux éleveurs.
Des arguments qui n'ont visiblement pas convaincu les manifestants comme Nicolas, qui n'a pas hésité à faire le déplacement depuis Perpignan : "C'est une honte ce qui se passe. On démolit une montagne à 2.400 mètres d'altitude pour faire une retenue d'eau, uniquement pour la station de ski, au lieu de chercher un autre modèle économique plus viable que le tout-tourisme... C'est vraiment une vision à très très court terme."
Dans la foule, il y a aussi des locaux comme Johan, 18 ans, qui s'interroge sur le coût du chantier: "J'aurais préféré que les cinq millions d'euros soient plutôt mis dans des moyens pour pouvoir loger les saisonniers, puisqu'il n'y a plus de logements pour nous du fait des locations à outrance des plateformes telles que Airbnb. La mairie essaye d'agiter les peurs en disant que s'il n'y a pas ce projet, il n'y aura plus d'emplois, mais il n'y a pas eu de concertation des habitants, il n'y a pas eu d'enquête publique. Ça a été fait un peu dans la discrétion, en silence."
Un avis partagé par Christian Blanc, l'ancien maire des Angles, qui réfute l'argument d'une réserve en eau utile pour les éleveurs ou la lutte contre les incendies : "C'est même dangereux pour l'élevage, parce que le Roc d'Aude est ceinturé de ruisseaux et les troupeaux en fortes chaleurs ne sont pas sur le sommet, ils descendent en forêt. Aujourd'hui, alimenter des troupeaux avec des abreuvoirs issus d'une bassine avec un fond en bâche PVC, c'est le meilleur moyen d'aller déclencher un problème sanitaire. C'est un habillage qui a été trouvé pour essayer de justifier ce projet, mais qui est ridicule."
"Quant au prétexte de la lutte contre les incendies, vous parlez à un ancien pompier et en tant que maire, pendant 25 ans, j'ai suivi tous les grands feux du pays, poursuit Christian Blanc. Aujourd'hui, tous les grands feux ont été combattus par les Canadair, qui sont autorisés à se poser à un kilomètre de la station versant sud, au lac de Matemale et au lac des Bouillouses. Et ensuite, il y a tout un chapelet de lacs autour du roc d'Aude, lac d'Aude de la Balmette des Boutassous qui peuvent permettre d'avoir un pompage ponctuel. Donc là aussi, là, l'argument pompier, il est risible. Ce sont tout simplement de faux arguments pour essayer de justifier l'injustifiable."
De son côté Philippe Assens, membre fondateur de l'association En Commun 66, tient à préciser les choses et fait œuvre de pédagogie : " Il y a une chose très importante à faire comprendre, c'est que nous, nous sommes pour les retenues collinaires, mais les vraies, celles en fond de vallée glacière, alimentées par les eaux de ruissellement sur des fonds argileux. Or là, ce n'est pas une retenue collinaire, puisqu'elle est creusée en haut d'une montagne, dans la roche, avec une bâche, et que l'eau est prélevée dans une nappe. Parce qu'une nappe et une rivière, c'est la même chose. Donc, il faut bien comprendre que dans le cas du Roc d'Aude, il s'agit bien d'un projet de méga bassine au coût d'une destruction irréversible d'un sommet de montagne, alors qu'on aurait pu faire une chose intelligente en fond de vallée. Ce n'est pas de la faute des gens des Angles, c'est de la faute du préfet qui aurait dû faire une étude d'impact. Eux ont pris un cabinet. Mais la différence avec une étude d'impact, c'est qu'il y a les personnes publiques associées, le Département, l'Etat, la communauté de communes, le PNR et là, personne n'a été sollicité."
Dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux, la mairie des Angles rappelle pour sa part "que la commune a gagné au tribunal administratif contre le recours suspension, preuve que le projet répond parfaitement à toutes les exigences environnementales et réglementaires exigées en la matière" et souligne que le projet "fera l’objet d’un suivi environnemental et écologique après sa réalisation."
Reste qu'au sommet du Roc d'Aude les tractopelles sont en action depuis des semaines et le chantier bien avancé, malgré un recours en référé contre le permis d'aménager et un pourvoi déposé devant le Conseil d'État qui n'a pas encore rendu sa décision.
A écouter dans l'article
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En France, le système actuel des titres de séjour fabrique de l’irrégularité et brise des vies. Après avoir recueilli la parole de travailleur·ses étranger·es qui se retrouvent « à la merci d’un papier », des professionnels de santé nous racontent les effets psychologiques de cette précarité administrative sur leurs patients.
« Avec une carte d’un an, même pas trois mois après j’angoisse déjà en pensant au renouvellement » Jean-Louis, 33 ans est agent de sécurité à Toulouse. En France depuis sept ans, chaque renouvellement est un parcours du combattant : créneaux introuvables en préfecture, plateforme en ligne défaillante, timbre fiscal de 250 euros à payer à chaque renouvellement… un cycle qui recommence chaque année, pour Jean-Louis comme pour des milliers de personnes étrangères qui travaillent en France, certaines depuis plus de 20 ans.
Imaginez devoir renouveler votre passeport tous les ans dans un système administratif saturé et que ce même papier conditionne tous vos droits en France : travail, logement, santé. Un simple retard de délivrance et vous perdez tout.
Les 27 témoins de notre rapport « À la merci d’un papier » évoquaient tous de l’angoisse, du stress, de l’anxiété à l’idée de renouveler leur titre de séjour. Une angoisse qui n’offre pas de perspective. Pas le temps de souffler ni de rêver. Dans ce système dysfonctionnel, leur corps s’épuise et leur santé mentale s’abîme.
Pour comprendre l’impact du système des titres de séjour sur la santé mentale des personnes étrangères qui travaillent en France, nous avons interrogé des professionnels de santé : qu’observent ils chez leurs patients ? Quels symptômes reviennent ? Quels liens font-ils entre précarité administrative et la santé de leurs patients ?
Ces témoignages de médecins ont été réalisés dans le cadre d’un nouveau rapport intitulé « J’y pense tout le temps… j’ai cette pression constante dans la tête », publié en juin 2026 en complément de notre rapport « A la merci d’un papier » publié en novembre 2025.
Les écouter, comprendre leurs tourments, les soigner : c’est le quotidien de la psychiatre Tortelli, qui reçoit chaque jour des personnes exilées dans le 1er arrondissement de Paris. Elle travaille au groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences, où depuis 2021, une unité est dédiée à la santé mentale des personnes exilées en situation de précarité en Ile-de-France : l’unité Capsys.
La spécialité de la Dr. Tortelli c’est de recueillir les récits d’exils, de traiter les traumatismes passés. Mais « quand les personnes arrivent en consultation, la première cause de stress qu’elles évoquent, c’est l’accès à un statut administratif » explique-t-elle. Au gré de ses consultations, un constat revient : «sur le plan psychique, c’est l’instabilité qui les casse. »
Plus l’attente [de réponse de la préfecture, ndlr] est longue, plus il y a une détresse psychologique.Dr. Tortelli, psychiatre au GHU Psychiatrie Neurosciences Paris
Nadia, en France depuis 25 ans, avait déposé son dossier de renouvellement à la préfecture à temps : « Pendant un an et demi tous les jours je relançais la préfecture ! » Mais elle a basculé dans l’irrégularité et perdu son emploi car son titre n’a pas été délivré avant l’expiration de sa dernière carte. Des cas comme Nadia, la Dr. Tortelli en reçoit quotidiennement : « Les ruptures de droit au séjour sont catastrophiques pour ces personnes » résume-t-elle. Contraints d’enchaîner les titres de séjour courts, les travailleurs étrangers ne peuvent pas se stabiliser, ni administrativement ni psychologiquement.
Pour lire le témoignage de Nadia : https://www.amnesty.fr/actualites/temoignage-travailleurs-etrangers-en-france-la-vie-en-suspens-de-nadia/Toutes les personnes interrogées nous ont confié ressentir des symptômes tels que des crises d’angoisse, une profonde anxiété, des troubles du sommeil. « En pleine nuit, je me suis déjà réveillée en me disant : ‘est-ce que j’ai pensé à ce papier ?’ » nous a raconté Mariette, auxiliaire de vie.
À ces troubles, s’ajoutent aussi une importante fatigue physique et mentale, des crises de larmes, des douleurs au corps. Les personnes qui ont témoigné nous ont confié que leur précarité administrative les a déjà mené à la dépression pouvant aller jusqu’à des idées suicidaires.
Renouveler ses papiers occupe tout l’espace mental des travailleur·ses étrangèr·es. Toute leur organisation se fait autour de la préfecture et des papiers : travail, vacances en famille, temps libre. La santé est alors reléguée au second plan.
Les personnes peuvent oublier ou reporter un rendez-vous médical important mais jamais un rendez-vous en préfecture.Médecin généraliste au centre de santé de Blosne à Rennes
Et puisque les périodes de renouvellement reviennent sans cesse, « cela peut entraîner des retards de diagnostic ou de traitement sur des problèmes de santé chroniques et graves. Des patients ont déjà reporté des rendez-vous chez le cardiologue à cause de leurs papiers ».
Un simple retard de la préfecture peut suffire à faire basculer une personne étrangère dans l’irrégularité. Qui dit irrégularité aux yeux de l’administration, dit perte de droits, dont perte de la couverture santé. Ces personnes, injustement plongées dans la précarité, peuvent alors se tourner vers l’aide médicale d’État (AME), le dispositif de prise en charge des soins pour les personnes en situation irrégulière. Mais la démarche peut prendre du temps, et entre les deux, c’est le vide. Comprenons bien le problème majeur : des personnes, qui étaient pourtant en situation régulière, deviennent « irrégulières » à la suite d’un retard ou à un silence de la préfecture.
Pour les travailleurs étrangers couverts par une complémentaire santé via leur entreprise, le risque est double : un titre de séjour non renouvelé à temps peut entrainer un licenciement et avec lui, la perte immédiate de leur couverture santé.
Le docteur Pierre-Henri Daculsi a passé des années à arpenter des terrains en crise : urgentiste pendant huit ans à Mayotte, missions humanitaires avec Médecins sans frontières en Ukraine, en Centrafrique, aux Philippines… et plusieurs missions dans la jungle de Calais, en France. Des terrains où il a soigné des patients aux histoires de vies marquées par la violence. Depuis 2023, il assure la direction médicale de l’association Parcours d’Exil, où il reçoit en consultation des personnes exilées dans le 10ème arrondissement de Paris.
Pour lui, les difficultés administratives ne génèrent pas seulement du stress, elles rouvrent des blessures passées. L’incompréhension du système, les nombreux obstacles rencontrés pour le renouvellement de la carte de séjour, le sentiment d’injustice peuvent « réactiver des traumatismes » subis pendant l’exil.
C’est parce qu’il y a une violence vécue en France que ça vient déstabiliser et réactiver le trauma.Dr Pierre-Henri Daculsi, directeur médical de Parcours d’Exil
Ce que le docteur Daculsi observe de plus frappant, c’est l’effondrement de ses patients au moment de leur procédure de renouvellement de titre de séjour : « Lorsque des patients ont un traumatisme, souvent les premiers mois, ils redorment, reprennent goût à la vie, se réinvestissent dans des relations sociales. Et au moment des procédures, on a l’impression de repartir à zéro. Je le vois avec des patients plutôt stabilisés, qui, au moment des procédures pour les renouvellements, s’effondrent comme un château de cartes. »
Je le vois avec des patients plutôt stabilisés, qui, au moment des procédures pour les renouvellements, s’effondrent comme un château de cartes.Dr Pierre-Henri Daculsi, directeur médical de Parcours d’Exil
Dans le quartier de Blosne, à Rennes, il n’y a que cinq médecins pour 10 000 habitants. C’est dans ce quartier qu’a choisi de s’implanter l’un des 26 centres de santé du dispositif « Secpa », qui permet depuis 2021 l’installation de maisons de santé dans des quartiers prioritaires, pensées pour des personnes qui ont difficilement accès au système de santé traditionnel.
Une médecin généraliste du centre de santé de Blosne nous a confié observer une chose au quotidien : « L’impact mental de la précarité administrative déborde, contrairement aux discriminations raciales qui sont beaucoup plus intériorisées. La question des papiers prend toute la place et met de côté d’autres violences du quotidien ». L’angoisse administrative c’est ce que les patients expriment le plus, pendant que les autres violences comme les discriminations, continuent de s’accumuler.
La question des papiers prend toute la place et met de côté d’autres violences du quotidien.Médecin généraliste au centre de santé de Blosne
Les discriminations, le médiateur de santé au centre de Blosne, les observe aussi. Un jour, il appelle l’hôpital pour obtenir un transport médical pour une patiente : « Elle été refusée pour racisme ». Il lui propose de porter plainte. En riant, elle lui répond : « La seule chose qu’on veut, c’est un taxi qui nous emmène pour nous faire opérer du cœur. Je veux juste survivre, pas dénoncer le fait d’avoir été discriminée. »
La docteure Tortelli du centre parisien Capsys le confirme aussi : « Il y a une vraie difficulté de nos patients à dire qu’ils sont discriminés. De manière générale, ce sont des personnes qui prennent beaucoup sur elles et se plaignent rarement. D’où l’importance de faire de la détection et de la prévention. »
Notre rapport « À la merci d’un papier » le documentait déjà : le système des cartes de séjour enferme les travailleurs étrangers dans la précarité. Les médecins que nous avons interrogés révèlent l’envers sanitaire de ce système dysfonctionnel : épuisement psychologique, angoisse permanente, traumatismes réactivés… le système français des titres de séjour a un réel impact sur la santé des personnes concernées. Et sans stabilité administrative, impossible pour les médecins de soigner efficacement : « On ne met que des pansements » résume la médecin du centre de santé de Blosne.
Pourtant, une solution existe : délivrer des titres de séjour stables. « Avec la carte de séjour d’un an, tu es en sursis. » explique Adra, assistance maternelle d’origine algérienne, en France depuis 10 ans. Un titre de séjour stable, d’un minimum de quatre ans, permettrait à Adra et à d’autres travailleurs étrangers de pouvoir vivre, sans attendre. Et aux médecins de pouvoir réellement soigner, sans juste mettre des pansements.
*Les entretiens avec le personnel soignant du centre de santé de Blosne ont été menés avant les annonces du ministère de la Santé de février 2026, qui a décidé de mettre fin au financement des 26 centres communautaires de santé.
« Sans ce papier, je perds tout » : exigez des titres de séjour stables pour les travailleur·se·s étranger·e·s en France !
https://www.amnesty.fr/petitions/exigez-titres-sejour-stables-travailleurs-etrangers/