Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
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dimanche 9 août 2026

Prades - Alchimie - Programme - 🍈 L'infolettre de l'Alchimie du 8/08 Au plaisir de vous croiser par ici ou par là !

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samedi 8 août 2026

Samedi 26 septembre marchons partout en France pour le climat la paix et les solidarités !



 

Samedi 26 septembre 

marchons partout en France 

pour le climat la paix 

et les solidarités !

Monsieur le Président de la République,

Le 31 décembre 2022, vous demandiez dans vos vœux : « qui aurait pu prédire la crise climatique aux effets spectaculaires ? ». La Gironde avait brûlé quatre mois plus tôt. Elle vient de brûler encore, plus fort qu'à aucun moment depuis cinquante ans, et la fumée est montée jusqu'aux villages du Cher.

Qui aurait pu prédire que 5 764 personnes mourraient de la canicule en quinze jours, sans que rien ne s'arrête ?

Qui aurait pu prédire que celles et ceux qui mourraient d'abord seraient les habitantes et les habitants des quartiers populaires, les familles précaires dans des logements sans isolation, les personnes âgées ou en situation de handicap restées seules, celles et ceux qui travaillent dehors et celles et ceux qui dorment dans la rue ?Qui aurait pu prédire que les paysannes et les paysans perdraient entre 15 % et un tiers de leurs récoltes selon les productions

Qui aurait pu prédire que des millions d'animaux d'élevage mourraient de chaud en quelques jours, les poules d'abord, entassées sous des toits de tôle, et qu'il faudrait rouvrir les fosses d'enfouissement de 2003 ?

Qui aurait pu prédire que d'innombrables mammifères, oiseaux et insectes brûleraient vifs dans les incendies, sans qu'aucun décompte ne soit seulement tenté ?

Qui aurait pu prédire que les coupes dans les services publics laisseraient les enfants dans des écoles surchauffées, les pompiers sans moyens et les hôpitaux à découvert au moment précis où nous en avions le plus besoin ?

Qui aurait pu prédire que TotalEnergies encaisserait 5,4 milliards de dollars en un seul trimestre, 102 % de plus qu'il y a un an, sur la flambée du baril provoquée par les guerres pour l'accès aux ressources énergétiques et minières ?

Personne ne pouvait l'ignorer, parce que tout était écrit.

Les compagnies pétrolières, elles, savaient dès 1971. Elles ont préféré payer pour qu'on en doute.

Le GIEC (Groupe d'expertes et d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) avait prédit, depuis 1990.

À de nombreuses reprises, par voie de presse, de pétitions et même de manifestations, des milliers de scientifiques du monde entier ont tenté d'alerter les dirigeant·es politiques. Ils et elles ont été ignoré·es.

Nous nous sommes mobilisé·es

Depuis que vous avez été élu, nous nous sommes mobilisé·es par centaines de milliers dans les grèves, marches et pétitions pour le climat.

Sur les ronds-points, quand la question du prix du carburant a rendu évident que la fin du mois et la fin du monde sont le même combat, et que la nécessaire bifurcation écologique ne peut se faire au détriment des travailleurs et des travailleuses pauvres de notre pays.

Aux côtés des exilé·es et déplacé·es, notamment à cause des dérèglements climatiques et des guerres économiques et militaires menées dans leur pays d'origine.

Contre les méga-bassines, pour que l'eau reste un commun et non le privilège de quelques exploitations. À deux millions de signatures contre le retour d'un insecticide interdit, parce que les sols, les rivières et celles et ceux qui les travaillent ne sont pas une variable d'ajustement.

Vous ne nous avez pas écouté·es. Vous avez dit que nous exagérions, puis que nous étions des radicaux, puis des écoterroristes. Pendant ce temps, vous avez ramené le Fonds vert de 2,5 milliards d'euros à 837 millions, quand il permet aux communes de se protéger. Vous avez ajouté 6,7 milliards au seul budget des armées en une année. Et toute notre sécurité civile tient sous le milliard, avec douze avions bombardiers d'eau.

Nous ne venons pas vous demander de nous plaindre. Nous venons vous demander des comptes.

Nous exigeons un plan d'urgence

Parce que l'été prochain sera plus chaud que celui-ci. Des lieux frais accessibles dans chaque bassin de vie, en commençant par les quartiers populaires et les communes rurales. Des écoles, des crèches, des hôpitaux et des EHPAD où l'on ne meure pas de chaud. La protection des travailleuses et des travailleurs de la chaleur inscrite dans la loi. Un toit pour chacune et chacun, parce qu'on ne s'adapte pas au climat quand on dort dehors. Des moyens humains et matériels réels pour les secours. Un fonds pour les paysannes et les paysans sinistrés, et le sauvetage de la faune inscrit dans les plans de catastrophe.

Nous exigeons un plan d'adaptation

Parce qu'aucune commune ne doit rester seule devant le feu et la soif. Le Fonds vert rétabli et l'ingénierie publique rendue aux territoires. La rénovation des logements engagée, des passoires thermiques et du parc social, pour que l'isolation cesse d'être un privilège. Des forêts renouvelées, des sols restaurés, des haies replantées, des rivières et des nappes traitées comme des communs et non comme des stocks à privatiser.

Nous exigeons un plan d'atténuation

Parce qu'on ne s'adapte pas indéfiniment à une catastrophe qu'on continue d'alimenter. La fin de toutes les subventions aux énergies fossiles. L'interdiction pour toute entreprise française d'ouvrir de nouveaux projets fossiles, ici comme ailleurs. Des transports publics accessibles partout avant toute taxe qui pèserait sur les plus modestes. Une sortie du fossile qui soit aussi une sortie des guerres qu'il finance.

Pour payer ces trois plans

Nous exigeons que contribuent celles et ceux qui ont fabriqué la catastrophe et qui en tirent profit.

Les superprofits des énergies fossiles, taxés dès la loi de finances 2027.

Les superprofits de l'armement, dont les carnets de commandes n'ont jamais été aussi pleins.

Un impôt climatique sur les patrimoines des plus riches, qui rapporterait entre quinze et vingt-cinq milliards d'euros par an.

Trois Françaises et Français sur quatre veulent déjà que les entreprises fossiles paient davantage. Nous ne demandons rien d'autre que ce que ce pays réclame.

Le samedi 26 septembre 2026

Partout en France, dans les métropoles et dans les bourgs de mille habitants, dans les centres-villes et dans les quartiers, nous serons dans la rue.

Marchons pour le climat, pour la paix, pour les solidarités.

Marchons pour la justice écologique et pour la justice sociale.

Marchons pour les vivantes et les vivants, humains et non humains.

Marchons pour qu'on suive enfin les scientifiques, et qu'un plan d'urgence, d'adaptation et d'atténuation soit engagé sans attendre un été de plus.



Source : https://framaforms.org/samedi-26-septembre-marchons-partout-en-france-pour-le-climat-la-paix-et-les-solidarites-1785165577 

vendredi 7 août 2026

« C’est du mépris de classe » : une mairie profite des incendies pour supprimer des jardins familiaux

Pétition pour garder les jardins familiaux

https://www.mypetition.org/petition/nature-environnement/
contre-fermeture-19-jardins-familiaux-a/285277 

« C’est du mépris de classe » : 

une mairie profite des incendies 

pour supprimer des jardins familiaux

 

Par Claire Lengrand et Antoine Berlioz (photographies)
4 août 2026


Melina présente des œufs, tomate et aubergine récoltés sur une parcelle voisine. Elle cultivait la sienne depuis dix-neuf ans avant qu’elle ne brûle dans l’incendie.

 

Dans les Pyrénées-Orientales, des habitants ont reçu l’ordre d’évacuer des jardins communaux afin que soit créée une « ceinture de protection » contre les incendies. Ils dénoncent la violence de cette décision et l’hypocrisie des autorités locales.

Ille-sur-Têt (Pyrénées-Orientales), reportage

« Les jardins ne nous menacent pas, ils nous nourrissent », arbore une pancarte décorée avec des arbres, une poule géante et un minipoulailler. En cette matinée du 3 août, près de 80 personnes sont rassemblées devant l’hôtel de ville d’Ille-sur-Têt, dans les Pyrénées-Orientales. En plus des journalistes, des habitants de la commune et des alentours sont venus manifester leur colère.

Une semaine après les incendies de Trévillach ayant parcouru 4 900 hectares, la municipalité élue en mars et dirigée par Alain Fabresse, délégué départemental de l’Union des droites pour la République (UDR), a décidé de supprimer dix-neuf jardins familiaux situés en contrebas de la ville, près de la route départementale 66. Le 5 juillet, le feu s’est introduit dans cette zone, détruisant la plupart de ces jardins, ainsi que des champs et des habitations.

Manifestation pour la sauvegarde des jardins de l’Ille-sur-Têt que le maire souhaite raser 
après l’incendie qui a touché une partie des parcelles. © Antoine Berlioz / Reporterre
 

Une décision brutale et soudaine

Pour les bénéficiaires, cette décision est « brutale ». Avertis par un simple courrier ou la visite d’un représentant de la mairie, sans « explications, ni lettre recommandée ni préavis », la commune ne leur laisse que quelques semaines pour récupérer leurs affaires avant de procéder à la « remise en état du site ».

« Ces jardins, on les travaille. Même s’ils appartiennent à la ville, on n’a pas le droit de nous les reprendre comme ça ! » entonne Hayat devant l’assemblée réunie. Mère de quatre enfants, dont deux d’entre eux sont porteurs d’un handicap, elle décrit son jardin comme un véritable « coin de paradis ». Seule la porte avait survécu aux flammes, mais celle-ci a été volée le matin même. Malgré la perte subie, les jardiniers se disent prêts à repartir de zéro. « On veut bien payer de notre poche pour tout refaire », déclare Fatima, dont le jardin a aussi brûlé durant l’incendie.

 

Certains jardins n’ont pas été touchés par l’incendie et sont très fertiles. © Antoine Berlioz / Reporterre

 Depuis 1949, la commune met des parcelles à disposition des familles à faibles revenus. « Je ne comprends pas qu’une mairie se permette de fermer des jardins familiaux alors qu’on vit dans un moment critique, où les produits des grandes surfaces deviennent inaccessibles », déplore Michèle, membre de l’association En commun 66.

Les jardiniers évacués pourraient bénéficier d’autres parcelles situées derrière le camping municipal. Mais plusieurs d’entre eux se disent attachés à ces terres. « Pour moi, ce jardin a une valeur sentimentale, relate Marie-José, 67 ans, à l’entrée de sa parcelle, l’une des seules encore intactes. Mon mari a planté l’abricotier, il a construit la cabane et fait la clôture. Il est décédé il y a quatre ans de la maladie de Charcot et l’année dernière, j’ai perdu mes deux sœurs. Je commençais à peine à m’y remettre puis les incendies sont arrivés et maintenant cette décision… »

 

Marie-José et son frère Francis cultivent sur cette parcelle depuis toujours, leurs parents l’ont acquise en 1949. © Antoine Berlioz / Reporterre

« C’est du mépris de classe »

Dans la presse, Alain Fabresse invoque la nécessité de créer, à la place de ces jardins, une « ceinture de protection » contre les incendies. Il souligne que plusieurs parcelles n’étaient pas entretenues et pointe dans un communiqué « que certains aménagements présents dans cette zone (cabanons, bouteilles de gaz, etc.) ont contribué à favoriser la propagation du feu en direction des premières habitations ». Contactée par Reporterre, la mairie n’a pas répondu à nos questions.


Mohamed a perdu une partie de son jardin dans les flammes, 
un potager et verger qu’il cultivait depuis trente ans. © Antoine Berlioz / Reporterre

 

Francis, 84 ans, fait remarquer que le champ de pêchers entièrement calciné derrière les jardins, détenu par la commune, n’a jamais été entretenu par celle-ci. Pas plus que les abords du canal longeant les parcelles, propriété de la ville de Perpignan.

Les usagers y voient surtout un prétexte « pour se débarrasser de ces jardins ». Avant les incendies, certains proches de la mairie les auraient qualifiés de « bidonvilles » et de « dépotoirs ». « C’est du mépris de classe », dénonce Romain, membre des Jeunesses populaires du Conflent.

Si le maire semble déterminé à mettre en œuvre cette mesure, les jardiniers ne comptent pas se laisser faire. Une pétition est en cours et un recours administratif a été déposé contre cette décision. Une manifestation paysanne pourrait aussi se dérouler à Ille-sur-Têt d’ici septembre.

 

 

 


 

Source : https://reporterre.net/C-est-du-mepris-de-classe-une-mairie-profite-des-incendies-pour-supprimer-des-jardins?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne 


jeudi 6 août 2026

La lettre pour tous.tes - Livre à lire : Les Filles de la Librairie

 








La lettre pour tous·tes
 
 
vendredi 31 juillet 2026

Voici notre lettre consacrée au mouvement #MeToo, aux questions de genre, aux mobilisations féministes et LGBTI+. C’est l’été, nous faisons une pause en août et on se retrouve en septembre !

Cette lettre vous a été transférée par un·e ami·e ? Vous pouvez vous inscrire directement en cliquant ici

Le livre pour tous·tes
« Les Filles de la librairie » de Giulia Foïs (Flammarion) 


 
Par Faïza Zerouala, journaliste
Comment écrire un roman sociétal, féministe, sans être didactique, tomber dans le manifeste ni sacrifier le romanesque ? Giulia Foïs avec Les Filles de la librairie, paru aux éditions Flammarion, relève le défi avec une grâce réjouissante.

La journaliste et autrice met en scène dans sa première œuvre de fiction une librairie féministe et queer de Nice, Les Affranchies, épicentre de l’intrigue. Ouvert par un couple, Maud et Malika, le lieu est à lui seul une profession de foi. Non sans humour, on trouve dans ses rayonnages l’œuvre de Frédéric Beigbeder, au grand étonnement de Stéphane, ex-cadre reconverti en professeur de yoga et féministe autoproclamé.

Autour de ce microcosme gravite une galerie de personnages aussi attachants qu’imparfaits, servis par des dialogues percutants et drôles. Le roman choral laisse une part importante à Rose, journaliste engagée qui s’échine à faire passer dans sa rédaction des sujets liés aux droits des femmes.

Quant à Camille, 20 ans, elle élève seule Léna, 2 ans, et s’enfonce dans une maternité qu’elle n’a jamais choisie. Leïla tente de se maintenir à flot après avoir découvert l’infidélité de son mari, tout en s’occupant de Djibril, son fils de 5 ans, dont les troubles du développement interrogent.

Il y a aussi Yseult, amie d’enfance de Maud, enfermée dans une relation d’emprise avec un mari toxique, commodément rebaptisé Tristan. Et Ambre, la fille de Maud, adolescente ballottée entre deux parents séparés.

Il y a aussi les hommes, de qualité variable, dont le très serviable Paolo, un anarchiste italien réfugié en France, Yazid, le maçon attitré, ou Michael, l’ex-mari de Maud jamais avare de piques, encore blessé de voir son ex en couple avec une femme, d’origine algérienne de surcroît. Sans oublier Léon, étudiant fan de Taylor Swift, ex-stagiaire de la librairie qui rêve de rencontrer de beaux hommes.

Tous ces personnages se croisent à la librairie et, de fil en aiguille, en viennent à s’entraider. Sans jamais alourdir son récit, Giulia Foïs ancre son roman dans le réel. Elle évoque des personnalités au centre d’enquêtes journalistiques, comme Gérard Depardieu, mais aussi les obstacles auxquels se heurtent les victimes de violences sexistes et sexuelles : la difficulté de porter plainte, d’obtenir justice ou, plus simplement, d’être crue.


À travers Camille, enceinte à 18 ans, l’autrice aborde également les entraves à l’IVG. La jeune femme raconte qu’une sage-femme lui a imposé d’entendre les battements de cœur du fœtus, contre son gré, lui faisant renoncer à son avortement. Le roman évoque aussi le climat incestuel qui entoure la famille de Rose, les guets-apens visant les personnes homosexuelles, ainsi que le racisme et l’homophobie auxquels sont confrontées les minorités.

De manière frontale, Giulia Foïs pointe aussi les contradictions d’un pouvoir qui érige les violences faites aux femmes en grande cause nationale sans que les actes suivent les discours, à travers notamment la baisse des crédits aux associations.

Résultat, ce roman, sous ses atours faussement légers, dit beaucoup. Mais il donne aussi de l’espoir. Car ce qui rend le roman de Giulia Foïs attachant et addictif n’est pas seulement sa plume alerte, ou sa portée politique, mais les liens qui se nouent entre les personnages.

Ces femmes s’entraident même si ça doit leur coûter leur place, leur tranquillité ou leur confort. Elles se soutiennent dans un territoire hostile, une Nice conservatrice où les voix discordantes sont étouffées. Et au-delà, Giulia Foïs parvient à créer, par cette sororité et cette solidarité, une bulle hermétique aux vents mauvais dont on ne peut que rêver dans une société de plus en plus rabougrie.