Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan. Mais pas que. Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...
BLOG EN COURS D'ACTUALISATION... ...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...
Destructions de
miradors, menaces et revendications militantes : plusieurs affaires ont
éclaté en mai dans les territoires de chasse français, notamment à
Paladru et Villey-le-Sec.
Le mois de mai 2026 a été marqué par une série de sabotages
visant des installations de chasse dans plusieurs départements français.
Miradors sciés, postes renversés, menaces et revendications militantes :
les chasseurs dénoncent une montée inquiétante des actions anti-chasse
sur le terrain.
Une vague de sabotages touche plusieurs territoires
Depuis
plusieurs semaines, les destructions de miradors se multiplient dans
différents territoires cynégétiques français. Les chasseurs parlent
désormais d’une véritable série noire. En Meurthe-et-Moselle, la commune
de Villey-le-Sec a été particulièrement touchée. Dans la nuit du 23 au
24 mai 2026, sept miradors ont été retrouvés détruits. Selon les
premiers constats, les structures auraient été sciées à leur base avant
d’être renversées.
Très rapidement, l’affaire a dépassé le simple
cadre local. Plusieurs publications militantes anti-chasse ont relayé
l’action sur les réseaux sociaux et certains sites spécialisés. Des
messages ont salué une “victoire” contre les installations cynégétiques.
Le site militant AnimalWeb a même évoqué une forme de “guérilla
citoyenne” contre les infrastructures de chasse. N'hésitant pas à dire :
" Le message envoyé aujourd'hui est limpide : la peur
change de camp. Les miradors, symboles de la privatisation armée et du
danger dans nos espaces publics, tombent les uns après les autres"
UNE VICTOIRE DE PLUS : 100 INSTALLATIONS DE CHASSE DETRUITES . Après
les 7 miradors mis à terre à Villey-le-Sec, la résistance citoyenne
passe à la vitesse supérieure. Aux abords du lac de Paladru, les actions
ciblées se multiplient. Preuve éclatante qu'il ne suffit parfois que
d'une seule personne, ultra-déterminée et agissant dans l'ombre, pour
gripper toute une machine, paralyser les battues et occasionner
d'importants revers matériels. Le message envoyé aujourd'hui est
limpide : la peur change de camp. Les miradors, symboles de la
privatisation armée et du danger dans nos espaces publics, tombent les
uns après les autres.
Ces prises de position ont provoqué une forte colère dans le monde
cynégétique. Dénonçant une banalisation des actes de vandalisme. Une
banalisation qui reste malheureusement trop souvent impunie.
Mais
c’est surtout autour du lac de Paladru, en Isère, que la situation
devient explosive. Depuis près de trois ans, plusieurs ACCA dénoncent
des actes répétés de sabotage visant les installations de chasse. Selon
les responsables locaux, plus d’une centaine de dégradations auraient
été recensées sur six territoires différents. Les chasseurs décrivent un
mode opératoire très précis. Les pieds des miradors sont sciés, puis
les structures sont volontairement poussées au sol. Des cabanes de chasse ont également été dégradées.
En
avril 2026, huit miradors auraient été détruits en une seule nuit dans
la commune de Montferrat. Un message menaçant aurait aussi été retrouvé
sur une cabane : « Stop miradors ou le feu ici ok ». Des caméras de chasse auraient filmé un individu cagoulé et vêtu de noir
circulant à proximité des installations. Aucune interpellation n’a
cependant été annoncée à ce stade. Face à cette situation, certains
chasseurs expliquent avoir abandonné totalement l’utilisation des
miradors devenus trop régulièrement détruits (voir notre article).
Les chasseurs dénoncent un risque pour la sécurité
Pour
le monde de la chasse, ces destructions ne relèvent pas uniquement du
vandalisme matériel. Elles représentent aussi un risque direct pour la
sécurité lors des battues. Les miradors permettent en effet d’effectuer
des tirs fichants, particulièrement recherchés lors de la chasse au gros
gibier. Les chasseurs rappellent que ces postes en hauteur limitent les
risques liés aux ricochets et améliorent la visibilité pendant les
actions de chasse.
Dans plusieurs départements, les responsables
cynégétiques demandent désormais un renforcement des sanctions contre
les auteurs de sabotages. Certains craignent également une
radicalisation d’une partie de la mouvance anti-chasse. Les faits ne
sont pas nouveaux. Néanmoins chaque année ils se renouvellent à un
rythme inquiétant. Et surtout dans une totale impunité. Et pourtant
n'oublions pas qu'en France, l’entrave à un acte de chasse et les
destructions matérielles peuvent entraîner des sanctions pénales.
Nous sommes loin des images bateaux réduisant la sexualité animale non
humaine à une opération rapide pour assurer la reproduction. - Pexels
Lions mâles qui s’accouplent, boîtes de nuit pour
oiseaux... Le désir chez les animaux est infiniment riche et varié,
comme le montre notre sélection culturelle.
La sexualité animale?
Vous avez sûrement appris à l’imaginer rapide, plutôt dominatrice, et
relevant d’une activité pulsionnelle réflexe. Détrompez-vous. Les trois
œuvres présentées ici en attestent : la sexualité des 11 millions
d’espèces animales évoluant sur terre, dans l’eau ou dans l’air serait
d’un foisonnement et, souvent, d’une tendresse incroyables.
Une fois la reproduction assurée, la plupart des espèces auraient
leurs pratiques avec un, une, deux ou plusieurs autres, de sexe
identique ou opposé (homosexualité ou bisexualité), avec des sextoys (certains singes et furets utiliseraient des galets parfaitement lisses)...
Conçu comme un voyage guidé par quelques scientifiques, dont un
biologiste marin et un historien des sciences, ainsi que quelques
personnalités du monde de la culture, telle la directrice du musée du
Vagin, à Londres, le documentaire anglais Animaux : le sexe en toute liberté
expose cette diversité sans fausse pudeur, ni esprit de gaudriole. Vous
y verrez des images qui sonnent juste, comme celles de ces deux
manchots gays de l’océan austral, qui vivent ensemble tranquillement
dans une colonie après avoir élevé un petit, ou celles de ces
bienheureux macaques plongés dans des sources d’eau chaude japonaises —
des femelles lesbiennes?
Nous sommes loin des images bateaux réduisant la sexualité animale
non humaine à une opération rapide pour assurer la reproduction.
Regardez ces deux hippocampes enlacés par la queue et dansant au gré du
courant, ou ces lions se faire de tendres câlins après s’être montés
mutuellement, si peu soucieux d’incarner l’image du mâle fier et
dominateur chère aux masculinistes. Ont-ils quoi que ce soit de fruste? Ne sont-elles pas plutôt poignantes ces jungles bruissantes de cris d’appels d’animaux dont le temps est compté? «Pour la plupart des animaux, le temps pour le plaisir charnel et la reproduction est très réduit», souligne un des participants au film.
La sexualité animale est donc bien queer [1], comme le souligne le sous-titre. «Ça dérange certains d’entendre que le mouflon canadien est gay ou que des manchots mâles élèvent des petits ensemble, regrette Amy Parish, primatologue. C’est dur pour les scientifiques, dont les travaux sont moqués, ostracisés, invisibilisés…»
«Ça dérange certains d’entendre que le mouflon canadien est gay»
Ce documentaire dénonce les a priori puritains de la science,
notamment darwinienne, et invite à la tolérance des non-humains. Après
tout, les bonobos, ces grands singes connus pour fricoter à qui
mieux-mieux, ne sont-ils pas parmi les animaux les moins belliqueux qui
soient? «Je ne sais pas si on peut en tirer des leçons, conclut l’écrivain étasunien Bradley Trevor Greive. Mais on ferait peut-être bien de prendre notre pied plus souvent.»
Animaux : Le sexe en toute liberté — Un règne animal queer, documentaire d’Herbert Ostwald, 2023, 53 min, 13 mars 2025, disponible jusqu’au 30/06/2028..
Elle est sexologue, il est naturaliste, et ils ont écrit ensemble Bêtes de sexe — La diversité amoureuse des humains et autres animaux.
En neuf chapitres, ponctués de dessins suggestifs et de citations qui
le sont tout autant (dommage que les femmes soient peu représentées),
ils font des allers-retours entre mondes humain et non humain pour
comparer les parts physiologique et culturelle de la sexualité.
Variété et extravagance des organes reproducteurs et sensoriels, des
pratiques sexuelles, place du cerveau dans la jouissance, manières de
draguer (des effluves aphrodisiaques aux performances dans les leks —
sortes de boîtes de nuit pour oiseaux), préjugés misogynes, etc. Plus on
en apprend, et plus la sexualité se révèle au croisement d’autres
dimensions, pouvoir, évolution du vivant, religions. Avec la bipédie,
c’est la morale qui caractérise le plus les humains, expliquait Marc
Giraud sur Radio France en 2023, lors de la présentation du livre. D’où
la difficulté à considérer objectivement les autres espèces.
Il y parlait aussi notamment de la manière dont les mésanges, comme
d’autres femelles, font croître la beauté du monde en incitant les mâles
à se surpasser. «Des études
génétiques ont montré que, dans un même nid, les poussins étaient
rarement du même père. Quand elle couve, la femelle écoute le chant des
mâles, et s’il y en a un qui lui plaît bien, un p’tit coup derrière les
buissons, et voilà la variété génétique assurée — et la santé de
certains de ses petits si l’un des mâles était défaillant.»
Bêtes de sexe — La diversité amoureuse des humains et des autres animaux, illustrations de Marc Giraud, Delachaux et Niestlé, octobre 2023, 190 pages, 22,90 euros.
Avec Le Désir animal, de l’éthologue Michel Kreutzer, nous
franchissons encore un pas dans la compréhension de la sexualité animale
non humaine. Cet universitaire de Paris-Nanterre, passionné de
psychologie comparée entre humains et animaux, élargit en effet la
réflexion en l’incluant dans une réflexion globale sur le désir animal.
La lecture est plaisante, malgré un grand nombre de références, mais «il en faut pour s’aventurer sur ces terres encore peu arpentées», souligne l’éthologue et directrice de la collection où est publié cet essai, Jessica Serra, en postface.
En six chapitres thématiques, Michel Kreutzer explore donc la façon
dont les animaux investissent le plaisir de vivre aussi à travers le
jeu, le rire, le goût, la tendresse, la sensibilité à la beauté, la
curiosité à l’égard de leur environnement… Il nous parle de ces oiseaux
qui raffinent leur chant en permanence, de ces courses effrénées dans
lesquelles se lancent chiens et chats, de ces kilomètres que font les
grands singes pour trouver les saveurs qu’ils préfèrent, ou de ceux et
celles qui se laissent dépérir à la mort d’une compagne, d’un compagnon.
Et tout en déployant ces exemples, il expose, citations à l’appui, la
manière dont la philosophie et la science ont nié, dès l’Antiquité — et
nient encore, sous l’influence de la pensée utilitariste —, cette
vitalité désirante, réduisant les «bêtes» à des machines ne répondant qu’à des pulsions primaires, dictées par l’instinct.
Au final, on pense bien sûr à ces vies confinées, en cage ou en
aquarium, de tant d’animaux… Est-ce pour éviter trop d’empathie,
justement, que les pouvoirs et savoirs occidentaux ont tracé entre les
non-humains et nous une frontière infranchissable? Ou pour mieux contrôler notre vitalité humaine, en disqualifiant celle des non-humains?
Alors que l’amenuisement de la biodiversité devient une menace,
explorer les arrière-cours culturelles de notre civilisation, comme nous
y invite cet aventurier contemporain, est des plus stimulants. Sans
réaliser d’où nous venons, pourrons-nous «apprendre à habiter le monde avec [les non-humains], non en maîtres, mais en compagnons de traversée», comme le dit si bien Jessica Serra?
Le Désir animal, de Michel Kreutzer, Belin, coll. « Mondes animaux », dirigée par Jessica Serra, mars 2026, 212 pages, 20 euros.
Notes
[1] Comme le définit l’association Outrans, «c’est
un terme parapluie qui englobe toutes les identités de genre ou
orientations sexuelles et romantiques qui diffèrent de la norme cisgenre
et hétéro. Il s’agissait à l’origine d’une insulte, que la communauté LGBTQIA+ s’est réappropriée».
Tamoul, reconnaissance faciale et lynx : les 10 bonnes nouvelles de la semaine
Mauricette Baelen
Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ?
Voici 10 bonnes nouvelles
à ne surtout pas manquer.
1. Le Gouvernement transnational tamoul tente d’exister sans territoire
Dix-sept ans après la fin de la guerre au Sri Lanka, le Gouvernement transnational du Tamil Eelam (TGTE) continue de représenter politiquement la diaspora tamoule depuis l’exil. Dotée
d’un Parlement et d’institutions propres, cette structure milite pour
l’autodétermination des Tamouls et une reconnaissance internationale des
violences de 2009 comme un génocide.(Histoires Crépues)
2. Un guide juridique pour se défendre face à la reconnaissance faciale policière
Après une enquête révélant l’usage illégal de la
reconnaissance faciale par la police française, Disclose et La
Quadrature du Net ont publié un guide gratuit pour aider citoyen·nes et
associations à connaître leurs droits. L’objectif : fournir des outils concrets face aux contrôles abusifs et à la surveillance policière. (Rembobine)
3. Quatre jeunes lynx relâchés dans les forêts du Jura
Quatre jeunes lynx recueillis en détresse par le Centre Athénas ont été relâchés dans le Jura après plusieurs mois de soins. Équipés de colliers GPS, ils feront l’objet d’un suivi étroit, alors
que les collisions routières et le braconnage restent les principales
menaces pour cette espèce protégée. (France 3 Régions)
4. Le gouvernement britannique refuse de nouveaux permis pétroliers en mer du Nord
Le gouvernement britannique a réaffirmé son refus d’accorder
de nouvelles licences d’exploitation pétrolière et gazière en mer du
Nord. Londres défend une stratégie tournée vers les énergies
renouvelables et le nucléaire, malgré les critiques des conservateurs et
des partisans d’une relance de l’exploration fossile. (Holyrood)
5. L’Assemblée vote contre l’importation de produits traités avec des pesticides interdits en France
Des députés RN, LFI et écologistes ont adopté un amendement
interdisant l’importation de produits alimentaires traités avec des
pesticides bannis en France. Le gouvernement s’y oppose,
estimant que cette mesure contrevient au droit européen malgré les
révélations récentes sur la présence de substances interdites dans des
produits importés. (Le Monde)
6. Des éoliennes peintes comme des guêpes pourraient réduire les collisions avec les oiseaux
Une étude finlandaise montre que des motifs rouge, jaune et noir inspirés des guêpespoussent les oiseaux à éviter davantage les éoliennes.Les chercheurs estiment que ces couleurs d’avertissement, déjà
utilisées dans la nature, pourraient limiter les collisions mortelles
avec les pales. (Earth.com)
7. Un dépistage gratuit du cancer du poumon lancé dans cinq régions
Un programme pilote de dépistage du cancer du poumon va
proposer des scanners gratuits à 20 000 fumeurs et ex-fumeurs âgés de 50
à 74 ans dans cinq régions françaises. L’objectif est de détecter plus tôt cette maladie, responsable de plus de 30 000 morts par an en France. (Le Monde)
8. Une espèce de renard sauvée de l’extinction sur une île californienne
Le renard
de l’île de Santa Catalina, presque disparu après une épidémie ayant
décimé 90 % de sa population en 1999, connaît aujourd’hui l’un des
rétablissements les plus rapides d’une espèce menacée.
Vaccination, élevage et suivi vétérinaire ont permis à cette espèce
endémique de survivre, même si elle reste vulnérable aux maladies et aux
activités humaines. (Good Good Good)
9. Six solutions low-tech pour rafraîchir les écoles pendant les canicules
Face aux fortes chaleurs, un chercheur propose des solutions simples et peu coûteuses pour adapter rapidement les écoles : volets extérieurs, ombrage, aération nocturne, brasseurs d’air ou encore repas froids. Ces mesures pourraient améliorer fortement le confort des élèves sans recourir massivement à la climatisation. (Vert)
10. À Greystones, bannir les smartphones a réduit l’anxiété des enfants
Dans cette ville irlandaise, des parents et écoles ont décidé collectivement de ne pas donner de smartphones aux moins de 13 ans.Depuis, les enfants
dorment mieux, jouent davantage dehors et montrent moins de stress lié
aux réseaux sociaux, selon les enseignants et familles impliqués dans
l’initiative. (La Relève et la Peste)
Gaza-ville, le 15 mai 2026. Les
premiers secours et les habitants se rassemblent sur le site d’un
bombardement israélien visant l’appartement résidentiel de la famille
d’Ezzedine Al-Haddad et son véhicule. Cette attaque a fait 7 morts et
près de 50 blessés. OMAR AL-QATTAA / AFP
Mercredi 20 mai 2026.
Le 15 mai, les Israéliens ont assassiné Ezzedine Al-Haddad,
Rami Abou Jamous écrit son journal pour Orient XXI.
Dans ce texte, il dénonce la stratégie de l’armée israélienne
consistant à bombarder des immeubles résidentiels pour assassiner une
personne, maximisant ainsi le nombre de victimes civiles, ainsi que sa
normalisation dans les esprits occidentaux;
il confie également la culpabilité qui le ronge de savoir qu’en tant
que journaliste, il est une cible et que sa famille pourrait être tuée
avec lui.
Mercredi 20 mai 2026.
Le
15 mai, les Israéliens ont assassiné Ezzedine Al-Haddad, commandant des
Brigades Ezzedine Al-Qassam, la branche armée du Hamas. Ils ont
bombardé un immeuble résidentiel de cinq étages, puis, pour être sûrs de
l’avoir atteint, la voiture qu’il utilisait. Comme d’habitude, j’ai
relayé cette information sur les différents canaux de discussion. Le
lendemain, une amie journaliste m’appelle et me demande des précisions :
«Habitait-il dans cet immeuble?»
Je lui réponds qu’apparemment, il n’y habitait plus pour des raisons de
sécurité, mais qu’il était venu rendre visite à sa femme et à ses
enfants. Cette journaliste — une amie chère — me répond : «Est-ce bien normal qu’il ait pris ce risque?
Il a choisi d’être un combattant, mais il sait qu’en se rendant dans un
lieu où résident des civils, y compris sa famille, il peut causer la
mort de dizaines de personnes.» Je lui ai répondu : «C’était un être humain comme tous les autres, qui voulait voir sa famille.»
L’attitude de mon amie journaliste m’a fait comprendre à quel point les Israéliens ont réussi à « cuire les cerveaux»,
comme on dit chez nous. Ils sont arrivés à faire croire que détruire un
immeuble entier pour tuer un combattant, c’est normal. Et que ce qui
n’est pas normal, c’est qu’un combattant du Hamas, ou même un membre de
la branche politique du Hamas, ou quelqu’un de la résistance, ait envie
de rendre visite à sa femme et à ses enfants qui lui manquent. Tuer
200 personnes parce qu’il y a un homme du Hamas dans le bâtiment, c’est «compréhensible»?
Que cet homme du Hamas habite dans un immeuble résidentiel, ou y vienne
simplement en visite, c’est cela qui est incompréhensible?
L’armée d’occupation dispose d’une technologie qui lui permet de «viser»
une aiguille dans une botte de foin. Ils l’ont déjà utilisée, visant
parfois une seule personne parmi des centaines d’autres. Nous sommes ce
qu’il reste d’une population de 2,3 millions de personnes à vivre comme
des lapins dans une cage qui couvre 40%
de la bande de Gaza, observés vingt-quatre heures sur vingt-quatre par
la plus grande machine d’espionnage du monde, fonctionnant à l’aide de
l’intelligence artificielle, avec des drones, des satellites
d’espionnage, des systèmes d’écoute, de la reconnaissance vocale et
faciale même de loin — une technologie en avance de dix ans sur le reste
du monde. En 2011, j’avais interviewé un collaborateur arrêté par le
Hamas. Il était chargé d’espionner les jeunes du Fatah dans les
universités. Le service de renseignement israélien lui avait confié une
montre qui filmait et qui enregistrait, bien avant que ce genre
d’appareils ne soit disponible dans le commerce.
Les Israéliens peuvent viser un seul homme avec un drone ou un missile,
mais ils ne le font pas toujours. De temps en temps, ils attendent qu’un
lapin sorte de son terrier et rejoigne sa famille pour le tuer, et tous
ses proches avec lui. Ils ont tué des centaines de personnes en
bombardant un quartier entier sous le prétexte d’éliminer Abou Obeïda,
le porte-parole de la branche armée du Hamas, alors qu’ils savaient très
bien qu’il n’était pas là. Ils ont détruit des écoles entières en
prétendant y éliminer un seul membre du Hamas qui s’y cachait peut-être.
Tout le monde a vu les images des enfants déchiquetés, des civils
massacrés.
Tout
cela sans beaucoup de réactions dans le monde. Les Israéliens ont
réussi à faire admette au monde entier que
résistance = Hamas = terrorisme. Et que s’ils tuent des dizaines de
personnes, c’est la faute du Hamas. Quand les Israéliens suivent un
homme du Hamas sur leurs écrans, pourquoi attendent-ils qu’il entre dans
son immeuble familial pour l’éliminer?
Il fallait être en colère contre l’Israélien qui a tué tout le monde.
Il fallait se demander pourquoi les Israéliens tuent des dizaines de
gens et non une seule personne. Ils ont réussi à implanter dans les
cerveaux que le Hamas est comme une grande armée. Mais Gaza, ce n’est
pas un pays. Ce n’est pas l’Ukraine ou la Russie. Il n’y a pas de
casernes ni de bases militaires. Les combattants vivent parmi les civils
parce qu’ils font partie de la société. Le Hamas, c’est peut-être ton
frère, ton cousin, ton fils, ton ami.
Pour les Occidentaux, la notion de terrorisme est à géométrie
variable. Quand les Ukrainiens envoient des drones en Russie, ils savent
qu’ils vont aussi tuer des civils. Mais pour l’Ouest, c’est acceptable,
parce que les Ukrainiens résistent à l’occupation russe. Nous, lorsque
nous mourons dans une frappe israélienne, c’est de notre faute : il y
avait peut-être un terroriste parmi nous. Le droit international a
toujours une géographie et une couleur de peau. Il ne s’applique pas à
notre cas. Que cette inversion des rôles s’invite aussi dans la tête
d’une journaliste étrangère, cela me désole. Pis, je me suis senti
touché personnellement. La conversation s’est poursuivie :
«—
Tu sais très bien que moi aussi, en tant que journaliste, je suis une
cible. Et malgré cela, j’habite avec ma femme et mes enfants. Alors,
selon toi, je suis coupable de vivre avec eux? — Non, on ne peut pas comparer. Combattant et journaliste, ce n’est pas la même chose. — Mais si, pour les Israéliens, c’est la même chose.»
Les Israéliens visent les journalises. Plus de 220 d’entre eux ont
été tués à Gaza depuis le début de la guerre, souvent dans l’exercice de
leur métier, selon l’ONG Reporters sans frontières. Je sais que mon
travail, comme celui de mes confrères à Gaza fait mal aux Israéliens et à
ceux qui relaient leur propagande en France ou ailleurs. Parce que je
fais apparaître la réalité et que je suis suivi par beaucoup de gens. Je
sais très bien que je risque d’être visé. Je sais que je suis sans
doute condamné à mort. Cette conversation m’a fait réfléchir. Je vais
vous parler de mon combat intérieur pour la première fois. Jusqu’ici, je
ne voulais pas l’évoquer, mais aujourd’hui, c’est l’occasion de le
faire.
Quand tu sais que tu es condamné à mort, tu te demandes s’il faut
mourir seul ou avec ta famille. Est-ce que je dois m’éloigner de Ramzi,
de Walid et de Sabah? Est-ce que je dois travailler loin de chez moi, et ne les voir qu’une fois par semaine ou par mois?
J’éprouve parfois un sentiment de culpabilité à cause de ce qu’il
risque d’arriver à ma famille, et aussi à cause de notre situation
actuelle. J’ai pris la décision de ne pas quitter Gaza, alors que j’en
avais la possibilité. Je l’ai toujours, mais je reste, c’est ma façon de
résister. Et c’est ça le problème : au lieu de faire porter la
responsabilité à l’occupation, on la reporte sur nous-mêmes. Nous
devrions faire attention, ne pas vivre avec nos familles, ne pas être
avec nos enfants, parce que les Israéliens ne font pas la distinction.
Un cerveau normal sait reconnaitre le bien et le mal, il sait faire
la différence entre résistance et occupation. Mais l’occupant a réussi à
inverser la réalité. Même chez une journaliste qui connaît le terrain.
Je l’avais déjà constaté pendant la guerre israélienne contre Gaza de
2014, quand l’armée israélienne bombardait des bâtiments d’habitation
entiers. La première question que posaient les journalistes, pas
toujours connaisseurs de la situation, c’était «Y avait-il un membre du Hamas dans l’immeuble?» Comme si c’était acceptable de tuer des dizaines de personnes pour en éliminer une seule.
Les Israéliens ont réussi à se créer un statut d’intouchables auprès
d’un grand nombre de gouvernements occidentaux et de médias, pour qui la
réponse se résume en une phrase : «Israël a le droit de se défendre».
Mais pas nous. Si vous vous défendez, dit Israël, on tue votre famille,
on tue tout le monde. Si un journaliste parle, on le tue avec sa
famille. L’occupé doit être une victime gentille. Si quelqu’un résiste,
on va tuer toute sa famille. Si quelqu’un parle, on va tuer toute sa
famille. Si quelqu’un témoigne, on va tuer toute sa famille. Et cela
devient normal.
Je sais que Sabah va lire cet article, comme elle a lu les
précédents, grâce à des traducteurs en ligne. Quand je la regarde, quand
je regarde Walid et Ramzi, je me dis : «Est-ce que je serai fautif s’il leur arrive quelque chose?»
Comme si c’était à cause de moi, et non à cause de l’occupation. On en
est arrivés à créer un champ de bataille à l’intérieur de chacun d’entre
nous, et aussi dans notre société. Parfois, des voisins me disent : «Rami, ne gare pas ta voiture ici», ou bien «Rami, tu es journaliste, ça peut être dangereux».
Ils le disent sur le ton de la plaisanterie, mais je sais qu’ils le
pensent vraiment. Et je ne peux pas m’empêcher de penser : le jour où je
vais être visé, est-ce qu’il y aura des dizaines de morts avec moi? Est-ce que les gens m’en voudront? Est-ce qu’ils vont dire : «Il était journaliste, il savait qu’il était une cible, il aurait dû partir d’ici»?
C’est cela, ma bataille intérieure. C’est cela qui me fait mal :
auparavant, un combattant, un résistant à l’occupation sous quelque
forme que ce soit, était un héros. On le protégeait, on le cachait.
Aujourd’hui, les Israéliens arrivent à nous écarter de tous ceux qui
s’opposent, et qui sont devenus des cibles : les résistants, les
infirmiers, les secouristes, les journalistes, les intellectuels, les
professeurs.
Et retrouver cette inversion des valeurs chez une amie, une
journaliste, fait mal. Alors il faut le répéter : la résistance
militaire est légitime. Résister avec un stylo, un carnet ou une caméra,
c’est légitime. Jeter des pierres, c’est légitime. L’occupation
entraine la résistance. Tout le monde donne des armes et de l’argent à
l’Ukraine. Mais quand il s’agit de la Palestine, le Mal devient le Bien
et le Bien devient le Mal.
Je
peux mourir à n’importe quel moment, je peux perdre ma famille à
n’importe quel moment, parce que j’ai choisi de résister avec mon stylo,
avec ma caméra, avec mon téléphone. Même si les forces médiatiques et
militaires israéliennes inversent les rôles.
Une nouvelle action de sabotage a visé sept miradors de chasse à Villey-le-Sec
Miradors détruits dans une forêt par des militants anti-chasse
24 mai 2026
La
fronde anti-chasse prend une tournure de plus en plus concrète et
stratégique en Europe. Récemment, ce sont sept miradors de chasse qui
ont été mis à bas à Villey-le-Sec. Entre ras-le-bol citoyen et actions
nocturnes ultra-rapides, la résistance face aux chasseurs s'organise
avec une efficacité redoutable, laissant le monde cynégétique totalement
démuni.
Une nuit d’action radicale à Villey-le-Sec
Le
monde de la chasse est en émoi dans la région de Villey-le-Sec. En
l'espace d'une seule nuit, sept miradors de chasse ont été
méthodiquement détruits, coupés à la base et rendus totalement
inutilisables. Une plainte a immédiatement été déposée par les
associations de chasse locales, mais le message envoyé est clair : la
forêt n'appartient plus impunément aux fusils.
Ce
coup d'éclat n'est pas un cas isolé. Il s'inscrit dans un mouvement de
fond où les installations permettant de traquer le grand gibier comme l'explique notre guide complet du mirador de chassse
deviennent les cibles prioritaires de ceux qui défendent la faune
sauvage. Pour les militants, mettre à bas un mirador, c'est directement
entraver la capacité des chasseurs à piéger les animaux en toute
sécurité depuis leurs promontoires.
Militants et simples citoyens : le ras-le-bol généralisé
Ce
qui inquiète particulièrement les autorités cynégétiques, c'est que ces
actes ne sont plus seulement le fait de groupuscules radicaux.
Aujourd'hui, de simples citoyens, des randonneurs, des amoureux de la
nature et des riverains excédés par les détonations et le sentiment
d'insécurité se joignent à la cause.
La
cohabitation en forêt est devenue impossible. Le public ne tolère plus
de voir les espaces naturels privatisés par une minorité armée. Face à
l'inertie des pouvoirs publics, l'action directe apparaît pour beaucoup
comme le seul rempart efficace pour protéger le vivant. Les miradors,
symboles de la domination humaine et de la mise à mort programmée de la
faune, tombent les uns après les autres à travers toute l'Europe, qu'il s'agisse de ruse insolite comme cette fausse annonce sur LeBonCoin ou de sabotages physiques bien réels.
Une stratégie de terrain ultra-efficace et indétectable
Bien
conscients de la colère grandissante de la population, les chasseurs
tentent de réagir. Ils multiplient les précautions : caméras de chasse
dissimulées dans les arbres (parfois illégalement sur le domaine
public), rondes de surveillance, signalements... Mais malheureusement
pour eux, les militants anti-chasse ont toujours une longueur d'avance
et font preuve d'une réactivité ainsi que d'une discipline
impressionnantes. La méthode des "saboteurs" est parfaitement rodée et repose sur la discrétion absolue :
Le repérage en plein jour : Les militants arpentent les forêts sous l'apparence de simples
promeneurs ou de joggeurs. Pas de comportement suspect, pas de vêtement
distinctif. Ils cartographient les installations en toute légalité.
L'anonymat visuel :
Lors des actions, les tenues sont neutres, sombres, sans aucun logo,
marque ou élément permettant une identification sur d'éventuelles
caméras thermiques ou de vision nocturne.
La rapidité d'exécution :
Le sciage des pieds d'un mirador en bois ne prend que quelques minutes à
peine avec des outils adaptés et silencieux. L'action nocturne est
chirurgicale : arrivée, destruction, repli. Avant même que l'alerte ne
puisse être donnée, le site est désert.
Vers la fin de l'impunité pour les chasseurs ?
L'épisode
de Villey-le-Sec démontre que le rapport de force est en train de
changer. La peur a changé de camp. Les chasseurs, qui se considéraient
autrefois comme les "gestionnaires" légitimes de la nature, se
retrouvent aujourd'hui sur la défensive, obligés de barricader ou de
surveiller des structures de bois qui finissent inévitablement par être
ciblées.
Chaque
mirador détruit, c'est une zone de répit rendue aux animaux et un pas
de plus vers une nature sans violence. Un sentiment de plus en plus
partagé au sein de la communauté des défenseurs des animaux.
Alors
que les plaintes s'accumulent sans grand résultat vu l'absence de
preuves et l'organisation sans faille des militants, une question se
pose : combien de temps le lobby de la chasse pourra-t-il maintenir ses
infrastructures face à une guérilla citoyenne et pacifique pour la
faune, mais destructrice pour le matériel de chasse ? Une chose est
sûre, sur AnimalWeb Belgique, nous continuerons de suivre de près cette
transition vers une forêt partagée et respectueuse du vivant.
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