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La filature de laine Bergère de France a été
reprise en Scop par ses travailleuses et travailleurs en octobre 2024.
Collectivement, ils et elles réinventent leur activité, en la rendant
plus durable et en s’en partageant les fruits.
Bar-le-Duc (Meuse), reportage
À Bar-le-Duc, dans la Meuse, les ouvrières de Bergère de France sont
aussi actionnaires. Aux portes de la ville, on ne peut pas louper l’une
des dernières filatures de laine du pays. C’est une institution depuis
1946. Mais l’usine meusienne, qui a compté jusqu’à 800 personnes à la
grande époque, a bien failli disparaître en 2024.
Après sa liquidation pour des raisons économiques, l’entreprise a été
reprise en octobre 2024 en Société coopérative de production (Scop) par
56 salariés-associés. Un projet encouragé par le nouveau PDG, Jean-Michel Nicolas. «On a dû repartir de zéro, renégocier tous les contrats et se battre au tribunal de commerce, raconte-t-il. Tout le monde a mis la main à la pâte, avec au bout, une belle aventure humaine.» Elle cherche désormais un équilibre financier.
La visite de l’usine commence. Par une porte dérobée, on arrive directement à l’atelier. «C’est ma maison ici», s’amuse Fabien Joannes, 49 ans, dans la boîte depuis 1997. Ce «petit jeune de Bergère» a tout connu ici. Il est responsable de la maintenance de ce site de 6 hectares.
Même s’il a été parmi les premiers à lancer la Scop, Fabien Joannes n’est pas «en costard-cravate, mais en tenue comme [s]es gars». «Plutôt que de voir un concurrent ou un fonds d’investissement décider de notre sort, on a préféré se démener», dit-il.
Les ballots de laine, venus d’Uruguay (l’acrylique provient du
Portugal), sont d’abord teintés et essorés. La matière est ensuite
filée, puis assemblée pour créer un fil de laine, puis des pelotes. Plus
loin, des salariés préparent les commandes pour les clients.
La marque de laine Phildar avait aussi une proposition de rachat de l’usine, «mais
ils ne voulaient garder que le service création et le nom. Ils auraient
tout fait faire à l’étranger et on se serait retrouvés sur le carreau, dit le responsable de maintenance. Et bon courage pour réintégrer une autre boîte dans le coin. Par ici, ça n’embauche pas, c’est sinistré».
Pour intégrer la Scop, les employés ont dû investir 15% de leur prime de licenciement. Même quelques-uns, à un an de la retraite, ont pris des parts dans l’entreprise.
«Que l’on soit ouvrier, contremaître ou cadre, on aura tous le même dividende à la fin»
Si l’entreprise se porte bien, peu importe le montant de départ engagé, chacun profite des bénéfices équitablement. «Que l’on soit ouvrier, contremaître ou cadre, on aura tous le même dividende à la fin de l’année», s’enthousiasme Fabien Joannes.
L’ambiance est au travail ce mois de février, où les demandes en pelotes de laine atteignent leur apogée. «On ne tricote pas en maillot de bain sur la plage, le tricot, c’est un sport d’hiver», s’amuse le quadragénaire.
Dans cette usine vieillissante, il faut chauffer au moins à 23 °C et produire à 60%
d’humidité dans l’air — une météo digne des tropiques — pour éviter que
le fil de laine casse. Jour et nuit, les génératrices tournent dans un
boucan assourdissant.
Les factures d’énergie sont énormes : 1,7 million d’euros de gaz et d’électricité par an. «On consomme 7,5 mégawatts annuels. C’est colossal», dit Jean-Michel Nicolas, le PDG. «Et c’est pire quand il fait froid, ajoute son collègue Fabien Joannes. On a décidé de ne plus produire de laine en hiver [dès l’hiver prochain] pour faire des économies.»
Il faudra alors s’organiser autrement : programmer les collections
de tricot assez en avance pour fabriquer seulement les pelotes de laine
entre mars et septembre. Sur ces 38 000 m2 de bâtiments, la production a aussi été recentrée pour ne chauffer qu’un seul endroit.
«Les autres bâtiments pourraient servir à d’autres entreprises de logistique pour aussi réduire leur empreinte carbone, dit Jean-Michel Nicolas. Avec toutes ces décisions, on est déjà à moitié moins de consommation.»
Depuis la reprise en coopérative, les ouvriers sont complètement
polyvalents. De l’assemblage de la laine à l’envoi des colis, en passant
par la fabrication des catalogues et la confection des pelotes, ils
touchent à tout.
«Avant, c’était chacun sa place sur la chaîne, on ne bougeait pas de sa machine, dit Fabien Joannes. Aujourd’hui, je m’occupe des espaces verts, mais je parle aussi à la Région pour trouver des financements.»
«C’est plus convivial, on est moins grognons»
Un peu plus loin, Nathalie inspecte les pelotes de laine prêtes à partir dans les cartons. «La qualité n’est pas encore parfaite, on peut faire mieux», lance-t-elle à son PDG. Et son confrère, François, contremaître à l’usine, d’abonder : «C’est sûr que ça donne envie de se bouger. On veut que notre boîte vive. C’est notre usine, c’est nos dividendes.»
Même son de cloche du côté de Philippe Marmottin, 56 ans, qui s’occupe de la comptabilité de l’entreprise : «Au
départ, je n’étais pas certain d’y aller, j’étais fatigué des deux
dernières années. Mais j’ai un esprit coopératif. Aujourd’hui c’est plus
convivial, on est moins grognons.»
Il reste néanmoins du pain sur la planche. À titre d’exemple, tous
ont été repris avec les mêmes contrats qu’avant la cessation
d’entreprise et les écarts de salaires entre eux restent à discuter.
Chez Bergère de France, on est dans les derniers à revendiquer des pelotes françaises et un savoir-faire unique. «Ici, tout le monde connaît l’entreprise», dit Florence Thiriot, l’ancienne gérante de la mercerie Aux Articles de Paris, à Bar-le-Duc.
«On espère que ça va durer, je croise les doigts pour eux, poursuit-elle. Mais
il n’y a pas de raison, la laine est redevenue complètement tendance.
Tricoter, c’est avoir un pull chaud et unique, qui sort de l’ordinaire.
Mais c’est surtout un acte durable et écoresponsable», à rebours de la fast-fashion et de ses conséquences désastreuses pour l’emploi textile en France.
Une ancienne salariée de Bergère, Céline, devrait bientôt reprendre sa boutique pour commercialiser la marque iconique. «Bien sûr que ça va continuer. Avec les Scop, les gens vont reprendre leur destin en main, s’enthousiasme Fabien Joannes. Quand je parle aux gens d’ici, ils nous disent : sauver une boîte comme ça, chapeau bas! Mais ce n’est pas impossible. La preuve, on le fait!»
Poussé à la tête de la Coordination rurale par la frange radicale du syndicat, Bertrand Venteau veut «faire la peau» aux écolos. Adepte d’un trumpisme rural et symbole des dérives politiques, il entend imposer sa vision à tout prix.
Vous lisez la première enquête réalisée en partenariat avec StreetPress sur la Coordination rurale.
Limoges (Haute-Vienne), 26 janvier 2026 — Sous un
ciel chargé de nuages, trois tracteurs et une quarantaine de bonnets
jaunes sont devant les locaux de la brigade de recherches de la
gendarmerie locale. Leur présence est une marque de soutien à leur
leader, Bertrand Venteau, convoqué par les pandores pour s’expliquer sur
les propos qu’il a tenus en novembre 2025. Alors fraîchement élu
président de la Coordination rurale (CR), il avait appelé à «faire la peau» aux écolos. À sa sortie, Venteau — fait assez rare — enfile le bonnet jaune siglé CR avant de prendre la parole. Le quadragénaire assume ses propos, dénonce un «poids politique» de l’écologie derrière cette convocation et balance sur ses «opposants» : «C’est eux qui ont tué l’agriculture française.»
Ces dernières semaines, à la faveur de la crise de la dermatose nodulaire,
l’éleveur de bovins de la Haute-Vienne est devenu une figure médiatique
nationale. Le grand public a pu mettre un visage sur le rugueux
agriculteur qui pèse déjà bien dans le département. Présent le soir du
26 janvier au Zénith de Limoges où le président de la métropole
Guillaume Guérin (Les Républicains) a tenu un meeting devant 1 500
personnes pour lancer sa candidature aux municipales, le nouveau boss
assume son penchant pour le «rapport de force permanent».
«C’est un gros bourrin. Ce qu’il adore, ce sont les “discours virils, mais cordiaux”»
«C’est quelqu’un avec qui on
peut discuter, mais c’est un gros bourrin. Ce qu’il adore, ce sont les
“discours virils, mais cordiaux”», juge Nicolas [*], agriculteur en Haute-Vienne et représentant syndical ayant eu affaire à Venteau. «Il peut se montrer très teigneux et très agressif», estime de son côté Guy Labidoire, naturaliste limousin membre de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).
Dans le même temps, il concède au chef des bonnets jaunes «un certain charisme et une capacité d’entraînement». Lui et les membres de la CR«sont constamment sur le terrain. On ne peut pas leur enlever ça». Il détaille : «Un
truc que les paysans apprécient beaucoup, c’est qu’il gueule devant le
préfet et tous les notables, qu’il n’a peur de personne. C’est une
revanche sociale dont il est porteur.»
Un passé macroniste
Au syndicat depuis 2012, Bertrand Venteau fait partie des têtes qui
ont permis à cette scission de la Fédération nationale des syndicats
d’exploitants agricoles (FNSEA) — le syndicat
majoritaire et productiviste — de gagner en puissance depuis plus de dix
ans. L’éleveur a monté une liste inédite du syndicat en Haute-Vienne en
2013 pour les élections de la chambre d’agriculture, échouant de très
peu cette année-là, avant de l’emporter en 2019 et en 2025. Mais il est
également le symbole des dérives politiques«dénoncées même par Bernard Lannes», ex-patron de la CR de 2010 à 2022. Depuis son élection, l’éleveur de bovins multiplie les gages à l’extrême droite, «alors que les liens sont déjà nombreux avec le syndicat».
Dans un entretien paru le 7 décembre 2025 au Journal du dimanche,
mégaphone des idées brunes depuis son rachat par Vincent Bolloré, le
nouveau boss donne du crédit au parti présidé par Jordan Bardella. «Le RN fait un sacré travail pour nous rendre notre liberté», a-t-il assuré. Pour Michel [*], agriculteur haut-viennois qui a côtoyé Venteau professionnellement, la déclaration sonne comme «une balise, une ligne rouge» : «Ce sont des CR
[départementales] du Sud-Ouest qui sentent plus le brun que le vert qui
l’ont poussé à la tête. Je ne sais pas si c’est la fin de l’évolution
politique de Venteau. Mais ce n’est pas de là qu’il vient.»
L’homme est loin d’avoir un passif à l’extrême droite. Bertrand Venteau a été suppléant d’un candidat macroniste dissident
lors des législatives de 2022. Son frère, qui a été directeur adjoint
de la chambre d’agriculture de la Haute-Vienne — alors détenue par la
branche départementale de la FNSEA — a
également été député macroniste de 2019 à 2022, après avoir été le
suppléant du député puis ministre des Transports Jean-Philippe Djebbari.
Il est aujourd’hui directeur de l’Association nationale pommes poires,
un lobby qui prétend représenter 1 500 producteurs.
Son oncle, Daniel Boisserie, est un notable socialiste. Député de
1997 à 2017, il a été maire pendant trente ans de
Saint-Yrieix-la-Perche. C’est justement dans cette petite commune au sud
de Limoges que le nouveau patron de la CR a repris l’exploitation de vaches limousines de ses grands-parents, à 22 ans.
Il honnit la FNSEA, la gauche, les écolos et la décroissance
Le désormais quadragénaire cultive en tout cas une haine tenace à
l’égard de certaines forces ou idées politiques et syndicales. Déjà, la FNSEA, acteur hégémonique du monde paysan et du système agro-industriel. Ses «barons locaux» auraient — selon Venteau en 2013 dans un entretien pour le syndicat après sa première campagne électorale — œuvré à l’époque de son installation pour «empêcher la constitution de l’assise foncière nécessaire».
Il a également quitté les Jeunes agriculteurs (JA) avec fracas, arguant que ce syndicat ne servirait «qu’à formater les futurs cadres de la FNSEA sans prendre en considération les revendications de la base». Et ce «toujours dans l’objectif de renforcer les filières au détriment des producteurs».
Vous êtes témoin de faits ou d’agissements qui méritent l’attention du grand public ? Contactez Reporterre de manière sécurisée.
«Au départ, il tenait un discours très dur sur l’agro-industrie, sur les filières qui pillent les marges»,
confirme Michel, l’agriculteur haut-viennois. Aujourd’hui, Bertrand
Venteau se montre surtout très offensif contre la gauche ou encore la
décroissance et les écolos, auxquels il a appelé à «faire la peau» lors de son discours d’investiture à la présidence de la Coordination rurale.
«C’est un libéral d’un point
de vue économique. Il est pour la concurrence, pour l’agriculture
productiviste, l’utilisation des pesticides, et en même temps prétend
être contre les traités de libre-échange.»
Il semble adopter pleinement la stratégie du «trumpisme rural»
Surtout, Bertrand Venteau semble adopter pleinement la stratégie de «trumpisme rural», déjà évoquée par StreetPress
en 2025, pour prendre le pouvoir dans les champs. Cela se ressent dans
la méthode avec des opérations coup-de-poing utilisées dans son
département de la Haute-Vienne, comme ce lâcher d’animaux sauvages dans un cinéma lors d’une projection-débat sur les bassines ou encore le dépôt de fumier devant le congrès national de la Confédération paysanne.
Il est en cela le parfait héritier de Serge Bousquet-Cassagne, ex-président CR de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne, dont Reporterre avait tiré le portrait. L’agriculteur multicondamné [1] aux méthodes violentes est un «mentor», selon la plupart des sources interrogées par Reporterre et StreetPress, dont l’éleveur de la Haute-Vienne revendique l’apport voire l’héritage. Guy Labidoire estime que Venteau semble «complètement fasciné par Bousquet-Cassagne, c’est son Dieu».
Nicolas, représentant syndical ayant eu affaire à Venteau, rappelle toutefois le terreau dans lequel ce profil prospère : «La CR
est la résultante d’une crispation du monde agricole face à un mépris
des dirigeants et d’une partie des forces progressistes qui se foutent
de la précarité et de la disparition des paysan.nes. Et qui ne cessent de
nous faire des injonctions sur notre manière de produire sans nous
donner de solutions économiques.»
Mais cette violence s’exerce aussi en interne au sein de la Coordination rurale, comme l’a déjà documenté StreetPress ainsi qu’une enquête de Radio France sur le syndicat agricole, notamment par la frange radicale qui a poussé la prise de pouvoir de Bertrand Venteau.
La dernière campagne pour la tête de la CR a par exemple été houleuse. L’agricultrice corrézienne Amélie Rebière, membre du précédent comité directeur de la CR, a porté plainte auprès du parquet de Tulle pour «harcèlement moral» et «menaces de destructions dangereuses pour les personnes». Elle nous assure avoir «subi des pressions» pour la retirer. Des attaques sexistes, dont Bertrand Venteau semble peu se dissocier, auraient également été proférées.
Un bidon de glyphosate devant des étudiants
En tant que président de chambre d’agriculture de la Haute-Vienne,
Bertrand Venteau s’est retrouvé de droit président du conseil
d’administration (CA) d’une structure qui chapeaute deux lycées agricoles [2], dont Les Vaseix à Limoges, que Venteau a fréquenté dans sa jeunesse. «Fort de cette nouvelle casquette, il a cru qu’il pourrait imposer sa vision à un lycée agricole», juge Claude [*], un membre du personnel de l’établissement.
Une scène illustre cette ingérence, racontée par un courrier fin 2023 du syndicat enseignant Snetap-FSU [3] — adressé à la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt de Nouvelle-Aquitaine — que nous avons pu consulter. Le 20 novembre 2023, lors du conseil d’administration du lycée, Bertrand Venteau insiste pour présenter «sa parole sur les questions de transition agroécologiques». Devant des membres du CA médusés, il complète sa tirade en sortant un bidon de glyphosate : «Je vous laisse ça pour entretenir vos clôtures. Elles en ont besoin.»
Selon les enseignants présents, il aurait également dénigré le
personnel encadrant lors de cette passe d’armes. La raison de son
courroux? Une conférence un mois
plus tôt d’un spécialiste de l’agroécologie, Marc Dufumier. Bertrand
Venteau estimerait que la présence d’élèves «à un tel événement ferait de l’ombre à la Coordination rurale», complète la missive. Face aux «outrances» de Bertrand Venteau, «coutumier du fait», les profs du Snetap-FSU ont demandé à cette occasion sa démission.
Déjà, en 1998, quand il était encore élève, il avait été temporairement exclu de ce lycée pour «alcoolémie accompagnée d’irrespect de l’équipe éducative», selon un document d’archives que Reporterre et StreetPress ont pu se procurer.
« Proposer du dialogue, ça ne lui convient pas »
Face à la «méthode Venteau», les partenariats avec les associations locales ou nationales semblent impossibles à mettre en place. Comme avec la LPO, relate le membre limousin Guy Labidoire : «Nous
collaborons avec des agriculteurs pour des actions concrètes, des
plantations de haies, par exemple. Mais avec la chambre d’agriculture,
c’est impossible.»
Cible régulière des éditos incendiaires de Venteau, Philippe Barry,
maire de Saint-Priest-sous-Aixe (Haute-Vienne) et président du syndicat
d’aménagement du bassin de la Vienne, partage ce constat : «M. Venteau
a tendance à donner des leçons, à stigmatiser les scientifiques, les
techniciens. Lui se dit spécialiste de tout et nous, nous ne serions
spécialistes de rien. Proposer du dialogue, ça ne lui convient pas.»
Même son de cloche pour le député La France insoumise de la
Haute-Vienne Damien Maudet, visé comme sa collègue Manon Meunier par des
dépôts de déchets par des membres de la CR devant leur permanence parlementaire en octobre 2024.
Le premier aurait voulu le rencontrer, mais le nouveau président
n’aurait jamais donné suite. Il ne comprend pas le soutien de l’éleveur à
l’extrême droite : «Quand j’ai écrit une loi pour qu’il y ait 100% de viande française dans les cantines, ça a été refusé par le RN.»
Contactés, Bertrand Venteau n’a pas souhaité répondre aux sollicitations de Reporterre et StreetPress, tout comme son frère Pierre Venteau, la députée LFI Manon Meunier, le média Vakita, le directeur du lycée des Vaseix, Christophe Auboueix, ou le cadre de la CR Serge Bousquet-Cassagne.
[2] La
structure répond au doux nom d’Eplefpa de Limoges et Nord Haute-Vienne
(un établissement public local d’enseignement et de formation
professionnelle agricoles).
[3] Le Snetap-FSU est le sigle du Syndicat national de l’enseignement technique agricole public-fédération syndicale unitaire.
Des scientifiques dénoncent comment un rapport sur la santé et les
pesticides a été édulcoré par l’État. Réécriture du cabinet de la
ministre de l’Agriculture, menaces de sanction, suppression de certaines
mentions… Le cabinet a tout fait pour minimiser l’impact des pesticides
sur la santé humaine.
Le
Haut-Commissariat à la stratégie et au plan (HCSP) a remis à
l’Assemblée nationale le rapport qu’elle lui avait demandé sur les
politiques publiques de santé environnementale. Ce pavé de 500 pages
analyse la faiblesse globale des politiques publiques et formule une
série de recommandations pour réduire le fardeau des maladies
attribuables aux pollutions de l’environnement. Il est divisé en quatre
parties : le bruit, les polluants éternels (ou PFAS), la pollution
atmosphérique aux particules fines et les pesticides.
Dans
la foulée de la polémique autour de la loi Duplomb, ces préconisations
scientifiques ont rencontré la résistante du monde politique. Quatre des
huit membres du conseil scientifique chargé de superviser le document
ont dénoncé les modifications impulsées par le ministère de
l’agriculture.
Parmi
les modifications les plus graves, le cabinet du ministère de
l’agriculture a minimisé le lien entre la présence de vignes autour d’un
habitat et le risque de leucémie de l’enfant, le qualifiant de « peu
robuste au niveau régional » et « posant question ».
«
Ce gouvernement préfère la mort de vos enfants plutôt que de faire
perdre un euro à des multinationales qui produisent des pesticides. Une
épidémie de cancer pédiatrique en France ? ... Aucun problème pour eux
», s'est agacé Mickaël Denis-SHI, Directeur de FNE-Ile-de-France et
réalisateur de « Leurs champs du cœur »
A
l’échelle du globe, le nombre de nouveaux cas de cancers chez les moins
de 50 ans a bondi de près de 80 % en moins de trente ans, passant de
1,82 million en 1990 à 3,26 millions en 2019, selon un article paru dans
le British Medical Journal Oncology en 2023. La France, elle, a les
taux de cancers les plus élevés au monde.
Pourtant,
même minimisation sur l’impact sanitaire des traces de pesticides de
synthèse dans l’alimentation où une étude française de 2018, montrant le
risque amoindri de certains cancers chez les plus gros mangeurs
d’aliments bio, a été traitée d’« infox ».
Le
cabinet de Mme Genevard, ministre de l’agriculture, dément être à
l’origine du moindre amendement. Las, Le Monde a eu accès à des messages
où les conseillers demandent la suppression de passages jusqu’à
l’avant-veille de la publication.
1. Licenciements de salariées voilées : un contrat public retiré
Après le licenciement de salariées portant le foulard, le cabinet Magellan Partnersperd un contrat avec la ville de Grigny (Essonne). La rupture intervient dans un contexte de controverse sur des pratiques discriminatoires. (StreetPress)
2. Boycotts massifs contre les États-Unis après des menaces de Trump
Au Danemark et au Canada, des boycotts de produits et entreprises américainesse développent en réaction aux menaces politiques et commerciales deDonald Trump. Les mobilisations prennent une ampleur nationale.(La Relève et La Peste)
3. Le Mexique interdit les spectacles avec des mammifères marins captifs
LeMexique adopte une loi interdisant l’utilisation de dauphins, orques et autres mammifères marins captifs à des fins de divertissement. Les spectacles et élevages commerciaux sont concernés. (World Animal News)
4. Restauration de récifs d’huîtres dans la baie de Dublin
Dans la baie de Dublin, un projet vise à restaurer des récifs d’huîtres disparusafin de réparer l’écosystèmemarin, améliorer la qualité de l’eau et renforcer la biodiversité. (The Guardian)
5. Les Pays-Bas restreignent les publicités à forte empreinte carbone
Aux Pays-Bas, plusieurs villes interdisent les publicités pour la viande, les voitures polluantes et les voyages en avion dans l’espace public. Ces mesures ciblent des produits à forte empreinte climatique. (La Presse)
6. Le Brésil interdit les cosmétiques testés sur les animaux
Le Parlement brésilien vote l’interdiction de la vente de cosmétiques testés sur les animaux. La mesure vise à renforcer la protection animale et à aligner le pays sur des normes internationales. (Humane World for Animals)
7. Une proposition de loi pour protéger les captages d’eau potable
En France, le groupe écologiste à l’Assemblée nationale dépose une proposition de loi visant à protéger les captages d’eau potable, notamment par des restrictions sur les pesticides et activités polluantes. (AEF info)
8. Curitiba, un modèle urbain riche en espaces verts
Troc déchets contre légumes, transports en commun de qualité et qualité de vie incroyable : la métropole brésilienne de Curitiba offre plus de 50 m² d’espaces verts par habitant pour ses 1,7 million d’habitants, grâce à une planification urbaine écologique.(La Relève et La Peste)
9. Des avancées pour les animaux d’élevage en Italie
Loi de finance en Italie : la création d’un fonds public pour aider les élevages à abandonner les cages et financer la transition vers des systèmes plus respectueux du bien-être animal vient d’être mis en place. (Humane World for Animals)
10. Deux chasseurs condamnés après la mort d’un cerf sur une propriété privée
En France, deux chasseurs sont condamnés après avoir tué un cerf sur la propriété de Luc Besson. Les faits relèvent d’une chasse illégale sur terrain privé. On aimerait que chacun des cas similaires soit traité avec autant de sévérité, voire plus. (30 Millions d’Amis)
En novembre 2025, Mediapart et Libération révèlent des images tournées par des gendarmes lors de la manifestation de Sainte-Soline, deux ans plus tôt.
Ces vidéos montrent un contrechamp violent qui bouleverse le récit de cette journée sanglante.
Le 5 novembre 2025, Mediapart et Libération publient des vidéos inédites issues des caméras-piétons des gendarmes présents le 25 mars 2023 à Sainte-Soline.
Ce jour-là, de violents affrontements ont éclaté entre les forces de l’ordre et les manifestants venus s’opposer à la construction d’une mégabassine.
Laura Wojcik, journaliste au pôle vidéo de Mediapart, revient sur les coulisses de cette enquête.
Michaël Meyer, sociologue des médias, analyse le contraste entre la France, qui garde confidentielles ces images, et les États-Unis, où elles sont largement diffusées.