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dimanche 20 août 2023

XR contre BNP Paribas : à Dijon, un procès hautement politique

XR contre BNP Paribas : 

à Dijon, un procès 

hautement politique

 
17 août 2023

Quatre artistes ont offert un spectacle silencieux aux militants venus soutenir les sept activistes d'Extinction Rebellion à Dijon, le 16 août 2023.

Sept militants d’Extinction Rebellion ont été condamnés le 16 août à une amende avec sursis, pour avoir mis de la peinture sur des banques de la BNP Paribas. À Dijon, de nombreux soutiens étaient présents.

Dijon (Côte-d’Or), reportage

« Celui qui ne bouge pas ne sent pas ses chaînes. Alors, merci d’avoir bougé ! » La citation de la révolutionnaire marxiste Rosa Luxemburg crépite dans les enceintes. Une main encerclant le micro, Julia Steinberger poursuit : « Mes collègues et moi-même l’écrivons noir sur blanc. L’action des financeurs de Total et des énergies fossiles, tels que BNP Paribas, est incompatible avec la survavibilité de la planète. » Professeure à l’université de Lausanne, la coautrice du rapport du Giec [1] a traversé la frontière franco-suisse, le 16 août, pour défendre les sept activistes d’Extinction Rebellion jugés à Dijon.

« Qu’ont fait ces dangereuses et dangereux écoterroristes ? » interroge Minelia, une amie, le ton narquois. Âgés de 19 à 36 ans, les interpellés étaient accusés de dégradations de biens commis en réunion. Le 10 mai, ces Côtes-d’Oriens avaient maculé de peinture noire, orange et verte les façades de trois agences de la banque BNP Paribas, et bloqué temporairement des distributeurs de billets à l’aide de colle. Au terme d’une audience hautement politisée, les prévenus ont été condamnés à 1 500 euros d’amende avec sursis, et près de 7 000 euros d’intérêts et frais d’avocats pour trois d’entre eux.

Attac, Les Soulèvements de la Terre, ANV-COP21... De nombreuses associations et collectifs ont exprimé leur soutien. © Emmanuel Clévenot / Reporterre

Étudiants en maïeutique, philosophie ou agronomie, directrice de crèche, psychomotricienne ou personnel hospitalier… Aucun des activistes présentés à la barre du tribunal correctionnel n’avait d’antécédent judiciaire. Alors pourquoi s’en prendre ainsi à une banque, s’est questionnée la présidente. « En Ouganda, un projet révoltant de TotalÉnergies menace le climat, la biodiversité et les humains, a murmuré Mathilde, intimidée. Sans le financement de la BNP Paribas, celui-ci n’aurait sûrement jamais vu le jour. »

« Outre la détention de 42 heures, leurs domiciles ont été perquisitionnés », insiste Minelia, de XR Dijon. © Emmanuel Clévenot / Reporterre

BNP Paribas, le portefeuille de TotalÉnergies

En 2006, la quatrième réserve de pétrole la plus vaste d’Afrique subsaharienne, estimée à près de 6,5 milliards de barils de brut, a été décelée sur la rive ougandaise du lac Albert. Pour extraire et exporter cet or noir, le géant français des énergies fossiles s’est lancé dans un chantier titanesque : le forage de trente-quatre plateformes pétrolières, dont une dizaine empiètent sur la plus ancienne et vaste aire naturelle protégée du pays, ainsi que la construction d’un oléoduc de 1 143 km, qui traversera 401 villages d’Ouganda et de Tanzanie. Surnommé Eacop, ce projet menacera l’accès à l’eau et à la nourriture de millions de personnes, et ravagera l’écosystème, d’après Extinction Rebellion.

N’y avait-il pas d’autres outils pour alerter la population ? Les mains jointes sur le ventre, Solène rétorque à la présidente que les premiers avertissements, lancés par les scientifiques, remontent aux années 1970 : « La voie légale est inefficace. J’ai voté, signé des pétitions, manifesté, fait des dons… » Bondissant du banc en bois depuis lequel elle observait l’interrogatoire, l’avocate de la défense, Me Laure Abramowitch, interrompt sa cliente pour lui demander le métier de sa mère : « Elle a longtemps été directrice de l’Agence de la transition écologique (Ademe). Elle avait beau s’acharner, elle ne parvenait qu’à accomplir de petits pas… Bien peu utiles face aux géants pollueurs de ce monde. »

Depuis 2015, les banques françaises ont investi 406 milliards de dollars pour soutenir les énergies fossiles, selon XR. © Emmanuel Clévenot / Reporterre


L’Accord de Paris, lui non plus, ne semble pas avoir changé la donne. Depuis son adoption, en 2015, les banques françaises ont investi 406 milliards de dollars pour soutenir les énergies fossiles. « Elles ont le pouvoir de décider de quoi le monde de demain sera fait… et BNP Paribas se place comme le chef de file dans cette fuite en avant », se désole Stéphane Dupas, des Amis de la Terre. Autre chiffre vertigineux : depuis la COP21, la banque au logo vert a accordé 165 milliards de dollars au charbon, au pétrole et au gaz. « Autrement dit, quatre fois le montant nécessaire pour rénover toutes les passoires thermiques de France », ajoute le militant.

« Pouvez-vous me dire comment, du jour au lendemain, notre monde peut-il survivre sans gaz ni pétrole ? » Prononcée avec mépris, la question de l’avocate de la partie civile, Me Anne Geslain, ne déstabilise pas Julia Steinberger, appelée à la barre des témoins : « Nous avons déjà toutes les technologies nécessaires pour alimenter le monde en énergies renouvelables et diminuer notre consommation, notamment grâce à la rénovation thermique des bâtiments. Reste à le vouloir vraiment ! » Le bec cloué, l’avocate tourne les talons et retourne s’asseoir, bredouille.

Légitimer la désobéissance civile

Tentant de recentrer les débats, la juge énonce à l’assemblée le déroulement des faits survenus le 10 mai. Informées de l’opération à venir, des équipes de la police s’étaient discrètement postées devant chaque agence. À la nuit tombée, les forces de police aperçurent les individus, et les poursuivirent. Si la flagrance laisse peu de doute, les sept prévenus gardent le silence quant à leurs agissements. « Les chiens de la brigade menaçaient de me mordre, dénonce toutefois Clara dans un sanglot. J’ai eu des ecchymoses aux poignets tant les menottes étaient serrées et quand j’ai osé demander pourquoi il y avait du vomi dans ma cellule, on m’a répondu qu’il fallait y penser avant. »

De nombreux militants ont apporté leur soutien aux sept prévenus. © Emmanuel Clévenot / Reporterre





 
Devant le palais de justice, une cantine solidaire, distribuant à prix libre du pain fourré aux algues et des tartes aux mirabelles, tentait de récolter quelques fonds pour financer la procédure. Accrochée aux courbes tortueuses d’une sculpture de 1992, une banderole « Changer ou disparaître » flottait au vent. « Outre la détention de 42 heures, leurs domiciles ont été perquisitionnés, insiste Minelia, d’Extinction Rebellion. Imaginez ! Sept jeunes activistes non violents emmenés chez eux, en plein jour et menottés dans le dos, sous le regard de leur famille et leurs voisins. »

Pour Cécile Ropiteaux, de la Ligue des droits de l’Homme, ces démonstrations de force trahissent une fois de plus l’hostilité du gouvernement à l’encontre du mouvement écologiste : « Cette criminalisation s’étend jusqu’à l’utilisation par le ministre de l’Intérieur du nouveau mot, digne de l’extrême droite, “d’écoterrorisme”. L’ONU elle-même dénonce cette rhétorique. » À ses yeux, la décision du Conseil d’État de surseoir la dissolution des Soulèvements de la Terre apparaît toutefois comme une bouffée d’oxygène.

« Asperger une façade de peinture, c’est violent ! »

« Le débat scientifique est clos. » Déposant son éventail fleuri, le procureur amorce son réquisitoire : « Personne dans cette salle, pas même la partie civile, n’est climatosceptique. En revanche, la question est de savoir si au motif de l’urgence climatique il faut renoncer à l’état de droit et à la démocratie. » Sans surprise, sa réponse est non. Retroussant les manches de sa robe noire, il ajoute que « plaider la liberté d’expression [lui] semble difficile à admettre, dès lors que les prévenus ont opéré de nuit. Comment affirmer qu’on revendique un acte politique si l’on agit dans la clandestinité ? »

Il demande alors à la présidente et ses assesseurs de condamner les militants écologistes à des peines allant de 35 à 70 heures de travaux d’intérêt général. « Ceux-ci peuvent, en Côte-d’Or, consister à nourrir les animaux à la SPA ou nettoyer des cours d’eau… Une belle façon de rendre service à la nature », sourit-il, un brin moqueur. Pour Me Bastien Poix, l’autre avocat de la défense, cette décision n’aurait aucun sens, tant les prévenus travaillent déjà pour l’intérêt commun dans leur quotidien.

« Tous parlent ici d’action non violente, s’exprime à son tour Me Anne Geslain. Seulement, asperger une façade privée de peinture et obstruer des distributeurs, c’est violent ! » Ces mots lui valent aussitôt les railleries du public. Sa demande de préjudice moral sera, elle, rejetée et les magistrats iront jusqu’à requalifier l’infraction en contravention, jugeant les dégradations légères. Dans une ultime tirade, Me Laure Abramowitch rappelle qu’en finançant le projet Eacop, BNP Paribas « méconnaît son devoir de vigilance et commet des infractions ô combien plus graves ».


Notes

[1Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

 

Source :  https://reporterre.net/Sept-militants-d-Extinction-Rebellion-condamnes-pour-avoir-peinturlure-la-BNP?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

samedi 19 août 2023

Le Convoi de l'Eau est au complet !

  
Vendredi 18 août
 

👉 C'est partiiiii : plus de 700 vélos dans le convoi de l'eau !

❤️ Avec Les soulèvements de la terre, la Confédération paysanne & Bassines Nonmerci
Et près de 150 autres organisations !

😬 Tu n'as pas eu le temps de t'inscrire ? Flûte ! Effectivement, tu ne pourras pas te joindre au convoi. Nous avons besoin de pouvoir proposer des repas pour les inscrit.e.s, d'accueillir les gens confortablement, de circuler le plus facilement possible... Nos capacités logistiques impliquent donc de limiter les inscriptions à un certain nombre de cyclistes. 


🎉 Par contre, tu peux évidemment venir soutenir et encourager les cortèges au départ à Lezay, à l'arrivée dans chaque ville (Tours le 22 août, Blois le 23, Orléans le 25), et nous rejoindre à Paris le 26 & 27 août ou lors de la prochaine mobilisation à Niort pour les procès du 8 septembre !

Toutes les infos pratiques sur le convoi sont à retrouver ici : 

https://bassinesnonmerci.fr/index.php/2023/06/01/18-27-aout-le-convoi-de-leau-sainte-soline-orleans-paris/?fbclid=IwAR3J7Qst3Q6nMO74w7G8qz4184SEVFxm3Y8GrZ_IXfrNESilaAqiVDALy0g

 

 Source : https://www.facebook.com/photo/?fbid=1471740040256111&set=a.134249880671807#


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Vendredi 18 août

Bassines Nonmerci

⚠️⚠️ Alors que le Convoi de l'eau s'apprête à démarrer pour dénoncer les dangers des projets de BASSINES sur le territoire du Marais Poitevin et d'ailleurs, le Collectif a pris connaissance des résultats de l'enquête publique concernant le captage d'eau potable de Chercoute situé à Mauzé sur le Mignon et à proximité de la Bassine SEV 17 de Mauzé sur le Mignon.

👉 Sur la base d'une étude menée par un hydrogéologue mandaté par la CAN en 2020, le Commissaire enquêteur confirme les risques possibles d'accès à l'eau potable encourus par les habitants en raison des prélèvements d'eau prévus dans le milieu naturel pour alimenter à terme les 5 Bassines en projet sur ce bassin (En PJ et dans le rapport d'enquête, (page 17-18) )

👉Par ailleurs, celui-ci confirme que le projet des Bassines n'a clairement pas démontré son impact positif sur le milieu naturel en raison de l'absence d'étude sérieuse permettant de fournir des éléments suffisants pour prouver la comptabilité du projet avec le milieu naturel.

👉  En 2022, le Collectif BNM et les associations environnementales avaient déjà tiré la sonnette d'alarme au sujet des risques des prélèvements d'eau à destination des Bassines à la fois sur le volet quantitatif mais aussi qualitatif.

👉👉  Une fois de plus, L'Etat et les collectivités locales soutenant ces projets tentent le passage en force malgré les nombreux rapports de scientifiques, associations environnementales, institutions (plus récemment la Cour des Comptes, Le Comité de bassin de Loire-Bretagne..) dénonçant la "fausse bonne solution" ainsi que la "mal-adaptation de ces projets".

👉  Le Collectif BNM aura l'occasion de s'exprimer à nouveau sur ce point lors du "Convoi de l'eau"

 


Source : https://www.facebook.com/photo?fbid=1471743926922389&set=a.134249880671807


vendredi 18 août 2023

BIENTOT, A VENIR : DISSOLUTION DE NOTRE MINISTRE DE L’INTERIEUR ET RETOUR A SA CASE FACHOSPHERE !! . K

 

BIENTOT, A VENIR : 

DISSOLUTION DE NOTRE 

MINISTRE DE L’INTERIEUR 

ET RETOUR A SA CASE 

FACHOSPHERE !! . K

 

«Le revers de Darmanin, une victoire culturelle du mouvement écologiste» – (source : Reporterre/Stéphen Kerckhove- 14 août 2023)


La suspension de la dissolution des Soulèvements de la Terre est autant un revers pour le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, qu’une victoire culturelle du mouvement écologiste, écrit l’auteur de cette tribune.

Stéphen Kerckhove est directeur général de l’association Agir pour l’environnement.

 



Vendredi 11 août, les juges du Conseil d’État ont suspendu, en référé, la dissolution des Soulèvements de la Terre voulue par Gérald Darmanin. Les attendus du jugement sont cruels pour l’hôte de la place Beauvau : « La dissolution des Soulèvements de la Terre porte atteinte à la liberté d’association. […] Les éléments apportés par le ministre de l’Intérieur ne permettent de considérer que le collectif cautionne d’une quelconque façon des agissements violents envers des personnes. »

Le Conseil d’État est venu rappeler au ministre de l’Intérieur qu’il ne lui revenait pas la responsabilité ni de dessiner les contours du mouvement associatif, ni d’en définir les modes opératoires. Indirectement, par cette procédure de dissolution, le ministre de l’Intérieur a cherché à alléger en radicalité le mouvement écologiste, l’expurgeant de tout un pan de ce qui a justement fait sa force et lui a permis d’obtenir quelques victoires : la désobéissance civile.

Le soutien des associations environnementales doit de ce fait être sans arrière-pensées. Une victoire du ministre de l’Intérieur aurait tout bonnement signifié que c’était désormais au gouvernement de séparer le bon grain de l’ivraie, les acteurs présentables et ceux faisant l’objet d’une traque impitoyable.


La radicalité n’est pas une option, mais une nécessité pour faire bouger les lignes

De cette vision binaire serait né un schisme stérilisant pour longtemps l’action des écologistes. En effet, ce serait être sans mémoire que d’oublier les apports de la désobéissance civile dans le combat écologique. Ce qui apparaît pour acquis comme l’interdiction de cultiver les OGM ou fracturer la roche-mère pour y puiser du gaz de schiste, l’abandon de l’extension du camp militaire du Larzac, de la centrale nucléaire de Plogoff, de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou encore du barrage de Sivens sont à inscrire au Panthéon des activistes qui ne se sont pas contentés de respecter la temporalité et les us et coutumes définis par et pour l’État de droit qui fonde encore trop souvent sa légitimité sur la destruction des écosystèmes.

En invoquant un état de nécessité, une nouvelle forme de légitime défense climatique, les soulevés de la Terre — comme en leur temps les damnés de la Terre —, ne se sont pas résignés à cogérer la fin du monde en acceptant un cadre légal mortifère de par sa cécité à l’égard des enjeux écologiques.

La dissolution avait été annoncée par le ministre de l’Intérieur le 28 mars dernier après la manifestation fort réprimée contre les mégabassines à Sainte-Soline. © Charlie Delboy / Reporterre

 

Trop souvent, les associations écologistes n’ont d’autres choix que celui de prêcher dans le désert, déployant une énergie fantastique pour simplement éviter que le pire n’advienne. Quand les uns ont pour principe une obligation de moyens, les zadistes et autres soulevés de la Terre intériorisent une obligation de résultat. Nous n’avons plus le temps d’essayer de convaincre l’âne qui n’a pas soif. L’urgence est notre maître et nous devons réussir. Pour ce faire, la radicalité n’est pas une option, mais une nécessité pour faire bouger les lignes.

La décision du Conseil d’État ouvre une brèche

Derrière la volonté de dissoudre les Soulèvements de la Terre, le ministre de l’Intérieur a cherché à repositionner le mouvement associatif à l’intérieur d’un cadre institutionnel qu’il sait être inefficace pour la cause que les écologistes défendent. La décision du Conseil d’État ouvre donc une brèche, car elle nous autorise à quitter les salles bien douillettes du ministère de la Transition écologique au sein desquelles nous nous époumonons depuis trop longtemps sans résultat tangible.

Indirectement, le Conseil d’État reconnaît la légitimité de la désobéissance civile comme l’un des outils essentiels nous permettant d’éviter l’effondrement des écosystèmes et la destruction de la nature. Cette perspective a de quoi nous réjouir même si nous ne devons pas être angéliques : les « destructivistes » n’abandonneront leur abus de position dominante que contraints et forcés. Gageons que la décision du Conseil d’État desserrera temporairement l’étau qui tentait d’étouffer la graine qui se soulève. Profitons de cette occasion pour resituer le débat sur les causes de l’effondrement et les solutions à apporter. Incidemment, ne boudons pas notre plaisir d’avoir réussi collectivement à éviter le piège tendu par le ministre de l’Intérieur, celui consistant à débattre à l’infini avec le vocabulaire de l’adversaire.

Nous ne sommes pas des « écoterroristes » lorsque nous exigeons une planète vivable. Nous ne sommes pas « violents » lorsque nous luttons pour notre avenir à tous. Derrière ce revers majeur de Gérald Darmanin se cache en réalité une victoire culturelle du mouvement écologiste dans son ensemble.

 

Source : https://vo46.wordpress.com/2023/08/15/bientot-a-venir-dissolution-de-notre-ministre-de-linterieur-et-retour-a-sa-case-fachosphere-k/?fbclid=IwAR3loxNEjqODJkvCF-i20nA0QzRxyooMIj8WQfl1DMFS7rUjaYVYgpVEXtA

jeudi 17 août 2023

En colonie de vacances à la zad de Notre-Dame-des-Landes

En colonie de vacances 

à la ZAD

de Notre-Dame-des-Landes

 

 

11 août 2023

 


 

Prises de décisions collectives, tâches ménagères, communication… Immersion dans une colonie de vacances qui veut responsabiliser les enfants, à la zad de Notre-Dame-des-Landes.

Vous lisez le troisième volet de notre série d’été « Les enfants et la nature ». Le premier se trouve ici et le second . Abonnez-vous à notre lettre quotidienne pour ne pas manquer la suite.



Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), reportage

« Attention, baissez la tête ! » Assis à l’arrière de la calèche, les quatre garçons se penchent en riant et protègent leur crâne sous leurs mains. Le véhicule, tracté par une jument baptisée Régate, s’avance sur les chemins cahoteux d’un sois-bois, autour de la zad de Notre-Dame-des-Landes.

En plein cœur de cette chaude journée d’été, la promenade équestre constitue l’une des activités du jour choisies par les enfants, durant leur colonie de vacances.

 

Le camp est situé sur la zad de Notre-Dame-des-Landes. Si certains enfants connaissent l’histoire du lieu, ce n’est pas le cas de tous. Mais ils explorent le territoire et rencontrent les gens qui y vivent. © Justine Guitton-Boussion/Reporterre


 

Pendant que ce petit groupe essaie d’éviter les branches fouetteuses, un deuxième découvre les vaches et l’atelier de forgerie de la ferme de Bellevue. Une dernière bande d’enfants a préféré rester au camp, installé un peu plus loin sur la zad.

Au programme : du bricolage, pour reproduire des objets du jeu de société Galérapagos. « C’est super chouette, on est loin de la ville, il n’y a pas le bruit des voitures. J’adore cet endroit », se réjouit Louis, 12 ans.

Ici, en plus du calme du bocage, et du bien-être que procure la proximité avec la nature, l’association rennaise La Bidouillerie veut proposer à ses 24 petits vacanciers un cadre bien particulier, basé sur « les pédagogies de la décision ». « Les enfants sont acteurs de l’organisation du séjour », explique Raph, membre de la coprésidence de l’association.

 

Rassemblés à l’intérieur d’un grand dôme vert, mi-tente mi-yourte, les enfants sont invités à choisir le programme de leur journée. © Justine Guitton-Boussion/Reporterre

Ainsi, dans cette colonie de vacances, chaque matinée commence avec un « forum ». Rassemblés à l’intérieur d’un grand dôme vert, mi-tente mi-yourte, les enfants sont invités à choisir, guidés par leurs animateurs et animatrices, le programme de leur journée.

Une à une, les suggestions d’activités — écrites par les enfants la veille sur des petits papiers — sont listées : « Faire une grande bataille navale », « un concours de cuisine », « écrire une chanson », « aller à la forge »… Mais pas toujours facile de faire dialoguer ensemble 24 enfants.

Bâton de parole

Dans le dôme, les voix aiguës s’élèvent, s’entremêlent, et il devient difficile de suivre. « On ne s’écoute pas toujours, reconnaît Rose, 11 ans. Cette semaine, on a essayé d’utiliser un bâton de parole à tour de rôle, ça n’a pas trop fonctionné. On a tenté des discussions en petits groupes, avec un porte-parole qui discute ensuite avec les autres, c’était mieux. »

Les enfants n’ont pas l’habitude. Ils tâtonnent. Mais ils réussissent à prendre leurs marques, au fil des jours. « Voir des enfants de 8 à 12 ans qui s’approprient des outils d’autogestion et de prise de décision, c’est génial, se réjouit Lucie, animatrice. Plus vite tu te les appropries, plus vite tu es attentif aux autres. En fait, c’est apprendre à vivre ensemble. »

 

Les enfants peuvent choisir le déroulé de leur journée. © La Bidouillerie

 

Même si la plupart des enfants ont d’abord la critique facile contre ces temps de forums — « C’est trop long, alors qu’on a envie de jouer » — ils reconnaissent tous que, sans lui, ils ne pourraient pas être maîtres de leur journée. Or c’est bien ce qu’ils préfèrent ici.

« Ici, on nous demande notre avis », s’enthousiasme Suzie, 12 ans, en préparant sa pièce de théâtre pour la soirée talents. Les petits vacanciers sont nombreux à rapporter qu’ils ont l’impression que ce n’est pas le cas d’habitude — notamment à l’école.

« On peut décider de ne rien faire aussi »

« On peut décider de ne rien faire aussi », sourit malicieusement Félix, 10 ans, allongé avec ses copains sur le trampoline. S’ils ne souhaitent pas participer aux grands jeux, les enfants ont le droit de se balader sur le camp, lire, jouer au ballon, se reposer…

« Leur vie est déjà tellement calibrée entre l’école, les devoirs, leurs activités… Ici, c’est un endroit où ils peuvent expérimenter l’ennui », dit Romane [*], animatrice.

 

La Bidouillerie veut réduire au maximum son impact environnemental. L’association a installé des toilettes sèches et des douches solaires sur le camp. Un seul panneau solaire (et des bouteilles de gaz pour la cuisine) alimentent toute la colonie de vacances. © Justine Guitton-Boussion/Reporterre

Pas question toutefois de buller pendant une semaine sans mettre la main à la pâte. Tous les jours, après le déjeuner — dont les enfants ont aussi choisi la composition au moment du « forum » — vient le moment des tâches collectives.

Un petit groupe s’occupe de la vaisselle, un autre de nettoyer le camp, un autre de vider les toilettes sèches… « Les premières fois, c’est compliqué, les enfants sont dégoûtés par les toilettes, s’amuse Chloë, animatrice. Il faut se retrousser les manches, et au fur et à mesure des jours ça devient naturel, ils ont même envie de le faire. »

« Quand tu as lavé plusieurs fois les douches, les toilettes, tu comprends le travail que ça représente. Tu deviens responsable de l’espace », estime Romane.

 

Les enfants ont profité du « temps brico » pour construire des pancartes et improviser une manif’. Parmi les principales revendications : pouvoir dormir dans le trampoline la nuit suivante. © Justine Guitton-Boussion/Reporterre

 

Dans la vision de La Bidouillerie, faire participer les enfants à des tâches collectives est aussi une manière de « sortir d’un rapport de service, de consommation ».

De la même manière, plutôt que de réserver des « activités coûteuses qui demandent l’intervention d’une équipe extérieure », et « reproduisent une vision productiviste des vacances », l’association préfère encourager les activités manuelles sur le camp, de la création de bracelets au bricolage.

 

Les enfant écrivent sur des petits papiers les activités qu’ils aimeraient réaliser. © Justine Guitton-Boussion/Reporterre

 

« Il suffit d’avoir passé un “permis outil”, et on peut ensuite en utiliser pendant les “temps brico” », explique Félix, qui a justement commencé la construction d’une cabane dans les arbres.

« Pourquoi les enfants ne seraient-ils pas capables d’utiliser des outils ? fait mine de s’interroger Romane. Même s’ils sont petits, ils sont en capacité d’être autonomes, quand on leur a appris à le faire. »

Ce jour-là, les enfants en profitent donc pour construire des pancartes et improviser une manifestation dans le camp. Parmi les principales revendications : pouvoir dormir dans le trampoline la nuit suivante — ce qui leur sera accordé, à la condition de bien se couvrir.

« Certains ont pleuré, les autres les ont rassurés »

La fin de journée approche, la température baisse enfin, et vient le moment des « temps bilan ». Les enfants se dispersent aux quatre coins du camp, pour former des petits groupes encadrés par chacun des sept animateurs.

« Vous pouvez raconter une pépite - un moment positif — et un chardon — un truc moins sympa — à partager avec tout le monde », introduit Chloë. Chacun à leur tour, les enfants évoquent en vrac la balade en calèche, le repas du midi, un moment privilégié avec un ami…

« Pendant un temps bilan, un soir, ils ont été plusieurs à se confier sur l’école, les notes, ce qu’ils trouvent injuste, nous raconte ensuite Chloë. Certains ont pleuré, les autres les ont rassurés. Ils avaient besoin de s’exprimer dans un cadre différent de ce qu’ils connaissent d’habitude. »

« Il suffit d’avoir passé un “permis outil”, et on peut ensuite en utiliser pendant les ”temps brico” », explique Félix, qui a justement commencé la construction d’une cabane dans les arbres. © Justine Guitton-Boussion/Reporterre

Entre les « forums », les « temps bilan », et même les temps dits « papote », les enfants de La Bidouillerie sont sans cesse incités à prendre la parole. « L’autre soir, on a lu une bande dessinée qui expliquait ce qu’était le racisme, raconte Ulysse, 12 ans. Il y a des chiffres qui m’ont fait peur. En discuter, ça m’a soulagé. »

« On essaie de ne pas être dans un truc descendant où on leur explique la vie », dit Raph. Les animateurs essaient surtout de faire parler les jeunes sur ce qu’ils ressentent, leurs expériences, et les invitent à développer leur esprit critique.

« Je pense qu’ils ne comprennent pas toujours tous les sujets sur le coup, mais c’est quelque chose qui infuse et va les accompagner », poursuit Raph.

Mixité sociale

Pour s’inscrire, il faut compter 480 euros par enfant. Par ailleurs, 25 % des places des colonies de vacances de La Bidouillerie sont réservées aux partenaires sociaux : l’Aide sociale à l’enfance (ASE), associations des quartiers prioritaires de Rennes, etc. — et les tarifs sont alors ajustés au cas par cas.

Mais la question de la mixité sociale continue d’interroger l’équipe : « On fait beaucoup de trucs chouettes, qui ne profitent peut-être pas à toutes les classes sociales, regrette Lucie. Je remarque que certains enfants sont déjà sensibilisés, déjà politisés. »


La Bidouillerie veut privilégier les aliments bio, frais et locaux (même si les animateurs et animatrices reconnaissent que ce n’est pas toujours possible à 100%). © Justine Guitton-Boussion/Reporterre

« C’est une question compliquée, reconnaît Raph. Le cadre qu’on propose est tellement différent de ce que la plupart des enfants connaissent, que cela peut reproduire une certaine violence. Ceux qui n’ont pas l’habitude peuvent être perdus, ils ne reconnaissent pas la posture de l’adulte, ce qu’ils ont le droit de faire ou pas. Ça peut générer une violence de classe très forte. »

« Moi, je suis persuadée que ce qu’on fait ici est reproductible partout, même dans l’Éducation nationale, affirme Chloë. On se raconte une fiction sur ce qu’est l’école. Je ne suis pas sûre qu’organiser des forums et des prises de décisions d’enfants, ce soit plus dur que les faire se taire et ne pas bouger pendant une journée. C’est juste qu’on ne nous a jamais enseigné cette posture. Or je pense que ce sont des choses qu’il faut encourager à tout prix. »


Une veillée au coin du feu, sur le camp de la colonie de vacances. © La Bidouillerie

Notes

[*Le prénom a été modifié à sa demande.

 

 

Source : https://reporterre.net/En-colonie-de-vacances-a-la-zad-de-Notre-Dame-des-Landes#forums

mercredi 16 août 2023

Pyrénées-Orientales - Trains supprimés sur la ligne Perpignan-Villefranche : les usagers dénoncent "un mépris de la SNCF"

 

Pyrénées-Orientales 

Trains supprimés 

sur la ligne 

Perpignan-Villefranche : 

les usagers dénoncent

 "un mépris de la SNCF"

 

Publié le

Salomé Bouils

Chaque jour, huit allers-retours sont prévus entre Villefranche-de-Conflent et Perpignan
 

 

Les usagers de la ligne de train à un euro, reliant Villefranche-de-Conflent à Perpignan, accusent la SNCF "d'annulations récurrentes de trains". Les membres de l'association "Train en Têt", qui promeut l'utilisation du train comme un moyen de locomotion écologique et économique, sont en colère.

Depuis le début de l'année 2023, "il n'y a pas une semaine sans qu'au moins un train soit supprimé sur la ligne qui relie Villefranche-de-Conflent à Perpignan", affirme Enric Balaguer, président de l'association "Train en Têt". Le constat est le même pour beaucoup d'usagers de la ligne qui accusent "un mépris de la SNCF".

Selon Enric Balaguer, l'entreprise ferroviaire annulerait des trains de la ligne, parfois plusieurs par jour, "jusqu'à trois ou quatre sur les huit allers-retours quotidiens prévus". Il explique : "Celui du matin à 6 heures en direction de Perpignan et celui de 18 heures en direction de Villefranche-de-Conflent sont les plus impactés. Ils sont presque systématiquement supprimés". Pour les remplacer, des bus sont mis en place. Les usagers sont en colère : "On n'en veut pas de ces bus car c'est trop long, on met 1h40 contre 50 minutes en train. En plus, c'est beaucoup moins confortable". Le président de l'association "Train en Têt" ajoute : "Au-delà de ça, le bilan écologique d'un bus est moins bon que celui d'un train. La capacité d'individus d'un train, c'est l'équivalent de trois autocars".

La gestion de cette ligne par la SNCF est critiquée par les usagers, notamment "en contexte d'urgence climatique et de crise économique". Enric Balaguer se désole : "Nous sommes une ligne secondaire et sacrifiée".

"J'ai abandonné l'idée de prendre le train pour aller au travail"

Cette ligne est utilisée "principalement par des jeunes et des gens qui travaillent, mais pas que", affirme Enric Balaguer. Il chiffre : "Il y a entre 30 à 50 personnes sur le train du matin et 120 à 150 usagers sur le train de 17 heures". Une fréquentation qui augmente, mais "elle est fortement impactée par l'incertitude quotidienne causée par les annulations", assure le membre du comité des usagers de la ligne.

Un habitué du train matinal témoigne : "J'ai abandonné l'idée de prendre le train pour aller au travail. Après de nombreux retards et annulations, je prends ma voiture désormais. C'est plus cher et moins écolo, mais plus sûr". Enric Balaguer assure que ce genre de témoignages se multiplie.

L'association "Train en Têt", a réalisé une campagne de publicité depuis plusieurs mois pour encourager les usagers à utiliser cette ligne. "Pour l'instant elle est en suspens car on ne peut pas inciter les personnes à prendre le train si l'offre ne suit pas", annonce son président.

La SNCF pointe un manque de personnel

Contactée, la SNCF communique sur les raisons de ces suppressions de trains. Selon l'entreprise, "la circulation des trains de la ligne reliant Villefranche-de-Conflent à Perpignan est adaptée en raison de difficultés liées à des ressources en personnel".

Mais elle assure que "les trajets domicile-études et domicile-travail ont un suivi particulier depuis plus d'un an". L'entreprise assure que "tout est fait pour épargner ces trajets-là".

En revanche, aucun chiffre sur le nombre de trains supprimés ou la fréquentation de cette ligne n'est communiqué par la SNCF.

 

Source : https://www.lindependant.fr/2023/07/31/pyrenees-orientales-trains-supprimes-sur-la-ligne-perpignan-villefranche-les-usagers-denoncent-un-mepris-de-la-sncf-11371332.php

mardi 15 août 2023

Tracts nazis : poussée de fièvre brune dans l’Hexagone

 Tracts nazis : 

poussée de fièvre brune 

dans l’Hexagone

 

Par MAXIME MACÉ et PIERRE PLOTTU

Publié le 7 août 2023

  Des centaines d’élus, des dizaines de mairies et plusieurs centaines de citoyens ont reçu des tracts nazis depuis la fin du mois de mai. Une initiative nauséabonde orchestrée par le site d’extrême droite ordurier Démocratie participative.


Selon nos informations, la plateforme d'extrême droite est consultée chaque mois par plusieurs milliers de personnes. (BenjaminAdam/Libération)


 


Depuis le mois
de mai, les habitants de dizaines de communes éparpillées aux quatre coins de la France ont eu la désagréable surprise de découvrir dans leurs boîtes aux lettres un tract nazi transpirant la haine raciale. « Plus de 160 élus na
tionaux », notamment des députés, « et une centaine de maires » ont également été « visés par l'envoi électronique des tracts de Démocratie participative » sur leurs boîtes mail, précise pour Libé le général Jean- Philippe Reiland qui dirige l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité et les crimes de haine dont une branche, la Division de lutte contre les crimes de haine (DLCCH), dirige les investigations concernant ces e-mails. L'officier nous a également confié que ses services gardent « un œil attentif sur les enquêtes ouvertes suite aux tractages et dirigées par les parquets locaux ayant compétence » et que l'avancée des investigations leur est remontée.


Changements d’URL

Dans le viseur des enquêteurs : un néonazi recherché par la justice et qui se cache au Japon, Boris Le Lay (lire ci-contre). Multirécidiviste de la haine, sur la liste de chasse d'Interpol, l'homme est planqué au Japon (qui n'a pas signé de convention d'extradition avec la France) d'où il reste à la tête du site Démocratie participative qui diffuse quotidiennement des articles au contenu violemment raciste, même par rapport à l'ordinaire de la fachosphère. « Guerre raciale totale ! » clame en ce moment le bandeau d'accueil de ce site interdit suite à une décision rarissime de la justice remontant à 2018.

Mais son fondateur Boris Le Lay et ses acolytes s'en jouent en changeant l'URL de la page à chaque fois qu'ils sont rattrapés par la patrouille. Ils font ensuite circuler la nouvelle adresse via des réseaux sociaux peu scrupuleux.
La plateforme reste ainsi, selon nos informa
tions, consultée chaque mois par plusieurs milliers de personnes, tandis que le forum qui lui était adossé comptait environ 4 000 inscrits. Ces derniers, comme le révélait Libé en février, y ont posté près d'un demi-million de messages avant une récente fermeture « temporaire ».


METTRE DES GANTS


Sur le site, une page en
tière est dédiée à la diffusion des tracts. Y sont mis à disposition deux modèles différents (mais similaires) ainsi que des consignes pour « évangéliser » le plus largement possible et surtout sans prendre de risques.
Mettre des gants, se déplacer de nuit, laisser son téléphone à la
maison avant de par
tir, ne pas payer en carte bleue un véritable petit précis destiné à échapper aux enquêteurs. Avec succès puisque aucun suspect n'a pu être interpellé jusqu'ici. La première distribution de ces tracts a eu lieu à la fin du mois de mai dans la petite commune de La Neuville-Chant-d'Oisel, près de Rouen, en Seine-Maritime. Son maire, Julien Demazure, avait immédiatement porté plainte pour « incitation à la haine raciale et à la violence ». Selon France 3 Normandie, « une image de la personne qui distribue » avait pu être captée par les caméras de vidéosurveillance de la ville. Les administrateurs de DemPart s'étaient immédiatement félicités de cette première opération sur leur podcast quotidien.


Quelques jours après ce premier tractage, ce sont pas moins de 17 communes du Finistère qui ont reçu, début juin, le même courrier odieux sur la boîte mail de la mairie. Indignée, la préfecture du département breton, d'où est originaire Boris Le Lay, avait annoncé l'ouverture d'une enquête judiciaire. Le 5 et le 6 juin, 160 députés ont reçu par mail les tracts de Démocra
tie participative, dont la présidente de la chambre, Yaël Braun-Pivet. Plus de 80 d'entre eux ont déposé plainte auprès du Pôle national de lute contre la haine en ligne du tribunal judiciaire de Paris qui a confié l'enquête à la DLCCH.


En Normandie, en Bourgogne et dans l'Est, la série noire s'est poursuivie. Dès le lendemain, c'était au tour d'élus de la ville de Rouen, dont le maire socialiste, Nicolas Mayer-Rossignol, de découvrir sur leur boîte mail le message adressé par DemPart. Nouveau tractage dans la nuit du 11 au 12 juin sur la commune d'Hébécourt, dans la Somme. La veille, les habitants de Clairvaux-les-Lacs dans le Jura constataient la présence du tract nazi dans leurs boîtes aux lettres, provoquant la stupeur et la colère.
Même chose dans la nuit du 6 au 7 juillet à Genlis (Côte-d'Or) et Mulhouse (Haut-Rhin) ainsi que le 12 juillet à Candeleu (Seine-Mari
time).
Dans les Côtes
-d'Armor, ce sont plusieurs pe
tites communes près de Guingamp comme Plésidy et Senven-Lehart qui ont été touchées par ces tractages haineux à la mi-juin alors que des inscriptions antisémites et néonazies ont dégradé le monument commémoratif de la Butte rouge, haut lieu de la Résistance, à Ploeuc-L'Hermitage dans la nuit du 14 au 15 juillet. Pour l'instant, aucun lien n'a été fait entre les deux affaires même si le timing interroge.


HARCÈLEMENT NUMÉRIQUE


« J'ai évoqué le sujet lors d'une réunion du conseil municipal, et tout le monde condamne, a confié le maire du Plésidy au Télégramme. Même si ce n'est pas non plus justifiable ailleurs, dans les petites communes, c'est généralement plus calme. On s'interroge beaucoup, ça fait un peu peur. » Les autorités prennent ainsi l'affaire très au sérieux d'autant que, pour la première fois, la nébuleuse de Démocratie participative agit « dans la vraie vie ». Jusqu'ici, cette frange de l'extrême droite la plus radicale se contentait de déverser son racisme dans les tréfonds du Web. Puis la communauté a organisé des vagues de harcèlement numérique particulièrement violentes, notamment contre la journaliste Julie Hainaut, l'ex-députée LREM Laetitia Avia, l'avocat Denis Dreyfus ou encore la chanteuse Héro Echo.
Avec ces distributions de tracts, une étape a été franchie. ?


Source : https://www.liberation.fr/politique/tracts-nazis-poussee-de-fievre-brune-dans-lhexagone-20230807_P4EA7ICSVNDC7HAGGPXTTSRRVY/