Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
Mais pas que.
Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...

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samedi 24 mai 2025

Rebellion contre le goudron

  Rebellion contre le goudron








Face à la fuite en avant routière de notre département,
 
XR dénonce l'absurdité de la nouvelle rocade RD22b qui prétend soulager le trafic alors qu'elle constitue un rouage essentiel dans la domination écrasante de la voiture sur notre espace public.
 
XR dénonce l'ignorance de nos élus qui méconnaissent le principe de trafic induit, principe qui montre que partout où de nouvelles routes sont construites, l'utilisation de la voiture augmente. Faites des routes, vous aurez des automobilistes. Faites des pistes cyclables, vous aurez des cyclistes. Simple, basique.
 
XR dénonce la vision réductrice de la mobilité de nos élus qui se focalisent sur le gain de temps que cette nouvelle infrastructure apportera. Cela occulte tous les autres domaines de la mobilité que sont : la santé publique, les finances publiques et personnelles, l'aménagement du territoire, le caractère social de nos villes et la pollution sonore, aérienne, respiratoire et environnementale.
 
XR dénonce la vision court-termiste de nos élus qui s'imaginent absorber le trafic alors que de nombreux projets d'urbanisation portés par les communes de Perpignan, Cabestany et Saleilles se tiennent prêts à sortir de terre, augmentant considérablement la densité et le flux de circulation.
 
XR dénonce la concurrence sans pareille que les collectivités font peser sur les différents modes de déplacements, en confirmant toujours plus le monopole de la voiture. Cela s'illustre tant sur la quantité que sur la qualité des infrastructures, très bonne pour les routes et minables pour les mobilités douces.
 
XR dénonce enfin l'hypocrisie de nos élus qui se défaussent de leur responsabilité d'aménageur sur les comportements individuels. D'un côté, la voiture est toujours privilégiée dans les réalisations ; de l'autre, ils appellent cyniquement les citoyennes et citoyens à préférer la marche, le vélo et les transports. 
 
XR appelle les élus catalans à arrêter de gaspiller l'argent public pour des voitures nocives, et à mettre les moyens seulement pour la marche, les transports en commun et le vélo ! Réorientez le budget dans des mobilités saines, économes, et écologiques !
 

Source : https://www.facebook.com/xrperpignan

vendredi 23 mai 2025

Forum ouvert contre les idées d'extrême droite - Dimanche 25 mai - Prades - Atelier de l'Entonnoir 14h30


                La Forge Citoyenne en Conflent

Cher.e.s sympathisant.e.s de La Forge Citoyenne en Conflent,

Nous avons le plaisir de vous convier à un

 forum ouvert contre les idées d'extrême droite, 

qui aura lieu :

 dimanche 25 mai 

à l'atelier de l'Entonnoir 

à Prades 

à partir de 14H30


Si, comme nous, vous refusez les passions tristes, si vous pensez que la haine ou le ressentiment ne sont pas des leviers politiques, si vous avez envie de vous approprier l'espace public et politique comme un lieu de transformation possible pour un destin commun... 

Alors venez partager vos idées avec nous !


mercredi 21 mai 2025

Une famille de castors aide cette ferme drômoise face au dérèglement climatique


Une famille de castors 

aide cette ferme drômoise 

face au dérèglement 

climatique

« Le castor immerge l’entrée de sa maison par des retenues d’eau mais cultive toutes les espèces avec lesquelles il alimente son habitat, notamment les saules et les peupliers qu’il préfère. Ces arbres vont stimuler les milieux humides en pompant de l’eau, en la remontant en permanence et en la diffusant ensuite dans l’écosystème »

Texte : Liza Tourman
Photographie : Eve Campestrini  

6 juin 2024

Au fin fond du Diois se trouve l’un des plus vieux GAEC de la Drôme : la ferme de Montlahuc où un jeune castor s’est installé il y a trois ans, inondant 2000m2 de terre, un exploit pour un lieu situé à 1000m d’altitude. Aujourd’hui, les 6 associés du GAEC cohabitent avec cet allié, réhydratant petit à petit les paysages et régénérant la biodiversité.

D’une ferme conventionnelle à un havre de biodiversité

Marco est l’un des associés du GAEC, la ferme de Montlahuc. Arrivé il y a une dizaine d’années, il développe l’activité « écosystème » qui consiste à prendre soin du territoire, de tout ce qui effleure de près ou de loin le Vivant et la durabilité de la ferme.

« En 2013, le GAEC a amorcé une grosse transition où il y a eu un changement d’associés. On était trois jeunes à arriver. On a essayé de travailler avec l’inspiration Kogi, ce peuple ancestral de Colombie très connecté au Vivant. Comment repenser notre modèle agricole en laissant faire la nature au maximum ? » raconte-t-il pour La Relève et La Peste

La ferme conventionnelle s’est transformée en quelques temps en poly-élevage, modèle vertueux pour la biodiversité. Le groupe fonctionne à 100 % en vente directe et a en une dizaine d’années redynamisé le village en passant d’une dizaine à une quarantaine d’habitants, relançant ainsi l’école.

Les prairies de la ferme de Montlahuc

Le rôle du castor dans le cycle de l’eau

Il y a trois ans, un castor s’est installé au GAEC. De fil en aiguille, il a réhydraté le paysage.

« Il a commencé par creuser un fossé au milieu de la prairie qui est devenue l’année suivante un véritable plan d’eau. Il a immergé 2000m2 de la parcelle sur 5000m2. Le premier raisonnement des voisins a été de nous dire de ne pas le laisser faire car nous étions en train de perdre de la surface pour le foin pour les animaux. On a quand même 1100 hectares, on s’est dit que 2000m2, on pouvait les laisser aux castors. Notre ruisseau temporaire est devenu permanent » se remémore Marco auprès de La Relève et La Peste

Petit à petit, la biodiversité a fructifié. Des espèces aquatiques se sont installées comme une trentaine d’espèces de libellules, des canards et des oiseaux de zones humides. Le plus surprenant étant l’impact du rongeur sur l’écosystème en cultivant les espèces nécessaires pour se nourrir.

« Le castor immerge l’entrée de sa maison par des retenues d’eau mais cultive toutes les espèces avec lesquelles il alimente son habitat, notamment les saules et les peupliers qu’il préfère. Ces arbres vont stimuler les milieux humides en pompant de l’eau, en la remontant en permanence et en la diffusant ensuite dans l’écosystème » détaille Marco pour La Relève et La Peste

D’une prairie sèche et d’une végétation pauvre, la parcelle est devenue riche et dense. Des légumineuses sont apparues et ont diversifié le paysage. Une aubaine pour le pâturage. Ces légumineuses amènent des fleurs qui attirent tout un cortège de papillons et d’insectes, créant ainsi une vie spectaculaire avec l’apparition de feuillus là où auparavant ne cohabitaient que des pins.

Un arbre coupé par un castor à la ferme

« Les pins sont des espèces intéressantes mais qui partagent assez peu l’eau dans les écosystèmes, des espèces un peu plus « égoïstes » que les feuillus. Ces derniers travaillent ensemble. Ce qui permet une régénération de cet écosystème qui l’emmène vers un milieu qui amplifie la vie » sourit Marco

Si le castor est arrivé seul sur cette parcelle il y a trois ans, ils sont aujourd’hui entre trois et quatre à habiter les lieux. Cependant, Marco nous signifie que sa présence existe sur ce petit cours d’eau depuis déjà une dizaine d’années, à quelques 3 kilomètres de là.

« Notre petit ruisseau constitue la connexion entre le bassin des Baronnies et le bassin de la Drôme. C’est quasiment l’un des seuls corridors écologiques de zone humide entre ces deux grands bassins versants pour la circulation des espèces aquatiques : c’est un espace fondamental » précise Marco pour La Relève et La Peste

Marco devant le barrage créé par les castors à la ferme de Montlahuc

Le castor, un allié précieux

Après des années de politique d’évacuation rapide de l’eau vers nos mers, on a aujourd’hui un assèchement majeur des territoires. Cette course a créé de l’érosion et donc une incision des ruisseaux qui ont tendance à descendre en profondeur. Les impacts bénéfiques du castor sur les écosystèmes sont multiples. L’un d’eux est le ralentissement et l’infiltration de l’eau dans les sols.

« L’eau s’infiltre à la même hauteur que le ruisseau quand le castor fait un barrage, il remonte son niveau et aussi celui de cette nappe phréatique qui fait que les plantes ont plus d’accès à l’eau » détaille Marco.

En édifiant des micro-retenues, le castor empêche une trop grande quantité d’eau de s’échapper. En la ralentissant et la stockant, elle est diffusée progressivement dans le paysage, ce qui évite les inondations.

« On dit que le castor, en construisant des retenues, a tendance à réchauffer l’eau et que c’est mauvais pour les écosystèmes. En réalité, l’eau qui sort de terre est forcément plus fraîche et donc rafraîchit le cours d’eau. »

Une expérience que la Californie, aux Etats-Unis, connaît bien. Face aux feux de forêts amplifiés par le dérèglement climatique, la Californie a mis en place des « zones castors », plus résistantes au feu grâce à l’humidité du sol. Ces fameuses « zones castors », dont la végétation perdure, peuvent recréer par la suite les forêts parties en fumée. Lieux refuges pour les animaux, ces derniers retournent dans les espaces désertifiés une fois le danger passé et, en déféquant des graines, régénéreront petit à petit les paysages.

Le lieu de vie du castor à la ferme de Montlahuc

Le castor est un animal clé dans l’équilibre des grands cycles, la régulation et la régénération des paysages. Depuis des millions d’années, il cohabite avec la rivière, ce qui fait de lui en quelque sorte le gardien. Impressionnés par l’efficacité du castor sur cette parcelle, les agriculteurs tentent de l’attirer au plus près de la ferme de Montlahuc. Les associés ont tout mis en place pour rendre, selon l’expression de Baptiste Morizot, un emplacement attractif pour le plus gros rongeur d’Europe.

« On a créé des petites retenues pour que son terrier soit immergé. On a aménagé ces espaces près des peupliers tremble, ses préférés, et on continue à en planter là-bas. Il y a de grandes chances qu’il soit déjà passé sur le lieu et qu’il l’ait repéré et qu’il vienne s’installer chez nous dès qu’il en aura besoin » espère Marco.

Sur la ferme de Montlahuc, le réchauffement climatique se fait ressentir depuis une dizaine d’années. Le vent est de plus en plus fort et les parcelles, de plus en plus sèches. Avec une quantité de foin de moins en moins importante, chaque année est un peu plus difficile pour les associés.

« On a planté 3000 arbres, un peu plus de 3km de haies. Ces arbres on les achète, il faut les protéger avec des clôtures, préparer les tracteurs, aller les planter. Tout ça prend beaucoup de temps, d’énergies fossiles, d’argent alors qu’en deux ans, le castor est plus efficace en utilisant moins d’énergie » résume Marco

Les Etats-Unis ont ainsi mis en place des indemnisations pour les agriculteurs qui perdent des parcelles agricoles où le castor se réinstalle. Historiquement, le mot maraîchage est lié au marais, terres très fertiles qui ont été subtilisées aux castors. Ainsi, ce sont dans ces espaces qu’il va revenir d’où la nécessité que l’État prenne des mesures. Le modèle allemand a également un barème d’indemnisation agricole en cas de dégâts, de façon à ce qu’il y ait moins de problèmes de cohabitions entre les castors et les agriculteurs.

Le barrage mimétique créé par les salariés de la ferme pour attirer le castor dans une nouvelle zone

Entre envahir et infuser le Vivant pour l’habiter, il n’y a qu’un pas

Co-créer avec le castor a une signification plus profonde et puissante sur notre urgence à cohabiter avec le Vivant, dont nous, humains, faisons pleinement partie. Ce sont des millions d’années de cohabitation qui se sont créées entre les espèces. Chacune, de par sa façon de vivre, a un rôle écologique, une fonction dans les écosystèmes.

Chaque fois que l’une d’elles disparaît, c’est une fonction qui s’évapore et un équilibre qui est complètement modifié. Tout ce que l’on créait comme déséquilibre, c’est à nous que ça coûte économiquement, en charges de temps de travail et de tous les impacts. Il y a tout intérêt à amplifier la vie et de travailler avec lui.

Pour Marco, on doit faire avec la nature et cohabiter avec elle dans tous nos espaces. La clé ne serait pas de sanctuariser quelques zones. En revanche, il préconise de préserver quelques endroits de l’intervention humaine de façon à laisser les dynamiques se mettre en place pour qu’ensuite elles puissent se propager. Les Kogis les appellent « zones d’espace sacré ». Que ces espèces puissent y perdurer en dépit du dérèglement climatique. Ainsi, une fois que cela se sera à peu près stabilisé, elles pourront recoloniser et régénérer le reste du paysage.

« Puisque c’est la vie qui génère et amplifie la vie, il faut que cette diversité d’espèces et ces équilibres qui ont été créés depuis des millions d’années puissent fonctionner et réparer ce qu’on a fait derrière. Cette notion de sanctuaire arrive un peu là. Il n’y a pas une solution absolue, c’est la multitude de solutions qui va permettre qu’on s’en sorte demain »

Le retour en force du castor dans nos campagnes françaises est donc une formidable façon de faire alliance avec le reste du Vivant.

Liza Tourman

 

Source : https://lareleveetlapeste.fr/une-famille-de-castors-aide-cette-ferme-dromoise-face-au-dereglement-climatique/

mardi 20 mai 2025

Sans les travailleurs migrants, la France serait incapable de produire des fruits et légumes

Sans les travailleurs migrants, 

la France serait incapable 

de produire des fruits et légumes

Les travailleurs migrants sont cruciaux dans le secteur agricole en France pour pallier le manque de main d’œuvre. Ils sont pourtant quotidiennement maltraités, aussi bien dans des exploitations que par les politiques publiques mises en œuvre.

Nolwenn Weiler

15 mai 2025

 

Yasmina Tellal, devant le conseil de prud’hommes en juin 2020. Elle a brisé le silence sur les conditions des travailleurs détachés dans des exploitations agricoles du sud de la France. © Droits réservés

 Cheres parlementaires et politiques qui votez des lois ou publiez des circulaires racistes : qui récolte vos fruits et légumes ? En France – premier producteur agricole européen – les bras manquent pour cueillir et ramasser les fraises, melons, tomates, haricots et autres courgettes que nous mettons, jour après jour, dans nos assiettes. Et sans les saisonnières et saisonniers étrangers, il serait impossible de fournir les stocks dont nous avons besoin pour nous nourrir.

Combien sont-iels ? Difficile à dire, tant les irrégularités et cachotteries caractérisent le secteur. En mars 2020, alors que les frontières étaient fermées à cause du confinement, la FNSEA évoquait 200 000 travailleurs manquants. Seule certitude : la proportion de ces saisonniers, dont les contrats durent entre trois et six mois maximum, ne cesse d’augmenter. La plupart d’entre eux sont marocains, tunisiens et polonais, mais aussi roumains ou latino-américains. Ils sont devenus incontournables dans le Sud-est mais aussi dans le Lot-et-Garonne et en Bretagne.

Partout, leurs conditions de travail sont intolérables. Parlons par exemple de Java, qui s’épuise plus de dix heures par jour, six jours par semaine, pour un salaire incertain, qui n’égale parfois que cinq euros de l’heure après 20 ans d’ancienneté. Ou de Yasmina, qui a enchaîné les contrats dans l’emballage de fruits et légumes, puis dans les serres de fraises avec des journées de 15 heures sans pause et sans toilettes. Regardons du côté de Driss, Boojma, Khalid et leurs collègues, sommés de trimer aux champs sans être payés après avoir acheté leur « droit » de travailler pour 12 000 euros !

Ils et elles évoquent aussi les conditions de vie insalubres, la promiscuité, les douches qui ne fonctionnent pas, la faim, la soif, et les violences sexistes et sexuelles. Le tout dans une insultante impunité, puisque moins de 10 % des exploitations agricoles sont inspectées, et encore moins condamnées.

Depuis quelques années, sous l’impulsion notamment du Codetras, Collectif de défense des travailleuses et travailleurs étrangers dans l’agriculture, certains de ces scandales sont arrivés dans les tribunaux. Avec quelques résultats : depuis 2021, plusieurs sociétés de travail temporaire et leurs dirigeants ont été condamnées pour violation des règles européennes du travail détaché mais aussi pour travail dissimulé, marchandage et conditions d’hébergement indignes.

Des affaires sont encore en cours, dont celle de Yasmina, que basta! avait racontée en 2020, et qui repassera au tribunal le 22 mai prochain.

 

 


Source : https://basta.media/Sans-les-travailleurs-migrants-la-France-serait-incapable-de-produire-des-fruits-et-legumes?fbclid=IwY2xjawKT3H5leHRuA2FlbQIxMAABHn0pom5pOdNSJEZzIFRuRNEgUVogq3PT_l5DN1DEbbZqk7uuBfoMDMGowBxu_aem__0Rqb0Yp7JpPjwI-cRjCXA

lundi 19 mai 2025

Nouveaux OGM : fausses promesses, vrais risques et précipitation coupable

Nouveaux OGM : 

fausses promesses, 

vrais risques et 

précipitation coupable


Manifestation de la Confédération paysanne contre l'utilisation des OGM, à Paris, le 13 décembre 2023.
© Emmanuel Dunand / AFP

Ce 6 mai, la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil de l’UE se réunissent pour examiner un projet de règlement qui exempterait la quasi-totalité des nouveaux OGM des règles qui les encadrent. Alors que l’étape finale des négociations commence, des organisations françaises alertent contre les dangers d’un tel texte pour l’agriculture et l’alimentation.

Collectif  • 5 mai 2025

 

Le projet de règlement sur les plantes issues des nouvelles techniques génomiques (NTG), appelées nouveaux OGM, exempte – sans raison valable – la quasi-totalité de ces derniers des règles qui encadrent aujourd’hui les OGM (1) dans l’Union européenne. L’étape finale des négociations débute le 6 mai alors qu’il n’y a aucune urgence à valider un compromis bancal et risqué. 

1 Les OGM sont des organismes (bactériens, végétaux ou animaux) « dont le matériel génétique a été modifié d’une manière qui ne s’effectue pas naturellement », selon la directive européenne 2001/18/CE.

Nous, associations et organisations représentant des citoyens, paysans et acteurs du secteur agricole et alimentaire français, alertons depuis des années sur les conséquences graves et irréversibles de ce texte pour les agriculteurs et agricultrices, les semenciers, les opérateurs des filières sans OGM dont la filière biologique, les consommateurs et consommatrices, et l’environnement.

Les brevets revendiqués par les multinationales de l’agro-industrie auront des impacts sur l’ensemble de la chaîne agricole.

Nos interrogations et inquiétudes n’ont à ce jour reçu aucune réponse satisfaisante de la part du gouvernement français et des institutions européennes. Les enjeux sont pourtant nombreux et décisifs : impact des brevets sur la filière agricole et la souveraineté alimentaire, évaluation des risques, retrait des produits en cas de dommages sanitaires ou environnementaux, répartition des responsabilités et coûts liés à ces retraits, droit à l’information et liberté de choix pour les citoyens et citoyennes, droit de produire sans OGM, protection des filières sans OGM et biologiques… pour n’en citer qu’une poignée.

Sur le même sujet : Dossier : OMG, ils reviennent !

Malgré nos alertes répétées, la France a voté en faveur d’une proposition de règlement, le 14 mars dernier, qui ne résout aucun des ces problèmes. Ces considérations techniques tronquées cachent un choix éminemment économique, et un choix de société : confier le contrôle de toute la chaîne alimentaire aux brevets d’une poignée de multinationales « biotech » au détriment des paysans, des semenciers traditionnels, des consommateurs et de l’environnement. Alors que de nombreux agriculteurs et citoyens s’y opposent et que leur avis n’est pas pris en compte, nous rappelons au gouvernement et aux institutions européennes que leur décision engage leur pleine responsabilité dans la mise à mal de l’agriculture française et européenne.

Brevets : agriculteurs et semenciers en danger, menace pour la souveraineté alimentaire

La question épineuse des brevets constitue un point central des négociations, et aucune réponse suffisante n’y a été apportée. Or, les brevets revendiqués par les multinationales de l’agro-industrie auront des impacts significatifs sur l’ensemble des acteurs de la chaîne agricole.

Sur le même sujet : Nouveaux OGM : c’est toujours non !

Alors que les végétaux obtenus par les NTG sont – abusivement – déclarés semblables à ceux qui pourraient être obtenus naturellement ou aux plantes issues de sélection traditionnelle non brevetables, ils sont en effet brevetés. Et en l’absence d’obligation de publication des méthodes de détection et d’identification de ces nouveaux OGM brevetés, comme l’exige pourtant la directive 2001/18, ils contamineront la filière agroalimentaire et lui feront courir des risques majeurs :

– L’impact sur l’intégrité des filières sans OGM et biologique qui ne pourront plus garantir l’absence d’OGM ;

– L’extension de la portée des brevets aux semences paysannes ou conventionnelles contaminées par un gène breveté par un procédé NTG ou contenant naturellement un gène abusivement déclaré semblable à ce gène breveté ;

– L’incertitude juridique pour les agriculteurs, sélectionneurs, transformateurs, et distributeurs qui n’auront aucun moyen de savoir s’ils ont utilisé ou commercialisé des gènes brevetés pouvant entraîner des poursuites judiciaires et menaçant la poursuite de leur activité ;

– La perte de diversité dans l’offre alimentaire proposée aux citoyens, et la fin de leur liberté de choix du fait de l’absence d’étiquetage ;

– La réduction de la biodiversité cultivée et les déséquilibres écologiques liés à la dissémination incontrôlée de ces “nouveaux” OGM dans l’environnement ;


– La perte de souveraineté alimentaire via le renforcement de l’emprise déjà étouffante des multinationales sur nos systèmes agroalimentaires.

À en croire les firmes, les NTG produiraient des plantes « durables ». Ces allégations sont fallacieuses.

Malgré cela, l’UE accélère le pas pour faire adopter ce règlement, et cette précipitation coupable se fait au nom de fausses promesses que les nouveaux OGM ne pourront pas plus tenir que leurs prédécesseurs.

Nouveaux OGM, anciennes promesses non tenues

À en croire les firmes, les NTG produiraient des plantes « durables ». Ces allégations sont fallacieuses. La capacité des NTG à obtenir de telles plantes n’est qu’une promesse : associées à une agriculture industrielle, elles contribueront à amplifier les crises agricole et écologique actuelles.

Surtout, aucune plante ne peut être durable en tant que telle. Seule la globalité d’un système agricole peut présenter une certaine durabilité, reposant sur des facteurs diversifiés sur lesquels les manipulations génétiques n’ont aucune prise : pratiques agricoles, conditions climatiques locales, qualité du sol, présence de pollinisateurs, biodiversité…

En revanche, nous bénéficions d’un recul de 30 ans sur les fausses promesses de l’industrie concernant les premiers OGM : 99 % d’entre eux ont été créés pour résister – de moins en moins d’ailleurs – à des herbicides et donc en utiliser de plus en plus, ou produire des insecticides. C’est la preuve qu’ils ne sont pas durables. D’ailleurs, une part non négligeable des rares plantes issues des NTG commercialisées ou arrivant prochainement sur le marché sont tolérantes à un herbicide.

Sur le même sujet : Micro-organismes, macro-problèmes

S’il est assez évident de savoir qui va bénéficier de l’adoption de ce règlement, d’autres questions méritent d’être posées. Qui paiera ? Qui assumera les conséquences sociales, économiques et environnementales ? Ce ne sera ni la Commission européenne, ni les entreprises qui commercialisent ces produits, mais bien les paysans, les petits semenciers, les consommateurs, les contribuables et l’environnement.

Le trilogue – étape finale des négociations – s’apprête à commencer le 6 mai 2025. Tant que les risques évoqués n’auront pas été traités, nous demanderons aux institutions européennes de maintenir les dispositifs indispensables à la protection des agriculteurs, filières, citoyens et de l’environnement : évaluation des risques au préalable, traçabilité et étiquetage jusqu’au consommateur, obligation de publier les méthodes de détection et d’identification, clause de sauvegarde, suivi post-commercialisation.


Signataires

  • Agir pour l’environnement : Marie-Jeanne Husset, Présidente
  • Alternatiba Rennes : Lucie Morel, Membre
  • Amis de la Terre France : Christian Berdot, Responsable campagne OGM
  • Aspro Pnpp : J-François Lyphout, Président
  • Bio Consom’acteurs : Julien Kien, Président
  • Collectif Objectif Zéro OGM : Philippe Mouchette, Porte-parole
  • Collectif Vigilance OGM et Pesticides 16 : Patrick Rivolet, Porte-parole
  • Confédération paysanne : Laurence Marandola, Porte-parole
  • CSFV49 : Pierre Josse, Co-responsable
  • Demeter France : Pierre Mainaud, Président
  • Fédération Nature & Progrès : Bruno Viennois, Porte-parole
  • Foll’avoine : Mireille Lambertin, Présidente
  • France Nature Environnement : Antoine Gatet, Président
  • Générations Futures : Nadine Lauverjat, Déléguée Générale
  • IFOAM-France : Jacques Caplat, Président
  • Mouvement de l’Agriculture Biodynamique (MBAD) : Patrick Lespagnol, Président
  • OGM Dangers : Olivier Leduc, Porte-parole
  • Objectif Zéro OGM (OZO) : Philippe Mouchette, membre du Conseil d’administration
  • POLLINIS : Nicolas Laarman, Délégué général
  • Réseau Semences Paysannes : Nicolas Supiot, co-président et référent OGM
  • Synabio : Didier Perréol, Président


    Source : https://www.politis.fr/articles/2025/05/nouveaux-ogm-fausses-promesses-vrais-risques-et-precipitation-coupable/