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vendredi 24 novembre 2023

Samedi 25 novembre journée internationale contre les violences faites aux femmes - Pyrénées-Orientales : "Les violences faites aux femmes ont augmenté de 15 % entre 2021 et 2022"

 

Pyrénées-Orientales : 

"Les violences faites aux femmes 

ont augmenté de 15 % 

entre 2021 et 2022"

Le collectif Droits des femmes 66 appelle à la mobilisation ce samedi 25 novembre 2023. Archives L'Indépendant - PAUL MANGIN

 Ce samedi 25 novembre 2023, partis politiques, associations et syndicats appellent à manifester à l'occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes. Dans le département, le nombre d'actes recensés a connu une hausse de 15 % entre 2021 et 2022. 

Le combat est plus que jamais d'actualité. Selon le collectif Droits des femmes 66, qui fédère partis politiques, associations et syndicats, les violences faites aux femmes ont progressé de 15 % dans les Pyrénées-Orientales entre 2021 et 2022. Et 2023 ne semble pas devoir être l'année de la décrue. Depuis janvier dernier, l'association perpignanaise Apex a ouvert ses portes à 350 femmes victimes de violences conjugales (dont 250 nouvelles venues) dans son accueil de jour. Un bilan encore provisoire, mais déjà équivalent à celui de 2022.

848 féminicides depuis 5 ans en France

C'est dans ce contexte que le collectif Droits des femmes 66 appelle à manifester ce samedi 25 novembre 2023 à Perpignan. Le rendez-vous est fixé à 18 heures sur la place de la République. "Depuis cinq ans, 848 féminicides ont été recensés en France. Et lorsque nous nous assiérons autour de la dinde de Noël, il y en aura eu 15 de plus. Tous les deux jours, une femme meurt sous les coups de son conjoint ou de son ex-conjoint", souligne l'une des membres du collectif. 

Tous les milieux sociaux et tous les âges sont concernés

Les chiffres officiels du ministère de l'Intérieur parlent d'eux-mêmes. En 2022, celui-ci a dénombré en France pas moins de 244 000 victimes de violences conjugales. Dans une écrasante majorité des cas (entre 87 et 97 %, selon les sources), les agresseurs étaient des hommes. "Toutes les associations féministes constatent que ces violences ont non seulement augmenté, mais aussi qu'elles concernent tous les milieux sociaux, tous les espaces de vie et tous les âges, soulignent les membres du collectif. Ces violences gangrènent la vie des femmes, des enfants, mais aussi de la société en général."

A lire aussi : Pyrénées-Orientales : Jazz en Tech en lutte contre la violence faite aux femmes

Selon le collectif, pour combattre ce "phénomène de société", il convient de s'attaquer aux racines du mal : "le patriarcat qui engendre des stéréotypes sexistes et un machisme qui tue". Une lutte qui passe notamment par l'éducation et la sensibilisation. 

Dans la foulée de la manifestation de samedi, le collectif organisera à 19 h 15 au Casal (23, avenue du Lycée) un spectacle de "théâtre playback" sur la thématique des violences faites aux femmes, suivi d'un moment de convivialité.
 
 
 

jeudi 23 novembre 2023

Agrivoltaïsme : menace imminente sur les terres agricoles


Déjà plusieurs acquisitions de Sun Agri sur une cinquantaine d'hectares pour le moment, en plaine du Roussillon et dans les Aspres.

Des entreprises étrangères visitent notre beau département depuis quelques mois. La sècheresse risque de décider des agriculteurs à vendre rapidement.


Communiqué de presse

Agrivoltaïsme : 

menace imminente 

sur les terres agricoles

 
 
La loi d’Accélération de la Production des Énergies Renouvelables de mars 2023, et plus particulièrement son article 54 relatif au photovoltaïque sur terres agricoles, n’avait pas permis de créer un cadre national protégeant les terres agricoles de l’appétit des marchands de soleil.

Les ministères de l’agriculture, de la transition énergétique et de la transition écologique ont en effet présenté un projet de décret d’application de cet article de loi aux organisations agricoles. Pourtant très insuffisant pour bloquer les projets-alibis et protéger le foncier agricole, ce projet de texte réglementaire a été attaqué de toutes parts par Chambres d’agriculture France, la FNSEA et la Coordination rurale. Des organisations qui devraient pourtant avoir vocation à protéger les paysannes et paysans de l’appétit des énergéticiens.

Ce décret devrait ainsi faire tomber les rares encadrements jusque-là envisagés, ouvrant la porte à tous les effets pervers du photovoltaïque au sol : artificialisation qui porte atteinte à la vocation nourricière de la terre, précarisation des paysan·nes, manne financière générant des conflits d'intérêt et une spéculation foncière, perte de la qualité de vie au travail, dégradation des paysages, menace pour la biodiversité…

Pour la Confédération paysanne, la situation est claire : le potentiel de production d’énergie photovoltaïque sur toitures et espaces artificialisés est suffisant pour répondre aux objectifs de développement des énergies renouvelables fixé par le gouvernement. Ce qui doit être garanti, c'est le revenu agricole des paysan·nes qui ont comme légitime aspiration de vivre de leurs productions et de nourrir leurs concitoyen·nes. La protection du foncier agricole et la défense de notre souveraineté alimentaire doivent être nos priorités collectives face aux projets de photovoltaïque au sol.

 

Pour aller plus loin :

 
https://reporterre.net/Agrivoltaisme-paysans-notre-metier-n-est-pas-de-produire-de-l-energie

mercredi 22 novembre 2023

Réautorisation du glyphosate : Bruxelles critiqué

 Le Monde Planète du samedi 18 novembre 2023

 

Réautorisation du glyphosate : 
Bruxelles critiqué


La Commission a tranché en faveur du pesticide, renvoyant la responsabilité des restrictions d’usage aux États

 

Le« Chempark », l’usine principale et le siège social du fabricant pharmaceutique et chimique allemand Bayer AG, à Leverkusen (Allemagne), le 14 mai 2019.

 

Bruxelles - bureau européen

 
La Commission européenne a décidé, jeudi 16 novembre, de prolonger pour dix ans, jusqu’au 15 décembre 2033, l’utilisation du glyphosate, la substance
active et controversée du désherbant Roundup de Bayer (Monsanto), alors qu’en 2017, les Européens n’avaient octroyé que cinq ans supplémentaires à l’herbicide. Cette mesure n’est pas le fruit d’un compromis entre les Vingt-Sept, mais le résultat d’une procédure tout à fait légale qui a donné le dernier mot à l’exécutif communautaire.


Le 20 septembre, la Commission avait mis sur la table sa proposition, que les États membres n’avaient ni adoptée ni rejetée lors d’une première réunion le 13 octobre. Aucun des deux camps n’avait rassemblé la majorité nécessaire de 15 pays représentant au moins 65 % de la population.


Jeudi, Bruxelles a, comme le prévoit la procédure, représenté le même texte aux Vingt-Sept. Avec un résultat identique, même si l’Italie, qui avait soutenu en octobre la proposition de la Commission, s’est, cette fois, abstenue. In fine, aucune majorité ne s’est dessinée pour ou contre le texte.


Conséquence, la Commission a tranché, comme l’y autorise la procédure, et annoncé, dans la foulée de ce deuxième vote, qu’elle actait le renouvellement du glyphosate pour dix ans. Alors que l’autorisation actuelle de la molécule court jusqu’au 15 décembre, «
elle aurait pu revenir avec une autre proposition », affirme Pascal Canfin, le président de la commission environnement du Parlement européen.

« Sans aucune majorité »


Au lieu de quoi, poursuit l’eurodéputé macroniste, sa présidente, « Ursula von der Leyen, a choisi de passer en force en réautorisant le glyphosate pendant dix ans sans aucune majorité et alors que les trois plus grandes puissances agricoles du continent, la France, l’Allemagne et l’Italie, n’ont pas soutenu cette proposition ». « Les délais ne permettaient pas de présenter une nouvelle proposition », assure pour sa part un porte-parole de la Commission.


La France, qui plaidait pour une durée plus courte de sept ans et militait pour que le glyphosate soit «
remplacé par d’autres solutions chaque fois que c’est possible », comme l’a rappelé le ministère de l’agriculture, s’est de nouveau abstenue jeudi, suscitant les critiques de plusieurs ONG.


Ainsi, Foodwatch et Générations futures dénoncent «une trahison, sans surprise, de la promesse faite par le président de la République en 2017 », quand Emmanuel Macron avait promis d’interdire le glyphosate dans les trois ans. «
L’abstention de la France à ce vote et son manque de courage ne sont pas acceptables », estime également Greenpeace, en affirmant que la Commission « préfère se ranger du côté des lobbys de l’agrochimie plutôt que de suivre les avis scientifiques ».


L’eurodéputé socialiste Christophe Clergeau regrette, pour sa part, sur le réseau social X
« la lâcheté et l’hypocrisie de la France » qui, « en s’abstenant (...), laisse la Commission décider seule de condamner l’UE à dix ans de glyphosate ». Sur la même tonalité, son ancien collègue écologiste Yannick Jadot, désormais sénateur, juge que l’UE a réautorisé le glyphosate « avec le soutien implicite de la France ».


« C’est faux », leur répond Pascal Canfin sur X. Avant d’ajouter : « Le pays qui aurait pu faire pencher la balance, c’est l’Espagne, dirigée par un gouvernement socialiste et qui a voté pour ! » « Le gouvernement a tardé à se mobiliser pour trouver une majorité au sein des États membres », ajoute, pour sa part, l’eurodéputée Anne Sander (Les Républicains), pour qui, « en attendant de trouver des alternatives, le glyphosate est nécessaire ».


L’Allemagne s’est également abstenue, même si le contrat de coalition, signé en novembre 2021 par les sociaux-démocrates (SPD), les Verts et les libéraux du FDP, annonce le retrait du glyphosate « d’ici à la fin 2023 ». Compte tenu des divisions entre les écologistes, opposés à l’herbicide, et les libéraux, favorables à son utilisation, le chancelier, Olaf Scholz (SPD), a choisi de ne pas choisir.

Selon Greenpeace, la Commission a préféré « se ranger du côté des lobbys de l’agrochimie

L’Italie, les Pays-Bas, la Bulgarie, la Belgique et Malte se sont également abstenus. Trois pays ont voté contre le renouvellement de l’autorisation du glyphosate : le Luxembourg, l’Autriche et la Hongrie. Les dix-sept autres États membres, Pologne et Espagne en tête, ont soutenu la proposition de la Commission.


Jeudi, la Commission a renvoyé la balle aux États membres, en rappelant qu’ils «
restent responsables des autorisations nationales des produits phytopharmaceutiques contenant du glyphosate et continuent de pouvoir restreindre leur utilisation au niveau national et régional s’ils le jugent nécessaire sur la base des résultats des évaluations des risques ». 

Certes, mais à Paris comme à Berlin on pointe du doigt le risque de « distorsion de concurrence ».


L’exécutif communautaire martèle que sa décision s’appuie sur des données scientifiques et renvoie aux conclusions publiées en juillet par l’Autorité européenne de sécurité des aliments
(EFSA). Celle-ci assure ne pas avoir identifié de « domaine de préoccupation critique» pour la santé humaine, c’est-à-dire des profils de toxicité (cancérogène, mutagène, reprotoxique ou perturbateur endocrinien) susceptibles d’empêcher une nouvelle autorisation de l’herbicide le plus utilisé au monde. A l’inverse, le Centre international de recherche sur le cancer considère, depuis 2015, le glyphosate comme « cancérogène probable ».


Dans son rapport, l’EFSA juge néanmoins
qu’à long terme le risque de toxicité est « élevé » pour les mammifères. Elle reconnaît également ne pas disposer de suffisamment d’éléments pour comprendre l’impact de cet herbicide sur la biodiversité, le microbiote ou encore sur les plantes aquatiques. Dans ce contexte, la Commission a prévu quelques garde-fous – par exemple des « bandes tampons » de 5 à 10 mètres aux alentours des zones pulvérisées ou l’interdiction de la dessiccation, c’est-à-dire l’épandage pratiqué sur les cultures avant récolte, pour accélérer le mûrissement des plants – que nombre d’ONG jugent insuffisants.

Jeudi, le groupe allemand Bayer s’est réjoui de l’annonce de la Commission. « Cette nouvelle autorisation nous permet de continuer à fournir aux agriculteurs de toute l’Union européenne une technologie importante pour la lutte intégrée contre les mauvaises herbes », a déclaré à l’Agence France-Presse un porte-parole.

Virginie Malingre

lundi 20 novembre 2023

La pollution des mégots, « une bombe chimique à retardement »

La pollution des mégots, 

« une bombe chimique 

à retardement »

 

 

« Le système de REP actuel ne prend pas en compte la gravité de la problématique environnementale posée par le mégot de cigarette. Une étude de l’INERIS le classifie en 2017 comme déchet dangereux, or il n’est pas envisagé de le traiter comme tel. »

 

Créé au cours de l’été 2023, le collectif CAP 0 Mégot rassemble 7 acteurs associatifs. Ils touchent chaque année plus de 25 000 personnes via des actions de sensibilisation à l’environnement. En 2022, ils ont collecté ou ramassé 4,6 tonnes de mégots. A leurs yeux, la simple collecte des mégots n'est pas suffisante. Le collectif dévoile dans son manifeste, 9 propositions sur 3 axes majeurs pour lutter contre la pollution des mégots : la sensibilisation, la collecte et l’action à l’échelle institutionnelle. Voici leur tribune.

Le mégot, une bombe chimique pour l’environnement

Le mégot de cigarette est le premier déchet retrouvé dans la nature à l’échelle mondiale. La pollution du mégot est une véritable bombe à retardement pour l’environnement. Au contact de l’eau, un seul mégot peut déverser près de 7000 substances chimiques dans le milieu naturel. Son filtre, composé d’acétate de cellulose, est à l’origine d’une pollution plastique dont les conséquences sur le vivant à long terme semblent être encore largement sous estimées.

Depuis 2021, au travers de la création de l’éco-organisme Alcome, l’État applique le principe de la filière Responsabilité Élargie des Producteurs sur les produits issus de l’industrie du tabac. L’éco-organisme – dont le cahier des charges a été revu en 2022 – s’est vu confier la mission de collecter des éco-contributions auprès des producteurs de tabac et redistribuer celles-ci aux collectivités faisant une démarche d’adhésion. Le montant perçu par celles-ci est indexé sur le nombre d’habitants de la commune.

L’objectif fixé dans le cahier des charges d’Alcome est de parvenir à une réduction de 40% des mégots jetés au sol d’ici 2027. Un objectif questionné par les membres du collectif CAP 0 mégot dans leur consultation lancée en octobre 2023 et qui entend récolter les avis des citoyens sur les solutions à mettre en place pour lutter contre la pollution.


Organisations locales pour une gestion désintéressée d’un déchet toxique et écotoxique

Sur le terrain, les associations locales qui composent le collectif CAP 0 mégot saluent le mouvement enclenché par Alcome et les collectivités à l’échelle nationale. Néanmoins elles ne sont qu’à moitié convaincues par la stratégie française pour atteindre les objectifs.

« Au-delà de l’objectif de -40%, se pose la question des moyens, de la gouvernance et de la stratégie pour y parvenir » déclarent les associations de terrain qui œuvrent au quotidien pour la collecte et la sensibilisation autour de ce déchet.

De fait, celles-ci considèrent que « le système de REP actuel ne prend pas en compte la gravité de la problématique environnementale posée par le mégot de cigarette. Une étude de l’INERIS le classifie en 2017 comme déchet dangereux, or il n’est pas envisagé de le traiter comme tel. »

Pionnières et expertes dans plusieurs domaines tels que la sensibilisation, l’éducation populaire, l’organisation de ramassages citoyens, le conseil et collecte de mégots, les associations C.L.O.P.E., Tree6clope, Recyclop, Qui nettoie si ce n’est toi ?, Conscience Impact Écologique et GreenMinded souhaitent que l’État aille plus loin dans ses ambitions et prenne pleinement en compte les spécificités locales pour agir contre l’invasion des mégots.

« Nous redoutons aujourd’hui que la responsabilité et les missions données à l’éco-organisme et aux collectivités comportent plusieurs angles morts et ne s’inscrivent pas systématiquement en complémentarité d’acteurs et de solutions locales déjà existantes. De plus, nous constatons un vrai besoin d’acculturation et de sensibilisation des élus et des acteurs. Besoin auquel nous nous proposons de répondre de la façon la plus désintéressée possible ».      

Un manifeste collectif « pour lutter contre la pollution des mégots »

Dans un désir de rendre la gestion du déchet plus transparente et agir au plus proche des enjeux environnementaux, les associations qui composent le collectif se sont réunies pour rédiger un manifeste de 9 propositions adressées aux décideurs.

Celles-ci sont axées autour de 3 grands thèmes : sensibilisation, collecte et traitement, institutions. Elles visent autant à améliorer les actions déjà menées qu’en proposer des nouvelles en lien avec toutes les parties prenantes concernées.

Parmi elles, il est question d’améliorer les dispositifs de sensibilisation, notamment par le biais du milieu scolaire, mais également d’élargir la stratégie nationale de lutte contre les mégots dans l’espace public à l’espace privé, en favorisant les expérimentations et les initiatives locales.

Pour elles, pas question que ces mesures favorisent le déplacement du problème vers le développement des cigarettes électroniques, puffs et autres substituts. Parmi leurs demandes : fixer l’objectif de sortir du filtre en acétate de cellulose d’ici à 2030, afin d’être fidèles aux objectifs nationaux de la fin des plastiques à usage unique ou encore créer un organisme de contrôle pour plus de transparence des acteurs de la valorisation et du recyclage.

Pour lire les 9 propositions : Lien vers le manifeste  

 

Source : https://lareleveetlapeste.fr/la-pollution-des-megots-une-bombe-chimique-a-retardement/

dimanche 19 novembre 2023

Glyphosate : un recours en justice contre la réautorisation

 

Glyphosate : 

un recours en justice 

contre la réautorisation


17 novembre 2023

 

Les requérants ont deux mois pour déposer leur recours.
 

Le lendemain de l’annonce par la Commission européenne de son intention de renouveler pour dix ans l’autorisation du glyphosate, la coalition Secrets toxiques a annoncé son intention de déposer un recours en annulation devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).

Secrets toxiques, qui regroupe des dizaines d’associations écologistes dont Nature et Progrès France, Campagne Glyphosate France et Générations futures, est accompagné dans sa démarche juridique par plusieurs députés européens, notamment Benoît Biteau, Michèle Rivasi et Claude Gruffat, membres du parti Les Écologistes, et le socialiste Christophe Clergeau.

Principal angle d’attaque : les évaluations ayant servi de base à la décision de la Commission se sont concentrées sur l’étude de la toxicité du glyphosate, mais pas sur celle du produit dans son ensemble, qui associe des « coformulants » pour former l’herbicide final.

« Or, toute approbation ou renouvellement de substance active est conditionné à la production de la preuve de l’absence d’effets néfastes à court ou à long terme pour la santé humaine ou l’environnement pour au moins une “formulation représentative”, dénonce Secrets toxiques. Le rapport d’évaluation fourni par l’EFSA [l’Autorité européenne de sécurité des aliments] ne prend en compte aucune information sur la toxicité à long terme pour la santé humaine de la formulation représentative. »

Il est également reproché à l’Efsa de fonder son évaluation essentiellement sur les études et données, très partielles, fournies par les industriels, sans tenir compte des études réalisées par la recherche académique indépendante. Des failles que l’agence européenne a elle-même reconnues, alors que de nombreux travaux s’inquiètent des effets potentiellement dangereux pour la santé des herbicides à base de glyphosate.

« La principale barrière pour nous est la recevabilité du recours. La CJUE considère comme recevables uniquement les personnes qui ont un intérêt direct à la décision rendue. C’est pourquoi nous formons le recours le plus large possible, avec des parlementaires qui ont un intérêt direct à ce que la loi soit appliquée et des victimes directes du glyphosate », explique Guillaume Tumerelle, avocat de la campagne Secrets toxiques.

Les requérants ont deux mois pour déposer leur recours. La CJUE ne devrait ensuite pas rendre sa décision avant un an. Le recours n’étant pas suspensif, le glyphosate devrait continuer à être épandu dans les champs européens d’ici là.

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Source : https://reporterre.net/Glyphosate-un-recours-en-justice-contre-la-reautorisation?fbclid=IwAR1gdKXNXz-FdJSsN7etRsPSVzRMFAjLtzHogxhpdIGHlAMecVrVpO9IYtI