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lundi 10 août 2026

« Tovaangar », une épopée dans un monde sans humains



Céline Minard, « Tovaangar », Rivages (2025).

 

La lettre écologie


mercredi 05 août 202
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« Tovaangar », une épopée dans un monde sans humains


Cet été de catastrophe climatique a fait entrer un nouveau mot dans le vocabulaire du grand public : « pyrocumulonimbus », pour décrire un « orage de feu ». Au Japon, un nom a été inventé pour désigner les jours où la température monte au-dessus de 40 °C : « Kokushobi », la journée « cruellement chaude ».


La création langagière est le souffle qui porte le récent livre de Céline Minard : Tovaangar (Rivages, 2025). Dans un futur lointain, des êtres hybrides vivent dans un monde dont les humains ont disparu. Mais le souvenir de Hidden, autrefois appelé Los Angeles, hante Amaryllis Swansun, aventurière casse-cou, qui part à sa recherche, entourée d’un groupe de créatures de différentes espèces. Certain·es volent, d’autres vivent habituellement sous terre.

Pour faire vivre sous nos yeux ce petit monde, l’autrice crée des termes : une « cabe de pluie », les « Dronotes », le peuple des « Extracts », une « Auboisière », etc. À la première lecture, on bute sur ces agencements de lettres qui échappent à la compréhension immédiate. Mais très vite on oublie la gêne, on adopte ces néologismes qui nous rappellent à quel point l’univers décrit est étranger à notre quotidien. Et aiguisent notre imagination.

C’est alors que la lectrice et le lecteur peuvent basculer dans l’extraordinaire récit de Tovaangar, à la recherche de Paayme Paxxayt, la rivière originelle. Une véritable épopée se déploie au fil des pages, emmenée par un style éblouissant, pour raconter un monde qui n’est pas vraiment une utopie mais pas non plus une dystopie.

C’est autre chose qui s’est créé sur Terre et cette nouvelle manière d’exister est tissée de liens entre les espèces, entre les vivants et les robots, les animaux et les végétaux. Comme dans L’Odyssée mais sans Ulysse, ni les guerriers à gros muscles, ni les déesses cruelles. Une fable écologique, le nez dans l’humus et les yeux rivés sur les cimes des arbres à venir.

Céline Minard, « Tovaangar », Rivages (2025).

 

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