Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
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samedi 25 janvier 2025

Climat : Trump, héritier gênant des insuffisances de Biden

 

La lettre écologie
mercredi 22 janvier 2025 
 
Un mercredi sur deux, retrouvez les enquêtes, reportages et entretiens de Mediapart sur l'écologie. 
 

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Edito
Climat : Trump, héritier gênant des insuffisances de Biden

Depuis l’investiture de Donald Trump à la présidence des États-Unis, lundi 20 janvier, chaque nouvelle seconde pèse lourd en émissions de Co2 et en pollution : retrait de l’accord de Paris sur le climat, moratoire sur les nouveaux permis d’éolien en mer et menaces sur certains projets autorisés, affaiblissement de la réglementation sur les forages pétroliers et les mines, mise en question du cadre juridique des politiques de réduction du dioxyde de carbone, remise en cause des aides aux voitures électriques, relance de terminaux d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL), doute sur le maintien de la protection de l’éperlan du delta, ce petit poisson au cœur d’une polémique entre Trump et le gouverneur de Californie.
Sans oublier la suppression de programmes antipollution d’habitant·es de quartiers populaires. Et l’annonce mardi 21 janvier d’un gigaprogramme de centres de données, très énergivores, pour développer la nouvelle génération d’intelligence artificielle.

Le chef d’État a signé une rafale de décrets pour « libérer l’énergie américaine », quelques heures à peine après avoir prêté serment dans la rotonde du Capitole. Même si les volontés du président états-unien ne pourront pas toutes s’appliquer, le message est aussi fracassant que limpide : l’action pour le climat, ça commence à bien faire.

Malgré les effets de manche et les déclarations spectaculaires, la rupture avec le mandat de Joe Biden et Kamala Harris est en réalité loin d’être nette. Car les États-Unis n’ont jamais extrait et exporté autant de pétrole et de gaz que sous la présidence démocrate.

Les chiffres sont affolants, au regard des effets sur le dérèglement climatique de l’extraction des hydrocarbures : les États-Unis produisent aujourd’hui plus de pétrole qu’aucun autre pays dans l’histoire du monde, selon l’Agence internationale de l’énergie. 

Avec Trump, la politique climatique des États-Unis va se dégrader, de façon irrémédiable, et à un moment particulièrement dramatique puisque c’est au contraire aujourd’hui qu’il faudrait redoubler les efforts. 

Simplement, expliquer cela par la montée d’un «carbofascisme » et par le climato-négationnisme désinhibé de Trump et du mouvement Maga est trompeur. C’est bien dans les insuffisances des engagements climatiques des démocrates qu’il faut en chercher les racines.

vendredi 24 janvier 2025

Charlène Descollonges, femme de ressources


Charlène Descollonges, 

femme de ressources

 
Publié le 17/07/2024


Rien ne se perd, tout se transforme ? Ce n’est pas totalement vrai avec le cycle de l’eau, surtout depuis que l’activité humaine l’a perturbé. L’hydrologue et militante Charlène Descollonges nous apprend que l’eau se perd, se déplace et surtout se gâche.  
En cause, le changement climatique et des politiques absurdes. Pourtant, des solutions existent, comme l’hydrologie régénérative, notamment fondée sur… l’agriculture bio ! 

 
Propos recueillis par Gaïa Mugler

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BIO EXPRESS 

2016 Charlène Descollonges est diplômée d’un double master en hydrologie et ingénieure des mines.

2021 Elle démissionne de la fonction publique en Haute-Savoie, sa région natale, et se forme à l’agroécologie et à l’agriculture durable au CFPPA de Coutances (Manche). Elle accompagne les entreprises et collectivités déterminées à agir dans l’intérêt du cycle de l’eau, comme Biocoop.

2022 Elle fonde l’association Pour une hydrologie régénérative.  

 2023 Conférencière, notamment pour TEDx, elle est l’autrice de L’Eau, fake or not, Tana éditions.

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L’eau manque-t-elle vraiment, en France ?  
La France était en stress hydrique cet hiver. Ça peut être pire l’été, selon les régions, d’autant que l’eau prélevée pour irriguer les cultures ne retourne pas dans le système. 
 

Mais où disparaît donc l’eau ? 
Elle disparaît par évaporation puis est emportée ailleurs dans le monde par les courants atmosphériques. Depuis 2016, les sécheresses se succèdent, empêchant la recharge des nappes. Ces dernières devraient se remplir à nouveau l’hiver, quand la végétation entre en « hibernation » et cesse de pomper l’eau et de l’évapotranspirer. Le cycle de l’eau est aujourd’hui clairement perturbé. Notamment à cause de la couverture et de l’usage des sols. En agriculture par exemple, le remplacement des prairies naturelles par des monocultures de céréales modifie l’indice d’humidité des sols et l’eau « verte »*, évapotranspirée. Résultat, les flux et la répartition atmosphérique de l’eau et des précipitations sont transformés.  
 

Et la France a beaucoup canalisé ses cours d’eau…  

Oui, les hydrosystèmes ont été complètement artificialisés. Mettre en canaux les rivières appauvrit leur biodiversité et accélère les flux, donc les crues. On les a aussi rectifiées en supprimant les méandres, les bras morts, la ripisylve. Le rôle de la ripisylve était de tamponner les crues et permettre à l’eau d’une rivière de s’infiltrer dans les nappes.  
 

Que pensez-vous des cours d’eau qui disparaissent des cartes ?
 
Plusieurs facteurs expliquent leur disparition : l’assèchement climatique et anthropique ** dû notamment à l’agriculture intensive qui draine les terrains. Les cours d’eau deviennent des fossés, ce qui permet alors à certains agriculteurs de se soustraire à la réglementation interdisant d’utiliser des pesticides dans un rayon de 10 à 25 m autour des cours d’eau.   
 

Les phénomènes de sécheresses et d’inondations risquent-ils de se multiplier ?  

Par cinq selon le Giec ! Une année comme 2022, avec un déficit de 20 à 40 % de pluie en France, sera la norme en 2050 si on suit les trajectoires à +4 °C, ce qui est le cas actuellement. Les pluies intenses causeront des crues au lieu de recharger les nappes. Il est urgent d’adapter notre agriculture et d’aménager le territoire.  
 

Il y a donc des pratiques agricoles à favoriser ?  

Oui. Pas facile avec la PAC qui privilégie l’agriculture intensive et conventionnelle. Les grandes monocultures favorisent l’érosion, le ruissellement, empêchent la recharge des nappes. À l’inverse, l’agriculture paysanne et agroécologique nourrit les sols, les rend vivants, structurés. L’eau peut alors s’infiltrer jusqu’aux nappes. Les deux autres problèmes sont la sylviculture intensive et l’urbanisation avec l’artificialisation des sols.
  


Les conflits d’usage vont-ils s’intensifier ? 
Il y en a déjà dans certaines régions. La gouvernance de l’eau est une question démocratique. Elle devrait être bien plus large que les comités sécheresse actuels. Il faudrait y associer l’ensemble du vivant parce que les représentants des intérêts de la rivière et des autres-qu’humains n’y existent pas ou trop peu. La priorité est donnée à l’eau potable, mais sans distinction d’usages (boire ou arroser son golf). L’agriculture reste le plus gros consommateur estival. L’irrigation représente 58 % des consommations totales en France.Promouvoir un modèle agricole moins dépendant de l’irrigation est primordial, tout en prenant garde aux maladaptations comme les retenues de substitution, les mégabassines.  
 

Pourquoi les mégabassines ne sont-elles pas une bonne solution ?  

Le principe consiste à prélever dans la nappe une eau fraîche et pure et à la stocker en surface, où elle sera soumise à évaporation, réchauffement, développement algal et bactérien ! Sans compter le risque d’effet rebond : les mégabassines encouragent le maintien d’un modèle extractiviste ***, gourmand en eau, intrants, etc. Ça empêche la transition et c’est à contresens de la sobriété. Et on risque de déconnecter la nappe de son cours d’eau : il n’existe pas d’études sur l’impact cumulé des retenues. 

Quelles sont les autres maladaptations des politiques publiques ?  
En France, les réponses apportées par le gouvernement via le plan Eau et les nouvelles directives sont des solutions technologiques. Et la variété des besoins, des usages n’est pas interrogée. Le président de la République fait preuve d’antagonisme en annonçant de la sobriété, mais en ne parlant pas du tout d’agriculture ! Le plan Eau prévoit de beaucoup investir dans la réutilisation des eaux usées traitées. Or, il ne sera pas possible de le faire partout, c’est coûteux, énergivore et ça ne bénéficie qu’à une part des usages… L’argent aurait pu être utilisé pour changer de modèle agricole et pour l’hydrologie restaurative.  
 

Les petits gestes sont-ils utiles ou faut-il changer d’échelle ?  

Les deux. Les écogestes sont puissants quand tout le monde s’y met. Mais il ne faut pas s’arrêter là. L’alimentation est fondamentale aussi. Sans quoi, on ne fait que déplacer le problème en attendant qu’il revienne en boomerang.  

Pourquoi ?  
L’empreinte eau quotidienne d’un Français est de l’ordre de 5 000 l par jour. Elle est à 85 % liée à notre alimentation, à l’agriculture. Il y a aussi les flux d’eau importés via des produits comme la banane, le cacao, etc. La France dépend des ressources, des pluies et rivières des autres pays, or, on a invisibilisé l’eau mondialisée. Il faudrait relocaliser au maximum et favoriser une agriculture bio, paysanne, avec le moins de travail du sol possible.  
 

D’autres solutions ? 

L’hydrologie régénérative, objet de l’association que j’ai créé en 2022. En trois mots, c’est : eau, sols, arbres. L’idée est de ralentir les eaux pour qu’elles s’infiltrent doucement en travaillant sur le paysage, en créant des fossés, des mares, et aussi de recréer des systèmes agrobocagers. Le deuxième axe est d’augmenter les sols couverts, organiques, qui feront éponge, via l’agroécologie. Le troisième regarde les arbres, ces ascenseurs hydrauliques. On s’intéresse à l’agriculture, l’aménagement du territoire et la gestion des rivières. Des projets pilotes vont se lancer dans la Drôme, l’Ardèche, l’Ain et la Haute-Savoie. Notre association y accompagne des collectivités qui nous permettent d’expérimenter. Nous espérons pouvoir voir se multiplier ces initiatives.  
 

Quel est l’impact sur les cours d’eau du choix du nucléaire en France ?
Il y a plusieurs menaces parce qu’il y a plusieurs types de centrale. Celles en circuit ouvert, concentrées, qui pompent beaucoup d’eau et la rejettent après l’avoir réchauffée d’environ 4 °C plus chaude. Et celles en circuit fermé, la majorité, qui prélèvent de l’eau et en rejette 30 à 50 % par évaporation. Nous n’aurons pas toujours indéfiniment de l’eau aussi fraîche ni en abondance, puisque les glaciers fondent et les débits baissent. On ne peut plus dire que l’énergie nucléaire est pilotable puisque, de plus en plus, les centrales devront sans doute s’arrêter l’été. Soit par manque de débit d’eau, pour les circuits fermés, soit à cause de la température de l’eau, pour les ouverts. C’était déjà le cas en 2022 et 2023, sur le Rhône, les centrales n’auraient pas dû fonctionner au vu de la température de rejet de l’eau, ce qui a un impact sur le milieu aquatique, mais elles ont obtenu des dérogations ! Les centrales de littoral, elles, sont menacées par la montée des eaux. Les eaux salées s’infiltrent dans les nappes, les contaminent. Ça va poser la question du partage : eau pour boire ou pour refroidir nos centrales ? Et pendant ce temps, on projette de nouveaux EPR…

Comment gérer un bien commun tel que l’eau ?
Le système de gouvernance de l’eau en France est très robuste et a inspiré d’autres pays, depuis 1964. Des agences de l’eau ont été créées autour des six grands fleuves. Il existe même des comités frontaliers. Le premier objectif était de dépolluer. Il faut désormais aller beaucoup plus loin. Il faut partir de l'échelle internationale, avec les COP – on attend toujours la COP eau d’ailleurs – et descendre au plus petit échelon, celui de la commune. Les maires peuvent siéger dans les commissions locales de l’eau, les comités sécheresse, qui se déclinent à l’échelle du bassin versant. Ce sont ces comités qui font le choix de la priorisation des usages aujourd’hui.

Un bassin versant ?
C’est une cuvette qui est délimitée par les reliefs et qui concentre toutes les eaux de ruissellement vers les cours d’eau. Au sein des  six grands bassins versants, il y a les sous-bassins versants. Il faut descendre à cette échelle, où on a les comités sécheresse. Il faudrait aller beaucoup plus loin pour pouvoir représenter les intérêts de la rivière. Je milite pour que les rivières et fleuves aient une entité juridique****.


Quel a été votre déclic militant ?  

J’étais ingénieure fonctionnaire. Avec des devoirs de réserve. Et j’ai vu des choses, qui m’ont mise en colère. Notamment le développement des retenues pour la neige de culture en montagne, des centrales hydroélectriques perturbant la vie aquatique. J’avais beau alerter, rien ! J’ai démissionné, me suis formée en agriculture et je suis devenue indépendante. Ça a eu un coût, je me suis sentie très seule. Mon livre m’a aidée à me faire entendre. Désormais, je peux travailler avec ceux qui veulent transformer le modèle, et plus encore avec ceux qui veulent le conserver ! 

Pour vous rejoindre, on lit votre livre, on rejoint l’asso,
on mange bio et… ?
On garde la pêche, on s’entraide ! C’est important de se régénérer soi-même, pour régénérer le reste. –

 

* Eau dans les sols et la biomasse a contrario de l’eau « bleue », les cours d’eau, nappes, les lacs... 
** Qui relève de l’activité humaine.  
*** Le modèle agricole industriel repose sur l’extraction d’énergies fossiles et aussi ici d’eau stockée dans les profondeurs. 


Si vous étiez…
… Un cours d’eau ?
La Seine, qui a sa déesse de l’eau, Sequana : j’aimerais pouvoir incarner la question de l’eau. Et elle a un grand potentiel de régénération.  

… Un son ?
Celui des torrents de montagne à la fonte des neiges. C’est beau, c’est vivant et ça fait du bruit !

… un animal aquatique ?
La si vive truite fario, qui remonte les cours d’eau jusqu’en Haute-Savoie et aime les milieux oxygénés. 

… Une plante aquatique ? 
Le roseau. Le paradis égyptien en est pavé. Il épure les cours d’eau, abrite de nombreuses espèces animales. 

… autre chose qu’hydrologue ?
Agricultrice, pour nourrir la terre et les humains.

 

Source : https://www.biocoop.fr/qui-sommes-nous/notre-magazine-culture-bio/interviews/charlene-descollonges-femme-de-ressources

jeudi 23 janvier 2025

A Flamanville, les vibrations de l’EPR plombent EDF

A Flamanville, 

les vibrations de l’EPR 

plombent EDF

15.01.2025


La semaine dernière, Luc Rémont, le PDG d’EDF a reçu un rapport inquiétant des ingénieurs qui travaillent sur l’EPR de Flamanville. Il dévoile un problème récurrent de vibrations trop importantes. Et indique ne pas savoir si l’EPR pourra fonctionner à pleine puissance. Révélations. 

Chez EDF, les ennuis volent en escadrille. Ce mardi 14 janvier, la Cour des comptes a publié un nouveau rapport sur l’EPR de Flamanville. La vénérable institution de la rue Cambon (Paris) chiffre maintenant le coût final du chantier à 23,7 milliards d’euros. Un montant en nette augmentation par rapport à la précédente évaluation faite par la Cour en 2020 : 19,1 milliards.

Coup de pied de l’âne, le rapport précise que « les calculs effectués par la Cour aboutissent à une rentabilité médiocre pour Flamanville 3 » : la marge minuscule qu’EDF pourrait dégager ne suffira pas pour rembourser le coût des emprunts ! Encore faut-il pour cela que l’EPR fonctionne, un jour, à pleine puissance. Et de cela, même les équipes d’EDF n’en sont plus vraiment convaincues.

La scène se passe dans un dîner en ville à Paris en fin de semaine dernière. « Nous étions en réunion dans le bureau du PDG et tout allait bien. Mais, il a reçu un rapport de Flamanville et l’atmosphère s’est brutalement refroidie », raconte un haut cadre de l’électricien présent lors de cette réunion. Si Luc Rémont, le PDG, n’est pas tombé de son siège à la lecture du rapport, il s’en est fallu de peu.

La cause ? Les ingénieurs, qui travaillent sur le démarrage du réacteur ont comme un doute. Et un gros. « Ils ne savent pas si l’EPR pourra fonctionner à pleine puissance », balance ce haut cadre.

Cette interrogation, qui existe chez de nombreux salariés ayant travaillé sur le cauchemardesque chantier du réacteur (douze ans de retard), est donc maintenant partagée par les équipes qui ont pris en main le réacteur. Et repose sur une constatation : contrairement à ce que prétend la communication d’EDF, les problèmes vibratoires qui affectent le circuit primaire du réacteur sont loin d’être réglés. « Le rapport confirme qu’il y a toujours des problèmes de vibrations trop importantes », lâche le cadre décidément très bavard.

Lors de la réunion de la commission locale d’information de la centrale nucléaire de Flamanville en avril 2014, tenue quelques jours avant que l’ASN autorise EDF à installer le carburant nucléaire dans la cuve, l’électricien avait pourtant balayé d’un revers de main la question des vibrations, affirmant, manifestement un peu trop rapidement, que tout était réglé. 

Mais déjà dans les étages de la direction générale à Paris, les couteaux s’aiguisent et la chasse au coupable est ouverte. Qui portera le chapeau ? Un nom est dans les esprits : celui d’Alain Morvan, le directeur du projet EPR jusqu’en octobre dernier, accusé à mots couverts d’avoir caché trop de poussières sous le tapis. 

Contactée mardi 14 janvier en fin de matinée par mail, EDF indique s’en tenir à son coût du chantier de 13,2 milliards (hors intérêts intercalaires). Mais refuse de commenter nos informations sur les vibrations. Interrogée le même jour également par mail, l’Autorité de sureté nucléaire et de radioprotection (ASNR), issue de la fusion de l’ASN avec l’IRSN, ne nous a pas répondu.

Crédits photo/illustration en haut de page :
Blast, le souffle de l’info

 

Source : https://www.blast-info.fr/articles/2025/a-flamanville-les-vibrations-de-lepr-plombent-edf-27fa5zyHQ6mpDzOKgti6kw

mardi 21 janvier 2025

La plus belle nouvelle du monde

Épiphanie

La plus belle nouvelle 

du monde

Le

(photo : @salvamentogob) 

Elle est née il y a cinq minutes dans ce canot de migrants qui dérive vers les îles Canaries. Elle est vivante, elle est sauvée, sa mère aussi. Les secours sont arrivés quinze minutes après l’accouchement. C’est les secours en mer qui ont diffusé cette photo [1]. Un chef-d’œuvre. Voyez le visage infini de la mère, les mains qui se tendent vers l’enfant nue, les bras qui protègent et toute cette grave grappe humaine… Tout notre monde tient dans cette image. Un infime battement de vie dans une barbarie planétaire.

Ils sont 64 à bord, dont 14 femmes et 4 enfants. Là, ils sont au large de Lanzarote aux Canaries, ils viennent de la côte marocaine à 250 kilomètres, la route la plus meurtrière au monde. 10 457 sont morts ou disparus en 2024 sur les routes migratoires vers l’Espagne, soit 30 morts par jour dont 1 538 enfants [2]. Au total, 46 843 réfugiés ont rejoint les Canaries en 2024.

On ignore le prénom de la fillette mais on peut suggérer Épiphanie puisqu’elle est née le 6 janvier, le jour où les rois mages viennent saluer le divin enfant et partager la galette. Oui c’est vrai, c’est une fille, la mère a le teint moins clair que Marie et elle est sans doute moins vierge. Mais les temps changent. La guerre s’étend, la ville brûle, le ciel noircit, le cinglé le plus riche du monde soutient le retour du nazisme en Allemagne et partout on a mis les morts à table, on prend les loups pour des chiens, tout change de pôle et d’épaule… Mais la résistance résiste. On lâchera pas l’affaire. Épiphanie n’est pas seulement la galette et les rois, c’est la renaissance de la lumière, c’est une conscience soudaine et lumineuse comme cette naissance improbable sur ce rafiot mortel.

Que vive Épiphanie !


Daniel Mermet

La main et l’enfant

La main qui se tend vers l’enfant rappelle l’adoration des mages, une des scènes les plus représentées dans les mondes chrétiens. Regardez la main du roi qui bénit, qui protège ou qui rend hommage à la fois, comme sur la photo, cette main tendue vers l’enfant et la mère dans une barque aussi précaire que l’étable de l’histoire. Certes il n’y a pas autant de cadeaux et les mages sont plus modestes, mais la main tendue est la même pour dire la même grâce et la même bienvenue.

L.B.
 
 

 
Rembrandt, Adoration des mages, huile sur papier appliquée sur toile, 54,5 × 44,5 cm, 1632


Pierre-Paul Rubens, L’Adoration des mages, 251 × 328 cm, 1617, musée des beaux-arts de Lyon

 
Pierre-Paul Rubens, L’Adoration des mages, 251 × 328 cm, 1617, musée des beaux-arts de Lyon (détail)

 
Adoration des mages, musée byzantin et chrétien, Athènes 
  
Daniel Mermet

lundi 20 janvier 2025

ateliers / café suspendu, soudaqui et GRAINOTHEQUE / Soirée Jap' & Lounge le 30 - Au plaisir de vous croiser par ici ou par là !

 


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 Soirée Jap' & Lounge le 30  !
30 janvier à l’Alchimie : UDON PARTY !
Udon + Crudités + Douceur = 9€
Résa obligatoire au 06.07.43.69.75
Udon, ce sont de délicieuses pâtes japonaises, préparées avec amour par Elodie évidemment !
Pour cette session, le DJ restera plutôt « lounge » a priori, mais si vous voulez vraiment danser, il suffira de vous manifester…
les_pas_de_d...
Le saviez-vous ?
Comme vous le savez, 
à l'Alchimie on mise sur la solidarité ! 
Alors on relance l'info pour ceux qui ne le savaient pas. 
Pensez au café suspendu lors de vos prochaines visites. 
Bon à savoir : le café est à 1€20... 
Mais vous le trouverez aussi à 1 Soudaqui, 
parce que la solidarité, 
c'est aussi avec la monnaie locale ;)
caf__suspendu_0
Soudaqui-logo
MAIS AUSSI...

Nouveau RDV dès Février : 
Le collectif La Frakture ouvre sa grainothèque 
à l'Alchimie ! 
Une mesure d'autonomie et d'entraide 
bienvenue entre nos murs...
Merci au collectif 
pour cette initiative et bienvenue !



Lundi
r_flexes_arc...
MARDI_RESTAU
Gr_goire_D._...
wargasound_3
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Cercle-de-Po...
Mercredi
samedi_RESTAU
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samedi_RESTAU
Jeudi
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A.M.A.P_Le_R...
Vendredi
les_pas_de_d...
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