Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
Mais pas que.
Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...
BLOG EN COURS D'ACTUALISATION...
...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...
mardi 23 août 2022
Voiture électrique
lundi 22 août 2022
Le pouvoir d’achat, un concept anti-écolo à bannir
Le pouvoir d’achat,
un concept anti-écolo à bannir
19 juillet 2022
![]() |
| © Juan Mendez/Reporterre |
Débattu par le gouvernement, le pouvoir d’achat reste un concept enfermant les citoyens dans une société de consommation. Les penseurs de l’écologie, eux, défendent la recherche de l’autonomie et de l’autosubsistance.
Le pouvoir d’achat est devenu un « mot totem », un fétiche que l’on brandit de manière automatique. Comme il y a peu on parlait sans arrêt de croissance, sans se réinterroger sur ses apories ou ses limites. Aujourd’hui, « le pouvoir d’achat » [1] est sur toutes les bouches et le gouvernement lui consacre en ce moment même un projet de loi. Les décideurs politiques, les délégués syndicaux et les grands patrons le défendent avec ardeur, dans une même allégresse consumériste. Rien ne paraît plus consensuel que les multiples appels qui invitent à l’augmenter.
Pourtant, à l’heure du dérèglement climatique, l’expression soulève de nombreux impensés et crée un certain malaise. En quoi la capacité d’acheter des biens et des services sur un marché pourrait-il résumer l’accès à des conditions de vie dignes et décentes ? Face à la pénurie des ressources naturelles et à l’explosion des prix de l’énergie — une situation inéluctable qui va s’aggraver —, ne risque-t-on pas de gonfler artificiellement nos conditions de vie matérielles, sans prendre en compte les réalités environnementales ?
Les débats actuels sur le pouvoir d’achat nous enferment dans une société capitaliste où l’acte de consommation est devenu l’unique manière de se rapporter au monde et de subvenir à nos besoins. Pour Agnès Sinaï, la présidente de l’Institut Momentum, « le pouvoir d’achat est une notion biaisée et utilitariste, une revendication sans transcendance qui ne véhicule aucune valeur en soi, comme si le pouvoir sur nos vies dépendait de nos capacités de consommation et non d’une souveraineté plus profonde. Derrière cette expression, il y a une forme de réductionnisme, une vie mutilée », dit-elle à Reporterre.
« Plus de liens, moins de biens »
La notion de pouvoir d’achat nous a peu à peu colonisés, jusqu’à incarner ce que le philosophe Ivan Illich appelle un « monopole radical » [2] : « L’Homme est devenu dépendant des produits industriels et a perdu conscience de sa capacité à satisfaire ses besoins sans consommer ou via des modes de production non industriels », écrivait-il en 1973. André Gorz, lui, déplorait à la même époque que « l’on ne produit plus rien de ce qu’on consomme dans notre société et on ne consomme rien de ce qu’on produit » [3].
Depuis la naissance de l’écologie politique, ces penseurs n’ont cessé de prôner autre chose que l’intégration dans le grand bain du consumérisme. Pour eux, la notion de pouvoir d’achat conforte les individualismes et déconnecte de la Terre. Ils défendent à l’inverse la recherche de l’autonomie et de l’autosubsistance pour ne plus être aliénés à un système économique destructeur.
« Créer, donner, recevoir plutôt qu’acheter »
Ivan Illich parle d’« austérité joyeuse », René Dumont de « socialisme de semi-austérité », André Gorz d’un « principe d’autolimitation » qui permettrait de replacer les besoins « dans la norme du suffisant ». Pour réduire l’invasion marchande, ils promeuvent le développement du don, du partage ou encore la gratuité de certains services : « Créer, donner, recevoir plutôt qu’acheter » ; « Préférer les liens aux biens ».
Il n’en reste pas moins que la misère est là avec sa violence et son dénuement et qu’il est impératif de la combattre. Nombre de salariés précaires n’ont plus les moyens aujourd’hui de se déplacer, se chauffer, se loger ou même se nourrir. Un phénomène accru par l’inflation. Alors que faire ?
Dans l’urgence, le gouvernement s’empresse d’octroyer quelques miettes aux plus pauvres, de distribuer de maigres chèques pour subventionner les énergies fossiles ou pour acheter des produits industriels dans les grandes surfaces. Les sirènes du pouvoir d’achat retentissent : « Il faut l’augmenter », dit-on sans relâche, tel un mantra, mais on se garde bien d’interroger les causes structurelles qui ont abouti à cette situation. Quitte à alimenter un puits sans fond.
Comme le rappelle André Gorz, « les niveaux présents de consommation d’énergie reflètent non pas des besoins spécifiques incompressibles, mais le choix d’un certain type de développement propre au capitalisme opulent ». Béton, pesticides, plastique, bagnoles, numérique... Depuis les années 1960, « l’ensemble des arbitrages sociaux et économiques a favorisé les procédés et les consommations à fort contenu énergétique ». Il suffit de voir nos autoroutes, l’étalement urbain ou l’obsolescence de nos objets.
« Un tour de passe-passe idéologique pour domestiquer les classes populaires »
Notre quotidien est de plus en plus appareillé et nourri de « besoins artificiels » souvent onéreux. « Le pouvoir d’achat s’est mué en devoir d’achat, en injonction à consommer, via les publicités, le crédit ou les choix de l’État, souligne la philosophe Jeanne Guien. Tout récemment, on peut l’observer via la numérisation de l’existence et celle des services publics qui nous obligent à nous doter d’un smartphone. »
C’est l’ensemble de ces processus qu’il faudrait aujourd’hui questionner pour retrouver du « pouvoir de vivre » [4]. Mais les débats techniques et dépolitisés autour du pouvoir d’achat nous en éloignent. « Ces discussions sont un piège dans lequel les dominants tentent de nous enferrer, dit l’économiste Timothée Parrique. Quand on parle de pouvoir d’achat, on ne s’interroge jamais sur les circuits d’approvisionnement, les conditions de création de la marchandise ou même l’utilité des biens achetés. C’est une misère de la pensée. »
On oublie aussi l’enjeu fondamental de la répartition des richesses. « Parler de pouvoir d’achat des Français est une notion abstraite qui masque les inégalités sociales », insiste le professeur au Muséum d’histoire naturelle Luc Semal.
Cela n’a rien d’un hasard. Depuis ses origines, ce concept a été utilisé au service de l’ordre établi. Le philosophe Aurélien Berlan y voit même « un tour de passe-passe idéologique pour domestiquer les classes populaires » : « Les discours autour du pouvoir d’achat ont déplacé les revendications du champ de la production et de l’organisation du travail vers la consommation pour intégrer les classes subalternes au système et les faire participer à l’opulence promise par le capitalisme. Ça a été une manière de capturer la parole émancipatrice de la gauche », estime-t-il.
Une analyse partagée par l’historien François Jarrige : « Derrière le pouvoir d’achat, il y a un côté très paternaliste. On va distribuer des pains et des jeux, satisfaire l’appétit consumériste immédiat pour éviter de poser les problèmes fondamentaux qui nous assaillent de tous les côtés. »
Un outil pour neutraliser la colère sociale
La notion est née à la Belle Époque, au début du XXe siècle, alors que se multipliaient les émeutes, les grèves et les conflits sociaux. La société française entrait massivement dans une logique salariale et les classes populaires étaient progressivement dépossédées de leur moyen de subsistance, en fuyant la campagne et en devenant dépendantes de la paie d’un patron.
En 1911, les familles modestes avaient de plus en plus de mal à équilibrer leur budget et à se fournir en beurre, en sucre ou en viande. Un mouvement social baptisé « la croisade des ménagères » a alors démarré. Les femmes d’ordinaire cantonnées à la sphère domestique étaient à l’avant-garde. Dans la rue, elles chantaient « l’Internationale du beurre à 15 sous » et conspuaient les marchands. Les affrontements se sont multipliés avec la police et les commerçants. En août 1911, à Saint-Quentin dans l’Aisne, les heurts ont duré plusieurs jours avec des pillages de marché, des barricades. La IIIe République ne pouvait pas se permettre de tirer simplement sur les manifestants, d’autant plus que les femmes y étaient majoritaires. Le tout nouveau service de la statistique nationale a alors planché sur un indice des prix de détail pour les treize produits de consommation courante. On a commencé à parler alors de « pouvoir d’achat ».

Ces instruments de mesure nationale se sont affinés progressivement jusqu’à la création de l’Insee [5] en 1946 et le thème s’est fait une place dans les discours syndicaux. Jusqu’à devenir omniprésent pendant les Trente Glorieuses. « Il a permis de concentrer les débats sur la sphère individuelle et familiale, le compte en banque, la carte de crédit plutôt que sur la répartition des richesses, analyse François Jarrige. Il a été un formidable outil de neutralisation de la colère sociale. »
À l’heure actuelle, face aux défis climatiques et sociaux, il paraît nécessaire de rompre avec cet héritage et d’ouvrir un nouvel imaginaire. De nombreuses pistes sont sur la table. « Plutôt que de vouloir répondre aux besoins de la population en lui donnant la capacité d’acheter, il faudrait soustraire du marché un certain nombre de biens et de services fondamentaux, propose ainsi Jeanne Guien. On le fait déjà avec la santé et l’éducation, pourquoi ne le ferait-on pas pour l’alimentation, le logement ou l’accès à l’eau ? Ces droits inconditionnels devraient être garantis et pris en charge de manière non marchande. »
_____________________________
… nous avons un petit service à vous demander. Chaque mois, plus d’un million de personnes font confiance au travail des journalistes de Reporterre pour se tenir informées sur l’urgence écologique. Plus de 27 000 de ces lectrices et lecteurs financent le journal par des dons. Ce soutien permet à Reporterre de rester en accès libre, sans aucune publicité, et totalement indépendant. Contrairement à de nombreux autres médias, Reporterre n’a pas d’actionnaires ni de propriétaire milliardaire. Le journal, à but non lucratif, est libre de toute influence commerciale ou politique.
Nous avons la conviction que le ravage écologique est l’enjeu principal de ce siècle. À ce titre, il nous semble que ce sujet doit être mis en avant chaque jour dans le débat public. Les articles, reportages et enquêtes que vous pouvez lire sur le site sont vitaux pour la démocratie, pour la prise de conscience écologique, et pour exiger mieux de nos dirigeants.
Tous nos articles sont en accès libre, pour tous. Nous le faisons parce que nous croyons en l’égalité de l’accès à l’information. Ainsi, davantage de personnes peuvent suivre l’actualité de l’écologie, comprendre l’impact du désastre en cours sur la population, et agir. Tout le monde peut bénéficier d’un accès à des informations de qualité, quelle que soit sa capacité à payer pour cela.
S’il y a bien un moment pour nous soutenir, c’est maintenant. Chaque contribution, grande ou petite, renforce notre capacité à porter l’écologie au cœur de l’agenda médiatique et politique, et assure notre avenir. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Si vous le pouvez, soutenez le journal avec un don mensuel. Merci.
________________________________
Notes
[1] Le pouvoir d’achat est un concept aussi bien qu’un outil statistique, défini comme la quantité de biens et de services qu’un revenu permet d’acquérir.
[2] Le monopole radical est une notion développée par Ivan Illich pour désigner une situation où un élément modifie, contrôle et contraint les populations à modifier radicalement leur mode de vie.
[4] Cette notion a été notamment diffusée par le Pacte du pouvoir de vivre, une alliance de syndicats et d’ONG « pour un nouveau modèle de société écologique, social et démocratique ».
[5] Institut national de la statistique et des études économiques.
dimanche 21 août 2022
La lettre d'info Alchimique - L'Alchimie, lieu culturel de Prades 66500
|
|||||
| |||||
|
|||||
|
|||||
|
|||||
|
|||||
|
|||||
|
|||||
|
|||||
| |||||
|
|||||
|
|||||
|
|||||
|
|||||
| |||||
|
|||||
|
|||||
|
|||||
|
|||||
|
|||||
|
|||||
|
|||||
|
|||||
|
|||||
| |||||
|
|||||
|
samedi 20 août 2022
Fermes, potagers, jardins partagés… l’agriculture urbaine essaime à Marseille
Fermes, potagers,
jardins partagés…
l’agriculture urbaine
essaime à Marseille
Weronika Zarachowicz
Publié le 28/07/22
![]() |
Yazid Bendaif, fondateur de l’association Terre d’entraide et de partage. Photo Olivier Metzger/Modds pour Télérama |
SPÉCIAL MARSEILLE — Faire pousser légumes et fleurs au cœur du bitume et offrir des produits sains et ultra-locaux aux habitants : c’est le credo de Yazid Bendaif, Marion Schnorf ou Marie-Laure Wavelet. Des quartiers nord au 15e arrondissement, rencontre avec d’opiniâtres artisans de la transition écologique.
Contre la voie ferrée, des courges escaladent les grillages, à deux pas des rangs de concombres et de piments, des plants de sauge et des néfliers. Combien la France compte-t-elle de potagers nichés au cœur des villes ? Celui-ci a jailli en contrebas de la cité SNCF, improbable oasis au milieu du bitume des quartiers nord de Marseille. Yazid Bendaif l’appelle son « paradis », et aussi son « frigo ». Six ans déjà que lui et sa femme, Samia, vivent en autosuffisance alimentaire grâce à leurs deux parcelles. « On ne jette rien, on a appris à tout utiliser, dit-il, voix baignée de soleil. Même les graines des capucines, on en fait des condiments en bocaux, comme des câpres, et on se régale. » Rien, pourtant, ne prédestinait cet ancien carrossier de 62 ans à plonger les mains dans la terre, lui qui est né dans le béton des cités, qui a fait « 50 métiers, 50 misères » et connu « pas mal d’emmerdes », dont un passage par les Baumettes. Rien, sinon le besoin d’oublier « les péripéties de la vie ». En 2016, quand le couple emménage ici, tous deux enchaînent les problèmes de santé — deux cancers pour Samia et deux opérations pour Yazid. On avait besoin d’un projet, pour nous soigner mais aussi pour ramener de la vie dans la cité. Le bailleur nous a attribué des parcelles. Et c’est devenu un plaisir, d’autant que la terre nous le rendait au centuple. »
“Une société tient sur la nourriture ; si on ne peut plus s’alimenter, qu’est-ce qui reste ?” Yazid Bendaif, fondateur de l’association Terre d’entraide et de partage
![]() |
Dans les quartiers nord, où est installé Yazid Bendaif ; la ferme Capri, lancée par la Cité de l’agriculture dans le 15e arrondissement. Photo Olivier Metzger/Modds pour Télérama |
![]() |
Marion Schnorf, directrice de la Cité de l’agriculture. Photo Olivier Metzger/Modds pour Télérama |
Faire germer des fermes en plein Marseille. Revaloriser les circuits courts. Réconcilier l’espace rural et l’espace urbain « culturel, cultivé… mais pas d’un point de vue nourricier ». Donner accès à une alimentation saine et durable pour tous, dans une des métropoles françaises les plus inégalitaires (le revenu médian varierait de 1 à 50 selon les quartiers) et malade de la malbouffe — le taux d’obésité y a grimpé de 200 % en une décennie. À l’époque, le projet de Marion Schnorf, elle-même issue d’une famille d’agriculteurs et diplômée d’urbanisme, semblait lunaire. Huit ans plus tard, la Cité de l’agriculture est un acteur incontournable de la transition écologique marseillaise, laboratoire d’une nouvelle « génération climat » qui articule écologie et justice sociale.
Un plan de souveraineté alimentaire
Dans
un vaste appartement au charme décati — moulures, cheminées, mobilier
de récup — du quartier ultra-urbain des Réformés, une trentaine de
salariés (moyenne d’âge 28 ans, une majorité de femmes) phosphorent sur
d’autres manières de produire, de s’approvisionner, de consommer.
Accompagnement de porteurs de projets ; annuaire de l’agriculture et de
l’alimentation durable ; lancement de VRAC Marseille
(des groupements d’achats pour rendre abordables les produits bio et
locaux dans les quartiers populaires) ou déploiement de leur ferme
Capri : la liste de leurs projets ne tiendrait pas sur cette page. « On maquette la ville du futur, s’enthousiasme Marion Schnorf. L’agriculture urbaine permet d’agir concrètement, et d’induire des transformations profondes au cœur des enjeux — adaptation au réchauffement, lutte contre l’artificialisation des terres, accès à l’alimentation… »
Portée depuis longtemps par des pionniers historiques — maraîchers, urbanistes, militants associatifs —, cette vision d’une ville cultivée infuse enfin chez les élus, sur fond d’urgence climatique, sanitaire, sociale… Après un plan en faveur de l’agriculture urbaine, démarré en 2020, le département des Bouches-du-Rhône vient de lancer un programme de souveraineté alimentaire, dont le slogan s’affiche sur les abribus de la ville. « On n’est jamais dans son assiette quand on fait de longs trajets. Protégeons nos producteurs, mangeons local. » Quant à la mairie, elle s’est dotée d’une Délégation à l’alimentation durable, à l’agriculture urbaine et à la préservation du foncier agricole. « C’est la révolution dans la sensibilisation des élus, même si les obstacles restent nombreux, à commencer par l’accès au foncier agricole, difficile à identifier et protéger face à la spéculation immobilière, dit Lucas Turbet Delof, responsable du foncier à la Cité de l’agriculture et à la ferme Capri. Mais Marseille est très étalée, c’est un réservoir de possibles. On le démontre par l’exemple. »
“Les prix sont abordables, je n’empoisonne pas mes enfants. Ce genre de lieux, c’est l’avenir, surtout pour nos quartiers.” Laetitia, cliente de la ferme Capri
Comme sur cette ancienne friche du 15e arrondissement mise à disposition par la mairie, avec son panorama spectaculaire sur Marseille, et la Méditerranée pour horizon. Qui pouvait prévoir qu’entre autoroute, pavillons et barres d’immeubles le sol redeviendrait vivant, pour abriter tomates, courgettes et piments, une centaine d’arbres fruitiers, une serre bioclimatique, une mare écologique (élaborée avec les étudiants en transition agroécologique des territoires de la fac d’Avignon), un bâtiment d’accueil du public (construit avec des matériaux locaux) ? Ce mercredi, sous un soleil caniculaire, une dizaine de techniciens de la ville découvrent les 8 500 mètres carrés de Capri, tandis que le chantier participatif du moment (construction d’un mur en pierres sèches) s’achève. Au milieu des aromatiques, des gamins s’esclaffent. « On respire, ça reconnecte les enfants à la nature, dit leur mère, Yasmine, fidèle des ventes de légumes hebdomadaires. « Les prix sont abordables, je n’empoisonne pas mes enfants. Ce genre de lieux, c’est l’avenir, surtout pour nos quartiers », renchérit son amie Laetitia.
La production est vendue sur place, en parallèle des multiples ateliers de sensibilisation, organisés avec des associations, des écoles, des centres sociaux. « Et puis on teste, on expérimente », ajoute Lucas Turbet Delof. Pour documenter les impacts sur les sols, sur la qualité de l’air. Pour affiner les productions : « On veut répondre à la demande des consommateurs du quartier, mais aussi s’adapter au climat, qui se réchauffe. Par exemple, on s’est rendu compte que les patates douces, les gombos ou les piments, des produits tropicaux qui viennent de loin, poussent très bien. L’idée étant toujours que d’autres porteurs de projets puissent s’appuyer sur notre expérience. »
“On dit parfois que Marseille a du retard. Il y a surtout un potentiel immense.” Marie-Laure Wavelet
![]() |
Marie-Laure Wavelet, créatrice des Fleurs de Marseille, première ferme florale urbaine. Photo Olivier Metzger/Modds pour Télérama |






