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lundi 21 mars 2016

Delphine Batho : "Les citoyens n'en peuvent plus des pesticides"

Delphine Batho : 

«Les citoyens n’en peuvent plus des pesticides»

 Par —

 

Des abeilles entrent et sortent des cadres de ruche le 31 mai 2012 à Pont de Claix (Isère) Photo Jean Pierre Clatot. AFP

Après l'adoption en deuxième lecture à l'Assemblé nationale du projet de loi sur la biodiversité, la députée PS et ancienne ministre de l’Ecologie Delphine Batho revient sur les principaux enjeux du texte.


Le projet de loi «pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages», le premier sur ce sujet majeur depuis la loi de 1976, vient d’être voté en deuxième lecture à l’Assemblée nationale. Il prévoit toute une série de mesures. Parmi les principales, la création d’une Agence française de la biodiversité (AFB), qui sera le deuxième grand opérateur de l’État en matière d’environnement avec l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

La loi prévoit par ailleurs d’inscrire dans le code civil le préjudice écologique – né de la jurisprudence Erika, du nom du pétrolier affrété par Total qui a provoqué une marée noire en Bretagne en 1999. Et ce, sans toucher au principe pollueur-payeur, qui avait été menacé début mars par un amendement du gouvernement déposé en catimini mais très vite retiré. L’Assemblée nationale a aussi voté l’interdiction sans dérogation, à compter du 1er septembre 2018, des insecticides néonicotinoïdes, jugés toxiques pour les abeilles mais aussi pour d’autres animaux et même le cerveau humain.

Les députés ont en revanche rejeté l’interdiction du chalutage en eaux profondes, qui menace pourtant des espèces fragiles, comme le grenadier de roche ou la lingue bleue. Et ils ont fortement réduit la surtaxation de l’huile de palme, surnommée «taxe Nutella» : alors que le Sénat l’avait fixée à 300 euros la tonne en 2017 (puis 500 euros en 2018, 700 en 2019 et 900 à partir de 2020), les députés ont décidé que celle-ci passera de 30 euros en 2017 à 90 euros en 2020.

La loi n’est pas encore définitivement adoptée, puisqu’elle doit encore repasser au Sénat avant de revenir une dernière fois à l’Assemblée, qui aura le dernier mot. En attendant, la députée (PS) des Deux-Sèvres et ancienne ministre de l’Ecologie Delphine Batho, très impliquée dans les débats en défendant notamment l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes, revient pour Libération sur les principaux enjeux du texte.
Delphine Batho au Forum de Toulouse Midi-Pyrénées.Parmi la panoplie de mesures prévues dans le texte que viennent de voter les députés, quelles sont, selon vous, les principales avancées?
Bien sûr, l’inscription du préjudice écologique et l’interdiction des néonicotinoïdes. Sur le préjudice écologique, la faute commise par l’amendement gouvernemental qui remettait en cause le principe pollueur-payeur a paradoxalement permis d’en finir avec trois ans d’atermoiements. Nous avons obtenu la reconnaissance du préjudice, la définition des obligations de réparation. C’est un acte important, seize ans après le naufrage de l’Erika. A mes yeux, cette avancée s’inscrit dans une continuité de combats pour la reconnaissance des biens communs, pour la responsabilité environnementale des entreprises et dans un mouvement planétaire pour la création d’un tribunal pénal international contre les «écocides», c’est-à-dire les crimes contre la nature.

Le texte comporte d’autres avancées moins remarquées, comme la réforme de la gouvernance de la politique de l’eau, qui donnera plus de pouvoir aux représentants des usagers, ou encore la levée de l’interdiction de l’échange de semences entre agriculteurs. Quant à la création de l’Agence française pour la biodiversité, la principale question est celle des moyens dont elle sera dotée pour agir.
A l’inverse, quels sont les reculs à déplorer par rapport à la version issue du Sénat (chalutage profond, «taxe Nutella»…)? Et d’éventuels manques criants?
Vous venez d’en citer un certain nombre, qui sont notables. Il y en a d’autres, notamment un qui est passé complètement inaperçu : la suppression de l’action de groupe en matière environnementale. C’est le Sénat qui avait à juste titre introduit cette disposition que l’Assemblée nationale a supprimée. L’action de groupe est pourtant fondamentale. Dans l’affaire Volkswagen, de triche aux normes d’émissions polluantes, elle serait appropriée !
Vous dénoncez souvent l’influence des lobbies. L’industrie des pesticides, la FNSEA ou les gros céréaliers dénoncent déjà une interdiction «absurde et dramatique» des néonicotinoïdes… On a vu que Stéphane Le Foll est très à leur écoute, comme beaucoup de responsables politiques. Comment faire en sorte que la mesure ne soit pas torpillée et qu’elle soit réellement appliquée un jour?
Ce qui est frappant dans le déluge de réactions, de Bayer et autres lobbies de l’agrochimie, c’est que toutes ces réactions nient de façon radicale la toxicité aiguë des néonicotinoïdes. Pourtant, s’il faut retenir, outre le résultat du vote, un moment de vérité du débat à l’Assemblée nationale, c’est celui où le groupe Les Républicains a retiré son amendement de suppression de l’article sur les néonicotinoïdes. C’est un acquis de ce débat : presque plus aucun parlementaire ne nie la réalité du problème et l’impact sur les abeilles et les pollinisateurs.

Les réactions des lobbies ont donc un temps de retard sur la démocratie et au moins dix ans de retard sur la science. Reste qu’ils sont puissants. La loi doit retourner au Sénat, puis il y aura l’adoption finale. Les occasions de torpiller l’interdiction des néonicotinoïdes vont être nombreuses. Elles peuvent être subtiles, en détricotant la mesure, pour garder un affichage en la vidant de son efficacité. C’est clairement l’enjeu du débat sur la date d’entrée en vigueur et la raison pour laquelle j’ai défendu une application en 2017. Je me méfie de la technique qui consiste à repasser la patate chaude à la majorité suivante. Qui sera au pouvoir en 2018 ? Y aura-t-il une volonté de respecter la loi d’interdiction des néonicotinoïdes ? J’ai l’expérience de ces mesures votées avec des dates d’application différées et qui finissent ensuite, de reports en reports, dans les sables mouvants, comme la taxe poids lourds.
Comment faire le poids, face à ces lobbies? La vigilance citoyenne, les pétitions suffisent-elles?
Le vote de l’Assemblée nationale pour l’interdiction des néonicotinoïdes était loin d’être gagné d’avance au regard des pressions et des manœuvres incroyables dont il a fait l’objet. Le résultat symbolise la résistance de la démocratie face aux lobbies des pesticides. Ce résultat a été possible par la résonance entre le travail collectif de députés déterminés - avec Jean-Paul Chanteguet et Gérard Bapt [tous deux députés PS, ndlr], nous avons travaillé de façon constante sur ce sujet depuis un an – et une mobilisation de la société civile de plus en plus importante. Les citoyens n’en peuvent plus des pesticides et ils attendent des actes. Au moins 650 000 personnes ont signé des pétitions, les apiculteurs, les ONG ont porté l’exigence de l’interdiction des néonicotinoïdes. Ça pèse. Il faut continuer, amplifier les actions, être engagés et attentifs jusqu’à l’adoption finale de la loi.
Relativement peu de députés étaient présents dans l’hémicycle. Pourtant, la biodiversité est un sujet majeur, au moins aussi vital que le climat pour l’humanité. Comment expliquez-vous qu’elle soit autant négligée, y compris par les «élites» politico-médiatiques ?
L’amour de la nature est largement partagé, mais dans les élites la conscience de la disparition massive des écosystèmes n’est pas là. Il n’y a pas eu sur la biodiversité la même prise de conscience que sur le dérèglement climatique. C’est aussi ce qui explique, sur le fond, que certains ne comprennent pas en quoi détruire de façon irréversible une zone humide remarquable à Sivens, à Roybon ou à Notre-Dame-des-Landes n’est plus possible alors que 70% des zones humides de France ont déjà été détruites au cours des quarante dernières années et que ces milieux sont des réservoirs de biodiversité pour de nombreuses espèces de la faune et de la flore.

Plus profondément, la compréhension que la planète n’est pas seulement confrontée au dérèglement climatique, mais à un changement global dans lequel s’additionnent la question du climat, celle de l’effondrement de la biodiversité, de l’épuisement des ressources naturelles et de la crise sanitaire liée aux substances chimiques, n’est pas là. D’où l’importance de nommer cette nouvelle ère, l’anthropocène, et d’entrer une bonne fois pour toutes dans les enjeux du XXIe siècle. Le succès du film Demain montre qu’il y a une soif d’espoir, de solutions modernes pour construire une civilisation plus harmonieuse. Il ne manque plus qu’une offre politique capable de porter cette espérance au plus haut niveau.


Coralie Schaub 

Source : http://www.liberation.fr/futurs/2016/03/18/delphine-batho-les-citoyens-n-en-peuvent-plus-des-pesticides_1440632?xtor=EPR-450206&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=quot  
 

Le jeu trouble de Stéphane Le Foll sur les pesticides





Le jeu trouble de Stéphane Le Foll 

 sur les pesticides


Le Monde | 15.03.2016 à 10h49 • Mis à jour le 15.03.2016 à 16h51 | Par Audrey Garric et Martine Valo
 
 
Vidéo à voir sur le site de l'article

 
C’est un nouveau signe de l’âpre bataille qui se joue, dans les sphères politiques et scientifiques, sur le dossier des pesticides. Du mardi 15 au jeudi 17 mars, l’Assemblée nationale examine en deuxième lecture le projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, qui comporte un article consacré aux néonicotinoïdes. Cette famille d’insecticides est reconnue nocive pour les insectes pollinisateurs et, plus généralement, pour l’environnement et la santé. Le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, a mis tout son poids dans la balance.

Mais à la différence de la quinzaine d’organisations d’apiculteurs et de défenseurs de la biodiversité qui ont appelé à un rassemblement devant le Palais-Bourbon mardi matin, ce n’est pas pour convaincre les parlementaires d’en finir avec ces « insecticides tueurs d’abeilles », comme les qualifient les ONG. Au contraire, le ministre s’est adressé aux députés lundi, dans une lettre argumentée, pour les inciter à ne pas se prononcer en faveur d’une interdiction simple et totale. La missive, datée du 11 mars et que Le Monde s’est procurée, s’apparente à un procédé pour le moins inhabituel.

Débats et tensions 

 

La disposition sur les néonicotinoïdes, qui s’inscrit dans l’article 51 du projet de loi, a connu nombre de tribulations avant d’être finalement réintroduite par la commission du développement durable de l’Assemblée le 9 mars, à l’initiative d’une soixantaine de députés écologistes et socialistes. Le texte indique que l’utilisation de l’ensemble de cette famille d’insecticides sera interdite à partir du 1er janvier 2017, pour tous les usages et toutes les cultures, y compris les semences enrobées avec ces produits.

C’est peu dire que cette version du texte suscite débats et tensions entre les parlementaires et au sein du gouvernement. Pas moins de 45 amendements ont été déposés depuis une semaine en faveur de la suppression ou de la modification de l’article. Le vote en séance plénière est loin d’être acquis.

Si l’Assemblée avait déjà adopté en première lecture, en mars 2015, une interdiction des néonicotinoïdes, l’amendement avait été introduit à la surprise générale, de sorte que tous les députés n’étaient pas présents. Les sénateurs sont ensuite revenus sur cette mesure, en janvier. Ils lui ont préféré une proposition bien plus floue : ils souhaitaient s’en remettre au ministère de l’agriculture pour déterminer, plus tard, leurs « conditions d’utilisation » en tenant compte des « conséquences sur la production agricole ». Depuis, 224 députés et 64 sénateurs ont rallié l’appel en faveur d’une interdiction totale, déposé en juin 2015 par trois députés socialistes, Delphine Batho, Gérard Bapt et Jean-Paul Chanteguet.


« Distorsions entre agriculteurs »





Le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, le 2 mars 2016.


Dans sa lettre de près de quatre pages, Stéphane Le Foll défend longuement sa propre « action volontariste » contre les néonicotinoïdes. Il reconnaît la neurotoxicité, prouvée, des sept molécules de cette catégorie de pesticides qui donnent lieu à la commercialisation d’une centaine de produits aux appellations différentes, largement utilisés dans l’Union européenne (UE). Mais s’empresse de donner des gages : « Je suis favorable à réduire encore le risque d’exposition des colonies [d’abeilles] », écrit-il.

Pour autant, l’action de son ministère vis-à-vis de ces produits chimiques « ne peut se faire en créant des distorsions entre les agriculteurs français et le reste des agriculteurs européens », assure-t-il. La position des représentants du monde agricole transparaît là jusque dans le vocabulaire employé par le ministre, soucieux de préserver les paysans, particulièrement en cette nouvelle période de crise. Conclusion : la politique française « doit se conduire au bon niveau, au niveau européen ». 


Interdiction partielle


En mai 2013, M. Le Foll avait demandé et obtenu une suspension des néonicotinoïdes durant deux ans, le temps que l’UE en évalue à nouveau les effets sur la biodiversité. Mais cette interdiction n’est que très partielle : non seulement elle ne porte que sur trois substances – le thiaméthoxame, la clothianidine et l’imidaclopride –, mais elle ne concerne que certaines cultures. Des céréales d’hiver, des arbres fruitiers, des légumes, de la vigne, des rosiers et plantes d’intérieur continuent à être traités… Il existe bien certaines limites, en fonction des périodes de floraison, seulement les études scientifiques ont désormais montré à quel point les néonicotinoïdes persistent longtemps dans l’environnement. Ils peuvent se retrouver dans les sols, voire dans les fleurs sauvages autour des parcelles cultivées, deux ans après leur première utilisation.

284 députés et 64 sénateurs ont rallié l’appel en faveur d’une interdiction totale
Vis-à-vis de Bruxelles, Paris alterne exigences fortes et manque de soutien sur ce dossier. Stéphane Le Foll continue de demander publiquement à la Commission européenne de faire procéder à des évaluations supplémentaires sur la toxicité de ces substances qui déstabilisent les abeilles, les privant notamment de leurs points de repère. Mais contrairement à Ségolène Royal, son homologue à l’environnement, qui veut élargir les restrictions européennes, et à la Commission, qui voudrait elle-même édicter des règles plus sévères pour l’homologation de ces produits, le ministre ne se montre pas pressé de prendre des décisions radicales dans les campagnes françaises tant que les Vingt-Huit ne seront pas prêts à basculer tous ensemble dans l’après-néonicotinoïdes.

En attendant, rien n’est dit des quantités de néonicotinoïdes vendues en France. M. Le Foll indique simplement qu’elles ont baissées de « 3 % à 4 % en moyenne » entre 2011 et 2014. Quels sont les tonnages ? Qu’en est-il de l’évolution entre 2013 et 2014, une année où l’usage des pesticides a fait un bond inédit de plus de 9 % en France ? Ces données continuent de relever du secret absolu.

Les alternatives en question

Malgré l’échec reconnu du plan Ecophyto, destiné à réduire de 50 % d’ici à 2025 l’utilisation des produits phytosanitaires, Stéphane Le Foll se veut convaincant. « La solution qui consisterait à interdire tous les usages de produits contenant des néonicotinoïdes en France pourrait se traduire, en fait, par un recul dans la politique que mène le gouvernement pour protéger pollinisateurs, domestiques et sauvages », argumente-t-il. Car il faudrait alors avoir recours à « des voies alternatives qui ne présentent aucune garantie supplémentaire pour les pollinisateurs, bien au contraire ».

La coalition d’apiculteurs et d’ONG qui manifestait devant l’Assemblée nationale s’inscrit en faux contre cet argument issu des rangs de l’agriculture. « Il n’existe pas de famille de pesticides plus toxiques pour les abeilles en exposition chronique que les néonicotinoïdes », rétorquent en chœur les opposants aux néonicotinoïdes.



Lire aussi : Pesticides : l’échec accablant de la « ferme France »



« Je ne peux pas me résoudre à reporter l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes dont on connaît les effets dévastateurs, abonde la députée écologiste Laurence Abeille (EELV, Val-de-Marne). Le ministre se dit convaincu de la nécessité de transformer l’agriculture ; l’action parlementaire sur ce sujet peut, à mon avis, lui manifester un soutien déterminant pour contrebalancer le poids du lobby de l’agrochimie. »

« Où est passée l’ambition de Stéphane Le Foll pour l’agroécologie ?, interroge de son côté Denis Voisin, porte-parole de la Fondation Nicolas-Hulot. Le statut quo sur les néonicotinoïdes, alors que les études scientifiques s’accumulent, ne permettra pas de résoudre la crise agricole. On attend que les députés prennent leurs responsabilités, qu’ils changent de modèle et mettent fin à l’empoisonnement. »


Qu’est-ce que les néonicotinoïdes ?



Imidaclopride, clothianidine, thiaméthoxame… Ces insecticides à large spectre ont une toxicité des milliers de fois supérieure aux précédentes générations. Ils sont souvent utilisés en enrobage de semences (les graines sont gainées du produit avant d’être semées) ou en traitement des sols. Dans les champs traités, les plantes sont ainsi imprégnées tout au long de leur vie. Ces usages, préventifs et systématiques, sont les plus controversés, d’autant plus que ces molécules persistent plusieurs années dans l’environnement.

dimanche 20 mars 2016

Mardi 22 mars au Lido à Prades : Oncle Bernard, l'anti leçon d'économie

Mardi
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​
​22​
mars à 21h au Lido, 

les Ciné-Rencontres vous proposent


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  "​Oncle Bernard, l'anti leçon d'économie"


 
un documentaire de Richard Brouillette


79 min, Québec / Catalunya


 

Avec : Bernard Maris, Cabu

Synopsis :

Bernard Maris, alias Oncle Bernard, fut assassiné lors de l'attentat à Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015. Tournée en mars 2000,, dans le contexte du film L’encerclement – La démocratie dans les rets du néolibéralisme, cette fascinante entrevue avec Oncle B., constitue une véritable « anti-leçon d’économie ». Sans fard ni artifice, le réalisateur laisse toute la place à la parole riche, dissidente, acérée et mutine de Maris. En toute liberté, celui-ci assène à loisir des vérités percutantes qui renversent les dogmes sempiternellement ressassés par le chœur vibrant de la valetaille de la « science » économique. Formidable vulgarisateur dont la verve, l’éloquence, l’érudition et l’alacrité parviennent à rendre passionnants les sujets les plus arides, Oncle Bernard déploie au fil de cet entretien une pensée courageuse en son originalité, qui se révèle d’autant plus précieuse en ces temps de démission intellectuelle et d’austérité économique.

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« Un hommage vibrant et ô combien émouvant à la figure de Bernard Maris […] pour déployer toute la richesse et la complexité d'une pensée qui s'épanouit et jubile dans le déniaisage des dogmes néolibéraux. […] Un décryptage érudit et tout en finesse de la novlangue de "l'économisme", de nature à ébranler toutes les certitudes. » - Christophe Alix, Libération

 
« Un formidable précipité de la pensée anticonformiste de Maris. » - Jean-Baptiste Thoret, Charlie Hebdo


« Jamais un long plan fixe n'aura été aussi jubilatoire. » - Mathias Averty, Première


« Un passionnant tête-à-tête avec feu Bernard Maris, économiste et chroniqueur à Charlie Hebdo. Plus qu’un hommage, une démonstration d’intelligence et d’humour.» - Alexandre Prouvèze, Time Out


« Un hommage à la faconde de cette figure chaleureuse de l’hétérodoxie économique. » - Mathieu Macheret, Le Monde 



 

samedi 19 mars 2016

Réunions publiques d'information dans le Conflent pour la défense de la zone des Brulls

Madame, Monsieur,

Si vous avez déjà reçu ce mail nous nous excusons du doublon. 

Au cours des dernières semaines vous avez été près de deux mille à montrer votre refus de bétonner plus encore les quelques terres nourricières qui nous entourent et nous vous en remercions. 
 
Les Brulls à Prades, ce sont 28 hectares des meilleures terres agricoles du Conflent.
Comme nous le promettions lors de la présentation de notre pétition, nous avons le plaisir de vous inviter aux réunions publiques que nous organisons sur le territoire de la Communauté de Communes Conflent Canigó. 
 
Nous aurons ainsi plus de temps pour vous présenter en détails ce projet aberrant et répondre à vos questions.

Parlez-en autour de vous et venez nombreux.

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"La ferme de demain, écolo et prospère, existe déjà, nous l’avons visitée"

La ferme de demain, écolo et prospère, 

existe déjà, nous l’avons visitée


9 octobre 2015 / Marie Astier et Lucas Mascarello (Reporterre) 



Elle aurait pu rester une ferme bretonne comme les autres, et subir la crise, comme les autres. Pourtant, quand il a repris la ferme paternelle des Petits-Chapelais, Gilles Simonneaux s’est tourné vers le bio et s’est diversifié, quand ses voisins intensifiaient et se spécialisaient. Visite guidée avec un paysan qui a redonné du sens à son métier.



- Chavagne (Ille-et-Vilaine), reportage
Une allée d’arbres fruitiers conduit le visiteur jusqu’à la cour bordée de bâtiments en vieilles pierres. Les poules picorent le carré d’herbe voisin. Au premier coup d’œil, le décor de la ferme des Petits-Chapelais, à Chavagne, en Ille-et-Vilaine, a un air désuet, mais les tracteurs au fond de la cour remettent une touche de modernité.
Arrive, d’un pas décidé, Gilles Simonneaux, qui lâche un large sourire. Cet agriculteur breton n’a pas l’air en crise. Pourtant, quand il a repris la ferme familiale en 1998, c’était un élevage laitier comme les autres et même« plutôt important », précise-t-il. « On était cinq enfants, la ferme était viable, aucun de mes frères et sœurs ne revenait, j’étais le dernier, alors j’ai repris des études agricoles. » Il convertit l’exploitation en bio dès le début. « Il fallait que ça ait du sens, justifie-t-il. Mais au bout de quelques mois j’ai trouvé que c’était assez déprimant de travailler tout seul sur l’exploitation. Alors j’ai décidé de la diversifier. »
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Gilles Simonneaux.
Il plante des céréales, met un hectare à disposition de Sylvie, la maraîchère, ouvre un magasin, amène quelques cochons... « Au départ on était deux à travailler sur 75 hectares, aujourd’hui on est dix sur une centaine d’hectares. »

Des prairies et des champs de blé

« Tout est parti de l’élevage laitier », poursuit-il. L’étable est vide, la ferme est calme, les vaches sont sorties. En face, sous la grange, le foin s’amoncelle en prévision de l’hiver. La production de la ferme suffit à nourrir les animaux, pas question d’importer. Le lait bio a un double avantage : il ne coûte pas cher à produire - les vaches se nourrissent sur les prairies, qui demandent peu d’entretien – et son prix se maintient, contrairement à celui du lait conventionnel. Le lait est vendu à une coopérative. Les revenus ainsi dégagés ont permis d’investir dans la diversification de la ferme.
Désormais, d’un côté de la route s’étendent de vertes prairies et de l’autre, les champs de céréales où grimpent les liserons. Le fumier des vaches fertilise les terres, qui permettent de produire du blé, de l’épeautre, du seigle et du petit épeautre. L’agriculteur y expérimente notamment des variétés anciennes, issues de « semences paysannes », dont la propriété intellectuelle n’appartient pas à un industriel.
« Le blé sera récolté d’ici quelques jours, prévoit Olivier, responsable de la boulangerie. C’est à partir de là qu’on le prendra en charge. » Un petit moulin à meule de pierre permet de fabriquer la farine ensuite utilisée sur place.
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Mise au four des pâtons.
L’imposant four, un cylindre de métal d’au moins deux mètres de diamètre, réchauffe le fournil où lèvent les pâtons, les morceaux de pâte pesés et mis en forme avant la cuisson. Gilles-Richard, apprenti boulanger, s’applique à les façonner. « L’intérêt, ici, c’est qu’on est dans une structure paysanne-boulangère, il y a un lien de la graine au client, explique-t-il. Il y a des boulangers qui n’ont jamais vu un épi de blé... Alors qu’ici, on reste en lien avec les saisons et on sait d’où vient le produit que l’on travaille. »

Autonomie énergétique

Autre activité qui profite de l’élevage : le maraîchage. Sylvie désherbe un rang de panais. Les fleurs des champs se mélangent aux rangées de jeunes pousses. « Ce n’est pas très bien organisé, s’excuse-t-elle, mais j’aime bien. » Elle livre ses paniers de légumes à une Amap de la périphérie de Rennes, et vend le reste de légumes au magasin de la ferme.
« Un jour, Gilles m’a montré cette parcelle et m’a dit vas-y, fais ce que tu veux ! » se rappelle-t-elle. Elle a l’air un peu seule sur son grand terrain, mais elle corrige aussitôt. « Ici, je peux profiter du fumier des vaches pour fertiliser, on mutualise le matériel, on s’entraide, et je mets les pommes-de-terre en rotation avec les autres cultures, ce qui est un point très important en agriculture biologique », énumère-t-elle.
Au fond de son champ, on ne peut pas rater un immense toit sombre, recouvert de panneaux solaires : la ferme produit autant d’énergie électrique qu’elle en consomme avec ses tracteurs et ses machines. « Si on veut une exploitation résiliente, l’idéal est d’avoir une toute petite ferme qui consomme très peu d’énergie, explique Gilles un peu plus tard. Mais en produisant notre propre énergie, on teste la possibilité d’avoir une ferme plus grande, avec plus de machines, mais autonome grâce à l’énergie qu’elle produit. »
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Les panneaux solaires de la ferme.
Pour démontrer sa recherche de résilience, il tient absolument à nous montrer les cochons, derniers pensionnaires à être arrivés sur la ferme.« Le but était d’ajouter de la diversité sur la ferme, et de valoriser nos déchets », avance-t-il. La fabrication de la farine produit aussi du son, c’est à dire les restes d’enveloppe des céréales. La laiterie, elle, rejette du lait caillé ou du petit lait. « Voilà ce que mangent les cochons, s’enthousiasme Gilles. Ils ne mangent pas les céréales car c’est pour nourrir les hommes, et nous on mange les cochons ! »

« On crée une boucle vertueuse »

Le magasin illustre la diversité des productions de la ferme : farines et lait en libre-service, légumes, œufs, porc et veau, pain de campagne, semi-complet, pain aux graines ou aux noix et raisins secs. D’autres producteurs du coin viennent même élargir la gamme avec des jus de fruits, de la bière, du cidre, du fromage, des volailles, des pâtés, des pâtisseries, des fruits et d’autres légumes. Au cours de l’après-midi, la boutique ne désemplit pas. « Quand je suis arrivée il y a un an, nous regroupions sept producteurs. Aujourd’hui il y en a douze », se réjouit la responsable, Marine-Jeanne.
Mais, à force de diversité, le système n’est-il pas devenu trop complexe ?« C’est pour cela qu’il faut aussi que les ateliers fonctionnent de façon autonome », répond Gilles. Dans le collectif de la ferme, chacun est responsable se son activité. « On aimerait bien que le magasin devienne une entité juridique à part, gérée par les producteurs qui adhèrent », espère-t-il.
Idem pour le nouvel atelier de fabrication de produits laitiers. « On a construit un local aux normes que l’on met à disposition d’un jeune, détaille le paysan. Mais il se met à son compte et nous achètera du lait. Ça lui permet de se lancer, on est un peu une pépinière d’entreprises ! » Beurre, crème fraîche, yaourts et fromage frais devraient bientôt s’ajouter sur les rayons du magasin.
« Le but, c’est de proposer un système où les ateliers coopèrent les uns avec les autres, résume-t-il. On crée une boucle vertueuse, qui amène de la productivité et de l’emploi. Je ne veux pas passer pour un nostalgique, mais finalement on reproduit ce que faisaient nos grands-parents. Ils avaient une grande diversité sur une même exploitation et produisaient le plus de choses possibles avec le peu qu’ils avaient... »

« Un système durable, respectueux de la nature et qui crée de l’emploi »

Un modèle d’hier qui inspire une ferme de demain, assure l’agriculteur. « Mes collègues en conventionnel sont en crise, constate-t-il. Il y a des gens qui produisent 5.000 cochons par an et qui ne gagnent pas d’argent, à un moment il va falloir qu’on arrête ! Je pense qu’on est plus dans la réalité avec notre système diversifié que dans la course à l’agrandissement, la productivité, la compétitivité internationale qui nous conduit droit dans le mur. »
Il raconte que, la veille, des politiques sont venus visiter sa ferme. Il espère les avoir un peu bousculés. « On leur montre que l’on a un système durable, respectueux de la nature et qui crée de l’emploi, se félicite-t-il. On est une expérience parmi d’autres, il y a plein de gens qui créent des expériences. On est des petites bulles dans l’océan et actuellement, on n’est pas tous en respiration, mais je pense que le jour où toutes ces expérimentations diverses vont se mettre à respirer ensemble, on aura de vraies propositions alternatives pour une société du futur. »

Source : Marie Astier pour Reporterre
Photos : © Lucas Mascarello/Reporterre
Cet article est le 1e volet de notre série Alternatives citoyennes, qui est un projet soutenu par la Fondation de France

Source : http://reporterre.net/La-ferme-de-demain-ecolo-et-prospere-existe-deja-nous-l-avons-visitee

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La ferme du futur est écolo et prospère, la preuve en diaporama

4 mars 2016 / Marie Astier et Lucas Mascarello (Reporterre) 



Quand Gilles Simonneaux a repris la ferme familiale des Petits-Chapelais, en Bretagne, il a tout de suite pensé diversification et bio, à contre-courant de ses voisins, qui intensifiaient et se spécialisaient. Reporterre vous fait visiter, avec un diaporama sonore, cette ferme du futur qui fait bien plus que fonctionner.
- Chavagne (Ille-et-Vilaine), reportage
C’est en 1998 que Gilles Simonneaux a repris la ferme familiale, consacrée exclusivement à l’élevage laitier. Convertie en bio, l’exploitation d’une centaine d’hectare emploie dix personnes, produit ses propres céréales, a développé une culture maraîchère, fait son pain, transforme le lait, élève des cochons pour valoriser les déchets… Et ça marche !
On vous avait raconté cette réussite par écrit, et on a tellement aimé l’histoire qu’on vous la présente maintenant dans un diaporama :




vendredi 18 mars 2016

Samedi 19 mars - Journée internationale contre le racisme - Perpignan - manifestation 11h place de la Victoire

On a reçu ça : 


Dans le cadre de la journée internationale contre le racisme, le RESF, les organisations qui le composent et bien d'autres (cf. tract joint) appellent à une manifestation ce 

samedi 19 mars à 11h, place de la Victoire.



Comptant sur votre présence,


Anne-Marie Delcamp