Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
Mais pas que.
Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...

BLOG EN COURS D'ACTUALISATION...
...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...

mardi 11 juin 2013

Pégase : l'âne solaire

En Macédoine, un âne itinérant offre du courant électrique

Pascal Riché | Cofondateur Rue89

Pégase a été prêté par Angel (societevolatile.eu)

C’est un étrange projet, à la fois poétique et pratique, ancestral et moderne, progressiste et décadent, inutile et utilitaire, incongru et évident, artistique et terre à terre, tordu et simple.
Idiot et génial.
Un âne se promène depuis une dizaine de jours en Macédoine avec, comme des grandes ailes, deux panneaux solaires fixés sur son bât. Les habitants sont invités à brancher leurs appareils électriques sur ce généreux animal : téléphone portable, batterie de voiture, radio, sèche-cheveux...
« Il n’est forteresse qu’un âne chargé d’or
ne puisse approcher », Philippe II de Macédoine


Le projet s’appelle Pégase, du nom du rapide cheval ailé de la mythologie. Il a été imaginé par un duo lillois formé par un artiste plasticien, Philémon, et un scénographe, Arnaud Verley.
En avril, les deux artistes nous ont intrigués en nous annonçant leur projet. Nous leur avons demandé de nous prévenir quand leur âne prendrait du service, équipé de son bât photovoltaïque.

Pendant qu’il broute au soleil, il se recharge

Ils nous ont envoyé un e-mail mercredi depuis Kavardaci. Philémon et Arnaud Verley ont commencé à tester leur dispositif dans les montagnes, non loin de cette ville moyenne – « célèbre pour son vin et son équipe de basket-ball », précisent-ils – à une centaine de kilomètres au sud de la capitale Skopje. Ils racontent :
« L’âne nous est prêté par un fermier, Angel, un gars enthousiaste, la soixantaine, bras tatoués à l’ancienne, hyperactif, il travaille ses lopins de terre dans les collines avoisinant Vatasa. Angel nous prête son âne comme il prêterait aimablement une brouette à son voisin. Faut dire que notre Pégase, jusque-là, était dépourvu de nom et principalement dévolu au portage du bois. »
LES ARTISTES
Arnaud Verley et Philémon collaborent depuis 2008, il vivent et travaillent à Lille. Leurs installations ont été présentées notamment à la Conciergerie (Paris 2012), au MACRO - Musée d’art contemporain de Rome (2012), à l’Espace Pierre Cardin (Paris 2011) ou au Musée de l’Hospice Comtesse (Lille 2010).
Pégase déploie ses ailes, les deux artistes les orientent. Pendant qu’il broute au soleil, il se recharge.
« Tous les jours nous tentons d’aller un peu plus loin, plus haut, nous passons une première nuit en sa compagnie, en montagne, il nous offre la lumière, la musique, nous chargeons nos appareils photographiques et ordinateurs. Au petit matin, Arnaud s’est rasé. Le dispositif est opérationnel. »

1 000 watts au maximum

Les deux hommes peuvent descendre en ville, à Kavadarci, ravis, pour distribuer l’énergie collectée par leur âne.


« Déjà, lors d’une de nos marches, nous avons coupé du bois à la scie sauteuse et offert à un jardinier de brancher directement sa tondeuse sur la monture : 1 000 watts, nous atteignons notre maximum.
Pégase peut accueillir quantité d’objets périphériques. Hier [lundi, ndlr], dans une casse-auto, trois jeunes gars nous ont fait cadeau d’un allume-cigare qu’ils ont arraché sur une épave. Connecté à la batterie de notre monture, l’objet est assez insolite, il vient s’ajouter à nos pinces crocodiles et aux prises de courant.
Désormais, nous pouvons solairement allumer des clopes et en offrir. Nous avons aussi un jack qui permet aux gens de brancher un téléphone ou un lecteur mp3 pour une musique partagée. »

« Pégase est un pionnier, c’est l’âne high-tech »

Philémon et Arnaud Verley ont droit, disent-ils, à « un accueil chaleureux et à beaucoup d’hospitalité ». Le projet attise la curiosité, parfois bien au-delà de leurs attentes. Eux qui pensaient que leur ingénierie « confinait à l’absurde » se rendent compte qu’elle est d’une utilité presque déconcertante :
« Nous nous interrogions sur l’hypermodernité, sur le “ tout-solaire ”, la fin des énergies fossiles, le retour à une locomotion lente... Mais ici, le projet semble endosser une dimension réellement terre-à-terre, utilitariste. Les ânes existent en ville pour le ramassage des ordures ; ils sont encore, aussi, pour certains paysans, un moyen de locomotion.
Dans ce contexte, loin de tout folklore, Pégase ne dépareille pas tellement : il fait figure de pionnier, c’est l’âne high-tech. Nous l’avons présenté à des bergers qui n’ont pas toujours le courant en montagne, et notre monture faisait figure de lumière. »
Le bât photovoltaïque (societevolatile.eu)


Une « figure de lumière »... Cela n’a rien d’étonnant : dans la mythologie, Pégase n’est-il pas la monture du soleil ?
Les deux artistes et leur âne solaire prévoyaient, aux dernières nouvelles, de se diriger vers la capitale Skopje et sa périphérie Chouto Orizari (dite Sutka, une ville rom), puis de marcher vers la frontière grecque et, « qui sait, de la franchir ».

lundi 10 juin 2013

Gaz de schiste : la lutte continue en Pologne

http://www.liberation.fr/terre/2013/06/08/la-bataille-sans-fin-de-villageois-polonais-contre-le-gaz-de-schiste_909335

De nombreux liens à cliquer dans l'article pour en savoir plus

La lutte sans fin de villageois polonais contre un géant du gaz de schiste

8 juin 2013 à 20:15

«Nous ne voulons pas de gaz», banderole près du campement des habitants.
Juin 2013. (Photo Marcin Latanik. Revoltcinema)


 Il y a un an, ils avaient cru obtenir victoire contre l'Américain Chevron. Depuis une semaine, ils se battent à nouveau nuit et jour pour sauver leurs villages.

Décidément, la guerre du gaz de schiste est digne des meilleurs films à suspense. Et les victoires citoyennes semblent bien fragiles face au rouleau-compresseur de l’industrie. Cette semaine, un joli télescopage spatiotemporel de l’actualité en a magistralement donné la preuve, en France comme en Pologne.
Chez nous, la loi du 13 juillet 2011 interdisant le recours à la fracturation hydraulique pour extraire les hydrocarbures coincés dans la roche (qui interdit de facto toute exploration et exploitation, puisque c’est la seule disponible), a subi mercredi les assauts de la patronne du Medef Laurence Parisot. Puis, jeudi, ceux d’un rapport parlementaire ouvertement pro-gaz de schiste. Bref, les lobbys sont plus déterminés que jamais à entrer par la fenêtre alors qu’on leur a fermé la porte après des mois de mobilisation des populations locales. Et peu importe si les gaz et pétrole de schiste polluent le sol et l’eau, si leur impact sur le climat est calamiteux ou si leur intérêt économique commence lui-même à être contesté.

Malédiction du gaz de schiste

Hasard du calendrier, au même moment, dans la campagne polonaise, à quelques roues de tracteur de la frontière ukrainienne, l’industrie des gaz de schiste est aussi à l’offensive. Là même où des villageois, que l’eurodéputé Vert José Bové avait rencontrés il y a pile deux ans, avaient cru avoir remporté une bataille contre le géant américain Chevron. Et ce au bout d’une année de lutte acharnée, filmée par le réalisateur britannique d’origine polonaise Lech Kowalski, qui avait fait l’objet d’un documentaire diffusé sur Arte le 28 janvier dernier, La malédiction du gaz de schiste. «Je vous ai compris, je renonce à forer sur vos terres», avait dit Chevron en langage administratif, la main sur le cœur.
A LIRE AUSSI l'interview de Lech Kowalski, «ce que j'ai découvert m'a choqué»
Las, voilà que ce lundi 3 juin, à 6 heures du matin, des véhicules du pétrolier déboulent sur le champ convoité deux ans auparavant. Des gamins qui passent à vélo à proximité pour se rendre à l’école donnent l’alerte. Les villageois de Rogow et de Zurawlow accourent. Ils apprennent que Chevron veut clôturer la parcelle de 2,7 hectares de terre agricole qu’il a louée et y installer générateur électrique, éclairage et baraque de chantier. Tension. Une des protagonistes du film d’Arte, Barbara, s’interpose devant une voiture. Le chauffeur de Chevron ne ralentit pas, elle est blessée à la jambe.
Le cinéaste Lech Kowalski est appelé à la rescousse. A peine de retour à Paris (où il habite), après avoir présenté son film au festival de Cracovie, celui-ci saute dans un avion et les rejoint. Depuis, il filme et tweete en direct l’évolution de la situation. Car la mobilisation des paysans ne faiblit pas. Depuis six jours, environ 300 d’entre-eux se relaient pour être toujours présents sur place vingt-quatre heures sur vingt-quatre. «Ils ont monté une grande tente, préparent de la soupe au chou sur une cuisinière de la Seconde Guerre mondiale, ont installé une table sur laquelle trône un vase dont les fleurs des champs sont changées chaque jour», raconte Lech Kowalski, joint vendredi au téléphone par Libération. «Les plus remontées sont les vieilles femmes de 65-70 ans, qui pourchassent les hommes de Chevron avec des bâtons, au point que les autres villageois sont obligés de les calmer pour éviter tout incident», poursuit-il.

Lech Kowalski avec les villageois.
(Photo Marcin Latanik. Revoltcinema)



Face à eux, une trentaine d’ouvriers, une poignée de vigiles habillés de noir et deux cameramen employés par la firme pétrolière. «C’est absurde, nous nous filmons les uns les autres !», rigole Kowalski. «C’est une vraie guerre médiatique.» Les paysans ont réussi à projeter son film sous-titré en polonais, dans le champ, à la belle étoile, avec un groupe électrogène et un vidéoprojecteur. La plupart ne l’avaient pas vu, car aucun média polonais ne souhaite le diffuser. Et les salles de cinéma et centres culturels du coin ont refusé d’organiser des projections. «Par peur de représailles», dit le réalisateur, qui a dû batailler ferme pour que son film soit au programme du festival de Cracovie.

«Chevron s'acharne»

En Pologne, les gaz de schiste sont un sujet tabou. Le gouvernement de Donald Tusk (centre-droit), qui y voit un moyen de s’affranchir des importations de gaz russe, défend bec et ongles leur exploitation. Le pays compte investir 50 milliards de zlotys (12,5 milliards d’euros) dans ces hydrocarbures non conventionnels d’ici à 2020. Mais la manne annoncée voilà quelques années semble faire pschit. Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), la Pologne était censée disposer des premières réserves de gaz de schiste d’Europe, avec près de 5 300 milliards de m3, de quoi satisfaire la consommation domestique pendant trois-cents ans. Mais ces premières estimations ont été révisées l’an dernier par les experts polonais à moins de 800 milliards de mètres cubes. Du coup, nombre de compagnies déchantent, qui ne trouvent pas assez de gaz pour justifier d’onéreuses explorations et extractions. Début mai, deux pétroliers nord-américains, Talisman Energy Inc. et Marathon Oil, ont annoncé leur décision de quitter la Pologne, quelques mois après le géant ExxonMobil.
«Tout le monde s’en va mais Chevron s’acharne. Pourquoi ? C’est un mystère», s’exclame Kowalski. La porte-parole locale de Chevron, contactée par les villageois, s’est montrée mutique, comme dans le film. Tout juste ont-ils réussi à savoir que la concession «Grabowiec», délivrée le 6 décembre 2007, est valide jusqu’au 6 décembre 2013 pour des tests sismiques uniquement. L’autorisation accordée pour des tests de forages a été annulée en juin 2012. Avec l’énergie du désespoir, faute d’être écouté par Varsovie, l’autoproclamé mouvement «Occupy Chevron» appelle à l’aide au-delà des frontières polonaises. Et espère le soutien actif et même la venue de José Bové ou de l’eurodéputé britannique Vert Keith Taylor, qui s’était lui aussi déplacé en Pologne pour y rencontrer les opposants aux gaz de schiste.

Occupy Chevron

Dernières nouvelles du «front» : ce samedi, une femme médecin a fait six heures de route depuis Cracovie pour passer le week-end dans la tente des villageois, désormais ornée du drapeau national rouge et blanc. Il fait chaud. La solidarité s’organise, les manifestants ont reçu deux ordinateurs pour se connecter au monde. Le lieu est devenu une attraction locale, le voisinage vient partager les repas. L’ambiance est«bonne mais tendue». Les fermiers ont contacté un conseiller juridique et entendent prouver que Chevron est dans l’illégalité.
Ils constatent que les médias français s’intéressent plus à leur lutte que les médias polonais. La police est sur place. Parmi les derniers tweets de Kowalski : «#dontfrackZurawlow Occupy Chevron is not just about fracking, it is about corporations forcing a way of life on citizens. The farmers want the world to know this.» Autrement dit, en VF : «Occupy Chevron va au-delà de la question des gaz de schiste, il s’agit des multinationales imposant un certain mode de vie aux citoyens. Les fermiers veulent que le monde sache cela.» Le suspense continue.

dimanche 9 juin 2013

Alain Ferrand maire du Barcarès

Muriel a été confrontée à ce maire pour un abus de pouvoir manifeste.
Nous avons relaté ses démélés dans différents articles, le dernier est là :
Bien que le tribunal administratif l'ait débouté, Alain Ferrand ne reconnait pas le jugement et fait aller l'affaire en cour de cassation.
Le jugement est attendu en fin d'année...

Voici un article très édifiant paru dans Le Point qui 'éclaire' un peu plus le personnage ...




vendredi 7 juin 2013

Pétition : dissolution des groupes d'extrême-droite

Signez la petition 

http://pasdefachosdansnosquartiers.wesign.it/fr 

pour demander Manuel VALLS ministre de l'intérieur de dissoudre les groupes d'extrême droite 

#stoplahaine

Mercredi 5 juin à 18H00, Clément Méric, un jeune homme de 19 ans a été battu à mort par plusieurs  militants d'extrême droite, Il a été déclaré en état de mort cérébrale à l’hôpital Salpetrière.

Ce passage a tabac a pour unique raison les convictions antifascistes de la victime.

La haine n'est pas une opinion mais un délit, nous ne pouvons accepter que des groupes d'extrême droites multiplient les actes de violences dans nos rues.

Nous demandons à Manuel VALLS ministre de l'intérieur de dissoudre ces groupes d'extrême droite connus pour leurs appels incessants à la haine, et leurs actes répétés de violence en réunion. Il ne s'agit pas de cas isolés, mais bel et bien d'un climat de nauséabond qui s'installe dans notre pays.

Nous appelons l'ensemble des citoyens à la mobilisation contre la banalisation de la haine et contre tous ceux qui la véhiculent.

"Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots." Martin Luther King

Signons, diffusons inlassablement cet appel.


#stoplahaine