Fillols -
Mercredi 25 octobre
Il a osé le dire : « Les biens sont aussi importants que les personnes. » Ce sont les mots de Darmanin jeudi 5 octobre devant la « Commission d’enquête sur les groupuscules violents de l’Assemblée Nationale ». Une commission chargée de criminaliser le militantisme de gauche, suite à la manifestation de Sainte-Soline, durant laquelle le ministre a justifié le fichage des militants et les violences policières.
Il ajoutait devant les députés : « Il faut bien comprendre que lorsque les blablocs [sic] ou une partie des Soulèvements de la terre souhaitent montrer que leur combat est légitime, je constate qu’ils disent ”mais on s’en prend aux biens” […] C’est un combat vieux comme 1789 que de considérer que la propriété est un droit fondamental ».
Le ministre de l’Intérieur est un sociopathe qui ne ressent aucune empathie pour ses semblables humains mais il a le mérite de montrer clairement l’hybridation entre le fascisme et le capital. Darmanin ne comprend pas qu’une mégabassine ou une vitrine n’ont pas de système nerveux central ni d’émotions, et qu’elle ne ressentent pas la douleur. Elles ne peuvent pas non plus perdre un œil ou une main… contrairement aux personnes sur qui la police utilise son arsenal militaire.
Ces propos sont non seulement une aberration biologique qui va à l’encontre des principes des sociétés humaines, mais ils sont hors la loi. Le Code pénal sépare strictement les atteintes aux biens et les atteintes aux personnes. Selon la loi, une atteinte aux biens est une « dégradation » et une atteinte aux personnes est une « violence ». La première est beaucoup moins sanctionnée que la seconde. En droit, on ne peut pas parler de « violences » pour parler d’une vitrine cassée, une poubelle brûlée ou un tag par exemple. Ce que la presse et les politiciens ont oublié depuis longtemps, faisant délibérément la confusion.
Si, comme le prétend Darmanin, les « biens sont aussi importants que les personnes », alors en effet, la vie humaine ne vaut pas plus qu’une marchandise, et il devient possible de tuer pour un trou dans la terre ou la devanture d’un Mac Donald’s. Cette déclaration incarne le fétichisme de la marchandise et la dictature du capital.
Source : https://contre-attaque.net/2023/10/09/les-biens-sont-ils-aussi-importants-que-les-personnes/
Ce jeudi 5 octobre 2023, la cour d'appel de Montpellier a estimé, comme le tribunal de Perpignan avant elle, que la plainte pour "injure" de la mairie de Perpignan avait été déposée hors délai. La plainte en question visait des propos qu'une militante de gauche aurait tenus lors d'un rassemblement en mars 2022.
Tout a commencé le 5 mars 2022, lors d'une manifestation de soutien aux réfugiés ukrainiens. À cette occasion, Josie Boucher, militante du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), aurait utilisé un terme pouvant faire référence à un régime totalitaire pour qualifier la politique du maire Rassemblement national de Perpignan, Louis Aliot. Le 24 mars suivant, le conseil municipal autorise l'édile à porter plainte contre la militante (40 voix pour et 13 contre). La Ville dépose finalement ladite plainte, pour "injure envers un corps constitué", le 7 juin 2022.
Le tribunal rend sa décision un peu plus d'un an après, le 17 juillet 2023. En prononçant un non-lieu, que la cour d'appel de Montpellier vient donc, se félicite l'avocat de Josie Boucher, Jean-Baptiste Llati, de confirmer jeudi dernier. Confortant ainsi une nouvelle fois l'analyse de ce dernier, qui plaidait la prescription de la plainte. "En matière de délit de presse, pour tout ce qui est diffamation ou injure publique, le délai pour déposer plainte est de trois mois calendaires, de date à date", argumente Jean-Baptiste Llati. Selon l'avocat, la Ville n'avait donc que jusqu'au dimanche 5 juin 2022 pour porter plainte. Alors qu'aux yeux de la municipalité, le fait que ce délai expire un dimanche suivi d'un lundi férié (Pentecôte) rallongeait celui-ci jusqu'au mardi 7 juin 2022.
Cependant, l'affaire n'est peut-être pas terminée. Suite à la décision en appel, la Ville a quelques jours pour se pourvoir en cassation. Pour l'heure, difficile de savoir si elle l'a fait. Interrogé sur le sujet, Louis Aliot n'a pas donné suite.
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