Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
Mais pas que.
Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...

BLOG EN COURS D'ACTUALISATION...
...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...

mardi 5 juin 2018

Cette semaine à l'Atelier de l'Entonnoir


 
Mardi : permanence collectif bienvenue aux migrants, Omnibus,l'incroyable Cantine
 
Mercredi :  Cours de guitare,Omnibus, atelier enfants Marionnettes, grainothèque, Amap
 
Vendredi: formation jurique sur la loi asile et immigration proposer par le collectif Migrant.
Le soir reunion du collectif Migrant.
 
Samedi : Soirée de soutient Pour le collectif des trous dentés
 
Lundi : Atelier Couture, Qi Gong
 
 
 
Si vous aussi vous voulez proposer un atelier, n'hésitez pas à nous contacter :
 
06.35.39.34.31
 
 
 
L'aide aux projets est pour l'instant en suspend ça reviendra bientôt !
 
 
 
Mardi
 
 
Permanence du collectif bienvenue migrants conflent

Tous les mardi de 10h à 12h à l'Entonnoir.
 
Permanence / information
every Tuesday from 10h to 12h at l’ENTONNOIR

مداولة العلم و الترحيب بالمهاجرين كل يوم الثلثاء من الساعة 10الى 12بقاعة النطنوار

 
 
 
 
 
10-12h : La bibliothèque de l'OMNIBUS est ouverte!

Si tu veux des conseils de lecture ou choisir toi même ton livre, c'est le créneau!
Livre à consulter sur place ou à emporter pour les adhérents de l'Entonnoir
 
 
 
12h30 : Incroyable Cantine

C’est, bio et végétarien,
préparé par les adhérents, ...par vous la semaine prochaine...
Menu entrée/plat/dessert à 6 Euros
20 Réservations mardi matin à partir de 11h au 04 68 97 06 12
.
 
 
Mercredi
 
 
16h00  atelier création de marionnettes
 
adultes & enfants
gratuit !!!
 
 
 
16h30 : cours de guitare
 
Avec Rudy,
initiation, trucs et astuces!
 
 
18h00 : Grainothèque
 
Libre échange de semences, ramenez les graines dont vous vous servez plus et/ou prenez en des nouvelles, venez échanger vos savoirs et savoirs faires
Livres à consulter
 
 
 
18h30 : La bibliothèque de l'OMNIBUS est ouverte
 
Si tu veux des conseils de lectures ou choisir toi même ton livre, c'est le créneau!
Livre à consulter sur place ou à emporter pour les adhérents de l'Entonnoir.
 
 
18h30 : AMAP du conflent
 

 
 
Vendredi
 
 
Collectif migrant 9h-12h
Propose formation sur la loi asile et immigration
Ouvert à tous
 
 
18h Reunion du collectif Migrant
 
 
Samedi
 




lundi 4 juin 2018

Fillols - Samedi 9 juin - Fête des jardins - Projection du film « Forum des Possibles de Fillols » (2014) à 18h30 suivi d’un échange en présence du réalisateur.

Bonjour tout le monde

Brève histoire des "Bioforums du Conflent" retrouvée dans les archives du blog 'lemurparle' 

* Inspiré par Michel Rosel, architecte écolo-libertaire, Ronan Omnès a initié le premier Bioforum à Casteil les 1, 2 et 3 juillet 2011


* Ensuite il y a eu le deuxième à Molitg les Bains toujours intitulé 'Bioforum' les 12, 13 et 14 octobre 2012


* Le troisième a eu lieu à Fillols les 24 et 25 mai 2014.
Le "Bioforum" est devenu "Forum des possibles"


* Rebaptisé "Le villages des possibles", le quatrième et dernier (Bioforum) a eu lieu les 4 et 5 juin 2016



Tout cela pour annoncer la Fête des jardins à Fillols où il y aura la projection du film « Forum des Possibles de Fillols » (2014) à 18h30 suivi d’un échange en présence du réalisateur.


Le Foyer Laïque de Fillols relaie, avec grand plaisir, l'annonce suivante :



L’asso « les Jardins de Fillols »
présente



le SAMEDI 9 JUIN
à FILLOLS


LA FÊTE DES JARDINS
du matin jusqu’à la nuit


LE PROGRAMME :


AUX JARDINS COLLECTIFS

à partir de 10h00
Chantier participatif : auto-construction de la maison serre des jardins (bois/verre/paille/argile)

vers MIDI : repas tiré du sac

14h00 :
Chantier auto-construction (suite)
Troc de graines et de plants (avec la Grainothèque de L'Entonnoir)
Fabrication de bombes à graines avec les enfants



A LA SALLE DES FÊTES

18h30 : Projection du film « Forum des Possibles de Fillols » (2014)
suivi d’un échange en présence du réalisateur


A l’heure du repas : stand restauration maison et buvette

21h00 : BAL TRAD’ avec XYLEME (34)


Entrée en participation libre

dimanche 3 juin 2018

Le passage en force de Linky suscite la révolte


Le passage en force de Linky 

suscite la révolte


30 mai 2018 / Moran Kerinec (Reporterre)




Déploiement accéléré, passages en force, ignorance des questions des usagers… Enedis, le promoteur du compteur communicant Linky, provoque des levées de boucliers dans les communes, des débats au Parlement et une forte opposition. Dans une enquête en cinq volets, Reporterre passe au crible le dossier : méthodes de pose, santé, protection des données, utilité écologique... Premier volet.

  • Cet article est le premier d’une enquête en cinq volets que Reporterre consacre au compteur Linky.


« Enedis m’a obligée à barricader mon compteur. Maintenant, il est scellé. » Dans un café d’Oullins, en bordure de Lyon, Sandrine est venue accompagnée d’autres membres du collectif anti-Linky Sud-Ouest lyonnais (SOL). Autour de la table, chacune feuillette son propre dossier pour vérifier les informations qu’elles partagent : extraits de presse, documents d’Enedis, notes et études s’y mélangent. À tour de rôle, elles racontent leur première expérience avec le compteur controversé. « Des installateurs m’ont appelé un jour : ils étaient en bas de chez moi, garés dans la rue. Je n’ai pas voulu les faire entrer. Ils m’ont expliqué que c’était obligatoire, que j’allais devoir payer des frais supplémentaires si je refusais l’installation d’un compteur Linky », raconte Jocelyne en sirotant un thé. « Quand des installateurs viennent chez vous, sans avertissement, poser un Linky, ça peut donner l’impression d’une intrusion dans la vie privée. Ça touche au foyer, à l’intime », ajoute sa voisine Marie-France.

Pourtant, selon ses défenseurs, le Linky serait un bond en avant : véritable outil de la transition énergétique, le compteur communiquant pourrait mieux informer ses usagers de leur consommation électrique, permettre une connaissance plus fine du réseau et de ses besoins pour les fournisseurs d’énergie, raccorder plus facilement les installations d’énergies renouvelables chez les particuliers… Mais nombreux sont ceux qui se méfient du Linky, qui est accusé de tous les maux : « Il enverrait des ondes néfastes pour la santé », « il permettrait à Enedis d’espionner les foyers et d’en revendre les informations », « il serait imposé de force ou par la ruse par des installateurs peu scrupuleux, sans possibilité de le refuser », « il ne servirait pas la transition écologique, mais l’intérêt financier d’Enedis »… Des interrogations légitimes, auxquelles Reporterre a cherché les réponses.

Pour comprendre cette défiance, il faut revenir quelques années en arrière. En 2008, une étude comparative internationale réalisée par Capgemini pour le compte de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) poussait la France à déployer chez tous les consommateurs en basse tension un compteur « communicant ». En 2009, une directive européenne soumettait le choix de la généralisation des compteurs communicants à une analyse coût-bénéfice favorable et à une décision souveraine de chaque État membre de l’UE. Les premiers tests ont lieu en France dans la région lyonnaise et en Indre-et-Loire en 2010, et il est alors baptisé « Linky ».

« Enedis menace les personnes qui refusent le Linky d’une procédure au civil »


Si certains pays, telle l’Allemagne, ont choisi un déploiement limité, la France s’est engagée à remplacer les compteurs électriques de tous les foyers français grâce aux efforts d’Enedis, ex-ERDF et filiale à 100 % du groupe EDF. « Aujourd’hui, 11 millions de familles disposent du Linky, précise Enedis à Reporterre, nous en installons 30.000 par jour, pour atteindre les objectifs posés par la Commission européenne et la CRE. » Soit 35 millions de compteurs communicants d’ici 2021. Une opération massive et un calendrier serré… Mais par des opérations de pose à marche forcée sans prendre en considération les doléances des usagers, Linky s’est aliéné la population.

Il faut dire que les méthodes d’installation d’Enedis sont pour le moins expéditives : pour réussir sa mission, l’entreprise incite ses installateurs à poser coûte que coûte les compteurs, même quand les habitants s’y opposent. En témoigne une fiche de conseil distribuée aux techniciens, qui rappelle qu’« Enedis ou l’Entreprise de Pose mandatée est en droit d’accéder au compteur, même situé dans les parties privatives d’une propriété ou copropriété, dans la mesure où il s’agit de l’une de ses missions légales ». Qu’importe alors l’avis des usagers, le remplacement s’effectue parfois sans qu’ils ne soient informés du jour de l’intervention pour peu que le compteur soit positionné sur leur palier ou aux abords de leur propriété, et que la présence des habitants ne soit pas nécessaire pour y accéder.

La même fiche précise les situations pouvant être rencontrées et la conduite à adopter au cas par cas. Dans celui où un cadenas ou des affiches interdisent l’accès au compteur, il est recommandé de « ne pas en tenir compte », de « casser le cadenas si besoin » pour « remplacer les compteurs ». Une « erreur de communication », s’excuse Enedis, qui affirme à Reporterre avoir suspendu la production et l’envoi de ces consignes. Quant aux appareils qui se situent au sein même d’un logement, certains sous-traitants n’hésiteraient pas à user de la ruse pour entrer dans les foyers. « Un installateur est venu un matin, ma colocataire lui a ouvert, et il lui a expliqué que j’avais pris rendez-vous ce jour-là. Ce n’était pas le cas. Quand je suis revenu le soir, le compteur était installé », témoigne Nolwenn, habitante du 19e arrondissement de Paris.
 

 


Quand un usager s’oppose à la pose d’un compteur Linky, il lui est régulièrement répondu qu’il n’a pas le droit de le refuser. « Enedis menace les personnes qui refusent le Linky d’une procédure au civil pour les forcer à leur donner accès, assure Me Magarinos-Rey, avocate de maires anti-Linky. On a vu une grande quantité de lettres annonçant ça, mais pour l’instant aucune procédure. » Des affirmations que réfute catégoriquement Enedis, mais que maintient la juriste, documents à l’appui. Certains témoins contactés par Reporterre affirment également avoir subi un harcèlement téléphonique des équipes d’Enedis pour leur imposer des compteurs.

Le distributeur d’énergie utiliserait un double langage, selon Me Magarinos-Rey : « Enedis dit de temps en temps dans les médias “pour les personnes qui refusent, nous n’installerons pas de compteur”. Mais pour l’instant, c’est du vent. Ils continuent de forcer l’accès aux compteurs. » Parmi les anti-Linky, nombreux sont ceux qui ont fait savoir par lettre recommandée leur opposition à la pose de l’appareil dans leur logement. Mais ces missives sont restées lettres mortes. « Les usagers ne peuvent pas vraiment refuser, explique Me Magarinos-Rey, le pouvoir réglementaire a prévu le déploiement de ces compteurs qui, rappelons-le, n’appartiennent pas aux particuliers. Il n’y a qu’une solution : il faut saisir le tribunal civil en demandant à ce que le compteur ancien soit réinstallé, ou en mesure de prévention que le compteur ne soit pas remplacé. »


Rebutés par les méthodes d’Enedis, des groupes anti-Linky ont éclos à travers le territoire français. « Psychologiquement, il faut du collectif. Seuls, nous ne pouvons pas nous dresser », explique Sandrine, du collectif anti-Linky Sud-Ouest lyonnais. Ces petits groupes locaux ont initié leur propre campagne contre les compteurs, s’associant pour rédiger des lettres de refus, faisant des ateliers pour verrouiller à plusieurs les compteurs mécaniques à l’aide de briques et de grilles en fer… Voire, dans certains cas, en organisant des tours de garde pour vérifier que les techniciens ne viendraient pas installer des compteurs en leur absence. Pour pallier le manque d’information du distributeur d’électricité, des conférences sur le Linky sont régulièrement organisées dans l’Hexagone par des militants anti-Linky et par des communes circonspectes sur le nouveau compteur. Stéphane Lhomme, conseiller municipal de Saint-Macaire (Gironde), l’une des premières villes à s’être opposé au compteur communiquant, en a animé « plus de 80 » depuis le déploiement des compteurs. Il anime le site Refus Linky

 « On n’a peut-être pas suffisamment informé quand on a lancé le projet »


Cette opposition au compteur Linky a su trouver une oreille auprès des maires des petites ou grandes localités. Selon Stéphane Lhomme, « plus de 400 communes ont pris des délibérations ou des arrêtés à l’encontre des compteurs Linky ». Dans la majorité des cas, les élus locaux demandent le respect du choix des habitants de refuser le compteur ou d’obtenir de plus amples informations sur les enjeux sanitaires et de collecte des données effectuée par les compteurs. Au risque de provoquer les foudres des préfets.

Dans l’Isère, la maire de Réaumont s’est retrouvée devant le tribunal administratif pour avoir pris un arrêté contre l’installation des compteurs Linky dans sa commune au nom du principe de précaution. L’État a contesté cette décision en justice en septembre dernier. Ce scénario s’est reproduit dans différentes communes à travers l’Hexagone. « Systématiquement, les délibérations et les arrêtés qui sont pris sur la base de nos modèles sont attaqués soit par Enedis, soit par les préfectures », explique Me Magarinos-Rey.

Si les élus locaux voient retoquer leurs décisions, le débat s’est hissé jusqu’à l’Assemblée nationale et au Sénat. Un amendement défendu par les députés France insoumise contre l’installation des compteurs a essuyé un premier échec lorsqu’il a été proposé. La sénatrice de Gironde Florence Lassarade (LR) a elle-même proposé deux amendements sur le projet de loi sur le règlement général de la protection des données personnelles concernant les informations fournies pour les compteurs Linky, mais ils ont eux aussi été refusés par ses collègues. Le 9 avril dernier, dans Le Parisien, l’ancienne ministre Corinne Lepage a demandé au gouvernement de mener une étude pour déterminer quel impact sur la santé auraient les compteurs. Si le gouvernement reste coi, elle menace de lancer un recours collectif « au nom des maires et des citoyens » contre l’État devant le tribunal administratif.

Après avoir essuyé le feu des critiques depuis le déploiement du Linky, Enedis tente aujourd’hui de faire amende honorable. « On n’a peut-être pas suffisamment informé quand on a lancé le projet, regrette le distributeur d’électricité, on n’a pas cru qu’il y aurait une telle contestation. On se rend compte aujourd’hui qu’il faut renforcer l’accompagnement. Nous allons voir de plus en plus tôt les communes pour organiser la venue des nouveaux compteurs, et faisons beaucoup plus de réunions sur les territoires. » De bonnes intentions, mais bien à rebours de la contestation.

Reste à savoir si le Linky est réellement un danger pour la santé et la protection des données personnelles de ses usagers. Des questions sur lesquelles reviendra Reporterre dans les jours qui viennent.
  • Suite de notre enquête demain


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Lire aussi : Face aux méthodes brutales pour imposer le compteur Linky, la résistance grandit

Source : Moran Kerinec pour Reporterre
Dessin : © Tommy/Reporterre
Photo : © Moran Kerinec/Reporterre

Source :  https://reporterre.net/Le-passage-en-force-de-Linky-suscite-la-revolte

samedi 2 juin 2018

BASTA YA !






« Mincir, cacher ce décolleté, enlever ses poils. »

« Soyez délicate, soyez féminine. 

Ne criez pas trop fort, vous ne voulez pas être hystérique. »

« Marchez dans la rue, avec la tête baissée. » (La Otra)

Ne soyez pas radicale, soyez reconnaissante. N’ayez pas de revendication, taisez-vous. Conformez-vous. Calmez-vous.

Depuis quelques semaines, les étudiantes chiliennes renversent des siècles d’injonctions. Elles sont des centaines de milliers à crier, à hurler, à manifester. Car pendant des décennies on leur a fait croire qu’elles avaient gagné. Elles disent « Basta, ya ». Assez, ça suffit. Les étudiantes réclament une révolution de l’éducation : plus de femmes aux programmes, une parité dans les conseils administratifs, la fin des violences à l’encontre des femmes à l’université.

«Le mouvement est soudain, personne ne s’y attendait» raconte Maria José Viera-Gallo, écrivaine chilienne, à TV5 Monde. « Les questions féministes, les débats sur le féminisme ici au Chili ne font pas partie de l’agenda public, ils ne sont pas présents dans les médias, tous ces sujets sont souterrains. Ce mouvement est très authentique et contre-culturel et il a fait irruption avec une force et une ampleur inattendues, celles d’une génération de jeunes qui a pris d’assaut les rues, les campus. Ces jeunes femmes sont en train de permettre des espaces de discussion dans un pays où on ne parle pas ».




Le soulèvement des chiliennes est un exemple parmi d’autres. Ces derniers mois, les femmes se sont soulevées dans leurs pays contre la société patriarcale qui leur dicte qui elles sont censées être.

Les Irlandaises. Après des années de lutte, elles ont réussi à mettre fin à un système qui préférait les voir mourir plutôt que de légaliser l’avortement.

Les Espagnoles. Elles ont organisé une grève générale à laquelle plus de 5 millions de femmes ont participé le 8 mars dernier.

Les Etats-Uniennes qui ont lancé le mouvement #MeToo (merci Tarana Burke).

Les Iraniennes qui refusent de se voir dicter une quelconque tenue.

Ces manifestations sont-elles les signes précurseurs d’une révolution des sexes ?

« Cela pourrait être soit le début d’une révolution » commence l’écrivaine nigériane, Chimamanda Ngozi Adichie, au Guardian, « soit une mode. Nous ne savons tout simplement pas … Je vois chez les femmes un sentiment de « C’est bon, c’est fini … Non » et cela me donne de l’espoir. »



Comment sait-on qu’une révolution a commencé ? On ne sait pas.

Ce changement durable de paradigme sociétal ne peut être qualifié comme tel qu’une fois terminé.

Néanmoins, Theda Skocpol – sociologue et politologue américaine – identifie des signes précurseurs en analysant trois révolutions : en France, en Russie et en Chine (oui elles datent) (mais ça vaut le coup).

Dans un premier temps, les classes économiques dominantes paralysent les intérêts étatiques (coucou les récentes réformes qui privilégient certaines classes) si bien que l’Etat se retrouve dans une situation où il ne peut faire face aux défis extérieurs et ne peut « moderniser » le système pour étouffer un soulèvement. Ce sont ensuite les classes dominées (dans le cas des révolutions analysées par Skocpol, les paysans) qui reprennent le relais, en devenant les fers de lance des révolutions. Les classes intellectuelles ne jouent qu’un rôle « transitoire » et ne sont là que pour favoriser l’essor d’une contestation des classes dominées. L’essor de cette contestation est fondé sur l’existence d’une solidarité entre les actrices et les acteurs de cette classe et l’absence de contrôle social et politique. Il s’intensifie grâce à l’absence d’entraide de la classe dominante envers l’Etat. Le schéma décrit par Theda Skocpol n’est ni unique ni universel mais il permet d’illustrer, grâce à ces trois révolutions, l’émergence d’une contestation qui mène à un changement sociétal durable.

Nous ne pouvons affirmer avec certitude que nous sommes à l’aune d’une révolution féministe. Comme le souligne Ngozi Adichie, « il s’agit soit d’une mode soit des prémices d’une révolution. Il ne tient qu’à nous de transformer cet élan multinational vers un changement des rapports entre les sexes.»


Crédits photo : Marcha Estudiantil “Contra la violencia machista” (Confederación de Estudiantes de Chile (CONFECH) ; 2018) ; GIF créé par Les Glorieuses (2018) depuis la vidéo de la Confederación de Estudiantes de Chile (CONFECH). 


 Source :https://lesglorieuses.fr/basta/


vendredi 1 juin 2018

Voici pourquoi la politique de tirs de loups n’est pas efficace


Voici pourquoi 

la politique de tirs de loups 

n’est pas efficace


 16 mai 2018 / Émilie Massemin (Reporterre)




Le plan loup 2018-2023 prévoit l’abattage de 40 loups maximum en 2018. Mais cette politique quantitative de tirs n’a jamais prouvé son efficacité contre la prédation. Pire, des spécialistes du canidé sauvage s’inquiètent d’effets contre-productifs. Ils plaident pour des tirs non létaux « éducatifs » ou, à défaut, ciblés sur les « loups à problèmes ». Enquête.

Faut-il tuer les loups ? Ils ne sont pas si nombreux en France — environ 360 en mars 2017 selon les chiffres de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Ils restent concentrés dans certaines zones — principalement les Alpes et la Provence. Mais leur sort déchaîne les passions. Pour cause, des dégâts croissants et considérables provoqués sur le pastoralisme. En 2017, 11.741 animaux domestiques ont été tués par ce prédateur (contre 6.786 en 2013) et 3,47 millions d’euros d’indemnisations ont été versés. Des éleveurs et des bergers, traumatisés, réclament le droit de défendre leurs troupeaux. Les environnementalistes souhaitent préserver une espèce encore fragile et protégée. Le plan loup 2018-2023, rendu public en février par les ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture, autorise l’abattage de quarante loups en 2018. Il réussit l’exploit de poursuivre quasiment à l’identique la politique de gestion menée depuis 2004 sans satisfaire aucune des parties.

La convention de Berne qu’a ratifiée la France en 1989, avant le retour des loups dans le parc national du Mercantour, en 1992, lui impose une protection stricte du canidé sauvage. De même que la Convention internationale sur le commerce des espèces en danger (Cites) de 1973 et la directive « habitats » de 1992. La destruction de l’animal n’est autorisée à titre dérogatoire qu’à trois conditions : laisser l’espèce dans un état de conservation favorable, être justifiée (permettre de « prévenir des dommages importants à l’élevage »), et appliquée en l’absence « d’autre solution pouvant être mise en œuvre ».

Pourtant, l’État a sorti le fusil dès 2000 dans le cadre du deuxième programme Life « loup dans les Alpes ». Quatre ans plus tard, le plan d’action sur le loup 2004-2008 a instauré le principe du plafond annuel de loups à « prélever » — comprenez à abattre — sur l’ensemble du territoire. Depuis, chaque année, deux arrêtés ministériels définissent ce nombre et les modalités des tirs. De 10 % de la population lupine (soit six loups) en 2004, le plafond a été régulièrement relevé jusqu’à atteindre quarante loups en 2017-2018. Ces dernières années, il a été systématiquement atteint et rehaussé : deux loups supplémentaires en 2015-2016, quatre en 2016-2017. Les modalités de tir sont graduées : en premier lieu, tirs de défense simple et renforcée au plus près des troupeaux ; en cas d’échec, tirs de prélèvement simples lors de battues administratives, puis renforcés au cours de parties de chasse, en-dehors de tout contexte d’attaque.

« La gestion quantitative actuelle ne marche pas »

 

Le plan loup 2018— 2023 conserve ces principes. Il décale le calendrier et fixe à quarante le nombre de loups qui pourront être abattus entre le 1er janvier et le 31 décembre 2018 — 10 % voire 12 % de la population lupine les années suivantes. Les tirs de défense, facilités, deviennent « un droit pour les éleveurs à partir du moment où leurs troupeaux sont protégés ou reconnus comme ne pouvant pas être protégés ». L’effarouchement préalable n’est plus requis. En outre, « en cas de situation exceptionnelle, le préfet coordonnateur pourra autoriser les tirs de défense simple au-delà [du] plafond pour que les éleveurs puissent se défendre toute l’année », sans que soit précisé ce qu’est une « situation exceptionnelle ». En revanche, le recours aux tirs de prélèvement sera plus strictement encadré et limité du 1er septembre au 31 décembre.

Ce plan n’était pas encore officiellement publié que les associations de protection de la nature et les organisations professionnelles agricoles s’indignaient. « La gestion quantitative actuelle avec un plafond de prélèvements ne marche pas », a dit Jean-Jacques Fresko, rédacteur en chef du magazine Terre sauvage et président du groupe de travail sur le loup organisé par la Fabrique écologique, en janvier dernier.

 Deux louveteaux abattus par des chasseurs à Chichilianne (Isère), dans le cadre d’un tir de défense renforcé, en septembre 2016.


De fait, elle ne met personne d’accord. Exemple avec l’objectif inscrit dans le dernier plan d’atteindre une population de 500 loups d’ici la fin du quinquennat. Il est dénoncé comme « une absence totale de considération pour les éleveurs » dans un communiqué de la Confédération paysanne. Mais il est également attaqué par les défenseurs du Canis lupus. « Il s’agit d’un nombre minimum pour assurer la viabilité démographique, mais insuffisant à terme pour garantir la viabilité génétique », s’alarmait en janvier le Conseil national de la protection de la nature (CNPN). Selon les experts (page 51), il faut au minimum 2.500 à 5.000 loups adultes « pour permettre à la population de s’adapter aux changements futurs et ainsi assurer sa viabilité sur le long terme ».

Le plafond annuel de loups à « prélever » alimente les mêmes polémiques. Le groupe de travail de M. Fresko propose qu’il soit relevé à 20 % des animaux adultes, en tenant compte « des enseignements de l’expertise scientifique collective conduite par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et l’ONCFS, qui fixe à 34 % le taux de mortalité au-delà duquel la taille de la population est susceptible de diminuer » (page 22 de la note. Problème, selon cette même expertise (page 23, « les prélèvements légaux ne devraient pas […] dépasser 10 % de l’effectif estimé pour que la population présente un bilan numérique au moins stable ».

« Si un alpha est tué, la meute va s’éparpiller » 


Ces batailles de chiffres cachent un problème fondamental : personne ne sait si tuer des loups permet réellement de diminuer la prédation à long terme. C’est même admis — quoiqu’en langage cryptique — dans le dernier plan loup : « Sans métrique spatiale et temporelle adaptée, il est difficile de mettre en évidence une tendance générale sur l’évolution des dommages selon le niveau de prélèvement. Cependant, de nombreux témoignages indiquent que les tirs de défense et défense renforcée réduisent de manière temporaire le nombre d’attaques sur le troupeau concerné. » Mathieu Metral, chef de l’unité loup de la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) Auvergne-Rhône-Alpes, parle de « présomption de l’intérêt de la politique de tirs » : « Les personnes mobilisées près du troupeau provoquent un effet d’effarouchement, plaide-t-il. Et sur un grand nombre d’interventions, on a plusieurs témoignages d’éleveurs qui sentent une différence après l’intervention. Même de courte durée, elle soulage les hommes et les troupeaux. »

Mais à long terme, les spécialistes apportent plusieurs bémols. Premièrement, l’organisation sociale des prédateurs en meutes fausse l’équation « baisse du nombre de loups égale baisse de la prédation ». « Le prélèvement de quelques animaux dans les meutes diminue la taille du groupe mais pas forcément l’aire d’emprise de la prédation et donc le taux de rencontre avec les moutons », observe le groupe d’experts MNHN-ONCFS (page 58. « Il est clair que le nombre de loups pouvant être retirés de la population ne pourrait à lui seul moduler les niveaux d’attaques sur le long terme. À partir de travaux récents en écologie de la faune et en sciences sociales, Bergstrom suggère que les méthodes non létales pour réduire les dégâts sur les troupeaux seraient plus efficaces et plus justifiables que les tirs de prédateurs », lit-on encore dans le rapport.

Pire, certains prélèvements seraient même contre-productifs. En Europe, les meutes sont généralement constituées d’un couple de reproducteurs et de leur progéniture — louveteaux de l’année et leurs frères et sœurs plus âgés. « La meute va éviter de s’approcher de l’homme, elle sera capable de chasser à plusieurs du gibier comme des cerfs, des sangliers et des renards, explique Paul Scheyer, directeur adjoint du Parc national du Mercantour. Mais si un alpha est tué, elle va s’éparpiller. Or, les loups erratiques vont privilégier des ressources alimentaires faciles. » Gare alors aux brebis qui se trouvent sur leur chemin.

 Une meute de loups dans le Parc national états-unien de Yellowstone, en 2007.


Un risque relativisé par Mathieu Metral : « Effectivement, quelques cas où des tirs ont favorisé la prédation en portant atteinte à la structure sociale des loups ont été documentés à l’étranger. Mais sur le plan statistique, rien ne dit qu’il vaut mieux ne rien faire. » Quant à « choisir » le loup qu’on tire pour éviter de s’en prendre à un reproducteur, c’est impossible : « Les loups sont très furtifs. Souvent, l’observation se fait de nuit, à l’aube ou au crépuscule. On voit l’animal, mais de là à savoir s’il s’agit d’un parent ou d’un jeune… » Seule la brigade loup, composée d’agents aguerris, a reçu pour consigne de « ne pas tuer le plus gros loup parce qu’on pense que les dominants ont une plus grande taille. Les conditions ne permettent pas de faire mieux ».

Face à ces limites d’une gestion quantitative du loup, des spécialistes plaident pour une approche plus éthologique du prédateur, c’est-à-dire fondée sur l’étude de ses comportements. L’idée est de cibler les tirs pour qu’ils aient un effet maximal sur la prédation. En effet, les dégâts causés par Canis lupus ne sont pas répartis de manière homogène sur le territoire. En 2013, des « foyers d’attaque » représentaient seulement 20 % des éleveurs attaqués, mais concentraient 64 % des victimes indemnisées et le même pourcentage des indemnisations, sans relation claire avec un niveau de vulnérabilité plus fort (milieu embroussaillé, pentu, animaux dispersés…) ou de protection plus faible, selon un rapport de Terroïko au ministère de l’Agriculture.

« Il faut éliminer les animaux responsables d’attaques récurrentes » 

 

Jean-Jacques Blanchon, président de l’association Houmbaba et ancien conseiller pour la biodiversité de Nicolas Hulot à la Fondation pour la nature et l’homme (FNH), a cosigné une étude comparative sur la gestion du loup en France, en Allemagne et dans les Northern Rocky Mountain états-uniennes.
Pour lui, « ça n’a aucun sens de tuer 10 % des loups au hasard ! Certains troupeaux sont attaqués cinq, dix, quinze, vingt fois. Il faut éliminer les animaux responsables de ces attaques récurrentes ».

Jean-Marc Landry, biologiste et éthologue suisse et auteur du livre Le loup (éd. Delachaux & Niestlé, 2017), a observé avec son équipe, plusieurs étés d’affilée, les interactions nocturnes entre loups, chiens de protection et troupeaux dans le Mercantour et au camp militaire du Canjuers dans le Var, à l’aide de caméras thermiques. Il a observé que les attaques étaient en moyenne « à plus de 60 % le fait de loups seuls », notamment de certains « subadultes un peu délaissés qui apprennent probablement à chasser, traînent près des troupeaux, semblent tester les chiens et tentent des attaques ». « On découvre des personnalités chez les loups. Lors des attaques à plusieurs individus, certains, plus trouillards, restent en retrait ou s’enfuient dès les premières escarmouches avec les chiens. Quand on tue un loup de manière aléatoire, on ne sait pas si l’on a tué le bon individu. »

Au-delà du ciblage individuel, plusieurs voix s’élèvent pour faire des tirs un outil pédagogique qui apprendrait aux loups à craindre les troupeaux. Il s’agirait de viser le loup quand il est précisément en train d’attaquer, pour qu’il fasse l’association entre son acte de prédation et la punition. « Tuer un loup n’a pas de vertu pédagogique sur l’animal, puisqu’il meurt. Et quand une meute attaque un troupeau et qu’on abat un de ses membres, les survivants ne font pas forcément le lien entre le troupeau et leur congénère tué, explique Pierre Rigaux, membre de la Société française d’étude et de protection des mammifères (SFEPM), qui a participé à plusieurs réunions du comité consultatif sur le projet de plan loup. Il faut que le prédateur fasse le lien direct entre la brebis et le traumatisme pour lui-même. C’est pourquoi ceux qui ont une approche pédagogique sont en désaccord avec le fait de tuer des loups. » Rien de plus vain, donc, que les tirs de prélèvement, qui ont tué dix-neuf loups en 2017 : « Ils permettent de tuer le loup en dehors de tout contexte de prédation. La meute fait encore moins le lien entre la prédation et le danger. »

Une analyse partagée par Jean-Marc Landry, qui depuis des années développe des outils pour susciter la peur chez les prédateurs : « Le loup peut être conditionné à se méfier des troupeaux. Pour cela, nous travaillons à l’élaboration d’un collier porté par certaines brebis. En cas d’attaque du prédateur — ou d’un chien —, il émettra un puissant répulsif. L’animal apprendra alors que le milieu de la brebis est dangereux pour lui. » Plomb, capture et cartouches de gros sel — qui brûlent la plaie du loup et le font souffrir longtemps après l’attaque — sont d’autres moyens de défense non létaux préconisés par Jean-Jacques Blanchon et son collègue Antoine Nochy pour provoquer stress et stratégies d’évitement.

Une partie du monde agricole se dit prêt à ce changement de logique. Mais pour Laurent Garde, directeur adjoint du Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes-Méditerranée (Cerpam), abattre des loups en situation d’attaque ne doit pas être tabou. « Il est documenté que l’effet non létal ne marche que s’il est associé à l’effet létal. La douleur doit signifier au prédateur que l’étape suivante est plus dangereuse. C’est de l’anthropomorphisme que d’imaginer qu’avoir mal arrêtera un prédateur. »

« Les loups sont plus malins que nous »


Jean-Pierre Roux, 67 ans, élève depuis cinquante ans un troupeau d’environ 600 brebis allaitantes à La Javie (Alpes-de-Haute-Provence). Il a perdu « 800 bêtes en dix-douze ans » à cause du loup et a eu l’occasion d’observer l’extraordinaire capacité d’adaptation du prédateur : « Comme les mesures de protection — berger, chiens de protection, filets — marchent la nuit, les loups ont trouvé la combine : ils attaquent le jour, dans le brouillard ou pendant l’orage, quand les brebis sont éparpillées en zone boisée. Ils sont plus malins que nous. » Il est parvenu aux mêmes conclusions que les spécialistes : il faut cibler et éduquer. « J’avais une meute qui tuait 60 à 70 bêtes par an. J’ai réclamé la venue de chasseurs, sans réponse. Par contre, des loups ont été tués dans des endroits où ils ne gênaient pas. Il faut tuer les loups qui causent des dégâts aux troupeaux, à qui leur mère a appris à ne tuer que du mouton. Sinon, les plans loup seront toujours des emplâtres sur des jambes de bois, parce que le nombre de loups augmente et que ce n’est pas en en tuant quelques-uns au hasard qu’on résoudra le problème. »

 Un troupeau de moutons dans la forêts des Mées (Alpes-de-Haute-Provence), en mai 2013.

 Dans ce cas, pourquoi les gouvernements successifs s’acharnent-ils dans l’impasse de la politique quantitative de plafond ? « L’État et ses représentants voient dans la régulation des populations de loups un moyen d’apaiser des tensions générées par leur présence et de lutter contre le braconnage », analysait un groupe d’experts en sciences sociales en mars 2017. Farid Benhammou, agrégé de géographie et spécialiste des grands prédateurs, pointe du doigt « des administrations influentes et très conservatrices, qui ne veulent pas faire de vagues et se prendre la contestation des syndicats agricoles et des chasseurs ». Mais aussi « des groupes idéologiques chez les chasseurs et les représentants des éleveurs, pour qui la seule possibilité est d’éliminer un maximum de loups. Ils réclament le prix du sang sans qu’on prenne le soin de mener les travaux de recherche nécessaires pour voir si cette politique est efficace. Les chasseurs, en particulier, essaient de justifier l’abattage de loups pour pouvoir être associés à cette élimination. Ils y sont parvenus en 2014, avec l’introduction des tirs de prélèvement ».

À l’ONCFS, les doutes et les résistances persistent, notamment sur la possibilité d’« éduquer » le prédateur. « Si cela marchait, ce serait à privilégier. Mais attention à ne pas raisonner de manière anthropocentrée, avertit Christophe Duchamp, de l’ONCFS. Nous, humains, apprenons de l’expérience. Les animaux aussi, mais à la différence de l’homme, ils ont besoin d’une longue répétition des situations dans le temps avant d’apprendre. S’il sent une contrainte d’accès au troupeau à cause des tirs de défense, que ce soit parce qu’il entend une détonation, que la balle passe à proximité ou qu’un animal meure, c’est toujours de l’apprentissage supplémentaire. Mais, de là à ce que l’acquis soit transmis au reste de la meute voire aux générations futures, il y a loin de la coupe aux lèvres. »

Malgré ces blocages, il va falloir trouver des solutions. Car, conclut Jean-Jacques Fresko, « ceux qui imagineraient une nouvelle éradication du loup peuvent rêver : même si on le voulait, on n’est pas sûr d’y arriver, et il reviendrait immédiatement car les conditions de son retour — forêts, ongulés sauvages — sont réunies. »




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Lire aussi : Le loup, « une réalité violente, cruelle et imprévisible »
 


Source : Émilie Massemin pour Reporterre
Photos :
. chapô : un loup gris en captivité dans le Massif central, en 2012. Wikimedia (Clame Reporter/CC BY-SA 4.0)
. louveteaux : association Ferus
. meute : Wikipedia (Doug Smith/CC0)
. troupeau : Wikimedia (Sébastien Thébault/CC BY-SA 3.0)


Source : https://reporterre.net/Voici-pourquoi-la-politique-de-tirs-de-loups-n-est-pas-efficace