Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan. Mais pas que. Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...
BLOG EN COURS D'ACTUALISATION... ...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...
Ce 24 août se tenait à la préfecture un énième comité sécheresse.
Plusieurs dizaines de manifestants, pour la plupart paysans des
Pyrénées-Orientales, dénonçaient l’exclusion de leur syndicat d’un
comité chargé de gérer la ressource en eau alors que le territoire vit
une sécheresse historique. Selon Luc, maraîcher, Marie-Line ou Virginie
éleveuses, «les agriculteurs ont un besoin urgent de solutions alternatives et de sortir des forages à tout va.»
Sous le soleil de plomb, ils étaient
peu nombreux devant les grilles claquemurées de la préfecture de
Perpignan. Mais malgré leur faible nombre, ces paysans ont donné de la
voix et fait sonner les cloches sous les fenêtres où se tenait le comité
sécheresse chargé de gérer les besoins en eau selon les usages. Yohann Marcon, secrétaire générale de la préfecture,
à la tête de ce comité est venu à la rencontre des manifestants pour
réfuter tout arbitrage entre les syndicats agricoles et proposer un
rendez-vous aux agriculteurs excédés par les restrictions d’eau.
« Luc nourrit 50 familles et il est en concurrence directe avec la vigne »
Luc Davy est maraîcher à Estagel, il a vu ses droits d’arrosage réduits de moitié depuis la mi-août. « Depuis
le début de la saison, je pouvais arroser quatre nuits, désormais nous
n’avons de l’eau que deux nuits par semaine. Via l’Amap* de la plaine de
l’Agly, je fournis les légumes pour une cinquantaine de familles, et
sans eau, il n’y a pas de légumes. »
Selon Valentin Lépineux animateur de
la Confédération paysanne 66, agriculteur de cornichons et éleveur de
porcs à Néfiach, le point de vue du syndicat qui revendique une
soixantaine d’adhérents dans les Pyrénées-Orientales est totalement
ignoré par la Chambre d’agriculture. Le communiqué de presse diffusé à
l’issue de la manifestation exige que l’ensemble des syndicats soient
représentés lors des assises de l’eau, aux comités sécheresses et aux
programmes de gouvernance de l’eau. « L’eau est un bien commun, préservons-la, partageons-la. »
Les éleveurs dénoncent un moindre accès à l’eau
Du côté de l’élevage, Romain Garreau est éleveur de porc à Estagel et référent porc auprès de la Confédération Paysanne 66. « Aujourd’hui,
je suis autonome en eau car j’ai un forage, mais tout le matin, j’ai
peur quand j’ouvre le robinet que l’eau ne coule plus. » Romain élève ses bêtes sur la plaine de l’Agly, territoire classé en alerte maximum sécheresse depuis le 28 avril. « Dans
le cas où mon forage s’assèche, j’avais demandé à avoir accès aux
potences agricoles, mais on m’a répondu que cette eau était réservée au
traitement de la vigne. En cas de tarissement de mon forage, il y a un
risque de perte du cheptel. Et je n’ai pas l’impression que cela
inquiète les gestionnaires autour de nous. S’il n’y a pas d’eau, il n’y
aura pas de bêtes. »
Selon les chiffres de 2017 diffusés par la Chambre d’agriculture,
la vigne est la première filière agricole du département avec 2.350
vignerons pour 4.100 exploitations. Les Pyrénées-Orientales comptent 700
arboriculteurs, et 400 maraîchers. La troisième filière agricole,
l’élevage, compte 350 exploitations professionnelles. La Confédération
Paysanne 66 réclame « la priorité pour l’agriculture vivrière et non exportatrice. »
*Amap, association pour le maintien de l’agriculture paysanne.
La
proposition de loi vise à mettre en place un registre national général
des cancers afin de soutenir, compléter et approfondir le travail mené
par les acteurs existants. Ce registre doit aussi être utile pour les
nouveaux acteurs de la recherche sur les cancers, dans le respect de
l'intérêt public.
L'essentiel de la proposition de loi
En 2018, l'Institut national du cancer (INCa) estime qu'on dénombre en France 382 000 cancers. Ils représentent la première cause de décès chez l'homme et la deuxième chez la femme.
Le nombre de cancers s'est accru en raison du vieillissement de la population, mais aussi de la hausse importante de certainscancers dits "de mauvais pronostic" (cancer du poumon, cancer du pancréas et cancer du foie).
Des registres généraux couvrant une zone géographique ou spécialisés
(comme le registre des cancers digestifs ou le registre pédiatrique)
existent déjà mais ils sont incomplets. De plus, les territoires
ultramarins sont peu documentés.
Ainsi, seuls 24% de la population(soit 14 millions de personnes)sont couverts par ces registres, qui servent pourtant de base pour le calcul de l'incidence des cancers au niveau national. Ce n'est donc qu'une estimation, voire une extrapolation.
Cette approche encourt de nombreuses critiques. Les conséquences
environnementales sur les cancers sont peu étudiées. De surcroît,
l'absence de coordination entre les registres et le manque de visibilité
et de lisibilité des comités et procédures d'évaluation aboutissent à
un isolement de ces structures.
La création d'un registre national des cancers permettrad'améliorer tous les aspects de la lutte contre le cancer(prévention, dépistage, diagnostic, prise en charge des patients). Ce registre unique est un investissement sûr en matière de santé publique,
compte tenu du poids économique de la prise en charge des cancers
(5,9 milliards d'euros de dépenses hospitalières en 2020). En outre,
avec cette démarche, la France pourra s'inscrire dans un mouvement
européen de création et d'harmonisation des registres des cancers,
disponibles dans 22 pays européens.
Le registre national facilitera la détermination des indicateurs nationaux en matière de morbi-mortalité, d'incidence et de prévalence.
L'extraction de tout ou partie du fichier pourra être faite pour être
exploitée à des fins de recherche.
Le registre sera aussi un outil de veille sanitaire
et d'alerte pour détecter l'émergence de cancers nouveaux ou rares, ou
des groupes de cas anormalement élevés témoignant d'un risque
particulier.
L'article unique de la proposition de loi vise à confier la mise en œuvre d'un registre national des cancers à l'INCa.
Le texte fixe les objectifs poursuivis par ce registre : centraliser "les données populationnelles relatives à l’épidémiologie et aux soins dans le domaine de la cancérologie".
Un décret en Conseil d'État, pris après avis motivé de la Commission
nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), doit fixer les
conditions d'application du dispositif.
Les sénateurs ont adopté des modifications pour :
préciser le rôle de l'INCa, responsable du traitement des données ;
renvoyer au décret la définition du rôle des entités de recherche
alimentant les registres existants, qui n’ont pas vocation à disparaître
mais à constituer des composantes du système de collecte des données à
l’échelle nationale. L’INCa serait en outre autorisé à en labelliser de
nouvelles et à développer et héberger des systèmes d’information pour
leur compte ;
préciser le cadre d'utilisation des données personnelles, collectées et traitées ;
expliciter la mise à disposition des données du registre national
auprès de Santé publique France, pour l'exercice de ses missions, en
particulier de veille et d'alerte sanitaire.
L'Assemblée nationale doit à présent examiner le texte.
En avril dernier, avec les Soulèvements de la Terre, nous réunissions des milliers de personnes pour manifester et montrer à Atosca (NGE) et au gouvernement le mur dans lequel ils foncent aveuglément.
Malgré la catastrophe écologique et sociale en cours, malgré l'urgence impérieuse de ralentir leur course au bétonnage et de changer nos mobilités...Atosca (NGE) et Vinci ont entrepris les travaux de cette autoroute A69 Castres Toulouse parfaitement inutile, au mépris du bon sens, de l'opinion et de la préservation de la nature. Malgré la forte résistance des populations du Tarn et au-delà, ils poursuivent leur œuvre de destruction.
Pour rappel, cette autoroute, c'est 62 km de tracé accolés à une route publique pour un trafic dérisoire, un projet d'un autre temps... 62km qui privatiseraient la RN 126, détruiraient 400ha de terres agricoles et de zones naturelles. 62km d'arbres abattus, de terres nourricières dévastées, d'eaux polluées, de bitume stérile au profit de quelques-uns et au détriment de tout le monde. 62 km à 17€ l'aller-retour pour faire gagner moins de 15 mn à une poignée de privilégiés...
C'est aussi l'habitat de la loutre d'Europe, des pipistrelles, des hérons... qui succomberaient sous des tonnes de bitume, à l'aune de la sixième extinction des espèces. Ils détruisent pour l'argent, luttons pour le vivant
Alors, face au chantier de l'autoroute la moins fréquentée et la plus chère de France, la lutte ne faiblit pas: recours juridique, prises de position publiques, tribunes, occupations, blocages, désarmements... Tout le monde déteste l'autoroute A69 : ce déni démocratique issu de l'asservissement des élu.e.s à quelques lobbies privés, ce passage en force de trop qui nous enverrait dans le mur ! Face aux engins qui se déchaînent contre le vivant et l'avenir, rejoignez-nous ! Ensemble, nous ne nous laisserons pas faire! Nous sommes la vie qui se défend et tant que nous serons là, l'A69 NE PASSERA PAS !
Le 21 et 22 octobre, soyons à nouveau des milliers pour faire du RAMDAM SUR LE MACADAM. Faisons place à un week-end de résistance, d'action et de luttes déterminées contre l'autoroute. Bloquons les chantier de l'autoroute A69, contre les bétonneurs de nos territoires et les tueurs de vivant ! Empêchons-les de nous envoyer dans le mur !
En 1987, l’État français crée un fichier visant à répertorier les
empreintes digitales des personnes suspectées de certains crimes. En
1998, un palier supplémentaire est franchi : suite à l’épouvantable
affaire Guy Georges, un tueur et violeur en série, le gouvernement crée
le FNAEG. Le « Fichier national automatisé des empreintes génétiques ». Il
s’agit à l’époque de prélever l’ADN dans des cas très précis, dans le
cadre d’affaires gravissimes : celui des personnes condamnées pour viol,
corruption de mineur et « meurtre ou assassinat d’un mineur précédé ou
accompagné d’un viol, de tortures ou d’actes de barbarie ».
En 2002, le FNAEG ne fichait que 2824 individus. Depuis, les lois
sécuritaires et le contrôle de la population ont tellement augmenté
qu’il suffit d’être interpellé pour un tag ou la moindre manifestation
pour que la police réclame votre ADN. C’est désormais systématique et
présenté comme obligatoire à la moindre arrestation. Avec l’objectif
implicite de ficher génétiquement la totalité de la population.
Selon un document interne de l’Union Européenne de mai 2023, 6.5
millions d’ADN de français sont désormais fichés. Plus de 10% de la
population de plus de 20 ans ! Et ces données sont conservées 10 à 40
ans, sans aucune transparence.
En 2016 le fichier stockait les ADN de 3,42 millions d’individus, et
378.462 traces non identifiées. Autrement dit, en 20 ans, des millions
de personnes ont été fichées, et le nombre d’ADN prélevés a doublé en 7
ans seulement. 75% des personnes figurant au FNAEG sont présumés
innocentes, faute d’avoir été condamnés pour ce qui leur a valu d’être
fichés, mais y figurent toujours comme « suspects ».
Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg policier. En y
incluant les personnes indirectement identifiables, cela représente
quasiment la moitié de la population française ! En effet, un ADN permet
d’identifier une personne mais aussi de rechercher les parents, frères
et sœurs des personnes fichées, et donc cinq fois plus de personnes en
moyenne.
La France est très largement en tête des 27 pays de l’Union
Européenne. En comparaison, l’Allemagne arrive loin derrière avec 1,2
million, suivie de l’Espagne avec 460.000 et des Pays-Bas avec près de
400.000. Et l’Allemagne efface les profils ADN qui ne sont plus utiles
aux enquêtes, pendant que la France continue de les accumuler, malgré
plusieurs mises en garde de la CNIL et de l’Europe.
Pire encore, lorsque la France avait la présidence de l’Union
Européenne, Macron avait proposé d’autoriser les recherches ADN de masse
grâce à la création d’outils pour connecter les différentes bases de
données nationales dans le cadre d’une coopération européenne des
polices.
La France a les forces de l’ordre les plus armées et violentes
d’Europe, le plus grand nombre d’agents par habitant et le fichage de
masse le plus important. Prochaine étape : la reconnaissance faciale
généralisée. Des moyens de contrôle dont les dictatures du 20ème siècle
n’avaient pas osé rêver.
Si vous êtes arrêté-e, refusez toujours le fichage de vos empreintes
digitales et ADN. Il vaut mieux écoper d’une amende que de donner à la
police ses gênes et ceux de toute sa famille pour des décennies. Et si
vous le pouvez, exigez l’effacement de vos empreintes auprès du
procureur de votre ville, par courrier recommandé.
Cette semaine, MARDI 29 AOUT, on reprend la vie comme elle vient, en tongues et à siroter des glaçons pour la cantine de réouverture !
La permanence du collectif Bienvenue aux migrants reprend le mardi de 10h30 à 11h30.
Et on peut d'ores et déjà vous annoncer que
mardi 5 septembre, Pascal infirmier de rue,
sera à nouveau présent pour vous offrir
une écoute bienveillante.
Et le 10 septembre ce sera
le retour du Rendez-vous des Mauviettes.
Cette rentrée est l'occasion de vous rappeler l'existence bienheureuse de la bibliothèque OMNIBUS, au sein de l'entonnoir ; faites la vivre, adoptez un bouquin pour un temps c'est se faire un nouveau copain !
L'Atelier de l'Entonnoir accueille également un espace de prévention des conduites à risques en partenariat avec les éducateurs de rue de l'ASCODE, demandez aux bénévoles présent·es pour vous servir, c'est accessible mais à l'abri des regards.
Les espaces dons regorgent d'affaires chouettes pour faire une rentrée sapé·es comme jamais !
Et la grainothèque sera ravie d'accueillir vos graines!
Et bien-sûr, cette rentrée est aussi le moment pour s'investir au sein de l'Entonnoir et devenir bénévole : cantine, café, petits travaux, communication, ateliers ponctuels ou réguliers, événement, bienvenu·es à toute bonne volonté!
Rêvons un peu...
Parce
que nous sommes pour une société où l'on consomme moins et mieux, parce
que nous défendons la solidarité et l'entraide, vous trouverez
différents espaces dons à l'atelier de l'entonnoir ; objets et vêtements
à l'intérieur, et nourriture dans placard et réfrigirateur extérieurs
accessibles 24h/24
C’est
parti mon kiki, et les villes vont douiller. Les villes, c’est-à-dire
le pékin. Il y a quelques semaines, Veolia, transnationale
« française » de l’eau organisait un gentil voyage de
presse – c’est la boîte qui paie, pas le journal – à Bergerac, en
Dordogne. L’occasion était trop belle, car pour une des premières
fois en France, un camion-citerne nettoyait les rues avec de l’eau
« usée », au lieu d’utiliser l’eau potable habituelle.
À
Bergerac, le projet reste modeste, mais l’idée est en train de
flamber partout. À Sainte-Maxime (Var), à Deauville (Calvados), en
Vendée, où Veolia a vendu à l’agglomération des Sables d’Olonne
et à Vendée Eau – distributeur public – le programme Jourdain
(1). Jourdain comme le fleuve martyrisé d’Israël, comme ils sont
drôles. Les choses sont loin d’être simples, mais enfin, il s’agit
de développer un système dont on parle chaque jour un peu plus, le
REUT, pour Réutilisation des eaux usées traitées. La promesse
Jourdain – on en reparlera à l’arrivée, au mieux en 2027 –
consiste à récupérer dans une station d’épuration une fraction de
l’eau et de la réinjecter en amont du barrage du Jaunay par une
canalisation de 27 km. Les subventions publiques atteignent déjà
7,7 millions d’euros, mais ce n’est, on l’espère pour Veolia, qu’un
tout petit début. Pour la transnationale, mais on l’avait compris,
le système REUT est, comme l’indique son site, « une
nouvelle réglementation, de nouvelles opportunités ». Sur
fond de sécheresse chronique, l’argent public ne peut que couler à
flots.
À
Nice, Christian Estrosi, maire désormais macroniste, vient
d’annoncer un plan de 700 millions d’euros pour la station
d’épuration d’Haliotis 2, dont une bonne part pour l’utilisation des
eaux usées. Cette fois, ce n’est pas Veolia qui profitera de
l’aubaine publique, mais sa sœur jumelle et concurrente, Suez. La
version officielle annonce : « La Métropole de Nice
disposera dès 2028 d’une unité industrielle de Réutilisation des
Eaux Usées Traitées capable de recycler 5 millions de mètres cubes
d’eau par an sur le territoire ».
Pour
mieux comprendre les enjeux de ce énième putsch sur les ressources
publiques, garder dans un coin de la tête que la France « produit »
8,4 milliards de m3
d’eaux usées chaque année, dont moins de 1% est à nouveau utilisé.
Or le plan Macron annoncé ce printemps (3) prévoit de multiplier
par 15 ce pourcentage d’ici 2030. Miam Veolia. Miam Suez. La manne
servira massivement pour les besoins de l’agriculture industrielle :
arrosage des grandes cultures et arboriculture notamment.
Mais
voici l’heure d’une explication de base. Il y a plus d’un
traitement de l’eau, on s’en doute. Rappelons à ce stade que l’eau
du robinet est déclarée potable sur simple décision politique.
L’exemple le plus récent est celui du chlorothalonil, pesticide
cancérogène probable, interdit en Europe depuis 2019. Tous les
pesticides créent des produits de dégradation par milliers, dont
très peu sont recherchés dans l’eau dite potable. Ces métabolites
peuvent être, et sont souvent plus toxiques que les molécules de
départ. Dans le cas du chlorothalonil, un seul de ces métabolites –
le R471811 – rend la consommation d’eau non conforme dans le tiers de
la France. Que fait-on ? Rien.
Et
tout est à l’avenant à la sortie des stations d’épuration. Il
reste dans l’eau du robinet des quantités faibles mais réelles de
joyeusetés comme les microplastiques – mais oui -, des résidus de
médicaments, de métaux lourds, de pesticides bien sûr, de
cosmétiques, de sous-produits du chlore. Tous sont potentiellement
dangereux, et nulle autorité n’est capable de seulement penser leur
synergie – l’effet cocktail – quand ils sont avalés par un
consommateur quotidien.
Mais
ce n’est rien encore avec le système REUT, dont les eaux seront bien
plus farcies de polluants non traités.
Qui se retrouveront dans les nappes, dans les sols, dans les
goûteuses cerises. Il y aurait bien une autre voie, celle d’une
nouvelle culture de l’eau, entraînant la société sur des chemins
nouveaux. Mais que diraient Veolia et Suez ?
"Régulièrement réuni à l'initiative du Préfet, le Comité sécheresse compte aussi bien des représentants de la FNSEA locale que des moniteurs de canyoning. Mais personne de la Confédération paysanne. Cherchez l'erreur."
Deux requins prélevés en Floride rejoignent l'aquarium de Canet-en-Roussillon
L'aquarium Oniria de Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales) fait
entrer dans ses eaux une troisième espèce de requins, ce vendredi 11
août, avec Féroce et Diablesse. Le couple de requins-taureaux devrait
permettre de faire avancer des recherches scientifiques, et pourquoi pas
se reproduire.
Derrière l'immense vitre de la salle des requins de l'aquarium
Oniria, les visiteurs sont captivés. Devant eux, des requins à pointe
noire, des requins gris dont quatre bébés, et désormais deux
requins-taureaux. Cette espèce impressionne. Les squales nagent
continuellement la bouche ouverte pour mieux respirer et faire entrer un
maximum d'eau dans leurs branchies. Une posture quilaisse apparaître l'intégralité de leurs dents aiguisés, sur trois rangées, et leur confère un air agressif.
Pour autant, ils sont inoffensifs, rassure Eric Clua, professeur à l'école pratique des hautes études, spécialiste des requins. "Ça
leur donne un air agressif, alors que ce requin se nourrit
exclusivement de poissons et de calamars. Donc il ne représente aucun
danger pour l'homme... à part si on s'amuse à l'embêter, qu'on va lui
tirer la queue, alors là il peut y avoir une morsure de défense, ce qui
est tout à faire naturel", précise-t-il.
Dans son habitat naturel, en Australie mais aussi sur les côtes états-uniennes par exemple, ce squale a longtemps été chassé
car c'est un requin côtier qui fait peur. Son espèce est aujourd'hui
menacée, également du fait du marché florissant pour les ailerons de
requins. Conséquence directe : "Il est présent un peu partout mais en très faible quantité" détaille Eric Clua, qui précise qu'il reste difficile de faire un recensement précis dans la profondeur des océans.
En juin 2003, deux requins-taureaux ont donc été prélevés au large de la Floride
selon des quotas stricts de prélèvement, puis acclimatés en bassin afin
de rejoindre le programme de protection de l'aquarium de
Canet-en-Roussillon. Baptisés Diablesse et Féroce par l'équipe d'Oniria,
ces squales sont âgés de 2 à 4 ans et pourraient vivre encore 30 ans
s'ils atteignaient leur longévité maximale.
Le requin taureau dispose de trois rangées de dents aiguisés, lui donnant un air agressif, il est pourtant inoffensif -
Oniria
Faire naître des requineaux
Avant d'arriver jusqu'à
Canet-en-Roussillon, ils ont d'abord pris l'avion pour rejoindre la
capitale française, puis un semi-remorque a conduit les deux requins
dans la nuit de jeudi 10 à vendredi 11 août 2023 jusqu'au sud de la
France. Une logistique impressionnante a été mobilisée, avec de nombreux
spécialistes pour maintenir les squales dans des conditions optimales. À
leur arrivée, vers minuit, ils ont été directement introduits dans le plus grand bassin de l'aquarium Oniriaet présentés dès le lendemain matin au public.
Objectif
désormais : faire naître de petits requineaux. Le programme prévoit en
effet la reproduction de ce couple de requins-taureaux. La tâche
s'annonce néanmoins complexe : bien que le mâle possède deux appareils
reproducteurs, cette espèce est victime d'oophagie,
c'est-à-dire qu'aussitôt éclos, les premiers petits s'empressent de
dévorer les autres œufs. Le phénomène fait donc diminuer le nombre de
naissances de requineaux.
Mais Eric Clua est optimiste. En tant que comportementaliste, il veille au grain sur ces deux nouveaux protégés. "Ils ne montrent aucun signe de stress ni d'agressivité
à l'égard des autres espèces de requins présentes dans le bassin. Les
conditions semblent optimales pour qu'ils soient heureux et pourquoi
pas, qu'ils se reproduisent" confie-t-il, sourire aux lèvres.
Préservation et recherches scientifiques
Le but de l'opération est aussi scientifique. "L'intérêt c'est de faire un traçage génétique des individus",
explique le spécialiste. En frottant la peau d'un requin, les experts
du Criobe, le centre de recherche insulaire et observatoire de la
biodiversité et de l'environnement, sont capables de séquencer ses gênes et donc de l'identifier. Une prouesse très utile dans le comptage des espèces.
La captivité de Diablesse et Oniria permettra "d'avoir de meilleurs résultats scientifiques lors des prélèvements dans la nature" s'enthousiasme Patrick Masanet, directeur scientifique d'Oniria. Un passage obligé d'après Eric Clua : "Plus une espèce est en danger, plus on a intérêt à en garder sous protection et c'est ce que fait Oniria".
L'aquarium Oniria ne cesse d'augmenter le nombre d'animaux qu'il
posssède dans ses eaux. Cette fois-ci, deux requins-taureaux viennent
rejoindre les rangs ce vendredi 11 août 2023.
Impressionnants et imposants. Quand on les observe, on est rassurés de se savoir en sécurité derrière une vitre, et encore.
Comme si leur apparence féroce et leur taille imposante ne
suffisaient pas : les équipes de l'aquarium ont déjà choisi les prénoms
des nouveaux venus : Diablesse et Féroce, une femelle et un mâle avec
des vrais prénoms de requins.
Ces deux animaux de la famille des squalidés ont donc rejoint les
requins gris et ceux à pointes noires déjà présents dans le plus grand
bassin d'Oniria.
Âgés respectivement de 2 et 4 ans, ces jeunes requins mesurent pour
l’une pas loin de 1,60 mètre et pour l'autre 2,10 mètres Sachant qu'ils "pourront atteindre jusqu’à 3,5 mètres de longueur et qu'ils sont dotés d’une espérance de vie de 25 à 40 ans en moyenne", précise l'aquarium dans un communiqué de presse.
En provenance de Floride
Ces deux squales sont issus de leur milieu naturel en Floride. Leur
arrivée respecte bien les quotas de prélèvements qui sont très stricts.
Le couple a été pêché en juin 2023 avant d'être acclimaté dans de grands bassins en extérieur.
Ensuite les deux grands poissons sont arrivés en avion à Paris, sous
la surveillance de spécialistes ; avant d'être transportés en
semi-remorque pour arriver à Canet dans la nuit de jeudi à vendredi 11
août.
Carcharias taurus
Le requin taureau de son nom scientifique Carcharias taurus est
un animal très placide qui se déplace très lentement, il ne représente
aucun danger pour l'homme puisqu'il ne mange que du poisson.
Mais un détail lui a créé une mauvaise réputation : "ses trois
rangées de dents sont toujours visibles puisqu'il garde la bouche
ouverte pour faciliter le flux d'eau dans ses branchies", explique le professeur Éric Clua, directeur d'études au CRIOBE et spécialiste des requins.
Recherches scientifiques
L'arrivée de ces deux phénomènes représente pour l'enseigne une possibilité "d'apporter une nouvelle dimension à la visite de l'Aquarium Oniria".
En outre, leur présence va permettre la mise en place de recherches
scientifiques, dont une étude génétique, en plus des programmes de
reproduction.
Lorsqu'une espèce est menacée, c'est
toujours bon de les protéger pour faciliter leur multiplication parce
que ça nous permet de conserver ce patrimoine naturel qui est en voie de
disparition.
Professeur Éric Clua - directeur d'études au CRIOBE
Le personnel de l'aquarium espère que le couple de requins taureau se reproduira afin d'aider à la conservation de l'espèce.
Alors que les vagues de chaleur continuent de
s'abattre sur la France, des centrales nucléaires, dont celle de Golfech
dans le Tarn-et-Garonne, doivent réduire leur production jusqu'au 25
août 2023. La mesure, qui devient récurrente, vise à maintenir la
température du fleuve en dessous de 28 degrés et préserver sa
biodiversité.
Alors que des vagues de chaleur torrides continuent de
balayer la France, un sentiment de déjà-vu s'installe. Avec 50
départements placés en vigilance orange par Météo-France, EDF
(Électricité de France) est contrainte une nouvelle fois de réduire sa
production dans ses centrales nucléaires notamment à Golfech
(Tarn-et-Garonne) et au Bugey dans l'Ain. La raison ? Les températures
élevées qui sont prévues dans le sud de la France cette semaine.
"En raison des prévisions de températures élevées sur la Garonne,
des restrictions de production sont susceptibles d’affecter le site de
production nucléaire de Golfech à partir du 21 août 2023.", indique EDF sur sonsite web. Conséquence : l’arrêt du réacteur nucléaire Golfech 2 (1,3 GW) est prolongé jusqu’à vendredi 25 août.
En maintenance, les deux réacteurs du CNPE étaient l'arrêt depuis le
26 mars dernier. La reconnexion de l’unité n.2 était annoncée pour le 13
août 2023 et celle de l’unité n.1 le 20 août 2023.
Ne pas dépasser les 28°
Pour refroidir ses réacteurs, la centrale pompe l'eau du fleuve, puis la rejette, plus chaude : mais il ne faut pas que cette eau dépasse les 28 degrés en
aval. En raison d'un débit plus faible, la température de la Garonne
chauffe plus rapidement et impacte directement la biodiversité en
asphyxiant les poissons et permettant la prolifération d’algues.
En 2022, l'Etat français avait accordé des dérogations environnementales
à cinq centrales nucléaires, dont celle du Tarn-et-Garonne, afin de
maintenir leur activité malgré les fortes chaleurs. Elles avaient pu
rejeter des eaux plus chaudes qu'habituellement.
Le RES souligne que la France métropolitaine se classe au 9ème rang
mondial pour le nombre de cas de cancers, au 4ème rang mondial pour le
cancer du sein et au 6ème rang mondial pour le cancer de la prostate,
mais la Guadeloupe et la Martinique possèdent les taux les plus élevés
au monde.
Texte : Maïté Debove
Photographie : Katarzyna Bialasiewicz3 août 2023
L’association de loi 1901 Réseau Environnement Santé (RES) a
réagi aux nouvelles données publiées par Santé Publique France sur
l’augmentation des cancers, qui ont doublé en France depuis 1990. Elle
constate un manque d’informations sur les causes environnementales et
les perturbateurs endocriniens, pourtant décrites comme causes
dominantes par le consensus scientifique international.
Selon le rapport de Santé Publique France : « En 2023, le nombre
de nouveaux cancers, toutes localisations confondues, est estimé à 433
136 cas. Entre 1990 et 2023, le nombre de nouveaux cas de cancers a
doublé, avec une augmentation de 98 % des cancers chez l’homme et de 104
% chez la femme, toutes localisations confondues. En France, ils
représentaient la première cause de mortalité avec 157 400 décès en
2018. »
Depuis 1990, chez la femme, le taux d’incidence tous cancers a
augmenté de 0,9 % par an, tandis que chez l’homme, il a augmenté de 0,3 %
annuellement de 1990 à 2023.
Le rapport souligne les causes habituelles et évitables, telles que
l’obésité et la sédentarité, le tabagisme, notamment pour le cancer du
poumon, l’infection à HPV pour le cancer du col de l’utérus, ou encore
les expositions aux ultraviolets (naturels ou artificiels) pour le
mélanome cutané.
Chez les femmes, les cancers dominants sont le cancer du sein,
dont les causes principales connues sont les facteurs hormonaux et
reproductifs, l’alcool, le surpoids, la sédentarité et le tabac. En ce
qui concerne les hommes, le cancer de la prostate est prépondérant, mais
son augmentation n’est ici pas expliquée.
Dans les deux cas, les perturbateurs endocriniens et les
facteurs liés à la pollution et aux pesticides ne sont pas mentionnés
comme causes. Un manque plutôt surprenant, étant donné que des enquêtes
de plus en plus nombreuses s’accordent à les souligner comme causes
importantes, voire prépondérantes pour certains d’entre eux.
Selon une étude
publiée en octobre 2018 et réalisée par des chercheurs INRAE, Inserm,
CNAM et Université Sorbonne Paris Nord, les consommateurs réguliers
d’aliments bio ont 25 % moins de risque de développer un cancer que les
personnes qui n’en consomment qu’occasionnellement.
En 2021, plus de 5300 documents scientifiques internationaux ont été
rassemblés et analysés par des experts de l’INSERM, couvrant la période
de 2012 à 2020. Résultat
: la présomption forte de lien entre les pesticides et trois types de
cancer ont été ré-établis (comme ils l’avaient déjà étés dans le rapport
de 2013 sur le sujet) : le cancer de la prostate, les lymphomes
non-hodgkiniens et les myélomes multiples.
Le lien de présomption forte est également émis entre les pesticides
et les leucémies aiguës ou les tumeurs du système nerveux central chez
les enfants et les femmes exposées professionnellement.
Une enquête menée par Foodwatch et publiée en novembre 2022 démontrait également la présence d’une formation de formaldéhyde 25 fois supérieure
à leur niveau maximum autorisé dans des tasses à café en fibres de
bambou fabriquées en Chine. Le formaldéhyde est classé substance
cancérogène avérée pour l’homme par le Centre international de recherche
sur le Cancer.
Le RES souligne que la France métropolitaine se classe au
9ème rang mondial pour le nombre de cas de cancers, au 4ème rang mondial
pour le cancer du sein et au 6ème rang mondial pour le cancer de la
prostate, mais la Guadeloupe et la Martinique possèdent les taux les
plus élevés au monde.
Si le rapport de Santé Publique France mentionne l’âge moyen de
survenue des cancers (70 ans pour l’homme et 68 ans chez la femme), il
ne mentionne pas que la France se place en 3ème position mondialement
sur la survenue des cancers chez les moins de 59 ans pour les hommes, et
en 5ème pour les femmes. Elle est également 2ème en ce qui concerne le
cancer des seins chez les femmes de moins de 59 ans.
Les cancers sont en augmentation chez les jeunes, ainsi que d’autres
maladies. L’évolution par tranches d’âge a été confirmée par les données
de la CNAM pour les affections de longues durées (ALD). Entre 2003 et
2017, l’incidence des ALD a progressé de 50 % chez les moins de 60 ans.
Malgré cette évolution, les instances gouvernementales
tendent à ignorer le facteur environnemental au sens large du terme. Un
collectif citoyen alertait en 2021 sur le manque de prise en compte de
ce facteur dans le plan Cancer du gouvernement pour la période
2021-2030. Pour eux, une politique de santé environnementale de
prévention est plus que jamais nécessaire.