Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan. Mais pas que. Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...
BLOG EN COURS D'ACTUALISATION... ...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...
Dix ans après sa création, notre média joue son avenir. Et cette fois, nous avons besoin de vous pour continuer d'exister.
Il
y a dix ans, à Perpignan, nous avons fait un pari un peu fou : créer un
média libre pour raconter les Pyrénées-Orientales autrement. Sans
publicité. Sans milliardaire pour dicter nos sujets, on n'en connaît
d'ailleurs aucun. Un média détenu à 100 % par ses journalistes, qui ne
doit de comptes qu'à ses lecteurs.
Depuis,
nous avons publié près de 5 000 articles, reportages et enquêtes, tous
en accès libre, pour que cette information reste à la portée de toutes
et tous.
Aujourd'hui, il faut vous parler sans détour : cette aventure est menacée.
Le
contexte économique est difficile pour tout le monde, et il l'est aussi
pour nous. Une partie des ressources sur lesquelles nous comptions
cette année ne se concrétisera pas. Notre équilibre, toujours fragile,
ne tient plus. Sans un soutien massif d'ici le 30 septembre, Made In
Perpignan ne passera pas l'année.
Alors la question que nous vous posons est simple, et elle nous coûte : envisagez-vous 2027 sans nous ?
Sans
le seul média des Pyrénées-Orientales qui prenne le temps d'enquêter.
Sans les articles de fond que vous lisez chaque semaine. Sans ce regard
libre et exigeant sur votre territoire.
Nous ne voulons pas y croire. Et nous savons que vous non plus.
Nous avons besoin de réunir 25 000 € d'ici le 30 septembre➡️
Soyons
transparents : ces 25 000 €, c'est ce qu'il nous manque, aujourd'hui,
pour boucler l'année et continuer d'exister. Chaque don nous rapproche
de ce seuil vital, et sans lui, l'aventure s'arrête fin décembre.
Où va votre argent ?
Vos
dons financent d'abord de l'emploi. Près de 8 euros sur 10 servent à
payer des salaires : ceux d'une équipe de journalistes qui vit ici, à
côté de vous, et qui consacre son temps à enquêter sur les
Pyrénées-Orientales.
❤️ Comment nous aider ?
Tous les dons comptent, vraiment.
Que vous donniez 5 € ou 200 €, en une fois ou chaque mois, chaque
contribution nous rapproche du seuil vital et fait vivre le journalisme
local. Il n'y a pas de petit geste.
Et
à partir de 60 €, vous devenez Ambassadrice ou Ambassadeur de Made In
Perpignan, avec des avantages en plus : apéritifs avec la rédaction,
priorité à nos événements, participation au choix des sujets…
→ En une fois, pour passer le cap :
C'est
ce dont nous avons besoin dans l'immédiat pour reconstituer notre
trésorerie. Un don, même modeste, compte. Et si vous payez des impôts,
il vous revient bien moins cher qu'il n'y paraît : un don de 100 € ne
vous coûte réellement que 34 € après déduction fiscale.
→ Chaque mois, pour ne plus jamais en arriver là :
Un
don régulier, même de quelques euros, nous offre ce qui nous manque le
plus : la capacité de voir plus loin que la prochaine campagne. À partir
de 5 € par mois, vous êtes Ambassadeur. Et la déduction allège tout :
un don de 20 € par mois ne vous coûte réellement que 6,80 €.
Rejoignez la communauté de Made In Perpignan avec votre don !➡️
✍️ L'équipe 2026 de Made In Perpignan
- Philippe Becker : journaliste sur les Pyrénées-Orientales depuis 2011 et auteur,
- Sébastien Leurquin : journaliste et auteur de livres-enquêtes, - Mona Bru: journaliste diplômée de l'ESJ Lille, en charge de notre programme d'éducation aux médias 2025-26, - Arnaud Le Vu : cofondateur, journaliste éditeur et photographe, - Maïté Torres : cofondatrice, journaliste.
⏳ Notre histoire ?
Tout
commence en 2016, autour d'un territoire et d'une envie : raconter les
Pyrénées-Orientales autrement. Leur quotidien, leurs enjeux, leurs
habitants, leur culture. Un département entre mer et montagne, à la
frontière espagnole, avec une ville-cœur : Perpignan.
Nous
voulions un média libre, accessible et exigeant, capable de rendre
compte des bouleversements en cours sur le temps long, avec des sujets
traités en profondeur. À rebours du flux d'information continu, des
faits divers et des chroniques police-justice.
Dix
ans plus tard, nous sommes lus par près d'un million de personnes
chaque année, et nous avons publié près de 5 000 articles, reportages et
enquêtes. Le tout en accès libre. Ce que nous avons construit ensemble
mérite de continuer.
Ce que nous avons construit ensemble mérite de continuer➡️
❓ Foire aux Questions
Puis-je arrêter facilement mon don mensuel ?
Oui ! Dès que vous aurez activé un don régulier, vous recevrez par mail
les informations pour modifier ou arrêter ce don à tout moment depuis
votre compte personnel sur Donorbox.
Comment devient-on Ambassadeur ou Ambassadrice ?
De deux façons : par un don unique de 60 € ou plus, ou par un don
mensuel d'au moins 5 € (soit 60 € sur l'année). Dans les deux cas, vous
accédez à tous les avantages Ambassadeur.
Quand vais-je recevoir mon reçu fiscal ?
En cas de don mensuel, le reçu fiscal vous sera transmis au mois de
janvier prochain pour l’ensemble des dons mensuels que vous aurez faits
au cours de l'année écoulée. En cas de don ponctuel, le reçu fiscal vous
sera envoyé instantanément via courrier électronique par Donorbox.
Quelles
déductions fiscales ? Particulier : 66 % du montant de votre don, dans
la limite de 20 % de votre revenu imposable. Entreprise : 60 % du
montant, dans la limite de 5 ‰ du chiffre d'affaires.
Je suis Philippe Becker, journaliste pour Made In Perpignan.
On
ne peut pas se contenter d'effleurer un sujet. On ne peut pas parler de
restrictions d'eau sans analyse, d'intelligence artificielle sans
interroger des spécialistes. On ne traite pas de social, de santé, sans
considérer tous les effets. La culture mérite mieux qu'une simple
annonce.
À Made In Perpignan, nous voulons éclairer les zones d'ombre, être présents, avec vous, sur les sujets de fond.
La
désinformation pousse partout. Les vérités alternatives, les discours
climatosceptiques, la haine de l'altérité. Le déformé, l'infondé. Nous
luttons contre ça. Et ça marche. Notre audience ne cesse de grandir. Les
articles sont utiles. C'est ce qu'il faut sauver aujourd'hui.
Je veux être encore là en 2027 pour continuer cette aventure passionnante, savoir que je suis utile.
Nous avons besoin de vous pour préserver une information de qualité, en accès libre et sans publicité.
1. Animaux écrasés sur les routes : création de l’association Routes vivantes
Une association nommée Routes vivantes a été créée pour réduire la mortalité des animaux sauvages due aux collisions routières. Elle cherche à sensibiliser les automobilistes et à travailler avec les collectivités pour améliorer les passages à faune et mieux intégrer la biodiversité dans l’aménagement des infrastructures routières. (Le Zéphyr)
2. Des policiers appellent à désobéir aux ordres contre la liberté de la presse
Une association de policiers, PRC,dénonce les violences et entraves subies par les journalistes lors de manifestations.
Elle appelle à sanctionner les comportements abusifs et invite même les
policiers à refuser certains ordres jugés contraires à la liberté de la
presse, tout en critiquant la concentration des médias. (Blast)
3.Vallée de l’Arve : des habitants participent à la recherche sur les pollutions
Dans la vallée de l’Arve (Haute-Savoie), l’une des zones les
plus polluées de France, des habitants participent à un institut
écocitoyen qui associe citoyens, scientifiques, élus et acteurs locaux.
Ensemble, ils définissent les thèmes de recherche en
santé-environnement (qualité de l’air, de l’eau, des sols, impacts sur
la santé) afin de produire des études utiles aux décisions publiques et
mieux comprendre les effets des pollutions locales. (Vert)
4. Dans un village de la Meuse, les habitants décident directement des projets locaux
À Ménil-la-Horgne, une assemblée citoyenne permet aux
habitants de voter directement sur les projets du village (équipements,
services, énergie). Le maire et le conseil municipal mettent ensuite en
œuvre les décisions prises collectivement. Le dispositif renforce la participation et la cohésion locale, même s’il ne fait pas l’unanimité parmi les habitants.(Reporterre)
5. Au Brésil, réforme fiscale pour alléger la classe moyenne et taxer davantage les riches
Le gouvernement brésilien a adopté une réforme de l’impôt sur le revenu qui relève le seuil d’exonération,permettant à des millions de ménages de la classe moyenne de ne plus payer d’impôt. En parallèle, la contribution des plus riches est augmentéevia la taxation des dividendes et un impôt minimum sur les très hauts revenus. (La Relève et la Peste)
6. Sanctuaire pour éléphants au Portugal : une alternative à la captivité en Europe
Un sanctuaire pour éléphants ouvre dans le sud du Portugal, dans la région de l’Alentejo. Il doit accueillir des animaux issus de cirques et de zoos européens,
dont Julie, dernière éléphante de cirque du Portugal, et Kariba, une
éléphante vivant seule dans un zoo en Belgique. (The Guardian)
7. Un nouveau scanner pour détecter l’endométriose
Des chercheurs d’Oxford testent un nouveau type de scanner combiné à un traceur pour détecter plus tôt l’endométriose.L’objectif est de réduire les années d’attente avant diagnostic,
souvent très longues avec les méthodes actuelles. Les premiers
résultats sont encourageants mais doivent être confirmés par des études
plus larges. (BBC)
8. Victoire juridique contre la vénerie sous terre des blaireaux dans le Tarn-et-Garonne
Le tribunal administratif de Toulouse a annulé un arrêté
préfectoral autorisant la chasse des blaireaux en période complémentaire
dans le Tarn-et-Garonne.La décision juge cette pratique
illégale, notamment car elle pouvait toucher des jeunes blaireaux encore
dépendants dans les terriers. Les associations de protection de la
nature obtiennent ainsi une victoire après plusieurs années de recours.(ASPAS)
9. Un modèle de placenta artificiel pour mieux tester les médicaments pendant la grossesse
Des chercheurs de l’Université de Berne ont développé un modèle de placenta artificiel en laboratoire pour étudier comment les médicaments passent de la mère au fœtus.
L’objectif est de mieux évaluer les risques, car les effets sur les
femmes enceintes sont souvent mal connus et difficiles à tester. Ce
système pourrait aussi réduire le recours aux tests sur les animaux. (Swisscom / blue News)
10. À Varsovie, des canards prioritaires sur la route au printemps
À Varsovie, en Pologne, des bénévoles et la police interrompent temporairement la circulation chaque printemps pour permettre à des canards sauvages de traverser une route en toute sécurité. Ces opérations protègent notamment les jeunes harles bièvres lors de leur déplacement vers la rivière Vistule. (France 24)
Jeudi 2 avril 2026,
Rima Hassan est en garde à vue. L’eurodéputée La France insoumise,
militante de la cause palestinienne, connaît bien le processus. En
quelques mois, elle a été convoquée treize fois et treize fois le
parquet a classé sans suite [1].
Les poursuites proviennent
d’officines d’extrême droite proches du gouvernement israélien de
Nétanyahou. Leur activité quotidienne consiste à scruter les tweets et
les déclarations de la députée européenne puis d’engager des poursuites.
C’est la stratégie de la guerre juridique (« lawfare »).
L’acharnement judiciaire exige beaucoup de temps et d’argent pour se
défendre. Pour les accusateurs, gagner ou perdre n’est pas le plus
important. Il s’agit de dissuader la contestation. C’est d’abord
l’annonce de l’accusation qui frappe et discrédite. Le jugement qui
intervient à froid des mois plus tard intéresse beaucoup moins
l’opinion.
Il s’agit encore cette fois
d’« apologie de terrorisme » pour laquelle elle sera jugée le 7 juillet
prochain. La routine donc. Mais cette fois ses accusateurs ont tenté
autre chose.
Le parquet de Paris annonce
soudain au cours de cette garde à vue que de la drogue a été trouvée
dans le sac de la députée européenne. C’est le scoop ! À la minute les
médias se déchaînent. D’abord Le Parisien, puis CNEWS puis c’est toute la meute. C’est BFM avec ses douze bandeaux successifs en quelques heures. « 1,9 gramme de drogue de synthèse sur Rima Hassan ». C’est Europe 1 : « INFO EUROPE 1 - Rima Hassan en garde à vue : une boulette de CBD et près de 2g de 3-MMC retrouvés dans son sac ». Puis c’est l’AFP et la quasi-totalité des médias français.
Mais aussi des élus. Dans le
« baise-en-ville » de la députée, on aurait trouvé du CBD, une substance
légale certes mais aussi d’autres substances, la 3-MMC, une drogue de
synthèse utilisée dans le chemsex, la drogue des rapports sexuels. Voilà
la Jeanne d’Arc palestinienne transformée en Pierre Palmade. Le Parisien précise : « la députée européenne Rima Hassan est dans de sales draps ». Le parti Les Républicains balance sur X : « from the river to the shit ». D’autres révèlent qu’il s’agit d’une affaire liée à un problème d’immigration. Autant d’évidences.
Pas étonnant pour David
Lisnard, le maire de Cannes, qui est aussi président des maires de
France. David Lisnard est le Javier Milei français qui, lors de ses
meetings, passe symboliquement le Code du travail et les lois sur
l’environnement dans une broyeuse. Pas trop de succès encore mais une
certitude. Pour lui, « La France insoumise sont même néo-fascistes.
S’il devait y avoir un seul ennemi dans le champ politique actuel, c’est
évidemment La France insoumise dont on a vu qu’ils étaient racistes,
qu’ils étaient antisémites et qu’ils avaient une grande propension à
être camés et à se droguer avec l’argent des contribuables de surcroît » [2].
Mais voici que, coup de
théâtre, sept jours plus tard, le jeudi 9 avril, le parquet annonce
avoir procédé à un classement sans suite. « Les investigations n’ont fait apparaître aucune infraction suffisamment caractérisée. »
Silence soudain dans les
rangs. On regarde ailleurs. Le buzz a fait le plein d’audience mais il
faut vite faire diversion. Sauf que, précision embarassante, Le Canard enchaîné
révèle des échanges entre le porte-parole du ministère de la Justice
Sacha Straub-Kahn et des journalistes, le jour même de la garde à vue,
en violation flagrante du secret de l’instruction [3].
Voilà donc la source des accusations si largement diffusées sans aucune
vérification par la quasi-totalité des médias français.
Des révélations pilotées
directement par le ministère de la Justice et reprises allègrement par
la presse ? On s’interroge. Le secret de l’instruction a été violé pour
alimenter une presse aux ordres…
Secret de polichinelle, de
longue date dans les médias on est habitué à recopier avec discrétion
les infos données par la police ou la justice. Ce qu’on appelle les
« sources proches de l’enquête ».
Barbouzerie
judiciaire, naufrage médiatique : les chiens de garde se sont surpassés
mais c’est Caroline Fourest qui est en haut du podium. En direct, sur
LCI, elle accuse en révélant de lourds antécédents : « nous avons en
notre possession des messages où elle raconte sa consommation de drogue
dure et de drogue de synthèse. Ce sont des messages qui ont une dizaine
d’années, qui remontent à la sortie de ses études. Et ce sont des
messages qui parlent de cocaïne et qui parlent d’ecstasy et qui parlent
de mélanges. Et des consommations parfois quotidiennes dont elle
s’inquiète. »
Buzz énorme donc puis silence. Daniel Schneidermann résume : « entreprise
de criminalisation en bande organisée d’une militante et d’une élue, la
plus impressionnante de ces dernières années » [4].
Mais que dit réellement Rima
Hassan ? Accusée de légitimer l’attaque du Hamas, elle ne cesse de
répéter qu’elle a très tôt qualifié le 7-Octobre d’attaque terroriste.
Dans ses interventions, en permanence, elle se défend d’être dans une
logique anti-israélienne en précisant : « si vous condamnez le Hamas,
il faut condamner aussi ceux qui ont nourri le monstre. Le gouvernement
de Nétanyahou a joué un rôle très cynique : il a voulu sciemment
nourrir le Hamas pour déjouer la perspective politique portée par
l’Autorité palestinienne ». Sur France Inter, le 19 mars 2024, elle ajoute : « je n’aime pas me définir comme anti-sioniste, mais je veux avoir le droit de critiquer une doctrine politique ». Elle poursuit : « Israël est malade de son colonialisme ». « Mon rêve, c’est une cohabitation totale ».
Mais, heureusement, contre
cette wokiste islamiste, voici la loi Yadan qui sera débattue le 16
avril à l’Assemblée (ndlr : débat reporté en juin), avec clairement pour but de faire taire les
opposants à la politique de Nétanyahou et faire taire la dénonciation du
génocide en cours et qui se poursuit.
Soutenue par la droite et
l’extrême droite, mais aussi par François Hollande, Jérôme Guedj,
Élisabeth Badinter ou Manuel Valls, le projet de la députée macroniste
Caroline Yadan est de « lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme »
et surtout de faire amalgame entre anti-sionisme et antisémitisme. Il
faut encore le rappeler, le sionisme est une doctrine politique qui
comme telle peut être radicalement combattue. Ce qui n’est pas une mise
en cause de l’existence d’Israël mais de sa politique coloniale et
génocidaire.
L’antisémitisme est une forme
de racisme dont on connaît les effets monstrueux. La loi de Caroline
Yadan prévoit de faire amalgame et d’élargir la notion d’apologie du
terrorisme aux propos implicites.
« 1) Des plaintes de l’OJE et de la LICRA ont dénoncé des propos
tenus lors d’une interview de Rima Hassan par Le Crayon publiée en
janvier 2024. Il est ressorti de l’enquête et notamment de
l’exploitation des rushs qu’il s’agissait de propos tronqués et que Rima
Hassan avait par ailleurs qualifié d’illégaux les actes commis le 7
octobre au préjudice de civils. La procédure a été classée au motif que
les investigations ne permettaient de caractériser suffisamment aucune
infraction, les propos ne pouvant s’analyser pénalement en apologie du
terrorisme.
2) Des plaintes du BNVCA (Bureau National de Vigilance contre
l’Antisémitisme) et de B’nai B’rith ont dénoncé un tweet appelant au
« soulèvement » devant Sciences Po. La procédure a été classée au motif
que les investigations ne permettaient de caractériser suffisamment
aucune infraction, en l’absence d’exhortation à commettre des atteintes à
l’intégrité physique ou des destructions.
3) Des signalements de députés ont dénoncé des tweets du mois de
juillet 2024 citant le poète Mahmoud Darwich, dans un contexte de
rivalités avec François-Xavier Bellamy. Cette procédure a été classée
pour absence d’infraction, en dépit de la virulence du propos, faute de
précision suffisante pour qualifier les propos de menace de mort et ces
propos ayant en outre été tenus dans un contexte d’opposition politique.
4) Des signalements de l’OJE et de B’nai B’rith ont dénoncé des
propos tenus lors d’une interview à Sud Radio en février 2025. Cette
procédure a été classée au motif que les investigations ne permettaient
de caractériser suffisamment aucune infraction : Rima Hassan ayant
précisé que les exactions et prises d’otage perpétrées par le Hamas
étaient condamnées par le droit international et constituaient des
crimes de guerre, il ne pouvait être caractérisé d’infraction d’apologie
du terrorisme.
5) Une plainte d’Avocats sans frontières lui reprochant
l’intelligence avec une puissance étrangère a été classée au motif que
les investigations ne permettaient de caractériser suffisamment aucune
infraction, faute de la caractérisation d’un dol spécial exigé par le
législateur.
6) Une plainte de l’imam Chalghoumi dénonçant des propos tenus sur X
en mars 2025, en réaction aux propos qu’il avait lui-même tenus en
interview consistant à suggérer le retrait de nationalité de
l’eurodéputée, a été classée au motif qu’aucune infraction de
provocation d’atteinte volontaire à la vie n’était suffisamment
caractérisée.
7) Une plainte de l’OJF dénonçant un tweet datant de septembre 2025,
comportant la photographie d’une suite de chiffres précédés d’un signe
« + » inscrit sur un bras, avec un emoji avocat, a été classée sans
transmission à un service enquêteur, au motif que les investigations ne
permettaient de caractériser suffisamment aucune infraction, s’agissant
d’un numéro de téléphone, dans le contexte de son interpellation à bord
de la « flotille », et faute de toute référence à une religion
quelconque.
8) Des plaintes du BNVCA et de La France en partage, dénonçant une
citation de Frantz Franon repostée par Rima Hassan en juillet 2024, ont
été classées au motif que les investigations ne permettaient de
caractériser suffisamment aucune infraction, s’agissant d’une citation
et en l’absence d’éléments présentant des agissements du Hamas le 7
octobre 2023 sous un jour favorable et ne pouvant donc constituer
l’infraction d’apologie de terrorisme.
9) Un signalement émanant de députés en août 2024, dénonçant un tweet
par lequel Rima Hassan repostait les propos de Mona Chollet,
mentionnant elle-même la doctrine « Hannibal » selon laquelle
l’état-major de Tsahal aurait donné l’ordre de tuer sans distinction (de
nationalité des victimes, au risque de tirer sur ses propres citoyens),
a été classé en février 2026, au motif que les investigations ne
permettaient de caractériser suffisamment aucune infraction, s’agissant
d’une citation et en l’absence d’éléments présentant des agissements du
Hamas le 7 octobre 2023 sous un jour favorable.
10) Un signalement de la mairie de Paris dénonçant un tweet d’octobre
2024 a été classé au motif que les investigations ne permettaient de
caractériser suffisamment aucune infraction, en l’absence de toute
référence à un acte de terrorisme et ne pouvant donc en faire
l’apologie.
11) Un signalement du préfet des Bouches-du-Rhône a dénoncé un tweet du 1er
mars 2025, dans lequel Rima Hassan reprochait à l’entreprise
marseillaise Eurolinks de fournir des armes à Israël, en précisant ses
coordonnées. Cette procédure a fait l’objet d’un classement au motif que
les investigations ne permettaient de caractériser suffisamment aucune
infraction, en l’absence d’exhortation au harcèlement, de qualification
pénale réprimant la provocation aux appels malveillants et ceux-ci –
ayant été dénombrés à 2 – ne permettant pas non plus de caractériser
l’infraction de complicité d’appels malveillants.
12) Un signalement de l’OJF dénonçant un tweet du 1er
février 2026, dans lequel Rima Hassan repostait le message d’un tiers
portant sur le positionnement d’Ariel Weil, et commentait la prise de
position de ce dernier dans le conflit israélo-palestinien, a été classé
en l’absence de propos injurieux en lien avec une origine ou religion
(qu’elle soit réelle ou supposée).
13) Des signalements émanant du ministère de l’intérieur ainsi
que de l’OJF, dénonçant un tweet de février 2026 par lequel Rima Hassan
postait un article de RFI relatif aux frappes aériennes ayant fait 17
morts à Rafah, et précisait « aux sionistes qui me lisent, je veux leur dire que vous êtes pour nous ce que les nazis étaient pour vous »,
ont été classés en l’absence d’éléments permettant de caractériser
suffisamment une éventuelle infraction de provocation à la haine, en
l’absence d’exhortation. »
UNE SEMAINE APRÈS NOTRE ENQUÊTE, ET APRÈS LES RÉVÉLATIONS DE MéDIAPART, LA CLASSE POLITIQUE ET ET LES MéDIAS DOMINANTS DOIVENT S'EXCUSER
– Médias et classe politique ont menti à un niveau sans précédent, et organisé un hommage à un néo-nazi violent qui s’entraînait au combat et venait de passer à l'acte : c'est un scandale d’État –
L'avocat de la famille de Quentin Deranque parade dans les médias depuis deux jours pour affirmer que son client n'était pas violent, et s'en prend à « l’indécence de ceux qui veulent salir la mémoire de Quentin ». Ce dernier s'en chargeait pourtant très bien tout seul sur internet.
Dans le cadre de nos recherches, notre équipe avait identifié les comptes Twitter de Quentin Deranque depuis le mois de février : @gavariou et @ultragavariou. Nous y étions parvenu en recoupant ses cercles d'amis néo-nazis, dont nous avions retrouvé plusieurs interactions. Par exemple celle de son colocataire, un fasciste assumé. Malheureusement, ces comptes avaient précipitamment été paramétrés en privé après la bagarre. Ses amis cherchaient à dissimuler quelque chose, mais quoi ?
Ce jeudi 12 mars, Médiapart donne la réponse dans un long article. https://files.catbox.moe/61zbsl.pdf Les tweets des comptes de Quentin Deranque sont révélés, le média d'investigation ayant réussi à accéder au contenu. Il s'avère que le néo-nazi présenté comme un « petit ange » par tous les médias a publié des milliers de messages d'un antisémitisme, d'un racisme et d'un nazisme dévorant. Par exemple : « Je soutiens Adolf », « Mort totale des n*gres » ou encore « Il faudra déterrer et fusiller (((Halimi))) », à propos de l'avocate féministe, juive et anticolonialiste Gisèle Halimi.
Dans une logorrhée haineuse ininterrompue, Quentin Deranque évoque « les millions d’arabes et de noirs présents sur le sol français » qu’il faudrait « déporter ». Un internaute écrit que « 100% des électeurs du RN sont racistes », Quentin Deranque répond : « Ils ont raison c’est 100 % normal. » Toujours sur le RN, quand un député Insoumis rappelle que le parti a « été fondé par des SS », Quentin Deranque répond : « C’est très bien ».
Sur les trains allemands en retard, il répond : « On les a trop culpabilisés d’avoir eu une excellente utilisation des réseaux ferrés ». En 2025, il publie une archive historique de la Bibliothèque Nationale de France sur la traque des esclaves noirs qui se sont enfuis des plantations, intitulée « La chasse aux n***s ». Il écrit : « Projet 2027 », c'est-à-dire l'année des élections. Il reprend régulièrement l'acronyme « TND », pour « Total N**er Death », soit « mort totale des n***s ».
Il y a une semaine, le 6 mars, Contre Attaque prouvait que Quentin Deranque était en première ligne dans la bagarre qui avait conduit à sa mort, et qu'il avait donné des coups dans l'affrontement. Notre équipe s'était basée sur une vidéo prise juste après l'affrontement, on y voyait le nervis d’extrême droite avec un de ses camarades, les deux ayant les mains couvertes de sang. Il est debout, conscient, discute avec des passants. L'un d'eux lui conseillait d’aller à l’hôpital «Saint Jo’», ce qu’il n'écoutera pas, et fera donc un malaise quasiment deux heures plus tard.
Grâce à ces images, il est possible de prouver sans aucun doute que Quentin Deranque, qui portait des vêtements distinctifs – des chaussures grises New Balance et une doudoune à capuche – apparaissait en première ligne dans les violences. On le voit notamment donner des coups sur les images du Canard Enchainé. Sur d’autres extraits vidéos, on peut également l’identifier en garde, à l’avant du groupe d’extrême droite. Quentin Deranque porte une cagoule tout au long de la bagarre, cagoule qu'il porte rabaissée dans la vidéo d'après la rixe.
Nous sommes donc passés d'un «jeune catholique attaqué par des antifas» à un néo-nazi qui a organisé un guet-apens armé avec sa bande, et qui en est mort.
Mais encore une fois, Quentin Deranque le néo-nazi compulsif n'est pas «mort pour ses idées», mais bien pour ses actes. Il s’entraînait au combat avec l'un des groupes les plus violents de l'extrême droite radicale.
Médiapart révèle que le 1er février 2026, soit deux semaines seulement avant sa mort, Deranque est allé s’entraîner dans un parc avec le groupe Audace Lyon, un collectif néo-nazi violent qui prône «l'autodéfense blanche» et dont les vidéos montrent des cours d'art martial, accompagnés du slogan «Jeune blanc, rejoins ton clan».
Lors de cet entraînement, les animateurs auraient organisé un «jeu» avec de faux couteaux, dans lequel deux participants s'affrontent dans un cercle. Quentin Deranque a alors éliminé plusieurs adversaires à coups de poignard factice, «à la surprise générale». Dès lors, il apparaît que cet homme était d'une dangerosité extrême, non seulement nostalgique d'Hitler mais préparé au combat. Il est passé à l'acte le 12 février. Il a perdu, face à des antifascistes qui se sont défendus.
Aucun grand média n'a repris nos révélations sur la participation en première ligne de Quentin Deranque la semaine dernière. Notre vidéo a pourtant été vue des millions de fois sur les réseaux sociaux, mais c'est comme si le réel n'existait pas, dès qu'il ne sert pas le narratif de l'extrême droite. Qu'en sera-t-il des nouveaux éléments apportés par Médiapart ?
De même, aucun membre du commando d'extrême droite, qui avait pourtant des armes et qui a initié la bagarre, n'est poursuivi. Pire, aucun d'entre eux n'a été seulement auditionné, alors que ces individus portent la responsabilité de la mort de leur ami et que certains ont été identifiés grâce à notre travail d'investigation et nos sources.
La mascarade n'a que trop duré, c'est un scandale d’État.
Les groupes parlementaires qui ont fait une minute de silence pour un nazi violent doivent s'excuser, et en premier lieu ceux de gauche. Une enquête parlementaire doit être ouverte sur ces faits, et plus généralement les liens entre l'extrême droite violente, une partie de la classe politique, et les médias.
Les chaînes de télévision doivent diffuser un démenti sur le torrent de contre-vérités diffusées depuis un mois. Nous venons sans doute de subir la pire campagne d'intoxication médiatique de l'histoire française.
Enfin et surtout, les antifascistes injustement incarcérés doivent être libérés immédiatement.
5 minutes et 40 secondes des réactions au soir du premier tour.
Le racisme rend sourd. Quand vous dites la « ville des rois »,
le raciste comprend la « ville des Noirs ». Et le lynchage démarre. Le
déchaînement raciste gagne la fachosphère jusqu’aux médias mainstream
qui courent derrière le buzz.
Le 15 mars, au premier tour des élections municipales, le candidat de
La France insoumise est élu au premier tour à Saint-Denis (93).
Explosion de joie mais pas partout. Sur les plateaux télé, les mines
sont un peu chiffonnées et le camp des perdants bouillonne de rage. La
diabolisation acharnée de Mélenchon ne ferait pas peur à ces imbéciles ?
Il faut préciser que le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko,
est d’origine malienne. Il a grandi en HLM, dans la banlieue
parisienne. Études à Paris-VIII, basketteur, engagé dans l’associatif,
cadre à la RATP, père de quatre enfants. Et à 52 ans, le voilà maire de
cette ville avec ses 150 nationalités. De quoi avoir depuis longtemps
appris à riposter à la ségrégation ordinaire, raciale et sociale. « Nous sommes tout ce que l’extrême droite en fin de compte déteste », dit-il.
À peine élu, le nouveau maire est en direct sur LCI. Dans le brouhaha qui l’entoure, il tente d’évoquer sa ville. « La ville des rois ».
Il le dit et le répète mais l’animateur Darius Rochebin interprète à sa
façon : la ville des rois, la ville des Noirs ? Sans le dire, il le
suggère.
Un impensé ? Une incontinence ? La « ville des Noirs » va se répandre au-delà des réseaux fascistes habituels.
Dès le lendemain matin, sur RMC, dans les Grandes gueules, c’est
Emmanuel de Villiers, l’ex-directeur du Puy du Fou, le parent de
Philippe de Villiers, qui dénonce « la ville des Noirs ». Puis c’est
l’avocat Gilbert Collard, le soutien de Zemmour : « cette phrase est terrible par son séparatisme ». Un peu plus tard, c’est Jean Messiha, candidat Reconquête ! éliminé au premier tour qui s’y met : « Saint-Denis était la ville des rois, aujourd’hui c’est la ville des Noirs ».
Puis c’est Apolline de Malherbe sur RMC, puis c’est Alexandre Devecchio
dans C ce soir. Puis c’est le théoricien du « grand remplacement »,
l’écrivain Renaud Camus, qui lance un tweet : « la négropole des Rois »
au sujet de Saint-Denis ou 42 rois de France ont leurs mausolées. Un
haut lieu pour les amateurs d’histoire et les nostalgiques de l’Ancien
régime. Sur BFMTV, le chroniqueur Tugdual Denis, directeur du magazine
d’extrême droite Valeurs actuelles condamné en 2022 pour injure à
caractère racial contre la députée Danielle Obono, affirme que le
nouveau maire est soutenu par « de nombreux patrons de points de deal de la ville ». Il lui demande : « vous êtes dans la main de qui, Monsieur le maire, en fait ? ».
« Question irresponsable », lui répond le maire, qui au passage apporte une précision au sujet du mot « racisé ». Il tient à indiquer : « ce n’est pas le type de langage que je tiens », « je préfère "héritier de l’immigration" ».
Mais au départ, d’où vient cette expression sur la ville des rois ?
La phrase est attribuée à Jean Marcenac (1913-1984), un résistant
communiste, écrivain, poète et journaliste. Bien qu’il fut ami des
surréalistes, jamais il n’aurait pu imaginer que sa phrase pourrait un
jour un susciter un tel débat.
Consciemment ou non, c’est une façon de renouer avec l’histoire de
Saint-Denis et de la banlieue rouge. Car s’il fallait une couleur,
celle-là lui irait mieux. La couleur de l’époque où les villes
communistes autour de Paris étaient si nombreuses qu’on parlait de la
« ceinture rouge », non sans une sale angoisse chez les rupins de
l’époque dont nos fascistes actuels sont les descendants. Parmi ces
communes rouges, Saint-Denis en était l’une des principales et Jean
Marcenac en était une figure remarquable. Écrivain, poète, journaliste,
ami des surréalistes, militant contre le fascisme et contre
l’antisémitisme, engagé dans la résistance, notamment dans les maquis du
Lot avec le peintre Jean Lurçat, il était proche d’Elsa Triolet et de
Louis Aragon avec lequel il travaillait au journal Les Lettres françaises.
Des temps à jamais révolus mais auxquels pourtant à nouveau une mince
phrase nous relie, histoire de redonner du sens à l’histoire.