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lundi 20 juillet 2026

Sauvez Made In Perpignan !

Pour voir sur YouTube : https://www.youtube.com/shorts/qTz1_dxPwj4 

 

 Sauvez Made In Perpignan !

 

Dix ans après sa création, notre média joue son avenir. Et cette fois, nous avons besoin de vous pour continuer d'exister.


Il y a dix ans, à Perpignan, nous avons fait un pari un peu fou : créer un média libre pour raconter les Pyrénées-Orientales autrement. Sans publicité. Sans milliardaire pour dicter nos sujets, on n'en connaît d'ailleurs aucun. Un média détenu à 100 % par ses journalistes, qui ne doit de comptes qu'à ses lecteurs.


Depuis, nous avons publié près de 5 000 articles, reportages et enquêtes, tous en accès libre, pour que cette information reste à la portée de toutes et tous.


Aujourd'hui, il faut vous parler sans détour : cette aventure est menacée.


Le contexte économique est difficile pour tout le monde, et il l'est aussi pour nous. Une partie des ressources sur lesquelles nous comptions cette année ne se concrétisera pas. Notre équilibre, toujours fragile, ne tient plus. Sans un soutien massif d'ici le 30 septembre, Made In Perpignan ne passera pas l'année.


Alors la question que nous vous posons est simple, et elle nous coûte : envisagez-vous 2027 sans nous ?


Sans le seul média des Pyrénées-Orientales qui prenne le temps d'enquêter. Sans les articles de fond que vous lisez chaque semaine. Sans ce regard libre et exigeant sur votre territoire.


Nous ne voulons pas y croire. Et nous savons que vous non plus.


Nous avons besoin de réunir 25 000 € d'ici le 30 septembre ➡️


Soyons transparents : ces 25 000 €, c'est ce qu'il nous manque, aujourd'hui, pour boucler l'année et continuer d'exister. Chaque don nous rapproche de ce seuil vital, et sans lui, l'aventure s'arrête fin décembre.


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Vos dons financent d'abord de l'emploi. Près de 8 euros sur 10 servent à payer des salaires : ceux d'une équipe de journalistes qui vit ici, à côté de vous, et qui consacre son temps à enquêter sur les Pyrénées-Orientales.


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✍️ L'équipe 2026 de Made In Perpignan


- Philippe Becker : journaliste sur les Pyrénées-Orientales depuis 2011 et auteur,

- Sébastien Leurquin : journaliste et auteur de livres-enquêtes,
Mona Bru : journaliste diplômée de l'ESJ Lille, en charge de notre programme d'éducation aux médias 2025-26,
- Arnaud Le Vu : cofondateur, journaliste éditeur et photographe,
- Maïté Torres : cofondatrice, journaliste.


Notre histoire ?


Tout commence en 2016, autour d'un territoire et d'une envie : raconter les Pyrénées-Orientales autrement. Leur quotidien, leurs enjeux, leurs habitants, leur culture. Un département entre mer et montagne, à la frontière espagnole, avec une ville-cœur : Perpignan.


Nous voulions un média libre, accessible et exigeant, capable de rendre compte des bouleversements en cours sur le temps long, avec des sujets traités en profondeur. À rebours du flux d'information continu, des faits divers et des chroniques police-justice.


Dix ans plus tard, nous sommes lus par près d'un million de personnes chaque année, et nous avons publié près de 5 000 articles, reportages et enquêtes. Le tout en accès libre. Ce que nous avons construit ensemble mérite de continuer.


Ce que nous avons construit ensemble mérite de continuer  ➡️


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 Source :  https://donorbox.org/sauvez-mip

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« On ne peut pas se contenter d'effleurer un sujet... »


Pour voir sur YouTube : https://www.youtube.com/shorts/qTz1_dxPwj4 

 

Chères lectrices, chers lecteurs,

Je suis Philippe Becker, journaliste pour Made In Perpignan.

On ne peut pas se contenter d'effleurer un sujet. On ne peut pas parler de restrictions d'eau sans analyse, d'intelligence artificielle sans interroger des spécialistes. On ne traite pas de social, de santé, sans considérer tous les effets. La culture mérite mieux qu'une simple annonce.

À Made In Perpignan, nous voulons éclairer les zones d'ombre, être présents, avec vous, sur les sujets de fond.

La désinformation pousse partout. Les vérités alternatives, les discours climatosceptiques, la haine de l'altérité. Le déformé, l'infondé. Nous luttons contre ça. Et ça marche. Notre audience ne cesse de grandir. Les articles sont utiles. C'est ce qu'il faut sauver aujourd'hui.

Je veux être encore là en 2027 pour continuer cette aventure passionnante, savoir que je suis utile.

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Philippe Becker
et toute l'équipe de Made In Perpignan

 

samedi 30 mai 2026

Les 10 bonnes nouvelles de la semaine - Association Routes Vivantes, policiers et Brésil


Association Routes Vivantes, 

policiers et Brésil : 

les 10 bonnes nouvelles 

de la semaine

 


Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? 

Voici 10 bonnes nouvelles 

à ne surtout pas manquer cette semaine. 

 

1. Animaux écrasés sur les routes : création de l’association Routes vivantes

Une association nommée Routes vivantes a été créée pour réduire la mortalité des animaux sauvages due aux collisions routières. Elle cherche à sensibiliser les automobilistes et à travailler avec les collectivités pour améliorer les passages à faune et mieux intégrer la biodiversité dans l’aménagement des infrastructures routières. (Le Zéphyr)

 

2. Des policiers appellent à désobéir aux ordres contre la liberté de la presse

Une association de policiers, PRC, dénonce les violences et entraves subies par les journalistes lors de manifestations. Elle appelle à sanctionner les comportements abusifs et invite même les policiers à refuser certains ordres jugés contraires à la liberté de la presse, tout en critiquant la concentration des médias. (Blast)

 

3.Vallée de l’Arve : des habitants participent à la recherche sur les pollutions

Dans la vallée de l’Arve (Haute-Savoie), lune des zones les plus polluées de France, des habitants participent à un institut écocitoyen qui associe citoyens, scientifiques, élus et acteurs locaux. Ensemble, ils définissent les thèmes de recherche en santé-environnement (qualité de l’air, de l’eau, des sols, impacts sur la santé) afin de produire des études utiles aux décisions publiques et mieux comprendre les effets des pollutions locales. (Vert)

 

4. Dans un village de la Meuse, les habitants décident directement des projets locaux

À Ménil-la-Horgne, une assemblée citoyenne permet aux habitants de voter directement sur les projets du village (équipements, services, énergie). Le maire et le conseil municipal mettent ensuite en œuvre les décisions prises collectivement. Le dispositif renforce la participation et la cohésion locale, même s’il ne fait pas l’unanimité parmi les habitants.(Reporterre)

 

5. Au Brésil, réforme fiscale pour alléger la classe moyenne et taxer davantage les riches

Le gouvernement brésilien a adopté une réforme de l’impôt sur le revenu qui relève le seuil d’exonération, permettant à des millions de ménages de la classe moyenne de ne plus payer d’impôt. En parallèle, la contribution des plus riches est augmentée via la taxation des dividendes et un impôt minimum sur les très hauts revenus. (La Relève et la Peste)

 

6. Sanctuaire pour éléphants au Portugal : une alternative à la captivité en Europe

Un sanctuaire pour éléphants ouvre dans le sud du Portugal, dans la région de l’Alentejo. Il doit accueillir des animaux issus de cirques et de zoos européens, dont Julie, dernière éléphante de cirque du Portugal, et Kariba, une éléphante vivant seule dans un zoo en Belgique. (The Guardian)

 

7. Un nouveau scanner pour détecter l’endométriose

Des chercheurs d’Oxford testent un nouveau type de scanner combiné à un traceur pour détecter plus tôt l’endométriose. L’objectif est de réduire les années d’attente avant diagnostic, souvent très longues avec les méthodes actuelles. Les premiers résultats sont encourageants mais doivent être confirmés par des études plus larges. (BBC)

 

8. Victoire juridique contre la vénerie sous terre des blaireaux dans le Tarn-et-Garonne

Le tribunal administratif de Toulouse a annulé un arrêté préfectoral autorisant la chasse des blaireaux en période complémentaire dans le Tarn-et-Garonne. La décision juge cette pratique illégale, notamment car elle pouvait toucher des jeunes blaireaux encore dépendants dans les terriers. Les associations de protection de la nature obtiennent ainsi une victoire après plusieurs années de recours.(ASPAS)

 

9. Un modèle de placenta artificiel pour mieux tester les médicaments pendant la grossesse

Des chercheurs de l’Université de Berne ont développé un modèle de placenta artificiel en laboratoire pour étudier comment les médicaments passent de la mère au fœtus. L’objectif est de mieux évaluer les risques, car les effets sur les femmes enceintes sont souvent mal connus et difficiles à tester. Ce système pourrait aussi réduire le recours aux tests sur les animaux. (Swisscom / blue News)

 

10. À Varsovie, des canards prioritaires sur la route au printemps

À Varsovie, en Pologne, des bénévoles et la police interrompent temporairement la circulation chaque printemps pour permettre à des canards sauvages de traverser une route en toute sécurité. Ces opérations protègent notamment les jeunes harles bièvres lors de leur déplacement vers la rivière Vistule. (France 24)

– Mauricette Baelen

mercredi 22 avril 2026

Rima Hassan : chasse à la sorcière en bande organisée

Rima Hassan : 

chasse à la sorcière 

en bande organisée

Le


(photo : Frédéric Mercenier/L’EST RÉPUBLICAIN)


Jeudi 2 avril 2026, Rima Hassan est en garde à vue. L’eurodéputée La France insoumise, militante de la cause palestinienne, connaît bien le processus. En quelques mois, elle a été convoquée treize fois et treize fois le parquet a classé sans suite [1].

Les poursuites proviennent d’officines d’extrême droite proches du gouvernement israélien de Nétanyahou. Leur activité quotidienne consiste à scruter les tweets et les déclarations de la députée européenne puis d’engager des poursuites.

C’est la stratégie de la guerre juridique (« lawfare »). L’acharnement judiciaire exige beaucoup de temps et d’argent pour se défendre. Pour les accusateurs, gagner ou perdre n’est pas le plus important. Il s’agit de dissuader la contestation. C’est d’abord l’annonce de l’accusation qui frappe et discrédite. Le jugement qui intervient à froid des mois plus tard intéresse beaucoup moins l’opinion.

Il s’agit encore cette fois d’« apologie de terrorisme » pour laquelle elle sera jugée le 7 juillet prochain. La routine donc. Mais cette fois ses accusateurs ont tenté autre chose.

Le parquet de Paris annonce soudain au cours de cette garde à vue que de la drogue a été trouvée dans le sac de la députée européenne. C’est le scoop ! À la minute les médias se déchaînent. D’abord Le Parisien, puis CNEWS puis c’est toute la meute. C’est BFM avec ses douze bandeaux successifs en quelques heures. « 1,9 gramme de drogue de synthèse sur Rima Hassan ». C’est Europe 1 : « INFO EUROPE 1 - Rima Hassan en garde à vue : une boulette de CBD et près de 2g de 3-MMC retrouvés dans son sac ». Puis c’est l’AFP et la quasi-totalité des médias français.

Mais aussi des élus. Dans le « baise-en-ville » de la députée, on aurait trouvé du CBD, une substance légale certes mais aussi d’autres substances, la 3-MMC, une drogue de synthèse utilisée dans le chemsex, la drogue des rapports sexuels. Voilà la Jeanne d’Arc palestinienne transformée en Pierre Palmade. Le Parisien précise : « la députée européenne Rima Hassan est dans de sales draps ». Le parti Les Républicains balance sur X : « from the river to the shit ». D’autres révèlent qu’il s’agit d’une affaire liée à un problème d’immigration. Autant d’évidences.


Pas étonnant pour David Lisnard, le maire de Cannes, qui est aussi président des maires de France. David Lisnard est le Javier Milei français qui, lors de ses meetings, passe symboliquement le Code du travail et les lois sur l’environnement dans une broyeuse. Pas trop de succès encore mais une certitude. Pour lui, « La France insoumise sont même néo-fascistes. S’il devait y avoir un seul ennemi dans le champ politique actuel, c’est évidemment La France insoumise dont on a vu qu’ils étaient racistes, qu’ils étaient antisémites et qu’ils avaient une grande propension à être camés et à se droguer avec l’argent des contribuables de surcroît » [2].

Mais voici que, coup de théâtre, sept jours plus tard, le jeudi 9 avril, le parquet annonce avoir procédé à un classement sans suite. « Les investigations n’ont fait apparaître aucune infraction suffisamment caractérisée. »

Silence soudain dans les rangs. On regarde ailleurs. Le buzz a fait le plein d’audience mais il faut vite faire diversion. Sauf que, précision embarassante, Le Canard enchaîné révèle des échanges entre le porte-parole du ministère de la Justice Sacha Straub-Kahn et des journalistes, le jour même de la garde à vue, en violation flagrante du secret de l’instruction [3]. Voilà donc la source des accusations si largement diffusées sans aucune vérification par la quasi-totalité des médias français.

Des révélations pilotées directement par le ministère de la Justice et reprises allègrement par la presse ? On s’interroge. Le secret de l’instruction a été violé pour alimenter une presse aux ordres…

Secret de polichinelle, de longue date dans les médias on est habitué à recopier avec discrétion les infos données par la police ou la justice. Ce qu’on appelle les « sources proches de l’enquête ».

Barbouzerie judiciaire, naufrage médiatique : les chiens de garde se sont surpassés mais c’est Caroline Fourest qui est en haut du podium. En direct, sur LCI, elle accuse en révélant de lourds antécédents : « nous avons en notre possession des messages où elle raconte sa consommation de drogue dure et de drogue de synthèse. Ce sont des messages qui ont une dizaine d’années, qui remontent à la sortie de ses études. Et ce sont des messages qui parlent de cocaïne et qui parlent d’ecstasy et qui parlent de mélanges. Et des consommations parfois quotidiennes dont elle s’inquiète. »


https://www.facebook.com/watch/?v=801045363062982


Buzz énorme donc puis silence. Daniel Schneidermann résume : « entreprise de criminalisation en bande organisée d’une militante et d’une élue, la plus impressionnante de ces dernières années » [4].

Mais que dit réellement Rima Hassan ? Accusée de légitimer l’attaque du Hamas, elle ne cesse de répéter qu’elle a très tôt qualifié le 7-Octobre d’attaque terroriste. Dans ses interventions, en permanence, elle se défend d’être dans une logique anti-israélienne en précisant : « si vous condamnez le Hamas, il faut condamner aussi ceux qui ont nourri le monstre. Le gouvernement de Nétanyahou a joué un rôle très cynique : il a voulu sciemment nourrir le Hamas pour déjouer la perspective politique portée par l’Autorité palestinienne ». Sur France Inter, le 19 mars 2024, elle ajoute : « je n’aime pas me définir comme anti-sioniste, mais je veux avoir le droit de critiquer une doctrine politique ». Elle poursuit : « Israël est malade de son colonialisme ». « Mon rêve, c’est une cohabitation totale ».

Mais, heureusement, contre cette wokiste islamiste, voici la loi Yadan qui sera débattue le 16 avril à l’Assemblée (ndlr : débat reporté en juin), avec clairement pour but de faire taire les opposants à la politique de Nétanyahou et faire taire la dénonciation du génocide en cours et qui se poursuit.

Soutenue par la droite et l’extrême droite, mais aussi par François Hollande, Jérôme Guedj, Élisabeth Badinter ou Manuel Valls, le projet de la députée macroniste Caroline Yadan est de «  lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme » et surtout de faire amalgame entre anti-sionisme et antisémitisme. Il faut encore le rappeler, le sionisme est une doctrine politique qui comme telle peut être radicalement combattue. Ce qui n’est pas une mise en cause de l’existence d’Israël mais de sa politique coloniale et génocidaire.

L’antisémitisme est une forme de racisme dont on connaît les effets monstrueux. La loi de Caroline Yadan prévoit de faire amalgame et d’élargir la notion d’apologie du terrorisme aux propos implicites.

Il faut tenir vent debout contre ce projet de loi qui vise à soutenir la politique de Nétanyahou. La pétition augmente de minute en minute.

Avancer, c’est faire un pas, puis un pas, puis un pas, puis…

Daniel Mermet
 

Notes

[1Sur son blog, « Énorme manipulation : la justice confirme l’absence de drogue dans les affaires de Rima Hassan », Jean-Luc Mélenchon a rappelé les 13 procédures contre Rima Hassan qui ont été classées sans suite :

« 1) Des plaintes de l’OJE et de la LICRA ont dénoncé des propos tenus lors d’une interview de Rima Hassan par Le Crayon publiée en janvier 2024. Il est ressorti de l’enquête et notamment de l’exploitation des rushs qu’il s’agissait de propos tronqués et que Rima Hassan avait par ailleurs qualifié d’illégaux les actes commis le 7 octobre au préjudice de civils. La procédure a été classée au motif que les investigations ne permettaient de caractériser suffisamment aucune infraction, les propos ne pouvant s’analyser pénalement en apologie du terrorisme.

2) Des plaintes du BNVCA (Bureau National de Vigilance contre l’Antisémitisme) et de B’nai B’rith ont dénoncé un tweet appelant au « soulèvement » devant Sciences Po. La procédure a été classée au motif que les investigations ne permettaient de caractériser suffisamment aucune infraction, en l’absence d’exhortation à commettre des atteintes à l’intégrité physique ou des destructions.

3) Des signalements de députés ont dénoncé des tweets du mois de juillet 2024 citant le poète Mahmoud Darwich, dans un contexte de rivalités avec François-Xavier Bellamy. Cette procédure a été classée pour absence d’infraction, en dépit de la virulence du propos, faute de précision suffisante pour qualifier les propos de menace de mort et ces propos ayant en outre été tenus dans un contexte d’opposition politique.

4) Des signalements de l’OJE et de B’nai B’rith ont dénoncé des propos tenus lors d’une interview à Sud Radio en février 2025. Cette procédure a été classée au motif que les investigations ne permettaient de caractériser suffisamment aucune infraction : Rima Hassan ayant précisé que les exactions et prises d’otage perpétrées par le Hamas étaient condamnées par le droit international et constituaient des crimes de guerre, il ne pouvait être caractérisé d’infraction d’apologie du terrorisme.

5) Une plainte d’Avocats sans frontières lui reprochant l’intelligence avec une puissance étrangère a été classée au motif que les investigations ne permettaient de caractériser suffisamment aucune infraction, faute de la caractérisation d’un dol spécial exigé par le législateur.

6) Une plainte de l’imam Chalghoumi dénonçant des propos tenus sur X en mars 2025, en réaction aux propos qu’il avait lui-même tenus en interview consistant à suggérer le retrait de nationalité de l’eurodéputée, a été classée au motif qu’aucune infraction de provocation d’atteinte volontaire à la vie n’était suffisamment caractérisée.

7) Une plainte de l’OJF dénonçant un tweet datant de septembre 2025, comportant la photographie d’une suite de chiffres précédés d’un signe « + » inscrit sur un bras, avec un emoji avocat, a été classée sans transmission à un service enquêteur, au motif que les investigations ne permettaient de caractériser suffisamment aucune infraction, s’agissant d’un numéro de téléphone, dans le contexte de son interpellation à bord de la « flotille », et faute de toute référence à une religion quelconque.

8) Des plaintes du BNVCA et de La France en partage, dénonçant une citation de Frantz Franon repostée par Rima Hassan en juillet 2024, ont été classées au motif que les investigations ne permettaient de caractériser suffisamment aucune infraction, s’agissant d’une citation et en l’absence d’éléments présentant des agissements du Hamas le 7 octobre 2023 sous un jour favorable et ne pouvant donc constituer l’infraction d’apologie de terrorisme.

9) Un signalement émanant de députés en août 2024, dénonçant un tweet par lequel Rima Hassan repostait les propos de Mona Chollet, mentionnant elle-même la doctrine « Hannibal » selon laquelle l’état-major de Tsahal aurait donné l’ordre de tuer sans distinction (de nationalité des victimes, au risque de tirer sur ses propres citoyens), a été classé en février 2026, au motif que les investigations ne permettaient de caractériser suffisamment aucune infraction, s’agissant d’une citation et en l’absence d’éléments présentant des agissements du Hamas le 7 octobre 2023 sous un jour favorable.

10) Un signalement de la mairie de Paris dénonçant un tweet d’octobre 2024 a été classé au motif que les investigations ne permettaient de caractériser suffisamment aucune infraction, en l’absence de toute référence à un acte de terrorisme et ne pouvant donc en faire l’apologie.

11) Un signalement du préfet des Bouches-du-Rhône a dénoncé un tweet du 1er mars 2025, dans lequel Rima Hassan reprochait à l’entreprise marseillaise Eurolinks de fournir des armes à Israël, en précisant ses coordonnées. Cette procédure a fait l’objet d’un classement au motif que les investigations ne permettaient de caractériser suffisamment aucune infraction, en l’absence d’exhortation au harcèlement, de qualification pénale réprimant la provocation aux appels malveillants et ceux-ci – ayant été dénombrés à 2 – ne permettant pas non plus de caractériser l’infraction de complicité d’appels malveillants.

12) Un signalement de l’OJF dénonçant un tweet du 1er février 2026, dans lequel Rima Hassan repostait le message d’un tiers portant sur le positionnement d’Ariel Weil, et commentait la prise de position de ce dernier dans le conflit israélo-palestinien, a été classé en l’absence de propos injurieux en lien avec une origine ou religion (qu’elle soit réelle ou supposée).

13) Des signalements émanant du ministère de l’intérieur ainsi que de l’OJF, dénonçant un tweet de février 2026 par lequel Rima Hassan postait un article de RFI relatif aux frappes aériennes ayant fait 17 morts à Rafah, et précisait « aux sionistes qui me lisent, je veux leur dire que vous êtes pour nous ce que les nazis étaient pour vous », ont été classés en l’absence d’éléments permettant de caractériser suffisamment une éventuelle infraction de provocation à la haine, en l’absence d’exhortation. »

[2CNEWS, 8 avril 2026.

[3Marine Babonneau et Christophe Nobili, « Un problème de fuites de la PJ jusqu’à la Chancellerie », Le Canard enchaîné, 7 avril 2026.

[4Daniel Schneidermann, « Rima Hassan et la drogue : "priorité au direct" ! », Libération, 10 avril 2026.


Pour aller plus loin : https://www.acrimed.org/Rima-Hassan-et-la-drogue-2-desinformation-de


Source : https://la-bas.org/la-bas-magazine/textes-a-l-appui/rima-hassan-chasse-a-la-sorciere-en-bande-organisee

mardi 24 mars 2026

Mediapart prouve le nazisme de Quentin Deranque

 


Contre Attaque
Vendredi 16 mars 2026


UNE SEMAINE APRÈS NOTRE ENQUÊTE, ET APRÈS LES RÉVÉLATIONS DE MéDIAPART, LA CLASSE POLITIQUE ET ET LES MéDIAS DOMINANTS DOIVENT S'EXCUSER
 
– Médias et classe politique ont menti à un niveau sans précédent, et organisé un hommage à un néo-nazi violent qui s’entraînait au combat et venait de passer à l'acte : c'est un scandale d’État –
L'avocat de la famille de Quentin Deranque parade dans les médias depuis deux jours pour affirmer que son client n'était pas violent, et s'en prend à « l’indécence de ceux qui veulent salir la mémoire de Quentin ». Ce dernier s'en chargeait pourtant très bien tout seul sur internet.

Dans le cadre de nos recherches, notre équipe avait identifié les comptes Twitter de Quentin Deranque depuis le mois de février : @gavariou et @ultragavariou. Nous y étions parvenu en recoupant ses cercles d'amis néo-nazis, dont nous avions retrouvé plusieurs interactions. Par exemple celle de son colocataire, un fasciste assumé. Malheureusement, ces comptes avaient précipitamment été paramétrés en privé après la bagarre. Ses amis cherchaient à dissimuler quelque chose, mais quoi ?

Ce jeudi 12 mars, Médiapart donne la réponse dans un long article. 
https://files.catbox.moe/61zbsl.pdf
 
Les tweets des comptes de Quentin Deranque sont révélés, le média d'investigation ayant réussi à accéder au contenu. Il s'avère que le néo-nazi présenté comme un « petit ange » par tous les médias a publié des milliers de messages d'un antisémitisme, d'un racisme et d'un nazisme dévorant. Par exemple : « Je soutiens Adolf », « Mort totale des n*gres » ou encore « Il faudra déterrer et fusiller (((Halimi))) », à propos de l'avocate féministe, juive et anticolonialiste Gisèle Halimi.

Dans une logorrhée haineuse ininterrompue, Quentin Deranque évoque « les millions d’arabes et de noirs présents sur le sol français » qu’il faudrait « déporter ». Un internaute écrit que « 100% des électeurs du RN sont racistes », Quentin Deranque répond : « Ils ont raison c’est 100 % normal. » Toujours sur le RN, quand un député Insoumis rappelle que le parti a « été fondé par des SS », Quentin Deranque répond : « C’est très bien ».
Sur les trains allemands en retard, il répond : « On les a trop culpabilisés d’avoir eu une excellente utilisation des réseaux ferrés ». En 2025, il publie une archive historique de la Bibliothèque Nationale de France sur la traque des esclaves noirs qui se sont enfuis des plantations, intitulée « La chasse aux n***s ». Il écrit : « Projet 2027 », c'est-à-dire l'année des élections. Il reprend régulièrement l'acronyme « TND », pour « Total N**er Death », soit « mort totale des n***s ».

Il y a une semaine, le 6 mars, Contre Attaque prouvait que Quentin Deranque était en première ligne dans la bagarre qui avait conduit à sa mort, et qu'il avait donné des coups dans l'affrontement. Notre équipe s'était basée sur une vidéo prise juste après l'affrontement, on y voyait le nervis d’extrême droite avec un de ses camarades, les deux ayant les mains couvertes de sang. Il est debout, conscient, discute avec des passants. L'un d'eux lui conseillait d’aller à l’hôpital «Saint Jo’», ce qu’il n'écoutera pas, et fera donc un malaise quasiment deux heures plus tard.

Grâce à ces images, il est possible de prouver sans aucun doute que Quentin Deranque, qui portait des vêtements distinctifs – des chaussures grises New Balance et une doudoune à capuche – apparaissait en première ligne dans les violences. On le voit notamment donner des coups sur les images du Canard Enchainé. Sur d’autres extraits vidéos, on peut également l’identifier en garde, à l’avant du groupe d’extrême droite. Quentin Deranque porte une cagoule tout au long de la bagarre, cagoule qu'il porte rabaissée dans la vidéo d'après la rixe.

Nous sommes donc passés d'un «jeune catholique attaqué par des antifas» à un néo-nazi qui a organisé un guet-apens armé avec sa bande, et qui en est mort.

Mais encore une fois, Quentin Deranque le néo-nazi compulsif n'est pas «mort pour ses idées», mais bien pour ses actes. Il s’entraînait au combat avec l'un des groupes les plus violents de l'extrême droite radicale.

Médiapart révèle que le 1er février 2026, soit deux semaines seulement avant sa mort, Deranque est allé s’entraîner dans un parc avec le groupe Audace Lyon, un collectif néo-nazi violent qui prône «l'autodéfense blanche» et dont les vidéos montrent des cours d'art martial, accompagnés du slogan «Jeune blanc, rejoins ton clan».

Lors de cet entraînement, les animateurs auraient organisé un «jeu» avec de faux couteaux, dans lequel deux participants s'affrontent dans un cercle. Quentin Deranque a alors éliminé plusieurs adversaires à coups de poignard factice, «à la surprise générale». Dès lors, il apparaît que cet homme était d'une dangerosité extrême, non seulement nostalgique d'Hitler mais préparé au combat. Il est passé à l'acte le 12 février. Il a perdu, face à des antifascistes qui se sont défendus.

Aucun grand média n'a repris nos révélations sur la participation en première ligne de Quentin Deranque la semaine dernière. Notre vidéo a pourtant été vue des millions de fois sur les réseaux sociaux, mais c'est comme si le réel n'existait pas, dès qu'il ne sert pas le narratif de l'extrême droite. Qu'en sera-t-il des nouveaux éléments apportés par Médiapart ?
De même, aucun membre du commando d'extrême droite, qui avait pourtant des armes et qui a initié la bagarre, n'est poursuivi. Pire, aucun d'entre eux n'a été seulement auditionné, alors que ces individus portent la responsabilité de la mort de leur ami et que certains ont été identifiés grâce à notre travail d'investigation et nos sources.

La mascarade n'a que trop duré, c'est un scandale d’État.

Les groupes parlementaires qui ont fait une minute de silence pour un nazi violent doivent s'excuser, et en premier lieu ceux de gauche. Une enquête parlementaire doit être ouverte sur ces faits, et plus généralement les liens entre l'extrême droite violente, une partie de la classe politique, et les médias.

Les chaînes de télévision doivent diffuser un démenti sur le torrent de contre-vérités diffusées depuis un mois. Nous venons sans doute de subir la pire campagne d'intoxication médiatique de l'histoire française.

Enfin et surtout, les antifascistes injustement incarcérés doivent être libérés immédiatement.
 
 

lundi 23 mars 2026

La ville des rois morts et du peuple vivant


La ville des rois morts et 

du peuple vivant

Le
 

5 minutes et 40 secondes des réactions au soir du premier tour. 

Le racisme rend sourd. Quand vous dites la « ville des rois », le raciste comprend la « ville des Noirs ». Et le lynchage démarre. Le déchaînement raciste gagne la fachosphère jusqu’aux médias mainstream qui courent derrière le buzz.

Le 15 mars, au premier tour des élections municipales, le candidat de La France insoumise est élu au premier tour à Saint-Denis (93). Explosion de joie mais pas partout. Sur les plateaux télé, les mines sont un peu chiffonnées et le camp des perdants bouillonne de rage. La diabolisation acharnée de Mélenchon ne ferait pas peur à ces imbéciles ?

Il faut préciser que le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, est d’origine malienne. Il a grandi en HLM, dans la banlieue parisienne. Études à Paris-VIII, basketteur, engagé dans l’associatif, cadre à la RATP, père de quatre enfants. Et à 52 ans, le voilà maire de cette ville avec ses 150 nationalités. De quoi avoir depuis longtemps appris à riposter à la ségrégation ordinaire, raciale et sociale. « Nous sommes tout ce que l’extrême droite en fin de compte déteste », dit-il.

À peine élu, le nouveau maire est en direct sur LCI. Dans le brouhaha qui l’entoure, il tente d’évoquer sa ville. « La ville des rois ». Il le dit et le répète mais l’animateur Darius Rochebin interprète à sa façon : la ville des rois, la ville des Noirs ? Sans le dire, il le suggère.

Un impensé ? Une incontinence ? La « ville des Noirs » va se répandre au-delà des réseaux fascistes habituels.

Dès le lendemain matin, sur RMC, dans les Grandes gueules, c’est Emmanuel de Villiers, l’ex-directeur du Puy du Fou, le parent de Philippe de Villiers, qui dénonce « la ville des Noirs ». Puis c’est l’avocat Gilbert Collard, le soutien de Zemmour : « cette phrase est terrible par son séparatisme ». Un peu plus tard, c’est Jean Messiha, candidat Reconquête ! éliminé au premier tour qui s’y met : « Saint-Denis était la ville des rois, aujourd’hui c’est la ville des Noirs ». Puis c’est Apolline de Malherbe sur RMC, puis c’est Alexandre Devecchio dans C ce soir. Puis c’est le théoricien du « grand remplacement », l’écrivain Renaud Camus, qui lance un tweet : « la négropole des Rois » au sujet de Saint-Denis ou 42 rois de France ont leurs mausolées. Un haut lieu pour les amateurs d’histoire et les nostalgiques de l’Ancien régime. Sur BFMTV, le chroniqueur Tugdual Denis, directeur du magazine d’extrême droite Valeurs actuelles condamné en 2022 pour injure à caractère racial contre la députée Danielle Obono, affirme que le nouveau maire est soutenu par « de nombreux patrons de points de deal de la ville ». Il lui demande : « vous êtes dans la main de qui, Monsieur le maire, en fait ? ».

« Question irresponsable », lui répond le maire, qui au passage apporte une précision au sujet du mot « racisé ». Il tient à indiquer : « ce n’est pas le type de langage que je tiens », « je préfère "héritier de l’immigration" ».

Mais au départ, d’où vient cette expression sur la ville des rois ?

La phrase est attribuée à Jean Marcenac (1913-1984), un résistant communiste, écrivain, poète et journaliste. Bien qu’il fut ami des surréalistes, jamais il n’aurait pu imaginer que sa phrase pourrait un jour un susciter un tel débat.

Consciemment ou non, c’est une façon de renouer avec l’histoire de Saint-Denis et de la banlieue rouge. Car s’il fallait une couleur, celle-là lui irait mieux. La couleur de l’époque où les villes communistes autour de Paris étaient si nombreuses qu’on parlait de la « ceinture rouge », non sans une sale angoisse chez les rupins de l’époque dont nos fascistes actuels sont les descendants. Parmi ces communes rouges, Saint-Denis en était l’une des principales et Jean Marcenac en était une figure remarquable. Écrivain, poète, journaliste, ami des surréalistes, militant contre le fascisme et contre l’antisémitisme, engagé dans la résistance, notamment dans les maquis du Lot avec le peintre Jean Lurçat, il était proche d’Elsa Triolet et de Louis Aragon avec lequel il travaillait au journal Les Lettres françaises.

Des temps à jamais révolus mais auxquels pourtant à nouveau une mince phrase nous relie, histoire de redonner du sens à l’histoire.

La ville des rois morts et des peuples vivants.

Daniel Mermet

 

Source : https://la-bas.org/la-bas-magazine/la-bas-express/la-ville-des-rois-morts-et-du-peuple-vivant