Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan. Mais pas que. Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...
BLOG EN COURS D'ACTUALISATION... ...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...
Invalides,
c’est-à-dire impotents, impuissants, empêchés. On ne fait guère
attention à ce genre de mots, mais c’était bien la France des invalides
qui rendait un hommage national à Edgar Morin ce 03 juin dernier. Quel
hommage pour notre intello le plus populaire, sa longévité record et son
grand chapeau ? Officiels empaillés, musique de défilé, discours
ChatGPT et surtout pas de sujets qui fâchent, surtout pas. L’exact
contraire d’Edgar Morin, son contraire point par point. C’était
l’hommage des invalides à un coureur de fond.
Ludovic Marin/AFP
Un instant, un peu de vent
donnait un peu de vie et on espérait que le chapeau d’Edgar allait
s’envoler, quitter ce linceul tricolore avec tout ce beau monde courant
pour le rattraper, se montant sur les épaules, volant comme dans un
Chagall, appelant les hélicoptères et toute l’armée de l’air.
Une jolie scène, de belles images, un bel hommage. Chapeau l’artiste ! Mais même le chapeau était attaché.
Il manquait quelqu’un pour raconter tout ça : Edgar Morin lui-même.
Ces jours derniers, dans ce
fleuve d’hommages, toutes les facettes du bonhomme ont été évoquées,
exagérées ou minimisées, selon la coutume du costume que l’époque vous
taille pour vous faire entrer dans le cercueil de la renommée.
Mais il y a ce qui est passé
sous le tapis, ce qui est invalidé par les invalides, à commencer par
l’engagement d’Edgar Morin jusqu’au bout pour la cause palestinienne.
Pourtant, pour ça, en 2002, il fut poursuivi pour racisme et même pour terrorisme !
Vous le saviez ?
« Le 4 juin 2002, Edgar Morin publie dans le journal Le Monde, avec Sami Naïr et Danièle Sallenave, une tribune intitulée « Israël-Palestine : le cancer ». Cet article y développe l’idée que « ce
cancer israélo-palestinien s’est formé, d’une part, en se nourrissant
de l’angoisse historique d’un peuple persécuté par le passé et de son
insécurité géographique ; d’autre part, du malheur d’un peuple persécuté
dans son présent et privé de droit politique ».
Il critique « l’unilatéralisme » que porte la vision israélienne des choses. Pour lui, « c’est
la conscience d’avoir été victime qui permet à Israël de devenir
oppresseur du peuple palestinien. Le terme Shoah, qui singularise le
destin victimaire juif et banalise tous les autres (ceux du Goulag, des
Tsiganes, des Arméniens, des Noirs esclavagisés, des Indiens
d’Amérique), devient la légitimation d’un colonialisme, d’un apartheid
et d’une ghettoïsation pour les Palestiniens ».
Cet article vaut à Edgar Morin et à ses coauteurs un procès pour « diffamation raciale et apologie des actes de terrorisme »,
intenté par les associations France-Israël et Avocats sans frontières.
Ces associations obtiennent la condamnation du philosophe par la cour
d’appel de Versailles, mais ce jugement est cassé par un arrêt définitif
de la Cour de cassation, qui reconnaît que la tribune incriminée relève
de la liberté d’expression de ses auteurs [1]. »
La représentante de Palestine en France, Leïla Chahid, en compagnie de
l’ancien ministre communiste Jack Ralite et d’Edgar Morin, défile en
tête de la marche pour la Palestine organisée le 16 mai 1998 à Paris
pour commémorer le 50e anniversaire de la Nakba (photo : Jack Guez/AFP)
La deuxième intifada
(2000-2005) a été en France l’occasion pour l’extrême droite et le lobby
sioniste français d’accuser d’antisémitisme toute critique des attaques
israéliennes contre les Palestiniens. La méthode n’était pas nouvelle
mais elle est devenue alors plus systématique avec pour but essentiel
de faire passer l’accusation d’antisémitisme de l’extrême droite vers la
gauche et vers l’islam. L’avocat d’extrême droite Gilles-William
Goldnadel en était déjà l’inlassable militant, son djihad à lui.
Nous avons été relaxés et
presque tous ces procès ont échoué tout en laissant les taches de ce
quelque chose que la calomnie laisse pour longtemps dans les esprits.
Mais surtout, aujourd’hui, un
quart de siècle après, ce qui semblait alors grotesque s’est inversé.
Le Rassemblement national, parti d’extrême droite aux racines
profondément antisémites, est chaleureusement reçu en Israël et c’est au
contraire La France insoumise qui est soupçonnée d’antisémitisme.
Notre accusateur forcené,
Gilles-William Goldnadel, grand ami de Benjamin Nétanyahou, est devenu
une vedette omniprésente dans tous les médias d’extrême droite, de CNEWS
à Valeurs actuelles, avec des arguments délicats : « j’accuse la France insoumise d’être un nid de cloportes antisémites et d’excréments » (12 janvier 2026).
Il faut le rappeler,
l’instrumentalisation politique de l’antisémitisme mène inéluctablement à
sa banalisation. À un certain moment, il finit par ne plus alarmer
personne. Les responsables de cette instrumentalisation sont
responsables de l’augmentation de l’antisémitisme aujourd’hui. Voilà des
combats à mener pour saluer la mémoire d’Edgar.
Daniel Mermet
P.S. Deux émissions de Là-bas à retrouver sur ce sujet avec Edgar Morin :
1) « Israël-Palestine, le cancer » : ne pas se taire (25 juin 2002)
Programmation musicale : David Krakauer, Turntable Pounding
De livres en articles, Edgar Morin n’a pas cessé de se définir comme
un « juif spinozant », qui refuse toute idée de peuple élu et qui, comme
d’autres dans la persécution et l’exil, au contraire, s’est bâti une
sensibilité universaliste qui rejette tout communautarisme, tout
enfermement identitaire, toute fermeture aux autre persécutés, toute
indifférence aux autres malheurs du monde.
La joie, ça nous déborde J’allais vous faire une carte postale de printemps, vous donner des
nouvelles de mon voisin cheval, vous impressionner par la hauteur des
vagues, vous dire qu’il y a des moments où il suffit de respirer pour
être heureux et voilà un message : « bienvenue en Israël ». Voilà « les images qui ont fait le tour du monde ». Des gens yeux bandés, attachés, agenouillés, alignés, humiliés, torturés.
Ce
que les Palestiniens subissent tous les jours depuis des mois et des
années sans trop nous indigner, cette fois c’est nous. Disons
quelques-unes et quelques-uns vivant du bon côté du monde et qui, à bord
d’une flottille de plusieurs navires, étaient en route pour briser le
blocus de Gaza et dénoncer le génocide et les massacres quotidiens en
Cisjordanie.
Les précédentes flottilles ont été malmenées et refoulées par Israël
mais, cette fois, les militants européens de la flottille SUMUD
interceptée illégalement ont été frappés et torturés avec harcèlements
et humiliations sexuels, sous les ordres du ministre israélien de la
sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, ouvertement raciste et fasciste,
goguenard et exalté au milieu des tortures en répétant « bienvenue en Israël, on est chez nous ». Le « on est chez nous » de nos fachos franchouillards.
Cette fois, alors que les Palestiniens subissent quotidiennement ce
genre de tortures dans une quasi-indifférence, le monde-du-bon-côté a
exprimé sa désapprobation. L’Espagne, l’Irlande, l’Italie, même le très
lâche Jean-Noël Barrot, le ministre français des affaires étrangères qui
a d’abord renvoyé dos à dos la flottille et le pouvoir israélien puis
qui, à l’unisson, a dit son indignation suite à Nétanyahou qui lui-même
a grondé avec modération son ministre de la sécurité nationale qui lui
est indispensable pour se maintenir au pouvoir jusqu’aux prochaines
élections et échapper aux boulets de ses diverses condamnations.
Du côté israélien, à part les rares médias critiques comme Haaretz et les ONG des droits humains, l’opinion ne semble pas autrement scandalisée.
Saluts et fraternité à celles et ceux de la flottille et celles et
ceux qui partout luttent et dénoncent le génocide et les crimes du
gouvernement israélien sans tomber dans le piège de la confusion et de
l’antisémitisme.
P.P.S.Sinon, quand même, mon voisin cheval va très
bien, il se pavane avec Madame et les deux poulains qui me sourient
quand je les photographie et qui aiment bien le goût de la petite brume
salée dans le pelage de leur jolie maman car quand même c’est vrai par
moment, la joie ça nous déborde.
Gérard Mordillat, écrivain et cinéaste, fait partie des 2 000 professionnels du cinéma qui ont signé la tribune parue dans Libération contre « la concentration inédite de la chaîne de financement entre les mains de Vincent Bolloré » : la-bas.org/la-bas-magazine/chroniques/contre-le-technofascisme
Juin 1936 : Champi chante en soutien des grévistes des grands magasins
C’est le jour d’en
prendre de la graine. Il y a 140 ans, à Chicago, des travailleurs
perdaient la vie pour la gagner. Pour gagner un triangle rouge. Un côté
pour les huit heures de travail, un côté pour les huit heures de
sommeil, un côté pour les huit heures pour la vie. Une révolution. Ceux
qui leur faisaient tirer dessus étaient de la même espèce que ceux
d’aujourd’hui. Nous les avons fait reculer, mais ils reviennent
toujours, déguisés autrement, ils arrivent par derrière, mêmes chiens de
garde, même sourire de serpent, même sac de farine pour nous rouler
dedans.
La fête des travailleurs,
Pétain en avait fait la Fête du travail, il avait enlevé le rouge de
l’églantine qu’on marie au muguet. Églantine ou aubépine ? C’était un
débat quand j’étais gamin dans notre banlieue rouge. Mais il fallait
toujours un petit ruban rouge avec ton muguet pour emmerder Pétain et sa
descendance.
La fleur rouge, c’était aussi à la mémoire de Maria Blondeau, tuée dans la manif du 1er mai 1891 à Fourmies avec son compagnon Kléber Giloteaux, les « fiancés du 1er
mai » morts parmi les neufs morts et les 35 blessés, le tableau de
chasse des vaches d’en face. Retailleau, Macron , Attal, ou Hollande,
ils sont toujours là. Là-bas c’est Trump, Hegseth, Elon Musk, etc. Et
partout dans le monde, règne leur Internationale à eux.
Mais pas question de plier. Déprimer c’est collaborer, c’est se coucher avant que les violeurs n’entrent dans la pièce.
On ne perd pas toujours, on n’a pas toujours perdu. Le 1er Mai raconte aussi les victoires et les progrès.
Résistance, ni martyre ni musée, résistance !
Le 1er mai, c’est le jour d’en prendre de la graine.
Daniel Mermet
P.S. Voilà un superbe Premier mai avec des tubes et des perles à reprendre en chœur !
programmation musicale :
Jacqueline Danno, Il est cinq heures Champi avec les chœurs des grévistes de la Nouveauté,Chanson de grève Compagnie Jolie Môme, Son bleu Pete Seeger, Eight-Hour Day Denis Cacheux : Le Grand métingue du Métropolitain Chicho Sanchez Ferlosio, Libertad A Durruti Marty, L’impôt sur les feignants Gaston Ouvrard, L’Internationalisation Mireille et Jean Sablon, Fermé jusqu’à lundi
Jeudi 2 avril 2026,
Rima Hassan est en garde à vue. L’eurodéputée La France insoumise,
militante de la cause palestinienne, connaît bien le processus. En
quelques mois, elle a été convoquée treize fois et treize fois le
parquet a classé sans suite [1].
Les poursuites proviennent
d’officines d’extrême droite proches du gouvernement israélien de
Nétanyahou. Leur activité quotidienne consiste à scruter les tweets et
les déclarations de la députée européenne puis d’engager des poursuites.
C’est la stratégie de la guerre juridique (« lawfare »).
L’acharnement judiciaire exige beaucoup de temps et d’argent pour se
défendre. Pour les accusateurs, gagner ou perdre n’est pas le plus
important. Il s’agit de dissuader la contestation. C’est d’abord
l’annonce de l’accusation qui frappe et discrédite. Le jugement qui
intervient à froid des mois plus tard intéresse beaucoup moins
l’opinion.
Il s’agit encore cette fois
d’« apologie de terrorisme » pour laquelle elle sera jugée le 7 juillet
prochain. La routine donc. Mais cette fois ses accusateurs ont tenté
autre chose.
Le parquet de Paris annonce
soudain au cours de cette garde à vue que de la drogue a été trouvée
dans le sac de la députée européenne. C’est le scoop ! À la minute les
médias se déchaînent. D’abord Le Parisien, puis CNEWS puis c’est toute la meute. C’est BFM avec ses douze bandeaux successifs en quelques heures. « 1,9 gramme de drogue de synthèse sur Rima Hassan ». C’est Europe 1 : « INFO EUROPE 1 - Rima Hassan en garde à vue : une boulette de CBD et près de 2g de 3-MMC retrouvés dans son sac ». Puis c’est l’AFP et la quasi-totalité des médias français.
Mais aussi des élus. Dans le
« baise-en-ville » de la députée, on aurait trouvé du CBD, une substance
légale certes mais aussi d’autres substances, la 3-MMC, une drogue de
synthèse utilisée dans le chemsex, la drogue des rapports sexuels. Voilà
la Jeanne d’Arc palestinienne transformée en Pierre Palmade. Le Parisien précise : « la députée européenne Rima Hassan est dans de sales draps ». Le parti Les Républicains balance sur X : « from the river to the shit ». D’autres révèlent qu’il s’agit d’une affaire liée à un problème d’immigration. Autant d’évidences.
Pas étonnant pour David
Lisnard, le maire de Cannes, qui est aussi président des maires de
France. David Lisnard est le Javier Milei français qui, lors de ses
meetings, passe symboliquement le Code du travail et les lois sur
l’environnement dans une broyeuse. Pas trop de succès encore mais une
certitude. Pour lui, « La France insoumise sont même néo-fascistes.
S’il devait y avoir un seul ennemi dans le champ politique actuel, c’est
évidemment La France insoumise dont on a vu qu’ils étaient racistes,
qu’ils étaient antisémites et qu’ils avaient une grande propension à
être camés et à se droguer avec l’argent des contribuables de surcroît » [2].
Mais voici que, coup de
théâtre, sept jours plus tard, le jeudi 9 avril, le parquet annonce
avoir procédé à un classement sans suite. « Les investigations n’ont fait apparaître aucune infraction suffisamment caractérisée. »
Silence soudain dans les
rangs. On regarde ailleurs. Le buzz a fait le plein d’audience mais il
faut vite faire diversion. Sauf que, précision embarassante, Le Canard enchaîné
révèle des échanges entre le porte-parole du ministère de la Justice
Sacha Straub-Kahn et des journalistes, le jour même de la garde à vue,
en violation flagrante du secret de l’instruction [3].
Voilà donc la source des accusations si largement diffusées sans aucune
vérification par la quasi-totalité des médias français.
Des révélations pilotées
directement par le ministère de la Justice et reprises allègrement par
la presse ? On s’interroge. Le secret de l’instruction a été violé pour
alimenter une presse aux ordres…
Secret de polichinelle, de
longue date dans les médias on est habitué à recopier avec discrétion
les infos données par la police ou la justice. Ce qu’on appelle les
« sources proches de l’enquête ».
Barbouzerie
judiciaire, naufrage médiatique : les chiens de garde se sont surpassés
mais c’est Caroline Fourest qui est en haut du podium. En direct, sur
LCI, elle accuse en révélant de lourds antécédents : « nous avons en
notre possession des messages où elle raconte sa consommation de drogue
dure et de drogue de synthèse. Ce sont des messages qui ont une dizaine
d’années, qui remontent à la sortie de ses études. Et ce sont des
messages qui parlent de cocaïne et qui parlent d’ecstasy et qui parlent
de mélanges. Et des consommations parfois quotidiennes dont elle
s’inquiète. »
Buzz énorme donc puis silence. Daniel Schneidermann résume : « entreprise
de criminalisation en bande organisée d’une militante et d’une élue, la
plus impressionnante de ces dernières années » [4].
Mais que dit réellement Rima
Hassan ? Accusée de légitimer l’attaque du Hamas, elle ne cesse de
répéter qu’elle a très tôt qualifié le 7-Octobre d’attaque terroriste.
Dans ses interventions, en permanence, elle se défend d’être dans une
logique anti-israélienne en précisant : « si vous condamnez le Hamas,
il faut condamner aussi ceux qui ont nourri le monstre. Le gouvernement
de Nétanyahou a joué un rôle très cynique : il a voulu sciemment
nourrir le Hamas pour déjouer la perspective politique portée par
l’Autorité palestinienne ». Sur France Inter, le 19 mars 2024, elle ajoute : « je n’aime pas me définir comme anti-sioniste, mais je veux avoir le droit de critiquer une doctrine politique ». Elle poursuit : « Israël est malade de son colonialisme ». « Mon rêve, c’est une cohabitation totale ».
Mais, heureusement, contre
cette wokiste islamiste, voici la loi Yadan qui sera débattue le 16
avril à l’Assemblée (ndlr : débat reporté en juin), avec clairement pour but de faire taire les
opposants à la politique de Nétanyahou et faire taire la dénonciation du
génocide en cours et qui se poursuit.
Soutenue par la droite et
l’extrême droite, mais aussi par François Hollande, Jérôme Guedj,
Élisabeth Badinter ou Manuel Valls, le projet de la députée macroniste
Caroline Yadan est de « lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme »
et surtout de faire amalgame entre anti-sionisme et antisémitisme. Il
faut encore le rappeler, le sionisme est une doctrine politique qui
comme telle peut être radicalement combattue. Ce qui n’est pas une mise
en cause de l’existence d’Israël mais de sa politique coloniale et
génocidaire.
L’antisémitisme est une forme
de racisme dont on connaît les effets monstrueux. La loi de Caroline
Yadan prévoit de faire amalgame et d’élargir la notion d’apologie du
terrorisme aux propos implicites.
« 1) Des plaintes de l’OJE et de la LICRA ont dénoncé des propos
tenus lors d’une interview de Rima Hassan par Le Crayon publiée en
janvier 2024. Il est ressorti de l’enquête et notamment de
l’exploitation des rushs qu’il s’agissait de propos tronqués et que Rima
Hassan avait par ailleurs qualifié d’illégaux les actes commis le 7
octobre au préjudice de civils. La procédure a été classée au motif que
les investigations ne permettaient de caractériser suffisamment aucune
infraction, les propos ne pouvant s’analyser pénalement en apologie du
terrorisme.
2) Des plaintes du BNVCA (Bureau National de Vigilance contre
l’Antisémitisme) et de B’nai B’rith ont dénoncé un tweet appelant au
« soulèvement » devant Sciences Po. La procédure a été classée au motif
que les investigations ne permettaient de caractériser suffisamment
aucune infraction, en l’absence d’exhortation à commettre des atteintes à
l’intégrité physique ou des destructions.
3) Des signalements de députés ont dénoncé des tweets du mois de
juillet 2024 citant le poète Mahmoud Darwich, dans un contexte de
rivalités avec François-Xavier Bellamy. Cette procédure a été classée
pour absence d’infraction, en dépit de la virulence du propos, faute de
précision suffisante pour qualifier les propos de menace de mort et ces
propos ayant en outre été tenus dans un contexte d’opposition politique.
4) Des signalements de l’OJE et de B’nai B’rith ont dénoncé des
propos tenus lors d’une interview à Sud Radio en février 2025. Cette
procédure a été classée au motif que les investigations ne permettaient
de caractériser suffisamment aucune infraction : Rima Hassan ayant
précisé que les exactions et prises d’otage perpétrées par le Hamas
étaient condamnées par le droit international et constituaient des
crimes de guerre, il ne pouvait être caractérisé d’infraction d’apologie
du terrorisme.
5) Une plainte d’Avocats sans frontières lui reprochant
l’intelligence avec une puissance étrangère a été classée au motif que
les investigations ne permettaient de caractériser suffisamment aucune
infraction, faute de la caractérisation d’un dol spécial exigé par le
législateur.
6) Une plainte de l’imam Chalghoumi dénonçant des propos tenus sur X
en mars 2025, en réaction aux propos qu’il avait lui-même tenus en
interview consistant à suggérer le retrait de nationalité de
l’eurodéputée, a été classée au motif qu’aucune infraction de
provocation d’atteinte volontaire à la vie n’était suffisamment
caractérisée.
7) Une plainte de l’OJF dénonçant un tweet datant de septembre 2025,
comportant la photographie d’une suite de chiffres précédés d’un signe
« + » inscrit sur un bras, avec un emoji avocat, a été classée sans
transmission à un service enquêteur, au motif que les investigations ne
permettaient de caractériser suffisamment aucune infraction, s’agissant
d’un numéro de téléphone, dans le contexte de son interpellation à bord
de la « flotille », et faute de toute référence à une religion
quelconque.
8) Des plaintes du BNVCA et de La France en partage, dénonçant une
citation de Frantz Franon repostée par Rima Hassan en juillet 2024, ont
été classées au motif que les investigations ne permettaient de
caractériser suffisamment aucune infraction, s’agissant d’une citation
et en l’absence d’éléments présentant des agissements du Hamas le 7
octobre 2023 sous un jour favorable et ne pouvant donc constituer
l’infraction d’apologie de terrorisme.
9) Un signalement émanant de députés en août 2024, dénonçant un tweet
par lequel Rima Hassan repostait les propos de Mona Chollet,
mentionnant elle-même la doctrine « Hannibal » selon laquelle
l’état-major de Tsahal aurait donné l’ordre de tuer sans distinction (de
nationalité des victimes, au risque de tirer sur ses propres citoyens),
a été classé en février 2026, au motif que les investigations ne
permettaient de caractériser suffisamment aucune infraction, s’agissant
d’une citation et en l’absence d’éléments présentant des agissements du
Hamas le 7 octobre 2023 sous un jour favorable.
10) Un signalement de la mairie de Paris dénonçant un tweet d’octobre
2024 a été classé au motif que les investigations ne permettaient de
caractériser suffisamment aucune infraction, en l’absence de toute
référence à un acte de terrorisme et ne pouvant donc en faire
l’apologie.
11) Un signalement du préfet des Bouches-du-Rhône a dénoncé un tweet du 1er
mars 2025, dans lequel Rima Hassan reprochait à l’entreprise
marseillaise Eurolinks de fournir des armes à Israël, en précisant ses
coordonnées. Cette procédure a fait l’objet d’un classement au motif que
les investigations ne permettaient de caractériser suffisamment aucune
infraction, en l’absence d’exhortation au harcèlement, de qualification
pénale réprimant la provocation aux appels malveillants et ceux-ci –
ayant été dénombrés à 2 – ne permettant pas non plus de caractériser
l’infraction de complicité d’appels malveillants.
12) Un signalement de l’OJF dénonçant un tweet du 1er
février 2026, dans lequel Rima Hassan repostait le message d’un tiers
portant sur le positionnement d’Ariel Weil, et commentait la prise de
position de ce dernier dans le conflit israélo-palestinien, a été classé
en l’absence de propos injurieux en lien avec une origine ou religion
(qu’elle soit réelle ou supposée).
13) Des signalements émanant du ministère de l’intérieur ainsi
que de l’OJF, dénonçant un tweet de février 2026 par lequel Rima Hassan
postait un article de RFI relatif aux frappes aériennes ayant fait 17
morts à Rafah, et précisait « aux sionistes qui me lisent, je veux leur dire que vous êtes pour nous ce que les nazis étaient pour vous »,
ont été classés en l’absence d’éléments permettant de caractériser
suffisamment une éventuelle infraction de provocation à la haine, en
l’absence d’exhortation. »
5 minutes et 40 secondes des réactions au soir du premier tour.
Le racisme rend sourd. Quand vous dites la « ville des rois »,
le raciste comprend la « ville des Noirs ». Et le lynchage démarre. Le
déchaînement raciste gagne la fachosphère jusqu’aux médias mainstream
qui courent derrière le buzz.
Le 15 mars, au premier tour des élections municipales, le candidat de
La France insoumise est élu au premier tour à Saint-Denis (93).
Explosion de joie mais pas partout. Sur les plateaux télé, les mines
sont un peu chiffonnées et le camp des perdants bouillonne de rage. La
diabolisation acharnée de Mélenchon ne ferait pas peur à ces imbéciles ?
Il faut préciser que le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko,
est d’origine malienne. Il a grandi en HLM, dans la banlieue
parisienne. Études à Paris-VIII, basketteur, engagé dans l’associatif,
cadre à la RATP, père de quatre enfants. Et à 52 ans, le voilà maire de
cette ville avec ses 150 nationalités. De quoi avoir depuis longtemps
appris à riposter à la ségrégation ordinaire, raciale et sociale. « Nous sommes tout ce que l’extrême droite en fin de compte déteste », dit-il.
À peine élu, le nouveau maire est en direct sur LCI. Dans le brouhaha qui l’entoure, il tente d’évoquer sa ville. « La ville des rois ».
Il le dit et le répète mais l’animateur Darius Rochebin interprète à sa
façon : la ville des rois, la ville des Noirs ? Sans le dire, il le
suggère.
Un impensé ? Une incontinence ? La « ville des Noirs » va se répandre au-delà des réseaux fascistes habituels.
Dès le lendemain matin, sur RMC, dans les Grandes gueules, c’est
Emmanuel de Villiers, l’ex-directeur du Puy du Fou, le parent de
Philippe de Villiers, qui dénonce « la ville des Noirs ». Puis c’est
l’avocat Gilbert Collard, le soutien de Zemmour : « cette phrase est terrible par son séparatisme ». Un peu plus tard, c’est Jean Messiha, candidat Reconquête ! éliminé au premier tour qui s’y met : « Saint-Denis était la ville des rois, aujourd’hui c’est la ville des Noirs ».
Puis c’est Apolline de Malherbe sur RMC, puis c’est Alexandre Devecchio
dans C ce soir. Puis c’est le théoricien du « grand remplacement »,
l’écrivain Renaud Camus, qui lance un tweet : « la négropole des Rois »
au sujet de Saint-Denis ou 42 rois de France ont leurs mausolées. Un
haut lieu pour les amateurs d’histoire et les nostalgiques de l’Ancien
régime. Sur BFMTV, le chroniqueur Tugdual Denis, directeur du magazine
d’extrême droite Valeurs actuelles condamné en 2022 pour injure à
caractère racial contre la députée Danielle Obono, affirme que le
nouveau maire est soutenu par « de nombreux patrons de points de deal de la ville ». Il lui demande : « vous êtes dans la main de qui, Monsieur le maire, en fait ? ».
« Question irresponsable », lui répond le maire, qui au passage apporte une précision au sujet du mot « racisé ». Il tient à indiquer : « ce n’est pas le type de langage que je tiens », « je préfère "héritier de l’immigration" ».
Mais au départ, d’où vient cette expression sur la ville des rois ?
La phrase est attribuée à Jean Marcenac (1913-1984), un résistant
communiste, écrivain, poète et journaliste. Bien qu’il fut ami des
surréalistes, jamais il n’aurait pu imaginer que sa phrase pourrait un
jour un susciter un tel débat.
Consciemment ou non, c’est une façon de renouer avec l’histoire de
Saint-Denis et de la banlieue rouge. Car s’il fallait une couleur,
celle-là lui irait mieux. La couleur de l’époque où les villes
communistes autour de Paris étaient si nombreuses qu’on parlait de la
« ceinture rouge », non sans une sale angoisse chez les rupins de
l’époque dont nos fascistes actuels sont les descendants. Parmi ces
communes rouges, Saint-Denis en était l’une des principales et Jean
Marcenac en était une figure remarquable. Écrivain, poète, journaliste,
ami des surréalistes, militant contre le fascisme et contre
l’antisémitisme, engagé dans la résistance, notamment dans les maquis du
Lot avec le peintre Jean Lurçat, il était proche d’Elsa Triolet et de
Louis Aragon avec lequel il travaillait au journal Les Lettres françaises.
Des temps à jamais révolus mais auxquels pourtant à nouveau une mince
phrase nous relie, histoire de redonner du sens à l’histoire.
Leïla Shahid vient de
mourir. Une grande dame, une très grande dame répètent les messages. 76
ans. Malade, elle a mis fin à ses jours. Bouleversé, tout un monde est
bouleversé, un monde bien plus grand que la Palestine. Elle lui a
consacré toute sa vie mais sa voix porte bien plus loin. Elle le
répétait sans cesse : « ne dites pas "conflit israélo-palestinien" mais
dites "question de Palestine". Il s’agit bien d’un enjeu mondial de
justice et de dignité qui survivra aux décombres, aux gravats et au
génocide.
Née en 1949 à Beyrouth d’une
grande famille palestinienne, elle fut déléguée générale de Palestine en
France de 1994 à 2005 puis auprès de l’Union européenne jusqu’en 2015.
Diplomate, porte-parole, elle
est allée bien plus loin que ce que ces fonctions supposent. Exemple,
pendant des mois, en compagnie de l’Israélien Michel Warschawski et de
l’historien Dominique Vidal, ils ont arpenté la France de collèges en
salles des fêtes afin de démontrer qu’entre juifs et arabes,
Palestiniens et Israéliens, l’entente est possible.
Je me souviens d’elle à
Marseille devant une classe de terminale. Elle prend la parole et
aussitôt le silence se fait. Il y a sa voix bien sûr, cet accent
levantin mémorable. Mais il y a ce qu’elle dit. Elle explique que les
Palestiniens subissent les conséquences de deux faits historiques qui
ont eu lieu en Europe et dont ils ne sont en rien responsables : le
génocide du peuple juif et l’antisémitisme d’une part, le colonialisme
et le racisme anti-arabe d’autre part. Silence, silence attentif dans
cette mosaïque marseillaise. Elle continue sans appel au martyre, sans
blesser quiconque. Jusqu’aux applaudissements.
Après des années auprès
d’Arafat, elle prend sa retraite et se tourne vers des activités
culturelles. Mais le 7 octobre 2023, elle revient avec force en première
ligne. Le 9 octobre, deux jours après le massacre, elle nous accorde
cet entretien à chaud particulièrement clair et tranchant.
Nous vous proposons ce document en hommage à sa mémoire.
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Leïla Shahid, toute une vie Palestine [10 octobre 2023]
À quelqu’un qui lui
demandait si elle avait des enfants, elle répondait pas encore mais
j’attends un enfant qui s’appelle Palestine, c’est pour bientôt, je vous
préviendrai.
Daniel Mermet
entretien : Daniel Mermet
réalisation : Sylvain Richard
Gisèle Halimi (photo : Julien Quideau/MUSÉE DU BARREAU DE PARIS)
BHL, Enthoven, Alain
Minc, Arthur, Yvan Attal, ils sont une vingtaine à signer une tribune
contre la reconnaissance immédiate de l’État de Palestine par la France
dans Le Figaro du 19 septembre [1].
Pas un mot sur le génocide en cours, sur la souffrance inouïe des
Palestiniens, sur l’assassinat des journalistes, sur les violations du
droit international.
Rien d’étonnant. Depuis des
mois, ces militants inconditionnels de l’actuelle politique israélienne
sont omniprésents dans les médias. On note cependant dans cette tribune
la signature de Charlotte Gainsbourg. La comédienne a le droit absolu de
signer ce qu’elle veut, sauf qu’elle joue le rôle de Gisèle Halimi dans
un film prévu pour 2026 et sauf que Gisèle Halimi, toute sa vie, a
toujours soutenu la cause palestinienne.
L’un de ses fils, Serge Halimi, écrit : « elle aurait lu cette tribune collective avec dégoût » [2].
De subtiles critiques
rétorquent qu’on ne demande pas au comédien de partager les convictions
du personnage qu’il incarne. Charlie Chaplin n’avait pas les mêmes idées
qu’Adolf Hitler et Marlon Brando n’était pas le Parrain. Mais on
imagine mal l’embarras de Charlotte Gainsbourg à la sortie du film.
Comment occulter les engagements de Gisèle Halimi ? Comment se limiter
au sujet du film qui est le procès de Bobigny en 1972 ?
Certes un grand moment
d’histoire, déjà amplement traité, analysé et célébré en documentaire,
livre, théâtre, BD, film, téléfilm, podcast…
Mais comment ne pas évoquer
les autres combats de Gisèle Halimi, cette « fauteuse de troubles », et
notamment son engagement en faveur de la cause palestinienne ? Elle n’a
cessé de dénoncer la guerre coloniale menée par Israël contre le peuple
palestinien. Leïla Shahid, ancienne déléguée générale de Palestine, a
toujours rappelé l’importance de son combat en faveur de la Palestine [3].
Lors de la sortie du film,
quels seront les commentaires de Charlotte Gainsbourg incarnant
« Gisèle » devant le dernier appel de Gisèle Halimi en faveur du peuple
palestinien, le 28 juillet 2014 dans L’Humanité [4] ?
« Un peuple aux mains
nues – le peuple palestinien – est en train de se faire massacrer. Une
armée le tient en otage. Pourquoi ? Quelle cause défend ce peuple et que
lui oppose-t-on ? J’affirme que cette cause est juste et sera reconnue
comme telle dans l’histoire. Aujourd’hui règne un silence complice, en
France, pays des droits de l’homme et dans tout un Occident américanisé.
Je ne veux pas me taire. Je ne veux pas me résigner. Malgré le désert
estival, je veux crier fort pour ces voix qui se sont tues et celles que
l’on ne veut pas entendre. L’histoire jugera mais n’effacera pas le
saccage. Saccage des vies, saccage d’un peuple, saccage des innocents.
Le monde n’a-t-il pas espéré que la Shoah marquerait la fin définitive
de la barbarie ? »
« On entre dans un mort comme dans un moulin ».
La phrase de Sartre illustre cette instrumentalisation de la mémoire de
Gisèle Halimi. Ses engagements anti-impérialistes pour la cause du
Vietnam, de Cuba et des militants basques. Son opposition à la guerre du
Golfe et du Kosovo, son refus du traité de Maastricht et du traité
établissant une Constitution pour l’Europe en 2005. Ses positions
anticapitalistes comme co-fondatrice d’Attac en 1998. Elle précisait sa
lutte féministe en articulant genre et classe :
« je suis de gauche, pour
le socialisme incontestablement, mais je ne crois pas qu’il suffise –
comme on nous le répète – d’instaurer le socialisme, en somme de changer
les rapports de production entre les hommes pour changer les rapports
hommes-femmes – je ne crois d’ailleurs même pas que cela suffise pour
changer les rapports entre les hommes mais enfin ça, c’est un autre
problème. Je pense qu’il y a une libération spécifique de la femme, je
pense que la libération totale de la femme ne peut pas se faire en
dehors d’un bouleversement des structures économiques et sociales du
pays, mais je pense que cela n’est pas suffisant. »
C’est aussi sa lutte contre le
colonialisme, sa défense du combat du peuple algérien contre les
tortionnaires français qui sont beaucoup moins évoqués alors qu’elle y a
risqué sa vie. Pour Marine Le Pen, fidèle à son père, c’est clair : « elle
était un soutien des terroristes du FLN contre l’armée française : rien
que cela doit lui interdire toute entrée en Panthéon ». C’est aussi
sa défense de Djamila Boupacha, une militante du FLN arrêtée en 1960
pour une tentative d’attentat à Alger. Ses aveux – obtenus par le viol
et la torture – ont donné lieu – à l’initiative de Gisèle Halimi et de
Simone de Beauvoir – à un procès médiatique des méthodes de l’armée
française en Algérie française. Djamila Boupacha a été amnistiée dans le
cadre des accords d’Évian, et finalement libérée le 21 avril 1962 avec
une ordonnance de non-lieu.
Picasso, Djamila Boupacha, 8 décembre 1961
Sans le vouloir, Charlotte
Gainsbourg et les signataires de cette tribune permettent au grand
public de redécouvrir les engagements encourageants de Gisèle Halimi,
notamment pour la Palestine, ce qui met en évidence le génocide en
cours dont ils sont les complices.
[3] Le site du mouvement CHOISIR la cause des femmes, créé par Gisèle Halimi, donne quelques dates :
– le 11 mars 1968, Gisèle
Halimi co-signait une tribune collective qui dénonçait l’arrestation et
la détention arbitraires d’étudiantes et d’étudiants palestiniens
– le 3 mars 1982, elle co-signait un appel collectif appelant à ce que la « France s’exprime clairement […] pour
réaffirmer les principes d’une paix juste et durable au Proche-Orient :
le retrait des troupes Israéliennes de tous les territoires occupés
depuis 1967, y compris la partie arabe de Jérusalem ; la reconnaissance
des droits nationaux du peuple palestinien, y compris le droit à édifier
son propre État indépendant sur le sol de sa patrie »
– le 18 octobre 2000, un appel collectif intitulé « En tant que juifs… ». Celui-ci affirmait : « partisans
de la fraternité judéo-arabe, nous réclamons la relance d’un processus
de paix qui passe nécessairement par l’application des résolutions de
l’ONU, par la reconnaissance d’un État palestinien souverain et du droit
au retour des Palestiniens chassés de leur terre. C’est par là que la
coexistence pacifiée de différentes communautés culturelles et
linguistiques sur un même territoire peut devenir possible. »
– à partir de septembre 2002 Gisèle Halimi devint l’avocate de Marwan Barghouthi et défendit jusqu’à sa disparition en 2020, un « homme de paix ». Chef du Fateh en Cisjordanie, Marwan Barghouthi, était pour elle un « homme de paix » à qui Israël intentait un « procès politique » (Choisir la cause des femmes, 23 septembre 2025).