Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan. Mais pas que. Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...
BLOG EN COURS D'ACTUALISATION... ...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...
Attractivité, centre-ville, commerce, social : les candidats aux
élections municipales ont exposé ce mardi leur vision pour Prades (Pyrénées-Orientales).
Qui pour reprendre
l’héritage de Jean Castex à Prades ? Réélu largement en 2020 avant
d’être nommé Premier ministre, l’ancien maire avait passé la main à son
premier adjoint, Yves Delcor, qui ne se représente pas. À un an des
municipales, la succession est ouverte dans la sous-préfecture des
Pyrénées-Orientales.
Ils sont quatre candidats déclarés à briguer la mairie de la capitale du Conflent. Trois ont accepté l’invitation d’ICI Roussillon
pour débattre devant les caméras de leurs projets pour la ville :
attractivité, dynamisation du centre-ville, revitalisation du commerce
et lutte contre la pauvreté.
Parmi eux, David Berrué,
49 ans, professionnel du tourisme sportif. Militant écologiste et
ancien candidat aux législatives pour le Nouveau Front populaire, il est
le seul à afficher clairement une couleur politique avec la liste
"Changer d’Air avec le Printemps de Prades", issue de l’union de la
gauche et des écologistes.
Face à lui, Aude Vivès,
41 ans, avocate. Conseillère municipale d’opposition depuis 2020 et
vice-présidente du Conseil départemental en charge du tourisme, elle
conduit une liste sans étiquette, "Pour les Pradéens". Elle est la première femme à briguer le fauteuil de maire de Prades.
Troisième invité du débat : Julien Audier-Soria,
34 ans, avocat. Conseiller municipal à Villefranche-de-Conflent, il se
présente pour la première fois à Prades à la tête de la liste sans
étiquette "Prades, ensemble, demain", soutenue par Jean Castex et
composée notamment de sept élus sortants.
Un quatrième candidat, Gabriel Manas,
n’a pas répondu aux sollicitations d’ICI Roussillon. Il conduit une
liste sans étiquette mais se revendique de la droite patriotique.
En novembre 2025, Mediapart et Libération révèlent des images tournées par des gendarmes lors de la manifestation de Sainte-Soline, deux ans plus tôt.
Ces vidéos montrent un contrechamp violent qui bouleverse le récit de cette journée sanglante.
Le 5 novembre 2025, Mediapart et Libération publient des vidéos inédites issues des caméras-piétons des gendarmes présents le 25 mars 2023 à Sainte-Soline.
Ce jour-là, de violents affrontements ont éclaté entre les forces de l’ordre et les manifestants venus s’opposer à la construction d’une mégabassine.
Laura Wojcik, journaliste au pôle vidéo de Mediapart, revient sur les coulisses de cette enquête.
Michaël Meyer, sociologue des médias, analyse le contraste entre la France, qui garde confidentielles ces images, et les États-Unis, où elles sont largement diffusées.
Ils ne paient pas d’impôts, mais ils achètent les médias, les lois, et même l’avenir de la planète. Monique Pinçon-Charlot, sociologue des riches, démasque l’oligarchie française : une caste qui s’enferme dans ses ghettos dorés, manipule la démocratie, et accélère le chaos climatique.
« Le capitalisme est à bout de souffle, et nous avec », lance-t-elle, impitoyable. Des cercles secrets aux fraudes fiscales géantes, des présidents milliardaires à la mainmise sur Paris, elle révèle comment une poignée d’hommes et de femmes a confisqué le pouvoir, l’espace, et jusqu’à l’air que nous respirons.
📢 Debout, micro ouvert, Au Poste retourne le réel. Pour défendre les libertés et nourrir le débat à gauche. Média 100% live et libre, créé par l'écrivain réalisateur David Dufresne.
Sans montage, ni formatage, ni proprio milliardaire.
La sociologue explique que le concept de séparatisme s’impose
aujourd’hui car « nos recherches sur le séparatisme des riches dans
l’espace urbain n’ont pas pris une ride » et que ce terme éclaire mieux
la rupture civique opérée par les élites. « Ils ne contribuent pas à la
solidarité nationale »
Elle décrit le passage d’une classe dominante à une structure plus
fermée encore, affirmant que « ce n’est même plus une classe dominante,
c’est une oligarchie », caractérisée par la captation des titres de
propriété et du pouvoir politique. « C’est une petite caste qui
s’approprie toutes les richesses »
Le séparatisme est aussi spatial : ghettos du Gotha, cercles fermés,
quartiers protégés, où l’entre-soi devient une arme sociale durable.
« Tout change pour que rien ne change »
Elle montre que les riches pensent de manière relationnelle, à
l’inverse des classes populaires fragmentées, ce qui leur permet de
coordonner intérêts économiques, politiques et culturels. « Ils sont
toujours en train de mettre les choses en relation »
La guerre de classe est explicitement assumée par les dominants,
rappelant une phrase fondatrice pour ses travaux. « La guerre de classe
existe et ce sont les riches qui la mènent »
Monique Pinçon-Charlot insiste sur la reproduction sociale intégrale,
combinant capital économique, social, culturel et symbolique. « On ne
peut pas rester riche tout seul »
Elle analyse la mainmise des milliardaires sur les médias comme un
substitut au parti unique. « Ils ont remplacé le parti unique par la
pensée unique »
L’extrême droite apparaît comme une alliée structurelle des intérêts
oligarchiques, hier comme aujourd’hui. « La collaboration avec l’extrême
droite est ancienne »
Sur l’écologie, elle établit une responsabilité directe des plus
riches dans le chaos climatique. « Les 10 % les plus riches sont
responsables de près de la moitié des émissions »
Enfin, elle remet en cause l’état réel de la démocratie contemporaine. « Nous ne sommes plus en démocratie »
Mediapart révèle des images inédites du 25 mars 2023, filmées par les caméras-piétons des gendarmes.
Elles montrent des consignes prohibées et dangereuses données par la hiérarchie, un vocabulaire guerrier et une troublante satisfaction de blesser « l’adversaire ». 🗞 Pour lire notre article « Gérald Darmanin mis face à son irresponsabilité » : https://www.mediapart.fr/journal/fran... 🗂 Pour parcourir notre dossier « Mégabassines, la guerre de l’eau » : https://www.mediapart.fr/journal/ecol... Mediapart n’a qu’une seule ressource financière : l’argent issu de ses abonnements. Pas d’actionnaire milliardaire, pas de publicités, pas de subventions de l’État, pas d’argent versé par Google, Amazon, Facebook… ➡️ Pour nous aider à enrichir notre production vidéo, soutenez-nous en vous abonnant à partir de 1 euro : https://abo.mediapart.fr/abonnement/d... ➡️ Si vous êtes déjà abonné·e ou que vous souhaitez nous soutenir autrement, vous avez un autre moyen d’agir , le don : https://donorbox.org/mediapart?defaul... ➡️ Inscrivez-vous à nos newsletters ! https://info.mediapart.fr/renderers/p...
« Faut leur tirer
dans la gueule ! » :
la manifestation de Sainte-Soline
vue par les gendarmes
Mediapart et « Libération » révèlent des images
inédites du 25 mars 2023, filmées par les caméras-piétons des gendarmes.
Elles montrent des consignes prohibées et dangereuses données par la
hiérarchie, un vocabulaire guerrier et une troublante satisfaction de
blesser « l’adversaire ».
Deux ans et demi après la manifestation contre les mégabassines qui avait fait des dizaines de blessé·es à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) le 25 mars 2023, Mediapart et Libération ont eu accès à plus de quatre-vingt-quatre heures d’images tournées par les gendarmes ce jour-là, principalement via les caméras-piétons qu’ils portaient sur la poitrine.
Ces
images ont été saisies par l’Inspection générale de la gendarmerie
nationale (IGGN) dans le cadre d’une enquête préliminaire pour violence
par personne dépositaire de l’autorité publique et non-assistance à
personne en danger ouverte par le parquet de Rennes, compétent en matière militaire, et désormais en voie d’achèvement.
Le
but de la procédure était de retrouver les tireurs qui ont fait quatre
blessés graves parmi les manifestant·es. En définitive, aucun n’a été identifié. Mais Mediapart et Libération
ont récupéré un matériel exceptionnel pour comprendre, de l’intérieur,
l’état d’esprit des gendarmes, leurs actes et les propos échangés dans
leurs rangs.
Multiples tirs tendus
Ces
images révèlent des consignes de la hiérarchie normalement interdites,
car dangereuses. Et une apparente cruauté de certains gendarmes, qui
semblent tirer sans discernement : ils se réjouissent à de nombreuses
reprises de blesser lourdement des manifestant·es. À la vue de ces
images, l’IGGN aurait pu signaler au parquet ces potentielles
infractions : elle n’en a rien fait.
Les fonctionnaires sont
conscients d’être filmés, puisqu’ils mettent eux-mêmes en route leur
caméra quand ils le jugent utile. Il leur arrive toutefois d’oublier que
la caméra tourne ou de déclencher involontairement l’enregistrement.
Sur
ces images, on voit de nombreux tirs tendus de grenades lacrymogènes et
explosives, ce qui est formellement interdit. Compte tenu de la
dangerosité de ces munitions si elles touchent quelqu’un à pleine
vitesse, les règles d’utilisation du lance-grenades prévoient
exclusivement des tirs en cloche, le canon devant être positionné à 45
degrés et surtout pas à l’horizontale.
Ces tirs tendus ne
relèvent pas d’initiatives isolées : dans plus de la moitié des
escadrons étudiés, des gradés ordonnent à leurs subordonnés de procéder
ainsi.
Ces vidéos montrent aussi des dizaines de commentaires
particulièrement déplacés et d’insultes visant les manifestants, traités
de « fils de pute », d’« enculés », de « pue-la-pisse ». Des gendarmes se vantent d’avoir touché des manifestants « en pleine tête » ou « dans les couilles », se réjouissent de « leur faire mal » et vont jusqu’à dire qu’il faudrait « les tuer ».
Des gendarmes jamais confrontés à leurs propos
L’avocate
Chloé Chalot, qui défend les intérêts des quatre blessé·es graves ayant
déposé plainte, regrette que tout n’ait pas été consigné sur
procès-verbal par l’IGGN. Elle réclame « un nouveau travail de retranscription, beaucoup plus exhaustif », et note que « les
enquêteurs n’ont pas confronté les gendarmes en cause aux comportements
constatés et propos tenus, malgré la gravité et les conséquences de
ceux-ci ».
En effet, les caméras-piétons des gendarmes n’ont été exploitées
qu’après les auditions de leurs chefs d’escadron. Aucun gendarme n’a été
interrogé sur le contenu des images.
De son côté, le procureur de Rennes, Frédéric Teillet, indique que « si
ces images révélaient d’autres infractions pénales que celles dont il
était saisi, la procédure prévoit que le service d’enquête en informe le
parquet. Ce qui n’a pas été le cas ». Il ajoute que « si ces
images révélaient des comportements qui, sans constituer d’infraction
pénale, relèvent de manquements aux obligations des militaires de la
gendarmerie, cela relèverait de la procédure administrative, pour
laquelle le parquet n’est pas compétent ».
La Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) affirme quant à elle que « les
enregistrements disponibles, extraits des caméras-piétons des unités
déployées lors des troubles à l’ordre public de Sainte-Soline en mars
2023, ont été mis à la disposition exclusive de la justice, dans le
cadre d’enquêtes judiciaires toujours en cours, dont il ne revient pas à
la gendarmerie de les commenter ».
Un dispositif de maintien de l’ordre exceptionnel
Mediapart n’a pas recensé les injures proférées au pic des
affrontements, qui peuvent échapper à tout un chacun, mais seulement
celles prononcées « à froid ». Car, tout au long de l’après-midi, selon
l’heure et selon les endroits où sont positionnés les gendarmes,
l’intensité des violences varie fortement.
La manifestation du 25
mars 2023, organisée par Les Soulèvements de la Terre, le collectif
Bassines non merci et la Confédération paysanne, avait été interdite par
la préfecture des Deux-Sèvres, qui craignait notamment « une intrusion et l’implantation d’une ZAD [zone à défendre – ndlr] » sur le site de la bassine (déclarée illégale depuis).
« Nous ne connaissions pas le lieu et nous ne l’avons connu précisément que le 24 mars au matin », a indiqué la préfète Emmanuelle Dubée au cours de l’enquête pénale, regrettant « l’incertitude délibérée devant laquelle les organisateurs ont souhaité placer les services de l’État » malgré ses tentatives de contact. Selon la préfète, qui garde en mémoire une manifestation survenue en octobre 2022, « nul ne pouvait ignorer la nature violente du rassemblement qui se préparait ».
Le
jour dit, un dispositif exceptionnel de maintien de l’ordre, comptant
près de 3 000 agents, est mis en place. Une quinzaine d’escadrons de
gendarmes mobiles sont répartis tout autour de la réserve SEV 15 pour
empêcher son invasion par trois cortèges convergents : le bleu, le jaune
et le rose. Sont aussi déployés deux canons à eau, deux véhicules
blindés et vingt quads du peloton motorisé d’intervention et
d’interpellation (PM2I) de la Garde républicaine, ultérieurement blanchis par une enquête administrative malgré leurs tirs de LBD en mouvement.
« Pourquoi ne pas avoir laissé les manifestants accéder symboliquement à la bassine comme ils l’ont demandé ? », ont demandé les enquêteurs de l’IGGN à la préfète, pour qui une telle option était exclue : « Ils ont reconnu que ce ne serait pas que symbolique. […] Il m’appartenait d’assurer la sécurité des biens. […] Leur volonté était aussi de s’en prendre aux forces de l’ordre. »
« À l’arrivée vers la réserve de Sainte-Soline, […] les trois cortèges se situaient dans le périmètre interdit à la manifestation », ajoute la préfète. Du point de vue légal, cet « attroupement »
peut être dispersé par la force après sommations. Des sommations ont
bien été effectuées, mais l’IGGN estime qu’elles sont restées « inaudibles » pour les manifestant·es.
Avec
l’autorisation de la préfète, le PM2I tire ses premières grenades
lacrymogènes vers 12 h 35 pour disperser le cortège bleu, qui s’approche
de la bassine. Puis il vise, « vraisemblablement par erreur »,le cortège rose, comme l’a déjà montré le magazine « Complément d’enquête ».
Alors que les cortèges commencent à se mêler, les manifestant·es semblent vouloir « encercler »
la bassine (et donc les gendarmes positionnés devant). La préfète
autorise alors l’emploi de la force sur l’ensemble des cortèges. « Les tirs de grenades lacrymogènes s’intensifient, à un rythme très soutenu, et ne cesseront quasiment plus », note l’IGGN, qui observe que « la zone est noyée de fumées lacrymogènes » dès 13 heures.
Aux alentours de 13 h 15, « les affrontements les plus violents de la journée »
commencent et durent presque trois quarts d’heure. Les gendarmes
reçoivent des pierres, des cocktails Molotov et des feux d’artifice,
tandis que quatre véhicules de gendarmerie sont incendiés. Des
manifestant·es essaient de pénétrer dans la SEV 15 en faisant tomber les
grillages qui entourent le site.
« Acculés », les gendarmes tirent sans arrêt. « La plupart
des grenades CM6, MP7 ou GM2L atterrissent dans les premiers rangs des
black blocs, et parfois au-delà, parmi les manifestants restés en
retrait en spectateurs », constate l’IGGN. Les gaz lacrymogènes finissent par « noyer » la « zone des blessés », qui s’est créée spontanément sur un chemin légèrement en retrait.
Les
affrontements se calment vers 14 heures et reprennent brièvement une
heure plus tard, quand un médecin de la gendarmerie s’approche de Serge D., très grièvement blessé, pour le secourir. De 15 h 30 à 16 h 30, les manifestant·es quittent le site.
« Un putain de trou qui appartient même pas à l’État »
Sur la journée, notent les enquêteurs, la gendarmerie « fait
état de la consommation de 5 015 grenades lacrymogènes (2 783 CM6, 857
MP7, 1 375 GM2L), de 89 grenades de désencerclement GENL, de 40 grenades
assourdissantes ASSR et 81 munitions de LBD 40 ». Quarante-cinq
gendarmes sont déclarés blessés, tandis que les manifestant·es
dénombrent environ deux cents blessé·es dans leurs rangs.
Les
images issues des caméras-piétons témoignent de ces affrontements. Mais
elles montrent aussi des gendarmes prenant leur pause dans les camions,
en chantant sur du Michel Fugain ou du Dalida, mangeant leur sandwich ou
se plaignant de devoir après cirer leurs chaussures pleines de boue.
Ces dizaines d’heures d’enregistrements ouvrent une fenêtre inédite sur leur quotidien, leurs doutes sur l’utilité de protéger « un putain de trou qui appartient même pas à l’État », leurs plaisanteries souvent de mauvais goût (« Tu veux une pipe et un Mars ? — Le Mars non, mais la pipe je suis pas contre »), leurs projets d’apéro.
Trois escadrons de gendarmerie mobile (EGM) n’ont transmis aux
enquêteurs aucune image de leurs caméras-piétons. L’EGM de
Saint-Étienne-lès-Remiremont a expliqué que ses caméras étaient en
maintenance. Celui de Chambéry s’est excusé : malgré la réquisition
adressée par l’IGGN, il a essayé d’extraire les images trop tard,
au-delà du délai de trente jours où elles sont effacées automatiquement.
L’EGM de Cherbourg n’a fourni ni images ni explications.
Certaines
caméras-piétons ont bien été saisies par l’IGGN mais n’ont jamais été
exploitées par ses soins (EGM de Clermont-Ferrand). La plupart des
images ont bien été visionnées et en partie retranscrites. Mais une
grande partie des tirs tendus, insultes et autres propos problématiques
qui y figurent ne sont même pas mentionnés.
1:42 La joie permet-elle de combattre les régimes autoritaires ?
2:24 Comment être joyeux dans un tel contexte géopolitique et environnemental ?
9:37 Découverte de la gravité de la situation écologique en 2018. Pouvez-vous nous raconter ce choc partagé par beaucoup de personnes de votre génération ? 15:18 Peut-on être en colère et dans la joie en même temps ?
16:35 La danse, qui est aussi une énergie physique incroyable, est-elle une façon de sublimer cette colère ?
19:50 Y a-t-il un enjeu féministe dans cette forme de protestation ?
22:22 Vous parlez des critiques blessantes à l’imparfait. Pourquoi ?
42:04 Vous êtes connue notamment par les réseaux sociaux. Cela ne vous rend-il pas dépendante à leur égard ?
47:39 Les gens passent plusieurs heures par jour sur les réseaux sociaux. Comment on fait par rapport à ça ? 52:19 Comment imaginez-vous le monde à venir ?
🔎 En matière de nucléaire, Emmanuel Macron dépense sans compter. La facture se chiffre en dizaines de milliards. Mais qui va payer ? Enquête sur une faillite annoncée.
✅ Un documentaire en accès libre, sans publicité et financé uniquement par les dons.
Soutenez la réalisation de documentaires indépendants : https://reporterre.net/dons
Reporterre est en accès libre, sans publicité, sans actionnaire et sans abonnements ! 98 % de nos finances proviennent de nos lectrices et lecteurs qui apprécient le travail de notre journal. Si vous aussi vous souhaitez soutenir un média engagé dans son indépendance, faites-nous un don et partagez notre travail !
Du
17 au 20 novembre, l’Assemblée nationale est appelée à examiner la
proposition de loi dite de « Sécurité Globale », soutenue par les
députés de la majorité. Si une telle loi entrait en vigueur en l’état,
elle constituerait une grave atteinte au droit à l’information, au
respect de la vie privée, et à la liberté de réunion pacifique, trois
conditions pourtant essentielles au droit à la liberté d’expression.
Nous
déplorons que cette proposition de loi soit examinée en procédure
accélérée, alors qu’aucune urgence ne justifie ce choix. Cela a déjà
été le cas ces dernières années pour plusieurs lois ayant un fort
impact sur les droits humains (loi renseignement, loi SILT, loi dite
« anti-casseurs »). Cette procédure restreint de facto leur examen
approfondi et l’information éclairée de la société. Nous regrettons que
ce texte ne fasse pas exception à la règle.
C’est
d’autant plus préoccupant que cette proposition de loi prévoit des
entraves majeures à la possibilité, essentielle dans un état de droit,
de filmer et diffuser des images des forces de l’ordre, alors que ces
dernières années, de nombreuses vidéos prises par des journalistes ou de
simples citoyens ont permis de rendre publics des cas de violations des
droits humains. Nous estimons que cette proposition de loi conduirait
la France à ne pas être en conformité avec ses engagements
internationaux en matière de droits humains. Toute restriction à ces
droits doit être conditionnée au strict respect des principes de
légalité, nécessité et proportionnalité, inscrits dans le droit
international. Nous alertons les parlementaires sur les risques graves
d’une telle proposition pour le droit à la liberté d’expression, et les
appelons à se mobiliser dans le cadre de l’examen parlementaire pour
supprimer l’article 24 de la proposition.
Un risque majeur pour la liberté d’informer
Cet
article 24 de la proposition de loi prévoit de sanctionner très
lourdement (jusqu’à un an de prison et 45 000 euros d’amende) le fait
de diffuser des vidéos dans lesquelles des policiers ou des gendarmes
seraient identifiables « dans le but qu’il soit porté atteinte à [leur] intégrité physique ou psychique ».
Dans les faits, cette disposition ouvre la voie à des interprétations
divergentes et arbitraires, notamment la notion d’intégrité psychique.
Si elle est adoptée, elle entravera le travail des journalistes. Les
citoyens ne pourront plus apporter de preuves de violences policières.
Nous utilisons nous-mêmes de telles vidéos, après analyse et
authentification, dans le cadre de notre recherche. Avec une telle
disposition disparaît la possibilité de faire des vidéos en direct, par
peur de la sanction, qui s’ajoute au risque de censure par les
plateformes de réseaux sociaux. Ceci constituera un risque majeur pour
la liberté d’informer, corollaire essentiel du droit à la liberté
d’expression.
Toute restriction au droit de diffuser
des images des forces de l’ordre doit poursuivre un objectif légitime
(sécurité nationale, ordre public, droits d’autres personnes) et être
strictement nécessaire et proportionnée. Si, dans certaines situations
particulières, l’interdiction de filmer et diffuser peut être légitime,
par exemple lors d’une opération anti-terroriste, les entraves à la
liberté d’informer contenues dans ce projet de loi conduiront à ce que
des violations des droits humains ne soient pas documentées. Ceci
pourrait contribuer à une culture de l’impunité qui porte finalement
atteinte à l’image des forces de l’ordre et contribue à saper le lien de
confiance nécessaire entre les forces de l’ordre et la population.
Un danger pour le droit à la vie privée et le droit de manifester
La
proposition de loi « Sécurité globale » élargit également la
possibilité pour la police de filmer les citoyens en utilisant
d’avantage de caméras piétons (article 21) ou « aéroportées » et même
des drones (article 22). Nous appelons les parlementaires à supprimer ou
substantiellement amender ces articles. Les agents de police pourront à
présent accéder directement aux enregistrements (article 21), ce qui
leur était interdit jusque-là. Ceci pourrait s’avérer problématique en
cas d’enquête sur des pratiques illégales par les forces de l’ordre.
Certes, ces caméras pourraient dissuader certains policiers d’utiliser
la force. Mais si le choix de démarrer ou d’arrêter les enregistrements
leur revient, il y a un risque qu’ils soient biaisés et sélectifs. Nous
recommandons la plus grande prudence sur le port par les forces de
l’ordre de caméras piétons : il faut prendre en compte les risques pour
les droits fondamentaux, en particulier le droit à la vie privée, le
droit à la dignité des personnes filmées et le droit de manifester.
De
plus, avec l’article 22 élargissant l’usage des drones, risquer d’être
filmé peut dissuader des personnes de participer à des rassemblements
pacifiques, notamment si elles craignent des poursuites ultérieures pour
le simple fait d’y avoir participé. Ça a déjà été le cas en France.
Nous avons déjà documenté des situations où des manifestants rassemblés
pour défendre les droits des soignants, par exemple, ont reçu des
amendes après avoir été identifiés par des caméras de surveillance. Ils
ont été sanctionnés pour participation à une manifestation interdite,
alors même que cette interdiction prise par le gouvernement a ensuite
été jugée illégale car disproportionnée.
La surveillance de masse en marche
En
l’état, la proposition de loi ouvre la possibilité d’être filmé par les
forces de l’ordre dans pratiquement tout l’espace public. Les
rapporteurs voudraient même faciliter la transmission aux autorités des
vidéos des immeubles d’habitation. Rien dans la proposition de loi
actuelle ne garantit que les images captées par les autorités ne feront
pas in fine l’objet d’un traitement par des logiciels de reconnaissance
faciale, une technologie en plein développement.
Partout
dans le monde, nous demandons l’interdiction de l’utilisation de
systèmes qui permettraient une surveillance indiscriminée, voire de
masse, tant par les organismes d’État que par les acteurs du secteur
privé. Or, dans cette proposition de loi qui prévoit que les autorités
pourront très largement filmer les personnes dans l’espace public, des
amendements ont déjà été déposés pour introduire la reconnaissance
faciale. Ceci porterait une atteinte disproportionnée au respect du
droit à la vie privée. Nous demandons donc que la France écarte
explicitement la possibilité d’y recourir. Les entraves au droit de
filmer la police, contenues dans cette proposition de loi, et
l’élargissement du droit des forces d’ordre à filmer les citoyens, sont
contraires aux obligations internationales de la France. Ces deux
évolutions concomitantes vont à l’encontre de nos recommandations pour
un maintien de l’ordre basé sur le dialogue, la désescalade et le
respect des droits humains.