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samedi 28 juin 2025

France : les députés votent en faveur de l’habitat léger pour les paysans

France : 

les députés votent 

en faveur de l’habitat léger 

pour les paysans

« Ce serait révolutionnaire pour des milliers de paysans aujourd’hui en difficulté »

 

Texte : Laurie Debove 
Photographie : Jean-Francois FORT / Hans Lucas via AFP

19 juin 2025
 


Pour la deuxième fois, les députés ont voté en faveur de l’installation des paysans en habitat réversible sur leurs terres. S’il réussit le passage en commission mixte paritaire, cet amendement permettrait aux paysans de vivre à moindre coût sur leur ferme, sans artificialiser les sols : une petite révolution écologique et sociale.

C’est une victoire d’étape majeure pour la Fédération de l’habitat réversible et mobile qui travaille depuis deux ans sur le sujet. Face au départ à la retraite de la moitié des agriculteurs d’ici moins de 10 ans, couplé à la difficulté de transmettre leurs fermes gigantesques, ce collectif a décidé de prendre les choses en main.

Leur combat : inscrire dans la loi le droit des agriculteurs à vivre en habitats réversibles sur leurs terres. Après avoir été retoqué une première fois dans la Loi d’Installation Agricole, leur amendement a été repris par la députée écologiste Lisa Belluco, soutenue par des députés issus du groupe Ecologiste et Social, dans un projet de loi « fourre-tout » dit « de simplification de la vie économique ».

En permettant aux paysans, « d’accéder à un vrai logement à moindre coût, l’habitat démontable ne consomme pas de terres agricoles et permet d’éviter le mitage, contrairement aux dérogations en zone A. Il n’a donc que des avantages et répond à la demande d’une partie des agriculteurs qui s’installent aujourd’hui » a expliqué Lisa Belluco lors des débats dans l’Hémicycle.

Mi-avril, après avoir été rejeté par le Sénat, l’amendement a pour la deuxième fait l’objet d’un vote favorable par l’Assemblée Nationale, à 50 voix pour et seulement 2 voix contre.

En clair, il consiste à compléter l’article L.151-12 du code de l’urbanisme par un alinéa rédigé : « est également autorisée l’installation d’une résidence démontable constituant l’habitat permanent de ses utilisateurs lorsqu’elle constitue le domicile d’un exploitant agricole et qu’elle accueille le siège de son exploitation ».


« Ce serait révolutionnaire pour des milliers de paysans aujourd’hui en difficulté », se réjouit Jonathan Attias, l’un des fondateurs de la Fédération de l’habitat réversible et mobile, pour La Relève et La Peste, « à l’image de Jean-Denis Lods, agriculteur dans le sud de la Drôme. Cela fait maintenant plus de deux ans qu’il se bat pour avoir le droit de vivre sur ses terres. »

Le collectif a déjà reçu de nombreux témoignages enthousiastes. Certaines personnes étant actuellement poursuivies en justice pour vouloir habiter sur leur ferme, elles espèrent que cette avancée politique donnera plus de poids à leur dossier.

Pour être inscrit définitivement dans la loi, l’amendement doit maintenant passer l’étape de la Commission Mixte Paritaire, vers septembre, dans laquelle tout reposera sur 7 députés et 7 sénateurs, puis l’examen du Conseil Constitutionnel.

Forte d’une pétition ayant recueilli près de 25 000 signatures, la Fédération de l’habitat réversible et mobile compte bien maintenir la pression citoyenne pour obtenir gain de cause.

Un autre monde est possible. Tout comme vivre en harmonie avec le reste du Vivant. Notre équipe de journalistes œuvre partout en France et en Europe pour mettre en lumière celles et ceux qui incarnent leur utopie. Nous vous offrons au quotidien des articles en accès libre car nous estimons que l’information doit être gratuite à tou.te.s. Si vous souhaitez nous soutenir, la vente de nos livres financent notre liberté.

Laurie Debove

jeudi 25 juillet 2024

Procès gagné : les cabanes des Sources du Lavandou sont enfin libres

Procès gagné : les cabanes des Sources du Lavandou sont enfin libres

Ces cabanes démontables et biodégradables sont très discrètes. Construites en foin et en terre, elles n’ont jamais rien coûté. François et ses amis récupéraient un peu de bâche aux agriculteurs locaux pour faire l’étanchéité.

 

Texte : Laurie Debove
Photographie : Myriam Boyé
 

24 juillet 2024

 


C’est un soulagement énorme pour François et Anne. La justice a tranché : les cabanes du Lavandou, dans lesquelles ils vivent depuis bien longtemps, ont le droit de perdurer ! Une belle victoire pour ces cabanes compostables et les défenseurs de l’habitat léger.
 

La répression de l’habitat léger

Le 4 juillet, le tribunal correctionnel de Brive a tranché : les Cabanes des Sources du Lavandou ont bien le droit d’exister ! Depuis 2018, le maire de la commune avait pris en grippe ces cabanes, inquiet de voir de nouveaux habitants y apprendre l’auto-construction et la vie en habitat léger.

Pourtant, François était connu de longue date dans le village pour l’occupation originale qu’il avait fait de ce terrain agricole dont il est propriétaire. Après un premier projet de maraîchage dans les années 90, François s’est intéressé à l’autonomie au fur et à mesure de ses pérégrinations, notamment après une expérience de vie dans la communauté de Beneficio, en Andalousie.

« J’ai commencé par créer une petite cabane dans laquelle j’ai vécu seul pendant 10 ans. Pour la construire, j’ai dû oublier tous les outils techniques élaborés que la société nous proposait pour ne faire qu’avec mes mains. Dans le silence et dans la paix, avec le muscle, le cœur et les poumons, en toute légèreté et discrétion, plusieurs cabanes se sont construites ainsi pour accueillir des gens issus du Rainbow Gathering, une communauté hippie. C’est pour ça que c’était vraiment surprenant que le maire s’en prenne à nous 15 ans après. J’avais plutôt bonne réputation sur la commune pour donner des coups de main aux paysans » raconte François pour La Relève et La Peste

           François dans sa cabane – Crédit : Myriam Boyé

Entre 2018 et 2021, les habitants du Lavandou ont pourtant subi une pression terrible de la part des autorités : armada de gendarmes, hélicos survolant son terrain, dénonciation, annonces médiatiques du maire disant qu’ils allaient se faire expulser… Puis, un temps d’accalmie a eu lieu, jusqu’au procès. Pour Jonathan Attias, ancien habitant du lieu, cette poursuite en justice serait corrélée avec la « charte anti-cabanisation » lancée par le préfet de Corrèze en octobre 2023.

« On a seulement eu 1 mois pour se préparer. On sentait la volonté politique d’aller très vite dans l’affaire. Heureusement, l’avocat Paul Jouty a fait un travail formidable, raconte le co-créateur de la Désobéissance Fertile pour La Relève et La Peste. François n’a pas été jugé sur le fond mais sur la forme. Aujourd’hui, les tribunaux sont complètement dépolitilisés. Là, on parle d’un petit gars qui doit faire face à des pressions financières et policières pour l’empêcher de vivre paisiblement dans la forêt. Non seulement ils ont déployé ces moyens-là mais ils ont perdu. Cette affaire en dit long sur deux visions du monde qui vivent en parallèle et ne se mélangent pas. Savoir que François va pouvoir continuer à poursuivre son rêve, c’est hyper précieux. »

Pour défendre le droit à l’habitat léger, Jonathan et sa compagne Caroline ont créé la Désobéissance Fertile, «un mouvement dont la volonté absolue est de préserver les êtres vivants ». La Désobéissance Fertile a ainsi accompagné François dans la protection de son lieu enchanteur.

 Lire aussi : La désobéissance fertile : vivre en symbiose avec la Nature

Une victoire de cabanes

François a été considéré comme non-coupable, car juridiquement les faits dont il était prévenu étaient considérés comme prescrits. Cela faisait plus de six ans que ses cabanes sont construites.

« La prescription c’est le fait qu’on considère que juger et punir quelqu’un pour quelque chose qui est trop ancien fait plus de mal que l’infraction elle-même. En regardant le dossier, la présidente elle-même a relevé que la procédure avait été menée en dépit du bon sens. Ils ont fait les choses de manière bizarre, normalement le maire aurait dû dresser un PV pour démontrer les infractions mais il était absent de la procédure et n’a été transmis par la mairie que la veille de l’audience. A mon sens ils n’apportaient pas la preuve que les cabanes étaient suffisamment grandes pour être soumises à l’obligation de déclaration de construction » explique l’avocat Paul Jouty pour La Relève et La Peste

Ces cabanes démontables et biodégradables sont très discrètes. Construites en foin et en terre, elles n’ont jamais rien coûté. François et ses amis récupéraient un peu de bâche aux agriculteurs locaux pour faire l’étanchéité.

« Cela a simplement demandé beaucoup de main d’œuvre et de plaisir. C’est à la fois une simplicité et un confort de vie. On sort de la cabane, le paradis est devant nous, sur le perron. Une ambiance et une atmosphère paisible est là. On sait qu’on a seulement le paysage à s’occuper, en plantant des arbres comme des vergers ou des parcelles forestières, confie François pour La Relève et La Peste.

Dans la nature presque sauvage, j’y trouve ma santé et mon bonheur. C’est un lieu de création et de réjouissance, la nature n’est plus hostile ni hermétique, elle est source d’une grande famille d’arbres, de plantes, de connaissances, de choses familières et de présence aimante »  

Si la décision du procès ne fera pas jurisprudence, elle est quand même une source d’espoir pour celles et ceux qui aspirent à vivre sobrement. 

Ses « cabanoiseaux », comme les appelle François, ont encore de beaux jours devant elles.

Laurie Debove

 

Source : https://lareleveetlapeste.fr/proces-gagne-les-cabanes-des-sources-du-lavandou-sont-enfin-libres/


samedi 31 décembre 2022

Ce SDF a bâti un « château de hobbits » pour dormir, il est sommé de le démonter

Ce SDF a bâti 

un « château de hobbits » 

pour dormir, 

il est sommé de le démonter

 

 

 Un homme sans domicile fixe a construit un abri fait de mousse recyclée près d’un sentier fréquenté à Tournefeuille (Haute-Garonne), près de Toulouse. La cabane, qui ressemble a un décor de conte de fées ou à une maison de hobbits, captive les promeneurs. Mais son constructeur a été sommé de la démonter.

 

Un homme sans domicile fixe a construit un château digne d’un conte de fées près d’un sentier public fréquenté à Tournefeuille. | VALENTINE CHAPUIS / AFP

 

Les passants voient dans l’habitation une « maison aux hérissons », une cabane de « lutins » ou « de hobbits », ces créatures imaginées par Tolkien, l’auteur du Seigneur des anneaux. Un château miniature de deux mètres fait de mousse recyclée captive les promeneurs à Tournefeuille, près de Toulouse (Haute-Garonne).

Mais comme le raconte l’AFP mercredi 28 décembre 2022, son créateur, un SDF qui y vit, a été sommé de le démonter. Il a reçu la veille de Noël une mise en demeure de la mairie pour évacuer les lieux. L’homme refuse de se plier à cette décision.

Chaque dimanche, le créateur de la petite maison organise des ateliers créatifs pour les enfants. | VALENTINE CHAPUIS / AFP

 

« Cela fait râler, il ne dérange personne, et c’est joli, franchement », peste Laurent Mahout, 38 ans, un habitant de cette banlieue résidentielle de Toulouse, qui a l’habitude d’emmener sa fille de 6 ans sur place le dimanche. Ce jour-là, David, le SDF de 53 ans, organise bénévolement des ateliers de création pour les enfants.

À la rue après le squat de son appartement

La cabane aux allures de décor de conte de fées est apparue sur les rives de la rivière Touch, au printemps, jouxtant un sentier public fréquenté par des sportifs et les promeneurs. La construction, bordée d’arbres et de réverbères factices et d’un arbre à peluches, est en réalité une maison de fortune pour le sans-abri, ancien animateur en camping ou centre de loisirs.

 

Un décor factice entoure la petite maison de Tournefeuille. | VALENTINE CHAPUIS / AFP


Dans la rue depuis un an et demi, après que son appartement a été squatté, il espère rester dans son logis jusqu’à la fin de l’hiver et peste contre la méthode employée par la mairie pour le déloger.

Fabriqué uniquement en mousse, récupérée dans une benne de déchets, puis découpée et repeinte par ses soins, l’abri s’est petit à petit transformé en un véritable château miniature. « J’ai fait ça pour les passants. C’est quand même plus agréable à voir qu’une tente », a expliqué le sans-abri auprès de l’AFP.

Un risque en cas d’incendie, selon la mairie

« C’est en mousse, donc si cela prend feu la personne peut mourir et cela pourrait se propager », redoute de son côté une porte-parole de la mairie, précisant qu’en cas d’incendie, « la responsabilité du maire pourrait être engagée » car la cabane se trouve sur le domaine public.

 

Un joggeur passe devant la maison de David, à Tournefeuille. | VALENTINE CHAPUIS / AFP 

Pour autant, la municipalité se défend de pousser l’homme à la rue. « La mise en demeure est prorogée jusqu’à ce qu’on trouve une solution », indique-t-elle, précisant vouloir « traiter le volet social » avant de statuer sur le sort de l’abri de fortune.


Source : https://www.ouest-france.fr/region-occitanie/tournefeuille-31170/en-images-ce-sdf-a-bati-un-chateau-de-hobbits-pour-dormir-il-est-somme-de-le-demonter-6981461e-8767-11ed-9105-0edf1d3343be

dimanche 16 janvier 2022

La commune de Plessé cherche des habitants pour créer un écohameau


La commune de Plessé 

cherche des habitants 

pour créer un écohameau

 

En novembre, le conseil municipal a voté à l’unanimité la réalisation d’un hameau léger de 12 logements sur un terrain communal constructible de 7000m2 afin de proposer une alternative écologique et solidaire aux lotissements conventionnels.

 


 21 décembre 2021 - La Relève et La Peste 

 

Dans un contexte de fort développement de l’habitat léger, des communes rurales se lancent dans des projets de lotissement d’un nouveau genre baptisés “hameaux légers”, grâce à l’association du même nom. Parmi elles, la commune de Plessé (Loire-Atlantique) publie en ce moment un appel à projets pour identifier un groupe de personnes souhaitant s’y installer en habitat réversible et participatif pour un coût modéré. Une annonce de l’association Hameaux Légers.

Dans le sillage du phénomène des “tiny houses”, les habitats légers ont le vent en poupe. Ces minuscules maisons en bois séduisent de plus en plus de monde en quête d’un mode de vie minimaliste, moins coûteux et plus en lien avec l’environnement. IKEA a même lancé un modèle fin 2020, démontrant l’ampleur de ce phénomène (et la capacité de récupération du monde industriel, ndlr).

“La demande est extrêmement forte mais il existe peu de lieux où il est possible de s’installer légalement, malgré la reconnaissance de ce type d’habitat par la loi ALUR en 2014”, souligne Xavier Gisserot de l’association Hameaux Légers.

Pour répondre à ce problème, l’association accompagne les collectivités et les particuliers pour créer des éco-hameaux d’habitats “réversibles”, terme choisi par l’association pour désigner ces maisons à faible empreinte écologique qui n’imperméabilisent pas les sols.

 

Lire aussi : Bretagne : le premier écohameau de maisons réversibles va sortir de terre à Saint-André-des-Eaux

Située entre Nantes et Rennes, la commune de Plessé a été séduite par ce concept. En novembre, le conseil municipal a voté à l’unanimité la réalisation d’un hameau léger de 12 logements sur un terrain communal constructible de 7000m2 afin de proposer une alternative écologique et solidaire aux lotissements conventionnels.


 

Chaque foyer possèdera son habitat réversible et partagera des espaces communs avec ses voisins (buanderie, chambre d’amis, salle commune, etc) afin de réduire les coûts et l’impact écologique tout en créant du lien.

Constitués en association, les habitants loueront le terrain aménagé à la commune à travers un bail emphytéotique de 99 ans et géreront ensemble le lieu, notamment les arrivées et les départs. En cas de départ, les habitats pourront être démontés ou déplacés pour permettre à d’autres familles de s’installer.

 


 

La commune lance actuellement un appel à projet pour identifier le groupe d’habitants qui s’installera dès 2023. Un événement de lancement aura lieu les 29 et 30 janvier et les candidats ont jusqu’au 13 mars pour candidater.

L’association Hameaux Légers, qui compte 7 salariés et 1300 adhérents, ne compte pas s’arrêter là : elle a recensé une centaine de groupes souhaitant créer un projet et accompagne actuellement 6 collectivités.

D’autres appels à projets devraient être lancés prochainement à Commana (Finistère), St Cézaire-sur-Siagne (Alpes-Maritimes) et Trémargat (Côtes-d’Armor).

Pour aller plus loin : L’association Hameaux Légers créé le premier MOOC sur l’habitat réversible

Crédit photo couv : Plessé – Loire Atlantique, Laurent Gébeau

 

Source :  https://lareleveetlapeste.fr/la-commune-de-plesse-cherche-des-habitants-pour-creer-un-ecohameau/?fbclid=IwAR3c1kcxlAd1M5U-7uM2ZLYXKXC3jXfzAnrJFkB2tcbICyrHVdNbYTyASj0

samedi 13 février 2021

Habitat alternatif : derrière le rêve, la réalité administrative

 

Habitat alternatif : 

derrière le rêve, 

la réalité administrative

 

 26 janvier 2021 / Enzo Dubesset et Eiman Cazé (Reporterre) 

 

Gaël Debros a installé sa micromaison écologique, achetée à un constructeur, en septembre dernier dans la commune d’Ungersheim qui s’auto-définit comme « en transition écologique ».

 Habiter autrement. Cette idée séduit de plus en plus à l’heure où nos modes de vie urbains sont heurtés par les confinements à répétition et où la crise écologique devient palpable. Mais pour accéder à cet idéal minimaliste, les aspirants doivent surmonter un chemin de croix administratif et des pressions sociales, qui en découragent plus d’un.

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Le pare-pluie rouge qui entoure les murs encore inachevés leur donne l’allure d’étranges conteneurs à l’abandon. Calées dans l’allée d’une maison des plus ordinaires, à la sortie d’une petite ville bas-rhinoise, les deux tiny houses — minimaisons en bois montées sur roues — de Julie et Olivier [1] attendent depuis bien longtemps un terrain adéquat.

Le panneau qui enjoignait autrefois aux passants de venir visiter ces « écomaisons mobiles » est définitivement au placard, et Olivier, artisan dans la métallurgie, confie sa lassitude : « Je suis simplement dépité, je ne crois plus au rêve. On a fait face à trop de contraintes administratives. »

 

Le couple a sollicité sans succès plus de quarante communes.

La crise économique de 2008 a précipité la faillite de l’entreprise d’Olivier, et le couple a dû se séparer de tous ses biens. Il y a deux ans, il a pris un nouveau départ en optant pour une micromaison. Mais les négociations avec les élus pour obtenir une autorisation d’installation ont été une douche froide. Sur près de quarante communes sollicitées, aucune ne leur a apporté de réponse positive — alors qu’ils avaient parfois l’accord d’un propriétaire. De tels témoignages se multiplient sur les groupes Facebook, où s’organise cette communauté alternative, qui croît continûment depuis quelques années.

Chasseurs et agriculteurs : des acteurs locaux très influents

La loi considère les micromaisons comme des « habitats mobiles » à l’instar des vans ou des roulottes depuis 1969. Et depuis la loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové, dite loi Alur, votée en 2014, le code de l’urbanisme autorise l’installation de n’importe quel type d’habitat sur un terrain constructible pour trois mois maximum. Au-delà, il devient obligatoire d’obtenir l’accord de la mairie sous peine de s’exposer à une amende.

 

Les micromaisons sont des casse-têtes pour les élus locaux qui préfèrent ne pas y avoir affaire.

Ce texte avait aussi pour ambition de répondre au problème d’accès aux terrains en créant une dérogation pour les zones agricoles ou forestières non constructibles, les Stecal. [2] Désormais, tout propriétaire ou locataire d’habitat mobile ou d’habitat « facilement et rapidement démontable » peut demander à la commune de s’installer sur ces espaces, sous réserve que cela soit sa résidence principale. En outre, la loi définit un cahier des charges garantissant sa sécurité, sa salubrité et son bon raccordement aux réseaux sanitaires que les propriétaires doivent respecter.

Mais, même avec la loi derrière eux, ces derniers doivent faire face à l’opposition d’acteurs locaux très influents comme les chasseurs ou les agriculteurs. Une fronde que comprend Xavier Gisserot, fondateur de Hameaux légers, une association qui milite pour le développement des habitats réversibles : « Il y a des conflits d’usage compréhensibles. Le chasseur ne veut pas une habitation sur son terrain de chasse et l’agriculteur ne veut pas d’un non-agriculteur sur sa parcelle. » Paul Lacoste, membre depuis 2008 de l’association des Habitants de logements éphémères ou mobiles (Halem), qui travaille à une meilleure inclusion de ces formes d’habitat, a observé que les maires choisissaient de fuir le conflit : « Les communes ignorent le plus souvent les demandes de dérogations pour les Stecal. Ils ne répondent pas pour éviter la judiciarisation des affaires. »

La révision du plan local d’urbanisme intercommunal, une procédure trop coûteuse

La gestion de ce nouveau phénomène relève du casse-tête pour les élus locaux. À ces conflits d’usage se rajoutent des contraintes administratives, mises en avant par la Communauté de communes de Hanau-La Petite Pierre (Bas-Rhin). Les élus ont plusieurs fois répondu à de telles requêtes : « Le travail et le coût d’une révision du plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI) sont disproportionnés au regard de l’intérêt général pour le territoire visant à permettre l’installation de quelques habitants en résidence démontable. » À ce jour, ils ont systématiquement refusé la création de Stecal pour des habitats légers sur leur territoire.

Les maires qui choisissent de passer le cap le font souvent par convictions écologistes ou profitent de circonstances exceptionnelles. C’est le cas de Philippe Girardin, maire de Lapoutroie (1.894 habitants) dans le Haut-Rhin et président de la communauté de communes de la vallée du Kaysersberg. Son PLUI était déjà en cours de révision lorsqu’il a été élu aux dernières municipales. Il n’a eu qu’à se servir de la procédure en cours pour autoriser la création de hameaux alternatifs sur des zones forestières, ce qui n’entraîne pas de coûts supplémentaires. L’enjeu pour ce village du piémont vosgien est désormais d’anticiper le raccordement aux réseaux sanitaires des habitats non autonomes qui viendront s’installer.

« On est souvent pris pour des illuminés voire même des profiteurs »

Pour Xavier Gisserot, le fondateur de Hameaux légers, c’est moins la mauvaise volonté des élus que l’orientation prise par la loi Alur qui pose problème. Selon lui, les Stecal ne doivent pas être la seule réponse apportée aux propriétaires d’habitats alternatifs :

"Ces secteurs ont vocation à sanctuariser des espaces naturels et éviter l’artificialisation des sols. On ne peut pas installer des habitats partout. Les projets alternatifs doivent trouver leur place dans les zones urbanisées. »

Seulement, ces zones constructibles font l’objet d’une forte concurrence immobilière, surtout dans les régions où la pression foncière est élevée.

 

Les personnes vivant dans des habitats alternatifs sont souvent vus comme des hurluberlus, associés aux stéréotypes racistes ou négatifs liés aux gens du voyage ou aux zadistes.

 Installer des habitats alternatifs au cœur des bourgs est, à ce jour, un vœu pieux, à en croire les observations de Joris Danthon. Ce juriste de formation, auteur d’un Guide juridique pour habitats alternatifs (éd. Ateliers fertiles, 2020), a accompagné plusieurs dossiers. Il note « la persistance de préjugés contre les gens du voyage » et « l’assimilation faite avec les courants radicaux de gauche comme les zadistes ». Pour lui, il est clair que « les élus locaux craignent que l’installation d’habitats légers ne leur soit reprochée par le voisinage ». Un constat partagé par Frank Caspar, 62 ans, dont le projet consiste à transformer ses deux hectares de terrain en village alternatif. « On est souvent pris pour des illuminés voire des profiteurs », regrette cet ancien gestionnaire administratif vivant en Meurthe-et-Moselle.

Alors que l’association Halem porte le combat devant les tribunaux, en accompagnant les habitants alternatifs qui vont jusqu’au contentieux, Hameaux légers mise plutôt sur la sensibilisation des élus pour faire évoluer les mentalités. Une stratégie adoptée par Frank Caspar qui a eu l’occasion de discuter de ces sujets avec plusieurs collectivités : « Je leur explique qu’on peut faire revivre les villages en ramenant des urbains à la campagne à condition qu’ils s’engagent vers une forme de transition. »

Face au défi d’obtenir une autorisation d’installation, tous n’ont pas la force de persévérer. Julie et Olivier avouent avoir déjà pensé à abandonner. « On était allé jusqu’à mettre les tiny houses en vente avant de se ressaisir », se rappelle la jeune femme. Parmi ceux qui ne baissent pas les bras, la plupart se trouvent contraints de passer dans l’illégalité. « Je dirais que 95 % des habitants choisissent cette voie-là », estime Xavier Gisserot. Un chemin finalement emprunté par le couple. Ils ont installé leurs deux micromaisons sur un terrain pour finaliser les travaux, avec l’accord du propriétaire mais à l’insu de la mairie. Ils ne savent donc pas combien de temps ils pourront encore rester. « Pour l’instant, nous préférons rester discrets et voir quelle sera la réaction des habitants du village et surtout du maire à la vue des tiny. Ce qui est sûr, c’est qu’on n’a aucune sérénité administrative », confie Olivier.

Le cofondateur de Hameaux légers, Xavier Gisserot, ne condamne pas ceux qui s’installent illégalement et se contente de regretter une situation qui ressemble à un cercle vicieux : « Ces installations illégales entretiennent cette image de marginal qu’on colle aux habitats alternatifs et qui nuit à ceux qui veulent s’installer légalement. »


Photoreportage : Les habitants alternatifs font de la résistance

Malgré les entraves et la pression sociale, les habitants alternatifs sont de plus en plus nombreux. Pour combattre les préjugés qui les affilient à des profiteurs ou des marginaux, ils essayent de se présenter comme autonomes et de s’impliquer dans la vie de la communauté locale.

Gaël Debros, rencontré dans sa tiny house à Ungersheim (Haut-Rhin), Lola Guillain-Lessieu et Fabien Hubert qui vivent en héliyourte à Longny les villages (Orne) sont de ceux-là.

 

Gaël n’a pas eu besoin de se raccorder aux réseaux d’assainissement. Les eaux grises sont évacuées à 80 cm de profondeur via un système de filtration par algues qui découle sur un puits perdu construit avec des galets.
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Pour vendre son projet, Gaël a bien insisté sur l’autonomie de son logement. Il stocke par exemple l’eau de pluie dans une cuve de 320 litres pour se laver ou faire sa vaisselle.
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L’habitat atypique de Gaël s’intègre dans un projet plus vaste d’éco-hameau, impulsé par la mairie d’Ungersheim dans les années 2010.
 

Pour Gaël, qui a sa propre entreprise de vente de croquettes à domicile, la vie en tiny house incarne un idéal de minimalisme qui lui permet de « retourner à l’essentiel ».
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À la suite d’un accord officieux avec le maire Jean Claude Mensch, Gaël occupe gratuitement un terrain communal en échange de contreparties, dont sa participation aux potagers de la mairie, deux demi-journées par semaine.

Gaël a aussi construit ses propres toilettes sèches et son propre compost.

Enfin, pour assurer sa consommation énergétique de 1.000 watts par jour, Gaël se sert de quatre panneaux photovoltaïques. Avec ses deux batteries en lithium, il peut stocker l’équivalent de trois jours d’électricité.

Le couple a monté sa première héliyourte en décembre 2015 dans la région du Perche, dans l’Orne après avoir vécu en camion aménagé pendant plusieurs mois. Ce type d’habitat ne nécessite pas de piliers pour tenir la structure, contrairement à la yourte classique.

C’est lorsque Lola est tombée enceinte de leur premier enfant que le couple a décidé de s’installer dans cet habitat atypique. Ils ont choisi de vivre à deux pas de la « ferme Tanga », l’exploitation de Fabien, maraîcher bio

Le couple loue le terrain au grand-père de Lola, l’ancien maire du village. À l’époque il leur avait donné son accord officieux pour monter l’héliyourte sur une zone agricole non constructible

L’été dernier, Fabien et Lola ont décidé de construire une seconde héliyourte pour leurs deux enfants, montant leur surface habitable à 80 m². En raison de cette extension, le nouveau maire, élu l’année dernière, a exigé qu’ils régularisent leur situation dans le plan local d’urbanisme, sous peine d’amende.

Leurs héliyourtes situées en zone agricole pourraient faire l’objet d’une dérogation permise par la loi Alur. Pour appuyer sa demande Fabien a besoin de se faire reconnaître comme exploitant agricole, alors qu’il n’est aujourd’hui considéré comme salarié d’une société coopérative et participative agricole (Scop).

Fabien exploite 3.500 m² de cultures en agriculture biologique. Pour l’assister, il accueille régulièrement des « wwoofers » - voyageurs qui travaillent bénévolement dans les exploitations -, logés dans leur ancien camion aménagé.

La ferme fournit l’école du village et les marchés alentours en fruits et légumes. Grâce à son implication dans la vie locale, le couple ne comprend pas l’opposition soudaine des élus locaux vis-à-vis de son projet.


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C’est maintenant que tout se joue…

Le désastre environnemental s’accélère et s’aggrave, les citoyens sont de plus en plus concernés, et pourtant, le sujet reste secondaire dans le paysage médiatique. Ce bouleversement étant le problème fondamental de ce siècle, nous estimons qu’il doit occuper une place centrale dans le traitement de l’actualité.
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[1Les prénoms ont été modifiés.

[2Dans les plans locaux d’urbanisme (PLU), ces espaces sont officiellement nommés « secteurs de taille et capacité d’accueil limitée » (Stecal).


Lire aussi : La vie des itinérants menacée par une nouvelle loi

Source : Enzo Dubesset et Eiman Cazé pour Reporterre

Photos :
. chapô : © Enzo Dubesset/Reporterre
. corps de l’article : dr
. Gaël et sa maison : © Enzo Dubesset/Reporterre
. Lola, Fabien et leur maison : © Eiman Cazé/Reporterre


Source : https://reporterre.net/Habitat-alternatif-derriere-le-reve-la-realite-administrative?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne 

 

vendredi 7 août 2020

Cabane de Cléron : l'avocat de Xavier Marmier, Me Schwerdorffer, exhorte le maire à revoir sa position


Cabane de Cléron : 

l'avocat de Xavier Marmier, 

Me Schwerdorffer, 

exhorte le maire 

à revoir sa position




Au moment d’adresser, en ultime recours, une requête de saisine devant la Cour européenne des droits de l’Homme pour sauver la cabane dans un arbre de Xavier Marmier, son avocat, Me Randall Schwerdorffer, exhorte le maire de Cléron (Doubs) à reconsidérer sa position.

Par Fred JIMENEZ - 27 juin 2020



Xavier Marmier, à gauche, son avocat, Me Randall Schwerdorffer, venu le soutenir avec deux membres de son cabinet, Me Ornella Spatafora et la juriste Élise Gheidene. 
Photo ER /Franck LALLEMAND



« Mettons-nous autour d’une table ! » Défenseur de Xavier Marmier et de sa cabane dans un arbre, à Cléron, Me Randall Schwerdorffer exhorte le maire de cette commune du Doubs à reconsidérer sa position et « à se battre avec lui pour aider d’autres personnes à dupliquer ce modèle d’habitat fabuleux. » Pour l’avocat, venu découvrir physiquement ce rêve de gosse devenu réalité dont il ne connaissait que l’histoire et les photos, « ce n’est qu’une question de volonté politique ! »



Lien vers la vidéo :
 https://www.estrepublicain.fr/faits-divers-justice/2020/06/27/cabane-de-cleron-le-defenseur-de-xavier-marmier-me-schwerdorffer-exhorte-le-maire-a-revoir-sa-position?fbclid=IwAR3EZXoTZ3X9U50kMWzDiFbFBUVRrRbT7ErHmrUiYxLw644JFqAOapX3IWE


 "Cette démarche devrait être plébiscitée par la commune !"


Au moment d’adresser une requête de saisine devant la Cour européenne des droits de l’Homme, « il était important de voir l’intégration de cette cabane dans son milieu naturel et il est évident qu’elle ne présente aucune gêne, ni pour la commune, ni pour le site. » Me Schwerdorffer a regretté, en ce sens, « l’absence de dialogue avec la municipalité qui ne répond pas à nos requêtes d’un dialogue constructif », puis renouvelé publiquement son offre de « trouver un accord », invitant les personnalités politiques locales et régionales à apporter leur concours à cette recherche de solution satisfaisant toutes les parties.

Xavier Marmier a été « abusé »

 

On le sait, la cabane de Xavier Marmier, dans laquelle il vit été comme hiver avec sa compagne, Line Ruel, est autosuffisante. C’est-à-dire qu’elle ne consomme rien d’autre que ce que la nature lui offre. L’eau est récupérée les jours de pluie et filtrée, l’électricité est produite par des panneaux solaires, le chauffage est assuré par un poêle alimenté de bois mort et son propriétaire s’est engagé à ne jamais solliciter un quelconque raccordement aux réseaux publics. « Cette démarche devrait être plébiscitée par la municipalité car elle pourrait intéresser beaucoup d’autres personnes qui n’ont pas les moyens et voudraient la dupliquer. Par son coût, c’est un compromis extraordinaire. Je ne comprends pas ce silence ! »

1- Xavier Marmier et son avocat, Me Randall Schwerdorffer, devant sa cabane perchée dans les arbres sur les hauteurs de Cléron, invitent la municipalité de Cléron à se mettre autour d'une table et avoir un dialogue constructif. Photo ER/Franck Lallemand


2 - En entrant dans la forêt, c'est en levant les yeux que l'on découvre l'habitation suspendue de Xavier Marmier. Photo : ER/Franck Lallemand


3 - Une lucarne fleurie. Photo : ER/Franck Lallemand 


4 - Perchée à une dizaine de mètres au dessus du sol, la cabane de Xavier Marmier. Photo : ER/Franck Lallemand













5 - Une vue superbe. Photo : ER/Franck Lallemand



6 - Photo : ER/Franck LALLEMAND


 7 - Un havre de paix en pleine nature. Photo : ER/Franck Lallemand



 8 - Xavier Marmier (à gauche) et son avocat, Me Randall Schwerdorffer, au moment de la signature de sa requête de saisine de la Cour européenne des droits de l'Homme , dernier recours pour défendre la cabane. Photo : ER/Franck Lallemand



9 - Les nouveaux venus qui empruntent le petit sentier escarpé sont impressionnés en découvrant cette étrange habitation. Photo : ER/Franck Lallemand



10 - Amis, sympathisants et curieux s'étaient déplacés pour l'occasion. Photo : ER/Franck Lallemand


11 - On n'imagine pas un accès aussi difficile. Photo : ER/Franck Lallemand

12 - Une visite très attendue par Xavier Marmier. Photo : ER/Franck Lallemand


13 - Pour Mel Schwerdorffer, "la municipalité de Cléron devrait se batte avec Xavier Marmiere et plébisciter cette construction auprès de personnes qui voudraient la dupliquer." Photo : ER/Franck Lallemand.


14 - Nombreux sont ceux qui ne veulent pas voir cette cabane démolie. Photo : ER/Franck Lallemand

L’avocat estime que Xavier Marmier a été « abusé » lorsqu’on lui a demandé de déposer une demande de permis de construire, en 2014, « pour régulariser sa situation. Il a accepté naïvement parce qu’il n’est pas un rebelle et n’a pas de logique retorse. On en a profité pour le lui refuser et dès lors, on peut trouver que c’est un abus de droit. S’il était passé outre, il aurait été beaucoup plus difficile de lui faire un procès car depuis 2011, il avait l’autorisation tacite de la commune. »


Douze année de rêve et sept de lutte

2008 : Xavier Marmier achète une parcelle de forêt au lieu-dit Chante-Merle, en bordure de la route d’Amondans, sur la commune de Cléron et entreprend la construction de la cabane.
2011 : la construction de la cabane dans le hêtre est achevée avec la bénédiction de l’ancienne maire.
2014 : le nouveau maire demande à Xavier Marmier de déposer une demande de permis de construire histoire de « régulariser » sa situation. Elle est aussitôt refusée et les ennuis commencent.
2015 : après une mise en demeure de régularisation par le vide, la commune assigne Xavier Marmier devant le tribunal de grande instance mais perd son procès.
2019 : après avoir gagné en première instance, Xavier Marmier perd en appel. Le principal reproche qui lui est fait est que sa cabane autosuffisante se trouve en zone Natura 2000 alors que la commune étend sa zone artisanale de 3,84 ha sur cette même zone Natura 2000.
2020 : Xavier Marmier voit son recours en cassation rejeté. L’avocat Randall Schwerdorffer reprend la défense de ses intérêts pour un dernier baroud devant la Cour européenne des droits de l’Homme au nom de l’exemplarité écologique de la démarche de Xavier Marmier et de la défense de l’habitat individuel. De son côté, la mairie, dans les mains de qui tout repose, met la pression pour exiger la démolition.


F.J.

"Démolir cette cabane serait jeter M. Marmier à la rue"


Me Schwerdorffer en appelle à ne pas rendre cette situation plus « désespérée » qu’elle ne l’est. « Démolir cette cabane serait jeter M. Marmier à la rue, alors qu’il est propriétaire de la parcelle sur laquelle se trouve sa cabane. Ce serait une violence, à une époque où l’on se doit de réfléchir à notre mode de vie. M. Marmier a le sien, original, mais qui est le sien propre, dans un pays de liberté ! »

 Car, pour l’avocat qui fustige l’hypocrisie : « L’écologie, tout le personnel politique de quelque bord que ce soit s’en revendique aujourd’hui mais qui, réellement, fait quelque chose. Ici, à Cléron, on a un exemple concret avec la cabane de M. Marmier ! »




Source : https://www.estrepublicain.fr/faits-divers-justice/2020/06/27/cabane-de-cleron-le-defenseur-de-xavier-marmier-me-schwerdorffer-exhorte-le-maire-a-revoir-sa-position?fbclid=IwAR3EZXoTZ3X9U50kMWzDiFbFBUVRrRbT7ErHmrUiYxLw644JFqAOapX3IWE