Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
Mais pas que.
Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...

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lundi 1 décembre 2025

FRANÇOISE D'EAUBONNE, LA PREMIÈRE ÉCOFEMINISTE

9 nov. 2022
 
 
Soutenez Blast, nouveau média indépendant : https://www.blast-info.fr/soutenir 
 
 "Aujourd’hui on va vous parler de Françoise d’Eaubonne, son histoire va vous plaire si vous vous intéressez à l’écologie ou au féminisme, puisque cette militante et femme de lettre est une des pionnières de l’écoféminisme. 
 C’est vrai qu’on parle souvent de mai 68 et des années 70 dans cette émission mais vous allez voir, si Sandrine Rousseau vous fait peur, vous n’êtes pas prêts pour Françoise d’Eaubonne ou pour les autres féministes de cette époque." 
 
Auteurs : Usul et Ostpolitik 
Montage : Camille Chastrusse 
Images : Arthur Frainet 
Son : Baptiste Veilhan 
Graphisme : Adrien Colrat 
Diffusion : Maxime Hector 
Production : Thomas Bornot 
Directeur du développement : Mathias Enthoven 
Rédaction en chef : Soumaya Benaissa 
Directeur de la rédaction : Denis Robert 
 
 
 
 
Et pour encore mieux connaître Françoise d'Eaubonne, un livre à lire "Remember Fessenheim" écrit par David Dufresne, son petit-fils, qui témoigne dans la vidéo. 
Sorti en septembre de cette année 2025.
 
 
 

samedi 8 novembre 2025

Climat : triste rappel à la réalité de l’inaction climatique

 La lettre écologie

Climat : 

triste rappel à la réalité 

de l’inaction climatique

mercredi 05 novembre 2025 
 
Un mercredi sur deux, retrouvez les enquêtes, reportages et entretiens de Mediapart sur l'écologie. 

Pour recevoir cette lettre gratuite, il vous suffit, si ce n'est pas déjà fait, de vous inscrire ici
EDITO 

Climat : triste rappel à la réalité de l’inaction climatique

 
À la veille du trentième sommet international sur le climat (COP30) 
qui démarre à Belém, au Brésil, le 10 novembre, un rapport de l’ONU 
publié le 4 novembre estime que les engagements climatiques des pays 
ne sont pas à la hauteur de la surchauffe planétaire en cours.

Conformément à l’accord de Paris sur le climat de 2015, 
les près de 200 États signataires du traité doivent déposer 
tous les cinq ans auprès des Nations unies leur « contribution déterminée 
au niveau national » (CDN), c’est-à-dire leur feuille de route, 
afin de contenir le réchauffement global dans une fourchette comprise 
entre 1,5 et 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels.

Selon le rapport de l’organisme onusien, si les États parviennent
 à respecter leurs engagements volontaires, la température moyenne 
mondiale devrait augmenter de 2,3 à 2,5 °C d’ici à la fin du siècle.
 
 
 
Les raisons de cette faible progression dans la limitation du chaos climatique s’expliquent notamment par le fait qu’à peine un tiers des États ont soumis 
ou annoncé fin septembre leurs nouveaux engagements – 
ces 64 nations représentant 63 % des émissions mondiales.

Alors que 2024 a été la première année à franchir le 1,5 °C de surchauffe 
par rapport à la période préindustrielle, l’ONU alerte dans son rapport 
sur le fait que l’urgence climatique implique « des réductions d’émissions sans précédent dans un délai de plus en plus court, et dans un contexte 
géopolitique de plus en plus difficile ».

« Nous sommes dorénavant comme face à deux univers parallèles : 
des dérèglements climatiques qui s’intensifient d’une part 
et de l’autre, un multilatéralisme qui ne répond pas assez efficacement 
aux dangers à venir, analyse pour Marta Torre-Schaub, 
directrice de recherche CNRS spécialiste en droit de l’environnement 
à l’Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne. « Réduire rapidement nos émissions est une course contre la montre. 
Or nous devrions tous être en train d’accélérer l’action climatique. »

Dix ans après la signature des Accords de Paris sur le climat, 
ces résultats sonnent comme un triste rappel à la réalité de l’inaction climatique.  
 
 

lundi 25 août 2025

Richesse rime-t-elle forcément avec dévastation de la planète ? Quelles solutions ?

Les riches : 

sur quelle planète 

vivent-ils ?

 
Jet privé et tapis rouge ©Getty - Jupiter Images

Publié le samedi 23 août 2025 à 08:07 (première diffusion le mardi 8 avril 2025)

 

Richesse rime-t-elle forcément avec dévastation de la planète ? Quelles solutions ?

Avec

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs », cette phrase mythique prononcée par le président Jacques Chirac lors du 4e sommet de la terre à Johannesburg le 2 septembre 2002 reste malheureusement, près d’un quart de siècle plus tard, d’une actualité brûlante.
A qui la faute ? Aux décideurs qui peinent à s’accorder sur des solutions ambitieuses et efficaces, aux lobbys qui jouent leurs partitions dans la cour des puissants, aux riches de plus en plus riches qui caracolent en tête des plus gros émetteurs de gaz à effets de serre ?

Dans cette équation, le capitalisme serait-il devenu incompatible avec le futur de la terre et de ses habitants ? Quel tableau peut-on brosser de la situation et quels en sont les mécanismes ? La richesse rime-t-elle forcément avec dévastation de la planète ? 


Avec nous, deux invités : Monique Pinçon-Charlot, sociologue, ancienne directrice de recherche au CNRS, qui fait paraître le livre « Les riches contre la planète. Violence oligarchique et chaos climatique », aux éditions Textuel
et Hervé Kempf, rédacteur en chef du journal Reporterre, le quotidien de l’écologie, écrivain et - avec l'illustrateur Juan Mendez - auteur de la BD, Comment les riches ravagent la planète, et comment les en empêcher, aux éditions du Seuil.

Ce qui a mis le feu aux poudres ces dernières années et provoqué une tentative de loi est la question du jet privé. Nos invités reviennent sur ce point. Les utilisateurs de jets privés sont des criminels, nous dit Hervé Kempf. "Au bout d'un moment, on est dans une situation telle par rapport à l'état de la biosphère et de la catastrophe écologique dans laquelle nous sommes plongés, que c'est un comportement totalement criminel donc oui il faut évidemment faire une loi pour sanctionner ces comportements asociaux et rapidement l'expliquer, parce que souvent les promoteurs ou les possesseurs de jets privés vont dire oui mais c'est 1 ou 0,5% des émissions de gaz à effet de serre global. Ce qui est exact sauf qu'ils jouent un rôle d'ostentation, de montrer un modèle culturel de surconsommation, de gaspillage, d'aisance, par cette possibilité d'aller de Paris à New York et puis de revenir et d'aller à Naples, etc. Et en fait, ça entraîne l'ensemble de la société dans un désir, dans une recherche de distinction, dans des comportements de rivalité ostentatoire. Donc autant l'impact direct des jets privés et de ce type de comportement n'est pas en soi tout à fait négligeable, mais aussi il y a un effet d'entraînement qui est extrêmement important".

Ces symboles de la puissance des plus riches qui s'imposent et polluent

Monique Pinçon Charlot reprend la question pour rappeler que les jets privés, cela a été d'abord très bien relayé au niveau des médias. C'est quelque chose par conséquent qui est visible. C'est un symbole de la puissance des plus riches qui s'impose et qui pollue. Mais pour les plus riches, ils sont en parfaite logique avec leur fonctionnement de classe. C'est-à-dire qu'ils sont toujours dans le séparatisme des riches, le séparatisme des riches, Ils sont toujours entre eux, ils sont toujours avec leurs semblables et cette vie dans ce qu'ils appellent la société, leur société, enfin leur classe, ça devient la société, c'est quelque chose dont ils ne peuvent pas se défaire parce que c'est leur façon de se masquer à eux-mêmes l'arbitraire de leurs privilèges qui ne tient qu'à une seule chose, des titres de propriétés, dont ils ont le plus souvent hérité au sein des quartiers de bourgeoisie ou de noblesse avant et qu'eux-mêmes devront transmettre aux générations suivantes".

Bibliographie

  • Monique Pinçon-Charlot, Les riches contre la planète : violence oligarchique et chaos climatique, Textuel, coll. Petite encyclopédie critique, 2025
  • Monique Pinçon-Charlot, Michel Pinçon, Les prédateurs au pouvoir : main basse sur notre avenir, Textuel, 2017
  • Hervé Kempf, Comment les riches ravagent la planète : et comment les en empêcher, Seuil, 2024
  • Hervé Kempf, Comment les riches détruisent la planète, Points, coll. Points.Terre, 2020 (1ère ed. Seuil, 2007)
  • Edouard Morena, Fin du monde et petits fours : les ultras-riches face à la crise climatique, La Découverte, 2023
  • Kim Stanley Robinson, Le ministère du futur, Bragelonne, coll. Bragelonne SF, 2023
  • Imagine, demain le monde, n°141. La richesse qui nous ruine, Les liens qui libèrent, novembre 2020

Bibliographie : Documentation de Radio France / Vanessa Chang

Source : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/de-cause-a-effets-le-magazine-de-l-environnement/les-riches-sur-quelle-planete-vivent-ils-5681034

lundi 28 juillet 2025

Jour du dépassement 24 juillet 2025

 

"Aujourd’hui, l'humanité a consommé l’ensemble des ressources que la planète peut régénérer en un an. Et depuis les années 1970, nous perdons sans cesse du terrain, même si depuis quelques années nous avons plutôt stabilisé la situation : en 1971, ce jour survenait le 29 décembre. Cette année, c'est le 24 juillet. À partir d'aujourd’hui nous « vivons à crédit » en quelque sorte, en consommant plus de ressources que la planète en régénère. 

Le jour du dépassement est calculé par l'ONG Global Footprint Network, qui calcule l'indicateur de référence en la matière. 
 
Cette situation nous oblige à agir collectivement : l'épuisement de l’eau, des minéraux et de nos ressources menace notre souveraineté, notre économie et notre quotidien.
 
On ne peut plus se satisfaire de la simple logique linéaire « produire, consommer et jeter ». Il s'agit de produire en limitant l'impact sur la planète, d'utiliser chaque ressource le plus longtemps possible, puis réemployer, réparer, valoriser ce qui peut l'être.
 
Et il existe des solutions très simples à mettre en place au quotidien : éviter le gaspillage alimentaire, raisonner ses consommations d'énergie et d'eau, prolonger la durée de vie de ses biens, se poser les bonnes questions avant d’acheter un vêtement, partager sa perceuse avec son voisin plutôt que d’en acheter, donner un bien qu’on utilise plus plutôt que le jeter…
 
Chaque geste compte pour faire en sorte que le jour du dépassement recule !"
 (par Adrien Couzinier)
 
Et manger les riches non ? 😇 (lemurparle)
 

 

dimanche 15 juin 2025

Réchauffement climatique - Fable de la grenouille

 


Charlie Hebdo n°1714 P6

La fable de la grenouille relate une observation supposée concernant le comportement d'une grenouille placée dans un récipient contenant de l'eau chauffée progressivement. Elle vise à mettre en garde contre une accoutumance ou habituation conduisant à ne pas réagir à une situation grave. Cette fable peut s'énoncer ainsi :

Si l'on plonge subitement une grenouille dans de l'eau chaude, elle s'échappe d'un bond ; alors que si on la plonge dans l'eau froide et qu'on porte très progressivement l'eau à ébullition, la grenouille s'engourdit ou s'habitue à la température pour finir ébouillantée.

Ce récit, presque entièrement fictif, insinue que lorsqu’un changement s’effectue d’une manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite ni réaction ni opposition ni révolte. Les phénomènes d'adaptation, généralement bénéfiques à l'individu et aux sociétés, se révèlent finalement nocifs. 

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fable_de_la_grenouille

samedi 1 mars 2025

8 mars - Femmes pour la planète - Film - Avec Marie-Monique Robin - Le Boulou


 
MARIE-MONIQUE ROBIN 
qui ne ménage pas son temps et son talent 
au service de la défense de la biodiversité et du vivant, 
sera présente ! 
 
Elle animera le débat autour de son film :

FEMMES POUR LA PLANÈTE 
 
à l'occasion de la journée internationale de lutte 
 
pour les droits des femmes qui sera célébrée au Boulou.

Soirée organisée par VALLESPIR TERRES VIVANTES

lundi 2 décembre 2024

Le méga-courant de l’Atlantique pourrait s’effondrer plus tôt que prévu

 

Le méga-courant 

de l’Atlantique 

pourrait s’effondrer 

plus tôt que prévu

 

22 novembre 2024

 

 

L’affaiblissement des courants dans l’Atlantique aura des effets « dévastateurs et irréversibles » sur de nombreux pays. La fonte rapide des glaciers arctiques pourrait précipiter leur effondrement.

On le compare parfois à un titanesque tapis roulant. Un ensemble complexe de courants océaniques qui traversent l’Atlantique — dont le fameux Gulf Stream — et qui charrient environ 18 millions de m³ d’eau par seconde, soit plus de dix fois le débit cumulé de tous les fleuves du monde. Appelé « circulation méridienne de retournement de l’Atlantique », ou Amoc selon son acronyme anglophone, ce système joue un rôle crucial pour réguler le climat.

Une inquiétude grandit cependant depuis quelques années dans la littérature scientifique : nous aurions sous-estimé son affaiblissement, voire son effondrement à venir. La dernière étude en date, publiée le 18 novembre dans la revue Nature Geoscience par des chercheurs de l’université australienne de Nouvelle-Galles du Sud, conclut que l’Amoc pourrait perdre 30 % de sa puissance dès 2040, soit vingt ans plus tôt que les précédentes estimations.

« Cela pourrait entraîner de gros changements pour le climat et les écosystèmes, dont un réchauffement accéléré dans l’hémisphère sud, des hivers plus rigoureux en Europe et un affaiblissement des moussons tropicales dans l’hémisphère nord », préviennent les auteurs.

La fonte des glaciers perturbe l’océan

En 2023, une étude publiée dans Nature Communications estimait quant à elle que l’Amoc avait carrément une probabilité de 95 % de s’effondrer d’ici 2095. Et le 21 octobre dernier, une quarantaine de chercheurs issus de nombreux pays signaient une lettre ouverte alertant les pays du Conseil nordique du risque que nous ayons « grandement sous-estimé » la possibilité d’un affaiblissement, voire d’un effondrement de l’Amoc, lequel aurait des impacts « dévastateurs et irréversibles » pour de nombreux pays.

Dans son sixième rapport d’évaluation, publié en 2021 et résumant l’état de la science en la matière, le Giec [1] notait pourtant, avec un degré de confiance « moyen », que l’Amoc ne s’effondrerait pas d’ici 2100. Mais une « confiance moyenne » laisse planer un risque inquiétant, soulignent les scientifiques dans leur lettre ouverte. Et les recherches récentes publiées depuis tendent à faire remonter ce risque à la hausse, écrivent-ils.

À l’heure actuelle, la communauté scientifique peine à faire émerger une analyse consensuelle de la situation. Il est généralement admis que le changement climatique devrait affaiblir l’Amoc. Mais à quelle échéance et avec quelle intensité ? Les incertitudes et divergences de vues sur cette question sont à la mesure de l’extrême complexité du phénomène étudié.

Revenons, pour le comprendre, sur le fonctionnement schématique de l’Amoc. L’un de ses moteurs est la plongée vers les abysses des eaux de surface, dans les hautes latitudes. Lorsque les courants chauds venus des tropiques rencontrent les masses d’air froides dans le nord, une partie de l’eau de mer gèle, laissant son sel derrière elle. L’eau restante voit ainsi sa concentration en sel augmenter. L’eau plus froide et plus salée étant plus dense, elle coule, entraînant le « tapis roulant » de l’Amoc. Cette eau profonde retourne ensuite boucler la boucle vers le sud, où elle remonte et chauffe de nouveau à la surface.

 


On voit, sur ce schéma de l’Amoc, en rouge les courants de surface, chauds, et en bleu les courants froids circulant en profondeur. © NOAA

Ce système joue un rôle crucial pour redistribuer la chaleur sur le globe, via les échanges entre l’océan et l’atmosphère, et contribue également à la santé des écosystèmes, en transférant des nutriments, du carbone et de l’oxygène à travers l’Atlantique. Le changement climatique perturbe tout cela, notamment en entraînant la fonte massive des glaciers arctiques, au Groenland et au Canada. En se déversant dans l’océan, ce surcroît d’eau douce réduit la salinité, donc la densité et enraye ce moteur de l’Amoc qu’est la plongée des eaux froides en profondeur.

Or, les modèles climatiques actuels ne prennent pas en compte cette fonte additionnelle provoquée par les activités humaines et peinent à reproduire le comportement observé de l’Amoc. C’est en intégrant cette fonte à leur modèle que les chercheurs australiens prétendent aujourd’hui obtenir de meilleures estimations.

D’inquiétantes incertitudes

Plusieurs chercheurs interrogés par Reporterre sont toutefois sceptiques quant aux conclusions péremptoires de cette étude, dont la méthodologie pourrait manquer de rigueur, notamment dans l’estimation du volume d’eau douce issu de la fonte à venir des glaciers. Les travaux de 2023 étaient de même loin de faire l’unanimité.

« Il est très probable que le changement climatique ralentisse l’Amoc au cours du siècle, mais cet affaiblissement est estimé de -10 à -70 % selon les modèles, l’incertitude est énorme », rappelle Didier Swingedouw, directeur de recherche au CNRS, qui étudie de près ces courants atlantiques.

Les simulations numériques modélisant le futur de l’Amoc sont d’autant plus délicates que l’on n’arrive toujours pas à bien représenter le comportement « normal » du phénomène, sans prendre en compte le changement climatique. « L’Amoc résulte d’un équilibre très subtil entre de nombreuses influences. Les zones de mélange entre les eaux chaudes et froides sont en soi difficiles à modéliser. Il faut aussi réussir à représenter les vents qui vont influer sur cette convection, les précipitations et les niveaux d’évaporation qui jouent aussi un rôle sur les caractéristiques de ces eaux », nous liste Didier Swingedouw.

 

Les facteurs évoluant, il existe une «  cascade d’incertitudes  ». Pexels/CC/Laura Otte

Pour anticiper le futur, il faut ajouter au défi de la modélisation l’évolution de ces facteurs : comment les tropiques de plus en plus chauds vont augmenter l’évaporation et donc la salinité des eaux chaudes, comment les précipitations vont évoluer aux hautes latitudes et faire à leur tour varier la salinité… « Une cascade d’incertitudes », soupire le chercheur.

Le simple fait de savoir si l’Amoc a d’ores et déjà commencé à ralentir n’est pas établi. D’après la modélisation de l’étude australienne, l’affaiblissement serait de 20 % depuis 1950. Mais ces résultats sont le fruit de reconstitutions numériques : les observations in situ ne sont possibles que depuis 2004, et aucune tendance claire ne s’en dégage. « À partir des observations directes de l’Amoc, ce que nous mesurons est uniquement une forte variabilité saisonnière, interannuelle et interdécennale », mais aucun signal clair lié au climat n’est identifié souligne Sabrina Speich, océanographe au Laboratoire de météorologie dynamique.

Menaces sur l’Afrique et l’Europe

Reste que la tendance semble aller vers des estimations de plus en plus pessimistes. « Avant, on était sur une “confiance forte” que l’Amoc ne s’effondrerait brutalement pas d’ici 2100. Le dernier rapport du Giec est passé à une “confiance moyenne”. Et puis s’arrêter à 2100 est arbitraire. L’Amoc pourrait s’effondrer en 2150. C’est un système lent, son temps d’effondrement est probablement de l’ordre du siècle », souligne Didier Swingedouw, signataire de la lettre ouverte publiée en octobre.

L’enjeu est donc moins aujourd’hui de comprendre si l’Amoc s’affaiblira drastiquement, mais quand il le fera exactement. Dans tous les cas, cela pourrait considérablement refroidir le nord de l’Europe, encerclé par des régions, elles, toujours plus chaudes, conduisant à des « climats extrêmes sans précédent », interpelle la lettre des scientifiques. Cela pourrait « potentiellement menacer la viabilité de l’agriculture du nord-ouest de l’Europe ».

« Les pays de l’Afrique de l’Ouest seraient surtout en première ligne, s’inquiète Didier Swingedouw. Le Sahel pourrait devenir un désert, avec jusqu’à 30 % de baisse de précipitations, et la zone aujourd’hui plus verte au sud du Sahel deviendraient sahéliennes. »

Il y a doublement urgence : à limiter autant que possible l’ampleur du changement climatique, mais aussi à s’y adapter. Pour l’instant, les catastrophes liées à l’Amoc et ses conséquences sur nos sociétés ne sont aujourd’hui ni anticipées ni même sérieusement évaluées, déplorent les auteurs de la lettre ouverte.

La prise de conscience montera peut-être à mesure que les projections climatiques s’affineront à propos de ces phénomènes. Les chercheurs plaident unanimement pour l’accumulation de données et travaux supplémentaires. Les principaux systèmes de mesure in situ de l’Amoc impliquent massivement des instituts de recherches étasuniens, dont l’avenir est suspendu à l’investiture de Donald Trump. Le président étasunien élu envisage de démanteler les agences environnementales, dont la NOAA, l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique.

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Il est de retour.

Dans quelques semaines, Donald Trump se ré-installera à la Maison Blanche.

Un milliardaire, pour qui le réchauffement climatique est « un canular », sera à la tête de la plus grande puissance mondiale.

Dans une décennie cruciale pour l’écologie, nous ne pouvons pas nous permettre de perdre plus de temps.

La société civile doit continuer de se soulever, de se mobiliser et de faire pression sur les puissants.

Mais pour agir, il faut savoir.

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Notes

[1Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

 

Source : https://reporterre.net/Le-mega-courant-de-l-Atlantique-pourrait-s-effondrer-plus-tot-que-prevu?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

lundi 1 janvier 2024

Forgeons la beauté de demain !

 


Dans ce bail éphémère de la vie,

Sur ce grain de Terre paumé dans l’univers,

Dans ce bal d’étoiles et de folies,

Il faut sortir le soir, à minuit, saluer la lune, écouter la chouette et le silence,

Le renard dans les fourrés.

Il faut écouter la lumière remonter,

Il faut au cœur du déluge d’eau, de sang, d’ignorances, de cynisme et de feu,

Demain, forger la beauté.

Il faut plaquer nos certitudes,

Et cesser de prévoir,

De trébucher sur du binaire.

Il faut comprendre nos tempêtes,

Les rivières, les bêtes et les éclairs,

Ressortir nos équerres.

Il faut comprendre le vent et lui parler,

Il faut laisser la terre, le sol respirer.

Reprendre enfin son pouls,

Cesser d’engraisser les valses tristes,

Tenir à distance l’abîme, le précipice,

Et porter en soi des rêves encore plus fous.

Oui, il faut dans le chaos, les difficultés,

Remettre son désir de vie sur le métier,

Et demain forger de la beauté.

Nous sommes des mômes impatients, des cerveaux dirigés,

Nous sommes avec la Terre, l’eau, l’air, les mers, des enfants mal élevés,

Dessus nous essuyons nos pieds.

Autant de génie pour détruire, mais combien pour bâtir un demain habitable et sortir nos têtes ébouillantées d’économie ?

Nous sommes des boussoles agitées, des clics, des pulsions,

Qui en vain cherchons le nord, l’illusion,

On voudrait juste trouver la paix, un havre, un port,

Une colline où planter des arbres, des fleurs, des haies pour les abeilles.

Retrouver ce glissement d’oiseau en fuite,

Et le goût de la treille.

Tenir, tenir tête aux mensonges, agir et résister,

Eviter le faux pas au soleil du néant,

Sortir juste un peu d’amour du fond de nos tiroirs

Sans jamais piétiner l’espoir.

Et faire le ver luisant pour attirer l’amant

Pour demain, toujours forger, forger de la beauté.

Il faut planter d’autres graines,

Dans nos sols, nos esprits,

Pour raviver nos corps,

Faire ensemble avec nos énergies,

Et façonner l’égrégore,

Il faut semer des jeunes moins bêtes, moins imprévoyants,

Et bons à autre chose que fabriquer de l’argent.

Alors oui, ce soir minuit, une dernière feuille arrachée au calendrier : vous souhaitez un corps en bonne santé et ensuite ce que vous voulez, même de gagner au loto de la biodiversité.

Saluez le vivant, la paix, les fleurs endormies, préservez ce qui est encore possible, en buvant les larmes des derniers glaciers.

Et faisons monter un autre levain,

En forgeant de la beauté pour demain.

 

Thierry Cheissoux (C02 Mon Amour) 



Source : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/co2-mon-amour/co2-mon-amour-du-dimanche-31-decembre-2023-7290792

jeudi 14 décembre 2023

Records de chaleur hivernale en Espagne

Records 

de chaleur hivernale 

en Espagne

 


 

Le 12 décembre 2023, il a fait 29,9°C à Malaga au sud de l’Espagne. À Valence, l’une des plus grandes villes du pays, sur la côte méditerranéenne, il a fait 27,3°C. Des températures estivales en plein mois de décembre. Les plages se sont à nouveau remplies de personnes venues bronzer, jouer au volley ou se baigner. Les records de chaleur à cette période, qui remontaient à 25 ans, ont été explosés d’environ +5°C. C’est jusqu’à 14°C au dessus des moyennes de saison.

Cette chaleur a aussi touché le sud de la France, puisqu’il a fait 23.8°C à Cannes et 25°C vers Perpignan. Loin d’une ambiance de Noël. Les climatosceptiques diront-ils encore « c’est normal, c’est l’été ? »

En Europe, l’Espagne est en première ligne du changement climatique. Selon l’ONU, près de 75% du territoire espagnol est aujourd’hui en voie de désertification en raison du réchauffement climatique. La Catalogne est aussi frappée de sécheresses sévères et certains villages sont approvisionnés par des citernes d’eau en été. Ce chaos a des conséquences majeures sur l’agriculture, et donc sur l’approvisionnement en nourriture pour toute la région. Le sud de l’Espagne pourrait devenir quasiment inhabitable d’ici 100 ans.

En 2023 en France, 2500 records de chaleur ont été battus. L’institut européen Copernicus annonce que 2023 est d’ors et déjà considérée par les chercheurs comme l’année la plus chaude jamais mesurée sur Terre – c’est-à-dire depuis le début des enregistrements par les humains. L’année n’est pas terminée mais il est déjà établi que « l’année 2023 a connu six mois de températures records, et deux records de saison ». Sur janvier-novembre 2023, il a fait en moyenne 1,46°C de plus qu’entre 1850 et 1900. Et nous avons atteint un niveau de CO2 dans l’atmosphère jamais vu depuis 4 millions d’années.

 

Source : https://contre-attaque.net/2023/12/13/records-de-chaleur-hivernale-en-espagne/

lundi 4 septembre 2023

La compensation carbone quasi inutile contre la déforestation

 

La compensation carbone 

quasi inutile 

contre la déforestation

 

28 août 2023

Déforestation à Yangambi, en République démocratique du Congo.
 On savait déjà que les mécanismes de compensation carbone visant à alléger la conscience écologique des voyageurs aériens étaient très peu efficaces. Une récente étude enfonce le clou et généralise la critique sur les crédits carbone. Ce système permet de comptabiliser sous forme de crédits le carbone séquestré ou dont on évite l’émission, pour ensuite le vendre et permettre aux entreprises polluantes de « compenser » leurs propres émissions.

Dans ses travaux publiés le 24 août dans la revue Science, une équipe internationale de chercheurs s’est focalisée sur les projets de crédits carbone liés à la lutte contre la déforestation, les « Réduction des émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts » (REDD+) développés par les Nations unies. En étudiant dix-huit de ces projets dans -cinq pays abritant des forêts tropicales (Pérou, Colombie, Cambodge, Tanzanie et République démocratique du Congo) les chercheurs ont calculé que sur les 89 millions de crédits carbone que pourraient générer ces projets REDD+, seuls 5,4 millions seraient associés à des réductions d’émissions de carbone effectivement dues aux actions de préservation des forêts menées par ces projets.

Autrement dit : seuls 6,1 % des compensations d’émission de carbone revendiquées via ces projets REDD+ le seraient réellement. Les scientifiques pointent notamment la tendance à surestimer les risques de déforestation dans certaines régions, pour vendre ensuite davantage de crédits carbone… « Ces crédits carbone consistent essentiellement à prédire si quelqu’un va abattre ou non un arbre, et à vendre cette prédiction. Si vous exagérez ou mésinterprétez ça — volontairement ou non — vous ne vendez que du vent », résume auprès de l’AFP Andreas Kontoleon, professeur à l’université britannique de Cambridge et coauteur de l’étude.

L’efficacité des mécanismes REDD+ fait l’objet de controverses depuis près de vingt ans, soulignent les auteurs. Ils rappellent qu’il est d’autant plus urgent d’en améliorer le fonctionnement que les projets REDD+ représentent pas moins de deux tiers des crédits carbone liés à l’utilisation des terres, dont le marché mondial est estimé à 1,3 milliard de dollars.

Cette nouvelle étude conforte des résultats précédents, également relayés par une enquête journalistique du média britannique The Guardian, de l’allemand Die Zeit, en collaboration avec l’ONG SourceMaterial, qui concluait que 94 % de ces crédits REDD+ n’avaient aucun intérêt pour le climat.

 

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 Source : https://reporterre.net/La-compensation-carbone-quasi-inutile-contre-la-deforestation?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne