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vendredi 23 octobre 2026

« On a déjà essayé » : les six premiers mois des mairies RN sous la loupe de médias indépendants locaux


« On a déjà essayé » : 

les six premiers mois 

des mairies RN 

sous la loupe de médias 

indépendants locaux

  

Cet article est proposé par :

Le Poulpe
Made In Perpignan
Marsactu
Mediacités
Rue89 Strasbourg
Rue89Bordeaux
Rue89Lyon 
 
 

Lors des élections de mars dernier, l’extrême droite a franchi une nouvelle marche en remportant un nombre record de villes et villages. Réunis dans le collectif « On a déjà essayé », sept médias locaux et indépendants en dressent un premier bilan.

Le Rassemblement national au pouvoir, on a déjà essayé… Depuis le 29 mars, voilà ce que peuvent affirmer près d’un million et demi de Français. De Thizy-les-Bourgs, dans le Rhône, à Saint-Savin, en Gironde ; de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, à La Flèche, dans la Sarthe, ces citoyennes et citoyens habitent l’une ou l’autre des quelques 74 communes remportées – ou conservées – par le parti d’extrême droite ou par l’un de ses alliés à l’issue des dernières élections municipales. Comment se concrétisent depuis les orientations politiques du Rassemblement national et de ses alliés dans ces communes ? Avec le projet « On a déjà essayé », sept médias locaux indépendants (Mediacités, Rue89 Bordeaux, Rue89 Lyon, Rue89 Strasbourg, Made in Perpignan, Le Poulpe et Marsactu) publient différents articles pour un premier bilan.

S’il est donc loin d’avoir réalisé une percée locale à la hauteur de ses derniers résultats électoraux nationaux ou des scores que lui prêtent les sondages, le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella a incontestablement progressé. Six ans plus tôt, le parti et ses alliés (UDR, Les Patriotes, Reconquête!, la Ligue du sud, etc) ne dirigeaient que 16 municipalités et comptaient moins de 900 conseillers municipaux, contre plus de 3 100 aujourd’hui. Une cohorte d’élus, principalement concentrée dans des villes petites et moyennes et davantage dans certaines parties du territoire, certes. Mais qui lui fournira « la base organisationnelle indispensable pour une éventuelle conquête du pouvoir », comme le notait Gilles Ivaldi, spécialiste des droites radicales au Cevipof, au lendemain du scrutin de mars dernier. 

 


 

L’avant-dernière marche

L’avant-dernière marche, en quelque sorte, avant celle que la formation d’extrême droite espère franchir en 2027, pour accéder à l’Élysée, mais pas n’importe quelle marche. Jusqu’alors, le nombre réduit et la disparité des exécutifs locaux gérés par le RN et ses alliés rendaient sa politique difficile à lire et à évaluer. Maintenant qu’il se frotte à l’exercice du pouvoir dans un nombre de villes nettement plus important, impossible de continuer à dire « on n’a pas essayé ».

Finances, sécurité, éducation, transports, culture, action sociale… Des dizaines de mairies RN et assimilées prennent aujourd’hui des décisions qui ont un impact concret sur nos villes et nos vies quotidiennes. Raison pour laquelle, quelques semaines après les élections municipales et quelques mois avant la présidentielle, sept journaux locaux indépendants ont décidé d’allier leurs forces pour enquêter sur l’action des municipalités tenues par le RN et ses alliés. D’où le nom du projet : « On a déjà essayé ».

Politiques locales, enseignements nationaux

Des Hauts-de-France à la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), de l’Alsace à la Normandie, de l’Aquitaine à l’Auvergne-Rhône-Alpes en passant par l’Occitanie, les rédactions de Mediacités, Marsactu, Le Poulpe, Made in Perpignan et des Rue89 Strasbourg, Lyon et Bordeaux vont ausculter les mesures prises dans les villes RN, en analyser les effets et décrypter ce qu’elles nous enseignent sur une éventuelle arrivée de l’extrême droite à la tête du pays. 

Illustration cette semaine avec une série d’enquêtes sur les six premiers mois au pouvoir des élus locaux du RN, de l’UDR, des Patriotes ou de Reconquête!. Six mois durant lesquels les nouveaux maires ont surtout fait assaut de symboles et beaucoup parlé de drapeaux. Ceux, européens, qu’ils retirent du fronton des mairies, comme à Canohès, près de Perpignan [Lire l’enquête de Made in Perpignan], à Carcassonne, à Cagnes-sur-Mer ou à Harnes, dans le Pas-de-Calais [Lire l’enquête de Mediacités]. Ceux, tricolores, que certains souhaiteraient ajouter, comme Éric Ciotti, dans les écoles niçoises.

Haro sur la culture 

Six mois aussi durant lesquels les mondes culturel et associatif ont, comme ils le redoutaient, subi les premières foudres des municipalités d’extrême droite. Depuis fin mars, les annonces de reprise en main de la programmation et d’annulations de spectacles se succèdent. La plus retentissante fut sans doute celle de Passeports, la pièce de l’auteur de théâtre à succès Alexis Michalik, dont une représentation était prévue à Castres, en février 2027. 

D’autres coups de hache plus discrets ont sonné le glas du festival Napoléon à La Seyne-sur-Mer, de l’exposition du photographe Sylvain Brino et d’un festival de jazz à Vauvert, ou des concerts estivaux gratuits à La Flèche. Liste non exhaustive. Dans cette même commune de la Sarthe, la mairie est allée jusqu’à rompre la convention qui la liait depuis des années au Carroi, l’association chargée d’organiser la saison culturelle [Lire l’enquête de Mediacités]. Radical. 

Arme politique redoutable et levier facile à actionner, la baisse – quand ce n’est pas la suppression pure et simple – des subventions a également été très largement utilisée par les nouveaux maires RN. Dans leur viseur, on retrouve toujours les acteurs culturels, mais aussi – et sans surprise – les associations d’aide aux migrants, les associations caritatives, les syndicats, les structures d’action sociale, celles luttant contre les discriminations ou encore les sections locales de la Ligue des droits de l’Homme. Un agenda politique éloquent, justifié à chaque fois au nom de « l’intérêt général » et de la « rigueur budgétaire ».

Le social, grand oublié 

Parfois, ce souci d’économie se fait pourtant moins pressant. Notamment quand il s’agit d’augmenter les indemnités des nouveaux élus, comme à Menton, Montargis, Perpignan, Moissac, Luc ou Cogolin ; ou de nommer des proches ou membres du parti aux postes clés, comme cette équipe issue de réseaux catholiques traditionalistes recrutée par Florian Azéma, le maire de Castres [Lire l’enquête de Mediacités], ou encore cet ancien assistant parlementaire du député (RN) Franck Allisio, parachuté directeur de la communication de Rognac, près de Marseille [Lire l’enquête de Marsactu]. 

Dans les mairies d’extrême droite, on ne compte pas non plus à la dépense pour tenir certaines promesses. Augmentation des effectifs et armement de la police municipale, multiplication des caméras de vidéosurveillance, création de centres de supervision urbains… De Beaucaire à Lillers en passant par Cagnes, Nice, La Flèche, Vierzon, Béziers ou Carcassonne, rien n’est trop cher quand il s’agit de la principale priorité des maires RN : la sécurité. 

Et tant pis si c’est au détriment de l’action sociale et du soutien aux familles ou aux populations défavorisées. La récente rentrée scolaire l’a encore démontré. A Hayange, en Moselle, la navette scolaire qui déposait les enfants à l’école depuis trente ans a été brutalement supprimée, comme l’avaient été les kits de fournitures scolaires gratuits à Nice ou Billy-Montigny (pour les collégiens), dans le Pas-de-Calais. En Normandie, c’est une aide de 50 euros aux familles pour la rentrée qui a été retoquée par Tony Leprêtre, maire Les Patriotes (mais menacé d’un recours) d’Harfleur [Lire l’enquête du Poulpe]. A Saint-Savin, près de Bordeaux [Lire l’enquête de Rue89 Bordeaux], c’est la gratuité de la restauration scolaire pour les familles aux revenus les plus modestes qui a disparu, tandis que les tarifs de la cantine et du périscolaire augmentent, comme à Vierzon ou précédemment à Hénin-Beaumont.

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Alertez-nous 

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Trois catégories

Alors, quels enseignements tirer de cette multitude d’exemples glanés en seulement six mois ? Dans une note comparative publiée dans l’entre-deux-tours des élections municipales par la revue La Grande Conversation (liée à Terra Nova, un think tank proche du Parti socialiste), le consultant marseillais Alexis Gibellini classait les municipalités gouvernées par le RN en trois catégories.

La première, celle de « la ville vitrine » se caractérise par « une gestion locale efficace et pragmatique » avec une priorité accordée à la communication et à la sécurité. Le spécialiste y range Béziers, même si son maire Robert Ménard, réélu pour un troisième mandat, est désormais en froid avec le parti de Marine Le Pen. Dernière expérimentation en date : la généralisation de l’uniforme dans les écoles primaires. Le Nice de l’allié Eric Ciotti semble aussi bien parti pour devenir une nouvelle « vitrine », avec son obsession sécuritaire dans la ville déjà la plus vidéo-surveillée de France : recrutement annoncé de 200 nouveaux policiers municipaux ou création d’une brigade contre « les nuisances festives ».

La vitrine ou la rupture

La deuxième catégorie, baptisée « schéma de la municipalité de rupture » se traduit par une remise en cause des « équilibres politiques et associatifs », source de tensions. C’est le cas de Beaucaire, illustre Alexis Gibellini. La cité gardoise de 15 000 habitants a basculé à l’extrême droite dès 2014 avec Julien Sanchez (qui a depuis transmis le fauteuil à Nelson Chaudon). Carcassonne, conquise en mars dernier par le Rassemblement national, correspond également à la définition [Lire l’article de Mediacités]. Retrait du drapeau européen du fronton de sa mairie, suppression des budgets publicitaires à la presse locale, arrêté anti-mendicité… Le premier édile Christophe Barthès fait de la provocation sa marque de fabrique.  

Enfin, cette typologie distingue une partie des mairies RN en « municipalités normalisées », dans lesquelles les élus d’extrême droite « adoptent une stratégie de gestion plus discrète, visant à apparaître comme des exécutifs municipaux classiques », décrit Alexis Gibellini. Une posture qui fait écho à la stratégie nationale de dédiabolisation du RN. On la retrouve à Perpignan, avec Louis Aliot, maire depuis 2020 ; à Liévin, dans le bassin minier du Pas-de-Calais, où l’extrême droite joue une surprenante continuité avec l’ancienne majorité socialiste, ou encore à Thizy-les-Bourg, dans le département du Rhône, avec le jeune Rémi Berthoux (29 ans). Non sans succès : ces élus peuvent se retrouver en capacité de peser dans les intercommunalités, véritables lieux du pouvoir local. Le maire de Thizy pointe ainsi comme 4ᵉ vice-président de la communauté d’agglomération de l’Ouest rhodanien [Lire l’article de Rue89 Lyon]. Louis Aliot a lui carrément pris la présidence de la métropole de Perpignan en avril dernier.

Banalisation à bas bruit

La conquête des communautés de communes, d’agglo et autres métropoles par le RN et sa banalisation à bas bruit « pose un gros problème démocratique, quand les mêmes maires qui siègent dans les intercos ont été élus dans leur commune grâce au front républicain ! », alerte le politologue lillois Fabien Desage dans Mediapart. « Jusqu’à présent, on n’a entendu nulle part parler de cordon sanitaire vis-à-vis de l’extrême droite dans ces instances », pointait-il au lendemain des dernières élections municipales.

De fait, ces intercommunalités – perçues comme lointaines et mal identifiées par leurs habitants – offrent au RN des espaces pour faire tomber les barrières. Et expérimenter « l’union des droites » loin des radars médiatiques nationaux. Après les dernières municipales, Romain Lemoigne, le jeune maire RN de La Flèche a ainsi été élu par ses homologues à la tête de la communauté de communes. Depuis le précédent mandat, le président LR de l’agglomération Estérel-Côte d’Azur (120 000 habitants), Frédéric Masquelier, pilote ainsi son intercommunalité avec à ses côtés, comme premier vice-président, le maire de Fréjus David Rachline.   

Aujourd’hui mis au ban du Rassemblement national [1], l’édile varois était un des deux ambassadeurs du lepénisme municipal (avec Steeve Briois à Hénin-Beaumont) en 2014. Son arrivée à l’hôtel de ville de Fréjus s’était traduite par une reprise en main des conseils de quartier, la baisse des subventions à nombre d’associations ou encore la rupture avec un centre social de la commune. 

Douze ans plus tard, les méthodes des nouveaux élus d’extrême droite résonnent comme un écho. Mais, désormais, aux quatre coins du pays.

 

Source : https://madeinperpignan.com/on-a-deja-essaye/premieres-manoeuvres/ 

lundi 19 octobre 2026

« De quoi tuer nos communes et nos vallées » : les cures thermales en danger dans les Pyrénées-Orientales ?

 

« De quoi tuer nos communes 

et nos vallées » : 

les cures thermales 

en danger 

dans les Pyrénées-Orientales ?

Sébastien Leurquin

 


Le gouvernement envisage une forte réduction du remboursement des cures thermales dès 2027. Présentée comme une économie pour l’Assurance maladie, la mesure fait craindre des conséquences économiques et sociales majeures pour le secteur. Dans les Pyrénées-Orientales, cinq communes sont directement concernées. 

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Une cure oui, mais d’austérité. Dans le cadre du budget de la Sécurité sociale pour 2027, le gouvernement prévoit de réduire fortement le remboursement des cures thermales. Aujourd’hui, l’Assurance maladie prend généralement en charge 65 % des soins prescrits. Demain, une partie de cette dépense serait transférée aux complémentaires santé. L’objectif affiché est clair : économiser 200 millions d’euros par an. La mesure, encore à l’état de projet, pourrait être appliquée par décret. Pour certains, à commencer par la Cour des comptes, le déremboursement relèverait du bon sens.

A l’inverse, dans les villes thermales, la perspective provoque une levée de boucliers. À Amélie-les-Bains, la maire Marie Costa, également présidente de la Fédération thermale d’Occitanie, et Nicolas Brouillet, directeur des thermes de la Chaîne thermale du Soleil, ont lancé une pétition. Le ton est alarmiste. « Pour une économie estimée à 200 millions d’euros serait remise en cause l’existence même de la médecine thermale », écrivent-ils. 

500 000 patients concernés 

« Avec nos eaux, durables, éternelles même, chaque année, près de 500 000 patients atteints de maladies chroniques trouvent un traitement durable et naturel », rappellent les auteurs de la pétition. Les défenseurs du thermalisme insistent sur les bénéfices médicaux des cures. « Dans 90 % des cas, les cures présentent un service médical rendu démontré : elles réduisent la douleur, améliorent la qualité de vie et limitent le recours aux médicaments et aux hospitalisations », assurent-ils.


Un argument sanitaire auquel s’ajoute un calcul financier. Les thermalistes rappellent que les cures représentent seulement 0,1 % des dépenses de l’Assurance maladie, pour 8,3 millions de journées de soins chaque année. À leurs yeux, le calcul gouvernemental pourrait même se retourner contre lui. 

« L’économie espérée de 200 millions serait marginale et rapidement explosée par les coûts des médicaments, des hospitalisations et des consultations qui s’y substitueraient. »

Au-delà, les signataires redoutent d’importantes conséquences économiques et sociales. Une baisse de fréquentation des curistes toucherait bien au-delà des seuls établissements thermaux. Avec des conséquences sur les emplois directs et indirects, dans les hébergements, commerces ou restaurants… « Le plan de licenciement de 25 000 personnes est en marche. Un chiffre digne de la sidérurgie lorraine et nordiste », accusent les auteurs de la pétition.

Aggravation des difficultés en zones rurales ? 

D’après les opposants à la mesure étudiée par le gouvernement, l’impact serait d’autant plus fort que le thermalisme fait vivre de nombreuses petites communes rurales. Le déremboursement des cures engendrerait « de quoi tuer nos communes et nos vallées excentrées déjà frappées par les tragédies ordinaires de la ruralité ». « Près de 70 % des stations thermales sont situées dans des communes de moins de 5 000 habitants : les fragiliser reviendrait à aggraver la désertification médicale et économique de nos campagnes », s’alarment Marie Costa et Nicolas Brouillet.

En France, 88 stations thermales conventionnées sont concernées. Dans les Pyrénées-Orientales, cinq communes en font partie : Amélie-les-Bains, Le Boulou, Vernet-les-Bains, Molitg-les-Bains et Prats-de-Mollo-la-Preste. Des territoires où l’activité thermale constitue un moteur économique important, et où la perspective d’une baisse de fréquentation inquiète.

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Lien pour regarder cette vidéo sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=glCEAcFTQi4

 

Source : https://madeinperpignan.com/tuer-nos-communes-et-nos-vallees-cures-thermales-en-danger-pyrenees-orientales/

dimanche 18 octobre 2026

Alchimie - Prades - Programme - 🍂 L'infolettre Alchimique du 17/10 - Au plaisir de vous croiser par ici ou par là !


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samedi 17 octobre 2026

Rodès : La Charbonnière veut créer un centre pour la faune sauvage



Rodès : 

La Charbonnière veut créer 

un centre pour la faune sauvage


 À Rodès, l’association La Charbonnière prépare un centre de sauvegarde destiné aux animaux sauvages blessés, en détresse ou orphelins. Les travaux sont envisagés en 2027, pour une ouverture en 2028.

Dans les Pyrénées-Orientales, l’association La Charbonnière porte un projet de centre de sauvegarde de la faune sauvage. Son objectif est de soigner, réhabiliter puis relâcher dans leur milieu naturel les animaux sauvages blessés, en détresse ou orphelins. Face à l’érosion de la biodiversité, notamment liée aux activités humaines, l’association souhaite offrir une réponse locale aux besoins de prise en charge de la faune sauvage européenne. Le département bénéficie d’une grande diversité de milieux naturels, de la haute montagne au littoral en passant par la garrigue, et abrite une avifaune particulièrement riche.

« Nous sommes sur le chemin de migration de nombreux oiseaux », souligne Alix Renard, présidente de l’association. Pourtant, les Pyrénées-Orientales ne disposent pas aujourd’hui de centre de soins spécifiquement dédié à la faune sauvage.

Une chaîne solidaire de bénévoles permet actuellement aux animaux blessés, en détresse ou orphelins de quitter le département une à deux fois par semaine. Certains sont notamment transférés vers l’École nationale vétérinaire de Toulouse, située à plus de 200 kilomètres de Perpignan. Ces déplacements peuvent représenter une source de stress supplémentaire pour les animaux et génèrent également un impact environnemental. Les chiffres du collectif Faune en détresse illustrent l’ampleur des besoins. Plus de 4 000 appels ont été enregistrés en 2025 et près de 5 000 en 2026, une tendance en hausse constante depuis 2019. En 2026, 4 820 animaux ont été signalés ou pris en charge : 3 922 oiseaux, 790 mammifères et 111 reptiles et amphibiens, représentant 169 espèces différentes. Au total, 913 prises en charge ont été réalisées par les vétérinaires partenaires et les bénévoles. Environ 65 % des espèces concernées sont protégées.

Soigner, sensibiliser et préserver la biodiversité

Pour répondre à ce manque, La Charbonnière souhaite implanter son futur centre à l’entrée de Rodès, sur un terrain de trois hectares. Le projet doit se développer en deux phases. La première prévoit la construction d’un bâtiment de 80 m² comprenant notamment des espaces de soins, des bureaux, ainsi que des enclos et des volières extérieures. À terme, un second bâtiment de 80 m² pourrait compléter le dispositif. Le projet n’est pas encore totalement finalisé. L’association vise un début des travaux en 2027, afin de permettre une ouverture du centre en 2028. Dans un premier temps, la structure souhaite accueillir plusieurs espèces parmi lesquelles les martinets, hérissons, petits carnivores et écureuils. Le nombre d’espèces prises en charge doit ensuite augmenter progressivement avec la montée en puissance du centre.

        Alix Renard, présidente de La Charbonière. © Lionel Moogin

« Nous souhaitons également développer les dons et le mécénat afin de contribuer au financement du projet », précise Alix Renard. Les personnes qui souhaitent soutenir la démarche peuvent contacter l’association par courriel ou se rendre sur son site Internet.

La Charbonnière souhaite faire de ce centre un lieu de soins, de réhabilitation et de réintroduction de la faune sauvage, mais aussi un outil de conservation pour les espèces menacées. Le projet prévoit également une mission de veille sanitaire, notamment à travers le suivi des zoonoses, ainsi que des actions de sensibilisation et d’éducation à l’environnement. L’association rappelle enfin que le public se montre de plus en plus sensible à la cause animale et aux enjeux environnementaux, mais ne sait pas toujours comment réagir face à un animal sauvage blessé ou en détresse.

Dans ce cas, un seul numéro est à contacter : Faune en détresse : 07 66 79 23 07.


Source : https://www.lasemaineduroussillon.com/patrimoine/rodes-la-charbonniere-veut-creer-un-centre-pour-la-faune-sauvage-68317/