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jeudi 28 mai 2026

Soirées techno et huile d’olive : une ferme engagée menacée de fermeture


Soirées techno et huile d’olive : 

une ferme engagée 

menacée de fermeture

 
22 mai 2026


Sylvain Roubira et Pierre Gulliez organisent en complément de leur activité agricole, des ateliers, des colonies de vacances « façon scout » et des soirées festives.

Dans l’Hérault, un tiers-lieu agricole propose des événements culturels et solidaires pour « créer du lien, de la mixité ». Las, cet « espace de liberté » en lisière des institutions est menacé par une fermeture administrative.

Paulhan (Hérault), reportage

Cerné par l’autoroute A75 et des vignes soigneusement désherbées, le mas Nicolas fait figure de bastion rebelle. Entre les oliviers couverts de fleurs blanches, des plants d’aromates diffusent leurs effluves rafraîchissants. Quelques poulettes prennent le soleil non loin d’une prairie colorée de coquelicots et de pissenlits.

Malgré cette effervescence printanière, le hangar paraît vide, et les deux agriculteurs, Sylvain Roubira et Pierre Gulliez, ont le regard las. Après un an de bataille administrative, ils se retrouvent au bord de la banqueroute, accusant des pertes de plus de 60 000 euros. Avec le désagréable sentiment d’être pris pour des pigeons (un comble pour des éleveurs de volailles).

Tout avait pourtant bien commencé. Il y a dix ans à Montpellier (Hérault), dans le sillon de Nuit debout et des Gilets jaunes, les deux trentenaires créaient — avec d’autres — l’association la Cinquième saison. « On défendait la réappropriation des terres et l’accès pour tous à une alimentation locale, de qualité », détaille Sylvain Roubira. Cantines populaires, glanages d’olives, paniers d’aide alimentaire avec des produits du coin…

En 2022, une poignée de ces militants firent un pari un peu fou : racheter 6 hectares d’oliveraies en friche à Paulhan, un territoire marqué par la viticulture conventionnelle et le vote pour le Rassemblement national. « On voulait participer à créer du lien, de la mixité », souligne Pierre Gulliez. « Ici, on est un peu dans un désert associatif, notamment pour les jeunes, enchérit son camarade. C’est la ruralité oubliée. »

Après un an de bataille administrative, Sylvain Roubira et Pierre Gulliez se retrouvent au bord de la banqueroute. © David Richard / Reporterre

« Un travail précieux »

Pour « faire infuser » leurs idéaux d’autonomie et d’éducation populaire, ils y développent des activités agricoles — huile d’olive, plantes aromatiques, pâtes et farine de blés anciens. En complément, ils organisent des ateliers, des chantiers participatifs avec les habitants du territoire, des colonies de vacances « façon scout » et des soirées festives.

Dub, fanfare, reggae, techno : quinze soirées en trois ans, à prix accessible, en partenariat avec des associations culturelles. Le tout en extérieur, avec vente des produits de la ferme et toilettes sèches. « On était très attentifs à la prévention des violences sexistes et sexuelles et aux risques liés aux addictions, insiste Sylvain Roubira. Ça marchait bien, on sentait qu’il y avait une demande locale pour ce type d’événements. »

En 2022, une poignée de ces militants firent un pari un peu fou : racheter 6 hectares d’oliveraies en friche à Paulhan. © David Richard / Reporterre

Entre les concerts et les ateliers, l’association a ainsi accueilli près de 4 000 personnes depuis la reprise de la ferme. « Ils font un travail hyper précieux », salue Florence Cros, de l’association locale Terre-contact, qui a organisé des récoltes familiales d’olives et vend l’huile du mas dans son épicerie solidaire. « Ça rapproche les gens de leur territoire, des sources vivrières locales. »

« On sentait qu’il y avait une demande locale pour ce type d’événements »

Un succès donc, qui assurait la viabilité économique du projet — « car ce n’est pas avec notre seule activité agricole qu’on arrivait à vivre ». En bref, tout roulait… Jusqu’à ce 20 juin 2025.

Contrôle inopiné

Ce soir de Fête de la musique, la soirée était portée par H2O, une association connue dans le milieu des raves et free parties — un détail qui n’en est pas un. Quelques heures avant le début des festivités, les paysans ont vu débarquer dans leurs champs une équipe inattendue. Des policiers, un élu municipal, un représentant du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) et un autre de la préfecture. Objectif de ce contrôle « inopiné » : vérifier la conformité du site aux normes des établissements recevant du public.

Ils développent une activité agricole de vente d’huiles, de pâtes et de fleurs séchées. © David Richard / Reporterre

Dans le rapport de visite, que Reporterre a pu consulter, les autorités se sont particulièrement inquiétées du risque incendie, délivrant un avis « défavorable » à l’ouverture du site au public. Quelques heures plus tard, c’était chose faite : un arrêté municipal ordonnait la fermeture administrative du lieu, jusqu’à sa mise en conformité avec la réglementation des établissements recevant du public (ERP).

Pour les agriculteurs, ce fut la douche froide. « On a été contrôlés comme une salle de concert, alors qu’on organisait des soirées associatives avec moins de 250 personnes », soupire Sylvain Roubira. Malgré tout, l’association choisit de suivre la procédure. Appel à un cabinet d’études pour le passage en ERP, annulation de tous les événements prévus, demandes de subventions… Le dossier fut finalement déposé en décembre 2025.

Le 2 avril, un courrier du maire de Paulhan, Claude Valéro, classe la demande « sans suite ». Raison invoquée : le projet « n’est pas considéré comme un ERP » mais relève d’une autre catégorie, celle des installations ouvertes au public (IOP)... et les règles ne sont plus les mêmes.

Flou juridique

Retour à la case départ — avec un gros risque de casse pour cette ferme dépendante des revenus liés à l’événementiel. « On a joué le jeu, on a essayé de tout bien faire, lâche, amer, Pierre Gulliez. On a un peu le sentiment d’être pris pour des idiots. »

«  On a un peu le sentiment d’être pris pour des idiots  », lâche Pierre, amer. © David Richard / Reporterre

« Un exemple ubuesque », selon leur avocate, maître Sophie Mazas. Pour elle, le tiers-lieu se trouvait dans un flou juridique : celui des soirées festives et microfestivals, portés par des associations, des comités de fête, « qui jusqu’à présent ne posait aucun problème et qui aujourd’hui cristallise toutes les tensions ».

Tout cela dans un contexte de répression accrue du monde de la techno, et de difficultés économiques rencontrées par nombre d’événements culturels et autres tiers-lieux.

« On a des hommes et femmes politiques qui ne supportent pas que des gens vivent sans le contrôle de l’État et se gèrent eux-mêmes, regrette l’avocate, également membre de la Ligue des droits de l’Homme. Il devient de plus en plus difficile d’avoir des espaces de liberté pour la société civile. »

Le projet «  n’est pas considéré comme un ERP  » mais relève des installations ouvertes au public (IOP). © David Richard / Reporterre

Trop marginale ?

Avec ses prairies d’herbes folles, son soutien aux Soulèvements de la Terre et ses soirées techno, la Cinquième saison incarne en effet « un espace de liberté » en lisière des institutions. Trop politique ou marginale pour les autorités ? Sollicitées par Reporterre, ni la préfecture ni la mairie n’ont répondu à nos questions.

Membre de l’association France tiers-lieux, Akira Lavault connaît bien ces écueils administratifs sur lesquels se fracassent nombre de projets : « Les tiers-lieux, qui portent des innovations sociales, se retrouvent souvent dans des situations compliquées », constate celle qui gère également un lieu, Maison Glaz, dans le Morbihan. Parce qu’ils expérimentent d’autres façons de faire, d’habiter, de s’organiser, ces espaces se retrouvent régulièrement en marge de la réglementation. Il suffit alors de fonctionnaires ou d’élus un peu trop zélés pour faire capoter ces initiatives pourtant fertiles.

Cerné par l’autoroute A75 et des vignes soigneusement désherbées, le mas Nicolas fait figure de bastion rebelle. © David Richard / Reporterre

Pour elle, plutôt que d’enfoncer ces alternatives, il faudrait, au contraire « les accompagner », car « l’immense majorité des porteurs de projet veulent bien faire, personne n’a envie de créer des lieux dangereux ou inaccessibles ». Las, l’heure n’est pas au soutien politique : les aides publiques aux quelque 3 500 tiers-lieux de l’Hexagone ont fondu de 14 millions d’euros il y a deux ans à moins de 700 000 euros en 2026. « On se sent clairement abandonnés, alors qu’on remplit des missions d’intérêt général », dit Akira Lavault.

Pour le moment, au mas Nicolas, Sylvain Roubira et Pierre Gulliez ont adressé une lettre au maire, lui demandant l’autorisation de rouvrir cet été, en parallèle de leur mise aux normes IOP. « Si le lieu ferme, ce sera un potentiel manque pour tous les partenaires et associations qui œuvrent à lier agriculture et alimentation », regrette Florence Cros.


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Source : https://reporterre.net/Soirees-techno-et-huile-d-olive-une-ferme-engagee-menacee-de-fermeture

mercredi 27 mai 2026

Pétition pour le retour du train à Céret

Signez la pétition 

pour le retour du train 

à Céret :

PÉTITION

Le problème

La ligne de train reliant Elne à Céret est fermée au voyageurs depuis le siècle dernier. Désormais, seuls des trains de marchandises circulent entre Elne et Le Boulou, voire Saint-Jean-Pla-de-Corts. Même si elle est en très bon état sur cette portion, la ligne est à moitié à l'abandon entre Saint-Jean-Pla-de-Corts et Céret.

Une réouverture aux voyageurs entre Perpignan, Elne et Céret, avec des arrêts à Brouilla, Banyuls dels Aspres, Le Boulou, Saint-Jean-pla-de-Corts et la zone Tech-Oulrich serait une excellente nouvelle sur plusieurs aspects :

  • Environnement : Le train est un moyen de transport qui pollue jusqu'à 50 fois moins que la voiture. Aujourd'hui, on considère que plus de 15 000 personnes utilisent tous les jours la voiture dans le Vallespir. Beaucoup le font pour aller travailler à Perpignan au quotidien. Si ne serait-ce qu'une petite partie de ces gens se reportaient sur le train, on pourrait fortement réduire les émissions de CO2 dans notre département.
  • Temps de trajet : La ligne permettrait de relier Céret à Perpignan en moins de 40min. Un temps équivalent à ce qui se fait en voiture, mais c'est sans compter les bouchons en heure de pointe. Avec le train, fini les embouteillages et les problèmes de parking à Perpignan !
  • Pouvoir d'achat : Les billets pourraient être à 1 pour tout le monde, comme sur la ligne Perpignan-Villefranche de Conflent où on a aussi un abonnement à 40€/mois. Un trajet en voiture entre Céret et Perpignan, peut coûter aujourd'hui jusqu'à 6€ entre l'essence et le péage (et c'est sans compter l'entretien et les possibles réparations sur la voiture !). Le train pourrait faire économiser plus de 200 € par mois aux gens qui vont travailler tous les jours à Perpignan.
  • Trafic : Une cadence de 8 trains quotidiens dans les deux sens de circulation pourrait permettre de transporter jusqu'à 2000 voire 3000 personnes par jour. Cela représente environ 20% des personnes faisant le trajet en voiture tous les jours, et désengorgerait l'entrée de Céret en heure de pointe.
  • Énergie : Alors même que nous traversons une flambée des prix du carburant à la pompe, nous savons que les prochaines années nous réservent encore plus de difficultés pour s'approvisionner en pétrole. Le train électrique qui pourrait rouler chez nous, apparait alors comme un moyen de transport qui répond aux enjeux d'énergie du futur.
  • Confort : En train, on peut prendre le temps de travailler, aller au toilettes, regarder le paysage... Ce sont autant d'éléments qui rendent le voyage en train plus confortable qu'un trajet à bord d'une voiture.
  • Multimodalité : Le train est une bonne opportunité pour développer l'utilisation combinée de plusieurs modes de transport. Ainsi, la gare de Céret pourrait être desservie par les cars reliant le haut Vallespir. Une navette faisant le trajet gare-centre, pourrait également être une bonne idée à Céret. La gare pourrait également comporter des places de parking et des emplacements sécurisés pour vélos. Ainsi il n'y a pas d'opposition entre le vélo et le train, mais ce sont plutôt deux modes de transports complémentaires.
  • Social : Le train du quotidien est un mode de transport qui permet de se déplacer en groupe, de rencontrer des personnes, de créer des liens, etc. C'est un véritable lieu de vie.
  • Économie : Le train jusqu'à Céret serait aussi un excellent moyen de redynamiser de façon raisonnée l'économie du Vallespir.

La réouverture de la ligne est un projet réaliste et ne devrait pas être très compliquée à réaliser. Il suffirait de remettre en état les quais dans les différentes gares et de refaire la voie entre Saint-Jean-pla-de-Corts et Céret. Il faudrait aussi remettre en état et sécuriser les 4 passages à niveau entre Saint-Jean et Céret. On pourrait imaginer une électrification de la voie sur cette même portion, même si des éventuels train bimodes électrique-diesel pourraient aussi circuler sur la ligne.

La réouverture de la ligne dépend en grande partie de la région Occitanie qui a les compétences en la matière. La région et sa présidente Carole Delga ont fait preuve de volontarisme ces dernières années en termes de politique ferroviaire en rouvrant un bon nombre de lignes fermées aux voyageurs comme Alès-Bessèges, Montréjeau-Luchon et la Rive droite du Rhône. Voilà qui est rassurant et nous permet de croire en un avenir pour notre ligne du Vallespir. Même si ce n'est donc pas une compétence des communes, intercommunalités ou du département, nos élus locaux vont devoir faire pression pour exiger à la Région, à l’État et à la SNCF la réouverture de cette ligne.

On peut supposer que le chantier s'élèverait aux alentours de 35 millions d'euros. Une somme qui peut être financée facilement si le projet est pris au sérieux par la Région Occitanie et nos élus locaux. La réouverture permettrait également d'éviter le projet inutile, destructeur, et court-termiste de construction d'un quatrième pont à Céret, étant donné que le pont ferroviaire est encore en place et en bon état. La construction du pont routier couterait d'ailleurs aux alentours de 5 millions d'euros de plus que la réouverture de la ligne de train.

Mobilisons-nous et faisons pression sur nos élus pour qu'ils fassent aujourd'hui le choix du train, le transport écologique de demain !

Signez la pétition pour le retour  du train à Céret :

PÉTITION

 

mardi 26 mai 2026

INVITATION : VISIOCONFÉRENCE BVV au BOULOU LE 30 MAI : moins de routes plus de trains

Moins de routes, plus de trains

Visio–conférence et débat  

avec Tom DUBOIS* 

Membre du FORUM VIES MOBILES

Organisée par BIEN VIVRE EN VALLESPIR  

avec le soutien de la coalition nationale 

de la DÉROUTE DES ROUTES

 SAMEDI 30 mai à 19 heures 

Au cinéma LE MAJESTIC

17 avenue du GL Santraille 

au BOULOU

VENEZ NOMBREUX

Pour en savoir plus sur la campagne nationale 

de la DÉROUTE DES ROUTES  : NOS LIGNES SONT VITALES

Le site de BIEN VIVRE EN VALLESPIR : BVV

 
*Le forum vies mobiles est un laboratoire d’idées français scientifique et citoyen spécialisé dans l’expertise de la mobilité
 
Tom Dubois est responsable de la valorisation des recherches, de la communication et des relations publiques du Forum Vies Mobiles. Il est diplômé d’un master en urbanisme et aménagement du territoire et également titulaire d’un master spécialisé en communication.

Les projets routiers dévorent les terres. Ils sont le front pionnier de l'urbanisation à marche forcée qui dévaste toutes nos campagnes : zones commerciales et zones d’activités économiques s'étendent partout. Ils enferment chacun de nous dans la dépendance à la voiture. Les usager·es, particulièrement dans les territoires ruraux, sont pénalisé.e.s.

Le transport représente 31 % des émissions de gaz à effet de serre de la France. Le transport routier est de 9 à 14 fois plus polluant que le train. Les dépenses de transport constituent 14 % des dépenses de consommation des particuliers.  C'est une question de justice sociale et environnementale.

A CÉRET comme ailleurs, le projet de route et de viaduc serait catastrophique pour l’environnement et la biodiversité. BIEN VIVRE EN VALLESPIR milite pour l’ARRÊT DÉFINITIF de ce projet destructeur et sans intérêt public. Avec le soutien de la Déroute des routes, nous préconisons  la restauration de la ligne ferroviaire VOYAGEURS : PERPIGNAN-CÉRET, avec un emplacement de la gare en amont-rive droite du Tech pour permettre un meilleur accès aux habitants de Céret et du haut Vallespir.

L’alternative ferroviaire présente des avantages très supérieurs à ceux attendus du projet routier. Une expertise a montré la faisabilité et la très grande utilité publique de la ligne ferroviaire Céret-Le Boulou-Elne-Perpignan. L’infrastructure ferrée existe déjà en grande partie et est en grande partie récupérable. La réouverture envisagée ne génère aucune incidence sur le site Natura 2000 et son impact CO2 est extrêmement faible contrairement au projet routier. Enfin, l’évaluation de son coût est probablement inférieur au projet routier.

Avec la Déroute des routes nous demandons que les financements des transports en commun et en particulier le train du quotidien, soient une priorité politique.

La coalition de La Déroute des routes, coalition qui rassemble plus de 50 collectifs en lutte contre des projets routiers contestés, propose 3 mesures pour transformer en profondeur nos mobilités et répondre à l’urgence climatique et sociale : 1. Nationaliser les profits des concessions routières pour investir dans les alternatives de transport. 2. Instaurer un  moratoire pour mettre fin aux investissements dans les nouveaux projets routiers. 3. Investir dans le développement des alternatives de transport 

L'étude conduite par Vizea et Bl Evolution avec le Forum Vies Mobiles montre que l'alternative au «  tout voiture » n'est pas une utopie.  Cette étude vous sera présentée et suivie d’un débat le :

SAMEDI 30 mai à 19 heures 

Au cinéma 

LE MAJESTIC du BOULOU       

 (17 avenue du GL Santraille au Boulou )

 Venez nombreux !!

Plus d'infos sur la campagne nationale : 

Signez la pétition pour le retour  du train à Céret :

PÉTITION.

lundi 25 mai 2026

La joie, ça nous déborde

La lettre hebdo de Daniel Mermet
Le


                         La joie, ça nous déborde

J’allais vous faire une carte postale de printemps, vous donner des nouvelles de mon voisin cheval, vous impressionner par la hauteur des vagues, vous dire qu’il y a des moments où il suffit de respirer pour être heureux et voilà un message : «  bienvenue en Israël ». Voilà « les images qui ont fait le tour du monde ». Des gens yeux bandés, attachés, agenouillés, alignés, humiliés, torturés.

Ce que les Palestiniens subissent tous les jours depuis des mois et des années sans trop nous indigner, cette fois c’est nous. Disons quelques-unes et quelques-uns vivant du bon côté du monde et qui, à bord d’une flottille de plusieurs navires, étaient en route pour briser le blocus de Gaza et dénoncer le génocide et les massacres quotidiens en Cisjordanie.

Les précédentes flottilles ont été malmenées et refoulées par Israël mais, cette fois, les militants européens de la flottille SUMUD interceptée illégalement ont été frappés et torturés avec harcèlements et humiliations sexuels, sous les ordres du ministre israélien de la sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, ouvertement raciste et fasciste, goguenard et exalté au milieu des tortures en répétant « bienvenue en Israël, on est chez nous ». Le « on est chez nous » de nos fachos franchouillards.

Cette fois, alors que les Palestiniens subissent quotidiennement ce genre de tortures dans une quasi-indifférence, le monde-du-bon-côté a exprimé sa désapprobation. L’Espagne, l’Irlande, l’Italie, même le très lâche Jean-Noël Barrot, le ministre français des affaires étrangères qui a d’abord renvoyé dos à dos la flottille et le pouvoir israélien puis qui, à l’unisson, a dit son indignation suite à Nétanyahou qui lui-même a grondé avec modération son ministre de la sécurité nationale qui lui est indispensable pour se maintenir au pouvoir jusqu’aux prochaines élections et échapper aux boulets de ses diverses condamnations.

Du côté israélien, à part les rares médias critiques comme Haaretz et les ONG des droits humains, l’opinion ne semble pas autrement scandalisée.

Saluts et fraternité à celles et ceux de la flottille et celles et ceux qui partout luttent et dénoncent le génocide et les crimes du gouvernement israélien sans tomber dans le piège de la confusion et de l’antisémitisme.

Daniel Mermet

P.S. Au sujet des tortures infligées aux Palestiniens, voir notre entretien avec Francesca Albanese.

P.P.S. Sinon, quand même, mon voisin cheval va très bien, il se pavane avec Madame et les deux poulains qui me sourient quand je les photographie et qui aiment bien le goût de la petite brume salée dans le pelage de leur jolie maman car quand même c’est vrai par moment, la joie ça nous déborde.

La joie, ça nous déborde

Voilà un reportage qui va bien avec ces jours ensoleillés. La victoire des coiffeuses (et des barbiers) du boulevard de Strasbourg au terme d’une grève de 78 jours avec occupation : la-bas.org/la-bas-magazine/reportages/la-joie-ca-nous-deborde

Pourquoi les virus d’origine animale se multiplient

Ce qui est étonnant dans ces histoires de virus, c’est que les médias ne retiennent que l’aspect sanitaire… or, le problème de la multiplication des zoonoses, c’est le capitalocène : la-bas.org/la-bas-magazine/chroniques/pourquoi-les-virus-d-origine-animale-se-multiplient

Contre le technofascisme

Gérard Mordillat, écrivain et cinéaste, fait partie des 2 000 professionnels du cinéma qui ont signé la tribune parue dans Libération contre « la concentration inédite de la chaîne de financement entre les mains de Vincent Bolloré » : la-bas.org/la-bas-magazine/chroniques/contre-le-technofascisme

Juin 1936 : Champi chante en soutien des grévistes des grands magasins

C’est une archive sonore exceptionnelle. Un enregistrement qui date de juin 1936, et qui reste la seule trace de ce moment qui n’a été ni photographié, ni filmé : la-bas.org/la-bas-magazine/chroniques/juin-1936-champi-chante-en-soutien-des-grevistes-des-grands-magasins

 
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dimanche 24 mai 2026

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