Stop Pesticides
Mobilisation internationale
le 3 octobre 2026
à Saint‑Pierre‑la‑Garenne (Eure)
Les pesticides tuent, de plus en plus et depuis bien trop longtemps !
Le 3 octobre 2026, nous, paysan·nes, travailleurs et travailleuses
agricoles, personnes malades et habitant·es de territoires contaminés
convergeront vers le site de Syngenta à Saint-Pierre-la-Garenne, dans
l’Eure. Nous y appelons à une manifestation massive pour dénoncer les
ravages de l’industrie agrochimique et obtenir la mise à l’arrêt de ce
site majeur, emblématique de l’impunité dont bénéficient les
multinationales qui nous empoisonnent. Simultanément, des mobilisations
auront lieu sur plusieurs autres continents pour dire « Pesticides,
Syngenta, ni ici ni ailleurs ! »
Le Teaser de la mobilisation en vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=SRCp1qZ00ME
Notre campagne contre la production de pesticides
Les
pesticides tuent, de plus en plus et depuis bien trop longtemps, en
premier lieu les travailleurs et travailleuses agricoles. Les quelques
multinationales qui en tirent profit intoxiquent toujours plus les
terres et les populations. Depuis des années, nous accumulons pourtant
les preuves, les alertes et les combats : dossiers de reconnaissance de
maladies professionnelles, recours juridiques, enquêtes de terrain,
rassemblements devant des points de captage d’eau pollués,
manifestations, accompagnement des personnes contaminées... Pourtant,
nous ne sommes toujours pas entendu.es. Alors que les scandales
sanitaires à ce sujet se multiplient, les pouvoirs publics et les
instances européennes continuent de favoriser un modèle agricole
soumis aux pesticides et de légiférer en ce sens. Ils
installent ainsi une insécurité chimique sur la population entière,
C’est pourquoi nous avons engagé une campagne d’actions pour désarmer
les infrastructures de production des pesticides sur nos territoires et
promouvoir une autre agriculture.
Pourquoi arrêter ce site ?
Un site qui contamine durablement
Le
site de Saint-Pierre-la-Garenne illustre concrètement les dégâts de ce
système. Depuis des décennies, Syngenta y produit de nombreux pesticides
dangereux. Les nappes phréatiques voisines sont fortement polluées, et
des arrêtés préfectoraux interdisent régulièrement aux riverain.es
d’utiliser l’eau de leurs puits pour arroser leurs cultures. Dans les
environs, les pathologies, notamment certains cancers, sont en
constante augmentation. Le territoire lui-même en subit les conséquences
durables.
La santé des salarié.es menacée
Cette
pollution s’accompagne de conditions de travail indignes. Sur les 150
salarié·es du site, plus de la moitié sont en procès avec leur employeur
au sujet des primes de douche, que l’entreprise refuse de verser. Or le
Code du travail impose à l’employeur de mettre à disposition des
douches et des installations sanitaires adaptées dans les établissements
où sont réalisés certains travaux insalubres et salissants. Ces
obligations prennent un sens particulier lorsque les travailleur·euses
manipulent chaque jour des substances chimiques toxiques et que des
maladies professionnelles associées sont reconnues sur le site.
Un système derrière ce site
Interdits ici, les produits sont vendus ailleurs
L’usine
s’inscrit aussi dans une économie d’exportation des poisons. Jusqu’en
2023, elle produisait encore des substances actives de pesticides
interdites en Europe, que ce soit pour leur usage agricole, leur
production, leur stockage ou leur circulation. Ces produits étaient
ensuite envoyés vers d’autres continents, avec des conséquences sociales
et environnementales dramatiques. Des pratiques comparables se
poursuivent dans d’autres sites industriels proches, notamment chez BASF
à Saint-Aubin-lès-Elbeuf. Ce commerce des toxiques repose sur une
logique de double standard et de colonialisme chimique que nous refusons
: ce qui est interdit ici ne doit pas être imposé ailleurs.
À
moins de deux kilomètres se trouve également le site de Nufarm, autre
acteur majeur de l’agrochimie, qui produit notamment de l’imidaclopride,
du glyphosate ou de la butraline. Jusqu’en 2025 au moins, l’entreprise a
exporté en Afrique de l'Ouest et sans accord des pays importateurs
d’importants volumes de prochloraz, un fongicide retiré du marché
français en 2021 en raison de ses effets sur les cancers hépatiques et
sur l’environnement. Malgré ces faits, aucune sanction n’a été prise par
les services de l’État.
La captation des semences
Le
site de Saint-Pierre-la-Garenne abrite notamment le Centre d’Étude
Technique d’Application des Produits de Protection des Semences
(CETAPPS), où d’importants volumes de semences propriétaires sont
enrobés chimiquement avant leur diffusion. La production industrielle
des pesticides est intrinsèquement liée à celle du contrôle des
semences, et donc à la perte d’autonomie des paysan·nes. Nous refusons
que les semences soient brevetées et génétiquement modifiées par ces
firmes alors que nous les sélectionnons depuis des générations pour
préserver une biodiversité cultivée indispensable à la souveraineté
alimentaire.
Un secteur organisé en oligopole
Syngenta,
aux côtés de BASF, Bayer-Monsanto et Corteva, domine un secteur
organisé en oligopole. Depuis son rachat en 2017 par le conglomérat
public chinois ChemChina, l’entreprise occupe une place centrale dans le
marché mondial des pesticides et des semences. Ce pouvoir économique
s’appuie sur une forte concentration industrielle et sur le soutien de
grands actionnaires comme BlackRock, Vanguard, State Street, Capital
Group et Fidelity. Ce système fragilise l’agriculture paysanne et
entretient une dépendance structurelle aux intrants chimiques, au prix
de la maladie des populations et de la disparition progressive des
paysan·nes.
Le chantage à l’emploi
Lorsque
ces enjeux sont soulevés, les entreprises agitent souvent le chantage à
l’emploi et la menace de délocalisation. Nous répondons clairement à
cet argument. Nous défendons des reconversions industrielles utiles aux
salarié·es comme aux paysan·nes, mais nous ne voulons de ces productions
ni ici ni ailleurs. Les mobilisations prévues dans d’autres pays le 3
octobre exprimeront elles aussi cette exigence commune et cette
solidarité internationale.
Ce que nous demandons
Un seul chemin est possible : la
transformation du modèle agricole. Nous voulons cultiver, nourrir et
vivre de notre travail sans nous empoisonner. Nous refusons que nos
terres soient accaparées et leur fertilité brisée par les
multinationales de l’agro-industrie. Nous nous opposons à ce que les
semences paysannes soient brevetées et que la biodiversité cultivée soit
réduite à une marchandise.Les alternatives agroécologiques aux
pesticides existent, et leur généralisation suppose de lever les freins
économiques et politiques qui maintiennent la dépendance à l’agrochimie.
Nous devons sortir du système libéral qui tire les prix vers le bas et
impose à une majorité de paysan.nes l’utilisation massive de pesticides
utilisés comme moyens de survie à court terme sur le marché
international. Les coûts cachés des pesticides en France (soutien
financier public, coûts environnementaux, coûts sanitaires), estimés à
18 milliards d’euros par an, devraient au contraire être consacrés à la
transformation du modèle agricole.
Changer la donne par l’action collective ! Réunies nos colères sont puissantes.
Le
3 octobre 2026 à Saint-pierre-la-Garenne, nous viendrons de Normandie,
de partout en France et au-delà pour marquer notre détermination à en
finir avec les industriels des pesticides.
Pour mettre un terme à l'insécurité chimique, l'expression de
la colère citoyenne est essentielle. Nous exigerons que soient établies
les responsabilités dans la contamination de l’eau, des sols et des
corps, que cessent les productions les plus toxiques, que les salarié·es
soient justement indemnisé.es et soutenu.es dans la reconversion de ces
secteurs. L’omerta tout comme les crimes de Syngenta doivent cesser !
MANIF’ et FÊTE : Parce
que face aux industrie de la mort, nous partageons une immense envie de
vivre, notre mobilisation débordera de sons et de couleurs. Une grande
fête paysanne aura lieu le samedi soir à l'issue de la manifestation
ACCUEIL : Il sera possible de camper, dans des endroits dédiés, la veille et le soir même de la manifestation -
SOIRÉE D'INFOS, BUS, COVOITURAGE :
Des soirées d'information afin de se regrouper localement pour la
mobilisation, ainsi que des bus s’organisent depuis diverses villes en
France. Si vous souhaitez organiser une soirée de mobilisation dans
votre ville ou village nous pouvons vous envoyer un kit de
présentation.
À l'appel de la Confédération
paysanne, Cancer Colère, le CSVPO (collectif de soutien aux victimes des
pesticides de l’Ouest), les Soulèvements de la terre.
Avec le soutien d'organisations syndicales, paysannes, décoloniales, écologistes, culturelles...
Pour plus d'infos : stop-syngenta3oct.com
Contact : stop-pesticides3oct@riseup.net

Les 10 exigences concrètes
de notre campagne d'action
pour sortir des pesticides
et défendre une agriculture paysanne
Nous demandons :
1.
L'accompagnement des fermes vers une transition agroécologique. Les
politiques publiques et notamment la PAC 2028-2034 doivent soutenir des
pratiques agricoles respectueuses de la santé, des sols et de la
biodiversité et aider à l'emploi. Aucun fonds public ne doit aller à une
agriculture mortifère ;
2. L'instauration de prix
minimum garantis qui visent à interdire l'achat des produits agricoles
par les distributeurs alimentaires en dessous du prix de revient qui
comprend les charges, la rémunération du travail et la protection
sociale ;
3. l'application de la décision rendue le 3
septembre 2025 par la cour administrative d'appel de Paris imposant la
réévaluation des procédures d'homologation des pesticides du fait de
leur impact environnemental et sanitaire désastreux ;
4. l'interdiction effective des substances cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques et des perturbateurs endocriniens ;
5.
l'abandon des projet de loi Duplomb 2, du projet de directive omnibus
et la mise à distance du lobby agrochimique vis à vis des espaces de
décisions des politiques publiques ;
6. la reconnaissance
élargie des maladies professionnelles et des réparations pour les
travailleurs et travailleuses agricoles malades de l'utilisation des
pesticides ;
7. la garantie d’une protection sociale
pleine et entière pour tous les salarié·es de l’agrochimie, victimes ou
exposé·es aux risques de leur activité et des mesures protectrice
d'accompagnement à la reconversion de leurs secteurs d'activités ;
8.
l'arrêt de l'exportation de pesticides interdits en Europe sur d'autres
continents, des réparations pour les victimes du chlordécone dans les
Antilles, le paraquat en Guyane, ou le malathion en Te Ao Maohi -
Polynésie, dépollution et la restitution des terres spoliées par
l'empire constitué par le groupe Bernard Hayot (GBH) ;
9.
le refus des nouveaux OGM issus des Nouvelles Techniques Génomiques
(NGT) et des variétés de semence brevetées qui engendrent une
privatisation du vivant au dépend de l'agriculture paysanne et de
l'autonomie alimentaire des populations ;
10. la
protection immédiate de tous les points de captage et cours d'eau, ainsi
que la dépollution des sols et des milieux naturels ;
Source : https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/stop-pesticides-mobilisation-internationale-le-3-octobre-2026