Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan. Mais pas que. Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...
BLOG EN COURS D'ACTUALISATION... ...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...
1. À Nantes, une caisse alimentaire veut élargir son dispositif
La caisse commune de l’alimentation permet à des foyers d’accéder à des produits alimentaires de qualité grâce à une monnaie locale. Elle compte 71 foyers participants, et la maire de Nantes, Johanna Rolland, souhaite tripler ce nombre avant de décider si le dispositif sera pérennisé. (Mediacités)
2. La chasse au grand tétras désormais interdite en France
Un décret a retiré le grand tétrasde la liste des espèces chassables après son classement comme espèce strictement protégée en septembre 2026.Dans les Pyrénées, ses effectifs ont chuté de près de 80 % depuis 1960. (La Relève et la Peste)
À Conthey, en Valais, une installation expérimentale associe des arbres fruitiers à des panneaux photovoltaïques semi-transparents qui modulent la lumière reçue par les cultures.Le projet vise à produire de l’électricité tout en protégeant les fruits des fortes chaleurs, du gel et de la grêle. (Ecoportal)
4. Quatre lauréates récompensées pour leur combat en faveur de la justice
Le prix Right Livelihood, surnommé le « Nobel alternatif », a récompensé quatre personnes et organisations qui luttent contre l’autoritarisme, les violences patriarcales et les dérives de l’intelligence artificielle. Parmi elles figurent la chercheuse Timnit Gebru, l’avocate pakistanaise Jalila Haider, l’organisation africaine Rural Women’s Assembly et l’association géorgienne des jeunes avocats, engagées respectivement pour une IA plus juste, les droits des Hazara, l’autonomie des femmes rurales et la démocratie en Géorgie. (Positive News)
5. En Nouvelle-Zélande, plus de 11 000 wētāpunga relâchés dans la nature
Un programme d’élevage et de réintroduction a permis de relâcher plus de 11 000 wētāpunga, considérés comme les insectes les plus lourds du monde, dans des habitats protégés. Leur statut de conservation national s’améliore, signe d’un rétablissement encourageant. (The Guardian)
6. Un hôpital britannique réduit le bruit grâce aux alertes silencieuses
Au Royal Cornwall Hospital, les sonneries bruyantes ont été remplacées par des alertes silencieuses envoyées directement aux soignants, dans le service de maternité. Résultat : les patientes dorment mieux et se sentent moins anxieuses. Le dispositif aurait également permis d’économiser plus de 70 000 livres en six mois grâce à la réduction de la durée des séjours.(Reasons to Be Cheerful)
7. En Thaïlande, des chats léopards préparés au retour dans la nature
Un centre de sauvetage thaïlandais réhabilite des dizaines de chats léopards chaque année avant de les relâcher en forêt. Entre janvier et août 2026, il a recueilli plus de 60 petits, dont plus de la moitié avaient été retrouvés dans des champs brûlés. Faute de dispositif de suivi individuel, leur taux de survie après le relâcher reste inconnu. (Mongabay)
8. Des chercheurs découvrent une piste pour régénérer le cartilage des genoux
Des chercheurs de Stanford ont découvert qu’en bloquant la protéine 15-PGDH, liée au vieillissement, ils pouvaient régénérer du cartilage chez des souris âgées et limiter le développement de l’arthrose après une blessure.Des échantillons de cartilage humain ont également réagi au traitement en produisant du nouveau cartilage. Des essais cliniques seront toutefois nécessaires pour vérifier son efficacité et son innocuité chez les patients. (ScienceDaily)
9. À Saint-Denis, onze personnels occupent leur lycée en soutien aux élèves
Le 12 octobre, onze enseignants et surveillants du lycée Paul-Éluard ont occupé l’établissement pour dénoncer le manque de moyens et les violences policières. Ils réclament notamment que les élèves mobilisés ne soient pas sanctionnés et que les jours de grève soient payés. (Bondy Blog)
10. La Caisse des Dépôts renonce à de nouvelles obligations pétrolières
À partir du 1er janvier 2027, la Caisse des Dépôts prévoit de ne plus acheter de nouvelles obligations émises par des entreprises productrices de pétrole. Cette mesure ne met pas fin à tous ses investissements dans les énergies fossiles : le gaz reste notamment hors du champ de cet engagement. (La Relève et la Peste)
Lors des élections de mars dernier, l’extrême droite a franchi une nouvelle marche en remportant un nombre record de villes et villages. Réunis dans le collectif « On a déjà essayé », sept médias locaux et indépendants en dressent un premier bilan.
Le Rassemblement national au pouvoir, on a déjà essayé… Depuis le 29 mars, voilà ce que peuvent affirmer près d’un million et demi de Français. De Thizy-les-Bourgs, dans le Rhône, à Saint-Savin, en Gironde ; de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, à La Flèche, dans la Sarthe, ces citoyennes et citoyens habitent l’une ou l’autre des quelques 74 communes remportées – ou conservées – par le parti d’extrême droite ou par l’un de ses alliés à l’issue des dernières élections municipales. Comment se concrétisent depuis les orientations politiques du Rassemblement national et de ses alliés dans ces communes ? Avec le projet « On a déjà essayé », sept médias locaux indépendants (Mediacités, Rue89 Bordeaux, Rue89 Lyon, Rue89 Strasbourg, Made in Perpignan, Le Poulpe et Marsactu) publient différents articles pour un premier bilan.
S’il est donc loin d’avoir réalisé une percée locale à la hauteur de ses derniers résultats électoraux nationaux ou des scores que lui prêtent les sondages, le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella a incontestablement progressé. Six ans plus tôt, le parti et ses alliés (UDR, Les Patriotes, Reconquête!, la Ligue du sud, etc) ne dirigeaient que 16 municipalités et comptaient moins de 900 conseillers municipaux, contre plus de 3 100 aujourd’hui. Une cohorte d’élus, principalement concentrée dans des villes petites et moyennes et davantage dans certaines parties du territoire, certes. Mais qui lui fournira « la base organisationnelle indispensable pour une éventuelle conquête du pouvoir », comme le notait Gilles Ivaldi, spécialiste des droites radicales au Cevipof, au lendemain du scrutin de mars dernier.
L’avant-dernière marche
L’avant-dernière marche, en quelque sorte, avant celle que la formation d’extrême droite espère franchir en 2027, pour accéder à l’Élysée, mais pas n’importe quelle marche. Jusqu’alors, le nombre réduit et la disparité des exécutifs locaux gérés par le RN et ses alliés rendaient sa politique difficile à lire et à évaluer. Maintenant qu’il se frotte à l’exercice du pouvoir dans un nombre de villes nettement plus important, impossible de continuer à dire « on n’a pas essayé ».
Finances, sécurité, éducation, transports, culture, action sociale… Des dizaines de mairies RN et assimilées prennent aujourd’hui des décisions qui ont un impact concret sur nos villes et nos vies quotidiennes. Raison pour laquelle, quelques semaines après les élections municipales et quelques mois avant la présidentielle, sept journaux locaux indépendants ont décidé d’allier leurs forces pour enquêter sur l’action des municipalités tenues par le RN et ses alliés. D’où le nom du projet : « On a déjà essayé ».
Politiques locales, enseignements nationaux
Des Hauts-de-France à la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), de l’Alsace à la Normandie, de l’Aquitaine à l’Auvergne-Rhône-Alpes en passant par l’Occitanie, les rédactions de Mediacités, Marsactu, Le Poulpe, Made in Perpignan et des Rue89 Strasbourg, Lyon et Bordeaux vont ausculter les mesures prises dans les villes RN, en analyser les effets et décrypter ce qu’elles nous enseignent sur une éventuelle arrivée de l’extrême droite à la tête du pays.
Illustration cette semaine avec une série d’enquêtes sur les six premiers mois au pouvoir des élus locaux du RN, de l’UDR, des Patriotes ou de Reconquête!. Six mois durant lesquels les nouveaux maires ont surtout fait assaut de symboles et beaucoup parlé de drapeaux. Ceux, européens, qu’ils retirent du fronton des mairies, comme à Canohès, près de Perpignan [Lire l’enquête de Made in Perpignan], à Carcassonne, à Cagnes-sur-Mer ou à Harnes, dans le Pas-de-Calais [Lire l’enquête de Mediacités]. Ceux, tricolores, que certains souhaiteraient ajouter, comme Éric Ciotti, dans les écoles niçoises.
Haro sur la culture
Six mois aussi durant lesquels les mondes culturel et associatif ont, comme ils le redoutaient, subi les premières foudres des municipalités d’extrême droite. Depuis fin mars, les annonces de reprise en main de la programmation et d’annulations de spectacles se succèdent. La plus retentissante fut sans doute celle de Passeports, la pièce de l’auteur de théâtre à succès Alexis Michalik, dont une représentation était prévue à Castres, en février 2027.
D’autres coups de hache plus discrets ont sonné le glas du festival Napoléon à La Seyne-sur-Mer, de l’exposition du photographe Sylvain Brino et d’un festival de jazz à Vauvert, ou des concerts estivaux gratuits à La Flèche. Liste non exhaustive. Dans cette même commune de la Sarthe, la mairie est allée jusqu’à rompre la convention qui la liait depuis des années au Carroi, l’association chargée d’organiser la saison culturelle [Lire l’enquête de Mediacités]. Radical.
Arme politique redoutable et levier facile à actionner, la baisse – quand ce n’est pas la suppression pure et simple – des subventions a également été très largement utilisée par les nouveaux maires RN. Dans leur viseur, on retrouve toujours les acteurs culturels, mais aussi – et sans surprise – les associations d’aide aux migrants, les associations caritatives, les syndicats, les structures d’action sociale, celles luttant contre les discriminations ou encore les sections locales de la Ligue des droits de l’Homme. Un agenda politique éloquent, justifié à chaque fois au nom de « l’intérêt général » et de la « rigueur budgétaire ».
Le social, grand oublié
Parfois, ce souci d’économie se fait pourtant moins pressant. Notamment quand il s’agit d’augmenter les indemnités des nouveaux élus, comme à Menton, Montargis, Perpignan, Moissac, Luc ou Cogolin ; ou de nommer des proches ou membres du parti aux postes clés, comme cette équipe issue de réseaux catholiques traditionalistes recrutée par Florian Azéma, le maire de Castres[Lire l’enquête de Mediacités], ou encore cet ancien assistant parlementaire du député (RN) Franck Allisio, parachuté directeur de la communication de Rognac, près de Marseille [Lire l’enquête de Marsactu].
Dans les mairies d’extrême droite, on ne compte pas non plus à la dépense pour tenir certaines promesses. Augmentation des effectifs et armement de la police municipale, multiplication des caméras de vidéosurveillance, création de centres de supervision urbains… De Beaucaire à Lillers en passant par Cagnes, Nice, La Flèche, Vierzon, Béziers ou Carcassonne, rien n’est trop cher quand il s’agit de la principale priorité des maires RN : la sécurité.
Et tant pis si c’est au détriment de l’action sociale et du soutien aux familles ou aux populations défavorisées. La récente rentrée scolaire l’a encore démontré. A Hayange, en Moselle, la navette scolaire qui déposait les enfants à l’école depuis trente ans a été brutalement supprimée, comme l’avaient été les kits de fournitures scolaires gratuits à Nice ou Billy-Montigny (pour les collégiens), dans le Pas-de-Calais. En Normandie, c’est une aide de 50 euros aux familles pour la rentrée qui a été retoquée par Tony Leprêtre, maire Les Patriotes (mais menacé d’un recours) d’Harfleur [Lire l’enquête du Poulpe]. A Saint-Savin, près de Bordeaux [Lire l’enquête de Rue89 Bordeaux], c’est la gratuité de la restauration scolaire pour les familles aux revenus les plus modestes qui a disparu, tandis que les tarifs de la cantine et du périscolaire augmentent, comme à Vierzon ou précédemment à Hénin-Beaumont. ___________________
Alertez-nous
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Alors, quels enseignements tirer de cette multitude d’exemples glanés en seulement six mois ? Dans une note comparative publiée dans l’entre-deux-tours des élections municipales par la revue La Grande Conversation (liée à Terra Nova, un think tank proche du Parti socialiste), le consultant marseillais Alexis Gibellini classait les municipalités gouvernées par le RN en trois catégories.
La première, celle de « la ville vitrine » se caractérise par « une gestion locale efficace et pragmatique » avec une priorité accordée à la communication et à la sécurité. Le spécialiste y range Béziers, même si son maire Robert Ménard, réélu pour un troisième mandat, est désormais en froid avec le parti de Marine Le Pen. Dernière expérimentation en date : la généralisation de l’uniforme dans les écoles primaires. Le Nice de l’allié Eric Ciotti semble aussi bien parti pour devenir une nouvelle « vitrine », avec son obsession sécuritaire dans la ville déjà la plus vidéo-surveillée de France : recrutement annoncé de 200 nouveaux policiers municipaux ou création d’une brigade contre « les nuisances festives ».
La vitrine ou la rupture
La deuxième catégorie, baptisée « schéma de la municipalité de rupture » se traduit par une remise en cause des « équilibres politiques et associatifs », source de tensions. C’est le cas de Beaucaire, illustre Alexis Gibellini. La cité gardoise de 15 000 habitants a basculé à l’extrême droite dès 2014 avec Julien Sanchez (qui a depuis transmis le fauteuil à Nelson Chaudon). Carcassonne, conquise en mars dernier par le Rassemblement national, correspond également à la définition [Lire l’article de Mediacités]. Retrait du drapeau européen du fronton de sa mairie, suppression des budgets publicitaires à la presse locale, arrêté anti-mendicité… Le premier édile Christophe Barthès fait de la provocation sa marque de fabrique.
Enfin, cette typologie distingue une partie des mairies RN en « municipalités normalisées », dans lesquelles les élus d’extrême droite « adoptent une stratégie de gestion plus discrète, visant à apparaître comme des exécutifs municipaux classiques », décrit Alexis Gibellini. Une posture qui fait écho à la stratégie nationale de dédiabolisation du RN. On la retrouve à Perpignan, avec Louis Aliot, maire depuis 2020 ; à Liévin, dans le bassin minier du Pas-de-Calais, où l’extrême droite joue une surprenante continuité avec l’ancienne majorité socialiste, ou encore à Thizy-les-Bourg, dans le département du Rhône, avec le jeune Rémi Berthoux (29 ans). Non sans succès : ces élus peuvent se retrouver en capacité de peser dans les intercommunalités, véritables lieux du pouvoir local. Le maire de Thizy pointe ainsi comme 4ᵉ vice-président de la communauté d’agglomération de l’Ouest rhodanien [Lire l’article de Rue89 Lyon]. Louis Aliot a lui carrément pris la présidence de la métropole de Perpignan en avril dernier.
Banalisation à bas bruit
La conquête des communautés de communes, d’agglo et autres métropoles par le RN et sa banalisation à bas bruit « pose un gros problème démocratique, quand les mêmes maires qui siègent dans les intercos ont été élus dans leur commune grâce au front républicain ! », alerte le politologue lillois Fabien Desage dans Mediapart. « Jusqu’à présent, on n’a entendu nulle part parler de cordon sanitaire vis-à-vis de l’extrême droite dans ces instances », pointait-il au lendemain des dernières élections municipales.
De fait, ces intercommunalités – perçues comme lointaines et mal identifiées par leurs habitants – offrent au RN des espaces pour faire tomber les barrières. Et expérimenter « l’union des droites » loin des radars médiatiques nationaux. Après les dernières municipales, Romain Lemoigne, le jeune maire RN de La Flèche a ainsi été élu par ses homologues à la tête de la communauté de communes. Depuis le précédent mandat, le président LR de l’agglomération Estérel-Côte d’Azur (120 000 habitants), Frédéric Masquelier, pilote ainsi son intercommunalité avec à ses côtés, comme premier vice-président, le maire de Fréjus David Rachline.
Aujourd’hui mis au ban du Rassemblement national [1], l’édile varois était un des deux ambassadeurs du lepénisme municipal (avec Steeve Briois à Hénin-Beaumont) en 2014. Son arrivée à l’hôtel de ville de Fréjus s’était traduite par une reprise en main des conseils de quartier, la baisse des subventions à nombre d’associations ou encore la rupture avec un centre social de la commune.
Douze ans plus tard, les méthodes des nouveaux élus d’extrême droite résonnent comme un écho. Mais, désormais, aux quatre coins du pays.
Le gouvernement envisage une forte réduction du remboursement des cures thermales dès 2027. Présentée comme une économie pour l’Assurance maladie, la mesure fait craindre des conséquences économiques et sociales majeures pour le secteur. Dans les Pyrénées-Orientales, cinq communes sont directement concernées.
Une cure oui, mais d’austérité. Dans le cadre du budget de la Sécurité sociale pour 2027, le gouvernement prévoit de réduire fortement le remboursement des cures thermales. Aujourd’hui, l’Assurance maladie prend généralement en charge 65 % des soins prescrits. Demain, une partie de cette dépense serait transférée aux complémentaires santé. L’objectif affiché est clair : économiser 200 millions d’euros par an. La mesure, encore à l’état de projet, pourrait être appliquée par décret. Pour certains, à commencer par la Cour des comptes, le déremboursement relèverait du bon sens.
A l’inverse, dans les villes thermales, la perspective provoque une levée de boucliers. À Amélie-les-Bains, la maire Marie Costa, également présidente de la Fédération thermale d’Occitanie, et Nicolas Brouillet, directeur des thermes de la Chaîne thermale du Soleil, ont lancé une pétition. Le ton est alarmiste. « Pour une économie estimée à 200 millions d’euros serait remise en cause l’existence même de la médecine thermale », écrivent-ils.
500 000 patients concernés
« Avec nos eaux, durables, éternelles même, chaque année, près de 500 000 patients atteints de maladies chroniques trouvent un traitement durable et naturel », rappellent les auteurs de la pétition. Les défenseurs du thermalisme insistent sur les bénéfices médicaux des cures. « Dans 90 % des cas, les cures présentent un service médical rendu démontré : elles réduisent la douleur, améliorent la qualité de vie et limitent le recours aux médicaments et aux hospitalisations », assurent-ils.
Un argument sanitaire auquel s’ajoute un calcul financier. Les thermalistes rappellent que les cures représentent seulement 0,1 % des dépenses de l’Assurance maladie, pour 8,3 millions de journées de soins chaque année. À leurs yeux, le calcul gouvernemental pourrait même se retourner contre lui.
« L’économie espérée de 200 millions serait marginale et rapidement explosée par les coûts des médicaments, des hospitalisations et des consultations qui s’y substitueraient. »
Au-delà, les signataires redoutent d’importantes conséquences économiques et sociales. Une baisse de fréquentation des curistes toucherait bien au-delà des seuls établissements thermaux. Avec des conséquences sur les emplois directs et indirects, dans les hébergements, commerces ou restaurants… « Le plan de licenciement de 25 000 personnes est en marche. Un chiffre digne de la sidérurgie lorraine et nordiste », accusent les auteurs de la pétition.
Aggravation des difficultés en zones rurales ?
D’après les opposants à la mesure étudiée par le gouvernement, l’impact serait d’autant plus fort que le thermalisme fait vivre de nombreuses petites communes rurales. Le déremboursement des cures engendrerait « de quoi tuer nos communes et nos vallées excentrées déjà frappées par les tragédies ordinaires de la ruralité ». « Près de 70 % des stations thermales sont situées dans des communes de moins de 5 000 habitants : les fragiliser reviendrait à aggraver la désertification médicale et économique de nos campagnes », s’alarment Marie Costa et Nicolas Brouillet.
En France, 88 stations thermales conventionnées sont concernées. Dans les Pyrénées-Orientales, cinq communes en font partie : Amélie-les-Bains, Le Boulou, Vernet-les-Bains, Molitg-les-Bains et Prats-de-Mollo-la-Preste. Des territoires où l’activité thermale constitue un moteur économique important, et où la perspective d’une baisse de fréquentation inquiète.