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lundi 30 mars 2026

La violence de l'extrême-droite est létale... contrairement aux œufs et à la farine

La violence de l'extrême droite 

est létale... 

contrairement 

aux œufs et à la farine

 

SOPHIE TREGAN (avatar)

SOPHIE TREGAN

Autrice
30 novembre 2025

Attention si vous trouvez que le jet d'un œuf est une effroyable agression : vous n'êtes pas prêts pour ce qui va suivre. Chaque semaine, l'extrême-droite agresse, assassine. À chaque fois, il faut répéter que cela n'a rien d'un acte isolé, que cette violence s'épanouit parce que politiques & médias propagent un discours raciste et mensonger sur les musulmans, les personnes racisées et la gauche

C'est cette rhétorique de la post-vérité qui permet aujourd'hui aux milices d'extrême droite de se sentir intouchables. Cet article est mis à jour et réédité à chaque fois que l'extrême droite agresse, assassine, prévoit ou commet un attentat. 

Pour comprendre à quel point l’extrême droite est un danger mortel, remontons le temps. Certains cadres et adhérents du RN financent, fournissent des armes ou commanditent des meurtres et des attentats. Le racisme, l’antisémitisme et le terrorisme sont bien à l’extrême droite. 

- Affaire Claude Herman : ancien du service d'ordre du Rassemblement national (ex-Front national). Il a fourni des armes à Amedy Coulibaly qui a tué cinq personnes lors de l'attentat antisémite de l'Hyper Cacher en 2015. Herman a été condamné à sept ans de prison. 

- Affaire Jean-Claude Veillard : ancien candidat du RN au municipal de Paris mis en examen par le parquet antiterroriste pour avoir participé à financer Daesh et Al-Qaïda à hauteur de 13 millions d'euros. Il a supervisé la collaboration de Lafarge avec des groupuscules terroristes en Syrie. 

- Affaire Claude Sinké : cet ex candidat RN a tenté, en 2019, d'incendier la mosquée de Bayonne et a tenté d'assassiner deux hommes avec son arme à feu. 

- Affaire Thibault Gond Manteaux, investi tête de liste à Strasbourg par le Rassemblement national en 2019, malgré son passé « d’organisateur de ratonnades » dans « l’affaire des kebabs d’Auxerre » entre 2004 et 2005. Il figure parmi les neuf condamnés pour des incendies à caractère raciste commis notamment à l'aide de cocktail molotov. 

- Affaire Sébastien Dudognon, ancien secrétaire départemental du Front National de la jeunesse a voulu commettre des attentats à l'explosif. Il a été mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste et criminelle.

Puis il y a eu les meurtres et tentatives de meurtres de ces trois dernières années. 

   Federico Martín Aramburú fût lâchement tué par trois militants d'extrême droite : Loïk Le Priol, Romain Bouvier et Lyson Rochemir. Depuis décembre 2022 et malgré sa mise en examen pour complicité d'assassinat, cette dernière n'est plus en prison, elle a été remise en liberté. Alors je passe en revue tous les événements des derniers mois. Lorsque le 23 décembre 2022, à Paris, William M., armé d'un pistolet semi-automatique et de plusieurs chargeurs avait abattu trois personnes kurdes et en avait blessé d'autres, revendiquant les motivations racistes de son crime, Darmanin, la justice, les médias avaient refusé de parler de terrorisme . Comment un homme ayant déjà attaqué au sabre un camp de réfugié, n'était-il pas fiché S quand on sait que des gilets jaunes, des militants écologistes, d'extrême gauche, anarchistes et des journalistes le sont ? Pourquoi le procès de cet homme se tient à huit clos ? Pourquoi, au bout de seulement quelques jours, parlait-on d'une maladie mentale ? Le racisme n'est pas une maladie, c'est une idéologie politique mortifère. D'ailleurs son acte, et pour des raisons politiques d'alliance idéologiques entre la Macronie et l'extrême droite, ne sera jamais qualifié d'attentat et lui ne sera jamais qualifié de terroriste, l'expertise psychiatrique ramenant son acte à « une altération de son discernement ». 

   Quelques jours plus tard un homme, Tonny F. voulait rendre hommage à ce terroriste, William M, ayant tué les trois personnes Kurdes. Il voulait s'en prendre, selon ses dires à une « voisine bougn*ule », il dénonçait une cité progressivement transformée en « califat » et le rôle du gouvernement, accusé de « sublimer l’africanisation de l’Union européenne » : un racisme revendiqué. Il tire donc sur une adolescente de 13 ans d'origine maghrébine et la circonstance aggravante de racisme n'est pas retenue. Lorsque le maire de Saint-Brévin subit plusieurs tentatives de meurtres de la part de groupuscules d'extrême droite, l'État ignore ses demandes de protection. Un mois après la dernière tentative, les réseaux néonazis responsables de ces attentats défilaient à nouveau à Saint-Brévin sous la protection des CRS, qui selon plusieurs témoins (journalistes), leur ont serré la main. Ces mêmes CRS qui ont ensuite tiré des grenades sur les opposants antifascistes. 

   Le 3 juillet 2024, un site d’extrême-droite avait publié une liste de noms d’avocats qui avaient signé une tribune contre le RN. Tribune intitulée : « Liste (très partielle) d’avocats à éliminer »  et illustrée d’une photo de guillotine. Lors de ces législatives, parmi les candidats présentés par le Rassemblement national, 109 d’entre eux ont été épinglés par le média Street Press pour des propos racistes, antisémites, homophobes, complotistes, anti-IVG. La Macronie, pourtant si prompte à défendre à plusieurs reprises le RN dans les médias et vouloir l’intégrer dans l’arc républicain, est restée très silencieuse concernant les menaces de mort et les agressions émanant de sympathisants d’un parti créé par des criminels de guerre. Le média d’extrême droite Frontières a diffusé les identités d’une soixantaine d’avocats. Dans un hors-série paru le 30 janvier, le magazine dresse une liste des « coupables de l’invasion migratoire » les accusant d’être « complices des personnes en situation irrégulière cherchant à obtenir un titre de séjour. Citation : « Nous vous livrons […] le podium, tous tribunaux administratifs confondus, des avocats les plus empressés à défendre les étrangers en situation irrégulière. »  Des menaces de mort ont aussi été proférées contre trois magistrats ayant siégé au procès de Marine Le Pen et des cadres du Rassemblement national (RN). Le parti d’extrême droite est poursuivi pour détournements de fonds publics, dans l’affaire des assistants européens du parti, le jugement sera rendu le 31 mars. « Les procureurs Louise N. et Nicolas B. ainsi que la présidente du tribunal Bénédicte de P. ont reçu des menaces de mort de la part de personnes écrivant dans la section de commentaires du site d’extrême droite Riposte Laïque ». Une « balle de 9 mm dans la nuque », écrit un certain François Desvignes ou encore un certain Job, estimant que Bénédicte de P. doit être « éliminée au plus vite » .

   Le 31 août 2024, Djamel Bendjaballah, éducateur de 43 ans, a été tué sous les yeux de sa fille de 10 ans devant le collège Van der Meerch de Capelle-la-Grande près de Dunkerque (Nord). Il est passé à trois reprises sous les roues de la berline de l’ex-conjoint de sa compagne, Jérôme Decofour, membre d'une milice d'extrême droite : la Brigade Française Patriote. Pourtant, entre décembre 2022 et août 2024, Djamel Bendjaballah avait déposé à l'encontre de Jérôme Décofour plusieurs plaintes pour injures racistes. Des plaintes qui n’avaient pas déclenché de mesures spécifiques de la part de la justice, jusqu’au jour du crime. Trois plaintes classées sans suite. Trois occasions de lui sauver la vie. Malgré les preuves du caractère raciste du crime, la justice et l'État refuse de le qualifier en tant que tel. 
 
  Le dimanche 16 février, une trentaine d'individus d'extrême droite "cagoulés et munis de tessons de bouteille" ont pénétré dans la cour d'un immeuble du Xe arrondissement où se situe l'association culturelle des travailleurs immigrés de Turquie (ACTIT) alors que des militants antifascistes regardait le film Z de Costa-Gavras. Après avoir hurlé "Paris est nazi" et avoir blessé à l'arme blanche un homme, six d'entre eux ont été arrêtés. Retailleau n'a réagit que deux jours plus tard dans un discours – médiocre – à l'Assemblée Nationale. Je le cite : « S’il y a un combat qui devrait nous réunir, c’est le combat contre la violence, contre le fascisme, le nazisme, l’extrême droite… et aussi contre l’ultragauche ! ». Le mot "ultra gauche" est crié. L'extrême droite tente de nous tuer et Retailleau trouve le moyen de nous criminaliser. Nous, antifascistes, nous existons parce que les fascistes existent. Il est révoltant de renvoyer dos à dos des groupuscules fascistes se battant pour la "pureté de la race" et des militants d'extrême gauche luttant contre le racisme et les autres formes de discrimination. Retailleau a toujours tenu des propos racistes, identitaires, autoritaristes. Il est celui qui a parlé de "régression ethnique" lors des révoltes dans les banlieues, suite à l'assassinat de Nahel. Il est celui qui affirme que la situation catastrophique à Mayotte est du fait des "noirs" et des "Musulmans". Alors, si aujourd'hui des groupuscules d'extrême droite tentent d'assassiner des personnes racisées et des militants de gauche, c'est aussi à cause des discours racistes et décomplexés du Ministre de l'Intérieur. En ciblant la gauche antifasciste, Retailleau vise un autre objectif : nous empêcher de réagir et de nous défendre face aux tentatives de meurtre de l'extrême droite. Son discours stigmatisant tend aussi à nous museler et à nous priver de notre légitime défense. Nous n'avons à demander à un gouvernement, responsable de cette situation, son autorisation pour défendre nos vies.

   Le 8 avril, Zora et Lila, deux mères de famille française d'origine maghrébine ont été étranglées et tabassées aux cris de « sales arabes » par trois personnes. Tout ceci a débuté par un banal accrochage entre leur voiture et une autre roulant en sens inverse. Les trois occupants de l'autre véhicule leur disent : « c'est à vous de partir, sale arabe ». Zora et Lila sont insultées, étranglées, frappées. « J’ai pas arrêté de crier : arrêtez, arrêtez… J’ai sorti mon téléphone pour filmer, pensant que ça les arrêterait, raconte Lila à France Bleu, Mais non. Ils se sont jetés sur moi ». Zora, plaquée au sol, est étouffée par une main posée sur sa bouche. « L'adolescent me frappait, pendant que la dame me tenait les jambes. » Lila est étranglée par l’arrière. Les agresseurs finissent par lâcher leurs victimes. Celles-ci font constater par un médecin « des griffures, des marques, des bleus... » « On n’a même pas eu le temps de se remettre, qu’il fallait déjà calmer nos enfants. » 

   Le vendredi 24 avril, une vingtaine d'individus d'extrême droite ont attaqué un bar à Albi, dans le sud-ouest de la France. Le groupuscule "Patria Albiges" a ciblé et attaqué ce bar "considéré comme recevant une clientèle de gauche". Les agresseurs cagoulés étaient armés d'une bombe lacrymogène. Sur une vidéo, on voit le commando gazer la terrasse, mais aussi donner des coups de poings à une cliente âgée d’une soixantaine d’années. Libération a identifié le frappeur comme étant Matteo V., membre d’un groupe de supporters ultras de l’Olympique Lyonnais. Les néofascistes ont frappé des clients au hasard avant de fuir vers la cathédrale. Thomas Rouquette, leader de "Patria Albiges" et ancien candidat du RN aux municipales de 2020 à Albi. Autre fasciste identifié : Lorenzo Bodino, porte-parole de Patria Albiges, condamné en avril 2023 à huit mois de prison avec sursis pour l’agression de deux étudiants de gauche. Un client était toujours hospitalisé ce dimanche matin et la femme sexagénaire frappé a eu le nez cassé.

   Le 25 avril 2025. Un attentat islamophobe a visé une mosquée du Gard, le terroriste a tué de plusieurs dizaines de coups de couteau un fidèle nommé Aboubakar. Puis il a filmé sa victime agonisante en répétant à deux reprises : « Je l’ai fait (…), ton Allah de merde ». Le Ministre de l'intérieur et des cultes Bruno Retailleau ne s'est pas rendu sur place et n'a fait aucune déclaration. Ayant lui même tenu des propos racistes et islamophobes qui ont conduit la Ligue Des Droits de l'Homme à saisir la Cour de Justice de la République, il n'y a rien à attendre de cet étron raciste et islamophobe dont le discours conforte l'extrême droite dans ses projets d'attentats terroristes. Oui, terrorisme. On martèle la définition : Ensemble d'actes de violence (attentats, prises d'otages, etc.) commis par une organisation ou un individu pour créer un climat d'insécurité, pour exercer un chantage sur un gouvernement, pour satisfaire une haine à l'égard d'une communauté, d'un pays, d'un système.

  Le mois de mai 2025 se terminait encore mal. Des militants d’extrême droite ont fait irruption dans la nuit du 30 mai dans un bar communiste d’Alès, où ils ont agressé une vingtaine de personnes. On n'a pas entendu Bruno Retailleau les taxer de "barbares". Le 31 mai, à Puget sur Argens, un homme a tué son voisin tunisien, Hichem Miraoui, et a blessé un homme de nationalité turque. Il filme ses actes, diffuse les vidéos et clame son racisme. C'est tout un arsenal d'armes qui a été retrouvé dans sa voiture. Bien sûr Bruno Retailleau n'a réagi que bien trop tard en prétendant que "le racisme doit sévèrement être puni" : celui des autres, mais pas le sien ? Lui qui a banalisé les discours xénophobes, racistes et islamophobes. Banalisé la violence envers les personnes musulmanes et racisées. Chaque agression ou meurtre commis depuis son arrivée au pouvoir porte les empreintes de sa politique. Chaque femme qui se fait arracher son voile, chaque musulman exécuté froidement, chaque personne racisée abattue au nom d'une pseudo "pureté nationale" par un souchien bercé par ses paroles. Il a adoubé les suprémacistes nommées Nemesis, il a soutenu un État xénophobe et génocidaire, il a voté des lois racistes et ségrégationnistes. Et aujourd'hui tout se passe comme prévu.  

   16 personnes, islamophobes, suprémacistes et identitaires, faisant partie d'un groupuscule terroriste d'extrême-droite  nommé "AFO"  prévoyaient d'assassiner 200 imams,  d'empoisonner au cyanure et à la mort aux rats de la nourriture Halal et de faire exploser une mosquée. Une grande partie des membres du groupuscule étaient des sympathisants RN et l'un d'entre eux un ex candidate FN. Les faits remontent à 2018. Les membres de ce groupuscule sont jugées depuis le 10 juin 2025 pour association de malfaiteurs terroriste et de recherches d’armes. Dans la presse vous lirez sûrement le terme "ultra droite" pour qualifier ces terroristes. Mais ce terme a été inventé par les médias et les politiques pour dédiaboliser le RN et dissocier le parti d'extrême droite de ses fanatiques suprémacistes. Tout ce qui se joue dans ce procès émane bien de l'idéologie d'extrême droite : violence, islamophobie, racisme, identitarisme, terrorisme, théorie complotiste du "grand remplacement" alors ici, a contrario de toute la presse, j'emploie le vrai terme : extrême droite. La cellule AFO, "Action des forces opérationnelle" est repérée par la DGSI en février 2018.  Ce groupe prévoyait donc des actes terroristes visant exclusivement des musulmans et des Arabes. Guy Sibra, retraité de la police nationale, a été identifié par les enquêteurs comme étant à l’origine de la formation d’AFO. Sa compagne, Marie-Véronique R., animait le blog « Réveil patriote », organe prosélyte du groupe. L'infiltration d'un membre de la DGSI a permis de mettre au jour les agissements et projets terroristes d'AFO : entraînements au lancé de grenades en forêt, détention de dizaines d'armes à feu et de milliers de munitions, des éléments servant à fabriquer des explosifs. "Faute de charges suffisantes" la plupart des membres sont remis en liberté et placés sous contrôle judiciaire. Et l'on se demande bien ce qu'il fallait de plus à la justice pour les mettre en détention provisoire. Peu de médias relatent qu'en juillet 2018, trois suspects avaient été interpellés et placés en garde à vue pour avoir projeter d'assassiner le rappeur Médine. En juin 2019, un autre membre de l'AFO, diplomate de l'ambassade de France au Salvador, est inculpé pour son appartenance au groupe. 

En mai 2023, le Parquet national antiterroriste (Pnat) requiert un procès pour 15 personnes membres de l'AFO soupçonnées d'association de malfaiteurs terroristes et d'un autre membre de l'AFO pour infractions à la législation sur les armes ou les explosifs. Le groupuscule organisaient également des stages survivalistes : utilisation d'armes à feu et de l'arbalète, apprentissage de techniques pour déjouer la surveillance policière, fabrication de napalm et d'explosifs, techniques militaires de combat ou formation juridique en cas de garde à vue. Dans les différents attentats que fomentait le groupuscule d'extrême droite, la DGSI a découvert : « l' opération halal » qui prévoyait de dissimuler les femmes d’AFO sous des niqabs pour empoisonner de la nourriture dans les rayons halal de supermarchés avec du cyanure ou de la mort aux rats, tuer « 200 imams radicalisés »  faire exploser la porte d’une mosquée de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), ou encore piéger un couscoussier avec des explosifs. Le procès a débuté le 10 juin. À la barre, c'est une succession de mauvais sketch : la mamie amnésique qui ne se rappelle soit-disant de rien hormis d'avoir mis du jambon dans le rayon Halal d'un supermarché. Daniel R, ancien militaire, qui fabriquait des grenades, dit à la juge qu'il se croyait dans la série "walking dead" et rêvait de "remonter en scooter des files de voitures et de balancer des grenades dans les véhicules des musulmans" mais ajoutant que "c’était pas possible ce plan, c’était irréalisable. Et puis on risquait de faire des dommages collatéraux et de tuer des non musulmans". Philippe C., téléopérateur de taxi, qui se prenait pour un agent secret. C'est à se demander s'ils ne font pas exprès de passer pour des idiots. Le procès se poursuit : il s'agit du dossier d'extrême droite violente le plus important présenté devant la justice française. 

Ce procès qui se tenait 7 ans après les faits, avec des personnes mises en examen comparaissant "libres", se déroule dans un contexte où la violence de l'idéologie d'extrême droite a gagné les politiques et les médias. D'un Retailleau, incitateur à la haine raciale et religieuse, qui hurle "à bas le voile" ou méprise Aboubakar Cissé victime d'un attentat terroriste dans une mosquée, en passant par une criminalisation systématique des musulmans accusés tour à tour soit d'antisémitisme soit de terrorisme pour un soutien affiché à la Palestine. Mais déjà en juillet 2018, le Parisien avait publié une interview complaisante de Guy Sibra, le fondateur du groupuscule terroriste. Article sobrement nommé " les confidences du fondateur du groupuscule AFO", illustré d'une photo le faisant passer pour un gentil papinou, le laissant étaler ses mensonges sans aucune mention contradictoire. 

    Je ne sais pas si l'Histoire du fascisme se répète mais ce dont je suis certaine, c'est que certains s'inspirent des heures les plus sombres de ce passé pas si lointain. Face aux menaces, aux crimes et aux attentats des extrêmes droites, il nous faut organiser une légitime défense à la hauteur de la violence qu'elles nous infligent.

Source : https://tinyurl.com/y369cz4x

samedi 28 mars 2026

Ferme municipale, cantine 100% bio… À Mouans-Sartoux, une politique alimentaire exemplaire qui inspire au-delà des frontières


Ferme municipale, 

cantine 100% bio… 

À Mouans-Sartoux, 

une politique alimentaire exemplaire 

qui inspire au-delà des frontières


La délégation européenne visite la ferme municipale de Mouans-Sartoux, le 5 février 2026. © Pierre Isnard-Dupuy/Vert


Ah, les champs ! Cette commune des Alpes-Maritimes a engagé une transition alimentaire écologique depuis maintenant quinze ans. Elle incite les habitant·es à cultiver, attribue de nouvelles terres à l’agriculture… Des pratiques qu’elle voudrait voir se développer ailleurs, y compris au-delà des frontières. Vert s’est rendu sur place à l’occasion de la visite d’une délégation européenne.
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Au pied des platanes et du petit immeuble d’un quartier résidentiel se développe un potager promu par la mairie et cultivé par les habitant·es. Bienvenue à Mouans-Sartoux, ville de 11 000 âmes située dans les Alpes-Maritimes, à mi-chemin entre Cannes et Grasse. « La municipalité met à disposition les terrains et l’eau en échange d’un engagement des citoyens à ne pas utiliser de chimie et à participer à des événements pour promouvoir l’autoproduction alimentaire », explique Sylvain Bourdon, animateur du foncier agricole de la Ville. Entre le persil et les cébettes, il s’adresse à une délégation européenne qui découvre la commune en ce début de mois de février.

La quinzaine de personnes vient de six villes européennes : Liège (Belgique), Cagliari (Italie), Idanha-a-Nova (Portugal), Ljubljana (Slovénie), Rozdilna (Ukraine) et Faaborg (Danemark). Elles et ils sont là pour un voyage d’étude sur la politique alimentaire municipale de Mouans-Sartoux. La commune est connue pour être la première ville française, en 2010, à avoir ouvert une ferme municipale pour alimenter ses cantines. Dans celles-ci, elle propose depuis 2012 100% de nourriture biologique. Une démarche entreprise sous la mandature du maire écologiste André Aschieri, et prolongée par son fils, Pierre Aschieri (divers écologistes), qui a pris la suite en 2015. 

Les membres de la petite délégation représentent des villes parties prenantes d’un programme européen d’échanges baptisé Eat4Climate (« Mangez pour le climat », en anglais). L’objectif est de « découvrir et s’approprier les bonnes pratiques », résume François Jégou, animateur du programme. Une initiative de même nature a été menée fin 2025 avec des élu·es et candidat·es aux municipales de ce mois de mars, venu·es découvrir Mouans-Sartoux. « Je suis impressionnée par cette ville. Nous sommes venus voir comment apporter de la nourriture locale en centre-ville, afin de promouvoir les légumes pour la santé des citoyens, et de réduire l’empreinte carbone », confie Mette Abrahamsen, élue en charge de l’économie à Faaborg, ville portuaire de 7 000 habitant·es.

Un réseau national de 55 fermes publiques

À l’image de la visite en cours, la municipalité de Mouans-Sartoux agit pour diffuser ses pratiques auprès d’autres collectivités. À l’initiative de la commune azuréenne, le réseau national des fermes publiques a vu le jour en 2025. « Il rassemble 55 fermes et vise à offrir un espace d’échange », expose Arthur Garrigue, animateur du réseau au sein de la Maison d’éducation à l’alimentation durable de Mouans-Sartoux.

Une serre et des cultures en plein champ sur la ferme municipale de Mouans-Sartoux. © Pierre Isnard-Dupuy/Vert

Elles cultivent en agriculture bio et s’engagent également dans une démarche pédagogique auprès de la population. Depuis 2020, un diplôme universitaire (DU) de « chef de projet en alimentation durable » a aussi été mis en place par l’université de Nice (Alpes-Maritimes), en lien avec Mouans-Sartoux. L’objectif est de former des agent·es de collectivités en charge de politiques alimentaires, en particulier pour mener des projets alimentaires territoriaux (PAT).

Sur le domaine de Haute-Combe, au nord de la ville, six hectares sont cultivés en régie agricole par quatre maraîchers employés de la mairie. « De quoi fournir 90% des besoins des cantines pour 1 200 repas quotidiens. Nos produits étant livrés en direct, ça permet aussi d’éduquer les enfants sur la saisonnalité », expose Frédéric Rebuffel. Le directeur du service environnement de la Ville accueille la délégation dans une allée d’oliviers multicentenaires.

« Nous produisons 200 litres d’huile d’olive lorsque la saison est favorable », indique-t-il. Les champs et serres se distribuent de part et d’autre des arbres noueux. La Maison d’éducation à l’alimentation durable a été installée dans le vieux mas attenant, on y accède depuis la rue par « un jardin à la fois citoyen et pédagogique pour les enfants », présente Gilles Pérole, l’adjoint à l’alimentation.

Gilles Pérole, adjoint à l’alimentation, et Sylvain Bourdon, animateur du foncier agricole de Mouans-Sartoux. © Pierre Isnard-Dupuy/Vert

L’auditoire est captivé, mais certain·es sont parfois sceptiques sur la possibilité d’ouvrir une ferme publique dans leur ville, dans un contexte sociétal, réglementaire ou environnemental différent. « Pourquoi vous n’avez pas fait le choix d’acheter à des maraîchers déjà installés ? », interroge Isabella Ligia, responsable du service de planification de la Ville de Cagliari (148 000 habitant·es), en Sardaigne. « Il y avait un maraîcher qui avait déjà ses débouchés. Nous ne lui faisons pas concurrence, nous ne vendons pas à la population », argumente Gilles Pérole.

Une ceinture « aliment-terre »

« En Slovénie, nous sommes obligés par la loi de vendre les produits entre les différents départements de la municipalité », explique Maruška Markovčič, qui s’occupe du développement rural au département de protection de l’environnement de Ljubljana (300 000 habitant·es), la capitale. En clair, des légumes produits par une régie publique agricole ne peuvent pas être cédés gratuitement à celle s’occupant des cantines. Son équipe « travaille à connecter 25 producteurs locaux pour la nourriture scolaire » et accompagne la création de potagers pédagogiques dans les écoles.

Au Danemark, on ne dispose pas d’un climat propice à la même diversité de cultures qu’en terres méditerranéennes. « On n’a que des pommes de terre et des topinambours », ironise Mette Abrahamsen. « Et puis, le temps du déjeuner ne dure qu’une demi-heure : c’est difficile d’avoir le temps de discuter avec les enfants pour les éduquer sur ce qu’ils mangent. »

Quatre hectares sur six sont cultivés à la ferme de Mouans-Sartoux, qui pratique la rotation des cultures pour préserver les sols. © Pierre Isnard-Dupuy/Vert 

Dans le cadre de la révision de ses documents d’urbanisme, la municipalité s’apprête à faire passer les surfaces agricoles de son territoire à 150 hectares – contre 112 à l’heure actuelle. Un mouvement à rebours de celui des communes voisines, au cœur d’une Côte d’Azur marquée par « l’artificialisation à tout-va, où il y a une grosse spéculation », expose Gilles Pérole. « Jusqu’en 2011, on n’avait que 40 hectares inscrits en terres agricoles ; on a donc déjà triplé ces surfaces », se satisfait l’adjoint à l’alimentation, qui défend un modèle global apportant des bienfaits au-delà du sujet de la nourriture.

« Quel est l’intérêt d’avoir de l’agriculture chimique si c’est pour polluer l’eau, alors que nous produisons l’eau potable via notre régie municipale et que cela engendrerait des coûts supplémentaires de traitement ? », pointe Gilles Pérole. Du point de vue de l’adaptation au changement climatique, avoir « des sols vivants permet de retenir l’eau et donc de réduire le risque d’inondations, alors que l’artificialisation dans notre région les aggrave. Les friches agricoles sont sujettes aux incendies mais, si on les remet en culture, elles font coupe-feu », souligne l’élu.

Cette politique municipale a des effets durables. Selon une thèse en géographie soutenue en 2024 à l’université de Nice, 71% des habitant·es ont changé leurs habitudes alimentaires en cinq ans, en réduisant de 30% leur consommation de produits ultratransformés  et de 23% celle de viande. L’impact carbone de leur alimentation a été réduit d’un quart. Et, selon une étude du CHU de Nice, le taux d’obésité chez les enfants qui déjeunent à la cantine de Mouans-Sartoux est inférieur de 45% à la moyenne nationale.

Une politique qui fait des émules à proximité. Quelques communes et le département des Alpes-Maritimes développent leurs propres fermes publiques. Gilles Pérole se félicite : « On montre que l’écologie est possible sur des terres de droite. » Et pour l’élection à venir, il est assuré d’être réélu. La liste de Pierre Aschieri n’aura pas de concurrence.

 

Source : https://vert.eco/articles/ferme-municipale-cantine-100-bio-a-mouans-sartoux-une-politique-alimentaire-exemplaire-qui-inspire-au-dela-des-frontieres