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mardi 28 juillet 2026

Bonne nouvelle - Blocs de roches jetés en mer par Greenpeace : le tribunal administratif de Montpellier rejette la demande de poursuites du préfet des Pyrénées-Orientales

Blocs de roches jetés en mer 

par Greenpeace : 

le tribunal administratif 

de Montpellier rejette 

la demande de poursuites 

du préfet des Pyrénées-Orientales

 

Esmeralda Terpereau

Le tribunal administratif de Montpellier a rejeté les poursuites engagées par le préfet des Pyrénées-Orientales contre Greenpeace, après l'action menée par l'ONG en mai 2025 dans le parc naturel marin du golfe du Lion. © LORRAINE TURCI / GREENPEACE FRANCE

 


En mai 2025, l'ONG Greenpeace a immergé 15 blocs de calcaire au large du Barcarès et de Port-Leucate, entre l'Aude et les Pyrénées-Orientales, pour dénoncer le chalutage de fond dans une aire marine protégée. Poursuivie par le préfet des Pyrénées-Orientales, l'ONG a obtenu gain de cause devant le tribunal administratif de Montpellier, qui a annulé les poursuites.

Le tribunal administratif de Montpellier a rejeté, le 2 juillet 2026, les poursuites engagées par le préfet des Pyrénées-Orientales contre Greenpeace et le capitaine de l'Arctic Sunrise, après l'action menée par l'ONG en mai 2025 dans le parc naturel marin du golfe du Lion.

Cette décision met un terme à la procédure engagée par le représentant de l'État. Si le volet judiciaire est désormais clos, le combat est loin d'être terminé pour Greenpeace.

🚨 Nous venons de construire une barrière de blocs de pierre à 6 km au large des côtes méditerranéennes. On vous explique pourquoi. #ProtectTheOceans

https://www.facebook.com/watch/?ref=embed_video&v=1102932521856597

Le préfet avait lancé 15 procédures distinctes, une pour chaque bloc de roche immergé. Il réclamait plusieurs amendes, pour un montant total de 90 000 euros, ainsi que le retrait des rochers sous astreinte financière.

Le tribunal a estimé qu'au sein d'un parc naturel marin, seul le directeur de l'Office français de la biodiversité (OFB), ou ses représentants par délégation, est compétent pour engager de telles poursuites. L'ONG accueille cette décision avec soulagement, tout en assurant rester mobilisée.

Aujourd'hui encore, l'action du gouvernement est insuffisante face aux activités de pêche dans les zones protégées.

François Chartier

Chargé de campagne Océans chez Greenpeace France


Rochers anti-chalut

Une action pour dénoncer l'absence de protection effective des aires marines protégées. En mai 2025, Greenpeace avait immergé 15 blocs de calcaire dans le parc naturel marin du golfe du Lion afin d'empêcher les chalutiers de pratiquer le chalutage de fond dans cette zone protégée.

L'ONG souhaitait avec cette opération dénoncer l'inaction des autorités face à une méthode de pêche qu'elle juge particulièrement destructrice.

Cette action s'était déroulée en marge de la 3e Conférence des Nations unies sur l'océan (UNOC), organisée à Nice en juin 2025, alors que la France affichait son ambition de devenir un pays moteur de la protection des océans.

Le 21 mai 2025, Greenpeace a déposé 15 blocs de calcaire dans le parc naturel marin du golfe du Lion pour dénoncer l’absence de protection effective des aires marines protégées françaises. © Lorraine Turci / Greenpeace France

Greenpeace affirme avoir constaté que les aires marines protégées ne sont pas épargnées par le chalutage de fond. Une pratique qu'elle présente comme l'une des techniques de pêche les plus destructrices pour les écosystèmes marins. En raclant les fonds, les engins de pêche peuvent dégrader les habitats marins et contribuer à la destruction de la biodiversité.

Sur le papier, plus de 30 % des eaux françaises sont protégées. Mais, en réalité, moins de 0,1 % le sont réellement. Ce sont des protections de façade !

François Chartier

Chargé de campagne Océans chez Greenpeace France

Greenpeace estime que la Méditerranée est touchée par la surpêche. Selon l'ONG, la protection effective de zones marines protégées permettrait de préserver les écosystèmes marins et de reconstituer les stocks de poissons.


Source : https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/pyrenees-orientales/perpignan/blocs-de-roches-jetes-en-mer-par-greenpeace-le-tribunal-administratif-de-montpellier-rejette-la-demande-de-poursuites-du-prefet-des-pyrenees-orientales-3391096.html?shem=dsdf,sharefoc,agadiscoversdl,,sh/x/discover/m1/4 

vendredi 26 juin 2026

Téléphérique, lac artificiel : « La montagne ne doit pas devenir un parc d’attraction »

Téléphérique, lac artificiel : 

« La montagne 

ne doit pas devenir 

un parc d’attraction »

 

25 juin 2026

 

À la station-village des Angles, au cœur du parc naturel régional des Pyrénées catalanes, les tractopelles sont déjà à l’œuvre.

Une manifestation est prévue le 28 juin dans les Pyrénées-Orientales contre la construction d’un lac artificiel à 2 300 m d’altitude. Ce projet participe à une économie de la montagne en bout de course, dénonce un opposant dans cette tribune.

David Berrué est militant écologiste dans les Pyrénées-Orientales.



En Pyrénées catalanes, une course contre la montre s’est engagée pour sauver l’économie du ski des effets du dérèglement climatique. Du côté de Camprodon, c’est la construction d’un téléphérique « quatre saisons » qui doit mener la station de Vallter à retrouver une rentabilité que la seule période hivernale ne garantit plus. Aux Angles, c’est celle d’un lac artificiel destiné à sécuriser la production de neige de culture pour les trois prochaines décennies.

Deux chantiers réalisés au nom du maintien de l’emploi montagnard. Mais également justifiés par leurs bienfaits supposés en faveur de l’environnement, de la biodiversité, de la résilience des territoires. Le monde à l’envers. Et, pour les collectifs et associations écologistes, une guerre des récits de chaque instant.

Démolition au bulldozer

Le téléphérique de Vallter est un cas d’école. Cette infrastructure prévoit l’acheminement de 2 000 personnes par heure, 16 000 par jour, à une altitude de 2 500 m. Beau panorama, offre de restauration et aménagements ludiques — les inévitables luges sur rail, tyrolienne géante, pistes de descente en kart ou à vélo — doivent y séduire une clientèle espérée nombreuse, tout au long de l’année.

Se pose, bien sûr, le problème de l’érosion des crêtes. Celui du piétinement, massif, de pelouses d’altitude évidemment vulnérables. Celui de la divagation, redoutée par les naturalistes, du public au sein de parcs et de réserves naturelles protégées — et jusqu’ici notamment protégées du fait de leur difficulté d’accès. N’est-ce pas un moindre prix à payer, veulent croire les partisans du projet, au regard des parkings qui seront relocalisés un peu plus bas dans la vallée, des remontées mécaniques obsolètes bientôt démontées et des quelques espaces ainsi renaturalisés ?

Même logique aux Angles, où, pour le moment, la démolition au bulldozer du sommet de la station, entre mont Llaret et roc d’Aude, fait certes assez mauvais genre. Mais sinon. Mais après. Cette retenue collinaire une fois creusée, étanchéifiée, clôturée, qui pour regretter une steppe d’altitude peuplée de cailloux, de quelques blocs lichéneux et de sapinettes éparses balayées par un vent glacial, tenace, pénible ? Qui pour ne pas voir l’intérêt, après prélèvement dans des ruisseaux en aval, de ces 113 000 m3 d’eau tout à coup disponibles, à 2 300 m d’altitude, sur près de 3 hectares et par 7 mètres de fond ?

Lire aussi : La guerre de l’eau, un conflit explosif dans les Pyrénées-Orientales

Les arguments de la commune ont la solidité de l’évidence. Avec ce lac, une dizaine de nuits suffisamment fraîches suffiront, en début de saison, pour enneiger la station. L’été, les tuyaux et conduites forcées alimentant les canons par gravité serviront à produire de l’électricité renouvelable. Le cycle de l’eau ? Renforcé, amélioré, optimisé. La neige de culture, produite en hiver, fond en effet au printemps. Ne va-t-elle pas humidifier les sols de façon plus efficace et plus délicate que lorsqu’il pleut et que tout ruisselle, bêtement, et d’un seul coup, vers la mer ?

Enfin, cette bassine est un point d’eau où, pronostique la mairie, pourront s’abreuver des espèces en voie de disparition — grands tétras, perdrix grises — et la sécurité civile puiser en cas d’incendie. Comme si les lacs de Matemale et des Bouillouses, situés juste à côté, ne faisaient pas déjà très bien l’affaire.

L’enthousiasme est si grand que l’on se demande comment n’avoir pas vu plus tôt l’intérêt d’une telle bassine… et de ses nombreux services écosystémiques associés. Mystère. Mais raison pour laquelle, sans doute, la commune a décidé d’aller vite et a d’ailleurs obtenu de ne réaliser ni étude d’impact, ni enquête publique. Avec la complicité de la préfecture et de l’Office national des forêts. En communion avec un cortège réjoui d’élus et de socio-professionnels. À rebours, évidemment, des écologistes et des quelques habitants du coin adeptes d’une montagne préservée des logiques marchandes.

« La seule perspective demeure la transformation de la montagne en parc d’attraction standardisé »

Pour ces derniers, c’est la consternation. Un coup dur de plus. Parce que l’on ne puise pas dans les rivières sans conséquences. Parce que les « excédents » qu’il est question de capter alimentent des tourbières dont le rôle est crucial pour l’environnement et dont la disparition ne sera jamais compensée. Parce qu’aussi la question de l’emploi a bon dos : s’il est des économies à soutenir et dans lesquelles investir, pourquoi ne pas subventionner des emplois dans l’agriculture, dans l’entretien des forêts, dans la rénovation thermique des logements, dans la santé, liste non exhaustive, plutôt que dans le maintien sous perfusion d’une activité de loisir en sursis ?

Lire aussi : Bassines et retenues d’eau : quel est le problème ?

Avec l’augmentation des températures, la baisse inexorable du nombre de journées-skieurs [1], on aurait pu penser que l’économie des sports d’hiver organiserait un repli stratégique, diminuerait la voilure poc a poc [peu à peu], anticiperait la transition vers un modèle qui ne soit pas sa continuation par d’autres moyens, ainsi que l’illustre la ruée sur l’aménagisme quatre saisons actuellement observable. Il n’en est rien. La seule perspective demeure la transformation de la montagne en parc d’attraction standardisé, naturellement climatisé et financièrement profitable à certains.

Il est pourtant d’autres pistes et d’autres voix possibles. Pour les faire entendre, une manifestation est programmée, dimanche 28 juin, à 11 heures, aux Angles, à l’initiative de collectifs et d’associations mobilisés, depuis plus d’un an, sur le terrain et sur le plan juridique. Pour dire non à l’artificialisation de la montagne. Pour rappeler que l’eau est rare, précieuse. Que notre monde est fragile. Qu’il nous faudrait en prendre soin. Que la montagne est en première ligne et qu’à ce rythme, +4 °C, c’est pour demain — soit des températures auxquelles la production de neige artificielle, au demeurant, n’est plus envisageable.

 

Notes

[1Selon Le Dauphiné libéré, «  il s’agit de la moyenne de tous les forfaits vendus (séjour, année, quotidien) ramenée au nombre de passages journaliers  ».

Précisions

- Dans les tribunes, les auteurs expriment un point de vue propre, qui n’est pas nécessairement celui de la rédaction.
-  Titre, chapô et intertitres sont de la rédaction.

 Source : https://reporterre.net/Prenons-soin-de-notre-montagne-disons-non-a-son-artificialisation

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Contre cette méga-bassine dont les impacts sur l'environnement sont d'ores et déjà délétères, collectifs citoyens et associations écologistes appellent à une manifestation, ce
dimanche 28 juin à 11h, aux Angles, au niveau des télécabines.

Pour venir :

Le bus 560 de la compagnie LIO est possible :
il part de la gare de Prades à 9h19 (changement à Mont Louis)
        de la cité de Villefranche à 9h25 (idem)

 2 autre rendez-vous possibles pour du covoiturage :
- Au niveau de la maison bleue à 9h45
- An niveau du parking en terre de Villefranche à 9h50

Et aussi 


A Prades, rdv covoit' 9h30, allée de la Plaine Saint-Martin, parking piscine municipale.

jeudi 25 juin 2026

Dimanche 28 juin - Appel à manifester contre la retenue d'eau des Angles - Covoiturage

Saint Jean, ce mardi, à Villefranche, la flamme est arrivée depuis le Canigou. 

Nous sommes la montagne qui se défend !

 




Le bus 560 de la compagnie LIO est possible :
il part de la gare de Prades à 9h19 (changement à Mont Louis)
        de la cité de Villefranche à 9h25 (idem)

 2 autre rendez-vous possibles pour du covoiturage :
- Au niveau de la maison bleue à 9h45
- An niveau du parking en terre de Villefranche à 9h50

Venez nombreux et nombreuses.

mercredi 24 juin 2026

Julien Le Guet : « Monsieur Darmanin est le plus grand écoterroriste de France »

Julien Le Guet : 

« Monsieur Darmanin 

est le plus grand écoterroriste 

de France »

 

6 juin 2026

 

Julien Le Guet, porte-parole du mouvement contre les mégabassines.

« La mégabassine n’est que le symptôme de pratiques agroindustrielles qui vont causer notre perte », dit le militant Julien Le Guet dans ce grand entretien. Fer de lance de la lutte contre l’accaparement de l’eau, il subit une répression judiciaire.

Julien Le Guet est batelier dans le Marais poitevin et porte-parole du collectif Bassines non merci. Engagé de longue date dans la lutte pour l’eau et contre les mégabassines, il subit une répression judiciaire et a été condamné à six mois de prison aménagée sous forme d’assignation à résidence avec un bracelet électronique. Il a rarement eu l’occasion de s’exprimer en longueur. Exceptionnellement, il explique ici pourquoi les mégabassines sont nuisibles, comment le système agro-industriel détruit l’agriculture, comment le mouvement s’est relevé après la violence policière de Sainte-Soline et... l’avenir qu’il espère pour le Marais poitevin. « Des lendemains peuvent refleurir, des printemps peuvent chanter. »

Vous pouvez lire ci-dessous ce grand entretien, ou l’écouter intégralement sur une plateforme de votre choix et le regarder en vidéo.


Reporterre — Pourquoi jugez-vous que les mégabassines sont une mauvaise solution au problème d’eau agricole ?

Julien Le Guet — Pour répondre, il faut revenir en arrière. Le Marais poitevin est la deuxième zone humide de France, aménagée depuis le Moyen Âge autour d’activités pastorales et d’activités maraîchères qui étaient compatibles avec la biodiversité. Depuis la Seconde Guerre mondiale, comme la Bretagne ou la Beauce, les politiques d’aménagement du territoire ont simplifié les paysages, détruisant les haies et les prairies. De ce fait, le Marais poitevin est une zone en péril pour la biodiversité et la gestion de l’eau depuis les années 1970, et depuis que la culture du maïs, cette plante tropicale qui a besoin d’eau en juillet-août quand elle est rare, y a été favorisée. Elle a tout de suite engendré une raréfaction de l’eau.

Dès la fin des années 1990, il a été démontré que l’État français ne respectait pas ses engagements sur la préservation des zones humides et la France a été condamnée par la Cour européenne de justice. On découvrait que ce qui avait généré le déséquilibre était la culture du maïs. Au lieu que l’État réfléchisse à installer une agriculture compatible avec ces enjeux de biodiversité, il a été dans la direction inverse : puisque le maïs consomme trop d’eau en été, on a décidé de faire du stockage hivernal de l’eau, quand elle est abondante, pour limiter l’impact sur les rivières et les nappes phréatiques en été.


Pour regarder sur YouTube c'est ici : https://www.youtube.com/watch?v=zRe69udNAGQ

Cela parait de bon sens quand on n’y connaît rien, non ?

En fait, des nappes phréatiques pleines redonnent l’eau tout au long de la saison sèche et les rivières continuent de couler jusqu’aux pluies d’automne. Les nappes recèlent aussi des eaux beaucoup plus faciles à potabiliser que l’eau de la Seine, par exemple. Et puis, les nappes phréatiques protègent l’eau du réchauffement et de l’évaporation. Donc, pomper l’eau de la nappe phréatique pour constituer des réserves aériennes dans des bâches noires exposées au soleil, aux pollutions aériennes et à la chaleur, est un non-sens : on perd beaucoup d’eau par évaporation pendant l’été. Et au-delà de la problématique de l’évaporation, le stockage en mégabassines accélère la dégradation de la qualité de l’eau. Le réchauffement favorise le développement de bactéries ou d’algues.

En quoi les mégabassines constituent-elles un accaparement de l’eau ?

L’eau est un commun, qui ne devrait pas être transformé en marchandise. En fait, quand on paye l’eau, on ne paye pas l’eau elle-même, mais sa dépollution et sa distribution. La matière en tant que telle appartient à tous et à toutes. L’avantage des mégabassines pour ceux qui en bénéficient est que l’eau y est stockée en hiver. Et si on a un été très sec durant lequel des arrêtés préfectoraux vont limiter puis interdire l’irrigation, ceux qui ont l’eau des mégabassines sont affranchis de cette contrainte.

« Les mégabassines créent une irrigation à deux vitesses »

Les mégabassines créent une irrigation à deux vitesses, entre les connectés aux mégabassines qui ne sont plus concernés par les arrêtés préfectoraux et les non connectés qui n’ont plus d’eau. D’autant que vider les nappes phréatiques au printemps engendre une baisse de la nappe précoce, si bien que la sécheresse fait sentir ses effets plus tôt. La mégabassine permet de cultiver une plante tropicale sur des territoires qui subissent maintenant des sécheresses à répétition. Il faudrait au contraire repenser les plans de semences pour s’adapter à cette réalité. Mais non, on s’entête à vouloir faire du maïs à tout prix.

Pourquoi le lobby du maïs est-il aussi fort ?

Une grande partie du maïs produit en France n’est pas le maïs qu’on va retrouver dans sa table avec une sympathique petite salade, c’est un maïs qui a vocation à nourrir l’agro-industrie, en servant à l’élevage intensif dans les fermes-usines.

En fait, l’opposition aux mégabassines est l’opposition à l’agriculture agro-industrielle ?

Oui. La mégabassine n’est que le symptôme de pratiques agroindustrielles qui sont en train de causer notre perte. La raison essentielle de l’extinction de la biodiversité en France n’est pas le changement climatique, mais la destruction des habitats naturels, des nappes phréatiques, des rivières. À travers cette lutte sur les bassines, c’est le système agricole en France qu’on critique. Mais ce n’est pas un argumentaire antimaïs. Il n’y a pas de plantes maudites, il y a juste les usages qu’on en fait. Le maïs est une plante sacrée en Amérique du Sud, qui a nourri toute une civilisation. Et il existe en France des agriculteurs qui pratiquent la semence de maïs population, qui sont des maïs sélectionnés pour supporter mieux la sécheresse.

«  Les procès que je vais subir sont des procès politiques  », dit ce porte-voix de la lutte contre les bassines. © Mathieu Génon / Reporterre

Ce n’est ni une lutte anti-irrigation, ni même une lutte antistockage, ni même une lutte antimaïs. C’est une lutte contre l’accaparement de tout au profit de quelques-uns.

Pourquoi, en 2001, les projets de mégabassines ont-ils commencé à se développer ? À l’époque, on était peu sensibilisés au changement climatique.

C’est venu suite à ces plaintes au niveau européen : l’État devait présenter à la Cour de justice européenne un plan de sauvegarde du Marais poitevin. Les bassines, sous le nom de « réserves de substitution » ont été présentées comme un moyen de préserver le Marais poitevin et les zones humides. On prétendait que, plutôt que de prélever le mètre cube en été, on allait le prendre en hiver et ainsi limiter l’impact des prélèvements estivaux. Sauf qu’on a constaté assez rapidement, quand elles ont commencé à être mises en place, que les volumes consacrés à l’irrigation augmentaient sur certains bassins jusqu’à 50 ou 70 %.

En quoi le changement climatique aggrave-t-il cette situation ?

Dans la physiologie du maïs, il y a un stade où l’irrigation va augmenter les rendements. Mais passé 35 °C, on peut mettre toute l’eau qu’on veut, la plante végète. Une alternative très simple pour nourrir des herbivores, c’est le retour à l’herbe. Si on prend le territoire du Marais poitevin et de ses bassins versants, la prairie comptait pour 70 % des surfaces agricoles au sortir de la Deuxième Guerre mondiale. Aujourd’hui, c’est 17 %. On ne voit plus une vache dehors, pour la simple et bonne raison que les vaches sont en stabulation. Et là encore, on atteint une limite avec le réchauffement climatique. Imaginez les pauvres bêtes, là, à 50 °C.... Une voie de sortie vertueuse, qui permettrait aux agriculteurs de se désendetter, serait un vrai plan de retour à la prairie. Parce qu’en plus, ces mégabassines sont extrêmement coûteuses : une installation d’une dizaine d’hectares coûte près de 4 millions d’euros, financée à hauteur de 70 % par de l’argent public ; il reste 1 million à dépenser par les irrigants bénéficiaires. En réalité, c’est une eau qui est de plus en plus chère. On atteint la limite de ce système.

Êtes-vous hostile par principe aux réserves d’eau ?

Ni par principe au stockage de l’eau, ni par principe à l’irrigation. Pour la simple et bonne raison qu’au sein du collectif, nombre de camarades sont agriculteurs et notamment avec la Confédération paysanne. Au sein du collectif, on est d’accord pour dire que si on partage l’eau équitablement et si cela permet la création d’emplois, si on prend en compte des critères sociaux et environnementaux tels que l’autonomie alimentaire et la relocalisation des productions, on pourrait dans certains cas soutenir certains systèmes de stockage d’eau. Le maraîchage devrait être un usage prioritaire. Ou des éleveurs qui utilisent de la luzerne et pas du soja venu du bout du monde.

Où en est-on aujourd’hui sur les constructions ?

Depuis 2017, on a réussi à empêcher les seize mégabassines qui étaient en projet dans les Deux-Sèvres, par des recours juridiques, des manifestations de plus en plus nombreuses et massives, avec tout un travail également auprès des collectivités. Tout cela a généré énormément de succès au niveau des tribunaux administratifs. Aujourd’hui, la plupart des bassines sont illégales – même celle de Sainte-Soline. Elle n’est pas remplie. On se retrouve dans une situation paradoxale où on utilise les méthodes de la désobéissance civile pour que le droit soit appliqué, alors que les préfets mettent tout en œuvre pour contourner le droit, pour répondre aux desiderata de la FNSEA [1] et de la Coordination rurale.

Mais la manifestation à Sainte-Soline, le 23 mars 2025, a été très violemment réprimée ?

Elle a causé 200 blessés, et aussi des blessures de l’âme, des acouphènes, des problèmes psychiques... Mais cela a créé un précédent. Aujourd’hui, dès que le mot mégabassines ou réserves de substitution est formulé par des élus ou des techniciens sur d’autres territoires, cela crée une espèce de grosse reculade, même chez des élus de droite : « Oh là là, pas de Sainte-Soline chez nous ! »

Notre revendication principale depuis quatre ans est la mise en place d’un moratoire, pour qu’un travail d’évaluation scientifique au long cours puisse être établi qu’avant qu’on dépense des millions, voire des milliards d’euros dans ce type d’équipement. Ce moratoire, on l’a obtenu de fait. Ça montre qu’on a raison de se mobiliser, de se soulever et de résister à cette barbarie technologique. Sauf qu’on subit un nouvel assaut avec le passage en force à l’Assemblée nationale du projet de loi d’urgence agricole dont de nombreux articles visent à lever les freins juridiques aux mégabassines.

«  Il y a de très fortes connivences entre Macron et sa sphère et le monde de l’agro-industrie.  » © Mathieu Génon / Reporterre

Et par ailleurs, les bassines sont considérées d’« intérêt général majeur », ce qui signifie que devant les tribunaux administratifs, ce n’est plus aux porteurs de projets de démontrer que leur projet pourrait être d’intérêt général majeur, mais aux associations de démontrer qu’elles ne le sont pas. Cela change le rapport de force et la manière d’instruire les dossiers.

Comment expliquez-vous l’imposition d’une politique sur l’eau aussi problématique ?

Il y a de très fortes connivences entre Macron et sa sphère et le monde de l’agro-industrie. Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, est censé être représentant des agriculteurs de France, mais il est le PDG d’un des gros groupes agro-industriel, Avril. C’est un agro-industriel, certainement pas un petit paysan. Et avant d’être président de la République, Macron travaillait à la banque Rothschild et il a fait la négociation entre Nestlé et le groupe Pfizer [Neslé a acquis en 2012 la branche nutrition de Pfizer pour 8,98 milliards d’euros].

Dans le scandale de l’affaire Nestlé, pourquoi les services de l’État ne montent-ils pas au créneau, alors qu’ils ont connaissance du fait que l’eau est vendue comme une eau minérale alors qu’elle est filtrée et qu’en plus on y trouve des micropolluants ?

Qu’est-ce que Sainte-Soline, cette confrontation avec une violence énorme de l’État, a changé dans la lutte ?

Cette violence policière cherchait à mettre nos vies tellement en danger que ça dégoûte tout le monde de retourner un jour en manifestation. Quand on a subi une telle violence, on n’est pas prêt à tout de suite prendre le risque de se retrouver face à ces bleus carapacés ultraviolents. Alors comment le mouvement a-t-il survécu ? On a fait face collectivement. Ça nous a obligé à vraiment faire corps et à se rendre compte que le soin dans la lutte était une condition sine qua non.

Mais il est très pesant d’être qualifié d’écoterroristes, ce n’est pas sans conséquence sur l’opinion publique. ll y a certes des écoterroristes en France. Un écoterroriste, c’est quelqu’un qui terrorise, qui mène une politique de terreur vis-à-vis de l’écologie et de ceux qui la défendent. Et je le dis, Monsieur Darmanin est le plus grand écoterroriste de France.

Vous-même subissez une répression judiciaire très dure. Allez-vous continuer la lutte face à une répression aussi féroce ?

Évidemment que tout ça mis bout à bout impacte le quotidien, impacte la vie, impacte les relations et c’est loin d’être anodin. Mais il est hors de question de donner satisfaction à nos bourreaux. Et si leur objectif est de nous réduire au silence, raison de plus pour l’ouvrir encore plus fort. Dans les mois qui viennent, ma liberté de mouvement va être contrainte. Mais je n’ai pas prévu d’arrêter de m’exprimer. Les procès que je vais subir sont des procès politiques. Chaque fois qu’on est convoqué, on politise ces moments, on en fait des moments de rassemblement, on en fait des moments d’éducation populaire et on se renforce.

Julien Le Guet, ici en mars 2024, arpente depuis quarante ans les canaux du Marais poitevin, qu’il a vu se transformer. © Mathieu Génon / Reporterre

Dans le monde que nous souhaitons faire grandir, les zones humides pourraient-elles se reconstituer et grandir à nouveau ?

Oui. La solution est dans le retour à l’herbe. Permettre aux vaches de manger de l’herbe dans les prairies a plein d’intérêts, notamment en termes d’infiltration d’eau et de dépollution de l’eau. Parce que tout végétal participe à un mécanisme qu’on appelle la phytoépuration. Il faudrait aussi refaire le maillage des haies qui permet que l’eau ne parte pas directement à la mer mais s’infiltre et rejoigne la nappe phréatique.

Donc oui, on pourrait soigner, sur un pas de temps de dix ans, le Marais poitevin. Mais son avenir à plus long terme ne dépend plus de l’homme. Les 100 000 hectares du Marais poitevin sont compris entre 0 et 5 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le marais poitevin était un golfe il y a mille ans, avant que les hommes établissent des digues. Ce que la mer a, ce que la mer a donné, elle le reprendra. Sera-ce dans 100 ans, dans 200 ans, dans cinq siècles ou dans trente ans ? Il y aura le retour de l’océan. Je pense qu’il faut l’accepter. Ce qui est inacceptable, c’est qu’entre-temps, on détruise tout.

Dans la lutte qu’on vit sur les bassines, il y a le pire — la barbarie de cet État, de ces préfets, de ces fachos en carapaces. Et puis il y a toute la beauté de notre mouvement, de ces solidarités très fortes, de la joie, de la culture, de la diversité. On se dit qu’en fait, des lendemains peuvent refleurir, des printemps peuvent chanter.

Notes

[1Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles.


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Source : https://reporterre.net/Julien-Le-Guet-Monsieur-Darmanin-est-le-plus-grand-ecoterroriste-de-France?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne 

mardi 23 juin 2026

Stop à la mégabassine du Roc d'Aude ! - Manifestation dimanche 28 juin 11h Les Angles - Rendez-vous covoiturage

Le bus 560 de la compagnie LIO est possible :
il part de la gare de Prades à 9h19 (changement à Mont Louis)
        de la cité de Villefranche à 9h25 (idem)

 2 autres rendez-vous possibles pour du covoiturage :
- Au niveau de la maison bleue à 9h45
- An niveau du parking en terre de Villefranche à 9h50

Venez nombreux et nombreuses

 
"La commune des Angles a entrepris le creusement d'un lac d'altitude, entre Mont Llaret et Roc d'Aude, destiné à la production de neige de culture. Sans étude d'impact. Sans enquête publique. Dans une logique de fait accompli lamentable.

Contre cette méga-bassine dont les impacts sur l'environnement sont d'ores et déjà délétères, collectifs citoyens et associations écologistes appellent à une manifestation, ce dimanche 28 juin à 11h, aux Angles, au niveau des télécabines.

Pour dire non à cette nouvelle atteinte à la nature. Pour stopper cette folie. Pour exiger du Parc naturel régional des Pyrénées catalanes, dont la charte interdit la consommation de nouveaux espaces par les domaines skiables, le respect des valeurs qu'il s'est lui-même donné."




A Prades, 
rdv covoit' 9h30, 
allée de la Plaine Saint-Martin, 
parking piscine municipale.



Mountain Wilderness
Bien vivre aux Angles
Bien vivre en Pyrénées catalanes
FRENE 66
Association Charles Flahault
Ligue de Protection des Oiseaux (LPO)
Groupe Ornithologique du Roussillon
Fédération Aude Claire
GPRENC (Grup Pirinenc Excursionista Nord Català)
Société mycologique et botanique de Catalogne Nord (SMBCN)
Association pour la protection du patrimoine artistique et historique du Roussillon (ASPAHR)
ASPAS Association de protection des animaux sauvages
Comité de conservation de la nature des Pyrénées-Orientales - Banyuls-sur-Mer
En commun 66
Alternatiba 66
Collectif els Brulls
Le jardin des herbes folles
Les Petits ruisseaux
Viure


vendredi 19 juin 2026

Cette station des Pyrénées-Orientales creuse un lac pour les canons à neige : les associations s’indignent


Cette station 

des Pyrénées-Orientales 

creuse un lac 

pour les canons à neige : 

les associations s’indignent

 

14 juin 2026
Philippe Becker

 

Photo de une © Michel Roussel


À un peu plus de trois kilomètres au-dessus du village des Angles, au niveau du Roc d’Aude, les pelleteuses s’activent. Les travaux pour une retenue d’eau de 113 000 m2 sur ce sommet ont démarré. Le futur bassin doit alimenter de manière plus efficace les canons à neige en hiver. Pour les opposants, c’est une méga-bassine d’altitude qui dénature le site au profit d’un loisir voué à disparaître. Une manifestation sur place est prévue le 28 juin.

Ce sont deux visions de la montagne qui s’affrontent. L’économie et l’emploi en soutenant la neige artificielle malgré le changement climatique, ou la sanctuarisation de l’environnement. « Cette retenue est tout à fait légale » assure le maire des Angles Michel Poudade, contacté par Made in Perpignan. Il évoque l’ensemble des autorisations obtenues mais aussi le recours en référé des associations contre le projet, qui a été retoqué.

Le lac artificiel est creusé sur la crête. Profond d’environ sept mètres, il s’étendra sur trois hectares, pour une emprise totale du site de six hectares. Les terres appartenaient à l’ONF. Pour les obtenir, la mairie a dû en échange donner 18 hectares de terrains communaux à l’Etat, sur le secteur des « Rocatells », ce qui inquiète les chasseurs qui souhaitent y conserver leurs habitudes. « Les plans de chasses seront maintenus » assure Michel Poudade. L’ensemble du projet, comprenant la retenue, les conduites et les systèmes de contrôle, reviendrait selon l’édile à 4,5 millions d’euros, payés par les revenus de la station. « Il n’y a pas un sou d’argent public là-dedans. »

« Tout ce que je pourrai faire pour maintenir cette activité et cette économie, je le ferai »

Michel Poudade assume la finalité. « Le premier objectif, il faut être très clair, est de préserver notre économie. » L’idée est d’avoir un stockage supplémentaire pour fabriquer davantage de neige de culture en moins de jours, plutôt que de devoir attendre le renouvellement des bassins existants. En clair, enneiger tout le domaine en 50 heures de froid seulement et passer de 1800 m3 à 2800 m3 d’eau par heure. L’eau sera pompée en surface, dans les cours d’eau qui alimentent la Balmette, et remontée jusqu’au bassin sans dépasser selon le maire les maximums prélevables déjà autorisés depuis 2008, soit 300 000 m3. 

Image de synthèse de la future retenue © Mairie des Angles

Au-delà de la question du volume, il s’agit pour Michel Poudade d’économiser l’électricité des quatre surpresseurs qui amènent la pression de 40 bars nécessaire aux canons. Le lac artificiel, situé sur un point haut, offrira la pression naturelle du gravitaire. « On va économiser 150 000 euros d’électricité par an. » Il insiste sur l’importance de l’activité ski et le faible taux de chômage, qu’il annonce à 2 %, sur les Angles. « Je suis très fier qu’une commune de 680 habitants puisse proposer 1200 à 1400 emplois en saison hivernale. Tout ce que je pourrai faire pour maintenir cette activité et cette économie, je le ferai. »

L’ancien maire Christian Blanc, battu en 2014, fulmine. « C’est un projet complètement fou. C’est la destruction d’une montagne au coeur d’un parc naturel régional, ça ne s’est jamais vu. »

Pour Christian Blanc, si les petites retenues sont courantes sur les stations de ski, creuser une crête est une toute autre affaire. Pour lui, il aurait été préférable de pomper dans le lac de Matemale et ses 20 millions de m3 d’eau. « Au lieu d’aller puiser dans un barrage qui existe déjà au pied du village, on va construire une retenue à 2300 mètres d’altitude, avec des clôtures autour. » Michel Poudade rétorque que pomper à Matemale serait impensable en raison des pressions nécessaires quand on puise plus bas.

« On continue la transformation progressive du village des Angles en parc d’attractions »

Christian Blanc évoque aussi le changement climatique avec des autorisations de prélèvement anciennes qui ne seraient plus dimensionnées à un futur plus sec et à un étalement urbain qui se poursuit. « Il y a encore des projets de lotissements en cours. On construit des luges sur des rails. On continue la transformation progressive du village des Angles en parc d’attractions. » Une quinzaine d’associations sont vent debout contre le projet, parmi lesquelles Frene 66, Bien vivre aux Angles, la Confédération Paysanne 66, Alternatiba 66 ou encore Cerca nature. Une pétition a réuni plus de 6000 signatures.

Laurine Nogues, membre de Cerca nature, naturaliste et habitant sur la montagne, s’inquiète. « Je suis maman d’une petite fille de trois ans et je suis inquiète des conséquences de décisions motivées par le profit à court terme. Je trouve regrettable de sacrifier une partie de nos trésors de biodiversité au nom du capitalisme et de certaines activités humaines. »

Pour l’association Frene 66, le Roc d’Aude est favorable à la perdrix et au Grand Tétras, espèces en déclin. Plusieurs opposants supposent un lien avec le coq qui a récemment percuté un câble de téléski, dérangé selon eux par les engins. Michel Roussel est le président de l’association Bien Vivre aux Angles. Pour lui, les trois hectares de bassin sont un « coup de poignard dans la nature » qui entraîneront une surface d’évaporation supplémentaire sur une eau précieuse. « Est-ce qu’il faut n’avoir que l’objectif de faire du chiffre, d’amener du monde ? Les gens viennent consommer la montagne, le ski, n’acceptent pas un retard, une piste moins bien damée etc. C’est tapis rouge pour eux, on fait des infrastructures pour faire chauffer les cartes bleues, en croisant les doigts pour que ça tienne le plus longtemps possible. »

© Michel Roussel
© Michel Roussel
 

Le militant s’inquiète aussi du risque de catastrophe, en prenant l’exemple d’une bassine à Courchevel qui a réchauffé les sols glacés et a entraîné des mouvements de terrain. « On aura 113 000 tonnes d’eau là-haut. Qu’est-ce que ça donnera s’il y a une fissure, un petit tremblement de terre ? »

« On ne parle pas d’une tour Eiffel, on parle d’un lac »

Pour Michel Poudade, les impératifs environnementaux seront respectés. « En termes de paysage, l’eau ne dégrade rien. On ne parle pas d’une tour Eiffel, on parle d’un lac. Je ne comprends pas ces attaques. Je me demande si, avec ces associations, on aurait fait le lac de Matemale. » Il évoque un talus autour du lac avec la terre végétale récupérée lors des travaux, et sur lesquels seront replantées des espèces locales.

S’agissant du profit à court terme, il s’inscrit en faux. Michel Poudade envisage en effet un revenu sur le village grâce à de l’hydroélectricité. L’idée, dans un second temps, sera en effet de faire remonter l’eau depuis les retenues plus basses, aux heures où l’électricité est moins chère, puis de la faire descendre sur les 400 mètres de dénivelé et passer à travers des turbines quand la revente devient intéressante.

« Si dans 30 ans le ski s’arrête, la commune sera contente d’avoir un retour financier de 400 000 ou 500 000 euros pour développer son activité quatre saisons. »

© Mairie des Angles

Ce système en circuit fermé est appelé « STEP » pour station de transfert par énergie. Enfin le maire des Angles évoque des utilisations secondaires de la retenue, comme l’alimentation d’abreuvoirs pour l’élevage ou celle des bouches d’incendie du domaine. Pour cela il restera toujours un minimum de 15 000 ou 20 000 m3 sur la retenue.

Les travaux avancent en vue d’une mise en service pour l’hiver prochain. Suite à leur premier recours retoqué, les associations espèrent néanmoins être entendues devant le Conseil d’Etat.


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Source : https://madeinperpignan.com/retenue-angles-canons-neige-pyrenees-orientales-polemique/ 

mercredi 6 août 2025