Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
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Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...

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mardi 5 mai 2026

"On mange du poison à la centrale de Moulins-Yzeure"

« On mange du poison 

à la centrale de Moulins-Yzeure »

 

Source : https://lenvolee.net/2026/04/27/on-mange-du-poison-a-la-centrale-de-moulins-yzeure/ 

vendredi 27 février 2026

Les 10 bonnes nouvelles de la semaine : Crues, chatgpt et épicerie

Crues, chatgpt et épicerie :

les 10 bonnes nouvelles 

de la semaine

 


 

Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? 

Voici 10 bonnes nouvelles 

à ne surtout pas manquer cette semaine. 

 

1. Dans l’Aude, redonner de l’espace aux rivières pour prévenir les crues

Le département a choisi de désartificialiser et recréer zones humides et champs d’expansion pour absorber et ralentir les crues, avec des effets jugés efficaces notamment à Trèbes. En élargissant les cours d’eau, les débordements deviennent anticipables et moins destructeurs. (La Relève et la Peste)

2. « QuitGPT » : un boycott contre ChatGPT après un don à Trump

Une campagne de boycott de « QuitGPT » a été lancée après un don de 25 millions de dollars de Greg Brockman, cofondateur d’OpenAI, à Donald Trump. Le collectif appelle à résilier les abonnements et à se tourner vers d’autres chatbots. (Vert)

3. À Clermont-Ferrand, une épicerie remplace l’hypermarché fermé

Après la fermeture d’Auchan, laissant 200 salariés sans emploi, Hélène Nguyen a ouvert Wassana, une épicerie multiculturelle pour recréer un commerce de proximité et un lieu de sociabilité. Fragilisée par des soucis de trésorerie, la boutique tente de répondre aux besoins d’un quartier populaire privé de grande surface. (Reporterre)

4. EDF condamnée pour le licenciement d’un lanceur d’alerte

Le conseil de prud’hommes de Paris a condamné EDF à verser 250 000 euros à Arnaud Begin, ex-cadre nucléaire mis à la retraite d’office après avoir dénoncé harcèlement et écarts de sûreté. La justice a requalifié cette mise à la retraite en licenciement nul, pour violation de sa liberté d’expression. (Reporterre)

5. Braconnage des rhinocéros : baisse de 16 % en Afrique du Sud en 2025

Le braconnage de rhinocéros a reculé de 16 % en 2025 en Afrique du Sud, selon les autorités, grâce au renforcement des mesures de protection et des poursuites judiciaires. Les défenseurs de la faune alertent toutefois : le trafic reste actif et la lutte est loin d’être terminée. (World Animal News)

6. Près de 9 000 amphibiens sauvés grâce à des filets en Drôme

À Moras-en-Valloire, la LPO et des étudiants ont installé 250 mètres de filets le long d’une route pour protéger les amphibiens durant leur migration prénuptiale. Depuis 16 ans, l’opération a permis de sauver 8 584 grenouilles et tritons menacés d’écrasement. (ICI Drôme Ardèche)

7. Record historique de ponte pour un papillon rare au Royaume-Uni

Le thécla du bouleau (Thecla betulae), papillon rare britannique, a atteint en 2025 son plus haut nombre d’œufs jamais recensé. Cette hausse est liée à des haies laissées en croissance libre, favorables à sa reproduction. (Butterfly Conservation)

8. Capri limitera les groupes touristiques à 25 personnes

Dès l’été 2026, l’île italienne de Capri interdira les groupes de plus de 25 personnes et imposera l’usage d’écouteurs pour les guides afin de réduire les nuisances liées au surtourisme. La mesure vise à fluidifier la circulation dans les ruelles étroites et à préserver la tranquillité des habitants. (La Libre)

9. SNCF : préavis de grève des contrôleurs pour les vacances parisiennes

Les contrôleurs SNCF ont déposé un préavis de grève pour le week-end des vacances scolaires de la région parisienne, faisant planer un risque de perturbations sur les départs. Le mouvement porte sur des revendications liées aux conditions de travail et à l’organisation interne.(Le Monde)

10. Un escargot des Bermudes officiellement sauvé de l’extinction

Un petit escargot terrestre endémique des Bermudes a été officiellement retiré de la liste des espèces menacées, après avoir frôlé l’extinction. Sa sauvegarde est le résultat d’un programme de reproduction et de réintroduction mené sur plusieurs années.(Le Monde)

Photo de couverture – Sarah Cottle – Unsplash

– Mauricette Baelen

  

 Source : https://tinyurl.com/ym2mt7vs

mardi 11 novembre 2025

6 Mois de prison ferme pour un jet de peinture sur Matignon

6 Mois de prison ferme 

pour un jet de peinture sur Matignon

 24 septembre 2025

 La sanction la plus lourde jamais prononcée en France pour une action de désobéissance civile non-violente : de la peinture sur Matignon

 


12 millions de personnes vivent dans la précarité énergétique et doivent choisir entre se nourrir ou se chauffer. Voilà une vraie violence, de masse, qui perdure. À l’inverse, la justice frappe de plus en plus durement le mouvement écologiste.

Le verdict est tombé ce mardi 23 septembre : Rachel, 23 ans, militante chez Dernière Rénovation, est condamnée à 6 mois de prison ferme. Dans son communiqué, le collectif Riposte Alimentaire explique qu’il s’agit de « la sanction la plus lourde jamais prononcée, en France, à l’encontre d’une activiste pour une action de désobéissance civile non-violente ». En novembre 2023, la militante avait recouvert la façade de Matignon de peinture orange lavable. Elle dénonçait par ce geste le manque de moyens accordés à la rénovation thermique des bâtiments. Pourtant, la rénovation des bâtiments est vitale pour toutes celles et ceux qui vivent dans des passoires thermiques et subissent de plein fouet la précarité énergétique. Ce sont près de 12 millions de personnes à l’heure actuelle, qui doivent parfois choisir entre manger ou se chauffer l’hiver.

En 2024, selon l’observatoire des inégalités, 28% de la population affirmait avoir eu du mal à payer ses factures d’énergie, 82% déclarait avoir baissé son chauffage pour ne pas avoir à payer de factures trop importantes. L’été, les vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et intenses font de ces logements surchauffés des fournaises. Et l’État français, au lieu de se saisir de ce problème, se défausse : Éric Lombard, ministre de l’économie, annonçait carrément le 4 juin l’interruption du dispositif MaPrimRénov à compter du 1er juillet. Voilà ce qui devrait être criminalisé : les politiques néolibérales débridées de l’État mettent un coup d’accélérateur au réchauffement climatique, et le même État refuse d’aider ceux qui en subissent les conséquences de plein fouet.

Lors du procès, la procureure a multiplié les provocations immondes, n’hésitant pas à comparer le jet de peinture à des féminicides, et la défense des activistes à la défense de violeurs. De tels propos sont intolérables et montrent le niveau de radicalisation de la bourgeoisie, qui ne supporte plus que les gens se battent pour plus de justice sociale.

De plus, un élément a joué un rôle important dans la sévérité de la condamnation : une agente de police avait affirmé avoir reçu un jet de peinture. Version des faits contredite par une vidéo où l’on aperçoit ladite policière arriver sur les lieux alors que la militante est déjà menottée. Malgré cela, le tribunal a maintenu la circonstance aggravante. En outre, ce verdict va à rebours des dernières décisions de justice, qui avaient tendance à prononcer la relaxe. La condamnation de Rachel va créer un précédent plus que dangereux pour les militants et militantes écologistes.

« La répression que subissent actuellement en Europe les militants écologistes qui ont recours à des actions pacifiques de désobéissance civile constitue une menace majeure pour la démocratie et les droits humains » dénonçait le rapporteur spécial de l’ONU Michel Forst en 2024. « L’urgence environnementale à laquelle nous sommes collectivement confrontés et que les scientifiques documentent depuis des décennies, ne peut être traitée si ceux qui tirent la sonnette d’alarme et exigent des mesures sont criminalisés pour cette raison ».

La France, non contente d’être le pire pays d’Europe en termes de répression policière, souhaite donc également décrocher la palme de la répression judiciaire, détenue jusqu’ici par l’Angleterre. C’est en effet là-bas que des peines de prison ferme ont été prononcées à l’encontre de militant-es écologistes. C’est le collectif Just Stop Oil, qui demandait la fin des énergies fossiles et a récemment annoncé la fin de ses activités, qui a payé le plus lourd tribut : 3300 arrestations, 180 peines de prison dont certaines de prison ferme jusqu’à 5 ans pour des blocages de route ou des jets de soupe. La France semble donc vouloir emboîter le pas à l’Angleterre.

La chercheuse au CNRS Sylvie Ollitrault met en garde : « Ce que j’entends beaucoup au sein des mouvements écologistes, même les plus consensuels, c’est qu’ils ont joué le jeu des concertations, des pétitions et des réunions publiques. Et ils n’ont pas été écoutés. Il y a une sorte de lassitude militante ». Ainsi, au lieu de mettre au pas les activistes, pourrait-on assister au contraire à une intensification et une radicalisation des modes d’action ? Quitte à aller derrière les barreaux pour de la peinture, pourquoi ne pas frapper plus fort contre les écocidaires et l’État qui les protège ?

 

Source : https://contre-attaque.net/2025/09/24/6-mois-de-prison-ferme-pour-un-jet-de-peinture-sur-matignon/ 

vendredi 1 août 2025

Pesticides interdits : l’État épingle la multinationale BASF grâce aux faucheurs volontaires

 

Pesticides interdits : l’État épingle la multinationale BASF grâce aux faucheurs volontaires

 

Une action menée par des faucheuses et faucheurs volontaires dans une usine française de BASF a révélé la présence et la production de pesticides interdits en France. L’État s’est ensuite saisi de l’affaire.

par Sophie Chapelle

8 juillet 2025

 

Une inspection citoyenne avait déjà eu lieu le 4 mars 2022 sur le site de BASF à Genay, près de Lyon. © Les faucheuses et faucheurs volontaires

 Une usine de la multinationale chimique BASF, en région lyonnaise, produit et stocke un insecticide interdit d’utilisation en France. L’information, confirmée par la préfecture du Rhône le 2 juillet, a été révélée suite à une action des faucheuses et faucheurs volontaires menée quinze jours plus tôt. Le 23 juin, une cinquantaine de militants ont réalisé une « inspection citoyenne » sur le site de BASF de Genay. Ils se sont introduits sur le site pour vérifier si BASF continuait de produire et d’exporter des pesticides interdits en France.

Capture d’écran de la vidéo relative à l’inspection citoyenne sur le site de BASF à Genay (Rhône). © Les Soulèvements de la terre
Une première « inspection citoyenne », en mars 2022, avait révélé la présence de Régent TS, un insecticide interdit d’utilisation en agriculture en France depuis plus de vingt ans. Trois ans après, les faucheuses et faucheurs volontaires ont décidé de réitérer cette action. « Cette inspection [du 23 juin 2025] n’a pas pu se prolonger beaucoup à cause de l’intervention de la police, mais nous avons quand même repéré du Fastac, et sa matière active, l’alpha-cyperméthrine, tous deux interdits à la production et à l’exportation depuis la France », explique un faucheur.

Le collectif a photographié une palette de 250 kg de Fastac mentionnant une date de fabrication au 1er janvier 2025, soit trois ans après l’entrée en vigueur de la loi Egalim. Or, cette même loi interdit précisément de produire, de stocker et de faire circuler - donc d’exporter - les produits phytosanitaires composés de substances actives qui ne sont pas autorisées en France en raison de leur impact sur la santé et l’environnement.

En l’occurrence, le Fastac, insecticide longtemps utilisé sur les vignes ou les céréales, a été retiré du marché français en octobre 2020. Et la substance active à partir de laquelle il est fabriqué, l’alpha-cyperméthrine, n’est plus autorisée dans toute l’Union européenne depuis 2021. Pour les faucheuses et faucheurs volontaires, la présence de ce pesticide et de sa substance active dans l’usine, signifie que « BASF est hors-la-loi ».

BASF, sous le coup de la loi

L’affaire ne s’arrête pas là. L’action a notamment donné lieu à des articles dans Mediapart et Le Monde. Puis, le ministère de la Transition écologique a décidé de mobiliser la direction régionale de l’environnement et de l’aménagement du territoire (Dreal) pour effectuer des contrôles dans l’usine et vérifier la conformité des pratiques industrielles du site de BASF avec le droit en vigueur. « C’est la première fois que l’État se saisit des révélations faisant suite à une inspection citoyenne », se réjouit un faucheur contacté par Basta!.

 

Palette de Fastac photographiée dans l’usine BASF de Genay, le 23 juin 2025. © Faucheuses et faucheurs volontaires

L’inspection de la Dreal a finalement été diligentée le 30 juin dernier, à la demande de la préfète du Rhône, Fabienne Buccio. « Cette inspection a permis de confirmer la production et la présence de stocks de produit phyto-pharmaceutique Fastac contenant de l’alpha-cyperméthrine, destiné à l’export, ce qui est interdit par la loi Egalim », indique la préfecture du Rhône dans un communiqué du 2 juillet.

« L’alpha-cyperméthrine est approuvée par l’Organisation mondiale de la santé pour une utilisation dans les moustiquaires », se défend BASF, avant d’ajouter que « les biocides ne relèvent pas de la législation Egalim ». Toujours d’après la multinationale, « la production de Fastac en tant que produit phytosanitaire est conforme à la loi Egalim, puisque le retrait de l’approbation de l’alpha-cyperméthrine par l’UE en 2021 n’a pas été motivé par des risques environnementaux ou sanitaires ».

Pourtant, d’après le site de l’Agence européenne des produits chimiques, l’alpha-cyperméthrine est toxique pour les milieux aquatiques et pour les humains. « BASF continue à jouer avec les mots », déplore un faucheur. L’argumentaire déployé par le géant allemand de l’agrochimie ne semble pas avoir convaincu les autorités françaises. Selon Le Monde, la Dreal « proposera très prochainement à la préfète du Rhône les suites administratives à cette inspection ».

Failles législatives

Une enquête de Public Eye et Unearthed, la cellule investigation de Greenpeace Royaume-Uni, avait révélé en septembre 2024 que la France continuait à exporter des milliers de tonnes de pesticides interdits, vers des pays comme le Brésil, l’Ukraine ou encore l’Inde, malgré les promesses faites par le gouvernement de remédier aux lacunes flagrantes de la législation. Ces exportations ont de terribles conséquences pour les pays destinataires.

La proposition de loi Duplomb, qui sera examinée en deuxième lecture à l’Assemblée nationale le 8 juillet, prévoit notamment l’interdiction de la production, du stockage et de la distribution - notamment pour l’exportation - de produits phytosanitaires interdits à l’usage en France, mais seulement à partir de 2026. Sauf que cette même proposition de loi veut réautoriser des pesticides qui avaient précisément été interdits en France. C’est le cas de l’acétamipride, pesticide de la famille des néonicotinoïdes interdit sur le territoire national depuis 2018.

Source : https://basta.media/Pesticides-interdits-grace-aux-faucheurs-volontaires-Etat-epingle-multinationale-BASF

dimanche 3 novembre 2024

Ça Bascule…

Message de Claire Nouvian de l'association Bloom

contact@bloomassociation.org


Ça y est, 

la bascule est en cours.

 

 

Nous sommes entrés 


dans une phase grave, 


inimaginable et irréversible 


de notre présence humaine 


sur la planète.

 

Pendant des décennies, les scientifiques ont prédit le changement climatique et les effets de la destruction à grande échelle des habitats et des espèces vivantes par les activités humaines. Pendant des décennies, les scientifiques ont annoncé la catastrophe à venir.

Tout ce que nous avions à faire, c'était de croire en la science. De croire en notre capacité quantitative à prédire l'avenir en extrapolant les tendances.

Mais nous n'avons pas cru. Nous n’avons pas écouté. Nous n'avons pas agi, ou à la marge.

Des philosophes comme Jean-Pierre Dupuy nous ont enjoint de croire avant qu’il ne soit trop tard, avant que les ravages ne deviennent visibles car alors, maintenir le monde naturel tel qu’il existait serait impossible.

En septembre 2023, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres disait que notre addiction aux énergies fossiles avait « ouvert les portes de l'enfer ».

Nous y voilà.

Désormais, la catastrophe est visible.

Le cycle de destruction de la nature, du climat et des humains est enclenché. Quatre millions de morts sont déjà imputables au changement climatique. 2023 a été l’année de franchissement de tous les records : température globale, température de l’océan, perte d’étendue des glaces… Alors qu’une 7ème limite planétaire, l’acidification des océans, est en cours d’être dépassée1 et que 2023 a vu l’effondrement des puits de carbone terrestres2, les chercheurs qui alertent depuis plusieurs décennies viennent de publier un état des lieux du changement climatique intitulé « Des Temps périlleux pour la planète Terre »3. C’est l’article dont nous avions besoin, celui qui fait le bilan à date de l’impact des bouleversements climatique et biologique sur la planète et les humains.

Lorsqu’en mai dernier, nous avons attaqué TotalEnergies et ses actionnaires devant la justice pénale pour mise en danger de la vie d’autrui (entre autres motifs d'accusation), nous avons insisté sur le fait qu’il n’était désormais plus possible de parler de « catastrophes naturelles » pour désigner les ouragans, les inondations, les canicules, les sécheresses et autres événements extrêmes. Il fallait parler de « catastrophes climatiques ».

On compte dorénavant plus d’un désastre climatique par jour. Les chercheurs ont dressé la liste, non exhaustive, des principaux cataclysmes attribués par la science au changement climatique entre fin 2023 et août 2024 seulement ; vous la trouverez en bas de ce message. Il faudrait déjà compléter cette liste tant il y en eut depuis. Et pourtant, vous avez sans doute, comme nous, remarqué que les médias traditionnels ne parlaient presque plus des événements extrêmes, à moins qu’ils ne se déroulent en France... C’est à peine si les inondations en Europe de l’Est ou les tempêtes extratropicales qui ont englouti le Sahara au Yémen4 ou au Maroc5, pour la première fois en plus de 50 ans, ont été évoquées par les médias.

Le cycle de l’eau est altéré partout sur Terre. Il est devenu plus irrégulier et imprévisible, générant des problèmes croissants d'excès ou de manque d'eau. Ces alternances de sécheresses et de déluges augmentent la proportion de zones inhabitables. Le niveau des mers croît plus rapidement que prévu, submergeant progressivement une grande partie du littoral mondial et menaçant d’entraîner le déplacement de centaines de millions de personnes avant même la fin du siècle. Les espèces vivantes, quant à elles, disparaissent comme peau de chagrin. En seulement 50 ans (1970-2020), la taille moyenne des populations d'espèces sauvages a connu un déclin catastrophique de 73%6. En mer du Nord, les grands poissons ont décliné de plus de 99% en un peu plus d’un siècle7.

Le monde, tel que nous l’avons connu, est en train de disparaître.

Jamais l’humanité n’a été confrontée à un choc de si grande ampleur. Aucune expérience passée ne peut éclairer le chemin à suivre. La comète du changement climatique et de la destruction de la biosphère nous fonce dessus, mais nous continuons à regarder ailleurs et pire, à appuyer sur l’accélérateur du désastre.  

Deuil et courage

Comment ne pas désespérer des logiques à l’œuvre ? Comment ne pas baisser les bras face à la puissance de destruction de l’humanité ?

En acceptant de devoir passer par le deuil.

Il a fallu accepter l’idée que notre mission avait changé. A l’origine, il y a près de 20 ans, nous nous battions pour préserver le monde vivant tel qu’il existait. Au fond, ce qui nous tenait, c’était l’idée que nous pouvions éviter les pertes, que nous pouvions protéger les espèces et les habitats de la disparition. L’accélération du changement climatique et la destruction méthodique de notre environnement nous obligent à faire le deuil du monde tel que nous l’avons connu. A reconnaître que non seulement, nous ne réussirions pas, seuls, à avoir raison d’un système capitaliste financiarisé qui tire profit de la destruction de la nature et de l’asservissement des humains, mais que nous ne pourrions pas empêcher les ravages sidérants qui nous échoyaient en partage et que les dirigeants politiques irresponsables n’ont pas eu le courage d’anticiper.

Cela a été douloureux et continue à l’être. Cela s’est accompagné d’éclats de tristesse profonde. Mais c’est notre destinée commune. Nous avons été forcés de l’accepter et de faire bouger notre cible. Puisque nous ne pourrons pas éviter toutes les pertes, nous devons désormais agir pour en éviter certaines et pour éviter le pire.

Le monde à +3,5°C de réchauffement climatique n’aura rien de comparable avec un monde à +2°C. Chaque bout de terre ou de mer protégé de nos activités destructrices offrira non seulement un puits de carbone essentiel pour limiter les dégâts climatiques, mais aussi un refuge à la biodiversité pour se régénérer et résister à l’effondrement du vivant.

L’urgence sans précédent à laquelle nous sommes confrontés en tant qu’espèce nous intime l’ordre de redoubler de courage et de volonté pour ne pas abandonner les humains et non-humains au rouleau compresseur et autodestructeur des logiques financières dominantes.

La situation est sidérante et peut chez certain·es provoquer une colère immense, mais rappelez-vous cette découverte faite par une étude norvégienne et qui corrobore ce que nous constatons chez BLOOM : la colère est sept fois plus génératrice d’actions pour lutter contre le changement climatique que l'espoir8.

Et pour préparer l’après.

La colère est d’autant plus grande chez les jeunes que leur avenir est condamné par notre inaction collective. Les enfants nés en 2020 devront faire face à jusqu’à sept fois plus d’événements extrêmes, en particulier les vagues de chaleur, par rapport aux personnes nées en 19609. C’est cela, l’injustice intergénérationnelle. Et c’est pour cette jeunesse que nous décuplerons d’énergie et de combattivité, c’est sur cette jeunesse et sa créativité que nous nous appuyons désormais pour augmenter et renouveler notre lutte.

Tolérance zéro pour les destructeurs

Le seul risque auquel nous sommes confrontés en tant que corps social et en tant qu’association surmotivée à continuer à gagner ses combats, c’est de ne pas tout tenter pour limiter les pertes et déboucher l’avenir. Notre rôle, c’est d’être iconoclastes, d’oser projeter une organisation différente de la société, de proposer des feuilles de route cassant avec le scénario « business as usual » condamné et condamnant.

Nous osons dire haut et fort qu’il n’y a pas de place dans l’avenir pour les pêches industrielles.

Nous osons dire haut et fort que les pêches climaticides comme le chalutage, qui racle les fonds marins, les espèces et les finances publiques par les subventions qu’il touche, devront disparaître et disparaîtront.

Nous réaffirmons que cette disparition doit être programmée et accompagnée pour que les pêcheurs ne fassent pas seuls les frais des choix d’une société qui a misé sur des activités extractives écocidaires et boostées aux énergies fossiles.

Nous croyons en la régénération des écosystèmes et en la capacité de résilience extraordinaire de la nature.

Nous misons sur la plus grande des créativités humaines : l’innovation sociale.

Nous savons que nous sommes entré·es dans un tunnel et que l’horizon est sombre, mais nous savons aussi que la jeunesse, comme nous, ne compte pas « marcher comme des somnambules vers l'extinction »10.

En réalité, la lutte ne fait que commencer. Nous devons plus que jamais massifier notre mouvement, resserrer nos liens, faire entendre nos voix et aider la jeunesse à tenir les combats dans la durée.

Nous avons besoin de vos dons pour soutenir les jeunes activistes et leur permettre de rallier la lutte pour empêcher la destruction du principal régulateur climatique mondial : l’océan.

Nous sommes plus déterminés que jamais.

Soyez le plus généreux possible par vos dons et par le partage ample de cette newsletter.

Hauts les cœurs.

Claire

 


J’aide BLOOM à soutenir les jeunes activistes




1https://www.theguardian.com/environment/2024/sep/23/earth-breach-planetary-boundaries-health-check-oceans

2https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/07/30/les-puits-de-carbone-terrestres-se-sont-effondres-en-2023_6261489_3244.html

3https://academic.oup.com/bioscience/advance-article/doi/10.1093/biosci/biae087/7808595?login=false

4https://www.washingtoninstitute.org/policy-analysis/palms-sands-how-climate-change-destroying-green-yemen

5https://www.theguardian.com/environment/2024/oct/11/dramatic-images-show-the-first-floods-in-the-sahara-in-half-a-century

6https://www.worldwildlife.org/press-releases/catastrophic-73-decline-in-the-average-size-of-global-wildlife-populations-in-just-50-years-reveals-a-system-in-peril

7https://besjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/j.0021-8790.2004.00839.x

8https://www.theguardian.com/environment/2023/aug/21/anger-is-most-powerful-emotion-by-far-for-spurring-climate-action-study-finds et https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0959378023001048

9https://texmex.mit.edu/pub/emanuel/PAPERS/Thiery_etal_2021_Science.pdf

10Expression de l’avocate et activiste Melinda Janki.

 

 

vendredi 18 octobre 2024

Pollution de l'eau potable par des métabolites de pesticides : révélations !

16 octobre 2024

 

DIPA, THPAM, M65004, ces noms ne vous disent rien ? C'est normal ! Ce sont des métabolites de pesticides - les produits de dégradation des pesticides épandus dans l'environnement - qui ne font l'objet d'aucune surveillance dans les eaux par les autorités sanitaires. C'est ce que nous avons constaté lors de notre enquête publiée ce mardi 15 octobre 2024.

Pourtant, ces métabolites ont de très forts risques d'être présents dans nos nappes phréatiques à des teneurs pouvant atteindre 100 fois la norme pour l'eau potable. Cette situation est extrêmement préoccupante en termes de risques sanitaires auxquels est exposée la population française !

 

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Ce que démontre Générations Futures 

dans son travail d'enquête 

minutieux et fouillé.

 

  • 300 pesticides (susceptibles d'engendrer des métabolites) sont autorisés à ce jour en France mais seuls 33 métabolites sont actuellement suivis dans l'eau potable. 

 

Cela est très insuffisant selon notre ONG. Mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg

 

  • des dizaines d'autres métabolites (au minimum 56), dont le risque de contaminer les eaux est connu, ne sont pas recherchés par les autorités dans leur contrôle-qualité de l'eau de boisson ! Parmi eux, Générations Futures en a identifié de très préoccupants. Entre autres : le TFA, un métabolite présent dans la majorité de l'eau potable en Europe, que l'Allemagne considère comme toxique pour la reproduction probable. Ou le DIPA, métabolite jugé potentiellement génotoxique !

 

Ce constat extrêmement préoccupant est la partie immergée de l'iceberg. Il est, en outre, certainement sous estimé car Générations Futures a dû se focaliser sur une liste réduite de pesticides qu'elle a considérés comme les plus problématiques.

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Métabolites de pesticides : 

un enjeu sanitaire d'ampleur !

 

Les métabolites étant le résultat de la dégradation d'un pesticide, si le pesticide en question comporte des risques pour la santé à exposition durable, cela peut aussi être le cas pour le(s) métabolite(s) qu'il génère. Les populations sont donc exposées aux pesticides mais également à leur(s) produit(s) de dégradation, les métabolites !

 


 Ces révélations sur un scandale sanitaire d'ampleur sont le fruit d'une enquête de deux ans menée par l'équipe de Générations Futures. L'intégralité du rapport, de la méthodologie et de nos conclusions sont disponibles sur notre site generations-futures.fr.

 

  https://www.helloasso.com/associations/gf/formulaires/4

 

 

 

 


 


 

GÉNÉRATIONS FUTURES
179 Rue La Fayette, 75010, Paris.
adherent@generations-futures.fr
01 45 79 07 59
generations-futures.fr