Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan. Mais pas que. Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...
BLOG EN COURS D'ACTUALISATION... ...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...
Communiqué de proches de prisonniers à la prison de Moulins
Depuis des mois, au sein du quartier maison centrale (QMC) de
Moulins-Yzeure, les conditions d’hygiène relatives à la nourriture sont
tout simplement inhumaines et dégradantes.
Les gamelles, sorties de frigos régulièrement en panne, sont servies
pourries, « avec une odeur du fumier » comme en témoigne l’un des
prisonniers du QMC. L’odeur des plats est plus pestilentielle encore que
l’usine de croquettes pour chiens attenante à la prison.
Les légumes en boîte qui y sont servis sont périmés depuis 2 ans,
mais continuent à être servis. Même chose pour les desserts,
systématiquement périmés depuis plusieurs jours.
Bien entendu, il ne vient pas à l’esprit du personnel de
l’administration pénitentiaire d’avoir la décence de resservir une autre
gamelle – saine ! – dès qu’un prisonnier se retrouve confronté à l’une
de ces gamelles au fumier. De nombreux prisonniers se retrouvent donc à
ne plus être en mesure de se nourrir.
Le risque est d’autant plus grand que dès que l’on tombe malade à
cause de la gamelle, il n’y a aucun docteur disponible pour apporter le
moindre soin. Et bizarrement, lorsque des prisonniers, pour alerter sur
leur situation, écrivent à leur avocat·e – en principe sous pli
confidentiel – les courriers « disparaissent » dans la nature… Même
chose pour les appels aux avocat·es, qui semblent étrangement fuiter.
La cheffe de la cuisine est clairement responsable de tels
dysfonctionnements. Le fait qu’elle bombarde ses gamelles à l’arôme de
purin d’épices cheloues ne change rien à la teneur du plat. Et comme
plusieurs prisonniers l’ont constaté eux-mêmes : « En plus, Madame se
permet de toucher la bouffe sans gants. Elle se gratte les fesses puis
trempe ses doigts dans les plats. »
Livrer de tels repas aux prisonniers est absolument indigne, en plus
d’être particulièrement dangereux. Instaurer un climat de pression à
l’encontre des prisonniers souhaitant alerter avocat·es et juridictions
compétentes est intolérable.
Il devient urgent que cela cesse immédiatement. Nous appelons toute
personne choquée par la situation actuelle à appeler la prison :
Tél. : 04.70.35.15.00.
Adresse postale : Direction du Centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure, 21 rue de Millepertuis, BP 24, 03401 Yzeure Cedex
1. Dans l’Aude, redonner de l’espace aux rivières pour prévenir les crues
Le département a choisi de désartificialiser et recréer zones humides et champs d’expansion
pour absorber et ralentir les crues, avec des effets jugés efficaces
notamment à Trèbes. En élargissant les cours d’eau, les débordements
deviennent anticipables et moins destructeurs. (La Relève et la Peste)
2. « QuitGPT » : un boycott contre ChatGPT après un don à Trump
Une campagne de boycott de « QuitGPT » a été lancée après un don de 25 millions de dollars de Greg Brockman, cofondateur d’OpenAI, à Donald Trump. Le collectif appelle à résilier les abonnements et à se tourner vers d’autres chatbots. (Vert)
3. À Clermont-Ferrand, une épicerie remplace l’hypermarché fermé
Après la fermeture d’Auchan, laissant 200 salariés sans emploi, Hélène Nguyen a ouvert Wassana, une épicerie multiculturelle pour recréer un commerce de proximité et un lieu de sociabilité.
Fragilisée par des soucis de trésorerie, la boutique tente de répondre
aux besoins d’un quartier populaire privé de grande surface. (Reporterre)
4. EDF condamnée pour le licenciement d’un lanceur d’alerte
Le conseil de prud’hommes de Paris a condamné EDF à verser 250 000 euros
à Arnaud Begin, ex-cadre nucléaire mis à la retraite d’office après
avoir dénoncé harcèlement et écarts de sûreté. La justice a requalifié
cette mise à la retraite en licenciement nul, pour violation de sa liberté d’expression. (Reporterre)
5. Braconnage des rhinocéros : baisse de 16 % en Afrique du Sud en 2025
Le braconnage de rhinocéros a reculé de 16 % en 2025 en Afrique du Sud, selon les autorités,
grâce au renforcement des mesures de protection et des poursuites
judiciaires. Les défenseurs de la faune alertent toutefois : le trafic
reste actif et la lutte est loin d’être terminée. (World Animal News)
6. Près de 9 000 amphibiens sauvés grâce à des filets en Drôme
À Moras-en-Valloire, la LPO et des étudiants ont installé 250 mètres de filets
le long d’une route pour protéger les amphibiens durant leur migration
prénuptiale. Depuis 16 ans, l’opération a permis de sauver 8 584 grenouilles et tritons menacés d’écrasement. (ICI Drôme Ardèche)
7. Record historique de ponte pour un papillon rare au Royaume-Uni
Le thécla du bouleau (Thecla betulae), papillon rare britannique, a atteint en 2025 son plus haut nombre d’œufs jamais recensé. Cette hausse est liée à des haies laissées en croissance libre, favorables à sa reproduction. (Butterfly Conservation)
8. Capri limitera les groupes touristiques à 25 personnes
Dès l’été 2026, l’île italienne de Capriinterdira les groupes de plus de 25 personnes
et imposera l’usage d’écouteurs pour les guides afin de réduire les
nuisances liées au surtourisme. La mesure vise à fluidifier la
circulation dans les ruelles étroites et à préserver la tranquillité des
habitants. (La Libre)
9. SNCF : préavis de grève des contrôleurs pour les vacances parisiennes
Les contrôleurs SNCF ont déposé un préavis de grève pour le week-end des vacances scolaires de la région parisienne,
faisant planer un risque de perturbations sur les départs. Le mouvement
porte sur des revendications liées aux conditions de travail et à
l’organisation interne.(Le Monde)
10. Un escargot des Bermudes officiellement sauvé de l’extinction
Un petit escargot terrestre endémique des Bermudes
a été officiellement retiré de la liste des espèces menacées, après
avoir frôlé l’extinction. Sa sauvegarde est le résultat d’un programme
de reproduction et de réintroduction mené sur plusieurs années.(Le Monde)
La sanction la plus lourde jamais prononcée en France pour une
action de désobéissance civile non-violente : de la peinture sur
Matignon
12 millions de personnes vivent dans la précarité énergétique et
doivent choisir entre se nourrir ou se chauffer. Voilà une vraie
violence, de masse, qui perdure. À l’inverse, la justice frappe de plus
en plus durement le mouvement écologiste.
Le verdict est tombé ce mardi 23 septembre : Rachel, 23 ans,
militante chez Dernière Rénovation, est condamnée à 6 mois de prison
ferme. Dans son communiqué, le collectif Riposte Alimentaire explique
qu’il s’agit de « la sanction la plus lourde jamais prononcée, en France,
à l’encontre d’une activiste pour une action de désobéissance civile
non-violente ». En novembre 2023, la militante avait recouvert la façade de Matignon de peinture orange lavable.
Elle dénonçait par ce geste le manque de moyens accordés à la
rénovation thermique des bâtiments. Pourtant, la rénovation des
bâtiments est vitale pour toutes celles et ceux qui vivent dans des
passoires thermiques et subissent de plein fouet la précarité
énergétique. Ce sont près de 12 millions de personnes à l’heure
actuelle, qui doivent parfois choisir entre manger ou se chauffer
l’hiver.
En 2024, selon l’observatoire des inégalités, 28% de la population
affirmait avoir eu du mal à payer ses factures d’énergie, 82% déclarait
avoir baissé son chauffage pour ne pas avoir à payer de factures trop
importantes. L’été, les vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et
intenses font de ces logements surchauffés des fournaises. Et l’État
français, au lieu de se saisir de ce problème, se défausse : Éric
Lombard, ministre de l’économie, annonçait carrément le 4 juin
l’interruption du dispositif MaPrimRénov à compter du 1er juillet. Voilà
ce qui devrait être criminalisé : les politiques néolibérales débridées
de l’État mettent un coup d’accélérateur au réchauffement climatique,
et le même État refuse d’aider ceux qui en subissent les conséquences de
plein fouet.
Lors du procès, la procureure a multiplié les provocations immondes,
n’hésitant pas à comparer le jet de peinture à des féminicides, et la
défense des activistes à la défense de violeurs. De tels propos sont
intolérables et montrent le niveau de radicalisation de la bourgeoisie,
qui ne supporte plus que les gens se battent pour plus de justice
sociale.
De plus, un élément a joué un rôle important dans la sévérité de la
condamnation : une agente de police avait affirmé avoir reçu un jet de
peinture. Version des faits contredite par une vidéo où l’on aperçoit
ladite policière arriver sur les lieux alors que la militante est déjà
menottée. Malgré cela, le tribunal a maintenu la circonstance
aggravante. En outre, ce verdict va à rebours des dernières décisions de
justice, qui avaient tendance à prononcer la relaxe. La condamnation de
Rachel va créer un précédent plus que dangereux pour les militants et
militantes écologistes.
« La répression que subissent actuellement en Europe les militants
écologistes qui ont recours à des actions pacifiques de désobéissance
civile constitue une menace majeure pour la démocratie et les droits
humains » dénonçait le rapporteur spécial de l’ONU Michel Forst en 2024.
« L’urgence environnementale à laquelle nous sommes collectivement
confrontés et que les scientifiques documentent depuis des décennies, ne
peut être traitée si ceux qui tirent la sonnette d’alarme et exigent
des mesures sont criminalisés pour cette raison ».
La France, non contente d’être le pire pays d’Europe en termes de
répression policière, souhaite donc également décrocher la palme de la
répression judiciaire, détenue jusqu’ici par l’Angleterre.
C’est en effet là-bas que des peines de prison ferme ont été prononcées
à l’encontre de militant-es écologistes. C’est le collectif Just Stop
Oil, qui demandait la fin des énergies fossiles et a récemment annoncé
la fin de ses activités, qui a payé le plus lourd tribut : 3300
arrestations, 180 peines de prison dont certaines de prison ferme
jusqu’à 5 ans pour des blocages de route ou des jets de soupe. La France
semble donc vouloir emboîter le pas à l’Angleterre.
La chercheuse au CNRS Sylvie Ollitrault met en garde : « Ce que
j’entends beaucoup au sein des mouvements écologistes, même les plus
consensuels, c’est qu’ils ont joué le jeu des concertations, des
pétitions et des réunions publiques. Et ils n’ont pas été écoutés. Il y a
une sorte de lassitude militante ». Ainsi, au lieu de mettre au pas les
activistes, pourrait-on assister au contraire à une intensification et
une radicalisation des modes d’action ? Quitte à aller derrière les
barreaux pour de la peinture, pourquoi ne pas frapper plus fort contre
les écocidaires et l’État qui les protège ?
Pesticides interdits : l’État épingle la multinationale BASF grâce aux faucheurs volontaires
Une
action menée par des faucheuses et faucheurs volontaires dans une usine
française de BASF a révélé la présence et la production de pesticides
interdits en France. L’État s’est ensuite saisi de l’affaire.
Une usine de la multinationale chimique BASF, en région lyonnaise,
produit et stocke un insecticide interdit d’utilisation en France.
L’information, confirmée par la préfecture du Rhône le 2 juillet, a été
révélée suite à une action des faucheuses et faucheurs volontaires menée
quinze jours plus tôt. Le 23 juin, une cinquantaine de militants ont
réalisé une « inspection citoyenne » sur le site de BASF de Genay. Ils
se sont introduits sur le site pour vérifier si BASF continuait de
produire et d’exporter des pesticides interdits en France.
Une première « inspection citoyenne », en mars 2022, avait révélé la
présence de Régent TS, un insecticide interdit d’utilisation en
agriculture en France depuis plus de vingt ans. Trois ans après, les
faucheuses et faucheurs volontaires ont décidé de réitérer cette action.
« Cette inspection [du 23 juin 2025] n’a pas pu se prolonger
beaucoup à cause de l’intervention de la police, mais nous avons quand
même repéré du Fastac, et sa matière active, l’alpha-cyperméthrine, tous
deux interdits à la production et à l’exportation depuis la France », explique un faucheur.
Le collectif a photographié une palette de 250 kg de Fastac mentionnant une date de fabrication au 1er janvier
2025, soit trois ans après l’entrée en vigueur de la loi Egalim. Or,
cette même loi interdit précisément de produire, de stocker et de faire
circuler - donc d’exporter - les produits phytosanitaires composés de
substances actives qui ne sont pas autorisées en France en raison de
leur impact sur la santé et l’environnement.
En l’occurrence, le Fastac, insecticide longtemps utilisé sur les
vignes ou les céréales, a été retiré du marché français en octobre 2020.
Et la substance active à partir de laquelle il est fabriqué,
l’alpha-cyperméthrine, n’est plus autorisée dans toute l’Union
européenne depuis 2021. Pour les faucheuses et faucheurs volontaires, la
présence de ce pesticide et de sa substance active dans l’usine,
signifie que « BASF est hors-la-loi ».
BASF, sous le coup de la loi
L’affaire ne s’arrête pas là. L’action a notamment donné lieu à des articles dans Mediapart et Le Monde.
Puis, le ministère de la Transition écologique a décidé de mobiliser la
direction régionale de l’environnement et de l’aménagement du
territoire (Dreal) pour effectuer des contrôles dans l’usine et vérifier
la conformité des pratiques industrielles du site de BASF avec le droit
en vigueur. « C’est la première fois que l’État se saisit des révélations faisant suite à une inspection citoyenne », se réjouit un faucheur contacté par Basta!.
L’inspection de la Dreal a finalement été diligentée le 30 juin dernier, à la demande de la préfète du Rhône, Fabienne Buccio. « Cette
inspection a permis de confirmer la production et la présence de stocks
de produit phyto-pharmaceutique Fastac contenant de
l’alpha-cyperméthrine, destiné à l’export, ce qui est interdit par la
loi Egalim », indique la préfecture du Rhône dans un communiqué du 2 juillet.
« L’alpha-cyperméthrine est approuvée par l’Organisation mondiale de la santé pour une utilisation dans les moustiquaires », se défend BASF, avant d’ajouter que « les biocides ne relèvent pas de la législation Egalim ». Toujours d’après la multinationale, « la
production de Fastac en tant que produit phytosanitaire est conforme à
la loi Egalim, puisque le retrait de l’approbation de
l’alpha-cyperméthrine par l’UE en 2021 n’a pas été motivé par des
risques environnementaux ou sanitaires ».
Pourtant, d’après le site de l’Agence européenne des produits chimiques, l’alpha-cyperméthrine est toxique pour les milieux aquatiques et pour les humains. « BASF continue à jouer avec les mots »,
déplore un faucheur. L’argumentaire déployé par le géant allemand de
l’agrochimie ne semble pas avoir convaincu les autorités françaises.
Selon Le Monde, la Dreal « proposera très prochainement à la préfète du Rhône les suites administratives à cette inspection ».
La
proposition de loi Duplomb, qui sera examinée en deuxième lecture à
l’Assemblée nationale le 8 juillet, prévoit notamment l’interdiction de
la production, du stockage et de la distribution - notamment pour
l’exportation - de produits phytosanitaires interdits à l’usage en
France, mais seulement à partir de 2026. Sauf que cette même proposition
de loi veut réautoriser des pesticides qui avaient précisément été
interdits en France. C’est le cas de l’acétamipride, pesticide de la famille des néonicotinoïdes interdit sur le territoire national depuis 2018.
Pendant
des décennies, les scientifiques ont prédit le changement climatique et
les effets de la destruction à grande échelle des habitats et des
espèces vivantes par les activités humaines. Pendant des décennies, les
scientifiques ont annoncé la catastrophe à venir.
Tout
ce que nous avions à faire, c'était de croire en la science. De croire
en notre capacité quantitative à prédire l'avenir en extrapolant les
tendances.
Mais nous n'avons pas cru. Nous n’avons pas écouté. Nous n'avons pas agi, ou à la marge.
Des
philosophes comme Jean-Pierre Dupuy nous ont enjoint de croire avant
qu’il ne soit trop tard, avant que les ravages ne deviennent visibles
car alors, maintenir le monde naturel tel qu’il existait serait
impossible.
En septembre 2023, le
Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres disait que notre
addiction aux énergies fossiles avait « ouvert les portes de l'enfer ».
Nous y voilà.
Désormais, la catastrophe est visible.
Le
cycle de destruction de la nature, du climat et des humains est
enclenché. Quatre millions de morts sont déjà imputables au changement
climatique. 2023 a été l’année de franchissement de tous les records : température globale, température de l’océan, perte d’étendue des
glaces… Alors qu’une 7ème limite planétaire, l’acidification des océans,
est en cours d’être dépassée1 et que 2023 a vu l’effondrement des puits de carbone terrestres2,
les chercheurs qui alertent depuis plusieurs décennies viennent de
publier un état des lieux du changement climatique intitulé « Des Temps
périlleux pour la planète Terre »3.
C’est l’article dont nous avions besoin, celui qui fait le bilan à date
de l’impact des bouleversements climatique et biologique sur la planète
et les humains.
Lorsqu’en
mai dernier, nous avons attaqué TotalEnergies et ses actionnaires
devant la justice pénale pour mise en danger de la vie d’autrui (entre
autres motifs d'accusation), nous avons insisté sur le fait qu’il
n’était désormais plus possible de parler de « catastrophes naturelles »
pour désigner les ouragans, les inondations, les canicules, les
sécheresses et autres événements extrêmes. Il fallait parler de «
catastrophes climatiques ».
On compte dorénavant plus d’un désastre climatique par jour.
Les chercheurs ont dressé la liste, non exhaustive, des principaux
cataclysmes attribués par la science au changement climatique entre fin
2023 et août 2024 seulement ; vous la trouverez en bas de ce message. Il
faudrait déjà compléter cette liste tant il y en eut depuis. Et
pourtant, vous avez sans doute, comme nous, remarqué que les médias
traditionnels ne parlaient presque plus des événements extrêmes, à moins
qu’ils ne se déroulent en France... C’est à peine si les inondations en
Europe de l’Est ou les tempêtes extratropicales qui ont englouti le
Sahara au Yémen4 ou au Maroc5, pour la première fois en plus de 50 ans, ont été évoquées par les médias.
Le
cycle de l’eau est altéré partout sur Terre. Il est devenu plus
irrégulier et imprévisible, générant des problèmes croissants d'excès ou
de manque d'eau. Ces alternances de sécheresses et de déluges
augmentent la proportion de zones inhabitables. Le niveau des mers
croît plus rapidement que prévu, submergeant progressivement une grande
partie du littoral mondial et menaçant d’entraîner le déplacement de
centaines de millions de personnes avant même la fin du siècle. Les espèces vivantes, quant à elles, disparaissent comme peau de chagrin. En seulement 50 ans (1970-2020), la taille moyenne des populations d'espèces sauvages a connu un déclin catastrophique de 73%6. En mer du Nord, les grands poissons ont décliné de plus de 99% en un peu plus d’un siècle7.
Le monde, tel que nous l’avons connu, est en train de disparaître.
Jamais
l’humanité n’a été confrontée à un choc de si grande ampleur. Aucune
expérience passée ne peut éclairer le chemin à suivre. La comète du
changement climatique et de la destruction de la biosphère nous fonce
dessus, mais nous continuons à regarder ailleurs et pire, à appuyer sur
l’accélérateur du désastre.
Deuil et courage
Comment
ne pas désespérer des logiques à l’œuvre ? Comment ne pas baisser les
bras face à la puissance de destruction de l’humanité ?
En acceptant de devoir passer par le deuil.
Il a fallu accepter l’idée que notre mission avait changé. A
l’origine, il y a près de 20 ans, nous nous battions pour préserver le
monde vivant tel qu’il existait. Au fond, ce qui nous tenait, c’était
l’idée que nous pouvions éviter les pertes, que nous pouvions protéger
les espèces et les habitats de la disparition. L’accélération du
changement climatique et la destruction méthodique de notre
environnement nous obligent à faire le deuil du monde tel que nous
l’avons connu. A reconnaître que non seulement, nous ne réussirions pas,
seuls, à avoir raison d’un système capitaliste financiarisé qui tire
profit de la destruction de la nature et de l’asservissement des
humains, mais que nous ne pourrions pas empêcher les ravages sidérants
qui nous échoyaient en partage et que les dirigeants politiques
irresponsables n’ont pas eu le courage d’anticiper.
Cela
a été douloureux et continue à l’être. Cela s’est accompagné d’éclats
de tristesse profonde. Mais c’est notre destinée commune. Nous avons
été forcés de l’accepter et de faire bouger notre cible. Puisque nous ne
pourrons pas éviter toutes les pertes, nous devons désormais agir pour
en éviter certaines et pour éviter le pire.
Le
monde à +3,5°C de réchauffement climatique n’aura rien de comparable
avec un monde à +2°C. Chaque bout de terre ou de mer protégé de nos
activités destructrices offrira non seulement un puits de carbone
essentiel pour limiter les dégâts climatiques, mais aussi un refuge à la
biodiversité pour se régénérer et résister à l’effondrement du vivant.
L’urgence
sans précédent à laquelle nous sommes confrontés en tant qu’espèce nous
intime l’ordre de redoubler de courage et de volonté pour ne pas
abandonner les humains et non-humains au rouleau compresseur et
autodestructeur des logiques financières dominantes.
La
situation est sidérante et peut chez certain·es provoquer une colère
immense, mais rappelez-vous cette découverte faite par une étude
norvégienne et qui corrobore ce que nous constatons chez BLOOM : la colère est sept fois plus génératrice d’actions pour lutter contre le changement climatique que l'espoir8.
Et pour préparer l’après.
La colère est d’autant plus grande chez les jeunes que leur avenir est condamné par notre inaction collective. Les
enfants nés en 2020 devront faire face à jusqu’à sept fois plus
d’événements extrêmes, en particulier les vagues de chaleur, par rapport
aux personnes nées en 19609.
C’est cela, l’injustice intergénérationnelle. Et c’est pour cette
jeunesse que nous décuplerons d’énergie et de combattivité, c’est sur
cette jeunesse et sa créativité que nous nous appuyons désormais pour
augmenter et renouveler notre lutte.
Tolérance zéro pour les destructeurs
Le
seul risque auquel nous sommes confrontés en tant que corps social et
en tant qu’association surmotivée à continuer à gagner ses combats,
c’est de ne pas tout tenter pour limiter les pertes et déboucher
l’avenir.Notre rôle, c’est d’être iconoclastes, d’oser projeter une
organisation différente de la société, de proposer des feuilles de
route cassant avec le scénario « business as usual » condamné et
condamnant.
Nous osons dire haut et fort qu’il n’y a pas de place dans l’avenir pour les pêches industrielles.
Nous
osons dire haut et fort que les pêches climaticides comme le chalutage,
qui racle les fonds marins, les espèces et les finances publiques par
les subventions qu’il touche, devront disparaître et disparaîtront.
Nous
réaffirmons que cette disparition doit être programmée et accompagnée
pour que les pêcheurs ne fassent pas seuls les frais des choix d’une
société qui a misé sur des activités extractives écocidaires et boostées
aux énergies fossiles.
Nous croyons en la régénération des écosystèmes et en la capacité de résilience extraordinaire de la nature.
Nous misons sur la plus grande des créativités humaines : l’innovation sociale.
Nous
savons que nous sommes entré·es dans un tunnel et que l’horizon est
sombre, mais nous savons aussi que la jeunesse, comme nous, ne compte
pas « marcher comme des somnambules vers l'extinction »10.
En
réalité, la lutte ne fait que commencer. Nous devons plus que jamais
massifier notre mouvement, resserrer nos liens, faire entendre nos voix
et aider la jeunesse à tenir les combats dans la durée.
Nous
avons besoin de vos dons pour soutenir les jeunes activistes et leur
permettre de rallier la lutte pour empêcher la destruction du principal
régulateur climatique mondial : l’océan.
Nous sommes plus déterminés que jamais.
Soyez le plus généreux possible par vos dons et par le partage ample de cette newsletter.
Pollution des eaux françaises aux métabolites de pesticides
Générations Futures révèle une surveillance très insuffisante et une pollution sous-estimée par les autorités !
DIPA, THPAM, M65004, ces noms ne vous disent rien ? C'est normal ! Ce sontdes métabolites de pesticides- les produits de dégradation des pesticides épandus dans l'environnement - qui ne font l'objet d'aucune surveillance dans les eaux par les autorités sanitaires. C'est ce que nous avons constaté lors de notre enquête publiée ce mardi 15 octobre 2024.
Pourtant, ces métabolites ont
de très forts risques d'être présents dans nos nappes phréatiques à des
teneurs pouvant atteindre 100 fois la norme pour l'eau potable. Cette situation est extrêmement préoccupante en termes de risques sanitaires auxquels est exposée la population française !
____________________________________
Ce que démontre Générations Futures
dans son travail d'enquête
minutieux et fouillé.
300 pesticides (susceptibles d'engendrer des métabolites) sont autorisésà ce jour en France maisseuls 33 métabolitessont actuellement suivis dans l'eau potable.
Cela est très insuffisant selon notre ONG. Mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg !
desdizaines d'autres métabolites (au minimum 56), dont le risque de contaminer les eaux est connu, ne sont pas recherchés par les autorités dans leur contrôle-qualité de l'eau de boisson ! Parmi eux, Générations Futures en a identifié detrès préoccupants.Entre autres : le TFA, un métabolite présent dans la majorité de l'eau potable en Europe, que l'Allemagne considère comme toxique pour la reproductionprobable. Ou le DIPA, métabolite jugé potentiellementgénotoxique!
Ce constat extrêmement préoccupant est la partie immergée de l'iceberg. Il est, en outre, certainement sous estimécar
Générations Futures a dû se focaliser sur une liste réduite de
pesticides qu'elle a considérés comme les plus problématiques.
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Métabolites de pesticides :
un enjeu sanitaire d'ampleur !
Les métabolites étant le résultat de la dégradation d'un pesticide, si
le pesticide en question comporte des risques pour la santé à
exposition durable, cela peut aussi être le cas pour le(s) métabolite(s)
qu'il génère. Les populations sont donc exposées aux pesticides mais également à leur(s) produit(s) de dégradation, les métabolites !
Ces révélations sur un scandale sanitaire d'ampleur sont le fruit d'une enquête de deux ans menée par l'équipe de Générations Futures. L'intégralité du rapport, de la méthodologie et de nos conclusions sont disponibles sur notre site generations-futures.fr.
des lettres d'avocats ont été envoyées aux agences régionales de santé,
des courriers ont été envoyés aux ministères concernés, à leurs administrations centrales, à l'agence sanitaire française (l'ANSES), à l'IGAS, au BRGM et aux élus !
Notre rapport à peine publiéa été cité par le député Jean-Claude Raux, dans le cadre d'une question au gouvernement sur le sujet des pesticides, à l'Assemblée nationale.
des lettres d'avocats ont été envoyées aux agences régionales de santé,
des courriers ont été envoyés aux ministères concernés, à
leurs administrations centrales, à l'agence sanitaire française
(l'ANSES), à l'inspection générale des affaires sociales (l'IGAS), au
bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et aux décideurs
publics !
des rendez-vous sont déjà prévusavec la direction générale de la santé et la direction de la prévention des risques.
desactions juridiques sont en cours de réflexion.
une suite à ce rapport est prévue en novembre. Elle sera focalisée surle sujet préoccupant de la pollution des eaux à la substance TFA(ce métabolite ultra persistant, toxique pour la reproduction probable).
nos équipes multiplient les actions sur le terrain pour mettre toute la lumière sur cette problématique.
Vous pouvez compter sur notre détermination à agir !