Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
Mais pas que.
Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...

BLOG EN COURS D'ACTUALISATION...
...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...
Affichage des articles dont le libellé est GMT/TAFTA. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est GMT/TAFTA. Afficher tous les articles

vendredi 3 novembre 2017

Près de Rennes, des étudiants construisent leur maison écolo

Près de Rennes, des étudiants construisent leur maison écolo


27 octobre 2017 / Julie Lallouët-Geffroy (Reporterre)

  Au lieu de dépenser jusqu’à 500 euros par mois pendant cinq ans pour un studio de 30 m², trois étudiants ingénieurs ont décidé d’édifier leur propre logement à énergie passive.

 -------------------------------------------
  • Bruz (Ille-et-Vilaine), reportage
Pierre, Lucas et Martin, la vingtaine, entrent dans leur 3e année d’études au sein de l’École des métiers de l’environnement de Bruz, sur le campus de Ker Lann, en bordure de la rocade de Rennes. Futurs ingénieurs et actuels étudiants, ils ont dressé un constat simple : « On dépense entre 350 et 500 euros par mois pour se loger sur le campus, explique Martin, mais il y a une forte déperdition énergétique des bâtiments existants. » « On s’est dit, avec un budget équivalent, on pourrait construire notre propre logement, à énergie passive et durable », complète Lucas.




 Ces trois jeunes hommes, plutôt habitués à s’asseoir en amphi qu’à manier le marteau, ont décidé de faire de cette idée simple et saugrenue leur projet de fin d’études. Ils ont monté une association, Helicity, avec quatre autres étudiants, et sorti leur calculette : quatre loyers pendant cinq ans donnent un budget global entre 80.000 et 120.000 euros [1]. À partir de là, pendant deux ans, ils ont travaillé sur les plans, la conception et le financement ; et depuis le mois d’août, ils sont sur le chantier, à pied d’œuvre. Les cours ont repris en septembre et rétrécissent le calendrier, les étudiants ne voient pas les journées passer. Chaque jour, ils troquent le crayon contre la perceuse entre midi et deux et le soir après les cours. L’inauguration est prévue pour le mois de novembre, alors le temps presse. « Au début, les gens étaient sceptiques, ils se disaient que trois étudiants ne seraient pas capables de construire eux-mêmes leur logement, se souvient Lucas, alors là, on est bien contents de montrer que c’est possible, les murs sont dressés, l’isolation est faite. »




Deux bâtiments se font face, chacun comporte deux chambres de 19 m², une salle de bain privative, une cuisine commune, et à l’extérieur un grand carré fait office de cour intérieure. « On mettra une grande table pour partager les repas tous ensemble, prendre l’apéro… ça, on en rêve depuis un petit moment », rigole Lucas, qui fait le tour du propriétaire en commençant par le futur potager et le rangement des vélos. « Il n’y aura pas de chauffage, on a conçu la maison pour qu’elle soit à énergie passive. Le test grandeur nature sera cet hiver. »

Une dizaine d’entreprises locales sont partenaires





 La maison se situe au bout d’un alignement d’immeubles composés de centaines de chambres étudiantes : un millier sur tout le campus pour près de 6.000 étudiants. Un des appartements les plus spacieux du campus fait moins de 30 m² et coûte près de 500 euros par mois, raconte Martin. À ce coût s’ajoute celui du transport. En périphérie de Rennes, pour aller dans le centre-ville, il faut prendre le train ou avoir une voiture. À proximité du campus, seul un restaurant est accessible ; même pour faire les courses, il faut prendre le bus.



 Un étudiant peut aussi faire le choix d’habiter dans le centre de Rennes où, pour 500 euros par mois, il peut trouver des appartements de 50 m² ; mais il faudra alors ajouter le transport quotidien jusqu’à l’école. Pour Martin, « il faudrait une offre globale pour le logement étudiant qui comprenne l’appartement, le transport et la nourriture », « et surtout améliorer la qualité des logements, en particulier en matière d’isolation », affirme le futur ingénieur à la sensibilité écologiste prononcée.



 Parce que les étudiants se succèdent à chaque rentrée scolaire, peu s’investissent dans la qualité de leur appartement, et rarissimes sont ceux qui pensent à en devenir propriétaire. Être propriétaire d’une chambre étudiante quand on a vingt ans, l’idée étonne, d’autant plus que le trio n’est pas propriétaire du terrain, loué à la métropole de Rennes pour cinq ans. « Il s’agit d’une expérimentation, d’un prototype, précise Lucas, nous serons propriétaires des murs et à la fin de nos études dans trois ans, nous pourrons louer nos logements pour les deux années suivantes. Pour la suite, tout le bâtiment est modulable. Nous avons plusieurs idées, comme trouver un autre terrain et convertir les logements en espace étudiants, en épicerie, nous verrons bien à ce moment-là. »


Pour financer ce prototype de logement, ils ont emprunté la somme nécessaire à leurs proches, tandis que les aides de la Caisse d’allocations familiales pour les primo-accédants les aideront à rembourser. Pour réduire les coûts, ils ont proposé aux entreprises locales d’être partenaires. Une dizaine a accepté et s’est impliquée en fournissant les matériaux ou en aidant à la construction des logements. Ils ont également remporté un appel à projets auprès de la région Bretagne qui permettra de financer les investissements à venir dans le logement, comme une éolienne ou un système de phytoépuration. Le dialogue entre élus et étudiants est ouvert et la métropole de Rennes scrute ce prototype, affirmant que « les conclusions de cette initiative seront tirées d’ici la fin du contrat d’occupation », dans cinq ans. Martin ne s’effraye pas de voir les choses en grand : « Si ça fonctionne bien, peut-être qu’on pourra construire ici, sur le campus de Ker Lann, le premier écocampus étudiant de France. »




Vous avez aimé cet article ? Soutenez Reporterre.



[1La maison construite par Pierre, Lucas et Martin compte quatre places, la dernière n’ayant pas encore trouvée preneur.


Lire aussi : En Suède, la maison naturelle fait pousser fruits et légumes
Source : Julie Lallouët-Geffroy pour Reporterre
Photos : © Julie Lallouët-Geffroy/Reporterre


Source : https://reporterre.net/Pres-de-Rennes-des-etudiants-construisent-leur-maison-ecolo

mercredi 31 août 2016

Tafta : la France réclame l’arrêt des négociations sur le traité de libre-échange transatlantique

 

Tafta : la France réclame l’arrêt des négociations sur le traité de libre-échange transatlantique

 

LE MONDE ECONOMIE | • Mis à jour le

 Par

 
Vidéo à voir sur le site du Monde


Après des mois de tergiversations, la France a décidé d’en finir avec les négociations concernant le traité de libre-échange transatlantique (appelé TTIP ou Tafta), censé doper les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et l’Union européenne. « A la fin du mois de septembre, lorsque les ministres du commerce extérieur se réuniront à Bratislava pour avoir un échange sur ce sujet comme sur d’autres, je demanderai, au nom de la France, l’arrêt des négociations sur le Tafta », a annoncé Matthias Fekl, mardi 30 août, sur RMC.

 
« Ce que demande la France, c’est l’arrêt pur, simple et définitif de ces négociations, a précisé le secrétaire d’Etat français au commerce. Pourquoi ? Parce qu’elles ont été engagées dans l’opacité. Il faut un coup d’arrêt net, clair et définitif pour ensuite pouvoir reprendre des discussions sur de bonnes bases. »

Lors de la Conférence des ambassadeurs, le président de la République a également assuré que les discussions ne pourraient aboutir en l’état :
« La négociation s’est enlisée, les positions n’ont pas été respectées, le déséquilibre est évident. (...) Alors le mieux c’est que nous en fassions lucidement le constat et plutôt que de prolonger une discussion qui sur ces bases ne peut pas aboutir. »
Selon Paris, les négociations menées par la Commission européenne au nom des 28 Etats-membres de l’Union, souffrent d’un trop grand déséquilibre au profit de Washington. « Les américains ne donnent rien ou alors des miettes (…), ce n’est pas comme ça qu’entre alliés on doit négocier », a précisé M. Fekl, ajoutant que « les relations ne sont pas à la hauteur entre l’Europe et les USA ».

Lors d’une manifestations en Allemagne, le 26 mars 2016. RALPH ORLOWSKI / REUTERS

Un 15ème « round » en octobre


Cette décision intervient alors que les discussions, entamées en juillet 2013, s’enlisent entre Européens et Américains. Alors que 14 « rounds » de négociations ont déjà eu lieu, aucun accord n’a encore pu être trouvé sur les 27 chapitres en discussion. Un 15ème « round » est d’ores et déjà prévu aux Etats-Unis, durant la première semaine d’octobre.

Selon différentes sources, les positions entre les deux camps sont encore très éloignées. Les Européens réclament notamment un meilleur accès aux marchés publics outre-Atlantique, protégés par différents dispositifs législatifs, comme le « Small business Act », qui réserve certaines commandes publiques aux PME locales. De leur côté, les Américains lorgnent les marchés agricoles européens, que Bruxelles refuse de fragiliser en les ouvrant davantage à la concurrence.

Le débat sur l’arrêt des discussions n’agite pas que la France. Dimanche, le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel a estimé que les négociations entre Européens et Américains « ont pratiquement échoué, même si personne ne l’admet vraiment ».

Interrogé par la chaîne de télévision ZDF, le ministre (SPD) de l’économie a estimé que « nous, Européens, ne devons (…) pas céder » aux exigences de Washington. A l’inverse, Angela Merkel, la chancelière allemande, a toujours apporté son soutien aux discussions, malgré une opposition de plus en plus virulente de l’opinion publique sur ce sujet outre-Rhin. La victoire du Brexit au référendum du 23 juin sur le maintien du Royaume-Uni dans l’UE a aussi porté un rude coup aux partisans du TTIP.

 

Scepticisme américain


Aux Etats-Unis, de nombreux observateurs expriment également leur scepticisme quant à la capacité de l’administration américaine à conclure les discussions sur le Tafta avant la fin du second mandat du président américain, même si Barack Obama répète vouloir trouver un accord d’ici à janvier. Pourtant favorable au libre-échange, Hillary Clinton n’a pas fait de ce dossier un des axes de sa campagne. Son adversaire républicain, Donald Trump, y est clairement hostile, préférant miser sur le thème du protectionnisme pour séduire les électeurs américains.

Dans un entretien paru mardi 30 août dans l’hebdomadaire allemand Spiegel, le négociateur américain Michael Forman a néanmoins affirmé que « les négociations progressent ». De même, on reste persuadé à Bruxelles que « le Tafta n’est pas mort », selon une source européenne, même si l’on ne sous-estime pas les obstacles qui s’accumulent. Les négociateurs européens misent notamment sur une reprise des discussions en cas de victoire de Hillary Clinton dans la course à la Maison Blanche.

Interrogé sur un possible arrêt des négociations, Arnaud Montebourg, ex-ministre de l’économie et candidat à la prochaine élection présidentielle, a indiqué, mardi matin sur RTL, que « c’est une bonne chose ». « Si c’est vrai, c’est une grande victoire », a également réagit Jean-Luc Mélenchon, autre candidat à l’Elysée, sur l’antenne de RMC.










Source :  http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/08/30/tafta-la-france-reclame-l-arret-des-negociation-sur-le-traite-de-libre-echange-transatlantique_4989876_3234.html


lundi 22 août 2016

La face cachée de la salade

La face cachée de la salade

Le Canard Enchaîné – 27/07/2016 -Conflit de canard –
Ah, une bonne salade verte bien rafraîchissante… Tant qu’à faire, pourquoi ne pas la prendre en sachet, pour éviter de s’embêter à la trier, à la laver, à l’essorer ? Les « prêtes à l’emploi » constituent déjà 40 % des salades proposées en rayon. Mais le bonheur n’est pas forcément au fond du sachet. Passons le fait qu’on les paie trois fois plus cher que les non ensachées. Et que, pour les nappes phréatiques, ce n’est pas la panacée. Comptez en moyenne 20 litres de flotte pour laver un kilo de salade ! Une eau, qui plus est, additionnée de javel, et ce afin d’éviter que les immenses cuves de lavage se transforment en bouillon de culture, avec le risque, ensuite, d’empaqueter sous vide germes et bactéries pathogènes. Sauf que, les résidus de chlore, les chlorates, on les retrouve ensuite sur nos papilles. 
648x415_20mn-35828
C’est du moins ce qui ressort de l’enquête publiée ce mois-ci par l’association UFC-Que choisir. Sur les 28 salades en sachets analysées, 24 recèlent des traces de chlorates. Fâcheux quand on sait que ce rinçage chloré essore une partie des vitamines, notamment la C, et la B9, le fameux acide folique, essentiel à la formation des globules rouges, aux systèmes nerveux et immunitaire.
Ajoutez que ce lavage industriel déverse des cochonneries dans les eaux usées. Non seulement du chlore, mais aussi des sous-produits cancérigènes, les trihalométhanes. Ces joyeusetés apparaissent lors du contact de la javel avec les dépôts de terre sur les feuille de salade. Pour toutes ces raisons, les Pays-Bas, la Belgique, et la Grande-Bretagne ont cru bon d’interdire la lavage chloré des salades, mais pas nous, qui produisons pourtant chaque année 420 000 tonnes de batavia, laitue et autres scarole.
Le plus savoureux est que ce trempage industriel en bain chloré n’est quasiment d’aucune utilité pour débarrasser les feuilles des résidus de pesticides. Dans le teste de Que choisir, une seule salade, celle estampillée bio, n’affiche aucune trace de pesticides. Pour mémoire, en 2013, l’Autorité européenne de sécurité des aliments avait passé au crible 1 194 salades et relevé des résidus de pesticides dans 58 % d’entre elles, certaines culminant jusqu’à 13 produits différents.
Dommage que les Américains n’arrivent toujours pas, dans les négociations du Tafta, à nous imposer leur poulet au chlore, on aurait pu l’accompagner avec notre salade javellisée prête à l’emploi. 
Miam !
salades-hydroponie-serre-usine
Voir, de Générations futures les résultats de son enquête sur les pesticides dans les salades,
Source : https://resistanceinventerre.wordpress.com/2016/08/05/la-face-cachee-de-la-salade/

samedi 20 août 2016

DIVERSION // le court métrage sur le TTIP-TAFTA //




« Diversion » : le film qui vous plonge en 2026, 
après 10 ans de TAFTA… (Vidéo)

Encore en négociation sous huis-clos, le Traité Transatlantique, ou TAFTA, pourrait bien modifier l’avenir de près de 800 millions de personnes réparties entre les États-Unis et l’Europe. Un court-métrage, intitulé « Diversion », nous plonge dans un possible avenir, pas très éloigné de notre présent, qui fait froid dans le dos. Dans une Belgique plongée dans la peur et l’obscurantisme médiatique, un jeune homme n’ose plus sortir de chez lui quand il rencontre l’un de ces « extrémistes » décrits partout à la télévision. Créé dans le but de générer la mobilisation contre l’adoption imminente de ce traité, le court-métrage est diffusé sur internet et sera présenté au festival Esperanzah ! en août.

« Diversion » : le film qui vous plonge en 2026, après 10 ans de TAFTA…

L’idée qu’il ne faut pas se laisser aller à la « Diversion », voilà ce qui est défendu par ce court-métrage qui cherche à éveiller les consciences quant à l’utilisation de « boucs-émissaires » dans nos sociétés, mais également quant à l’avenir de tous dans un monde où le « libre-échange », selon les règles d’un traité calqué sur le modèle américain, serait couronné.

Dans une Belgique qui s’apprête à commémorer « les dix ans de la signature du traité transatlantique », le film nous invite à entrer dans le quotidien d’Alan, un jeune homme d’une vingtaine d’années, et de sa mère, scotchée à longueur de journées devant ce qui ressemble de près à une chaîne d’information en continu. Couvre-feu, reportages alarmistes concernant les « extrémistes », forces de l’ordre et milices privées chargées de discipliner des militants qui ne font que coller des affiches… On a ici un aperçu d’un état d’urgence devenu permanent, où la liberté d’expression n’a plus lieu d’être et où toute l’économie d’un pays peut être résumée à la guerre de tous contre tous.

diversion

Vision noire d’un monde aux mains des grandes entreprises et de la peur

Le court-métrage, volontairement radical, offre également une vision inquiétante de ce que sont devenus la culture, les arts dans un monde où seule la productivité semble désormais avoir de l’importance. Ainsi, le personnage principal est un être préoccupé, stressé, qui chronomètre chacune de ses tâches, qui s’apparentent à la réalisation de graphiques pour une entreprise quelconque. Face au diktat de l’efficacité, le temps pour l’oisiveté, la peinture, disparaît. Il faudra attendre l’apparition de Shana, une jeune militante, pour qu’Alan se souvienne du plaisir éprouvé dans les arts.

Le soulèvement, face à ces conditions de vie misérables, est quant à lui évité grâce à une propagande d’État qui maintient les citoyens dans la peur par le moyen des médias à grande échelle. C’est pourquoi le personnage principal est blafard. Il n’a pas mis un pied dehors depuis un an, par peur du monde extérieur. Ses courses lui sont livrées à domicile par un coursier zélé débauché par une multinationale dans un univers où l’on répète qu’il est dangereux de « croiser des hooligans ». Certes, le tableau est exagéré, mais s’approche des visions classiques des romans d’anticipation explorant les sociétés futures soumises au dictat de « corporations » toutes puissantes.

Le film

https://www.youtube.com/watch?v=Plt5TXJiwAw


Un court-métrage engagé pour susciter la mobilisation

Pour rappel, le traité transatlantique pourrait mener à un « lissage » des normes et des réglementations entre l’ultra-libéralisme des États-Unis et les règles européennes généralement plus strictes (pas assez aux yeux de beaucoup). Il pourrait entraîner un impact direct sur les conditions de travail, la situation économique mais aussi sur l’environnement et la qualité des aliments de millions de personnes. Son vote permettrait également aux entreprises d’invoquer des « tribunaux arbitraux » contre les États sans possibilité aucune pour ces derniers de faire de même. Fortement critiquées, ces négociations se font aujourd’hui dans l’opacité complète pour les citoyens, alors que les grands industriels participent à un lobbying forcéné.

Adoptant une visée politique, l’équipe d’Esperanzah ! a voulu taper un grand coup, espérant susciter l’émotion pour mieux instituer la révolte. Constatant la fracture et le paradoxe d’une Europe qui se ferme aux réfugiés et dont les pays se replient sur eux-mêmes alors que les portes s’ouvrent en grand aux capitaux, le collectif émet le souhait de populariser « des enjeux politiques parfois abstraits ». Leur objectif est, comme on peut le lire sur le site du film, de « créer un hameçon artistique, via l’émotion, pour susciter le questionnement auprès d’un public non averti sur le sujet ». Parce qu’après tout, mieux vaut se réveiller tard que jamais.

Sources : Diversionlecourtmetrage.be / Esperanzah.be /Mr Mondialisation

Le 01/08/16 by Francky

Source : http://l1d.fr/diversion-le-film-qui-vous-plonge-en-2026-apres-10-ans-de-tafta/

vendredi 1 avril 2016

La France, toujours accro aux pesticides

La France, 

toujours accro aux pesticides


22 mars 2016 / Lorène Lavocat (Reporterre)
 



La France est toujours intoxiquée aux produits phytosanitaires. Alors que se déroule, du 20 au 30 mars, la semaine pour les alternatives aux pesticides, tour d’horizon d’une situation peu réjouissante, mais qui donne quelques raisons d’espérer.

D’après les chiffres du ministère de l’Agriculture publiés le 8 mars (voir note complète du ministère), notre agriculture reste désespérément la terre promise des produits phytosanitaires, tout en haut du podium européen. Les quantités de substances actives (QSA) vendues à des fins agricoles ont bondi de 16 % en 2014, frôlant les 59.000 tonnes. Plus inquiétant encore, la distribution des produits contenant des molécules cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques s’envole de plus de 20 %.

Au même moment, deux chercheurs de l’Inra ont publié une étude inédite sur les coûts cachés de ces substances. « The Hidden and External Costs of Pesticide Use » vient de paraître dans la revue Sustainable Agriculture Reviews. D’après Denis Bourguet et Thomas Guillemaud, les pesticides coûtent à nos sociétés bien plus qu’ils ne nous rapportent. Parmi les « externalités » négatives : la destruction des services écosystémiques comme la pollinisation, les impacts sanitaires (cancers, intoxications), l’importance des fonds publics pour contrôler ces substances, les frais d’assainissement ou de dépollution, et enfin le surcoût pour les consommateurs qui veulent se protéger, en achetant bio par exemple.

Autre menace, et non des moindres, le fameux Tafta

 

« En prenant en compte les effets de l’exposition chronique [sur le long terme], les coûts sanitaires liés aux pesticides aux États-Unis approchent les 15 milliards de dollars par an », explique l’association Générations futures dans un communiqué. « Quant aux impacts environnementaux, ils sont chiffrés pour les États-Unis à quelque 8 milliards de dollars annuels. » Pour le porte-parole de Générations futures, François Veillerette, « c’est une preuve de plus de l’inefficacité économique et de la dangerosité des pesticides pour notre société ».

Début mars, une étude diligentée par l’association a confirmé que les riverains des grandes cultures, vignes et vergers, sont exposés à ces substances toxiques jusque dans leur maison.
Les preuves s’envolent, mais les produits restent… L’Agence de santé européenne, l’Efsa, vient encore de repousser sa décision quant à la ré-homologation du glyphosate. Principal composant du RoundUp, cette substance active, classée cancérigène par l’OMS, est en attente d’une nouvelle autorisation de vente pour quinze ans. La ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, s’est prononcée contre. Mais, comme le révélait Reporterre, la Commission européenne tergiverse et cherche des compromis insatisfaisants.

Autre menace, et non des moindres, le fameux Tafta. D’après Générations futures, le traité transatlantique de libre-échange prévoit que les limites maximales de résidus de pesticides (LMR) adoptées soient celles en vigueur aux États-Unis. Or, elles sont bien moins contraignantes que les européennes. « L’accord en négociation pourrait aussi permettre à 82 pesticides actuellement interdits en Europe d’être réautorisés », précise l’association.

Alors reste-t-il des raisons d’espérer ? « Oui, nous (r)assure François Veillerette. Les alternatives aux pesticides progressent ! » Premier signe positif, la législation française avance peu à peu. Résultat de la « loi Labbé » votée en 2014, les produits phytosanitaires ne pourront plus être utilisés par les collectivités dès janvier 2017. Idem pour les particuliers, à partir de 2019. Et le projet de loi sur la biodiversité prévoit l’interdiction des néonicotinoïdes tueurs d’abeilles en 2018.

Les dirigeants du monde agricole traînent des pieds

 

Des avancées réglementaires portées par un mouvement citoyen puissant. Pétition sur les néonicotinoïdes, marche à Bordeaux, rassemblement devant l’Assemblée nationale. Le succès du documentaire de Cash Investigation sur les pesticides n’y est sans doute pas pour rien. « L’enquête de France 2 a fait monter d’un cran la prise de conscience, se réjouit François Veillerette. Il faut à présent transformer cette préoccupation citoyenne en avancée concrète. »

Parmi les signes tangibles d’une évolution sociétale, l’agriculture biologique poursuit sa lente croissance. Selon les chiffres de l’Agence bio, 4,14 % de la surface agricole utile était cultivée selon le mode biologique en 2014. Et six Français sur dix consomment régulièrement des produits sans pesticide. Un développement freiné, d’après le porte-parole de Générations futures, par le manque de moyens, financiers et normatifs, mis en place pour encourager la filière. « Il faut conditionner les aides à l’adoption de pratiques vertueuses, investir plus massivement dans la recherche sur l’agroécologie, et contraindre les agriculteurs à moins recourir aux produits phytos », insiste-t-il.
JPEG - 313.6 ko
Légumes issus de l’agriculture biologique.

Problème, les dirigeants du monde agricole traînent des pieds. Sans alternative crédible, impossible de se passer de pesticides, clame ainsi le chef de la FNSEA, Xavier Beulin. Un message repris en boucle par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, notamment dans une lettre aux députés contre l’interdiction des néonicotinoïdes. « Le problème ne vient pas tant des agriculteurs, car ils sont les premiers touchés par ces substances nocives », explique François Veillerette. En septembre 2015, un céréalier intoxiqué par un pesticide a ainsi fait condamner Monsanto. « Mais les agro-industriels, qui tiennent les clés de la machine, n’ont aucun intérêt à ce que ça change, et nous font croire à tous que ça ne peut pas changer. »

Ainsi, d’après les Amis de la Terre, le lobby de l’agrochimie œuvre en coulisses afin d’empêcher la légalisation du purin d’ortie et autres préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP). « Alors que la loi reconnaît depuis octobre 2014 l’utilisation des PNPP, le décret d’application indispensable, pourtant rédigé, n’est toujours pas publié », s’indigne l’ONG, qui propose aux internautes de signer une pétition afin de contrer les intérêts des firmes phytopharmaceutiques.

Un lobbying que bat en brèche l’association Générations futures, qui organise toute cette semaine et partout en France la Semaine pour les alternatives aux pesticides (Spap) avec des ateliers pour montrer que vivre sans pesticide, c’est possible !

Lire aussi : « On peut réduire fortement la quantité de pesticides. J’ai réussi ! »


Source : Lorène Lavocat pour Reporterre

Photos :
. chapô : Flickr (Aqua Mechanical/CC BY 2.0)
. légumes : Wikipedia (Elina Mark/CC BY-SA 3.0)

Source : http://www.reporterre.net/La-France-toujours-accro-aux-pesticides 

jeudi 30 juillet 2015

TAFTA : le parlement européen renonce à se faire l'écho des citoyens

TAFTA : 

le parlement européen renonce à se faire l'écho 

des citoyens




La plénière du parlement Européen a établi aujourd'hui son positionnement sur l'accord transatlantique, dans une résolution très décevante pour tous les citoyens préoccupés par implications probables du futur traite. 

Ignorant les 97% d'avis opposés lors de la consultation de la DG Commerce en 2014, les eurodéputés n'ont pas souhaité rejeter l'inclusion d'un mécanisme de règlement des différends Investisseurs-Etats dans l'accord futur, alors que celui-ci donnera aux entreprises étrangères le droit exclusif d'attaquer des États. Le Président Schulz s'est assuré le soutien des élus libéraux et conservateurs en proposant un compromis fait de formulations sibyllines, qui reviennent à accepter l'ISDS dès lors qu'il portera un autre nom.

Le texte comporte d'autres éléments problématiques : il cautionne le principe de la coopération réglementaire, entérine la disparition de l'agriculture paysanne et la fin d'une alimentation de qualité. Il fait fi de l'impératif de lutte contre les dérèglements climatiques en appelant à la libéralisation des échanges d'énergies fossiles. Il n'applique aucune précaution à la libéralisation des services financiers et soutient une approche de négociation hybride concernant les services, la plus dangereuse. Le Parlement européen choisit donc aujourd'hui de s'inscrire à contre-courant d'une grande part de l'opinion publique européenne, et même d'instances communautaires telles que le Conseil économique et social européen. Le Comité des Régions, pourtant contrôlé par des élus conservateurs, a aussi voté une résolution bien plus critique, sans doute parce que les élus locaux comprennent qu'un traité sur ces bases restreindra leurs capacités d'action dans les territoires.

« Tout comme sur la gestion de la crise grecque, l'Union européenne s'obstine dans une direction désavouée par les opinions publiques européennes » selon Jean-Michel Coulomb, d’Attac France, membre du Collectif Stop TAFTA, présent actuellement à Strasbourg.

« De la même manière que l'administration Obama a usé d'astuces techniques pour contourner la tendance majoritaire au Congrès américain sur les accords transpacifique et transatlantique il y a quelques semaines, le vote d'aujourd'hui à Strasbourg est le résultat des pressions et d'obscures tractations entre MM Schulz et Lange et les promoteurs du traité. Sans optimisation de la technique parlementaire et sans intrigues de couloir, le texte n'aurait pas été voté » analyse Amélie Canonne, de l’Aitec, association membre du Collectif de campagne français.

Du reste un nombre croissant d'Européennes et d'Européens s'inquiète du futur traité. Déjà 2,3 millions de citoyens européens ont signé l'Initiative Citoyenne Européenne (ICE) auto-organisée réclamant l'arrêt des négociations transatlantiques. Des mouvements d'opposition émergent en Europe de l'Est, et les campagnes allemande, autrichienne, belge ou britannique continuent de monter en puissance.

Pour Michel Dubromel, vice-président de France Nature Environnement, également engagé dans la campagne française contre l'accord transatlantique, « Le vote du Parlement européen n'est pas la fin de l'Histoire pour nous, car la résolution n'a pas de caractère contraignant, et nous savons que la DG Commerce est surtout encline à suivre les injonctions des lobbies industriels et financiers. Nous allons donc poursuivre notre travail pour sensibiliser l'opinion mais aussi les élus, et démontrer les méfaits de la politique commerciale conduite par l'UE ».

Le Collectif français Stop Tafta-Non au grand marché transatlantique continuera donc à s'inscrire dans les mobilisations européennes pour une Europe sociale et démocratique notamment lors des Marches européennes, début octobre, qui partiront d’Europe du Sud, passeront par la France et convergeront à Bruxelles mi-octobre, en même temps que la clôture de l'ICE "Stop TTIP"

Source : http://www.fne.asso.fr/fr/tafta-le-parlement-europeen-renonce-a-se-faire-l-echo-des-citoyens.html?cmp_id=33&news_id=14333&vID=2139

mercredi 6 mai 2015

Bientôt des OGM dans vos assiettes, un grand pas vers le TTIP !

Bientôt des OGM dans vos assiettes, 

un grand pas vers le TTIP !

« La Commission européenne vient d’autoriser l'importation et la commercialisation de 17 OGM destinés à l'alimentation humaine ou animale et 2 fleurs génétiquement modifiées. Les États membres ont officiellement le droit de les refuser mais dans la pratique, une interdiction nationale semble être bien difficile à mettre en place. Ne soyons pas dupes : l’autorisation d’importer et de commercialiser ces OGM est une offrande faite aux États-Unis sur l’autel du TTIP, avec en guise de sacrifice le droit des citoyens européens » gronde Marc Tarabella en charge de l’Agriculture mais aussi de la Protection des consommateurs au Parlement européen.

11 des 19 OGM sont produits par la multinationale américaine Monsanto (du soja, du maïs, du colza et du coton). Les huit restants viennent de la firme américaine Dupont et des groupes allemands Bayer et BASF.

Interdire les OGM, c’est arrêter l’océan avec les mains

Nous espérons à présent que les États interdisent sur leur territoire les organismes génétiquement modifiés. Toutefois, nous sommes dans un vaste marché unique européen.
« Il serait difficile de garantir que tous les produits de consommation soient sans OGM : en effet la règlementation actuelle sur l’étiquetage n’impose pas d’indiquer si ces produits proviennent d’animaux élevés ou non avec des OGM.

De plus, on ne pourrait interdire au
x abeilles ou au vent de disséminer les OGM d’un champ en cultivant vers un champ sain » tempête encore l’Eurodéputé PS.

OGM – TTIP : même combat et même principe du cheval de Troie

Les Américains se disent déçus officiellement de la possibilité des États membres de pouvoir refuser les OGM sur leurs terres. Officieusement, l’arrivée de ces nouveaux OGM sur le marché et, in fine, dans nos rayons est pourtant une bonne nouvelle pour les autorités outre atlantique. En effet, à terme, il est probable que les produits OGM ou nourris aux OGM se consommeraient à travers l’Europe et que donc les États ayant d’abord refusé finissent par les accepter.

Cela rappelle étrangement la technique du cheval de Troie que les négociateurs américains utilisent dans le cadre du traité transatlantique TTIP.

La question n’est pas d’être pour ou contre les OGM : la question est de savoir

"59% des européens trouvent les OGM dangereux. (Eurostat)
A chaque étude mettant au pilori les OGM, une contre étude annonce le contraire dans les semaines qui suivent : un affrontement  pro contre anti OGM dont les consommateurs est depuis le début le grand perdant.
C'est donc, dans un tel cas, le principe de précaution
 qui devrait prévaloir le temps de pouvoir certifier à 100% que les allégations autour des OGM sont fausses ou de pouvoir prouver que les consommateurs prennent le risque de s’empoisonner via le contenu de leur assiette.

La parade

D’une part, il faut faire pression sur les gouvernements afin qu’ils n’acceptent pas les OGM sur leur territoire.
D’autre part, il faut activer une législation d’étiquetage stricte sur la présence d’OGM pour des produits tels que le lait, les œufs ou la viande !
Enfin, il faut que l’Europe supervise des contrôles accrus en matière de traçabilité des aliments pour les humains et pour les animaux.

Conclusion

« À aucun moment, je n’accepterai d’être complice d’un abaissement des normes européennes. À aucun moment, nous ne pourrons accepter de mettre en péril la sécurité alimentaire des consommateurs européens.
À aucun moment nous ne devons accepter que l’intérêt particulier de quelques multinationales ne l’emporte sur l’intérêt général de 500 millions de citoyens. »
 
conclut Marc Tarabella, Eurodéputé PS. 

Source : http://www.ps.be/Pagetype1/Actus/News/Bientot-des-OGM-dans-vos-assiettes,-un-grand-pas-v.aspx

vendredi 3 avril 2015

Traité Transatlantique : boeuf aux hormones, OGM bientôt dans nos assiettes ?

TAFTA : boeuf aux hormones, 
OGM bientôt dans nos assiettes ?

18/03/2015

Depuis quelques mois, des acronymes obscurs se sont invités dans le débat public : TAFTA, TTIP, PTCI, GMT… Ces appellations sont mystérieuses, mais le danger, lui, est bien réel. Toutes désignent le traité transatlantique de libre-échange actuellement négocié par l’Union européenne et les Etats-Unis.
Ce projet de partenariat qui menace non seulement les droits des consommateurs, mais aussi la protection de l’environnement, est discuté en toute opacité. Dès le début des pourparlers, les citoyens ont été mis de côté. Ce sont avant tout les lobbies qui murmurent à l’oreille des négociateurs puisque 92% des rencontres organisées par la Commission européenne l’ont été avec des lobbyistes du secteur privé.
Inquiétant : les multinationales agroalimentaires ont été plus actives que les industries pharmaceutiques, chimiques, financières et automobiles réunies ! Il est donc temps de faire entendre notre voix : en tant que consommateurs car notre santé est en jeu, mais aussi en tant que citoyens, car nos choix collectifs démocratiques sont menacés.

Du bœuf aux hormones bientôt dans nos assiettes ?

Matthias Fekl, secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur et donc concerné au premier chef par les négociations, ainsi que le Ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, affirment que le marché européen restera fermé au bœuf aux hormones américain. Mais au-delà des promesses à court terme, il ne faut pas se voiler la face : le simple maintien de nos standards européens face aux standards américains serait une catastrophe.

Car ces mêmes normes européennes permettent actuellement des pratiques scandaleuses en matière d’alimentation : conditions de vie des animaux dans les élevages, excès d'antibiotique dans les aliments pour le bétail, pollution de l'eau potable par les engrais… la liste est longue. Il faudrait pouvoir améliorer nos standards. Or, cette possibilité – qui a un prix - ne figure pas à l’agenda du TAFTA dont l’objectif est, rappelons-le, de réduire les entraves au commerce et les coûts.

Un menu toxique ?

Sur plusieurs questions sensibles, la différence d’approche entre nos deux continents est de taille. Elle tient en trois mots : principe de précaution. En Europe, lorsqu’on soupçonne une substance d’être dangereuse, c’est au fabricant d’apporter la preuve que son produit est inoffensif. Cela vaut bien entendu pour les traitements utilisés par nos agriculteurs sur les fruits et légumes par exemple. Il suffit donc d’un seul doute scientifique sur leur dangerosité pour les faire interdire purement et simplement. Aux Etats-Unis, c’est tout le contraire : on attend parfois jusqu’à un décès pour prohiber un produit supposé dangereux. Là-bas, le principe de précaution n’existe pas.

Cette divergence fondamentale est au cœur des négociations du traité : choisira-t-on de protéger les consommateurs en amont, comme en Europe, ou en aval comme aux Etats-Unis ? Puisque le TAFTA prévoit l'harmonisation des normes par reconnaissance mutuelle, on risque d’aboutir à un compromis qui nivèlera nos normes de sécurité vers le bas.


Et des OGM au dessert ?
Actuellement, l’industrie alimentaire n’est pas obligée d'informer le consommateur lorsqu’un ingrédient d’origine animale, comme le lait, les œufs ou la viande, est issu d’animaux nourris avec des aliments génétiquement modifiés. C’est d’autant plus scandaleux que la majorité des Européens est opposée à l’usage d’OGM dans l’agriculture. Aux Etats-Unis, les organismes génétiquement modifiés sont nettement plus répandus qu’en Europe et ne sont soumis à aucune obligation d’étiquetage.

Avec le TAFTA, l’espoir de voir adopter en Europe un étiquetage clair de ces ingrédients s’envole. Car la Commission européenne, en vertu de son mandat de négociation, a la ferme intention de mener à bien les pourparlers. Elle ne risque pas de se saboter en adoptant dans le même temps de nouveaux « obstacles au commerce ». C’est bien comme cela que sont perçues les réglementations qui améliorent la protection des consommateurs : comme des coûts supplémentaires.

Augmenter les profits des entreprises ou protéger les consommateurs : 

l’Europe doit choisir

En l’état, le traité transatlantique permettrait à une entreprise de réclamer des compensations aux pouvoirs publics dès lors qu’elle estime que la législation d’un pays menace ses profits. Pour trancher ces conflits, les industriels pourraient faire appel non pas aux justices nationales, mais à des tribunaux privés via un arbitrage appelé ISDS (Investment-State Dispute Settlement).
Des mécanismes similaires à l’ISDS sont déjà présents dans bon nombre de traités de libre-échange internationaux qui lient la France, et dans beaucoup d’autres pays. Pas de quoi s’inquiéter, s’écrient en chœur négociateurs américains et européens ! Vraiment ? « Grâce » à l’ISDS, les géants de l’agroalimentaire seraient pourtant en mesure de remettre en cause les politiques de santé menées par nos gouvernements.
Imaginez : si demain un pays européen décidait par exemple d’interdire la vente des boissons énergisantes aux mineurs (type Redbull, Burn ou Monster), les fabricants concernés pourraient attaquer l’Etat et lui réclamer des compensations sonnantes et trébuchantes, en utilisant l’ISDS. Un tribunal privé aurait donc le pouvoir de remettre en cause des choix collectifs, pourtant votés démocratiquement.

Contre le déni de démocratie, faisons entendre nos voix !

Que peut-on faire ? foodwatch, avec plus de 380 organisations européennes, est partie prenante de l’Initiative Citoyenne Européenne auto-organisée, qui rassemble déjà plus d’1,5 million de signatures contre le TAFTA.

Parce que les négociations sont opaques, les lobbies industriels omniprésents, et que ce traité pourrait remettre en cause les choix de société de chacun des pays signataires, nous disons non à ce flagrant déni de démocratie. Comme Jamie Oliver, le célèbre chef britannique, signez la pétition dès aujourd’hui. Ensemble, mobilisons-nous. 



mercredi 18 mars 2015

La viande à la Javel grâce au Traité Transaltantique

TAFTA/TTIP : 

la viande à la Javel s’approche de nos assiettes !

Bruxelles, Montreuil, mercredi 11 Mars 2015 - Les Amis de la Terre tirent la sonnette d’alarme (1). Même avant que l’accord commercial entre les Etats-Unis et l’Union européenne ne soit finalisé, la menace que de la viande états-unienne traitée avec des désinfectants chimiques puisse être vendue en Europe, se concrétise dangereusement. Les responsables de l’Union européenne pour la santé et l’alimentation ont déclaré hier, lors d’une rencontre des parties prenantes, qu’un nouveau produit de rinçage chimique antimicrobien devrait être autorisé cette année pour désinfecter les carcasses et la viande des volailles.


Comme le montre notre mémo, non seulement la Commission européenne a déjà essayé à diverses reprises d’autoriser la vente de « poulets à la Javel » et autres viandes désinfectées, mais en plus, elle examine actuellement une demande pour autoriser les importations de poulets rincés dans de l’acide peroxyacétique – un désinfectant couramment utilisé dans les fermes usines des Etats-Unis (2).

L’Union européenne et les gouvernements nationaux n’ont de cesse d’affirmer que la démarche de sécurité alimentaire « de la ferme à la fourchette » de l’Union européenne n’est pas menacée et que les normes de sécurité alimentaire ne seront pas affaiblies lors des négociations entre les Etats-Unis et l’UE. Les Amis de la Terre Europe et France constatent que les pressions de l’agrobusiness et des responsables commerciaux états-uniens provoquent déjà des reculs sur les normes alimentaires de l’Union européenne. Il est à craindre que ces normes au rabais soient très probablement une des conditions nécessaires pour que les Etats-Unis signent cet accord commercial.

Pour Mute Schimpf, chargée de la campagne Alimentation des Amis de la Terre Europe : « Même avant qu’un accord ne soit signé avec les Etats-Unis, c’est la façon même de concevoir la sécurité alimentaire de l’Union européenne qui est attaquée. Bien que l’Union européenne et les gouvernements nationaux s’en défendent, les pressions sont de plus en plus fortes pour autoriser les importations de viande rincée aux désinfectants provenant des fermes usines. L’UE doit prendre fermement position et interdire toute importation de viande produite de cette façon et montrer qu’elle ne s’aplatisse pas devant les intérêts des Etats-Unis. »

Les gouvernements nationaux ont déjà par le passé bloqué les tentatives de la Commission d’autoriser les « poulets à la Javel ». Il firent référence au principe de précaution et aux incertitudes scientifiques tout en s’inquiétant du fait que l’utilisation de tels produit permette de dissimuler des mauvaises normes d’hygiène, aient des impacts sur la santé des ouvriers et entraîne plus de pollution (3).

Pour Christian Berdot des Amis de la Terre France : « Nos fédérations françaises et européenne demandent que les négociations sur TAFTA/TTIP soient stoppées. Rien ne justifie les dangers que ce traité présente pour notre sécurité alimentaire, ni les risques sur la production. Nous ne voulons pas brader nos normes à cet accord et être les dindons à la javel de cette farce ! »

Notes :

(1) Un accord pourri : pourquoi l’accord commercial TAFTA/TTIP menace les normes de sécurité alimentaire pour les volailles

(2) Avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments sur l’évaluation de la sécurité et de l’efficacité des solutions d’acide péroxyacétique pour réduire les agents pathogènes sur les carcasses et la viande de volaille, 13 juin 2014 : http://www.efsa.europa.eu/en/efsajo...

(3) Décision du Conseil de l’Europe de rejeter la proposition de la Commission pour un règlement du conseil mettant en œuvre la réglementation n° 803/2004, 16163/08, 9 décembre 2008 : http://register.consilium.europa.eu...

Source : http://www.amisdelaterre.org/TAFTA-TTIP-la-viande-a-la-Javel-s.html

vendredi 6 février 2015

L'Europe impose à l'Afrique un traité pire que TAFTA

L’Europe impose à l’Afrique un traité pire que le TAFTA

JEAN GADREY
mercredi 30 juillet 2014





L’Union Européenne a signé avec seize pays d’Afrique de l’Ouest un accord dit de partenariat économique. Pire que le Traité transatlantique avec les Etats-Unis, l’APE est un blanc-seing donné par la Commission européenne aux multinationales pour piller les ressources et le marché africains. Un appel est lancé pour appeler les élus européens à ne pas ratifier cet accord.


Nous avons pris à quelques-un-e-s (Jacques Berthelot, Jean Gadrey, Susan George et Majdouline Sbaï) l’initiative d’un appel dont l’ambition est de bloquer l’adoption par le Parlement européen d’un projet très avancé, qui a exigé des années de négociations souterraines, à l’abri du regard et des exigences de la société civile : un APE, accord dit de partenariat économique avec seize pays de l’Afrique de l’Ouest, sous la pression de l’UE.
C’est pour nous un TAFTA (le grand marché transatlantique entre l’UE et les Etats-Unis) en pire. En pire en tout cas pour les peuples d’Afrique de l’Ouest. J’ai déjà consacré un billet à ce projet funeste et deux billets au projet TAFTA ou GMTdont celui-ci.
Cet appel est assez court. J’aurai l’occasion, avec les trois personnes qui l’ont initié, d’expliciter certains aspects de cet APE, dont un mécanisme de règlement des différends entre les Etats et les firmes multinationales qui serait à coup sûr bien plus désastreux encore pour des pays pauvres que celui qui figure dans le projet TAFTA.
Nous espérons également que notre appel confortera la société civile africaine, mobilisée depuis quatorze ans contre ces projets d’APE, et qui va encore mener des mobilisations dans les pays concernés, dont il semble que les Parlements doivent se prononcer.
ATTENTION : n’envoyez pas de signatures individuelles à ce stade. Notre intention est de réunir au cours de l’été des signatures d’une part d’ONG et associations en Europe et en Afrique, d’autre part d’élu-e-s ou anciens élu-e-s aux Parlements nationaux et au Parlement européen.
Nous en avons déjà recueillies plusieurs en quelques jours, et non des moindres. Beaucoup d’autres vont arriver. Nous en rendrons la liste publique probablement vers la fin août et nous déciderons alors, en relation avec les organisations signataires, de lancer ou non une pétition « grand public » hébergée par un site approprié.
TEXTE DE L’APPEL :
Le Parlement européen ne doit pas ratifier l’accord « de partenariat » entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest
Le 10 juillet 2014, à Accra, capitale du Ghana, les seize chefs d’Etat d’Afrique de l’Ouest ont signé un projet d’accord dit de partenariat économique entre l’Union européenne (UE) et les quinze Etats de la CEDEAO (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest) plus la Mauritanie. Il s’agit en fait d’un accord de « libre-échange » visant à supprimer 75 % des droits de douane sur les importations venant de l’UE et à limiter leur politique commerciale au-delà des exigences de l’OMC (1).
Cet accord, s’il est ratifié par le Parlement européen, sera un désastre pour les peuples d’Afrique de l’Ouest mais aussi pour ceux de l’Europe. Il résulte de pressions exercées par les firmes multinationales européennes, au service desquelles s’est mise la Commission européenne, parvenant à entrainer des chefs d’Etat africains qui sont restés insensibles devant les mises en garde répétées de leurs sociétés civiles, mobilisées depuis quatorze ans.
Les peuples européens n’ont rien à y gagner, au contraire. Cet accord va favoriser leur agriculture la plus productiviste, pollueuse, destructrice d’emplois, ainsi que certains secteurs industriels non moins productivistes, exportateurs de biens de médiocre qualité, au détriment de politiques d’agriculture durable, de souveraineté alimentaire et de transition industrielle écologique.
Il va encourager l’importation par l’UE de matières premières brutes plutôt que la réduction des bilans matières de la production européenne.
Les peuples d’Afrique de l’Ouest et des autres pays d’Afrique subsaharienne et des quatorze petites îles du Pacifique sous la menace de semblables accords, ont tout à y perdre. L’APESADC de six Etats de l’Afrique australe a aussi été paraphé le 22 juillet. Les douze Etats sur seize d’Afrique de l’Ouest ayant le statut de PMA (pays les moins avancés) ne pourront plus taxer les 10,6 milliards d’euros de produits qu’ils importent de l’UE, d’où des pertes budgétaires considérables.
Ce que l’UE promet de leur verser comme contrepartie est un mirage : il n’y a rien de plus que les sommes habituelles du Fonds européen de développement – 4 euros par habitant et par an ! –, qui est un financement des Etats membres hors budget communautaire, plus le “recyclage” marginal d’autres fonds communautaires déjà programmés. C’est lâcher la proie pour l’ombre.
Mais surtout, pour tous les pays concernés, c’est l’ensemble de leur agriculture paysanne et vivrière, leur sécurité alimentaire et tous les projets actuels de transformation sur place et de développement de l’industrie régionale, qui seront frappés de plein fouet par une concurrence européenne déloyale, destructrice d’emplois, et par une dépendance accrue vis-à-vis des cours des marchés mondiaux.
C’est le pillage programmé de leurs ressources naturelles, du sol et du sous-sol. Le développement endogène de la région et les projets d’intégration régionale seront sacrifiés au bénéfice d’une économie tournée vers l’exportation et fortement carbonée, avec des peuples réduits à importer des produits subventionnés et de qualité douteuse venant concurrencer leurs propres productions.
L’une des conséquences prévisibles sera une migration massive de populations privées d’avenir dans leur pays, dans une situation où la population d’Afrique de l’Ouest devrait passer de 302 millions d’habitants en 2010 à 510 millions en 2030 – autant que dans l’UE aujourd’hui comme en 2030 ! – et 807 millions en 2050, et dans un contexte de réchauffement climatique particulièrement accentué dans cette région.
Nous, citoyens, citoyennes, organisations de la société civile en Europe et en Afrique, nous demandons aux élus européens et en particulier à ceux du Parlement européen :
- DE REFUSER de ratifier cet accord humainement et économiquement scandaleux ;
- de ne pas sacrifier les peuples sur l’autel des profits d’une poignée de multinationales prédatrices ;
- d’exiger des études d’impact indépendantes ;
- de s’engager en faveur d’Accords de Coopération et de Solidarité (ACS) qui ne soient pas basés, comme le sont les APE, sur un « libre-échange » qui menace les libertés et l’émancipation humaines.

Note

Photos :
. Chapô : Agence Ecofin
. Article : Flickr (crédit : Alexandre Prévot).

Merci de soutenir Reporterre : 



Source : http://www.reporterre.net/L-Europe-impose-a-l-Afrique-un