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vendredi 31 juillet 2020

Coronavirus : le masque que vous portez est-il le produit du travail forcé des Ouïgours ?





Et si le masque que vous portez pour vous protéger du coronavirus était le produit d’un travail forcé ? C’est la question que soulève le quotidien The New York Times dans une enquête mise en ligne dimanche 19 juillet. Sur la base d’une centaine de vidéos des autorités chinoises, mais aussi de photographies, de documents gouvernementaux, ou encore de suivis de cargaisons, le journal révèle comment Pékin a contraint de nombreux Ouïgours et d’autres membres de minorités ethniques musulmanes de Chine à rejoindre ses usines de fabrication d’équipement de protection individuelle (PPE, personal protective equipment), utilisés dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19.

Selon les chiffres de l’Administration nationale chinoise des produits médicaux, cités par le journal : avant la crise sanitaire, seules quatre entreprises du Xinjiang, immense territoire semi-désertique situé dans le nord-ouest du pays, produisaient des PPE. Au 30 juin, elles étaient 51. Et, « au moins » 17 d’entre elles participent au programme de rééducation par le travail mis en place par Pékin il y a quelques années, insiste le New York Times.

Les Ouïgours constituent l’un des 56 groupes ethniques du pays, dont les Han sont l’ethnie majoritaire. Ils représentent près de la moitié des 25 millions de personnes vivant dans le Xinjiang. La zone a été le théâtre de plusieurs attentats meurtriers, attribués par les autorités chinoises à des séparatistes et des islamistes.



Lire aussi le reportage : Comment la Chine tente d’effacer les minorités musulmanes
 
 

C’est dans ce contexte que Pékin a mis en place, il y a quelques années, un programme de rééducation par le travail. Officiellement, son objectif est de permettre à la population de la région de trouver un emploi et de l’éloigner ainsi de toute tentation extrémiste ou terroriste.

Dans ce cadre, le gouvernement a facilité le transfert massif de citoyens ouïgours et d’autres minorités ethniques du Xinjiang vers des usines situées dans tout le pays. Là, les nouvelles recrues sont astreintes à l’apprentissage du mandarin et elles déclarent leur allégeance au drapeau lors de cérémonies hebdomadaires.

Sollicité par le New York Times, le porte-parole de l’ambassade de Chine aux Etats-Unis a expliqué que ce programme aide « les résidents locaux à sortir de la pauvreté grâce à l’emploi et à mener une vie satisfaisante ».

« La loi de l’offre et la demande »


Mais pour les défenseurs des droits de l’humain, derrière le programme loué par Pékin se cache en réalité un « nouvel archipel du goulag ». Les « centres de formation professionnelle » sont, disent-ils, l’instrument d’une politique féroce d’internement, d’endoctrinement et de travail forcé des minorités musulmanes, d’ailleurs régulièrement pointée du doigt par la communauté internationale.


Lire aussi l’enquête : Kazakhs et Ouïgours dans l’enfer du goulag chinois
 
 

Car Pékin a déterminé des quotas de travailleurs, et de lourdes pénalités sont encourues par ceux qui refusent de coopérer, rendant la notion de volontariat toute relative. Un rapport du centre de réflexion Australian Strategic Policy Institute (ASPI), publié le 1er mars, dévoilait ainsi que 27 usines ont fait travailler sous la contrainte des milliers de Ouïgours. Parmi ces usines figuraient des sous-traitants de 83 grandes marques internationales, comme Apple, Nike, Adidas, Bosch, ou encore Alstom…

Selon l’étude, entre 2017 et 2019 plus de 80 000 personnes ont été transférées hors du Xinjiang pour venir grossir les rangs des ouvriers à travers la Chine, certaines ayant été préalablement internées dans des camps de détention.


 
Lire aussi Des travailleurs ouïgours enrôlés de force dans des usines chinoises
 

« Tout est régi par la loi de l’offre et de la demande », résume, de son côté, The New York Times, qui précise que si la majorité des biens produits dans ces usines sont destinés au marché domestique, certains se sont toutefois retrouvés aux Etats-Unis, ou encore au Brésil.


 
Lire aussi Coronavirus : toute la planète cherche à acheter des masques de protection en Chine
 

La France n’est pas directement citée dans cette enquête, mais elle a été le récipiendaire de centaines de millions de masques en provenance de Chine durant la pandémie. Encore au cours de ces dernières semaines, des cargaisons sont arrivées à Dunkerque, Nantes ou en Ile-de-France, notamment pour reconstituer les stocks stratégiques dans le pays.



Le Monde




 

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