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vendredi 24 juillet 2020

Claire Hédon, la défense des sans-voix ni droits


Claire Hédon a donc été nommée nouvelle défenseure des droits 
ce 22 juillet 2020. 

Ce matin sur France Inter :
https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-24-juillet-2020



Claire Hédon, la défense 

des sans-voix ni droits

 
Par Paul Ricaud

Claire Hédon en octobre 2017 lors d’un discours au Trocadéro, à Paris, pour le compte d’ATD Quart Monde. Photo Ludovic Marin. AFP

La journaliste santé et présidente d’ATD Quart Monde devrait succéder à Jacques Toubon comme Défenseure des droits. Elle est auditionnée ce mercredi au Sénat et à l’Assemblée nationale.


Claire Hédon aime multiplier les casquettes. A 57 ans, l’ex-journaliste santé de RFI, dont elle dirige aujourd’hui les programmes, est présidente d’ATD Quart Monde et membre du Comité consultatif national d’éthique (CCNE). Sa nouvelle fonction de Défenseure des droits devrait supplanter toutes les autres. Celles et ceux qui ont travaillé à ses côtés ne semblent pas surpris de sa nomination à venir, sur la suggestion d’Emmanuel Macron - elle est auditionnée ce mercredi au Sénat et à l’Assemblée. «Je la voyais évoluer vers la politique, d’une manière ou d’une autre», réagit Caroline Paré, qui la remplace depuis 2017 à l’animation de Priorité Santé sur RFI. Claire Hédon est qualifiée de «pugnace», «bosseuse», «engagée mais pas vindicative».

Emission de radio quotidienne et reconnue, surtout en Afrique francophone, Priorité Santé a servi à Claire Hédon de lieu d’expression pendant quatorze ans. Caroline Paré : «Ce qui l’intéressait, c’était de faire le lien entre la santé et le social.» Et lui a permis de traiter de questions politiques comme l’accès aux soins ou les droits des femmes : «Elle parlait de l’excision avant que le sujet soit repris partout», rappelle Ghada Hatem de la Maison des femmes de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

« Entregent »

 

En déplaçant son plateau dans plusieurs pays, Claire Hédon a fait la connaissance de personnalités comme Michel Sidibé, ancien ministre de la Santé malien et directeur de l’Onusida, son homologue sénégalaise Awa Marie Coll-Seck, ou Denis Mukwege, «l’homme qui répare les femmes», quand il n’était pas encore prix Nobel de la paix. Sur les problématiques sanitaires en Afrique, la voix de Claire Hédon devient une référence. «Elle a fait le tour des hôpitaux d’Afrique francophone, les gens allaient jusqu’à l’appeler "Dr Claire", ils faisaient la queue pour la rencontrer», se souvient Assétou Samaké, qui l’a accompagnée pendant cinq ans sur l’émission et la considère comme son mentor.

«Elle met ses compétences journalistiques au service des causes qu’elle défend, analyse Frédéric Couteau qui l’a côtoyée à RFI. Elle n’est pas du sérail, mais son entregent lui permet d’être à l’aise avec des politiques.» Il lui a par exemple servi à rencontrer Emmanuel Macron en septembre 2018. Trois jours avant d’annoncer son plan de lutte contre la pauvreté, le Président s’était rendu dans les locaux d’ATD Quart Monde. «Elle en était sortie assez impressionnée», se souvient Florent Guéguen de la Fédération nationale des acteurs de la solidarité. L’opération séduction avait semblé fonctionner : Claire Hédon avait salué le plan sur BFM TV.

Pourtant, la présidente d’ATD Quart Monde n’affiche aucune proximité avec un quelconque parti politique, et encore moins avec la majorité présidentielle. C’est avec l’ancien ministre Nicolas Hulot et une douzaine de responsables associatifs qu’elle publie en avril 2019, dans le Journal du dimanche, une tribune appelant à une réponse politique au mouvement des gilets jaunes. Dans le même temps, Claire Hédon plaide pour l’accès au logement pour tous et pour la «justice fiscale» sur le plateau de BFM TV.

Début 2016, elle porte avec d’autres associations l’initiative «zéro chômeur de longue durée». Le député PS Dominique Potier s’en souvient, il en a été le rapporteur devant l’Assemblée nationale. Il salue aujourd’hui la nomination d’une réformiste : «Je lui fais confiance sur le plan éthique. A ATD, elle a su imposer une forme de radicalité tout en conservant une ouverture d’esprit sur les solutions apportées par les pouvoirs publics.» La même année, elle n’hésite pas à employer le terme «pauvrophobie» et parvient à faire reconnaître la «précarité sociale», comme le 21e critère de discrimination inscrit dans la loi. «Il reste du travail à faire […] pour que les gens comprennent ce qui se cache derrière cette discrimination dont les marques sont souvent insidieuses», déclare-t-elle alors.

Rapports

 

Les associatifs qui l’ont côtoyée semblent accueillir comme une bonne nouvelle sa nomination en tant que Défenseure des droits. Christophe Robert, de la Fondation Abbé-Pierre, n’a pas été surpris d’entendre son nom : «Faire reconnaître les discriminations et redonner de la dignité aux personnes a toujours été ses combats.» Christophe Deltombe, de la Cimade, abonde : «C’est une vraie militante. On saisit régulièrement le Défenseur des droits et on continuera de le faire. Claire Hédon pourra porter en toute indépendance des causes qui nous sont chères, comme le non-respect de l’accueil des étrangers dont fait preuve l’Etat français.» A la condition que le gouvernement prenne en compte ce corps intermédiaire. Car si la Défenseure des droits porte en justice la voix de personnes qui s’estiment discriminées, elle ne pourra opposer au pouvoir politique que des rapports, avis, propositions, observations et recommandations.

«Jacques Toubon, son prédécesseur, nous a surpris pendant son mandat en étant sur tous les fronts de la défense des droits, ajoute l’ex-président de la Cimade. C’est une succession importante que Claire Hédon est en mesure de prendre.» 

Paul Ricaud 

Source : https://www.liberation.fr/france/2020/07/14/claire-hedon-la-defense-des-sans-voix-ni-droits_1794278?xtor=EREC-25&actId=ebwp0YMB8s1_OGEGSsDRkNUcvuQDVN7a57ET3fWtrS90SVGouFRqw1jk3aySqrmQ&actCampaignType=CAMPAIGN_MAIL&actSource=503765
 

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