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vendredi 19 avril 2019
Déclaration de Rebellion (Extinction Rebellion France)
"Ici,
dans ce lieu de culture qui tente de rappeler la magie et la diversité
du vivant, où est l’humain ? Où est l’humain dans cette grande fresque
de la vie ? Sera-t-il lui aussi bientôt empaillé, prêt à rejoindre
toutes les espèces qui disparaissent à cet instant, et qui disparaitront
demain et après-demain encore ?"
-> Le 24 mars, jour de notre
déclaration de rébellion, une soixantaine de rebelles ont réalisé une
action symbolique au Museum d'histoire naturelle à Paris.
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Texte intégral de la déclaration :
Jour de Déclaration de Rébellion - 24 mars 2019
Muséum National d’Histoire Naturelle
À l’aube de la seconde guerre mondiale, le 1er ministre britannique
Winston Churchill alerte les grandes puissances européennes qui ne
réagissent pas à l’invasion de la Tchécoslovaquie par les forces nazies
parce qu’elles espèrent, par leur inaction, maintenir la paix. Il leur
dit : “Vous avez voulu éviter la guerre au prix de la honte. Vous avez
choisi la honte mais vous aurez la guerre.”
Aujourd’hui, à l’aube
d’un basculement sans précédent des équilibres écologiques de la
planète, le mouvement international Extinction Rebellion alerte les
citoyens et les gouvernements qui ne réagissent pas à l’emballement
climatique et à l’effondrement de la biodiversité. Il alerte ceux qui
espèrent, par leur inaction, maintenir la paix sociale. “Vous avez voulu
sauver un système et son mode de vie au prix de la survie de vos
propres enfants. Vous avez choisi la honte mais vous aurez la guerre” –
car vous serez inévitablement contraint de vous adapter à des conditions
impossibles – et chaque mois perdu à repousser les dures décisions qui
s’imposent rendra cette transition plus titanesque encore. C’est d’un
effort de guerre dont nous avons besoin aujourd’hui.
Les faits
sont là. Le dernier rapport du GIEC, qui acte de l’état actuel de nos
connaissances scientifiques sur le climat, élève une nouvelle fois la
voix. Il nous exhorte à des changements sociétaux rapides, profonds et
de grande envergure pour limiter l’impact d’une augmentation mondiale de
la température, dont les conséquences frappent déjà les plus démuni.e.s
: montée des eaux, inondations, sécheresses, phénomènes météo extrêmes,
épidémies, famines, conflits et migrations.
Notre logique
industrielle expansionniste détruit en ce moment même tout ce dont nous
dépendons. L’eau, l’air et les sols sains se raréfient. Toutes nos
ressources s’épuisent. La Vie s’effondre partout autour de nous. Ce
n’est pas une crise passagère. C’est un changement irréversible. Toutes
les espèces qui disparaissent ne réapparaîtront pas. Le charbon, le
pétrole, le gaz partis en fumée ne se régénèreront pas. Pour nous, il
n’y aura pas de retour en arrière.
Mais tout doit être tenté car
on aperçoit déjà la conséquence de ce chemin, conséquence à la fois
logique et inimaginable : allons-nous être les témoins de l’effondrement
de notre population, et peut-être de notre propre disparition ?
En
ce jour de Déclaration de Rébellion, nous sommes ici, au Muséum National
d’Histoire Naturelle, pour proclamer notre rébellion symbolique contre
notre extinction et notre rébellion politique contre tout ce qui nous y
mène à grands pas.
Nous sommes ici pour remettre notre espèce à
sa juste place, au sein de cette fragile toile du Vivant sans laquelle
rien n’est possible, cette toile qu’il faudrait honorer et qu’à la place
nous détricotons consciencieusement. Ici, dans ce lieu de culture qui
tente de rappeler la magie et la diversité du Vivant, où est l’humain ?
Où est l’humain dans cette grande fresque de la Vie ? Sera-t-il lui
aussi bientôt empaillé, prêt à rejoindre toutes les espèces qui
disparaissent à cet instant, et qui disparaitront demain et après demain
encore ?
Nous laissons à nos enfants l’enfer en héritage. Ce
n’est pas une image. Nous les envoyons vers une mort prématurée si nous
ne changeons pas les règles du jeu.
Nous commençons par adresser
avec humilité nos excuses à la génération qui aujourd’hui fait ses
premiers pas, et nous nous engageons, avec une créativité sans fin, à
repeupler nos imaginaires, pour inventer un monde vivable et
souhaitable.
Nous savons, qu’au fond de nous, c’est l’instinct de
survie qui nous pousse enfin à faire face à notre déni, à nos peurs, à
notre colère et à notre désespoir. Nous sommes reconnaissant.e.s envers
cet instinct. Mais nous restons lucides.
Nous voyons autour de
nous l’impératif de survie devenir une entreprise individuelle et
prendre le dessus sur notre dimension collective. S’il se répand, ce
réflexe de repli sur soi écrasera les enjeux de justice sociale,
d’équité, de transformation de notre modèle économique. S’il se répand,
il rendra impossible les choix de société qu’il est vital de faire.
Nous combattons ce repli, conscients que la survie individuelle est une
chimère, que les dictatures vertes sont un vrai risque pour la
démocratie, et que notre seule solution réaliste est de nous imposer
collectivement de nouvelles règles.
Nous n’avons plus
confiance en la capacité, ni en la volonté de ce gouvernement comme des
prochains, de porter et d’encourager cette transformation profonde.
C’est pourquoi, nous, membres d’Extinction Rebellion, appelons tous les
arrières-grands-parents, les grands-parents, les parents, les étudiants,
et les plus concernés par le climat de demain – les jeunes et les
enfants – à entreprendre des actions directes de désobéissance civile,
ouvertes à tous, créatives, déterminées, et non-violentes.
Nous
sommes pleins de rage contre un système qui organise la destruction du
vivant. Nous sommes emplis d’amour pour cette planète.
Nous nous
engageons à entrer en rébellion contre des adversaires qu’il est
possible d’identifier. Car pendant que des citoyennes, des citoyens et
des élu.e.s se battent sur leur territoire pour préserver forêts,
montagnes et rivières, de « grands » projets industriels délirants
soutenus par les finances publiques continuent de voir le jour. Car
pendant que les accords climatiques se succèdent en vain, des banques,
des assureurs, des entreprises, des gouvernements criminels continuent
d’extraire les énergies fossiles qu’il faut pourtant bannir et garder
sous terre pour espérer survivre. Nous viserons ces cibles sans fléchir.
Enfin, en refusant de reconnaître qu’une croissance infinie dans un
monde aux ressources limitées est suicidaire, nos gouvernements sont
complices. Quand l’État abandonne délibérément sa responsabilité de
protéger ses citoyennes et citoyens, il rompt ses engagements. La
révolte devient alors notre droit le plus sacré, et notre devoir le plus
indispensable.
Parce que chaque dixième de degré compte, parce
que chaque espèce disparue compte, parce que chaque minute compte, parce
qu’agir nous ramène à la Vie, nous appelons à la désobéissance civile à
grande échelle.
Nous avons tous la responsabilité et le devoir
de passer à l’action, nous devons nous rébeller pour la vie. La
désobéissance civile non violente est notre dernière chance, notre
meilleure option, la voie plus efficace pour forcer un changement de
système.
Nous sommes désormais prêtes et prêts à enfreindre la
loi et à en subir les conséquences. Nous sommes prêtes et prêts à
inonder les prisons pour que tout ce que l’on aime ne disparaisse pas
sous les eaux. Quand l’espoir meurt, l’action commence.
Nous faisons face à une urgence mondiale sans précédent. Les gouvernements ont échoué à nous protéger malgré les solutions connues et préconisées. Il est donc de notre devoir d'agir au plus vite.
NOUS EXIGEONS :
1. La reconnaissance de la gravité et de l’urgence des crises écologiques actuelles et une communication honnête sur le sujet.
2. La réduction immédiate des émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone en 2025, grâce à une réduction de la consommation et une descente énergétique planifiée.
3. L’arrêt immédiat de la destruction des écosystèmes océaniques et terrestres, à l’origine d’une extinction massive du monde vivant.
4. La création d’une assemblée citoyenne chargée de décider des mesures à mettre en place pour atteindre ces objectifs et garante d’une transition juste et équitable.
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