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lundi 20 mai 2013

Les Brulls nouvelle ZAC à Prades (Zone Aménagement Concertée)

On a reçu ça concernant les Brulls : 30 hectares d'excellente terre qui vont partir en fumée... 


"J’entends parler dans les milieux associatifs d’un projet de zone économique de 30 ha qui serait aménagé à la sortie de Prades le long de la voie ferrée qui descend à Perpignan.
Encore une fois, des terres de bonne valeur agronomique, situées en outre, sauf erreur de ma part, dans le périmètre irrigué du territoire, c'est-à-dire sur des surfaces irrigables sans aucune dépense d’énergie, seraient définitivement stérilisées et rendues impropres à la production de nourriture.
Je ne vous apprendrai probablement pas que l’artificialisation des sols « consomme » en France plus de la superficie moyenne d’un département tous les dix ans. Désormais, on sait pourtant que le système agro-alimentaire actuellement pratiqué n’a pas d’avenir, d’une part à cause de l’augmentation irrésistible du prix de l’énergie, d’autre part du fait de sa très mauvaise productivité à l’hectare, encore exagérée par la destruction/stérilisation des sols. Je fais référence ici aux livres de Marc Dufumier et de Lydia et Claude Bourguignon, qui viennent d’ailleurs de donner des conférences très suivies dans le département (quant aux Bourguignon, au sein même de l’hôtel de l’Agglomération Perpignan-Méditerranée). 
« Consommer » le patrimoine existant de sols vivants de bonne qualité agronomique de façon pratiquement irréversible est bien le contraire de ce qui devrait être fait, et de plus en plus de voix s’élèvent pour que l’artificialisation des sols soit freinée, puis interrompue en France. Ce dossier a d’ailleurs été ouvert au sein du SCOT de Perpignan. Ce n’est pas pour rien que de plus en plus d’urbanistes parlent de « reconstruire la ville sur la ville ». 
Les zones artisanales sont également concernées et ne devraient plus s’étendre au détriment des territoires à haute valeur agronomique, fussent-ils les moins chers à viabiliser. Il est vrai que se nourrir est un besoin fondamental, qui, dans l’intérêt à long et moyen terme des générations futures, devrait passer avant bien des projets d’enrichissement à court terme.
Je suppose que cette lettre d’un citoyen isolé ne suffira pas à modifier les projets en cours. Je me permets donc de vous suggérer de consulter un spécialiste désormais reconnu pour ses travaux dans ce domaine : Emmanuel Bailly. Après un premier rapport sur l’autonomie alimentaire du Limousin, il est devenu consultant sur ce thème à travers les activités de la Société E.C.T."

A suivre un article paru dans la revue Nature et Progrès de mars 2010

dimanche 19 mai 2013

Nucléaire : un documentaire à voir sur Arte le 21 mai

21 MAI 

ARTE  CENTRALES NUCLEAIRES, DEMANTELEMENT IMPOSSIBLE ?

Mardi 21 mai à 20.50 


Le documentaire s'appuie notamment sur le cas du démantèlement de Brennilis et pose la vraie question "démantèlement impossible ?"
Le démantèlement ne résoud rien et ne fait que déplacer le problème des déchets radioactifs. Le problème étant le confinement de la radioactivité pendant des milliers d'années, sans empoisonner l'environnement.
  
Documentaire de Bernard Nicolas (France, 2013, 1h07mn)
Coproduction : ArteFrance, Eclectic presse


samedi 18 mai 2013

Abeilles en danger

Voici trois articles parus dans Le Monde qui abandonne sa rubrique 'Planète' "en attendant que la planète abandonne le monde" (lu quelque part)



Près d'un tiers des colonies d'abeilles ont péri cet hiver aux Etats-Unis



Le Monde.fr avec AFP | 07.05.2013


Les abeilles connaissent depuis plusieurs années des taux de mortalité anormaux aux Etats-Unis. | MICHAEL KOOREN/REUTERS

Près d'un tiers des colonies d'abeilles aux Etats-Unis ont été décimées au cours de l'hiver 2012-2013, sans qu'une raison particulière ait pu être dégagée, selon une étude réalisée par le ministère de l'agriculture américain (USDA) et des associations professionnelles, publiée mardi 7 mai.

La population d'abeilles a décliné de 31,1 % l'hiver dernier, selon les résultats préliminaires d'une enquête réalisée auprès de plus de 6 200 producteurs d'abeilles aux Etats-Unis par l'USDA, en collaboration avec l'association AIA (Apiary Inspectors of America) et Bee Informed Partnership.

CAUSES MULTIPLES DE SURMORTALITÉ

Selon cette étude, la perte subie ces derniers mois par les abeilles américaines est 42 % plus importante que l'hiver précédent, lorsque 21,9 % d'entre elles avaient disparu. Les abeilles connaissent depuis six ans de très importants taux de mortalité, de 30,5 % en moyenne, sans que les experts s'accordent sur un facteur déterminant.

Selon les autorités américaines, plusieurs raisons participent ces dernières années de la surmortalité des abeilles sans qu'aucune soit prévalente, comme "les parasites, les maladies, les facteurs génétiques, une mauvaise nutrition et l'exposition aux pesticides"

Dans l'UE, les autorités ont annoncé, le 29 avril, la suspension pour deux ans, à compter du 1er décembre, l'utilisation de trois insecticides impliqués dans le déclin accéléré des abeilles domestiques et des insectes pollinisateurs (bourdons, papillons, abeilles sauvages, etc.).
La décision, toutefois, n'implique pas une disparition totale de ces substances dans l'environnement.

Les trois molécules interdites, l'imidaclopride, le thiaméthoxame et la clothianidine appartiennent à la famille des néonicotinoïdes, insecticides parmi les plus utilisés au monde en agriculture et que l'on retrouve dans des dizaines de produits tels le Cruiser, le Gaucho, le Poncho ou le Cheyenne.
Depuis de nombreuses années, ces substances sont suspectées d'être un élément déterminant de l'effondrement des populations d'abeilles et de pollinisateurs sauvages.

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Interdiction de pesticides tueurs d'abeilles : les questions en suspens


Le Monde.fr | 30.04.2013 à 21h21 • Mis à jour le 01.05.2013



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Les abeilles connaissent depuis plusieurs années des taux de mortalité anormaux aux Etats-Unis. | MICHAEL KOOREN/REUTERS

C'était une première mondiale. La Commission européenne a annoncé, lundi 29 avril, qu'elle allait suspendre pour deux ans, à compter du 1er décembre, l'utilisation de trois insecticides impliqués dans le déclin accéléré des abeilles domestiques et des insectes pollinisateurs (bourdons, papillons, abeilles sauvages, etc.).
La décision, toutefois, n'implique pas une disparition totale de ces substances dans l'environnement.

  • Trois insecticides interdits pour certains usages

Les trois molécules interdites, l'imidaclopride, le thiaméthoxame et la clothianidine appartiennent à la famille des néonicotinoïdes, insecticides parmi les plus utilisés au monde en agriculture et que l'on retrouve dans des dizaines de produits tels le Cruiser, le Gaucho, le Poncho ou le Cheyenne.
Depuis de nombreuses années, ces substances sont suspectées d'être un élément déterminant de l'effondrement des populations d'abeilles et de pollinisateurs sauvages.

La Commission européenne a donc décidé de suspendre pendant deux ans leur utilisation en enrobage de semences – qui constitue l'usage majoritaire de ces pesticides – dans quatre grandes cultures : maïs (traité à 80 % avec des néonicotinoïdes), colza (60 %), tournesol (60 %) et coton.

Elle a aussi banni provisoirement l'emploi de ces molécules en traitement de sol (granulés) et en pulvérisation dans une cinquantaine d'autres cultures.
Les autorisations de mise sur le marché seront suspendues pour ces usages au sein des Etats membres à partir du 1er décembre.

Et après ?

En France, les agriculteurs ne pourront donc plus utiliser ces trois pesticides pour les semis de maïs et de tournesol du printemps 2014 et ceux de colza de l'automne 2014.

Certains produits avaient toutefois déjà été interdits : le Cruiser avait ainsi été banni pour le colza en juin par le ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll, tandis que le Gaucho était suspendu pour le tournesol et le maïs respectivement depuis 1999 et 2004.

Quant au coton, il n'est pas produit dans l'Hexagone.

Des semences enrobées des trois néonicotinoïdes seront toutefois toujours produites en France. "La France est le principal producteur de ces semences en Europe. Elles seront toujours fabriquées à destination des pays qui ne les ont pas interdites, comme l'Ukraine, l'Afrique ou l'Amérique du Sud, explique Jean-Charles Bocquet, directeur général de l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP).

Donc si on empoisonne les autres, ce n’est pas grave …
Les agriculteurs français ne pourront plus en acheter par contre." Des contrôles devraient être effectués lors de la vente des semences au sein des coopératives agricoles pour s'assurer du respect de la nouvelle législation.

  • D'autres utilisations maintenues

Cette décision de la Commission européenne n'est toutefois pas définitive et peut être, à tout moment, partiellement ou totalement levée.
"La date d'entrée en vigueur de la suspension des molécules a été repoussée du 1er juillet au 1er décembre, ce qui laisse du temps aux firmes qui commercialisent les pesticides, notamment Syngenta et Bayer, pour produire des études pour la remettre en cause, regrette Olivier Belval, président de l'Union nationale de l'apiculture française. Nous aurions souhaité une interdiction franche et définitive."
Elle ne concerne par ailleurs pas toutes les cultures.
Les trois néonicotinoïdes incriminés restent ainsi autorisés dans des centaines d'autres cultures qui ne sont pas – ou moins – au contact des abeilles, selon la Commission : les céréales d'hiver (blé et orge, soit un million d'hectares en France), les betteraves, les légumes, les cultures sous serre ou encore les vergers après la floraison.

  • Une persistance des molécules dans l'environnement

"Ces cultures constituent un risque pour les abeilles en raison de l'accumulation des pesticides dans le sol qu'elles entraînent", prévient Olivier Belval. Les néonicotinoïdes persistent en effet longtemps dans l'environnement : la demi-vie de la clothianidine dans le sol a été mesurée entre 148 et 6 900 jours par l'Agence de protection de l'environnement américaine tandis que l'imidaclopride peut être absorbée par des cultures non traitées, jusqu'à deux ans après la première utilisation, à des niveaux toxiques pour les abeilles.
"En raison de la rotation des cultures, des céréales d'hiver traitées avec des pesticides peuvent alors contaminer d'autres plantes qui leur succèdent, comme les tournesols, ainsi que les pollinisateurs qui les butinent. Il y a une contamination latente", déplore Olivier Belval.

  • Des insecticides interdits remplacés par d'autres pesticides

Les trois néonicotinoïdes interdits devraient être remplacés par une autre famille d'insecticides : les pyréthrinoïdes.
Cette molécule, que l'on retrouve par exemple dans le produit Force, peut être utilisée dans le sol contre les insectes et ravageurs (taupins, blaniules, scutigérelles) qui attaquent les graines, et sur les plantes contre les pucerons. "Elle s'avère toutefois moins efficace que les néonicotinoïdes", regrette Jean-Charles Bocquet, de l'UIPP.

Conséquence positive, pour Olivier Belval, ces insecticides s'avèrent moins dangereux pour les abeilles. "Ils sont davantage utilisés en traitement aérien et donc sont dégradés plus rapidement par l'air et l'eau, explique-t-il. Ils restent néanmoins toxiques pour les abeilles dans les jours qui suivent leur pulvérisation."

"L'idéal reste de moins utiliser d'insecticides, conclut le porte-parole de l'ONG Générations futures François Veillerette, au profit des possibilités offertes par la nature, comme les auxiliaires de culture, qui mangent les insectes nuisibles."

Audrey Garric



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Le déclin des insectes pollinisateurs menace les rendements agricoles


LE MONDE | 01.03.2013 à 14h46   Par Stéphane Foucart
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Une abeille domestique "Apis mellifera". | Fabien Virey

En déclin accéléré depuis la fin des années 1990, les abeilles domestiques (Apis mellifera) ont pléthore d'avocats.

Mais leurs cousins sauvages – les centaines d'espèces d'abeilles solitaires, les bourdons, etc. – soulèvent beaucoup moins d'intérêt. A tort !
Une vaste étude, publiée vendredi 1er mars par la revue Science, révèle leur rôle crucial dans la pollinisation – donc les rendements – de nombreuses cultures.

D'autres travaux, publiés dans la même édition de la revue américaine, suggèrent quant à eux que le dépérissement des pollinisateurs sauvages, plus délicat à évaluer, n'est pas moins inquiétant que celui de leurs cousines domestiques.

Rassemblant les données collectées par une cinquantaine de chercheurs internationaux sur la pollinisation de 41 types de culture (amande, mangue, café, fraise, etc.) répartis sur les cinq continents, Lucas Garibaldi (Conseil national d'investigations scientifiques et techniques d'Argentine) conclut que les services offerts par les pollinisateurs sauvages sont supérieurs à ceux de mellifera.

vendredi 17 mai 2013

Islande

On a reçu ça 

Ci joint pour ceux que cela intéresserait, un article de B Maris sur la façon dont les Islandais ont répondu à la question de la dette.

Amitiés.

J. M.





NDDL : 'La Révolution Tranquille'


Qui a dit que la france s'ennuyait ? 

A Notre-Dame-des-Landes, 

la révolution tranquille

Publié le 13/05/2013 à 16h51
Quarante cinq ans après 1968, la célèbre maxime de Pierre Viansson-Ponté, l’éditorialiste du Monde, qui a dit que la France s’ennuyait ? , n’est pas de saison. Chaque semaine, sous un gouvernement de gauche, les manifestations se suivent avec une ampleur inégalée. Elles sont différentes, c’est vrai.
Mais elles témoignent toutes les deux d’une volonté de la société mobilisée de ne pas se soumettre aux diktats de la finance et des lois du marché.
Ce samedi, ce furent donc près de 40 000 personnes qui entourèrent d’une chaîne humaine de 25 kilomètres de long, le terrain destiné au déjà ex/futur aéroport de Nantes.

La chaîne humaine des opposants au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le 11 avril 2013 (SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA)
Les centaines de jeunes « zadistes », comme on les appelle par référence aux « zones à défendre », les agriculteurs et riverains en colère, ne sont pas seuls. Bien au contraire. Ils sont en train d’essaimer dans toute la France, non seulement à travers des dizaines de comités de soutien mais aussi par des luttes qui s’installent, contre les grands projets inutiles, contre des parkings géants, des lignes LGV, des hypermarchés en pagaille, un EPR énergivore ou un autoroute de plus…

L’emblème d’une lutte

Le rapport de la commission de médiation, bien loin d’essouffler le mouvement, a fait naître l’espoir de gagner sur l’un des dossiers les plus contestés par les écologistes. Ce moratoire de fait a renforcé la détermination des forces qui s’opposent à ce projet. Car ce qui se joue à Notre-Dame-des-Landes, n’est pas seulement un bras de fer autour d’un projet inutile, coûteux et dépassé, mais l’emblème d’une lutte pour un changement de mode de vie. Ce qui mobilise aujourd’hui des générations et des groupes sociaux différents, c’est d’abord une autre conception du bonheur que celle du Produit national brut (PNB), de la croissance fondée sur le toujours plus, sur la destruction de la biodiversité et des écosystèmes.
Si Notre-Dame-des-Landes est devenue une cause nationale et pas un simple enjeu local, c’est qu’elle cristallise ce rapport entre « eux » et « nous » qui, dans tous les domaines de la vie sociale, s’instaure entre l’oligarchie et la démocratie.
  • « Eux » en l’occurrence, c’est l’alliance avérée entre de grands élus mégalomanes, une grande entreprise multinationale, Vinci, et une technocratie qui, depuis plus de quarante ans, tente d’imposer un projet obsolète ;
  • « nous », c’est cette alliance nouvelle, qui s’est concrétisée sur le terrain entre des jeunes, des paysans, des élus de base, des anciens, des membres des classes moyennes, des étudiants, des jeunes chômeurs, entre consommateurs, producteurs, écologistes.

Demande de transformation sociale par le bas

C’est un mouvement qui vient de loin : dans des milliers d’Amap (Association pour le maintien de la culture paysanne), des dizaines de milliers de personnes pratiquent les circuits courts. Les jardins partagés sont devenus une réalité massive dans les villes. L’habitat coopératif, écologique, n’est plus une utopie de quelques doux dingues. Le commerce équitable comme les énergies renouvelables, deviennent des réalités significatives. Autant de révolutions tranquilles qui débouchent sur un projet politique partagé, celui d’une société plus humaine, plus solidaire, fondée sur une démocratie participative.
Des microchangements de la vie quotidienne à l’échelle humaine, nous sommes en train de passer à une demande de transformation sociale par le bas, qui sape le fondement du pouvoir jacobin et technocratique qui a corseté la France depuis des centaines d’années, à partir de Paris et de la centralisation administrative forcée et bornée. Le colbertisme a façonné l’Etat. Il l’a institué en pouvoir de droit divin.
Cet Etat en crise, à la veille de l’acte III de la décentralisation, n’a plus beaucoup d’influence à Bruxelles. Il en a de moins en moins sur les collectivités locales, qui se comportent souvent en nouveaux pouvoirs autonomes, pour le meilleur… ou pour le pire.

On peut toujours rêver en politique

Ce dernier aspect est l’un des plus dérangeants dans l’affaire de Notre-Dame-des-Landes. L’échelon national peut parfois mieux protéger le citoyen que la proximité du pouvoir : Ayrault Premier ministre est plus fragilisé qu’Ayrault maire de Nantes. Il est donc, comme le Président, plus enclin au compromis. En fait, le pays a une demande d’Etat, mais pas de l’Etat issu du Code Napoléon, de ce syncrétisme gaullien entre bonapartisme, jacobinisme et monarchisme. Il a besoin d’un Etat résilient, qui assume la transition entre le national – capitalisme, la mondialisation et ses nouvelles fractures.
  • Un Etat qui ferait en quelque sorte du management participatif, à l’écoute des préoccupations des citoyens ;
  • un Etat où l’Enarchie serait sous le contrôle des élus et des citoyens, par des conférences de consensus, des commissions du débat public qui joueraient enfin leur rôle ;
  • un Etat qui soutiendrait les associations et ne les asphyxieraient plus comme aujourd’hui ;
  • un Etat fort parce qu’à l’écoute des faibles ;
  • un Etat à l’abri des lobbies et des intérêts privés…
On peut toujours rêver en politique. L’utopie réaliste, la possibilité du changement, c’est peut-être ce qui manque ces temps-ci à l’équipe au pouvoir qui croit que la soumission aux règles non écrites des puissants vaut pour solde de tout compte.

L’Etat doit être plus humble

Ce n’est pas un remaniement vite oublié, presque déjà digéré, qui y changera quelque chose, mais une demande de « réparation » des dommages qui ont été causés à la société par l’Etat depuis des décennies qui est en jeu.
Le 10 mai dernier le président Hollande a d’un geste méprisant renvoyé les héritiers des anciens esclaves à la seule reconnaissance du fait esclavagiste. Eux demandent autre chose : que l’Etat français fasse les gestes significatifs montrant qu’il n’est pas sourd à leurs souffrances : le remboursement de la rançon payée par Haïti, de la propriété foncière dans les DOM, la création d’un Musée de l’esclavage colonial en France, un plan d’urgence pour les Antilles…
Mais la réparation c’est aussi ce que demande les amiantés, les silicosés, les diésélisés, les victimes des accidents industriels, les femmes victimes des violences quotidiennes, les victimes des harcèlements au travail, des paysans qui voient leur terre livrées aux promoteurs, aux spéculateurs et aux grands projets inutiles.
L’Etat doit opérer sa mue : Il doit être plus humble, plus soucieux du bien-être des gens, de leur vivre ensemble. Il doit être moins arrogant et plus précautionneux. Réparer, c’est ce qui était contenu dans l’idée du « care », cette perspective proposée par Martine Aubry, trop vite moquée et mise à la poubelle. Et si Martine avait vu juste ? Et si François se trompait sur son diagnostic de la société française ? Si son approche était un peu trop hors-sol, un peu trop sous tutelle des 3 « B », de Bercy, de la Banque et de Bruxelles ? En France, l’ivresse de l’Etat enivre ceux qui l’occupent un moment. C’est pourquoi, la première chose à faire, c’est de rendre l’Etat sobre.
C'était un message de Noël Mamère sur son blog