Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
Mais pas que.
Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...

BLOG EN COURS D'ACTUALISATION...
...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...

samedi 11 avril 2026

Eau, biodiversité : le grand recul écolo se poursuit

Eau, biodiversité : 

le grand recul écolo se poursuit

  


mercredi 08 avril 2026

Un mercredi sur deux, retrouvez les enquêtes, reportages et entretiens de Mediapart sur l'écologie. 

Pour recevoir cette lettre gratuite, il vous suffit, si ce n'est pas déjà fait, de vous inscrire ici
EDITO
Eau, biodiversité : le grand recul écolo se poursuit

 
 
On aimerait bien vous­ raconter de bonnes nouvelles.

Mais en cette période de Macronie finissante et de repli conservateur européen, 
force est de constater qu’elles sont rares.

Le projet de loi dit « d’urgence agricole », déposé ce mercredi 8 avril 
en conseil des ministres, est à cette image. Troisième texte défendu en moins 
de deux ans pour répondre à la colère du monde agricole, il détricote, 
une fois de plus, le droit de l’environnement.

Dans la suite des lois précédentes, il a pour objectif de faciliter encore davantage la construction de nouveaux bâtiments d’élevage, jusque-là régis par le régime 
des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE).  
Cette fois-ci, écrit Lucie Delaporte, le texteouvre la voie à un nouveau statut juridique beaucoup moins contraignant, qui pourrait permettre de se passer des études 
d’impact et des enquêtes environnementales là où elles sont encore obligatoires, 
 et favoriser ainsi le développement de l’élevage intensif.
 
Le projet de loi met également en danger les zones humides – un aspect 
de la loi « Duplomb » qui n’avait pas pu passer l’an dernier :  
il instaure un « principe de proportion » dans la compensation aujourd’hui en vigueur  
lorsque ces zones essentielles à la préservation de la biodiversité sont atteintes
 notamment pour des projets de stockage d’eau. En clair, si les zones humides sont déjà dégradées, elles pourront allégrement être détruites et il deviendra inutile de les compenser.

Mais c’est aussi la gouvernance locale de l’eau qui est mise à mal.  
Si le texte est voté en l’état, écrit Mickaël Correia, le ministre de l’écologie pourra,  
en vue de l’aménagement de futures mégabassines ou autres réserves hydriques, 
autoriser des préfets à déroger au schéma d’aménagement et de gestion des eaux (Sage), 
outil jusqu’ici élaboré par différents acteurs locaux d’un même bassin – élu·es, services de l’État, associations, riverain·es, etc.  
Et les réunions publiques organisées dans le cadre de ces projets et des demandes d’autorisation pour les prélèvements en eau seront supprimées.

Cerise sur le gâteau, le texte porté par la ministre de l’agriculture Annie Genevard 
s’attaque enfin à une question écologique majeure : le statut des espèces protégées. 
Par la voie d’un article dans cette loi « d’urgence agricole » et de deux arrêtés 
déjà publiés, le gouvernement libéralise les tirs sur le loup, dont l’état de conservation 
n’est à ce jour pas assuré. La ministre de la transition écologique Monique Barbut
 a multiplié les concessions sur le sujet et beaucoup craignent aujourd’hui  
que ce ne soit une porte ouverte à la remise en cause de la préservation 
de deux autres animaux menacés : l’ours et le lynx.

Le débat, annoncé pour fin mai à l’Assemblée Nationale, promet d’être tendu. 
Mais il pourrait aussi être l’occasion d’entendre, enfin, une discussion parlementaire 
sur l’effondrement de la biodiversité. 
Il est encore temps d’éviter des décisions politiques qui ne feront 
qu’aggraver le problème. Et de mettre fin au silence inquiétant sur ce sujet. 








Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire