Menace d’expulsion :
gare à la revanche !
Paru dans Sortir du nucléaire n°108 mis en ligne le 24 février 2026
Située près de Bure, sur le tracé de la voie ferrée par laquelle transiteraient les convois de déchets nucléaires, l’ancienne Gare de Luméville est un lieu emblématique de la lutte contre Cigéo. Rachetée par des militant·es dans les années 2000, elle a récemment subi une procédure d’expropriation, et est menacée d’expulsion depuis le 11 octobre 2025. Rencontre avec Camille et Clara pour comprendre comment s’organise l’occupation de la Gare.
Depuis cet été, il y a eu la Manif du Futur, et le camp Septembre Infini pour préparer son occupation. Une audience aura lieu le 17 décembre pour fixer le calendrier de la procédure d’expulsion. Comment vivez-vous cette occupation ?
Clara : L’audience devait se tenir le 5 novembre, on avait peur de l’expulsion chaque matin. Avec son report le sentiment d’urgence est retombé. C’est un lieu qui reste précaire, on attend l’audience de décembre qui risque de rendre le lieu expulsable. Ça impliquera une intervention des flics pour nous virer d’ici.
Vous produisez des vidéos humoristiques ou radicales sur ce qui s’y passe, qu’est-ce que vous avez eu envie de montrer de la vie de la Gare ?
Camille : Ça permet d’apporter un peu de légèreté à ce qu’on vit, de faire des trucs drôles et ironiques, dans un contexte répressif pesant.
Clara : D’autres vidéos sont à venir !
La répression policière en local s’intensifie, comment ce qui se passe à la gare influe sur le reste de la lutte à Bure ?
Camille : À la Gare, en septembre dernier, on ressentait de la surveillance et ça s’est accentué autour de la Manif du Futur. Sur les autres lieux, comme d’habitude, il y a des patrouilles de keufs qui passent régulièrement.
Clara : Les compagnies de gendarmes changent tous les mois ou toutes les deux semaines. Elles ont des types de répressions différentes : parfois ça va être plus ’calme’, d’autres fois l’occupation du terrain va être plus violente, avec du harcèlement policier, des provocations très fortes, des vols de matériels, de la violence physique et des arrestations abusives.
Comment vous envisagez les mois qui viennent ?
Clara : Il a plein de choses qui se déroulent en ce moment : les opérations DR0, les forages et travaux sur la voie ferrée, le défrichage du Bois-Lejuc... Perdre la gare ce serait perdre un lieu d’occupation, d’émancipation, un lieu de vie, un lieu où des gens se sentent mieux que dans les espaces habituels de la société, avec beaucoup de bons souvenirs. C’est une partie de ma vie, la Gare.
Camille : C’est aussi la perte d’un symbole de la lutte.
Vous êtes en lien avec d’autres luttes ou zones occupées ?
Clara : C’est une lutte antinuke ici, mais d’autres personnes portent des luttes diverses, d’émancipation. Récemment on s’est rapproché·es de luttes anti-technologies, antispécistes. Il y a des gens investis dans la lutte contre l’A69. Des personnes qui s’étaient mobilisées le 10 septembre. Des luttes sur les frontières, en soutien aux personnes sans-papiers. On a aussi quelques liens avec des collectifs antifa, comme avec le rassemblement à Bar-le-Duc contre un lieu néonazi.
Camille : Et puis il y a des gens d’autres pays, notamment de Suisse et d’Allemagne.
Un mot à ajouter ?
Camille : Venez occuper la gare si elle n’est pas déjà expulsée !
Clara : Venez réoccuper la gare si elle a déjà été expulsée !
Pour soutenir la gare à distance :
▸ bureburebure.info/comment-soutenir-la-gare-a-distance/
▸ bureburebure.info/nous-soutenir/
Propos recueillis par Garance Dupouy Bossu et Mathilde Damecour
Source : https://www.sortirdunucleaire.org/Menace-d-expulsion-gare-a-la-revanche?origine_sujet=LI202602

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