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samedi 7 mars 2026

La lettre antiraciste de Mediapart - Aux municipales, la vague raciste monte et les digues ont sauté

 

In Extremis
 
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 jeudi 05 mars 2026

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L'édito
Aux municipales, la vague raciste 

monte et les digues ont sauté





Par Sarah Benhaïda, journaliste au pôle politique de Mediapart

Chaque jour, des gens prennent le temps de taper des messages d’insulte, de réaliser des photomontages racistes ou de laisser des commentaires xénophobes, islamophobes ou négrophobes pour les insulter : pour les candidats et candidates racisées aux municipales des 15 et 22 mars, cette élection est celle de la déferlante raciste. Une vague bien plus grande encore qu’aux élections précédentes, disent celles et ceux qui se sont déjà soumis au suffrage.

Dans un pays où la représentation nationale se lève pour une minute de silence en hommage à un militant d’extrême droite, où des néofascistes peuvent défiler aux cris de « sale bougnoule » et « sale race de merde » sous les saluts nazis, la parole raciste – si elle en avait besoin – s’est libérée. Les débats des municipales l’ont encore montré. On ne compte plus le nombre de digues qui ont sauté quand citer Maurras (Aurore Bergé) ou Pétain (Martine Vassal) n’est désormais plus tabou, mais revendiqué et répété.

Les candidats et candidates que Mediapart a rencontré·es s’accrochent. Mais combien d’autres ont jeté l’éponge ? Combien d’autres continuent à se dire que la fonction d’élu·e, ce n’est pas pour eux ou pour elles ? Des partis, comme Les Écologistes, se sont dotés de charte appelant à plus de diversité. Mais ces textes non coercitifs sont généralement ignorés dès le lendemain de leur adoption. Des associations lancent aussi des appels à des villes antiracistes ou des listes représentatives. Mais là aussi, nulle contrainte pour imposer cette nouvelle parité.

Pourtant, la question est démocratique et urgente car, affirme Nassurdine Haidari, président du Conseil représentatif des associations noires (Cran), « toute une génération ne veut plus aller voter parce qu’elle se dit que ça ne sert à rien de voter pour des gens qui ne lui ressemblent pas et qui ne vivent pas ce qu’elle vit ». Et de prévenir : « Cette désertion des urnes, par ricochet, ça arrange les affaires du Rassemblement national. »


Le parti lepéniste et sa pratique du pouvoir, les habitant·es racisé·es de Perpignan (Pyrénées-Orientales) sont probablement celles et ceux qui en témoignent le mieux. Dans la vidéo de mes collègues Bérénice Gabriel et Khedidja Zerouali, ils et elles racontent les « provocations au quotidien » du maire Louis Aliot, entre nostalgie de la colonisation française en Algérie, brutalité urbanistique et campagnes islamophobes.

Une piqûre de rappel salutaire à l’approche de municipales pour lesquelles Jordan Bardella et Bruno Retailleau, toute honte bue, appellent à faire « barrage » et à dérouler le « cordon sanitaire » autour de La France insoumise.

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