Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan. Mais pas que. Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...
BLOG EN COURS D'ACTUALISATION... ...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...
«
Aujourd’hui, je suis entrée sur le terrain car je ne peux plus prendre
le risque de ne rien faire. […] 1 028 jours, c’est ce qu’il nous reste
pour sauver nos vies et celles de ceux qu’on aime des pires catastrophes
climatiques. »
7 juin 2022 - Augustin Langlade
La jeune Alizée s’est fait remarquer par le monde entier en
tentant d’ouvrir les yeux aux téléspectateurs de Roland Garros sur
l’ampleur de la catastrophe climatique qui nous arrive déjà dessus. Son
action lui a valu d’être traitée comme une criminelle avec 40h de
garde-à-vue, et de nombreuses menaces de mort. Une réaction tristement
symptomatique du déni de notre société occidentale sur la gravité de la
situation, et de la criminalisation des militants écolos.
Court Philippe-Chatrier, vendredi 3 juin. Alors que Casper Ruud et
Marin Cilic sont en plein match de demi-finale « messieurs », Alizée, 22
ans, bondit sur la terre battue et s’accroche la nuque au filet, avant
de s’agenouiller face à la caméra.
Le regard déterminé, calme comme une statue de marbre, la jeune femme
porte un tee-shirt blanc où est inscrit au feutre noir, en lettres
capitales : « We have 1 028 days left », « Il nous reste 1 028 jours ».
Sur le col, une seconde inscription, plus petite : « Dernière Rénovation ». Créé il y a quelques mois, ce collectif exige
que le gouvernement s’engage sans délai à financer et assurer la
rénovation énergétique globale du parc immobilier français d’ici 2040 –
une mesure qu’il juge consensuelle et facilement applicable.
Dans son ultimatum adressé au président de la République, le 9 mars dernier, Dernière Rénovation promettait « d’entrer en résistance civile » dès le 28 du même mois, pour « prévenir le crime » que notre inaction commet « à l’encontre de notre pays, de l’humanité et de la vie sur terre ».
N’ayant reçu aucune réponse, les membres du collectif ont déclenché
une série d’actions non violentes, qui a commencé par le blocage de
plusieurs autoroutes – les 1er, 5 et 15 avril, à Paris – et s’est prolongée par l’intrusion d’une de leurs activistes sur le court de Roland-Garros.
Que veut dire « 1 028 jours » ?
L’interruption du match n’a duré que quelques minutes, le temps pour
les images de faire le tour de la terre, et pour les vigiles costumés de
décrocher la jeune fille, placée en garde à vue pendant plus de 40
heures, au terme desquelles elle a reçu un rappel à la loi.
Avant de sacrifier ainsi deux jours de sa vie, Alizée a expliqué le but de son action sur les réseaux sociaux :
« Le monde vers lequel nous envoient les politiques est un monde où Roland Garros ne pourra plus exister », écrivait-elle le 3 juin. « Aujourd’hui,
je suis entrée sur le terrain car je ne peux plus prendre le risque de
ne rien faire. […] 1 028 jours, c’est ce qu’il nous reste pour sauver
nos vies et celles de ceux qu’on aime des pires catastrophes
climatiques. »
Le chiffre de « 1 028 jours » provient du dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).
Publiée le 4 avril 2022, la dernière partie de ce document de 3 000
pages avertissait, en bref, que le pic des émissions mondiales de gaz à
effet de serre devait être atteint au plus tard en 2025 pour que le
réchauffement climatique soit maintenu en deçà de 1,5 °C par rapport à
l’ère préindustrielle, c’est-à-dire à un niveau déjà gravissime, mais
supportable pour la majeure partie de l’humanité.
Début avril, il restait donc trois ans aux gouvernements du monde
entier pour adopter des mesures drastiques de réduction de nos
émissions, soit 1 095 jours environ – un décompte passé, le 3 juin, à ce
fameux chiffre de 1 028.
Dans le stade, les journaux, à la télévision, sur internet, les
réactions à cet acte de résistance civile se sont montrées contrastées,
entre admiration, ironie, incompréhension et violence. Au moment de
l’action elle-même, la militante raconte avoir été sifflée par les spectateurs, dont certains l’auraient insultée :
« Les huées que j’ai entendues
sont encore en moi, j’ai ressenti beaucoup de tristesse sur un message
que j’ai essayé d’amener et qui n’est pas forcément entendu. Se rendre
compte que les personnes se sont juste levées pour me filmer… »
Comme le remarque le vulgarisateur scientifique BonPote, les commentateurs sportifs de France 2, qui suivaient le match en direct, n’ont pas non plus compris le message des « 1 028 jours », preuve « assez symptomatique » que « le traitement des enjeux climatiques à la TV et plus généralement dans le sport » est « un tabou depuis plus d’une décennie ».
Relevant des « tweets misogynes par dizaines », d’autres la traitant de « bobo », de « folle » ou appelant « à lui servir dans la gueule », Bon Pote rappelle que la militante n’avait pas pour ambition d’« emmerder les spectateurs de Roland-Garros », mais d’alerter sur la trajectoire catastrophique dans laquelle nous sommes encore engagés.
Cette réaction épidermique est d’ailleurs savamment entretenue par le
gouvernement français lui-même, qui criminalise de plus en plus les
militants écologistes et leurs actions.
Exemple emblématique : quelques jours plus tard, en direct sur LCI,
la ministre de la Transition écologique Amélie de Montchalin accusait le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, de « surfer sur la peur des jeunes » vis-à-vis du climat, le comparant carrément à Marine Le Pen !
« La ministre de la transition écologique met sur le même
plan l’angoisse des jeunes face au changement climatique, qui est une
réalité scientifique, et la xénophobie, qui est une peur alimentée par
l’extrême droite. On accélère définitivement tout droit vers le chaos
climatique. » en conclut sinistrement le journaliste de Médiapart,
spécialisé dans les enquêtes sur les criminels climatiques, Mickaël
Correia
“Liberté pour Julian Assange”, réclame une femme lors d’une manifestation devant l’ambassade du Royaume Uni à Mexico.
Photo : CLAUDIO CRUZ / AFP
La Grande-Bretagne a autorisé, vendredi,
l’extradition aux États-Unis du fondateur de WikiLeaks, à l’origine de
révélations sur le gouvernement américain en 2010 et emprisonné à
Londres. Mais Julian Assange ne devrait pas traverser l’Atlantique avant
longtemps.
« 175 ans, c’est long, surtout vers la fin »,
euphémisait Éric Dupond-Moretti début 2020, du temps où il était
l’avocat français de Julian Assange et pas encore le ministre de la
Justice d’Emmanuel Macron. Mais avant même de purger cette peine, encourue
pour avoir révélé les secrets de l’armée et de la diplomatie
américaines avec son site WikiLeaks, Julian Assange doit d’abord
patienter dans une cellule de 6 mètres carrés de la prison londonienne
de Belmarsh, surnommée « le Guantánamo britannique » pour la proportion
de détenus terroristes non jugés qu’elle accueille en son sein.
Vendredi 17 juin, Priti Patel, la ministre de l’Intérieur de Boris
Johnson, a signé l’ordonnance d’extradition d’Assange vers les
États-Unis, le rapprochant de son destin carcéral outre-Atlantique. Mais
l’affaire n’est pas entendue. Dénonçant « un jour sombre pour la liberté de la presse et la démocratie britannique », WikiLeaks a annoncé
son intention de faire appel de la décision. Une énième bataille dans
un feuilleton judiciaire qui dure depuis douze ans et trois présidents
américains. Dans l’hypothèse où les recours britanniques échoueraient,
l’équipe de défense d’Assange prévoit de saisir la Cour européenne des
droits de l’homme (CEDH) courant juillet. Elle s’appuie sur deux
points : la violation des articles 3 (qui interdit aux États de
pratiquer la torture ou d’infliger des traitements inhumains et
dégradants) et 10 (qui protège la liberté d’expression). De quoi
rallonger encore le séjour au purgatoire alors que le Royaume-Uni
post-Brexit songe de plus en plus à quitter la CEDH.
Les deux faces de Julian Assange
Soutenu
par l’immense majorité des ONG de défense des droits humains et des
associations de journalistes, d’Amnesty international à Reporters sans
frontières, Assange reste incarcéré depuis son exfiltration par la force
de l’ambassade d’Équateur, il y a 1 167 jours. Cas pratique pour
étudiants en droit avides de travail nocturne, cette affaire peut-elle
encore accoucher d’un verdict qui ne déshonore ni l’homme ni les États
qui le poursuivent ? « On espère que la justice va triompher, mais on comprend que le débat n’est pas là »,
souffle l’avocat de l’activiste australien Antoine Vey. Il était au
parloir avec un Assange affaibli quand la dernière décision est tombée.
Le pénaliste poursuit : « Discuter des moyens [de recours],
c’est se laisser enfermer dans le piège judiciaire. La matérialité de
ses révélations n’a jamais été contestée, mais tant que les États-Unis
feront de lui une cible, elles ne seront jamais tranchées au fond. »
Ces
limbes procéduraux, où les notions d’intérêt public et de procès
politique sont condamnées à rester des interprétations sans effet, ne
jouent pas en faveur de Julian Assange. L’ancien juge espagnol Baltasar
Garzón a beau répéter que « de toute sa carrière, [il n’a] jamais vu une violation aussi systématique des droits de la défense »,
le cas continue de déchirer les pro et les anti, sommés de choisir leur
camp. L’équation semble insoluble. D’une main, il a collaboré avec les
plus grands médias de la planète et révélé les crimes de guerre
américains en Irak (dans la vidéo Collateral Murder,
vue 17 millions de fois depuis sa mise en ligne sur YouTube en 2010) ;
de l’autre, il a été l’instrument de tentatives d’ingérence russes dans
les campagnes présidentielles américaine et française, en 2016 et
en 2017. Passé ce crime de lèse-information difficile à défendre, les
postures se sont encore raidies avec la guerre en Ukraine. Et Assange
l’anti-impérialiste à l’ancienne s’est vu irrémédiablement rhabillé des
nouveaux habits de l’idiot utile. Quand ce ne sont pas les oripeaux de
l’espion au service d’une puissance ennemie : en 2017, Mike Pompeo,
alors patron de la CIA, estimait déjà que « WikiLeaks se comportait comme une agence de renseignement hostile ».
Ironie cruelle : ce qui est porté à son débit – un second rôle dans la
déstabilisation de processus électoraux – n’est pas ce qui lui vaut
d’être poursuivi aujourd’hui. Les dix-huit chefs d’inculpation lancés
contre lui ne concernent ni la diffusion des mails piratés du Parti
démocrate, ni celle des MacronLeaks,
tous deux savamment mis en scène par les hackers du GRU, le
renseignement militaire russe. Il n’est question que de ses méga-fuites
de l’année 2010, coordonnées avec de prestigieux et respectables titres
de presse qui, demain, après-demain, pourraient être poursuivis, tels de
vulgaires receleurs.
A
l'occasion des Assises citoyennes du soin psychique, des témoignages
ont relaté des pratiques de contentions physiques notamment chez des
enfants. A l'instar des EHPAD, il est nécessaire d'amplifier la
mobilisation pour faire connaître et abolir ces pratiques indignes et
les amalgames entretenant leur banalisation.
Dans
la première, une personne est attachée par les jambes, les bras, le
buste à un lit avec des sangles. Elle est dans une chambre fermée à clé,
sans personne autour d'elle. Elle a été mise là, sans son accord. Elle
se débat, elle ne comprend pas ce qui lui arrive. Parfois, une ou
plusieurs blouses blanches apparaissent. Quand personne ne vient, on
lui parle par l'intermédiaire d'un interphone placé en haut d'un des
murs de la chambre d'isolement. Dans le pire des cas, en fonction des
établissements, une caméra de surveillance « veille » sur elle. Certes, on dira que cela permet de faire avec le manque de personnel mais ça n'arrange pas son syndrome de persécution.
Quand
arrivent les blouses blanches, on s'attarde sur son corps, ses
constantes vitales, les risques propres à la contention physique, une
phlébite, une embolie pulmonaire, un escarre. Cette personne est là,
allongée, bloquée. Peu de paroles. Elle ne peut pas arrêter la machine
infernale à attacher et enfermer. Sauf si elle se tient « sage »
et que le médecin le décide. Dans de rares cas, le juge des libertés et
de la détention (JLD) peut ordonner la levée de cette mesure de
contention, mesure gravement attentatoire aux libertés et à la dignité
de la personne qui y est soumise.
Ce qui se dit alors, c'est le fameux « on ne peut pas faire autrement ». Mais c’est qui ce « on » ? « On » professionnels du soin ? Quand elle existe encore, « on » équipe de soin ? « On », l’établissement ? « On », nous les citoyens contentionnés humainement, matériellement, psychiquement, politiquement par un système pervers ? « On », les sadiques qui jouissent d’atteindre à la dignité de l’autre et qui se parent des arguments précédents?
« On », dans une certaine mesure, c’est nous toutes et tous. "On"
détourne le regard car nous participons toutes et tous à un système
ayant accepté la pénurie et la faisant porter aux premiers concernés,
usager.e.s- patient.e.s – psychiatrisé.es, derniers maillons de
« l’enchaînement » psychiatrique…
Et si la personne attachée au lit est un enfant ?
Vous
savez ces enfants abandonnés et trahis par tant d’institutions… Ces
institutions qui n’ont plus pour vocation première de les aider à se
développer et à grandir quelles que soient leurs difficultés ? "On" préfère que ces institutions se développent et grandissent à la place des enfants accueillis. "On"
les mutualise et les fusionne. Du coup, cet enfant, il vient d’arriver
dans un service de psychiatrie adulte, il n’y a pas ou plus de place en
pédo-psychiatrie. « On » a raté toutes les étapes préalables qui auraient pu concourir à déjouer cette situation infernale. Alors « on » commencera
par dire de cet enfant qu’il est « un mineur ». "Mineur" et "majeur",
c’est plus administratif, plus distancié. Moins de scrupules. Et puis ça
se voit à la date de naissance. « On » trouve que c'est moins
pénible que de dire "enfant" et "adulte"… Et puis si c'est mineur, il
suffit du consentement des personnes ayant l’autorité parentale pour
l’enfermer et l’attacher sans que personne ne puisse rien trouver à y
redire.
Pour un enfant attaché de tout son long, pas de juge des libertés, pas de contrôle. Rien.De toute façon, "on"
les appelle mineurs. C'est pas pour rien, « ça » vit sous terre, dans
l’ombre, ça ne se voit pas. Ça s’exploite. Le mineur, il peut aussi
crier, se débattre, hurler. On continuera de le laisser là, en plan,
pendant des heures seul avec ses angoisses, ses peurs, ses délires, ses
stéréotypies autistiques, ses idées suicidaires. A un moment, quand les
médicaments auront fait effet, "on" le détachera progressivement. Il s’en suivra un parcours de sortie de contention puis d’isolement. « On » s’y fait.
Nous ne nous y faisons pas. Nous ne pouvons pas nous y faire. Maltraiter l’enfance, quoi qu’on
en dise, c’est se traiter mal collectivement et intimement. L’enfant en
nous, il est actif toute notre vie. Il concourt à créer les adultes que
nous devenons. Le maltraiter revient à devenir un adulte maltraitant,
une société maltraitante. Ne pas reconnaître les difficultés de
l’enfant, ses désirs, ses traumas, ses besoins, les dénier et les
trahir, c’est ouvrir la porte aux abus.
Lors des cinq dernières
minutes des Assises citoyennes, une soignante présente a pu exprimer sa
honte de voir des enfants attachés dès leur plus jeune âge dans des
services de « soins ». "On" aura beau jeu ensuite d’accuser ces patients devenus adultes d’être des bêtes furieuses, des monstres comme dans l’histoire de Mr D... Au-delà de la psychopathologie propre de ces enfants entravés, sanglés, "on" aura
concouru collectivement à fabriquer cette monstruosité-là où les
gestes, l’attention, les paroles et les liens humains auraient pu tenter
de faire avec les tensions extrêmes de ces enfants pris dans des
détresses sans fond.
Certains des « on » feront le procès des pénuries, des manques de moyens, de la catastrophe en cours depuis des lustres. A juste titre. Mais « on » se révoltera-t-il réellement ? « On » transformera-t-il sa plainte en lutte ? « On » acceptera-t-il de se lever contre l’inacceptable, contre l’indigne, contre l’intolérable ? Peut-être « on »
le fera en son for intérieur. Espérons-le. Il n’empêche, qu’en
attendant, elle, la personne, est toujours là attachée en chair et en os
à son lit dans sa chambre fermée. Et elle c’est toi, c’est moi, c’est
nous. Nous naviguons plus vite dans les eaux troubles de la psyché et de
ses folies que ce que l’on veut bien croire. Idem pour la vieillesse,
pour les situations d’urgence. Nous pouvons toutes et tous nous faire
attacher un jour, aux urgences, en EHPAD, en psychiatrie. Est-ce que
c’est ça que nous voulons ? Comment cela se fait-il que « on »
s’habitue à cela. Et qu’est-ce qu’ils en pensent les représentants, les
futurs députés, les candidats patentés au cirque présidentiel ? Le Printemps de la Psychiatrie appelle tout un chacun
à demander aux candidats députés de son coin ce qu'il pense de la
contention et d'un futur débat parlementaire en vu de son abolition.
« Contention, piège à cons », « pas de contention, de l’imagination » entendions-nous lors de manifestations.
Pas
plus que les guignols ayant participé aux Assises macronistes de la
santé mentale en septembre 2021, le gouvernement allié aux députés
playmobiles de la start-up nation n’ont voulu débattre des possibles
alternatives à la contention. Rien. Parler de la forme que revêtira le
contrôle des adultes attachés aura suffit. Rien sur les gamins attachés.
« On » s’en fout, ils ne votent pas. Pourquoi ça ne leur vient pas à l'idée aux "représentants" de se poser la question de comment « on » se passe de ces anti-soins ? Pourquoi ?
Contention physique, contention financière. Il est tout de même intéressant de noter que le matériel pour attacher coûte 107 euros
sur certains sites spécialisés... Calcul implicite de "l'utilité"
économique de ce genre de méthode pour ration(nalis)er les soins
psychiques ?
Deuxième situation.
Contenance
D’un
côté, vous avez cet enfant ou cet adulte attaché, enfermé, seul, sans
son consentement. De l’autre, vous avez un enfant ou un adulte pris de
panique. Angoisse massive. Pour affronter cette détresse immense, vous
lui proposer de l’envelopper dans un drap. Si c’est une urgence comme
dans le cas précédent, n’importe quel drap fera l’affaire. Vous lui
demandez s’il serait d’accord pour qu’on puisse l’envelopper dans ce
drap sec, rester auprès de lui à plusieurs, lui parler, le masser, pour
qu’il se détende. Il accepte, c’est à dire qu’il donne son consentement.
Plus tard ou avant cette situation, en cas détresse suraigüe chronique
grave, les professionnels demandent à l'enfant et sa famille, à
l'adulte, un accord pour pratiquer des enveloppements réguliers. Dans
les deux cas, il nous faut mobiliser trois à quatre soignants pendant 30
à 45 minutes. Nous expliquons ce que nous allons faire, pourquoi et
comment. Tout le collectif est formé à la pratique de l’enveloppement et
l’a essayé sur lui-même (c’est mon cas). L’enveloppement peut-être
humide, il peut-être sec. Dans tous les cas, c’est un soin
psychothérapique corporel consenti. Il peut s’arrêter quand la personne
le souhaite car ce qui est visé c’est son bien-être. Et à partir de là,
des histoires vont émerger et se mettre en circulation pour aider les
soignants, l’enfant, sa famille, l’adulte à penser ce qu’il se passe.
Les enveloppements - le packing - en plus d'apaiser l'angoisse feront
émerger tout un tas de choses, des histoires passées, des souvenirs
joyeux et tristes, des sensations particulières.
Pour l’avoir
pratiqué dans un service d’hospitalisation de psychiatrie adulte, j’ai
pu constater l’efficacité du packing pour apaiser les patients, remettre
au travail psychique l’équipe de soin et créer d’autres liens entre la
personne en soin et le collectif. J’ai pratiqué les enveloppements secs
dans des situations d’angoisses massives, toujours avec le consentement
de la personne, même en crise délirante et quasi inaccessible. J’ai pu
faire l’expérience du contact retrouvé et d'une absence de recours à des
contraintes physiques par la suite. Nous avons également pratiqué des
packs hebdomadaires avec des patients pendant plusieurs mois dans une
visée psychothérapique corporelle sur un temps suffisamment important.
C’étaient des moments privilégiés d’autant que l’ensemble du service
devait avoir en tête le pack de la personne pour s’arranger avec les
plannings des uns et des autres afin de permettre la continuité des
soins pendant que le collectif pack œuvrait au bien-être de la
personne, avec elle.
Derrière l’amalgame contenance / contention, la question du consentement.
Résumons.
D’un
côté vous avez la pratique des enveloppements qui est toujours en
accord avec le patient (et sa famille quand il s’agit d’un enfant). Le
packing est un soin psychothérapique qui dure entre 30 et 45 minutes et
qui mobilise 3 à 4 soignants autour et avec le patient. Le but est de
viser à son bien-être en échangeant des paroles et des gestes. Les
soignants massent le patient, peuvent chanter avec lui, tous peuvent se
laisser aller au silence ou à la parole tout en étant là ensemble,
attentifs à l’ambiance. En plus d’être accepté par la personne,
l’enveloppement peut être arrêté à tout moment si elle le souhaite. Cet
acte est prescrit médicalement. Après l’enveloppement, un temps est pris
avec le patient pour qu’il puisse exprimer ses ressentis et retourner
dans le groupe.
De l’autre côté, vous avez la pratique de la
contention physique. La contention physique qui est une technique
d’immobilisation prolongée sur un lit par des sangles aux quatre membres
et à l’abdomen dans une chambre d’isolement. La personne attachée ne
consent pas à la contention. Elle ne peut pas l'arrêter d'elle-même. Les
soignants sont là en nombre au moment de l’immobilisation et du
sanglage. La personne ne peut pas aller uriner ou déféquer d'elle-même.
Elle est dépendante pour tout. Après un vide juridique d’un mois
(janvier 2022) abolissant de fait le droit de pratiquer l’isolement et
la contention sur le territoire français, la contention est désormais
encadrée par le contrôle systématique du Juge des Libertés et de la
Détention (JLD). Sauf s’il s’agit d’un « mineur », c’est à dire d’un
enfant.
Donc d’un côté vous avez un soin corporel psychothérapique
centré sur la contenance et de l’autre une technique d’immobilisation
centrée sur la contention. Au niveau de la formation, tous les soignants
formés au pack l'ont testé sur eux. Pour la contention, ce n'est pas le
cas. Il serait pourtant intéressant que les soignants adoptent pour
quelques instants le point de vue d'une personne attachée et alitée dans
une chambre fermée.
Devinette
Laquelle de ces
deux techniques est considérée comme une torture? Laquelle est interdite
chez les enfants? Laquelle fait l’objet de contrôle et de sanctions des
tutelles (ars et ministère de la santé) ?
Encore un indice… A
l’instar du ministre Olivier V. dans un discours aux députés, les
tenants de la contention physique vous disent que c’est un « soin » et
que ça permet de contenir la personne. Pour les plus futés, ils
mâtineront même ça d’arguments psychopathologiques voire
psychanalytiques en vous expliquant que cela permet de redonner de la
« contenance corporelle », une enveloppe psychique à la personne etc.
Discours fallacieux dont les auteurs appuieront explicitement leurs
arguments sur la supposée étymologie commune entre contenance et
contention. Comme l’a montré le psychiatre Emmanuel Pelon dans son travail de thèse, la contention vient du latin contentio « tension ». La contenance vient du latin continere « maintenir uni». Ce n'est ni la même étymologie ni la même pratique.La contention physique est contrainte, la contenance par enveloppement est consentie.Différence majeure et radicale.
Fort
de tout cela, répondons maintenant à la devinette pour faire le
diagnostic de ce que nous acceptons collectivement… C’est bien la
pratique des enveloppements qui est taxée de torture.Et c’est bien la contention physique qui est autorisée, banalisée, sans discussions ni débats dignes de ce nom.
Devons-nous laisser faire "on"?
Si,
actuellement, les abus sont encouragés et couronnés, des perspectives
se dessinent pour lutter pied à pied contre eux. Dans quelques semaines
le décret d'application concernant la contention et l'isolement doit
paraître. D'ici là, le CRPA fera une conférence débat sur "réforme de l'isolement contention en psychiatrie, où en sommes-nous?", le samedi 2 avril à 14h. Par ailleurs, suite aux Assises citoyennes du soin psychique ,
une réunion est prévue le dimanche 10 avril à Montreuil. Deux
communiqués ont été rédigés et envoyés à la presse cette semaine. Le
premier a été élaboré par l’atelier sur l’enfance en forme d’adresse aux parlementaires - et l’autre par l’atelier traitant de la démocratie dans les soins. Nous les joignons en annexe.
Une collecte de fournitures scolaires est ouverte et durera tout l'été !
Vous pouvez nous déposer vos dons pendant nos heures d'ouverture, de même pour les autres points de collecte.
En partenariat avec le lieu associatif L'Atelier de l'Entonnoir, la p'tite librairie La Libambulle, et l'association Couleur Famille.
On se soutient, on s'entraide !
Du côté des ateliers ..
Un grand merci à tou·te·s les animateur·rice·s d'atelier, qui font vivre l'association !
Anne-Marie
et son atelier d'aquarelle a clôturé son activité à l'Alchimie avec
son dernier atelier du 17 juin. Elle ne reprendra pas les ateliers.
Donc un grand merci et bravo à elle, pour son engagement et ses superbes coups de pinceaux !
Rocio
et son atelier stretching a clôturé son activité en mars. Nous la
remercions chaleureusement pour son investissement et pour être un si
joli rayon de soleil !
Plusieurs ateliers font une pause pendant l'été
Atelier écriture avec Catherine : dernier avant les vacances :
ce mardi 28.06 !
Atelier Communication consciente et empathique avec Nicolas : revient à la rentrée, en autogéré ! (donc sans Nicolas)
Atelier Chant du Monde avec Jean-Christophe : revient à la rentrée !
Atelier Café Philo avec Anna : revient à la rentrée !
Atelier Méditation corporelle active avec Marcel : revient en septembre !
Atelier Jeux de table avec Jean : revient à la rentrée !
Atelier d'initiation au décodage des rêves avec Céline :
ça continue ! En vacances du 12 au 20 août !
Appel à bénévoles
Pour
donner un coup de main à J.P, un cuisinier bénévole, pendant le Jeudi
Printanier n°5 du 30 juin, pour un peu de prépa et pour le service.
Ce sera le dernier Jeudi Printanier, avant de passer aux Jeudis Estivaux.
-----------------------------------
Et un appel à cuistot·e bénévole :
Pour le mardi midi 9 août, et les samedis midi 6 et 20 août !
Fab notre cuistot part en vacances.
Si ça vous botte, contactez-nous ! Et n'hésitez pas à en parler autour de vous ;)
Oui c'est l'été ! Encore l'été...Toujours l'été ô he !
Bienvenu.es pour cette période estivale !
Pour nous, c'est la joie de retrouver vos marmots !
Profitons, cela dit, de cet espace de communication pour insister sur la nécessité de faire ranger la salle enfants par leur soin !
Alors, svp, on prévoit toujours cinq minutes avant de partir pour voir comment on laisse la pièce de jeu commune et pour ranger si besoin.
Merci à toustes d'y veiller !
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On note l'arrêt de la permanence de la grainothèque, merci à celleux qu'ont assuré ce temps !
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Pour l'atelier arts plastiques, il faudrait dorénavant juste réserver sur le numéro de l'affiche svp.
Un petit texto la veille fera l'affaire !
*
Une collecte de fournitures scolaires sera en cours tout l'été, en lien avec l'Alchimie, lieu associatif qui nous ressemble et nous complète et Couleur Famille, association de Prades, qui agit en faveur du lien social, de la parentalité, et plein d'autres domaines.
AVIS à la générosité de celleux qui peuvent ! MERCIIIIIIII !
*
Répondeur d'expression libre, égayez les bosseurs, vacancie.res!
07 73 30 33 49
Pour toute proposition d'atelier, veuillez contacter
Pascale et Petit Jean au 06 35 39 34 31
Pour les événements, les contacts se font par mail :