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vendredi 28 février 2020

La Chine harcèle les Ouïghours qui vivent à l’étranger



Un homme ouïghour participe à un rassemblement 
contre le gouvernement chinois 
à Osaka, Japon 2019 ©REUTERS/Jorge Silva


La Chine 

harcèle les Ouïghours 

qui vivent à l’étranger 

 




La Chine continue d'intimider les Ouïghours et les membres d’autres groupes ethniques musulmans, même lorsqu’ils ont quitté le pays.




Une répression au-delà des frontières chinoises

 

Nos recherches révèlent que la Chine cible, de manière systématique, les membres de la diaspora ouïghoure et d’autres communautés à travers le monde. Ces pressions sont exercées par les ambassades chinoises à l’étranger via des applications de messagerie et lors d’appels téléphoniques. 

Des récits effrayants de Ouïghours établis à l’étranger montrent que la répression visant les musulmans en Chine s’étend bien au-delà de ses frontières. Même lorsque les Ouïghours et les membres d’autres minorités ont fui les persécutions dans le Xinjiang, ils ne sont pas en sécurité. Le gouvernement chinois trouve le moyen de les atteindre, de les intimider et, finalement, tente de les ramener vers un sort bien sinistre – y compris en faisant pression sur d’autres gouvernements pour qu’ils les expulsent. 

Des témoignages de Ouïghours à l’étranger

 

Nous avons collecté des informations sur des membres de groupes ethniques majoritairement musulmans installés dans 22 pays, entre septembre 2018 à septembre 2019. Parmi eux, 400 Ouïghours, Kazakhs et Ouzbeks. Leurs récits révèlent le harcèlement et la peur qu’ils vivent au quotidien.

Plusieurs Ouïghours déclarent que les autorités locales du Xinjiang s’en prennent à leurs proches restés au pays afin de faire pression sur leurs activités à l’étranger. D’autres affirment que les autorités chinoises les ont contactés via des applications de messagerie de réseaux sociaux pour leur faire peur. 
Ces témoignages illustrent la portée mondiale de la campagne orchestrée par la Chine contre les Ouïghours, les Kazakhs et d’autres personnes originaires du Xinjiang. 

Des camps de rééducation pour les minorités musulmanes


Depuis 2017, la Chine mène une campagne sans précédent de détention de masse visant des Ouïghours, des Kazakhs et d’autres groupes ethniques à majorité musulmane dans le Xinjiang. On estime qu’au moins un million de personnes sont détenues dans des centres « de transformation par l’éducation » ou « de formation professionnelle ». Elles y subissent de nombreuses violations des droits humains. En début de semaine, un document officiel chinois de 137 pages a été divulgué à plusieurs médias internationaux. Il listait des informations précises sur des personnes originaires du Xinjiang. Des critères comme leurs habitudes religieuses et les relations personnelles y déterminaient l’affectation ou non dans les camps de « rééducation ». 

Bien que la Chine continue de nier l’existence des camps d’internement, les preuves s’accumulent. Toute personne renvoyée vers le Xinjiang risque fortement d’être internée dans un camp et de subir de graves violations des droits humains. Tous les pays qui accueillent des membres de la diaspora du Xinjiang doivent prendre des mesures pour les protéger contre tout acte d’intimidation et bloquer leur renvoi forcé vers la Chine. 




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