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vendredi 22 mai 2026

Enquête sur Patrick Bruel - Flavie et les autres, le courage qu’il leur faut



 

jeudi 21 mai 2026

Voici notre lettre consacrée au mouvement #MeToo, aux questions de genre, aux mobilisations féministes et LGBTQ+.

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Le mot de la semaine 

Flavie et les autres, 


le courage qu’il leur faut


Par Lénaïg Bredoux, responsable éditoriale aux questions de genre
« Comment, en tant que femme, on s’apporte du soutien ? » Axelle Jah Njiké, dont le podcast « La Fille sur le canapé » a marqué le mouvement #MeToo, s’interrogeait dans une émission de Mediapart de 2022. #MeToo, ça a servi à quoi, demandait-on aussi cette année-là ?

« Cela a permis une mise en lien entre toutes et tous », avait répondu Camille Kouchner, à l’origine du #MeTooInceste avec son livre La Familia grande (Seuil, 2021). « Dans notre histoire, si on n’était pas ensemble, il n’y aurait rien, glissait Hélène Devynck, plaignante dans l’affaire PPDA dont l’image restera celle de ces vingt visages s’exposant au public pour dénoncer un même homme. Cette histoire existe parce qu’on est nombreuses. »

Collectif, solidaire, bouleversant, ainsi va #MeToo depuis son surgissement – en 2017 avec l’affaire Weinstein comme à ses vrais débuts avec Tarana Burke, une éducatrice noire états-unienne à qui une jeune fille s’était confiée. « Au début, Tarana se dérobe parce que cela la renvoie à ce qu’elle a subi », raconte souvent Axelle Jah Njiké. Elle finit par créer une structure dédiée aux violences sexistes et sexuelles.


Il se passe exactement la même chose avec l’affaire Patrick Bruel aujourd’hui.

Révélée par Marine Turchi après de longues semaines de travail, des mois de tentatives et des années d’approche, elle compte actuellement trente témoignages publics de femmes se présentant à nous comme victimes de cette idole des années 1990, figure populaire des Enfoirés et de la chanson française.


Elles vivent en région parisienne, dans le sud de la France, en Belgique ; elles sont animatrices de télévision, figurantes, techniciennes, chanteuses ou masseuses ; blondes ou brunes ; elles ne se connaissent pas, n’ont rien d’autre en commun que le surgissement de la violence ou d’un danger qu’elles décrivent. Elles le disent, pour se sauver elles-mêmes – de leur souffrance, du traumatisme – et pour, disent-elles, « toutes les autres ».


Il faut regarder Sabine Langaret, ancienne éclairagiste au Bataclan, qui a témoigné d’une agression par Patrick Bruel en 1992, sur notre plateau. Ou Maïdi Roth, autrice-compositrice-interprète et actrice, qui a raconté à Mediapart avoir été agressée par Patrick Bruel au festival de cinéma d’Acapulco en 1997**. Ou Julia*, masseuse à Perpignan. Ou Karine Viseur, en Belgique.**

Dès la première enquête de Mediapart, plusieurs femmes ont accepté de donner leur nom, leur photo. Ainsi la directrice générale d’Unifrance, Daniela Elstner, qui a déposé plainte le 12 mars 2026 contre Patrick Bruel, qu’elle accuse de tentative de viol et d’agression sexuelle lors d’un festival en 1997.

Il a pourtant fallu attendre Flavie Flament pour que l’affaire devienne un débat national, relançant la discussion sur l’imprescriptibilité des violences sexuelles sur mineur·es et celui sur le sort de la grande tournée du chanteur.


Flavie Flamant, la courageuse, sait quand elle sort de l’anonymat qu’elle va prendre pour tous·tes. Elle sait qu’elle a déjà dénoncé un homme puissant, le photographe aujourd’hui décédé David Hamilton, et qu’on risque de ne pas la croire. Elle connait le cyberharcèlement : elle est une femme, elle fait de la télé.

Mais elle, tout de même, on l’écoute : elle n’est pas masseuse anonyme en Corse ; elle est belle, blanche et puissante. Elle n’est pas dans le « régime d’exception subi par les féministes racisées des quartiers populaires », selon les mots de la militante lesbienne des quartiers populaires Hanane Ameqrane, et peut espérer échapper à la formule bien connue « violeur au-delà du périph, séducteur en de-ça ».


Alors Flavie Flament parle, une nouvelle fois. Elle y retourne, elle repart à la bataille. Cette fois, dit-elle, elle espère que son heure est venue, celle de la justice. Nous, on espère que toutes ces voix qui se pressent depuis tant d’années, qui s’exposent et s’entrechoquent, on les entende enfin. Le temps presse.
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Affaire Patrick Bruel : 


« Pour lui, j’étais une proie »



 Lien vers la vidéo en accès libre de Mediapart /

https://tinyurl.com/4phdy9yh

Mise en garde

Cette émission fait état de violences sexistes et sexuelles


Une trentaine de femmes accusent Patrick Bruel de violences sexistes et sexuelles entre 1991 et 2019. Certaines d'entre elles témoignent dans cette émission spéciale de Mediapart. Le chanteur conteste toute « contrainte » ou « violence ». 

À l’air libre

Patrick Bruel, icône musicale des années 1990, est depuis présenté dans les médias comme l’archétype du séducteur. Il reste un chanteur et un acteur populaire, pilier de la tournée des Enfoirés au profit des Restos du cœur, actuellement au théâtre à Paris. Il entame cet été une tournée de cinquante-huit dates dans quatre pays pour fêter les trente-cinq ans de son album Alors regarde.

Patrick Bruel est accusé de violences sexuelles et sexistes par une trentaine de femmes, dont deux mineures à l’époque. Toutes mettent en cause son comportement en marge de ses concerts, tournages, rencontres professionnelles ou massages sur trois décennies, entre 1991 et 2019. Lui conteste toute « contrainte » ou « violence ». Il est présumé innocent.

Ces témoignages ont été en grande partie révélés ces dernières semaines par Mediapart – il faut signaler aussi le travail du magazine Elle et de médias belges.

Dans notre émission, plusieurs femmes témoignent, ainsi qu’une avocate qui représente deux nouvelles plaignantes dans cette affaire.

Au vu du statut d’icône de Patrick Bruel, leurs témoignages sont parfois accueillis avec soupçon. Ce statut de star de Patrick Bruel, c’est d’ailleurs une des raisons qui expliquent pourquoi il a fallu tant de temps pour qu’elles puissent faire entendre leur vérité.

Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix, préparée avec Marine Turchi, Samia Dechir, Vianney Lorin et Raphaël Gribe Marquis.

Nos invité·es : 

  • Marine Turchi, journaliste au pôle enquête de Mediapart ; 

  • Maïdi Roth, autrice-compositrice-interprète et actrice, qui a raconté à Mediapart avoir été agressée par Patrick Bruel au festival de cinéma d’Acapulco en 1997 ; 

  • Sabine Langaret, ancienne éclairagiste au Bataclan, qui a témoigné d’une agression par Patrick Bruel en 1992 ; 

  • Iris Biehler, avocate de deux nouvelles plaignantes dans cette affaire ; 

  • Jean-Michel Aubry Journet, éditeur musical, cofondateur du collectif MusicToo.  

Dans cette émission, vous entendrez aussi le témoignage de Daniela Elstner, l’actuelle directrice générale d’Unifrance, une institution phare du cinéma français ; de Julia*, ancienne manageuse d’un spa de Perpignan (Pyrénées-Orientales) ; de Karine Viseur et Marie, deux attachées de presse qui témoignent du comportement du chanteur dans le cadre de tournées promotionnelles en Belgique.

Boîte noire

* Prénom d’emprunt à la demande de l’intéressée.

Source : https://tinyurl.com/4phdy9yh

 

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