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jeudi 7 mai 2026

Se désintoxiquer du racisme, raconter des imaginaires pour s’en libérer


In Extremis

 Se désintoxiquer du racisme,
raconter des imaginaires pour s’en libérer 

mardi 05 mai 2026

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L'ÉDITO 

Par Sabrina Kassa, responsable éditoriale aux questions raciales







Jusqu’à quand va-t-on continuer à entretenir le flou sur le racisme en France ? Ce 19 avril, « excédé par le bruit », Michel V., un retraité du quartier de l’Arbousset, à Espaly-Saint-Marcel (Haute-Loire), sort sa carabine à plomb et vise des enfants qui jouent au foot à proximité de ses fenêtres. Les enfants sont sidérés par ce geste. Surtout celui qui a senti le plomb le frôler. Son père se précipite alors au commissariat pour déposer plainte. 
 
« Les injures raciales ont été mentionnées à l’officier aussi bien par moi que par mon fils, déclare Noureddine Ezbiti. Le monsieur a proféré des insultes racistes comme “Dehors sales nègres” et “Sales Arabes”.» Mais, à la plus grande surprise des habitant·es, le parquet du tribunal de justice du Puy-en-Velay n’a pas reconnu la circonstance aggravante du caractère raciste de l’attaque. Il a fallu l’intervention de SOS Racisme et du Mrap auprès du procureur pour que le commissariat accepte d’ouvrir une deuxième enquête « pour injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion ».

C’est un soulagement pour les habitant·es. « Michel », comme le nomment spontanément les enfants, terrorise et couvre d’injures racistes ses voisins depuis des années. Mais, encore une fois, un malaise pèse sur le traitement de cette histoire, n’en déplaise à Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur, qui s’est offusqué de l’interpellation de Sabrina Sebaihi, députée du groupe écologiste et social, qui a évoqué à l’Assemblée nationale « un sentiment de deux poids, deux mesures ».  



« Il semble qu’une ou deux difficultés soient intervenues », concède le procureur auprès de Mediapart. Le déni de racisme semble avoir sévi au commissariat, lors du dépôt de plainte, mais aussi lors de sa « retranscription » au niveau du parquet. Les histoires de ce type ne sont hélas pas exceptionnelles. Un même déni a sévi dans l’affaire d’Aziz A., où il était question de harcèlement moral subi de la part d’une collègue. Le tribunal a estimé qu’« il existe un doute suffisamment important sur le fait que le terme “bougnoule” ait pu être utilisé en tant que surnom et non en tant qu’insulte destinée à atteindre Aziz en raison de son origine », écartant ainsi la circonstance aggravante de racisme.

Mais les études manquent, dans ce domaine aussi, pour prouver les biais racistes qui structurent encore aujourd’hui la justice. À noter celle réalisée en 2019 sur le sort judiciaire d’affaires liées au racisme instruites dans trois tribunaux correctionnels. Cette étude sociologique inédite avait montré la difficulté de faire aboutir ces plaintes, car après le filtre du commissariat, le parquet lui-même classe massivement sans suite les injures racistes, surtout lorsqu’il n’y a pas de témoin.

L’audience pour les faits de violences avec arme, dans le quartier de l’Arbousset, est fixée au 7 juillet.  

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