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jeudi 14 mai 2026

À l’école, le masculinisme résiste à la prévention qui monte

À l’école, 
le masculinisme résiste 
à la prévention qui monte 





La lettre pour tous·tes
vendredi 08 mai 2026

Voici notre lettre consacrée au mouvement #MeToo, aux questions de genre, aux mobilisations féministes et LGBTQ+.

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Le mot de la semaine
À l’école, le masculinisme résiste à la prévention qui monte


Par Livia Garrigue, journaliste
« Lors d’une séance en 5e, une élève a pris la parole pour expliquer qu’il était difficile de parler des violences, puisqu’elle voyait en chaque adulte un agresseur potentiel : le chauffeur de bus, l’enseignant, le médecin, le policier. J’ai demandé si d’autres élèves ressentaient la même chose, et la grande majorité des mains se sont levées. »

Marie Simon, enseignante, a publié un texte dans le Club de Mediapart après avoir témoigné pour cet article sur la difficile mise en place de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars) dans les écoles. Malgré l’adoption d’un programme officiel en 2025, victoire d’une mobilisation de plusieurs décennies, cet enseignement repose encore sur le bon vouloir individuel des personnels de l’éducation.


Imprimer dans les jeunes esprits les mécanismes de la discrimination, leur apprendre à détricoter les stéréotypes de genre, comprendre les contours de leur intimité et les frontières du consentement : l’Evars pourrait être le nerf de la guerre contre les violences sexuelles.

Mais désemparée face à un groupe d’élèves imprégnés de culture raciste et masculiniste, Marie Simon témoigne de son esseulement, et raconte comment, identifiée comme sensible à ces sujets (« madame égalité femme-homme »), des comportements menaçants l’ont amenée à demander la protection fonctionnelle.


Outre l’histoire de Marie, paradigmatique des manques et hypocrisies institutionnelles, les enseignant·es doivent échafauder des subterfuges pour contourner les parents réfractaires, bidouiller ProNote pour éviter les absentéismes volontaires, faire oeuvre pédagogie préventive. En l’absence de volontarisme politique, l’éducation à la vie affective et sexuelle demande des trésors d’inventivité et de motivation. ll manque du temps, de l’argent, des dispositifs pour contrecarrer les campagnes de désinformation des collectifs d’extrême droite qui, de loin en loin, instillent des doutes et créent des méfiances infondées.


Mais pour la sociologue Yaëlle Amsellem-Mainguy, en contraste avec l’époque des ABCD de l’égalité, malgré des protestations sonores, la prise en compte des violences a imperceptiblement progressé à l’école. Grâce à la mobilisation des féministes, de profs avant-gardistes et du Planning familial aujourd’hui mis au ban de l’école, un consensus solide s’est malgré tout construit autour de l’Evars, et le corps enseignant est peuplé d’enseignant·es qui savent combien ces séances sont essentielles à la construction d’une culture collective d’égalité.


Et surtout, les enfants parlent, davantage qu’autrefois - c’est même ce qui pousse certains établissements, submergé·es ou en sous-effectif, à freiner les séances d’Evars. Mais en laissant seul·es les plus investi·es sur le sujet, la « neutralité complice » de l’institution, comme l’écrit Marie Simon, ajoute de la violence à la violence. Or, « si cette élève de 5e pense que tous les adultes sont des agresseurs potentiels », ajoute-t-elle, « alors la question n’est pas seulement de protéger les enfants. Elle est de savoir dans quelles conditions cette protection peut redevenir crédible. »

 

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