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vendredi 31 mai 2024

La FNSEA, cartographie d’un pouvoir tentaculaire

 

La FNSEA

cartographie 

d’un pouvoir tentaculaire


 23 mai 2024

 

Il est souvent affirmé que la FNSEA, principal syndicat agricole français, fait la politique agricole en France. Mais comment s’y prend-elle ? Le média d’enquête breton Splann ! livre une partie de l’explication dans une nouvelle enquête, publiée le 23 mai.

Grâce à des données publiques, les enquêteurs ont pu faire la cartographie des mandats de quatre figures clés du syndicat. « Ils siègent partout, écrit Splann !. Dans les instances de santé publique, de qualité de l’air, d’environnement, de gestion de parc naturel, de gestion des risques industriels, mais aussi dans la presse agricole ou l’événementiel. Une domination qui étouffe la démocratie syndicale. »

Ainsi, le patron de la FNSEA, le céréalier Arnaud Rousseau, cumule pas moins de vingt-deux mandats, constate l’enquête de nos confrères. Syndicaux, bien sûr. À la chambre d’agriculture d’Île-de-France, également. Mais aussi comme élu local en tant que maire de Trocy-en-Multien (Seine-et-Marne). Ou encore, ce n’est pas négligeable, comme président d’Avril, quatrième groupe agroalimentaire français. Splann ! a compilé tous ses mandats dans une grande infographie à retrouver ici.

Le N°2 de la FNSEA, Jérôme Despey, viticulteur dans l’Hérault, est en plus de ses mandats syndicaux membre de l’équipe de direction de sa cave coopérative, vice-président de l’Institut français de la vigne et du vin. Il a aussi un poste clé pour la viticulture à France Agrimer et au conseil d’administration de Pressagrimed, qui édite des journaux professionnels agricoles, et est également président de la société qui organise le Salon de l’agriculture. « La FNSEA a un pied dans une bonne partie de la presse agricole et des rendez-vous professionnels et grands publics du secteur », note Splann !.

Tous les mandats de Jérôme Despey sont à retrouver ici.

 Le média d’enquête a aussi dénombré jusque dix-huit mandats pour Thierry Coué, patron de la FNSEA en Bretagne. Il représente son syndicat dans de nombreuses instances et comités : à l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), au Conseil économique social et environnemental (Cese), au Conseil national de l’air, au Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques, au Comité régional nitrate. « Le point commun de toutes ces instances : leur pouvoir d’influence dans l’encadrement des secteurs agricole, environnemental et sanitaire », écrit Splann !. Il a aussi été président du magazine de la chambre d’agriculture de Bretagne Terra, et est administrateur d’un autre salon agricole important, le Space (Salon international de l’élevage).

Tous les mandats de Thierry Coué sont à retrouver ici. © Splann !

 Enfin, autre homme fort de la péninsule, André Sergent, éleveur intensif de porcs, est président de la chambre d’agriculture de Bretagne depuis 2019, après avoir géré celle du Finistère. La Cour de discipline budgétaire et financière l’a d’ailleurs sanctionné pour sa gestion illégale des comptes de la chambre d’agriculture du Finistère, signale Splann !. André Sergent est très présent dans les instances de lobbying de la filière porc : il siège à l’Institut de la filière porcine et au comité régional porcin.

Tous les mandats d’André Sergent sont à retrouver ici. © Splann !

 Ces élus syndicaux sont censés représenter tous les agriculteurs. Or, leurs mandats leur permettent de défendre une vision productiviste de l’agriculture, correspondant d’ailleurs à leurs pratiques dans leurs exploitations, observent nos confrères. Et ce, alors que la FNSEA (via sa liste d’alliance avec les Jeunes agriculteurs), aux dernières élections professionnelles, a certes recueilli 55 % des suffrages exprimés. Mais l’abstention étant importante, cela ne correspond qu’à un quart des agriculteurs.

 

Source : https://reporterre.net/La-FNSEA-cartographie-d-un-pouvoir-tentaculaire

jeudi 30 mai 2024

Flamanville : une mise en service radioactive

Flamanville : 

une mise en service 

radioactive

 



Début mai, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a donné son feu vert pour la mise en service du réacteur EPR de Flamanville. Ce dernier pourra donc effectuer son premier chargement de combustible, amorçant ainsi son fonctionnement. Cependant, un nouveau problème semble se profiler à l'horizon...

En effet, le couvercle du réacteur est défectueux et devra être remplacé à la fin du premier cycle de fonctionnement, d'ici fin 2025. Il s'agit d'une décision d'EDF de ne pas remplacer le couvercle avant le démarrage du réacteur, afin de ne pas retarder davantage le chantier colossal que représente ce premier EPR en France.

Pour rappel, le coût initial du projet de l’EPR de Flamanville était estimé à 3 milliards d'euros (base 2003). Cette somme a été multipliée par plus de quatre en 20 ans et avoisine maintenant les 12,4 milliards d'euros, auxquels s'ajoutent 6,7 milliards d'euros de coûts supplémentaires.

Cette inflation des coûts est largement due aux retards du chantier. Le premier béton a été coulé le 3 décembre 2007, avec une mise en service initiale prévue en 2012. Après de nombreux retards, sa mise en service est désormais prévue pour 2024.

La décision d'EDF de précipiter la mise en service du réacteur entraînera la production de déchets radioactifs supplémentaires. En effet, le couvercle de la cuve sera contaminé et devra être envoyé au centre de stockage de l'Aube. Nous manquons actuellement d'informations sur la taille, le coût ou la durée de ce nouveau chantier. De plus, la radioactivité du couvercle représente un risque pour les travailleurs exposés aux rayonnements ionisants, selon l'ASN.

Agir pour l'Environnement demande ainsi à EDF de retarder la mise en service du réacteur de Flamanville, afin de prendre le temps de remplacer le couvercle défectueux avant qu'il ne devienne radioactif. Il est inacceptable qu'EDF et le gouvernement mettent en danger la santé des travailleurs et permettent la pollution de notre environnement au nom de choix politiques, faute de pouvoir se permettre un nouveau retard !


Source : https://tinyurl.com/4skk5w5d

mercredi 29 mai 2024

Face à la sécheresse, un mégaprojet pour pomper le Rhône

Face à la sécheresse, 

un mégaprojet 

pour pomper le Rhône

 

24 mai 2024

Face à la sécheresse, des militants d'Extinction Rebellion ont déployé une banderole « Boire ou Loisir, il faut choisir. Non au golf » près du lac de Villeneuve-de-la-Raho (Pyrénées-Orientales), le 16 mars 2024.
 

Alors que les Pyrénées-Orientales souffrent d’une sécheresse intense, le gouvernement veut notamment détourner l’eau du Rhône jusqu’à Perpignan. Des habitants, eux, réclament une gestion plus citoyenne de l’eau.

« Ce que vous vivez, c’est ce qui nous attend. » Le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu était en déplacement à Perpignan, le 22 mai. Dans les Pyrénées-Orientales, la situation est rude. Après deux années de sécheresse consécutives, les nappes ne se sont pas rechargées, les cours d’eau sont secs, les forêts roussies au sortir de l’hiver et douze communes sont déjà privées d’eau potable, de manière totale ou partielle.

Le gouvernement entend donc répondre à la crise, et « faire du territoire des Pyrénées-Orientales un démonstrateur des solutions et des processus d’adaptation », a précisé le ministre. Autrement dit : pour avoir une idée de la manière dont la France va réagir aux tensions sur l’eau dans les années à venir, il faut s’intéresser à ce qui se passe dans les Pyrénées-Orientales.

Si le ministre a mentionné « la mobilisation des acteurs du territoire » pour faire des économies d’eau, l’essentiel des annonces a porté sur des financements d’infrastructures, à hauteur « au minimum » de 10 millions d’euros, financés au moins pour moitié par l’État par l’intermédiaire de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse. L’État s’apprête aussi à investir par le biais du ministère de l’Agriculture, la Caisse des dépôts prévoyant de mettre en place des « aquaprêts » permettant d’emprunter sur soixante ans pour des projets liés à la gestion de l’eau.

Nouveau mégaprojet

Si le ministre a commencé par parler chiffres, c’est que les projets retenus sont globalement coûteux. D’abord, trois installations pour faire de la réutilisation des eaux usées (Reut) à Argelès-sur-Mer, Saint-Cyprien et Canet-en-Roussillon : « C’est pas la solution miracle, sauf que quand on est au bord de la mer, on n’a aucun intérêt à rejeter [l’eau] dans la mer. » Les quatre autres mesures portent sur l’amélioration des infrastructures d’acheminement d’eau, notamment en traquant les fuites et en installant une « télégestion à la parcelle ».

Christophe Béchu sur la plage de Canet-en-Roussillon, le 22 mai 2024. © Nicolas Celnik / Reporterre

Mais le gros des annonces concerne surtout un mégaprojet dont les études de faisabilité seront rendues « au plus tard fin 2025 », a annoncé le ministre : la création d’un nouveau réseau de canaux en extension d’Aqua Domitia, le vaste système de tuyauterie qui achemine l’eau du Rhône jusqu’à Montpellier. Il s’agit cette fois d’un projet allant « jusqu’à un demi-milliard d’euros de travaux » : de quoi comprendre des « évolutions tarifaires » à venir sur le prix de l’eau dans le département.

Christophe Béchu a enfin regretté la multitude de « petits syndicats » qui gèrent l’eau dans le département, qui constituent selon lui un « facteur de fragilité », et préfère miser sur la « mutualisation ».

« Nous, on veut gérer notre eau »

Les propositions étaient toutes autres, quelques jours plus tôt, lors de « palabres pour une assemblée populaire de l’eau » organisées dans le village de Fillols. Une centaine d’habitants étaient réunis par le collectif des Brulls, pour faire un point sur les années écoulées et réfléchir aux « moyens de s’organiser », avec un point commun : « Nous, on veut gérer notre eau », résume Annie [*], une participante.

Face aux arrêtés préfectoraux imposant des restrictions d’eau, perçus comme des « décisions infantilisantes venues d’en haut », peste François, certains reconnaissent s’être organisés au niveau d’un village pour y déroger collectivement, afin notamment de continuer d’arroser des jardins partagés. Et de pointer du doigt le modèle d’agriculture intensive qui mise sur l’irrigation et le stockage de l’eau, mais aussi des aménagements du territoire qui accélèrent la bétonisation des terres au profit du tourisme.

Lors de l’assemblée populaire de l’eau dans le village de Fillols, le 18 mai 2024. © Nicolas Celnik / Reporterre

« Cela fait cinquante ans que le territoire est aménagé pour le tourisme et les résidences secondaires de retraités qui viennent profiter du soleil, pointe Stéphane, du collectif des Brulls. Alors la solidarité avec les habitants du territoire, je dis oui ; mais en se demandant : “Une solidarité pour quoi, avec quelle logique ?” »

En marge de la visite de Christophe Béchu, Jean Henric, le président des Jeunes agriculteurs, syndicat agricole classé à droite, se félicitait d’avoir « évité la guerre de l’eau » l’été dernier. Mais la sécheresse dans le département met en exergue des lignes de fracture qui ne feront que s’intensifier à mesure que l’eau s’amenuisera.

 

Notes

[*Le prénom a été modifié à sa demande.

 

Source : https://reporterre.net/Face-a-la-secheresse-le-gouvernement-prefere-les-megaprojets-a-la-sobriete

mardi 28 mai 2024

// La Lettre d'Info Alchimique //Au plaisir de vous croiser par ici ou par là !

Vendredi_30_...

whaaa
à venir...
Oyé oyé artistes, artisans et acteurs culturels et agriculturels locaux, si le cœur vous en dit, ce sont les derniers jours pour venir déposer vos œuvres, ouvrages et autres fruits de votre labeur dont vous souhaiteriez faire don. Merci à ceux qui ont déjà généreusement joué le jeu...
Et pour les retardataires, il reste encore des tickets de loterie, disponibles au comptoir ! ☺️
Mai_2024

MARDI_RESTAU

3_rue_de_l_H...
Nidra_1
MERCREDI
Dimanche_9_j...
JEUDI
A.M.A.P_Le_R...
Ce jeudi à l'heure de l'apéro, un homme-orchestre viendra nous régaler de sa passion. Une bonne façon de venir découvrir l'AMAP en savourant un des breuvages locaux au passage... 
 
🥬🍷
 😜
 

PLB_HOMME_OR...
vendredi
Le fameux dernier vendredi : Hop ! On se retrousse les manches et on s'anime ensemble pour prendre soin de notre intérieur, qui est aussi le vôtre ! Toutes les fourmis sont bienvenues... Pensez à nous avertir de votre présence ;) MERCI 💪👌
journ_e_m_nage
cantadesrecto
cantadesverso
samedi_RESTAU
Ajouter_des_...
DIMANCHE
19h-21h_0


L'équipe de l'Alchimie // 07 83 36 77 31

lundi 27 mai 2024

Benêt blanc ou blanc benêt ? Là-bas si j'y suis | Le meilleur de la semaine

 



 

Benêt blanc ou blanc benêt ?

N’importe quel sauveur de peuple vous le dira, si vous voulez sauver le peuple il faut que le peuple soit en danger. Plus le danger sera grand, plus vous aurez vos chances de sauveur. Peu importe que le peuple vous aime, il peut même vous détester, mais si vous lui faites croire que vous êtes l’unique bouclier contre le mal, il se rangera derrière vous. C’est ce que fait le pouvoir en France avec le Front national depuis une bonne quarantaine d’années.

D’un groupuscule facho qui végétait dans un coin, des malins ont fabriqué un affreux épouvantail. Et, comme prévu, le bon peuple apeuré s’est rangé tout gentil derrière les malins en question. Sauf que peu à peu le bon peuple en a eu marre de ces malins qui le traitaient moins qu’un chien et pour se défendre il a commencé à aller voir du côté de l’épouvantail. Et l’épouvantail s’est fait tout gentil, tout propre sur lui, et à son tour il a joué le sauveur du peuple. Le grand danger qu’il a inventé c’est l’immigré qui vient manger le pain des Français. Et voilà l’épouvantail de l’épouvantail. Et aujourd’hui le bon peuple est en train de se ranger tout gentil derrière ces nouveaux malins qui vont le traiter moins qu’un chien.

Et il faut vite dire au bon peuple qu’il va à nouveau tomber dans un piège :

Le Rassemblement National a voté :

 Contre l’augmentation du SMIC à 1500 Euros,
 Contre l’indexation des salaires sur l’inflation,
 Contre le blocage des prix des produits de première nécessité,
 Contre la gratuité des cantines et des fournitures scolaires pour les plus modestes,
 Contre le recrutement des sapeurs-pompiers, contre la revalorisation de leurs salaires,
 Contre la garantie d’autonomie à 1063 euros,
 Contre la taxation des yachts et des jets privés,
 Contre le rétablissement de l’ISF (Impôt Sur la Fortune),
 Contre une taxe sur les revenus supérieurs à 3 millions d’euros,
 Contre la hausse des moyens pour lutter contre la fraude fiscale,
 Contre les taxes sur les superprofits,
...etc...

Faites circuler ces chiffres et ces infos, ça circule mais pas assez !

Mais attention, ça ne veut pas dire qu’il faudrait reprendre du Macron, ou même quelque chose d’approchant !

En 1969, entre deux candidats qui se livraient un faux duel, on disait partout : « c’est bonnet blanc et blanc bonnet ». Aujourd’hui, entre RN et Renaissance, c’est la même chose : entre les jumeaux Attal et Bardella, c’est benêt blanc et blanc benêt.

Heureusement pour vous aider à échapper à tout ça, on est là ! On est là !
Cette semaine, voilà une petite idée de ce que peuvent être les Caldoches, une grande idée sur ce que fut l’Anarchie, des idées fortes pour les enfants en situation de handicap et de fausses bonnes idées sur la programmation des Jeux Paralympiques, et encore plein d’autres idées dans les archives de Là-bas et dans les films de tante Zoé, gratos pour ces bienheureux que sont nos abonnées et és chéries et is...

Excusez-moi, je vous quitte, il y a le rouge-gorge qui est revenu au coin de la table et qui attend que je fasse encore une photo de lui.

Daniel Mermet

P.S. Encore des milliers et des milliers de messages d’abonnés qui ne savent pas comment nous remercier pour le bonheur qu’ils éprouvent grâce aux abonnements qu’ils ont simplement offerts, des amitiés nouvelles, des amours tendres ou torrides « alors que ça coûte si peu, merci Là-bas ! ». Impossible de répondre à toutes et tous. En plus et par ailleurs, vous pouvez entrer dans la grande famille Là-bas en faisant un simple don défiscalisé. Voilà comment : si vous donnez 100 €, vous déduisez 66 € de votre impôt et il vous en coûtera seulement 34 €.

Une AMG nous fait observer que cette remise fiscale, c’est si vous payez des impôts, ce qui n’est pas son cas. Pour tout ça et le reste vous pouvez joindre Leïla qui peut vous aider, il suffit de lui passer un coup de fil au 01 86 95 25 02, elle vous répondra du lundi au vendredi.

Jeux paralympiques : « il ne manque rien, sauf vous ! », et en effet vous manquez

« Il ne me manque rien sauf vous ! », c’est le titre d’une campagne de pub pour les jeux paralympiques. Pourquoi cette pub ? Et bien tout simplement parce que les Jeux Paralympiques sont boudés par le public, et le comité d’organisation pour écouler les billets. ! Et ça Dillah, ça l’étonne… : https://la-bas.org/la-bas-magazine/chroniques/jeux-paralympiques-il-ne-manque-rien-sauf-vous-et-en-effet-vous-manquez

L’« école inclusive », une bonne idée devenue cauchemar

436 000 enfants en « situation de handicap » en France. Comment sont-ils scolarisés au pays de monsieur Macron ? Rencontre avec celles et ceux qui les accompagnent, et qui ne baissent pas les bras : https://la-bas.org/la-bas-magazine/chroniques/l-ecole-inclusive-une-bonne-idee-devenue-cauchemar

Chants de bataille #31 : « Le Triomphe de l’anarchie »

« Debout, debout, vieux révolutionnaire, et l’anarchie enfin va triompher ! » Aujourd’hui, Olivier Besancenot raconte l’histoire d’un classique de la chanson libertaire : « Le Triomphe de l’anarchie », de Charles d’Avray. : https://la-bas.org/la-bas-magazine/chroniques/chants-de-bataille-31-le-triomphe-de-l-anarchie

La Kanaky, ultime confetti de l’empire colonial français

Aujourd’hui encore le « Comité spécial de la décolonisation » des Nations unies considère la Nouvelle-Calédonie comme l’un des 17 « territoires non autonomes » dans le monde. Olivier Besancenot vous raconte tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Kanaky : https://la-bas.org/la-bas-magazine/chroniques/la-kanaky-ultime-confetti-de-l-empire-colonial-francais

Strip-Tease - « ENC… DE KANAKS »

De quoi parlent Kanaks et Caldoches quand ils se rencontrent ? Un reportage de la merveilleuse émission « Strip-Tease » de 1998 : https://la-bas.org/la-bas-magazine/au-fil-de-la-bas/strip-tease-enc-de-kanaks

Le Ciné Là-bas de mai| De beaux films gratos pour nos abonnés adorés…

Ce mois-ci, avec le Ciné Là-bas, on traverse le temps et l’espace :

 BEIGNETS DE TOMATES VERTES, escale en Alabama, au Whistle Stop Café, pour faire connaissance avec Idgie et Ruth,
 CAPITAINES D’AVRIL, de Maria de Medeiros, retour sur la révolution des oeillets, au Portugal, il y a tout juste 50 ans,
 EVOLUTION, un film d’animation canadien sur la naissance (et l’étrange évolution) de l’humanité, pour les petits (et les grands) lardons : https://la-bas.org/la-cinematheque-de-la-bas/le-cine-la-bas-de-mai-de-beaux-films-gratos-pour-nos-abonnes-adores


dimanche 26 mai 2024

Irriguer avec des eaux usées, une bonne idée ?

Irriguer avec des eaux usées, 

une bonne idée ?

 

3 juin 2022

 

La cuve de chlorure ferrique permettant le traitement du phosphore, dans la station d’épuration de Murviel-lès-Montpellier.

 

La réutilisation des eaux usées pour l’irrigation a le vent en poupe. Mais plusieurs associations écologistes estiment que la démarche a plusieurs défauts et n’incite pas à un changement de modèle.

Murviel-lès-Montpellier (Hérault), reportage

Les feuilles de vigne miroitent sous le zénith, et les futures grappes, encore vertes, bourgeonnent entre les sarments. La récolte s’annonce bonne. Aux pieds des ceps, un discret tuyau apporte l’or bleu, goutte à goutte, au vignoble. « Cette eau provient directement de la station d’épuration, indique Nassim Ait Mouheb, pointant du doigt une lagune en contrebas. Ici, il n’y a pas d’eau à puiser, alors on essaye de réutiliser celle qui vient d’être épurée. »

Depuis cinq ans, ce chercheur à l’Institut national de recherche agronomique (Inrae) mène une expérimentation ambitieuse : montrer qu’irriguer avec les eaux usées est sans risque pour la santé et bénéfique pour l’agriculture et l’environnement.

Des roseaux alimentés par les eaux traitées de la station de Murviel-lès-Montpellier. © David Richard / Reporterre

 Face aux sécheresses et aux pénuries d’eau récurrentes, la réutilisation des eaux usées traitées — alias « reut » pour les spécialistes — a le vent en poupe. L’idée paraît ingénieuse : récupérer l’eau qui sort des stations d’épuration pour arroser les champs ou les espaces verts. Il ne s’agit donc pas de brancher les tuyaux de nos toilettes directement dans notre jardin !

À Murviel-lès-Montpellier, « les eaux grises des habitants sont d’abord dégrillées [filtrées à travers des grilles qui retiennent les matières solides] puis filtrées sur des lits de graviers plantés de roseaux », explique Florence Voillet, chargée de la station pour la métropole de Montpellier. Un traitement à base de chlorure ferrique est aussi effectué afin d’éliminer le phosphore. C’est seulement ensuite que l’eau peut être récupérée pour l’irrigation.

« Les eaux usées constituent une ressource qui peut satisfaire les usages agricoles »

Sur le papier, la pratique a tout pour séduire : économie d’eau potable, fertilisation des cultures sans engrais — puisque l’eau traitée est plus riche en azote et en phosphore que l’eau claire. « Dans l’Hérault, on manque d’eau, notamment en période estivale, observe Nassim Ait Mouheb. Les eaux usées constituent une ressource qui peut satisfaire les usages agricoles. »

En France, les premiers projets ont d’ailleurs vu le jour dans les années 1980 afin d’arroser des cultures dans des régions sans accès à l’eau : sur les îles de Noirmoutier (Vendée) et de Porquerolles (Var), ainsi que dans la plaine de Limagne, près de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Le potentiel, selon le Centre d’études sur l’environnement et l’aménagement (Cerema), serait important : 1,6 milliard de mètres cubes par an.

Pourtant, la « reut » est restée jusqu’à présent marginale. Le Cerema recensait, en 2017, 128 cas, dont 63 seulement en fonctionnement… sur près de 20 000 stations d’épuration urbaine en France. Soit moins de 1 % du volume d’eau traitée à l’échelle nationale [1]. Dans l’Hérault, on dénombrait cinq projets actifs en 2021, mais une quinzaine était en cours de réalisation ou à l’étude.

 

Récupération essentielle ou prétexte à la poursuite de l’agriculture intensive, la « reut » ne fait pas l’unanimité. © David Richard / Reporterre

La pratique peine encore à se développer, malgré les discours volontaristes des pouvoirs publics. Pour Thierry Uso, la raison en est toute simple : « La “reut”, ce n’est pas la panacée. » Le militant écologiste, membre d’Eau secours 34, suit le dossier depuis des années… et demeure très sceptique quant à l’intérêt de l’irrigation par des eaux usées. « Environ deux tiers des projets ne sont pas viables économiquement, estime-t-il. Il faut bien souvent des kilomètres de tuyaux pour apporter l’eau des stations vers les parcelles agricoles, avec de la pression, donc de l’énergie. Et puis, les eaux usées sont généralement trop salées, par nos urines, pour les cultures, et demandent donc un traitement supplémentaire, qui peut être coûteux. »

D’après le Cerema, en 2017, 37 projets avaient été abandonnés ou avortés. En cause : la rentabilité du projet, son acceptabilité sociale — plusieurs projets soutenaient l’implantation ou l’agrandissement de golfs, dénoncés comme anti-écologiques — ou le non-respect de la réglementation.

Golfs arrosés et fleuves à sec

Outre l’aspect économique, M. Uso fait état de problèmes environnementaux. « Sans les eaux des stations d’épuration, comme celle de Murviel, la Mosson [un des principaux cours d’eau de la métropole montpelliéraine] serait à sec tout l’été, explique-t-il. Les eaux usées ne peuvent donc pas toutes aller à l’irrigation, il faut en conserver une part importante à rejeter directement dans le milieu naturel » [2].

Autre crainte : que la « reut » ne serve de prétexte aux irrigants pour poursuivre dans le modèle agricole intensif. « En Occitanie, les projets concernent majoritairement l’irrigation de la vigne et l’arrosage de golfs, regrette ainsi Thierry Uso. En Hautes-Pyrénées, un projet financé par la région et l’agence de l’eau va permettre d’irriguer le maïs par aspersion. »

 

« Les premiers résultats sont encourageants », dit Nassim Ait Mouheb, chercheur à l’INRAE. Il est responsable du projet de traitement des eaux sur la station, et des expérimentations pour l’irrigation. © David Richard / Reporterre

 

Ainsi, la plupart des associations écolos ne débordent pas d’enthousiasme vis-à-vis de la réutilisation des eaux usées traitées : « La priorité est de chercher des solutions pour consommer moins d’eau, souligne France Nature Environnement. L’utilisation de ces eaux ne doit pas se faire dans le cadre de cultures inadaptées aux conditions climatiques et à la ressource en eau disponible tel que le maïs grain, plante tropicale très gourmande en eau. »

L’ONG a listé les prérequis pour que la « reut » soit une alternative intéressante et non une fausse solution : qualité sanitaire et chimique de l’eau, suivi et contrôle de la pratique, concertation avec tous les acteurs concernés, et à « condition que tout prélèvement d’eaux usées traitées soit accompagné de la réduction correspondante des prélèvements dans les cours d’eau, les retenues et les nappes ».

À Murviel-lès-Montpellier, les chercheurs tentent de lever les obstacles. Dans une petite cabane, à deux pas de la station, des filtres et membranes en tous genres purifient l’eau, sous l’œil attentif de Nassim Ait Mouheb : « On imagine la station du futur », sourit-il. Élimination des pathogènes et des résidus médicamenteux… « Les premiers résultats sont encourageants », assure le chercheur, qui défend la « reut » : « Jusqu’ici, en France, on avait de l’eau en abondance, dit-il. Mais ce ne sera bientôt plus le cas. Il faut développer toutes les techniques alternatives pour récupérer l’eau, dans les meilleures conditions possibles. »



Au-delà de l’irrigation, quels autres usages ?

Jusqu’à récemment la réglementation française n’autorisait la réutilisation des eaux usées que pour l’irrigation de cultures ou d’espaces verts. En France, 60 % des projets de « reut » visent l’irrigation agricole, et 26 % l’arrosage de golfs. Or, sur le terrain « les projets plus rentables et les plus intéressants sont des projets multi-usages », explique Thierry Uso. En clair, réutiliser les eaux épurées non seulement pour arroser champs et jardins, mais aussi pour nettoyer les voiries, curer les réseaux d’eau, soutenir le débit des cours d’eau en été…

Par ailleurs certains secteurs, comme l’industrie agroalimentaire, poussent pour avoir accès à la « reut ». « C’est une manne financière potentielle pour les grosses entreprises de l’eau, comme Veolia ou Suez, explique aussi M. Uso. Elles ont tout intérêt à voir la pratique se développer, et à se positionner comme opérateur de “reut” auprès des collectivités. » Un décret, paru en mars 2022, vient encadrer ces nouveaux usages.

 _______________

 

Florence Voillet est responsable de la station d’épuration de Murviel-lès-Montpellier.

 

C’est ici que sont compactés et stockés les déchets ultimes.

 

La couche de boue résultant du traitement des eaux usées à travers les plantations de roseaux.

 


Lit de séchage où l’on stocke les boues.

 

Lit de séchage où l’on stocke les boues.


 

Ouvrage assurant l’alternance du filtre.

 

André Sauvêtre, chercheur à l’école des Mines d’Alès, pilote une expérimentation pour évaluer la présence de certaines substances dans l’eau, comme des résidus d’antibiotiques.

 

L’intérieur d’une cuve où arrive l’eau qui a été filtrée par la station.

Nassim Ait Mouheb, chercheur à l’Inrae.

André Sauvêtre, chercheur à l’école des Mines d’Alès, devant les bacs de son expérimentation. 

Des vignes irriguées par les eaux traitées de la station d’épuration.

La station d’épuration de Murviel-lès-Montpellier


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Nous avons eu tort.

Source : https://reporterre.net/Irriguer-avec-des-eaux-usees-une-bonne-idee