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vendredi 24 février 2023

Robert Guédiguian : “Faire entrer Manouchian au Panthéon serait reconnaître que les premiers résistants étaient des étrangers”

Robert Guédiguian : 

“Faire entrer Manouchian 

au Panthéon 

serait reconnaître 

que les premiers résistants 

étaient des étrangers”


Cécile Mury

Publié le 22/02/23

Robert Guediguian : « Il est nécessaire, aujourd’hui, de réaffirmer que des étrangers ont participé à la résistance de manière très active et y ont laissé leur vie. »

Photo Jean-Francois Robert pour Télérama


Le 21 février 1944, le groupe Manouchian tombait sous les balles des nazis. Depuis des années, le réalisateur Robert Guédiguian, auteur de “L’Armée du crime”, milite pour que le poète et partisan arménien Missak Manouchian entre au Panthéon. Explications.

« Vous n’avez réclamé ni la gloire ni les larmes », écrivait Louis Aragon dans son célèbre poème « L’affiche rouge », dédié au groupe Manouchian, tombé sous les balles des nazis au Mont-Valérien, le 21 février 1944. Ils n’ont rien « réclamé », ces héros « étrangers » de la Résistance, membres des FTP-MOI (« Francs-tireurs et partisans – Main-d’œuvre immigrée »), mais à l’heure du 79ᵉ anniversaire de leur sacrifice, une vraie reconnaissance nationale se profile enfin.

Emmanuel Macron vient en effet de déclarer officiellement l’un d’entre eux, le Polonais Szlama Grzywacz, « mort pour la France ». Comme beaucoup d’autres, Robert Guédiguian y voit les prémices d’un hommage historique : l’entrée au Panthéon de Missak Manouchian, figure emblématique du groupe, peut-être pour les 80 ans de sa mort, l’année prochaine. Membre du comité de soutien qui se bat depuis des années pour cette ultime consécration du poète et partisan arménien, le cinéaste a aussi consacré un film (L’Armée du crime, en 2009) à l’épopée tragique de ces hommes qui ont combattu pour libérer un pays qui n’était pas le leur. Il a bien voulu nous expliquer en quoi cette inscription solennelle au fronton de la mémoire collective lui semble plus que jamais pertinente et nécessaire.

Que représente pour vous une éventuelle entrée de Missak Manouchian au Panthéon ?


Avant tout, ce serait la reconnaissance du fait que les premiers résistants, les premières personnes qui ont défendu bec et ongles une certaine idée de la France étaient… des étrangers. Ils aimaient le pays des Lumières et des libertés, celui de 1789, et ils ne supportaient pas qu’on l’écrase, parce qu’ils avaient eux-mêmes, chez eux, souffert des dictatures, voire subi un génocide, dans le cas de Manouchian, rescapé de celui de 1915 contre les Arméniens. Il est nécessaire, aujourd’hui, de réaffirmer que des étrangers ont participé à la résistance de manière très active et y ont laissé leur vie.

C’est déjà essentiellement pour cette raison que j’ai réalisé L’Armée du crime en 2009. Et ce n’est pas un hasard si je l’ai fait assez tard dans mon travail de cinéaste. Parce que les questions d’immigration, de racisme, d’intégrisme, tous ces « isme » régressifs, étaient plus présentes dans la société française que dans les décennies précédentes, et c’est encore pire aujourd’hui. Je voulais remettre en lumière la vision du monde de ces hommes. Ils étaient « fous d’humanité », profondément internationalistes, opposés à toute forme de xénophobie, et il me semblait capital de le rappeler. Je me souviens, quand j’ai tourné le film, il restait deux survivants du groupe Manouchian. Quand je parlais à l’un d’eux, Henri Karajan, des Allemands qu’il avait tués pendant la guerre, il me répondait : « Je n’ai jamais tué d’Allemands, j’ai tué des nazis. » Dans sa dernière lettre à sa femme Mélinée, Manouchian écrit d’ailleurs : « Au moment de mourir, je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand. » Cette phrase m’a toujours bouleversé. Ma mère était allemande, mon père arménien, et pour moi, ces mots-là ont une grande puissance émotionnelle.

Selon vous, pourquoi cette reconnaissance nationale arrive-t-elle si tard dans l’histoire de notre pays ?


Les FTP-MOI étaient communistes, je pense que ça n’a pas aidé. Même si, juste après la Libération, une alliance entre De Gaulle et les communistes a brièvement existé, ces derniers ont été chassés très tôt du gouvernement, dès 1947. Ensuite, dans un contexte de guerre froide, il n’était pas forcément de bon ton de montrer tous ces « rouges » qui avaient résisté. D’autant plus qu’ils étaient étrangers, alors même que le général De Gaulle essayait à toute force de créer l’idée d’une France unanimement résistante. Donc, évidemment, on préférait parler des héros français – par ailleurs tout aussi formidables – comme Pierre Brossolette, Henri Frenay ou Emmanuel d’Astier de La Vigerie.

Le groupe Manouchian, lui, appartenait à l’histoire communiste. Le parti le revendiquait en permanence. Il y a eu le poème d’Aragon, la chanson de Léo Ferré… Chaque année, à chaque anniversaire, on en parlait dans L’Humanité, que je vendais à L’Estaque, à Marseille, quand j’étais gamin. En conséquence, je me suis intéressé au sujet très jeune. Dans le quartier où je suis né, c’était un puissant modèle d’identification. Je rêvais d’être Manouchian. Je rêvais d’être ce héros, jeune, poète et féru de littérature, qui ne voulait la mort de personne, qui avait même essayé d’organiser la résistance sans avoir à tirer un seul coup de feu. C’était son obsession. Il y a d’ailleurs une scène qui l’évoque dans mon film. Manouchian vient voir Mélinée et il pleure parce qu’il a été contraint de tuer. Je pense aussi, d’ailleurs, qu’il est important, aujourd’hui, de rappeler que cela pouvait aussi être ça, l’idéal communiste. Ces gens n’avaient aucun rapport avec Staline, rien à voir avec les régimes de la Corée du Nord ou de la Chine. Ils avaient une grande idée du collectif. Pour moi, ce n’est pas une idée morte. On a plus que jamais besoin d’y réfléchir.

Missak Manoukian était un immigré arménien, comme votre père. La célébration de sa mémoire contribue-t-elle aussi pour vous à remettre en lumière votre pays d’origine commun ?


Tout à fait. En ce moment, l’Arménie est menacée. L’Azerbaïdjan nie ses frontières, et la situation est très dure. C’est un tout petit pays qui n’a pas d’argent, pas de ressources, pas de matières premières, et on n’en parle quasiment jamais. Pas suffisamment, en tout cas, pour s’opposer aux appétits de l’Azerbaïdjan et de la Turquie. Personne n’y prête vraiment attention, dans le tumulte des autres actualités géopolitiques. Je sais par exemple que des interventions sur l’Ukraine ou l’Iran sont prévues ce vendredi pendant la cérémonie des César, mais rien sur l’Arménie. C’est très inquiétant, parce que la situation rappelle l’époque du génocide de 1915, et la manière dont il est d’abord presque passé inaperçu, en pleine Première Guerre mondiale. Rendre hommage à Manouchian, c’est peut-être redonner un peu de visibilité à ce pays, aider les Arméniens à tenir bon et à se battre. En définitive, l’entrée prochaine d’un résistant communiste arménien au Panthéon est importante pour toutes les raisons que l’on vient d’évoquer ensemble. Récemment, je me suis dit que Manouchian n’aurait peut-être pas aimé ce genre d’attention, mais qu’il l’aurait acceptée, pour nous. Pour nous aider à combattre le racisme, la pauvreté, tous les discours nauséabonds qui minent aujourd’hui la société. Parce qu’on a besoin de signes, de symboles, d’étendards, pour vivre ensemble.

 

Missak Manouchian (1906-1944), poète arménien et immigré résistant (France), a été tué par les nazis au Mont-Valérien, le 21 février 1944.

Photo Coll. Michel Lefebvre / adoc-photos

 

Source : https://www.telerama.fr/debats-reportages/robert-guediguian-faire-entrer-manouchian-au-pantheon-serait-reconnaitre-que-les-premiers-resistants-etaient-des-etrangers-7014416.php

 

jeudi 23 février 2023

De l'avantage des espèces sur la carte bancaire

De l'avantage des espèces 

sur la carte bancaire


    "Pourquoi devrions-nous payer en espèces partout au lieu d'une carte bancaire ?


    - J'ai un billet de 50€ dans ma poche et je l'emmènerai au restaurant et je paierai mon dîner avec.
    Le restaurateur utilise ces 50€ pour payer sa facture au lavage auto.
    Le propriétaire du lave-auto compte sa coupe chez son coiffeur.
    La coiffeuse utilise ces 50€ pour passer en caisse au supermarché.
    Après un montant illimité de paiements, la valeur de mon billet de 50 € reste la même, ce qui signifie qu'il a rempli son objectif pour tous ceux qui l'ont utilisé comme moyen de paiement et que la banque n'a aucune activité ou interférence dans toute transaction en espèces effectuée.


    MAIS QUOI


    - SI je vais au restaurant maintenant et que je paye numériquement avec ma carte bancaire,


    - le coût de mon paiement numérique facturé au propriétaire du restaurant y compris les frais de transaction en pourcentages est de 2,5% en moyenne, ce qui revient ensuite à 1,25 € pour chaque autre transaction de paiement.

(Cela signifie que chaque prochaine transaction de paiement coûte 1,25 €)

      - les mêmes frais sont mis en œuvre si le propriétaire du restaurant paie numériquement sa facture aux toilettes de la buanderie,
    - les paiements du propriétaire des toilettes chez le coiffeur,
    - ainsi que les prochains paiements, etc.


    Par conséquent, après les 36 premières transactions de ces 50 €, il ne restera plus que 5 € et les 45 € restants sont devenus la propriété de la banque... merci à toutes les transactions et frais numériques !


    De plus, le coût d'une carte bancaire est en moyenne de 2,25 € par mois, donc après avoir économisé pendant un mois, vos 50 € ne valent que 47,75 €.


    Parti est parti, vous ne pouvez le dépenser qu'une fois.


    Le cash est roi !"

Carel Rademakers

 

Source : https://www.facebook.com/photo?fbid=6052383231473685&set=a.270247176354015

mercredi 22 février 2023

JOCH 66320 - CONTRE LE PROJET DE CREATION DE LA ROUTE "DEL REC D'AVALL"

Une route de 6 m de large et des places de parking ou comment aller à contre sens de ce qu'il faudrait faire !

Une habitante du Conflent :

"Joch est un très beau village où l’eau est reine…

Il a déjà été passablement massacré par une route montant au château et à un parking sur l’esplanade 
surplombant le village, d’où on a une vue magnifique sur la plaine…de lotissements, qui ont remplacé en 
quelques années les vergers. 

Tout ce qui a été fait durant la décennie écoulée relève de la stricte logique de voirie de l’ancien monde. 
Bitume partout où c’est possible, mâts d’éclairage, rond-point et abri bus en premier plan de la silhouette du vieux village, absence de piste cyclable sur la route Joch-Vinça qui a une fréquentation de piétons et cyclistes importante, mini-lotissements en impasses tout au long de ladite route etc. Ce malgré des alertes diverses et des propositions alternatives.

Le conseil municipal remet le couvert avec un projet de contournement en pied de village !"

Pétition à signer et partager

 
 
 

 

La Mairie de Joch a voté au Conseil Municipal la création d’une route de 6 mètres de large et une vingtaine de places de parking créant une ceinture de béton / boulevard périphérique autour du vieux village et le défigurant à jamais. Cette route de 6m de large est par comparaison 1m plus large que la route Vinça-Joch.

Les arguments avancés en faveur de ce projet sont pour la plupart infondés. Par exemple « fluidifier la circulation » sachant qu’il passe une voiture tous les quarts d’heure au pic de la circulation. Les autres arguments seront détaillés dans une pétition que nous vous proposons de signer pour stopper ce projet.

 Ce projet aura un impact certain sur la destruction des haies naturelles qui supprimerait les lieux de nichage des oiseaux, sur le ruissellement des eaux, sans compter la pollution des véhicules sur des terres qui jusqu’à présent n’étaient que agricoles.

Cette route ne servant à rien si ce n’est à détruire son patrimoine, il est dommageable que les budgets de ce projet ne servent pas à d’autres investissements qui amélioreraient la vie des habitants de Joch. (A noter que 10000 Euros ont déjà été dépensés pour l’établissement de plans, le budget final étant inconnu)

 


Ne laissez pas le Joch Historique être encerclé par le béton

  

A Monsieur le Maire de Joch et son Conseil Municipal,

A la lecture des comptes-rendus des délibérations du Conseil Municipal de l’année 2022 (des 22/02 ; 12/04 ; 30/09 ; 18/10), nous constatons que le projet de création de « l’Allée del Rec d’Avall » a été approuvé par le Conseil Municipal le 18 Octobre 2022.

Les signataires de cette pétition vous demandent de revenir sur votre décision et d’annuler ce projet pour les raisons exposées dans les pages suivantes :


 1.    Utilité de cette voie supplémentaire

a.     Selon les compte-rendus des 22/02 et 12/04 il est mentionné que cette voie a pour « vocation de réguler et fluidifier la circulation dans le village ».

Cette raison est totalement infondée, la circulation dans le « vieux » village étant beaucoup moins importante qu’elle ne l’a été par le passé.
La population dans le vieux village est en baisse, il n’y a plus de circulation liée à l’activité des agriculteurs, et il n’y a plus qu’un seul marchant ambulant quotidien.
Tout au plus la circulation se limite à 1 véhicule tous les quarts d’heures (en heure de pointe pendant l’été), ce qui ne justifie en rien la création d’une voie supplémentaire pour « réguler et fluidifier la circulation ».

 

b.    Selon les mêmes compte-rendus il est précisé que « des places de parking seront prévues sur un côté de la voie et les usagers seront incités à garer leur véhicule à l’entrée ce qui désengorgera les parkings centraux »

Cette raison est tout aussi infondée, d’une part les quelques véhicules des habitants du vieux village sont très loin d’engorger les parkings existants, et d’autre part les habitants des lotissements du bas ont pour la plupart leur propre place de parking devant la maison. Des nouvelles places de parking situées à la séparation des deux parties du village, en bas du vieux village, sont donc inappropriés et injustifiées.

 

2.   Budget

a.     Le budget total de ce projet est à ce jour non chiffré (ou à minima non mentionné dans les compte-rendus)
Selon le compte-rendu du 22/02, le Conseil Municipal précise « qu’il sera donné suite au projet dès lors que l’avant-projet de celui-ci aura été estimé pertinent et réalisable budgétairement ».


Cependant :


- Les sommes suivantes d’un montant total de 10,400€HT ont déjà été engagées en 2022 :

                                               i.     Relevé Topographique attribué au Cabinet GPO pour un montant de 3,400€HT

                                             ii.     Maitrise d’œuvre attribuée au même Cabinet GPO pour les phases nécessaires à l’exécution des travaux pour un montant de 7,000€HT


A ce jour bien que le projet n’a toujours pas été confirmé comme « pertinent » ni « réalisable budgétairement » il semble que le projet ait été accepté, le Maire ayant reçu mandat pour poursuivre la procédure (compte rendu du 18/10).

b.    Acquisition de parcelles privées
Selon le Compte Rendu du 18/10 il est précisé que pour la réalisation du projet « l’acquisition de parcelles privées sera nécessaire ». 
Même si les propriétaires riverains sont « d’accord pour vendre une partie de leurs parcelles respectives » (compte rendu du 18/10), dans quelles conditions vont se dérouler les négociations et quel sera le coût total de ces parcelles ?

 

3.   Préservation du Patrimoine

Selon le Compte Rendu du 18/10, le plan établi par le Cabinet GPO n’a pas été diffusé mais seulement approuvé par les seules 8 personnes qui restent au Conseil Municipal (2 conseillers ayant démissionné en 2022)

On note cependant :

-        La voie fera 6 mètres de large + la largeur des parkings qui seront aménagés le long de la voie
Cette largeur de 6 mètres est à comparer à la largeur d’une route départementale (6 mètres également), ou à celle de la route Vinça-Joch qui ne mesure "que" 5 mètres de large.


Quelle est l’utilité de cette double voie avec parkings, pour une circulation à cet endroit qui sera proche du néant ?

-        Une vingtaine de places de parking sont prévues : Ces places de parking le long de la voie vont augmenter d’autant la largeur enrobée nécessaire

-        Le portail de l’aire de jeux « sera déplacé pour des raisons de sécurité » : 

Est-il bien raisonnable de créer une double voie au droit d’une aire de jeux pour enfants ?

-        La « piste de danse sera détruite » : On remplace une zone de convivialité utilisée pendant les étés par une double voie pour véhicules : Cela ne va certainement pas dans le sens des bonnes idées pour faire augmenter la convivialité et la notion de vie en communauté des habitants du village.

-        D’une façon générale ce projet va engendrer de nouvelles zones de « bétonisation » autour du village, prises sur des terres végétales.
Cela va à l’encontre de la tendance actuelle amorcée dans beaucoup de communes en France qui consiste à préserver les zones cultivables, à se préoccuper du ruissellement des eaux et à revenir à des valeurs responsables, prenant en compte l’environnement et le patrimoine culturel laissé par nos anciens.

 

Pétition à signer et partager 

 https://chng.it/ZS4nr2QyY8

mardi 21 février 2023

« Gagner ou mourir » : des Mexicains luttent contre les multinationales


« Gagner ou mourir » : 

des Mexicains luttent 

contre les multinationales

 

10 février 2023 à 09h55

 

Antonia Salazar Patiño

 

L’isthme mexicain de Tehuantepec jouit d’une position géographique idéale et d’abondantes ressources naturelles. Les autochtones se battent contre la dépossession de leur terre et l’avidité des entreprises et de l’État.

Tehuantepec (Mexique), reportage

Kilomètre après kilomètre, la forêt luxuriante de l’isthme de Tehuantepec s’efface pour laisser place à des centaines d’éoliennes surplombant les pâturages. Les oiseaux s’amusent à virevolter autour des pales, les frôlant de près. Dans les champs voisins, le bétail continue de brouter l’herbe sèche. Ici, la tranquillité de la vie paysanne est entrée en contradiction avec les projets industriels.

Cette étendue de terre large de 200 kilomètres est située entre les États d’Oaxaca et de Veracruz, au Mexique. C’est l’endroit le plus étroit du pays. Du nord au sud, l’isthme de Tehuantepec — une grande bande de terre entre deux eaux — rejoint l’océan Atlantique au Pacifique. Véritable eldorado, la région regorge de trésors naturels : vent, pétrole, ressource en bois, activité minière, elle se targue aussi d’une biodiversité remarquable. Au fil du temps, ces richesses naturelles ont attiré un bon nombre de multinationales, en grande partie étrangères. Il faut dire que cette contrée est l’une des plus venteuses au monde, idéale pour l’implantation d’éoliennes. Depuis 2004, vingt-neuf parcs éoliens ont été installés sur plus de 32 000 hectares.

 © Louise Allain / Reporterre 

 

Dans l’isthme de Tehuantepec, environ 2 000 éoliennes tournoient en permanence dans les champs des communautés. À coups de contrats déloyaux que les agriculteurs peinent à comprendre — la plupart d’entre eux sont analphabètes ou ne parlent pas espagnol —, les entreprises ont imposé leur loi, louant les terrains pour une bouchée de pain et promettant de développer les villes.

De par sa proximité avec la frontière guatémaltèque, l’isthme est également une zone géographique stratégique pour le passage des marchandises. Ainsi, depuis la décennie 1990 et la signature de l’accord de libre-échange nord-américain (Alena), elle connaît un développement industriel, minier et marchand. Ces bouleversements ont apporté leurs lots de conflits avec les communautés locales, pour la plupart indigènes.

 

Depuis 2004, vingt-neuf parcs éoliens ont été installés sur plus de 32 000 hectares. © Itzel Marie Diaz/Reporterre

« L’isthme est à nous »

Impuissantes, les populations Binnizá, Huaves, Ikoots, Mixe et Chontal observent leur quotidien et le paysage se transformer d’année en année. De ces changements sont nées de nombreuses assemblées communautaires. Elles œuvrent à informer les habitants des projets en cours dans l’isthme, ainsi que leurs conséquences. L’Assemblée des peuples de l’isthme en défense de la terre et du territoire (APIDTT), située à Juchitán de Zaragoza, est l’une d’entre elles. Fondée par Bettina Cruz, activiste, et par son époux Rodrigo Flores Peñaloza, professeur en biologie, l’APIDTT est présente sur tout le territoire.

« Dès 2007, nous avons commencé à lutter frontalement contre l’État et les multinationales, explique Rodrigo Flores Peñaloza. En 2010, une vague de persécutions a fait rage dans la région, mettant à mal toutes les personnes qui s’opposaient aux projets éoliens. » Menacés de mort devant la porte de leur maison, agressés par armes à feu, trouvant des mots dans leur voiture les prévenant qu’ils étaient surveillés, Rodrigo Flores Peñaloza, Bettina Cruz et leurs deux filles ont vécu pendant trois ans loin de l’isthme de Tehuantepec. « La vie ne vaut pas grand-chose ici », dit l’activiste.

 

Rodrigo Flores Peñaloza : « Dès 2007, nous avons commencé à lutter frontalement contre l’État et les multinationales. » © Itzel Marie Diaz/Reporterre

Malgré tout, la famille a décidé de revenir s’y installer pour continuer la lutte. « Comme les zapatistes, nous revendiquons nos origines indigènes, bien conscients que le travail de la terre nous permet de survivre », poursuit-il. « El istmo es nuestro » (« L’isthme est à nous ») est le slogan qui revient sans cesse. Sur la table, jamais très loin de Rodrigo, trône une petite télécommande noire avec un bouton. C’est le mécanisme de protection des journalistes et des personnes défenseuses des droits humains. Mis en place par le gouvernement mexicain, il permet aux reporters et activistes de bénéficier d’appeler une protection policière en cas de danger imminent.

« Nous nous battrons jusqu’aux dernières conséquences »

Le « couloir interocéanique » est une autre menace qui pèse sur les istmeños, les habitants de l’isthme. Agrandissement des voies ferrées, construction d’autoroutes, de ports, d’usines et installation d’une ligne de gazoduc, ce projet d’envergure devrait se développer au cours de l’année 2023. « C’est une nouvelle frontière entre l’Amérique du Nord et centrale, imposée par les États-Unis », explique Mario Quintero, jeune activiste de l’APIDTT. À Puente Madera, la communauté se bat pour empêcher l’installation d’un parc industriel en face de leur village.

Antonia Salazar Patiño se bat pour empêcher l’installation d’un parc industriel en face de son village. Son mari possède un champ de maïs. © Itzel Marie Diaz/Reporterre

Antonia Salazar Patiño vit là. Elle est Binnizá et parle le zapotèque. « Je ne sais ni lire ni écrire. Toute ma vie, j’ai été femme de ménage. Je suis une fille de paysans, et mes grands-parents sont morts ici », raconte-t-elle. Comme beaucoup de personnes de son village, Antonia n’a connu que cette terre. Son mari possède un champ de maïs, derrière la maison. C’est la principale source de revenu de la famille. Le parc industriel sera implanté sur El Pitayal, un vaste terrain communal. « Nous ne pourrons plus aller chercher du bois pour nous chauffer. Nous ne pourrons plus aller chasser des lièvres et des iguanes quand nous aurons faim », s’inquiète la Binnizá. À Puente Madera, la population est prête à mourir pour défendre son territoire.

« Soit nous gagnons, soit nous mourrons ! »

Le lendemain de cette rencontre, David Hernández Salazar, son fils, sera arrêté à l’école primaire dans laquelle il travaille, accusé d’avoir brûlé des voitures en guise de protestation. Dès lors, la nouvelle a fait le tour de la communauté, et les habitants ont organisé un blocus sur la route qui traverse Puente Madera. Alors que les hommes taillaient des bouts de bois en forme de lance à l’aide de leurs machettes, les femmes installaient des chaises sur l’asphalte brûlant. « Soit nous gagnons, soit nous mourrons ! » criaient-ils ensemble. David Hernández Salazar sera finalement libéré dans la nuit, après de longues heures de négociation.

Les habitants ont organisé un blocus sur la route pour soutenir le fils d’Antonia Salazar Patiño. © Itzel Marie Diaz/Reporterre

La population ne sort pas toujours gagnante des altercations avec les autorités. À quelques kilomètres de là, la petite municipalité de Colonia Jordán est elle aussi ébranlée par le mégaprojet du couloir interocéanique. Les villageois se sont rassemblés sur la place principale pour une consultation avec l’armée. Sept maisons se trouvent sur la zone d’agrandissement de la voie ferrée, elles devront être détruites.

« Il existe des programmes de réhabilitation pour les personnes qui seront concernées », informe le vice-amiral Juan Carlos Vera Salinas, chargé des travaux. Le militaire expose les nombreux aspects positifs que présente ce projet : création d’emplois, ouverture sur le monde, développement économique et culturel de la région. L’État d’Oaxaca est l’un des plus pauvres du Mexique. « Le couloir interocéanique permettra de moderniser la région et de concurrencer le canal du Panama », argumente le vice-amiral.

L’exemple des éoliennes n’a laissé qu’un goût amer aux communautés, croyant difficilement pouvoir récolter l’argent semé sur leurs terres. Malgré les milliers d’éoliennes présentes sur l’isthme, les habitants n’ont pas accès à des tarifs d’électricité avantageux. L’énergie produite sur leurs champs sert à alimenter les entreprises elles-mêmes. À La Ventosa, les terrains sont loués entre 2 000 et 4 000 pesos (98 et 196 euros) par an et par hectare, selon les dires des paysans.

« La société Iberdrola nous avait promis de refaire nos routes, de construire des écoles et de nous donner des médicaments. Purs mensonges », déplore Ernestina Díaz Cortez, habitante de la localité. Actuellement, c’est la société EDF qui est en conflit avec les communautés de l’isthme. L’entreprise française souhaite implanter un nouveau parc éolien. Les istmeños n’ont pas fini de résister à ce qu’ils ont l’habitude de nommer « néocolonialisme ».




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lundi 20 février 2023

La lettre d'info alchimique :) lieu culturel associatif, Prades 66500

 

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Appel à volontaire dans le cadre d'un service civique à l'Alchimie !

A diffuser dans vos réseaux sans modération !!

Appel à service civique
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Les mardis sont les jours de permanence !

C'est le moment idéal pour découvrir l'association dans son ensemble. Proposer un atelier, une activité, une animation ... récolter des renseignements ... Visiter l'exposition du moment...

La coordinatrice de la Vie du Lieu Mona, se fera un plaisir de vous accompagner dans la mise en place de vos projets à l'Alchimie :)

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Bar-café ouvert et

P'tite restauration Bio, locale, artisanale et le samedi, c'est GLUTEN FREE !

De 9h à 15h

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Vendredi 03 mars de 9h à 16h :

JOURNEE COLLECTIVE D'AMENAGEMENT ET D'ENTRETIEN DES LOCAUX ! ☺

Appel à propositions, partage d'idées ...

Si ce thème vous parle, s'il vous inspire, n'hésitez pas à venir vers nous pour organiser une activité !

Atelier, conférence, projections ... ☺

Les idées sont les bienvenues !

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Beau bruit recrute ! Poste d'administration et développement
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Au plaisir de vous croiser par ici ou par là :)

Mona pour l'Alchimie

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