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dimanche 11 décembre 2022

Musk veut rentrer dans votre cerveau


Neuralink : 

Musk veut rentrer 

dans votre cerveau

 
 

Pour mettre au point sa puce Neuralink, Elon Musk fait des expérimentations sur des animaux. Un véritable carnage sur lequel ses fanatiques ne semblent rien à redire.

Elon Musk a une obsession en tête. Via sa société Neuralink, il veut mettre en contact direct les cerveaux humains et les cerveaux numériques sans passer par des injonctions orales, des claviers, des boutons ou tout autre dispositif. Il suffit d’installer dans le cerveau à sang chaud un détecteur d’ordres qui puissent être entendus par les cerveaux à sang froid des robots. L’affaire n’est pas si simple. Le cerveau du genre humain est un ordinateur compact et complexe, et Musk a choisi, pour commencer, de se payer la tête de macaques rhésus importés du Sud-Est asiatique. Sur les 23 premiers cobayes dont le crâne a en partie été démonté pour faciliter l’introduction de la puce cérébrale et de ses capteurs, 15 sont morts ou ont été euthanasiés. Les autres sont probablement devenus fous. Le Comité des physiciens pour une médecine responsable (PCRM), qui revendique 17 000 membres aux États-Unis, a porté plainte pour cruauté envers les animaux, et le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) confirme qu’il mène une enquête sur les méthodes intrusives et fatales de Neuralink et de ses partenaires.

Neuralink rejette toute accusation de cruauté. Selon lui, les blessures, dont des mutilations des doigts, seraient pour l’essentiel dues au comportement agressif de certains spécimens dans la ménagerie de l’université. Autres précisions : six singes ont été euthanasiés par les vétérinaires de l’université suite à des complications chirurgicales et à des infections consécutives à l’introduction et au vissage de la puce, grosse comme une pièce de monnaie, et deux autres qui avaient survécu à l’intervention ont été sacrifiés pour acquérir des informations scientifiques « indispensables » sur leurs tissus cérébraux.

Neuralink accuse le PCRM d’être par principe opposé à l’expérimentation animale même si la réglementation impose des tests sur les animaux avant de procéder à des essais sur les humains, et poursuit ses recherches en direct dans un de ses laboratoires, à Fremont (Californie). « Nous veillons à exclure les singes qui manifestent une certaine réticence à se soumettre au protocole. » Neuralink s’est aussi tourné vers les cochons.

Neuralink devait présenter au public les exploits de sa puce cérébrale au cours d’un événement, dont la portée est annoncée comme considérable, le 31 octobre. Il a été reporté au mercredi 30 novembre. D’ores et déjà, Musk aurait été sollicité par plusieurs ministres de l’Intérieur pour mettre au point un détecteur d’insoumission. •

 Source : https://charliehebdo.fr/2022/12/ecologie/cause-animale/musk-veut-rentrer-dans-votre-cerveau/

samedi 10 décembre 2022

On commence par un week-end riche en partage à l'Entonnoir à Prades 66500

 

Cette semaine, on commence par le tournoi d’échecs et on se met à coopérer et cotergiverser dimanche grâce aux questions des mauviettes de toutes sortes!
Semaine classique où yoga et théâtre d’impro s’immiscent comme un jeudi sur deux. (inscription requise avant dimanche soir)
A venir, phase terminale du tournoi d’échecs le samedi 17 et DISTRIBUTION DE CADEAUX et soupe partagée le dimanche 18!
Avec le soutien de...

vendredi 9 décembre 2022

« Appartenir à un média axé sur l’environnement semble être devenu un indice de complicité ou de collusion »


« Appartenir à un média 

axé sur l’environnement 

semble être devenu 

un indice de complicité 

ou de collusion »

Des journalistes de « Reporterre », média dévolu à la question écologique, ont été verbalisés à plusieurs reprises et l’un d’eux est renvoyé devant le tribunal correctionnel. Il s’agit de l’une des conséquences de la criminalisation de l’activisme environnemental, estime dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au « Monde ».

Grégoire Souchay est journaliste depuis dix ans, spécialiste d’environnement, d’énergie ou d’habitat. On peut lire son travail dans le journal en ligne Reporterre ou le quotidien Libération. On pourra le rencontrer, un jour non encore fixé du printemps 2023, au tribunal judiciaire de Rodez, où il comparaîtra pour avoir, le 10 novembre 2021, « frauduleusement soustrait des sacs contenant des semences de colza » et les avoir « volontairement dégradés ou détériorés ».

Le journaliste était bien présent ce jour-là dans les entrepôts du semencier RAGT, à Calmont (Aveyron). Mais il l’était pour couvrir une action du mouvement des Faucheurs volontaires – venus éventrer des sacs de semences de cultures rendues tolérantes aux herbicides –, non pour prendre part à leur action. Son article a paru deux jours plus tard.

Des consœurs et des confrères d’autres médias étaient aussi présents ce jour-là, mais seul le journaliste de Reporterre a été inquiété. Comme l’a raconté Aude Dassonville dans Le Monde, c’est la troisième fois que les journalistes du média consacré à l’environnement sont ainsi spécifiquement ciblés. En juin et en octobre 2020, de nombreux journalistes couvraient l’occupation de pistes des aéroports d’Orly et de Roissy : seuls ceux de Reporterre ont été verbalisés et-ou placés en garde à vue.

Soit ces journalistes sont victimes d’un hasard malheureux et extraordinaire, soit il se joue autre chose dans cette succession d’entraves à la liberté d’informer. Comment ne pas voir, dans cette discrimination manifeste, un dangereux amalgame ? Le seul fait d’appartenir à un média axé sur l’environnement semble être devenu, aux yeux des forces de l’ordre et du procureur, un indice de complicité ou de collusion.

Enregistrements effacés

Ce glissement ne doit pas surprendre. Il tient, d’abord, à la criminalisation rampante de l’activisme écologiste. Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir en 2017, cette tendance n’a cessé de s’accentuer, en même temps que le spectre des actions potentiellement répréhensibles s’élargissait toujours plus. En 2019, une convention signée entre le ministère de l’intérieur et les syndicats agricoles productivistes gravait dans le marbre cette tendance, en créant la cellule de gendarmerie Demeter.

Avec comme objectif non seulement de lutter contre les délits visant le monde agricole, mais aussi de prévenir « des actions de nature idéologique » pouvant n’être que de « simples actions symboliques de dénigrement ».

L’activité journalistique entre-t-elle dans cette dernière catégorie ? Il n’est en tout cas pas très étonnant que l’assignation des forces de l’ordre à de telles missions crée une sorte d’ambiance. Fin mars 2021, une journaliste allemande en reportage en Argoat, travaillant sur le modèle agricole breton, échange quelques mots désagréables avec un exploitant et enregistre. Elle voit avec stupéfaction des gendarmes débarquer le soir même à son hôtel, accompagnés de l’intéressé, lui intimer d’effacer ses enregistrements. Sous les insultes de son détracteur, elle doit s’exécuter. Cette histoire a été racontée dans Le Monde et ailleurs ; elle n’a soulevé aucun émoi particulier.

La lente criminalisation des luttes écologistes a évidemment un impact sur la manière dont sont considérés les journalistes qui font métier d’en témoigner, perçus comme de simples supplétifs. Un peu comme l’on estimerait, à raison, pénalement répréhensible qu’un titulaire de la carte de presse soit informé d’un projet d’assassinat ou d’action terroriste, et qu’il se contente d’y assister aux côtés de ses architectes, pour rendre compte de son déroulement.


Carences de l’Etat


Ceux qui doutent qu’une telle criminalisation de l’activisme environnemental soit effectivement à l’œuvre peuvent se référer à l’extravagante démesure des moyens de police déployés dans l’enquête sur les opposants au projet d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure (Meuse) – moyens généralement réservés à l’antiterrorisme ou à la lutte contre le grand banditisme. Ils peuvent aussi se référer aux déclarations du ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, qui n’a pas hésité à parler d’« écoterrorisme » pour qualifier l’action des militants les plus radicaux opposés aux mégabassines.
 

A bien des égards, cette escalade verbale et répressive est un rideau de fumée qui occulte commodément les carences de l’Etat lui-même. Car non seulement son action, sur une variété de dossiers environnementaux, est en contravention avec l’état de la connaissance scientifique, mais elle l’est aussi avec le droit. Nitrates, pollution de l’air, climat. Sur tous ces dossiers, l’Etat a été condamné par différentes juridictions et il est bien pratique que ceux qui le lui rappellent un peu trop bruyamment soient assimilés à des criminels.


L’action des Faucheurs volontaires de novembre 2021 l’illustre bien. Derrière la destruction des semences de colza obtenues par mutagenèse pour tolérer des herbicides, se cachait ainsi une autre question. Dans une décision du 7 février 2020 interprétant un arrêt rendu en 2018 par la Cour de justice de l’Union européenne, le Conseil d’Etat faisait valoir que ces cultures devaient être soumises à la réglementation sur les OGM – ce qu’elles n’étaient, et ne sont toujours, pas. La haute juridiction a réitéré cette interprétation en novembre 2021.


Certes, l’action des Faucheurs volontaires est problématique au regard de la loi, mais, sur le même dossier, celle de l’Etat ne l’est pas moins. C’est aussi ce que rappelait Grégoire Souchay dans son article. Le 21 avril 2022, Le Monde a d’ailleurs demandé au cabinet du ministre de l’agriculture d’alors, Julien Denormandie, quelles avaient été les suites données aux décisions du Conseil d’Etat. La réponse devait être compliquée à formuler : elle ne nous est jamais parvenue.
 

Stéphane Foucart

 

Source : https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/12/04/appartenir-a-un-media-axe-sur-l-environnement-semble-etre-devenu-un-indice-de-complicite-ou-de-collusion_6152886_3232.html#xtor=AL-32280270-%5Btwitter%5D-%5Bios%5D

jeudi 8 décembre 2022

Les enquêtes d’« utilité publique » sont faites pour être inutiles


Les enquêtes d’« utilité publique » 

sont faites pour être inutiles

 

28 novembre 2022

 


 

 Dans « Inutilité publique », Frédéric Graber se penche sur la longue histoire des enquêtes publiques. Ces « fictions juridiques » ne menacent jamais la réalisation des projets destructeurs et sont au service des gros industriels.

 

Dans le village breton de Plogoff, un mouvement local bataillait de longue date contre un projet de centrale nucléaire lorsque la préfecture ouvrit, en 1980, une enquête publique pour valider son installation. Face à l’hostilité au projet des opposants et de la municipalité, les commissaires-enquêteurs durent se réfugier dans des camionnettes, renommées « bureaux annexes de la mairie », gardées par des gendarmes mobiles pour les protéger des manifestants. Malgré de multiples affrontements avec les gendarmes et l’incendie sur la place de la mairie du dossier d’enquête publique, la commission rendit le 14 avril 1980 un avis favorable à la construction de la centrale.

Pourquoi les opposants à la centrale se focalisèrent-ils tant sur l’enquête d’utilité publique ? Sans doute, comme le dit Frédéric Graber, parce que « l’arrivée du dossier en mairie, c’est la condamnation ». Or, Plogoff est loin d’être un cas isolé. Comme l’historien le montre dans son dernier ouvrage, Inutilité publique (éditions Amsterdam), l’enquête d’utilité publique – depuis ses origines au XVIIᵉ siècle jusqu’à nos jours – sert d’abord à légitimer un projet de développement et, par la même occasion, à disqualifier toute critique à son encontre.

L’auteur en fait la démonstration en étudiant minutieusement le déroulé d’une enquête publique contemporaine. En l’occurrence, celle concernant le projet d’extension de la zone commerciale de Béner, près du Mans, lancé en 2015 par le dirigeant du magasin Leclerc local. Chose rare : l’enquête a mobilisé près d’un millier de répondants, inquiets par ce énième bétonnage de terres. De manière méthodique, le commissaire-enquêteur a neutralisé tous les arguments avancés par les opposantes et opposants, soit en les considérant comme hors sujet, soit en jugeant que le dossier préliminaire, fourni par un bureau d’études rémunéré par le porteur de projet, y répondait déjà. C’est ainsi qu’il a pu justifier le bétonnage d’une partie d’une réserve naturelle par la future zone commerciale par le fait que cette destruction serait compensée par le porteur de projet, comme le prévoit le dispositif administratif ERC (« éviter, réduire, compenser »). En d’autres termes, « ce qui compte, ce n’est pas que la biodiversité soit effectivement maintenue, mais que le dossier propose une compensation jugée acceptable par l’administration ». Aux yeux de Frédéric Graber, l’enquête à Béner est caractéristique de « l’idéal du non-débat » que porte toute enquête publique.

 

Expulsée fin février 2021, la zad du triangle de Gonesse aura permis de populariser son combat pour les terres agricoles.

 

Une telle conception conduit à renverser ce qu’on croit savoir de « l’utilité publique » des enquêtes administratives qui s’en réclament. Contrairement à ce que laisse entendre leur qualificatif, les enquêtes d’utilité publique ont pour but premier de vérifier la conformité d’un projet industriel avec la réglementation existante « et non pas de discuter de ce qui pose problème pour les citoyens » — l’utilité d’un projet industriel étant postulée a priori par l’administration. Dans un jeu aussi pipé, les débats contradictoires ne sont forcément qu’apparents. Et pour cause : ces enquêtes sont pour l’administration des fictions juridiques destinées à prouver à ses administrés qu’elle se préoccupe de leur sort — sort qu’elle s’efforce de concilier avec le nécessaire développement industriel du pays.

L’inefficacité des enquêtes date du XIXᵉ siècle

Pour mesurer l’inefficience de telles enquêtes, on peut remonter au XIXᵉ siècle. Face aux plaintes des riverains de machines à vapeur, dont le nombre et la fréquence des accidents mortels allaient croissant, l’administration française mit en place un certain nombre d’autorisations préalables, contrôles et prescriptions techniques encadrant leur usage. Résultat : comme le note ironiquement Graber, « les accidents se poursuivent, mais relèvent désormais d’une certaine normalité et ne conduisent pas à remettre en cause la logique des autorisations ». Au moins, délivrer des autorisations administratives après enquête aura permis de « montrer » que « l’administration a fait le maximum pour limiter le risque ».

Car il s’agit de « montrer », et non de débattre de la pertinence d’un projet de développement, dont il est bien question depuis les premières enquêtes publiques. Celles-ci remontent aux enquêtes de commodité inventées par la monarchie française au XVIIᵉ siècle ; préalables à tout projet de développement – comme la construction d’un canal, l’installation d’une nouvelle fabrique, etc. –, de telles enquêtes convoquent un certain nombre de témoins, généralement des notables, entendus par des représentants du roi. Qu’importe ce que disent les témoins, les représentants de la monarchie tranchent toujours invariablement en faveur du projet proposé.

 

« Est-ce que vous êtes D.U.P ? » Réunion publique organisée dans la Meuse, en 2021, dans le cadre de la procédure de déclaration d’utilité publique (DUP) du projet d’enfouissement des déchets radioactifs Cigéo. Twitter / @cedra_collectif

 

L’enjeu de ces enquêtes n’est alors pas tant de discuter le bien-fondé des projets d’aménagement que de « manifester la justice rendue » par le souverain et, par conséquent de « justifier une redistribution des droits dans une société inégalitaire en sacrifiant ce qu’il est impossible de concilier ». Bien qu’elle en changeât le nom et la méthodologie, l’administration française après la Révolution, et particulièrement sous Napoléon Iᵉʳ, s’inscrivit dans le sillage des enquêtes de l’Ancien Régime. Tout comme elles, les nouvelles enquêtes d’utilité publique justifièrent un grand nombre de projets industriels, polluants et/ou dangereux, contre les protestations des citoyens.

Il faut ici rappeler, comme le fait le philosophe Jean-Baptiste Vidalou dans son essai Être forêts, l’étymologie du mot « projet », d’origine militaire : « Reconnaissance avancée d’une place, en vue de préparer les dispositifs utiles à son siège. » Lorsqu’on sait l’importance de la guerre et particulièrement de l’ingénierie militaire sous Louis XIV et Napoléon Iᵉʳ, on mesure la similitude entre conflit armé et développement industriel. Tout comme les troupes du génie assiègent une place forte, les porteurs de projets industriels assiègent le vivant… et les enquêtes d’utilité publique les légitiment d’emblée face aux récriminations des autochtones.

 


Grâce à une enquête publique complaisante, Amazon a imposé la construction, dans l’Oise, d’un gigantesque entrepôt qui artificialise des terres agricoles. © Mathieu Génon/Reporterre

 

Une profonde connivence entre l’État et les industriels capitalistes dans l’aménagement du territoire

La litanie des batailles qu’égrène Une histoire des luttes pour l’environnement (Textuel, 2021) illustre la profonde connivence entre l’État et les industriels capitalistes dans l’aménagement du territoire depuis le XVIIIᵉ siècle en Europe. Dans cette guerre au vivant, le modèle d’enquête publique français tel qu’il se réinvente dans les années 1820 fournit aux industriels une « technologie politique, qui permet à la fois d’améliorer le projet et gérer les oppositions à ce dernier ». Ces dernières sont appelées « à jouer un rôle dans ce processus, mais seulement un rôle constructif : améliorer le projet, non menacer sa réalisation ». Et la fin de l’enquête « marque par la même occasion la disparition de toute opposition légitime ». En somme, l’enquête publique manifeste avant tout « une justice du sacrifice au service de l’industrialisation et du développement : une justice industrialiste ».

À tous les opposants aux grands projets inutiles et imposés, ce livre semble déconseiller de se fier aux enquêtes publiques, jouées par avance au bénéfice des porteurs de projet. Il ne faut voir en elles qu’un « rituel », une « cérémonie qui permet d’affirmer que chacun est à sa place et que c’est juste ainsi ».

Heureusement, les rituels peuvent changer et les cérémonies passer de mode. À Plogoff, ce n’est pas l’enquête publique qui eut raison de la centrale nucléaire, mais les lance-pierres, les sabotages et la lutte pied à pied qu’opposèrent les habitants contre EDF et l’État français.

 


 Inutilité publique, de Frédéric Graber, aux éditions Amsterdam

octobre 2022, 208 p., 18 euros.

 

Source : https://reporterre.net/Les-enquetes-d-utilite-publique-sont-faites-pour-etre-inutiles

mercredi 7 décembre 2022

La liberté d’informer attaquée


La liberté d’informer attaquée


29 novembre 2022

 

Un journaliste de Reporterre est poursuivi pour avoir fait son métier : informer sur une action militante. Cette procédure menace tous les reporters. Médias et syndicats de journalistes se mobilisent contre cette atteinte à la liberté d’informer.

Si vous voulez soutenir la liberté d’informer et signer cette tribune, rendez-vous ici. Les premiers signataires sont ici.

 

Le 10 novembre 2021, Grégoire Souchay, journaliste pigiste à Reporterre, le média de l’écologie, réalisait un reportage sur une action des « Faucheurs volontaires ». Ceux-ci, dans la foulée des actions qu’ils mènent depuis 2003, pénétraient à Calmont (Aveyron), dans les entrepôts de la firme semencière RAGT, pour y rechercher des semences génétiquement modifiées. Le journaliste suivait les activistes, racontait leur action, les photographiait. Dans son article, publié le 12 novembre suivant, il citait aussi la réaction de l’entreprise RAGT et contextualisait l’événement, rappelant que le Conseil d’État a enjoint au gouvernement français de se mettre en règle avec la loi européenne sur les OGM obtenus par mutagenèse.

Pourtant, le journaliste de Reporterre est poursuivi par la justice, au même titre que les Faucheurs, comme s’il était l’un d’entre eux. Il sera jugé à Rodez (Aveyron) [1]. Il aurait, selon la gendarmerie, « frauduleusement soustrait des sacs contenant des semences de colza » et « volontairement dégradé ou détérioré plusieurs sacs de semence ». Ces accusations sont totalement infondées. Le journaliste n’a fait que son travail d’observation et de témoignage. Et bien qu’il ait présenté sa carte de presse aux autorités, celles-ci n’en ont pas tenu compte, faisant comme s’il était un activiste parmi les autres.

Nous récusons totalement l’accusation. Si nous acceptions que ce journaliste soit condamné, ce ne serait pas seulement Reporterre qui serait atteint, mais tous les journalistes. La jurisprudence sur ce type de cas reste rare. Le risque est clair : tous les journalistes qui couvriraient des actions de militants écologistes, syndicalistes, ou autres, pourraient être accusés des délits commis par ces militants. Il y a donc bien là un enjeu crucial de la liberté d’informer et d’être informé.

« La liberté du travail d’informer est vitale pour la démocratie »

Reporterre est un site d’information sur l’écologie, libre d’accès, sans abonnement, sans publicité, sans actionnaire. Il emploie quinze journalistes en CDI et est lu chaque mois par plus de 1,5 million de visiteurs uniques. C’est la troisième fois qu’un journaliste de ce site d’information est poursuivi. En juin 2020, Alexandre-Reza Kokabi avait passé une dizaine d’heures en garde à vue pour avoir suivi des manifestants ayant pénétré sur la piste de l’aéroport d’Orly. En octobre 2020, Justine Guitton-Boussion et Mannone Cadoret ont été verbalisés alors qu’ils couvraient une action d’écologistes à l’aéroport de Roissy.

Reporterre récuse ces atteintes à la liberté d’informer et d’être informé, et poursuit les procédures juridiques adéquates pour faire reconnaître le droit d’informer. La liberté du travail d’informer est vitale pour la démocratie.

Nous, soussignés, organisations syndicales de journalistes, sociétés de journalistes, collectifs et associations de journalistes, et citoyennes et citoyens, apportons notre soutien à Reporterre qui contribue à éclairer le citoyen sur l’actualité écologique et condamnons le fait que des forces de police ou des magistrats s’en prennent à des journalistes qui effectuent leur mission d’informer.

 

Notes

[1Le procès était initialement prévu le 7 décembre. Nous avons appris le 29 novembre au soir qu’il était reporté en mai ou en juin 2023.

 

Source : https://reporterre.net/La-liberte-d-informer-attaquee?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

mardi 6 décembre 2022

Soudaqui : réunion à l'Alchimie ce mercredi 7 décembre 18h

 

Soudaqui Monnaie Locale Complémentaire 

et Citoyenne 66 DES PO


REUNION CONFLENT
 
Recrutement bénévoles groupe local Prades 
 
 
Rendez-vous ce mercredi à 18h à "L'alchimie" à Prades pour étoffer l'équipe du Groupe Local de Prades, au programme : les nouvelles fraîches de l'association, les missions d'un groupe local. 
 
Vous avez envie d'utiliser le Soudaqui dans votre bassin de vie ? 
 
Contactez nous pour que l'on vienne faire une présentation et donner l'impulsion pour créer un GROUPE LOCAL !