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Fête Hérisson et Rivière
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mercredi 23 octobre 2024
Une carte stupéfiante, l'état catastrophique des nappes des Pyrénées-Orientales se confirme
Une carte stupéfiante,
l'état catastrophique
des nappes
des Pyrénées-Orientales
se confirme
La situation des nappes phréatiques des Pyrénées-Orientales se dégrade encore, au 1er octobre 2024. Victime d'une sécheresse historique, le département est dans le rouge.
L’état des nappes phréatiques au 1er octobre 2024. Le département des Pyrénées-Orientales est en rouge. (©Capture/BRGM)
Par
Emilien Vicens
Publié le
Hasard du calendrier, alors que la ministre de l’Agriculture Annie Genevard se déplace dans les Pyrénées-Orientales, ce jeudi 17 octobre, le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) a publié un nouvel état des nappes phréatiques du pays. La situation se dégrade inexorablement autour de Perpignan et dans le département le plus sec de France.
La situation se dégrade encore
Les mois se suivent et se ressemblent dans les Pyrénées-Orientales. Comme au 1er septembre, les réserves d’eau sont très faibles dans le département, au 1er octobre 2024. Le bilan publié cette semaine par le BGRM est toujours sans appel.
Alors que la majorité des nappes du pays profite de niveaux « hauts » voire « très hauts », le contraste avec le Pays catalan et l’Aude, plongés dans le rouge, est saisissant. La carte actualisée de l’établissement public se passerait presque de commentaires :
Dans son rapport, le BRGM indique que « l’étiage 2024 s’annonce très satisfaisant puisque 73% des niveaux sont au-dessus des normales mensuelles », avant de poursuivre :
La situation reste inquiétante, avec des niveaux bas à très bas, sur les nappes du littoral du Roussillon, du Languedoc et du nord-est de la Corse.
« Des minima historiques »
Et alors que la quasi-totalité de l’Hexagone a connu des pluies excédentaires, ces douze derniers mois, « seules les nappes des Pyrénées-Orientales, de l’Aude et de l’est de la Corse conservent des niveaux plus bas qu’en 2023″, alerte le BRGM.
« La situation est très fragile, avec des niveaux bas à très bas sur les nappes du Roussillon et de l’ouest du Languedoc (Aude, Hérault et Orb). Sur la plaine du Roussillon et le massif des Corbières, l’état des nappes est très préoccupant. Les niveaux sont en baisse depuis plus de 2 ans, atteignant parfois des minima historiques », détaille ensuite le rapport.
Et alors que, ces derniers mois, la nappe profonde du pliocène du Roussillon apparaissait à un niveau modérément bas (en jaune, ndlr) « du fait de la forte diminution de la pression des prélèvements », cette dernière a également basculé en rouge, à un niveau « très bas », au 1er octobre 2024, malgré les restrictions et les économies d’eau donc.
Toujours très peu d’eau au nord de Perpignan
Cette dégradation des réserves d’eau des Pyrénées-Orientales semble inévitable, tant le département subit des déficits pluviométriques importants, depuis trois ans. Ce dernier mois, encore, malgré un orage surprise à Perpignan, le reste du département n’a pas été beaucoup arrosé.
Les secteurs les plus critiques restent l’Agly et la Salanque, au nord des P.-O. Ce territoire a enregistré moins de 10mm de précipitations depuis le début du mois, et moins de 250mm sur l’année 2024 par endroits :
Les cumuls de pluie depuis le début de l’année 2024 dans les Pyrénées-Orientales. L’Agly et la Salanque sont très peu arrosés. (©Capture/meteo60.fr)
À titre de comparaison, dans les Cévennes, à quelques centaines de kilomètres de Perpignan, il est tombé plus de 500mm de pluie en seulement deux jours cette semaine. À peine croyable.
mardi 22 octobre 2024
"Si le peuple se lève, la fête est finie"
"Si le peuple se lève, la fête est finie"
Résorber la pauvreté, c’est possible selon le collectif ALERTE. Et Dillah, ça l’étonne. CHRONIQUE vidéo/podcast
Les pauvres nous coûtent
un pognon de dingue !
Le
Investir contre la misère, ça rapporte gros !
Il y aura toujours des riches, il y aura toujours des pauvres.
Vraiment ?
La réponse est toujours morale ou idéologique mais rarement économique.
Combien coûte la pauvreté en France ?
120 milliards d’euros par an.
C’est la réponse du collectif ALERTE qui regroupe une trentaine d’associations de solidarité.
Santé, éducation, sécurité, justice, cotisations sociales, TVA, etc.
Oui, la pauvreté coûte un pognon de dingue.
Solution ? Réduire les aides, détricoter le filet de sécurité de notre modèle social, dénoncer tous ces assistés et ces fraudeurs sociaux, pousser à s’en sortir et à entreprendre, du boulot il y en a, suffit de traverser la rue.
Sauf que la méthode Macron ne marche pas.
Les inégalités sociales se creusent, la peur du déclassement hante les classes moyennes, la pauvreté augmente.
On compte onze millions de pauvres au pays de Bernard Arnault.
Selon le collectif ALERTE, il suffirait d’investir huit milliards d’euros par an sur dix ans pour résorber cette pauvreté.
Oui, résorber la misère, c’est possible et ça rapporte gros.
Étonnant, non ?
Pour Dillah, oui, étonnant.
journaliste : Dillah Teibi
réalisation : Amélie Brunet
son : Sylvain Richar
Source : https://la-bas.org/la-bas-magazine/chroniques/les-pauvres-nous-coutent-un-pognon-de-dingue
lundi 21 octobre 2024
17 octobre 1961, roses rouges dans la Seine
17 octobre 1961,
roses rouges
dans la Seine
À Paris, sur le pont Saint-Michel, chaque année, le 17 octobre, on vient jeter une rose rouge dans la Seine à la mémoire des Algériens noyés et assassinés par le pouvoir français le 17 octobre 1961.
On se retrouve, on s’embrasse, on vieillit, Roger a une canne maintenant, Mahmoud est à l’hôpital mais sa fille est venue, et il y a de la jeunesse, mais si. On affirme qu’il y a même des jeunes juifs de gauche, mais si.
Cette année, drapeaux algériens et drapeaux palestiniens à nouveau sont mêlés, mêmes couleurs, même combat. Papon s’appelle Nétanyahou, mais c’est le même colonialisme. De Dunkerque à Tamanrasset, c’est ce que voulaient les colons français. Les sionistes genre Nétanyahou, c’est du Jourdain à la mer, mais c’est la même mission civilisatrice. On bombarde, on torture, on fusille, on affame, on gaze, on noie. Et à la fin on perd.
À l’époque, avec ses copains de l’OAS, Jean-Marie Le Pen aimait bien casser de l’Algérien.
Aujourd’hui, sa fille et ses fidèles descendants du RN soutiennent ceux qui cassent du Palestinien.
Ici on noie des Algériens.
Ici on bute des Palestiniens.
On meurt avec les mêmes mots en arabe, les mêmes corps dans la Seine ou dans des sacs, recouverts par les mêmes bulldozers et par le même oubli.
Pour les enfants, un petit sac suffit.
Roses rouges sur la Seine
On se souvient, le 26 juillet dernier, de l’ouverture des JO, comment depuis leur bateau sur la Seine les athlètes de la délégation algérienne ont jeté des roses rouges en passant sous le pont Saint-Michel à la mémoire des « martyrs » du 17 octobre 1961. Quelques secondes qui ont fait le tour du monde.
Où sont allées ces roses au fil de l’eau ?
En 1961, dans les transistors, une chanson se demandait : « où s’en vont toutes les fleurs ? »
Voilà la réponse, soixante ans plus tard.
Ces roses rouges ont vogué jusqu’au pont des Arts, deux ponts plus loin en allant vers la mer, au moment précis où Aya Nakamura faisait son apparition sur le pont avec ses danseuses toutes dorées sous la pluie.
« Oh, Djadja
Y a pas moyen, Djadja
J’suis pas ta catin, Djadja »
Le monde entier connaît par cœur, les jeunots surtout. La scène a fait la plus grosse audience télé de tous les temps en France, 31,4 millions de spectateurs ce soir-là. Et depuis, des centaines de millions de vues jusque sur les écrans des cosmonautes dans l’espace, jusque dans le moindre village du Mali.
Oui, par cœur et en chœur on connaît le show. Sur le pont, Aya et les danseuses arrivent depuis l’Institut de France, le temple des élites et de la langue française, Aya dont les paroles font parler. La chanteuse francophone la plus écoutée dans le monde a inventé une langue qui fait hurler tous les réacs les plus réacs, décadence, déchéance, toute la France rance est déchaînée. « Elle ne chante pas français », dit Marine Le Pen, « elle ne chante d’ailleurs pas étranger non plus ». On entrevoit ce que serait la culture si le RN arrive au pouvoir. Là, avec Aya, c’est de la haine en boucle. On ne peut plus rien dire, avec le wokisme on ne peut plus dire négresse, gonzesse, gros cul, racaille-de-quartier-retourne-chez-tes-singes. On peut plus rien dire même pour de rire, mais on se comprend. Suffit de dire qu’elle cause pas le français de la France.
Charabia, sabir, baragouin, jargon, pidgin, créole, galimatias, argot, le langage n’est pas une cage, la langue est comme cette eau courante avec des fleurs incongrues qui arrivent dedans on ne sait ni d’où ni comment, un long fleuve jamais tranquille, les linguistes vous expliqueront ça.
Le coup de génie du metteur en scène Thomas Jolly, c’est les musiciens de la garde républicaine qui arrivent à leur rencontre venant du côté Louvre. Toute la rigidité de la virilité coincée devant cinq femmes exubérantes sur les paroles d’un autre métèque, un certain Aznavour qui se réfère à la langue de Molière, un autre pervers.
Et là, il faut comprendre, attention. Aujourd’hui, la libération des femmes, ça signifie les femmes qui viennent libérer les hommes de la prison de leur virilité. Voilà le message d’Aya et de ses danseuses. Ça se voit dans le pas de danse hésitant que tentent les rigides gardiens de la musique républicaine avec leurs trombones à coulisse et leur gros hélicon. Ce n’est qu’un début, mais c’est un début.
Et les roses rouges dans tout ça ?
Elles font le lien entre deux ponts, entre deux moments de notre histoire, elles mesurent le chemin parcouru entre les noyés, en dessous, dans l’obscure mémoire du fleuve et les filles dorées qui dansent joyeusement au-dessus, comme une mutinerie sur le pont du navire colonial, avec la garde qui se rend en musique à la fin en dansant.
Hier, à coup de crosses et de câbles de vélo serrés autour du cou, les flics noyaient les immigrés algériens dans la Seine. Aujourd’hui, avec son nom japonais de vélo, son argot du neuf-trois et ses entourloupes langagières, une femme « issue de l’immigration », une Française née à Bamako fait danser la musique de la garde républicaine et les fachos en rage bouffent leur chapeau.
D’autant qu’entre les deux tours des législatives en juillet, elle aggrave son cas. Elle appelle à voter « contre le seul extrême à condamner car il n’y en a qu’un ».
Leur chapeau, ils l’ont en travers de la gorge.
Mais attention, répétons-le, hier le viril Le Pen cassait du bicot et aujourd’hui ses descendants ont déjà la main sur les clés du camion France.
Oh, Djadja, il est minuit moins une, Djadja, y’a pas moyen Djadja…
Source : https://la-bas.org/newsletter/17-octobre-1961-roses-rouges-dans-la-seine











