Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan. Mais pas que. Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...
BLOG EN COURS D'ACTUALISATION... ...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...
Der des der : Ce vendredi, on vide le garage. Dernière ligne droite pour vous manifester !
Merci
Rétrospective
Retour
sur LA soirée événement du mois de mai. Nous tenions à remercier les
organisateurs et tous les participants qui sont venus donner de la voix
et pousser la chansonnette dans une ambiance particulièrement animée et
chaleureuse ! Une vraie et belle réussite. Merci également à tous ceux
qui ont joué le jeu de la loterie... Et bravo aux gagnants !
En cadeau, un petit aperçu de cette communion sur notre Facebook et notre page Instagram...
La
préfecture de la Vienne annonce qu'elle abroge les arrêtés obligeant
les producteurs d'eau potable à contrôler les niveaux de chlorothalonil.
Ce fongicide n'est plus classé dans les substances réglementées pour la
consommation humaine par les autorités sanitaires.
Le chlorothalonil n'est plus classé par l'Agence de sécurité sanitaire, l'ANSES, comme un produit essentiel à surveiller. Régulièrement retrouvé dans l'eau potable de la Vienne et des Deux-Sèvres, ce fongicide est recensé comme potentiellement cancérigène par l'Union Européenne. Il est interdit en France depuis 2020.
Suite aux concentrations trop élevées retrouvés dans l'eau du robinet dans la Vienne, la préfecture avait pris deux arrêtés,
l'un pour autoriser le dépassement des quantités du fongicide, l'autre,
pour obliger les producteurs d'eau à tout faire pour réduire ces
quantité. Mais les syndicats de gestion de l'eau comme Eaux de Vienne
avaient alerté plusieurs fois sur leur incapacité à traiter ces résidus.
Le produit ne sera donc désormais plus recherché car sa consommation
n'est plus autant considérée dangereuse pour la santé.
"L’humour
arrive dans la politique comme un chien dans un jeu de quilles car il
est assez efficace pour désacraliser les choses. Or, le pouvoir et le
dominant ont besoin de sacré pour dominer ; sinon les politiques ne sont
que des êtres humains face à d’autres êtres humains."
Une blague mal reçue lui a coûté sa place. L’humoriste
Guillaume Meurice a été renvoyé de FranceInter au mépris des décisions
de justice qui validaient sa galéjade. L’occasion de discuter de la
place de la satire dans la politique avec l’ex-trublion des ondes
publiques françaises.
Guillaume Meurice vient d’être licencié de FranceInter suite à des mois de polémique, le « prépuce gate »,
comme l’appelle avec ironie l’humoriste. Loin de se laisser ronger par
la tourmente, ce troubadour des temps modernes a cherché à prendre de la
hauteur avec le livre « Dans l’oreille du cyclone », un plaidoyer pour la satire politique (dont les droits d’auteur sont intégralement reversés à Médecins du monde).
LR&LP : Qu’avez-vous essayé de démêler avec ce livre “Dans l’oreille du cyclone” ?
Guillaume Meurice : Il y a plusieurs épisodes, c’est une saga.
“Dans l’oreille du cyclone” traite de ce qu’il s’est passé du 30
octobre au 21 novembre 2023, c’est-à-dire la polémique suite à une
blague où je traitais Benyamin Netanyahou (le premier ministre d’Israël au parti d’extrême-droite, ndlr)
de nazi sans prépuce. Ce livre traite de deux choses : le traitement
judiciaire avec ma convocation à la police judiciaire, pas le petit
commissariat du coin, pour expliquer une blague à deux OPJ avec mon
avocat.
Et la polémique médiatique car tout part de l’extrême-droite à travers CNews
qui s’est emparé de cette blague pour expliquer en quoi elle est
problématique. J’ai essayé de prendre du recul à travers cet ouvrage
pour analyser comment l’extrême-droite impose ses thématiques dans le
débat public puisque c’est devenu rapidement un sujet de discussion.
LR&LP : Effectivement, cette polémique médiatique s’est
vite emparée des services publics d’information. Elle est remontée
jusqu’à l’Assemblée nationale où un député RN s’est insurgé contre cette
blague…
Guillaume Meurice : C’est même allé jusqu’à ce que Gérard
Larcher, président du Sénat, n’accepte de venir à l’antenne de
FranceInter qu’à la seule condition qu’il s’exprime d’abord sur mon cas
et que sa demande soit acceptée sans aucun contradictoire. Qu’un homme
de pouvoir s’en prenne publiquement à un salarié du service public en
attente de jugement, c’est très problématique. Je livre plutôt un
témoignage, je ne dis pas que j’ai la bonne vision mais je tenais à
partager ma subjectivité.
LR&LP : Dans le livre, vous écrivez d’ailleurs « Je
n’ai jamais caché mes opinions. C’est même le but de mon métier.
Exposer un point de vue en essayant d’en rire et de faire rire. C’est
une tentative éminemment subjective et assumée comme telle. Je n’ai
aucun problème avec le fait que des gens ne soient pas d’accord avec
moi. Fort heureusement, car beaucoup le sont souvent. »
Je pense qu’un point de vue artistique en général est subjectif. Quel
que soit le degré auquel on pratique son art, du théâtre amateur au
dessin d’enfant, cela reste un point de vue sur le monde.
Photo du spectacle « Meurice 2027 » – Crédit : Magali R.
LR&LP : Vous faites souvent le parallèle
entre Charlie Hebdo et les dessins de Charb dans le livre. On vous avait
refusé de diffuser un dessin de Charb pour des raisons de sécurité sur
Canal+, ce qui vous avait conduit à démissionner pour des « raisons de
foutage de gueule ». On voit qu’il y a un peu deux justifications sur la
censure : soit cela va heurter des sensibilités politiques, soit cela
menacerait la sécurité intérieure. Au final, les réactions médiatiques à
ces tentatives de censure montrent-elles que l’humour est éminemment
politique ?
Guillaume Meurice : C’est logique : c’est le fameux pas de
vague qu’on retrouve à peu près partout. Les gens au pouvoir détestent
les vagues car ils adorent maîtriser et gérer la population et ce qui
s’y dit, et à plus large échelle comment rester au pouvoir. L’humour
arrive dedans comme un chien dans un jeu de quilles car il est assez
efficace pour désacraliser les choses. Or, le pouvoir et le dominant ont
besoin de sacré pour dominer ; sinon les politiques ne sont que des
êtres humains face à d’autres êtres humains.
Les politiques ont besoin de dire aux autres qu’ils leur sont
supérieurs pour justifier leurs privilèges et les décisions qu’ils nous
imposent. L’humour arrive et les remet face à leur condition humaine et
au fait qu’on a le droit de se moquer d’eux. Cela revient un peu à tirer
la barbe du Père Noël. Et ça les dominants n’aiment pas du tout. Cela
peut expliquer en partie ce qui m’est arrivé et arrive malheureusement
régulièrement. Je ne suis pas le premier humoriste concerné à
FranceInter, il y a eu Stéphane Guillon et Didier Porte avant, etc.
J’assume mon point de vue, cela ne veut pas dire que je dis que j’ai
raison sur tout ou que je cherche à convaincre. Souvent on me dit que je
suis un humoriste militant, mais je ne crois même pas, c’est m’accorder
beaucoup d’importance. Je suis juste un gars qui partage son point de
vue en faisant des blagues. Je n’ai jamais bloqué personne sur les
réseaux sociaux ou les commentaires. Pour moi, la subjectivité est la
condition d’une pratique artistique saine.
Affiche du spectacle « Meurice 2027 » avec Guillaume Meurice et Julie Duquenoÿ
LR&LP : Vous dites d’ailleurs lors de votre
entretien avec Adèle Van Reeth, la directrice de France Inter, « je lui
explique l’importance de la satire politique dans une société qui se
veut démocratique, la nécessité de l’outrance dans la pratique de cette
discipline ». C’est justement cette outrance qui vous est reprochée dans
la blague. Mais si on fait du politiquement correct, fait-on encore de
l’humour ? ce n’est plus de la satire ?
Guillaume Meurice : Il faudrait s’entendre sur ce qu’est le
politiquement correct car cette expression a beaucoup évolué et a été
reprise par tout le monde jusqu’à la vider de son sens. Je n’ai jamais
considéré l’humour comme un contre-pouvoir, par contre il peut être un
bon thermomètre de l’état d’une société.
J’ai écrit un autre livre il y a quelques années nommé « Le roi n’avait pas ri »
autour de Triboulet, le bouffon du roi au XVIe siècle, et à quel point
cela permettait de tester le degré de magnanimité et d’auto-dérision du
roi, la figure du pouvoir. Et je considère que les structures n’ont pas
tellement évolué depuis.
Il y a toujours ce pouvoir très centralisé, très vertical, qui va du
haut vers le bas, et les humoristes gravitent à l’intérieur de cela avec
une position particulière. A l’intérieur d’une radio publique, le
pouvoir nous autorisait à nous moquer de lui jusqu’à une certaine
limite. J’ai toujours considéré que ma limite c’était la loi française,
et pas en-deçà. Avec ce qu’il m’arrive aujourd’hui, j’ai l’impression
qu’il y a un dysfonctionnement puisque je n’ai enfreint aucune loi.
LR&LP : C’était d’ailleurs le sujet d’un de
vos échanges avec Sibyle Veil, la présidente de Radio France, où vous
lui rappeliez que vous n’enfreignez pas la loi.
Guillaume Meurice : Le procureur a classé les plaintes contre
moi sans suite, c’est pour cela que je suis vraiment étonné par cette
décision de renvoi. Comme ils n’ont pas grand chose à me reprocher, ils
ont empilé plusieurs trucs abscons comme le « manque de loyauté », « instrumentalisation de l’antenne à des fins personnelles », « réitération des propos » ou « dénigrement de la direction ». J’ai comparé Sibyle Veil à une CPE mais pour moi ce n’est pas dénigrant du tout, le métier de CPE est tout à fait respectable.
LR&LP : Ce genre de polémique dit de notre
société que l’extrême droite donne le ton de l’agenda médiatique et
politique en France. Mais vous avez aussi reçu des soutiens inédits
comme des journalistes du Figaro ou de personnalités de droite.
J’ai été agréablement surpris du soutien que j’ai pu recevoir, même
de salariés de CNews qui ne me portent pas dans leur cœur mais
considèrent que l’affaire va trop loin. Car il y a quelques personnes
qui défendent aussi la liberté d’expression. C’est là où le clivage se
crée entre eux et moi : je ne défends pas les blagues racistes,
antisémites ou homophobes.
LR&LP : Vous avez d’ailleurs été accusé de
faire une blague antisémite, d’où la polémique. De nombreux autres
médias ou humoristes tiennent des propos très borderlines et ne sont
jamais repris ne serait-ce que par leurs compères, des politiques, ou le
Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).
On voit qu’il y a un deux poids / deux mesures assez spectaculaire,
au vu et au su de tout le monde, mais personne ne réagit. Il y a une
impunité assez incroyable. Zemmour va dire que Pétain a sauvé des juifs,
et pas de soucis, on le laisse dérouler son discours partout où il
veut. Des fois un historien va lui taper sur les doigts mais au final
tout le monde s’en fout et il continue.
Cette polémique parle d’une accusation d’antisémitisme mais je trouve
cette accusation antisémite. Dans mon sketch, je mentionne uniquement
Benyamin Netanyahou et d’un coup on m’a reproché de parler de tous les
juifs. Ce qui revient à tous les assimiler à Netanyahou ce que je trouve
très essentialisant et donc très raciste. Cela m’a toujours interloqué
car je n’ai jamais parlé des juifs. Surtout que le parti de Netanyahou
est un parti complètement assumé d’extrême droite.
Photo du spectacle « Meurice 2027 » – Crédit : Magali R.
LR&LP : Quand vous en avez parlé à la
direction de RadioFrance, du fait que le tribunal avait reconnu que
votre blague n’était pas antisémite, qu’ont-ils dit ?
Guillaume Meurice : Eux se basent sur le rapport qu’ils ont à l’ARCOM avec des termes flous « on défend tous les droits des humoristes mais ».
L’ARCOM a été saisi en novembre pour la blague mais on me reproche
d’avoir réitéré mes propos. Or, on ne peut pas refaire une blague dont
le principe est la surprise. Je l’ai juste citée comme quelque chose
faisant partie d’actualité, et comme les médias citent sans arrêt les
propos d’autres personnes. On rappelle que l’information c’est beaucoup
de punchlines et de propos polémiques qu’on répète en écho de partout.
Ils se sont appuyés sur le cahier des charges, un document qui lie
RadioFrance à ses obligations dans lequel un article dit qu’on ne doit
pas causer des torts à des tiers, donc les auditeurs sont des tiers.
C’est donc une porte qu’ils ouvrent à travers laquelle peut s’engouffrer
tout un tas de procédures…
LR&LP : Des membres de RadioFrance et des
syndicats avaient aussi lancé une grève, pas seulement pour vous
défendre mais aussi pour protester de la purge des émissions écologiques et sociales
suite à la réforme de l’audiovisuel public. On a déjà pu le ressentir
en tant qu’auditeur : à un moment où on allumait la radio publique où il
n’y avait plus que de la musique, mais du coup où va être la place de
l’information sur la radio publique ? Et surtout la place de l’humour
sur la Radio Publique ?
Guillaume Meurice : La genèse de tout ça, c’est la fin de la
redevance qui est passée un peu inaperçue car la radio publique est
toujours financée par l’argent du contribuable dans l’esprit du grand
public. Sauf que la redevance était une somme sanctuarisée pour la radio
publique et qu’elle est passée dans le budget général. Cela veut dire
que si Marine Le Pen arrive au pouvoir elle peut en effacer la ligne en
un trait de crayon et donc supprimer tout simplement la radio publique.
On est en train de livrer les clés du pays à l’extrême droite.
Résultat, ils cherchent à fusionner les différents postes
pour faire des économies. On nous a demandé de faire la même émission du
“Grand dimanche soir” avec 30% de budget en moins. Mais c’est
impossible pour nous.
Il y avait déjà une fébrilité des directeurs de la radio publique par
rapport au pouvoir, mais leur soumission est maintenant encore plus
affirmée. Le pouvoir a la main sur l’information publique. Les
directeurs ont tellement peur pour leur place qu’ils vont se mettre au
diapason du pouvoir, et ce que le pouvoir n’apprécie pas c’est
l’investigation et l’humour.
On l’a vu quand Bolloré a racheté Canal+, il a commencé par supprimer
l’investigation puis il a continué par les Guignols. Ce sont souvent
les deux indicateurs de la mainmise d’un pouvoir autoritaire sur un
média et c’est exactement ce qu’il est en train de se passer à
RadioFrance. Et ce n’est pas n’importe quel type d’humour qui dégage,
c’est l’humour satirique qui est pourtant une tradition française. Je
croyais que la droite aimait bien les traditions mais visiblement pas
toutes.
Je ne suis pas inquiet pour mon cas personnel mais plutôt pour les
jeunes générations. Je me suis formé à travers les Guignols de l’Info,
Charlie Hebdo ou les révélations du Canard Enchaîné, Groland, etc.
J’étais impressionné par la liberté de ton qu’ils possédaient mais
aujourd’hui les espaces se réduisent énormément.
Il reste Internet, mais Internet est géré par les GAFAM qui
possèderont toujours le pouvoir de supprimer ton compte du jour au
lendemain. Et là, ça se fait en un clic et il n’y a pas de recours
juridique possible.
« Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais, en
ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude
absolue. » A. Einstein Éric Lagadec (Astrophysicien /
Enseignant-chercheur) et Guillaume Meurice (spécialiste autoproclamé de
la connerie, auteur de conneries lui-même) proposent un voyage à travers
ces deux infinis.
LR&LP : Cela peut même être beaucoup plus insidieux avec les algorithmes. C’est assumé par Mark Zuckerberg depuis 2021,
les contenus jugés politiques sont invisibilisés. C’est donc aux gens
de faire le choix d’aller voir ces contenus et pas juste de scroller sur
leur fil d’actualité. Puisqu’on parle d’espaces et de lieux
d’expression libre, vous avez deux spectacles en ce moment : les
théâtres deviennent-ils le bastion de la liberté d’expression en
France ?
Il y a “Meurice 2027”, qui va bientôt se finir, et “Vers l’infini…”
avec l’astrophysicien Éric Lagadec. La scène a toujours été l’espace de
liberté ultime avec des contraintes quand même car les scènes
appartiennent de plus en plus, notamment à Paris, à des financiers. J’ai
un producteur de gauche (si, si, ça existe) et on ne veut pas
jouer dans des salles qui appartiennent ni à Bolloré, ni à Lagardère :
bon c’est la même chose, mais non plus Charrière, Jean-Marc Dumontet,
etc. Paris est donc très vite limité, l’Olympia appartient par exemple à
Bolloré.
Une fois sur scène, les flics ne vont pas venir nous censurer mais
pour y accéder c’est compliqué financièrement. Et puis c’est ambivalent
de dénoncer un modèle économique dans des endroits qui appartiennent aux
profiteurs de ce modèle.
L’autre particularité, c’est qu’on s’adresse à des gens qui nous
connaissent déjà dans une salle de spectacle. Quand on fait des
chroniques à la radio, on peut tomber dans l’oreille de gens qui ne nous
connaissent pas, qui sont un peu interloqués. Peut-être que ça va leur
plaire ou pas, mais cela a l’avantage de créer plus de débat public que
dans un endroit où les gens sont d’accord avec toi.
Photo du spectacle « Meurice 2027 » – Crédit : Magali R.
LR&LP : Finalement, sommes-nous en train de faire disparaître le pluralisme d’opinions sur le service public ?
Guillaume Meurice : Oui, mais pas n’importe lequel. Le
pluralisme d’opinions de gauche. Ce qu’on est en train de censurer ce
sont des gens qui disent qu’il faut redistribuer les richesses, de
l’égalité femmes / hommes, de moins détruire la planète… ce sont des
bisounours, et on est en train de lancer les bazookas contre des
bisounours.
Pour moi, le parallèle qui tend à opposer l’extrême gauche et
l’extrême droite est une fumisterie assez hallucinante. On a des gens
qui veulent laisser mourir des humains dans la Méditerranée d’un côté,
et d’autres qui disent que comme ce sont des humains il faudrait les
sauver de l’autre, cela n’a rien à voir.
LR&LP : C’est d’ailleurs un constat que l’on
retrouve dans votre livre où vous écrivez : « Le wokisme, terreur de
celles et ceux qui s’agrippent à leurs privilèges comme à des bouées de
sauvetage, a depuis un moment remplacé l’insulte “droitdelhommiste” dans
le débat politique. Quant à l’islamo-gauchisme, sa résonance avec les
accusations de judéobolchévisme d’un autre temps ne semble même plus
étonner ». A quel moment cela a-t-il pu être une insulte que de vouloir
défendre les droits de l’homme ?
C’est effectivement choquant et le premier dont je me souvienne à l’avoir utilisé c’est Alain Finkielkraut,
puis il y a eu islamogauchiste, passé de mode assez rapidement mais
wokiste a bien fédéré. Comme cela vient des Etats-Unis et qu’on les
déteste, cela a créé une cible idéale dans l’imaginaire politique.
MacDonalds, malbouffe, tout est lié (rires).
Je trouve assez intéressant que ces gens aient peur de ça : de
l’égalité des droits de tout le monde. Il faut vraiment être faible sur
ses appuis pour en avoir peur. Je sais qu’ils sont faibles, qu’ils sont
violents parce qu’ils sont faibles donc ils sont brutaux. Les
répressions policières et le pouvoir qui panique sont une marque de
faiblesse. Cela me donne l’espoir qu’il est possible de changer les
choses.
J’aime l’idée de montrer leur brutalité car leur vitrine est le
dialogue et la bienveillance, alors qu’ils décident toujours de tout
sans nous concerter. Et la réalité, ce sont des
flash-balls dans la tête des manifestants. Mais ils ne sont pas
intéressés par la réalité car dans la leur, tout va bien. Ils sont
tellement déconnectés des préoccupations quotidiennes des gens que cela
va bien finir par leur retomber dessus.