Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
Mais pas que.
Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...

BLOG EN COURS D'ACTUALISATION...
...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...

samedi 24 février 2024

Biokérosène, pellets : ces mégaprojets qui dévorent la forêt

Biokérosène, pellets : 

ces mégaprojets 

qui dévorent la forêt

 
10 janvier 2024

 

L'augmentation massive de l'exploitation du bois en France attendue dans les années à venir fait craindre une multiplication des coupes rases de feuillus et des monocultures de résineux.

Les mégaprojets reposant sur la consommation massive de bois se multiplient en France. Cette demande industrielle est inconciliable avec la préservation de forêts vivantes. Elle s’opère avec le concours des pouvoirs publics.

De nouvelles menaces plus insidieuses que les mégafeux pèsent sur la forêt française. De nombreux projets de construction de méga-scieries, de centrales à biomasse et d’usines à biocarburant sont en cours et entérinent un modèle extractiviste destructeur. Alors que la forêt subit de plein fouet la violence du dérèglement climatique, ces différents chantiers pourraient la fragiliser encore davantage et augmenter massivement les coupes, alertent les associations écologistes, pour qui il y a urgence à repenser notre modèle sylvicole.

À Guéret, dans la Creuse, des collectifs se mobilisent contre l’installation d’une usine de fabrication de pellets— des granulés de bois pour le chauffage— portée par l’entreprise Biosyl. Les entrepreneurs prévoient de prélever 180 000 m³ de bois par an supplémentaires dans un rayon de 130 km, à 80 % dans des forêts de feuillus.

L’investissement de 26 millions d’euros a l’aval de la préfecture qui a pour l’instant refusé de mener une consultation publique, malgré les conséquences que le projet pourrait avoir sur les forêts locales. L’arrêté préfectoral autorisant la construction pourrait être publié d’ici deux mois.

À Égletons, en Corrèze, c’est l’extension d’une énorme scierie qui met le feu aux poudres. Depuis deux ans, des habitants luttent contre les expropriations qu’entraînerait l’agrandissement de l’usine. Sur place, Farges Bois a créé un vaste complexe industriel pour devenir le premier scieur de France.

Avec l’augmentation du nombre d’arbre coupés viendrait une multiplication du nombre d’énormes camions pour les transporter. Krzysztof Kowalik / Unsplash

 Les chiffres donnent le tournis. L’entreprise souhaite investir 106 millions d’euros d’ici 2026 et augmenter le sciage de 66 % pour atteindre 250 000 m³ par an. Soit la moitié du bois de sciage coupé annuellement dans la forêt limousine. Sa production de bois de deuxième transformation doit croître également de 157 % et sa production de granulés de 38 %.

Il faut y ajouter une nouvelle production de 50 000 m³/an de lamellé-collé. Le nombre de camions qui rouleront au quotidien pour approvisionner la scierie devrait quant à lui doubler, pour s’élever à 165 en 2026, selon les chiffres donnés par l’entreprise à l’administration.

Du biokérosène pour les avions

Dans les Pyrénées-Atlantiques, la population regarde avec inquiétude un autre projet qui commence à prendre forme et qui n’a pas fini de faire parler de lui : BioTJET, une usine de biocarburants qui vise à approvisionner le secteur aéronautique à partir de bois. Piloté par Elyse Energy et soutenu par la plus grosse coopérative forestière française — Alliance forêt bois — le projet est censé produire du biokérosène. Entre 300 000 et 600 000 tonnes de bois par an seront nécessaires pour alimenter l’équivalent de 30 % de la consommation annuelle d’un aéroport comme Bordeaux-Mérignac. La première phase de concertation se termine le 17 janvier.

Les défenseurs de la forêt s’alarment. Dans un édito, l’écologue Philippe Falbet se demande « si la forêt va pouvoir suivre ». Rien que dans le piémont pyrénéen, de nombreux autres projets sont en gestation, ajoute-t-il.

Il cite, notamment, le complexe industriel de Lannemezan qui souhaite associer une centrale de cogénération et une unité de production de granulés bois pour un investissement de 36 millions d’euros. Ailleurs dans le Sud-Ouest, le projet d’installation dans le Tarn du groupe de scierie industrielle SIAT risque d’être un autre facteur de déséquilibre, tant dans l’exploitation de la ressource forestière que dans l’écosystème des entreprises locales de sciage.

L’un des plus grands producteurs de panneaux de bois au monde, Swiss Chrono, prévoit quant à lui de s’installer dans le Lot-et-Garonne. Comment faire face à cette demande massive ? Quelles mesures de régulation peuvent être prises face aux appétits grandissants des industriels ?

L’unité de granulation de la scierie SIAT-Braun à Urmatt (Bas-Rhin.

« La forêt ne pourra pas répondre à toutes nos demandes, souvent contradictoires », prévient d’emblée, l’ingénieur forestier Gaétan du Bus de Warnaffe, dans une conférence organisée avec le philosophe Baptiste Morizot. On ne peut pas vouloir mobiliser plus de bois, remplacer le kérosène de nos avions, substituer le charbon de nos centrales d’un côté et vouloir prendre soin des écosystèmes ou augmenter le puits de carbone de l’autre.

La forêt absorbe deux fois moins de CO qu’il y a dix ans. Mais le Schéma national bas carbone (SNBC) prévoit toujours d’augmenter les coupes de 70 % d’ici 2050. « À aucun moment, il n’y a un arbitrage fait par le gouvernement sur la ressource, une priorisation qui est donnée, regrette Bruno Doucet, de l’association Canopée. Il laisse faire les lois du marché alors que la ressource est limitée et que son état de santé se dégrade rapidement. »

Laisser 25 % de la forêt française en libre-évolution

Depuis plusieurs années, les écologistes insistent pour changer de stratégie. Pour préserver la ressource et continuer à prélever durablement du bois, il faudrait, selon eux, laisser 25 % de la forêt française en libre-évolution, miser sur la résilience et la diversité des espèces, allonger l’âge de récolte des arbres, mieux répartir les prélèvements actuels plutôt que de les concentrer dans les massifs les plus accessibles et pratiquer une sylviculture maintenant le couvert forestier. C’est-à-dire stopper les coupes rases.

Mais, aujourd’hui, via ces mégaprojets, c’est l’inverse qui a lieu. Avec une multiplication désordonnée de la demande et une exploitation accrue. Dans une note, parue cet été, les hauts fonctionnaires de France Stratégie le reconnaissaient eux-mêmes et pointaient « un manque de planification ».

L’augmentation actuelle des coupes favorise des usages « bas de gamme » de la forêt, soulignaient-ils. 68 % du bois récolté part en bois énergie, contre 21 % pour la production de matériau bois à durée de vie longue. Les volumes de bois énergie commercialisés ont doublé en dix ans tandis que le bois d’œuvre n’a cessé de diminuer.

 

Seuls 21 % du bois récolté sont utilisés pour la production de matériau bois à durée de vie longue. Jon Butterworth / Unsplash

L’extension des méga-scieries, comme SIAT ou Farges, renforce aussi ce modèle standardisé. Elles déstructurent les filières locales et écrasent les petites scieries qui sciaient du bois diversifié, notamment feuillu — la France a perdu 90 % de ses scieries depuis 1960.

En ne prélevant que du bois résineux uniformisé et bien calibré, ces méga-scieries légitiment un système industriel fait de coupes rases et de monocultures. Elles incitent les forestiers à planter, en ligne, toujours plus de pins douglas et de pins maritimes. Quant aux feuillus arrachés pour laisser place à ces monocultures, ils finissent en granulés pour alimenter les centrales électriques.

« Ces mégaprojets sont des machines à déforester »

« Ces mégaprojets sont des machines à déforester, insiste Thibault, membre du syndicat de la montagne limousine, mobilisé contre Biosyl et l’extension de la scierie Farges. Ce sont les moteurs de la sur-industrialisation de la forêt. Ils développent une approche coloniale, pillent la ressource, accaparent la terre et nous voyons en retour notre territoire se faire dévaster »,dit-il.

« Une guerre du bois » se profile. À proximité d’Aix-en-Provence, la centrale à biomasse de Gardanne en donne déjà une illustration. Avec ses besoins de 850 000 tonnes de bois par an, elle fait concurrence à d’autres acteurs et à d’autres usages, comme la papeterie Fibre Excellence, située à une centaine de kilomètres ou les centrales de Brignoles (Var) et de Pierrelatte (Drôme) qui ont chacune besoin de 150 000 tonnes de bois par an.

Les forêts d’arbres feuillus souffrent particulièrement des conséquences de cette politique forestière. Jerome FP / CC BY-NC-ND 2.0 Deed / Flickr

 Comme le révélait Reporterre, il y a quelques années, l’usine de Gardanne a dû faire venir du bois du Jura et l’entreprise imagine importer toujours une partie de son bois du Brésil.

Un non-sens écologique qui pourrait s’aggraver. Emmanuel Macron a annoncé l’année dernière vouloir reconvertir les dernières centrales à charbon en usines à biomasse d’ici 2027, sans que l’on sache d’où viendra le bois. « Ce projet pourrait engendrer une pression insoutenable sur les forêts », prévient le directeur de Canopée, Sylvain Angerand.

Une industrie dépendant de l’argent public

Cela n’empêche pas le gouvernement de subventionner massivement ce modèle. Selon la Cour des comptes, la moitié des soutiens publics annuels de la filière forêt-bois — soit 611 millions d’euros — est dédiée au bois énergie.

De manière plus générale, tous les grands projets industriels vivent sous perfusion d’aide publique. Dans la Creuse, l’entreprise Biosyl compte sur 20 % de subventions pour financer son usine à pellets. Le projet de fabrication de biokérosène, BioTJET, pourra bénéficier quant à lui d’une enveloppe de 200 millions d’euros de subventions octroyées par le chef de l’État. À ce stade, 7,9 millions d’euros ont déjà été octroyées par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Cette dépendance est aussi un signe de faiblesse. Elle rend ces projets plus perméables à la pression populaire. Les habitants et les associations peuvent influencer leurs élus. De nombreux projets contestés ont ainsi été abandonnés ces dernières années : l’usine à pellet CIBV dans le Limousin, la scierie Florian dans les Pyrénées, l’usine à biomasse de Tronçay dans le Morvan. À plusieurs reprises, la mobilisation sociale a déjà fait reculer les industriels.

 ___________________

Nous avons eu tort.

Quand nous avons créé Reporterre en 2013, nous pensions que la question écologique manquait de couverture médiatique.

Nous nous disions qu’il suffirait que la population et les décideurs politiques soient informés, que les journaux et télévisions s’emparent du sujet, pour que les choses bougent.

Nous savons aujourd’hui que nous avions tort.

L'État ne respecte pas ses engagements environnementaux.

Les rapports du GIEC sont commentés entre deux publicités pour des SUV.

Des climatosceptiques sont au pouvoir dans de nombreuses démocraties.

Nous savons aujourd’hui que l’urgence écologique n’a pas besoin de presse  : elle a besoin d’une presse indépendante de toute pression économique.

En France comme dans le monde, l’écrasante majorité des médias est désormais aux mains des ultra-riches.

Chez Reporterre, pas d'actionnaire ni de propriétaire milliardaire. Nous faisons le choix depuis 11 ans d’un journalisme en accès libre et sans publicité.

Notre structure à but non lucratif nous permet d’enquêter librement. Personne n'interfère dans ce que nous publions.

Mais ce travail a un coût.

Celui des salaires de nos 26 journalistes et salariés.

Celui des reportages menés sur le terrain, au plus près des luttes.

Celui des centaines de milliers de lettres d’info envoyées chaque semaine pour vous informer.

En 2023, 39 257 donateurs ont soutenu Reporterre : ces dons représentent 98% de nos revenus.

Du plus modeste au plus important, ils sont les garants d’un travail journalistique sérieux et indépendant, capable de faire avancer la cause écologique.

Quels que soient vos moyens, nous travaillons pour vous.

Ensemble, nous pouvons agir.

Si vous le pouvez, choisissez un soutien mensuel, à partir de seulement 1 €. Cela prend moins de deux minutes, et vous aurez chaque mois un impact fort en faveur d’un journalisme indépendant dédié à l’écologie. Merci.

Soutenir Reporterre

 ___________________


Source : https://reporterre.net/Biokerosene-pellets-ces-megaprojets-qui-devorent-la-foret

vendredi 23 février 2024

Mégaprofits et exploitation des paysans : occupation du siège de Lactalis

Mégaprofits et exploitation 

des paysans : 

occupation du siège 

de Lactalis

 22 février 2024


“Lactalis, rend l’argent” : la firme qui étrangle les éleveurs alors que son PDG est multimilliardaire envahie

 

« Les agriculteurs » ne sont pas un tout homogène : il y a d’un côté des gros exploitants qui cherchent à faire toujours plus d’argent avec des méthodes toujours plus polluantes, et de l’autre, des petits paysans qui galèrent et subissent la concurrence et le libéralisme de plein fouet.

Macron n’a cédé qu’aux premiers, en faisant un cadeau à la FNSEA, le lobby de l’agro-industrie, en autorisant un usage maximal d’engrais chimiques. Il n’a en revanche rien réglé pour tous les petits exploitants. Le mouvement de colère n’est donc pas fini.

Parmi les grands ennemis du monde paysan : le groupe Lactalis, numéro un mondial des produits laitiers, qui possède les marques Lactel, Président, Société, Galbani ou La Laitière. Lactalis est le numéro 1 de l’agroalimentaire en France, devant Danone. C’est un véritable empire qui règne sans partage sur l’industrie du lait et exploite les producteurs. Son patron, Emmanuel Besnier, est la 6ème plus grande fortune de France, avec plus de 20 milliards d’euros.

Non content de pressuriser les paysans pour faire de mégaprofits, Lactalis fraude le fisc. Le 6 février, le groupe a été perquisitionné par les enquêteurs du Parquet National Financier, à la fois au siège national, à l’hôtel particulier parisien du PDG et dans ses bureaux dans la tour Montparnasse, dans le cadre d’une enquête pour « fraude fiscale aggravée » et « blanchiment de fraude fiscale aggravée ».

Pendant plus de 10 ans, de 2009 à 2020, Lactalis aurait soustrait avec des montages financiers des sommes colossales aux impôts : on parle de plusieurs centaines de millions d’euros !

La Confédération Paysanne, syndicat de gauche du monde agricole, avait déjà dénoncé en 2019 Lactalis au Parquet National Financier, pour avoir « mis en place un système de refacturation intragroupe particulièrement complexe ainsi qu’un système d’achat fictif d’actions ».

Cette année, avant même la flambée médiatique des actions d’agriculteurs fin janvier, des mobilisations avaient lieu partout en France contre le prix imposé par Lactalis aux producteurs de lait.

Car oui, une entreprise aussi énorme fonctionne comme une mafia : elle contrôle le marché, et peut donc fixer les prix d’achats. Lactalis avait proposé un prix de 405 euros la tonne de lait, « complètement déconnecté du marché et des attentes des producteurs » selon la Confédération Paysanne. Plusieurs rassemblements ont ainsi eu lieu devant les usines de Lactalis dès le début du mois de janvier. Sous pression, le groupe a fait une nouvelle proposition : 420 euros la tonne. Cela prouve que la lutte fonctionne, mais cela reste très insuffisant.

Médiapart rappelle qu’en 2001, une brique de lait se vendait en moyenne 55 centimes hors taxes, un prix sur lequel les éleveurs gagnaient 25 centimes d’euro, soit 45% du prix. Aujourd’hui, sur une brique à 83 centimes, les éleveurs ne gagnaient plus que 24 centimes, soit seulement 29% du prix. Autrement dit, les agriculteurs ont perdu de l’argent, alors que les grands magasins et les entreprises comme Lactalis ont fait exploser leurs marges ! Ce prix qui augmente, payé par le consommateur, ce n’est pas pour les paysans, mais dans la poche des intermédiaires qui se comportent comme des parasites.

Partant de ce constat, la Confédération Paysanne a décidé de taper du poing sur la table. Ce mercredi 21 février, 200 de ses membres ont organisé une action contre le siège social de Lactalis, situé à Laval en Mayenne. Le bâtiment a été envahi pour exiger une rencontre avec le PDG du groupe.

Des pancartes ont été affichées devant et dans les locaux, aux cris de « Lactalis ! Lacto terroriste ! » Des CRS ont été envoyés pour évacuer les occupants.

Vu les mégaprofits du patron de Lactalis et la précarité grandissante des paysans, la revendication est pourtant plus que justifiée. Mais étonnamment, les médias parlent moins de cette juste occupation, vite expulsée, que des blocages de la FNSEA il y a quelques semaines.

Alors à nous de faire savoir que la lutte continue pour un revenu paysan et contre l’agro-industrie, avant le salon de l’agriculture qui commence ce samedi et qui s’annonce agité.

 Source : https://contre-attaque.net/2024/02/22/megaprofits-et-exploitation-des-paysans-occupation-du-siege-de-lactalis/

jeudi 22 février 2024

Actions contre le golf de Villeneuve-de-la-Raho

Tempête climatique et judiciaire 

sur le golf de Villeneuve-de-la-Raho


 

Après la tribune de 92 scientifiques de l’université de Perpignan (Pyrénées-Orientales) et la mobilisation d’une centaine de chercheurs pour dénoncer le projet, les opposants vont déposer trois plaintes auprès du procureur de la République. La guerre du golf ne fait que commencer.

Avant d’être un golf dix-huit trous, peut-être un jour, et une zone urbanisée de 600 logements qui domineront le lac de Villeneuve-de-la-Raho (Pyrénées-Orientales), en espérant qu’il ne soit pas à sec, c’est un champ de bataille climatique de 180 ha. Il a été défriché depuis janvier et clôturé par de grandes banderoles orange fluo dont le plastique se désagrège dans la Tramontane. Le projet est ancien et chaotique. Il date de 2003 et a fait l’objet de la signature d’une déclaration d’utilité publique par le préfet Philippe Chopin en 2019 à l’heure où le manque d’eau était encore une blague d’apéro.

En février 2024, on ne rit plus. Le département est en voie de désertification faute de pluies. Il pourrait manquer d’eau avant l’été pour la vie quotidienne de beaucoup : agriculteurs, opérateurs touristiques, particuliers. Les scientifiques de l’université de Perpignan s’insurgent contre ce projet anachronique dont les greens deviendront poussière.

« Le golf se fera et il deviendra même un site pilote pour la problématique de l’eau dans le département et bien au-delà. L’eau de notre station d’épuration permettra l’irrigation à 100 % du golf après retraitement. Jusque-là on rejetait un million de litres par jour dans un étang salé sans la réutiliser », argumente la mairesse LR Jacqueline Irlès.

« C’est un golf mort-né ! »

« L’eau de la station d’épuration ne suffira pas. À telle enseigne que Madame Irlès a passé un accord avec le maire communiste d’Elne, Nicolas Garcia, pour pomper l’eau du lac de la Raho qui appartient au conseil départemental dont il est le premier vice-président », rétorque Joan Nou, président d’Agissons 66, mouvement citoyen opposé à ce programme golfique et immobilier, porté par les opérateurs Belin promotion de Toulouse (qui n’a pas répondu à notre demande d’interview) et GGL de Montpellier qui gèrent le dossier, et notamment les expropriations, depuis 2008. « Sans oublier, ajoute Joan Nou, qu’avec un vent à 15 km/h, on ne peut plus arroser. Et ici la Tramontane, c’est en moyenne 100 jours par an. C’est un golf mort-né ! »

Le 21 décembre dernier, les opérateurs ont obtenu gain de cause sur les expropriations devant le tribunal judiciaire de Perpignan. Mais les opposants instruisent une procédure judiciaire portée prochainement auprès du procureur de la République par Me Philippe Capsié. Dans l’état actuel du dossier, il s’agit de plaintes sur trois motifs : détournement de fonds publics, non-respect des règles des marchés publics et délit de favoritisme. La mairie aurait réalisé et payé des travaux qui incombaient aux opérateurs et une élue municipale aurait bénéficié d’un tarif préférentiel pour céder son terrain, bien supérieur à celui de ses voisins expropriés.

Me Capsié agit pour plusieurs familles de propriétaires fonciers. Mais il n’est pas le seul à ferrailler devant les tribunaux. Me Jean Codognès, président du mouvement Pays Catalan écologie, a déjà saisi le tribunal administratif de Montpellier d’une procédure en annulation de la déclaration d’utilité publique 2019. Et il destine ce brûlant dossier à Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique. Dernièrement, le secrétaire général de la préfecture des Pyrénées-Orientales expliquait que tout était légal et que le projet pouvait continuer son chemin.

 

Mouvement #Agissons 

www.agissons.org

agissons66@gmail.com


https://www.leparisien.fr/pyrenees-orientales-66/tempete-climatique-et-judiciaire-sur-le-golf-de-villeneuve-de-la-raho-11-02-2024-DL6HM2WTLBF3VMPENPUQWLO2BM.php?fbclid=IwAR0XAf69PXD7BCcBfh6V3qZWu71vNWVk5BZxevRQmf2mRrNofuLHMFtRd_E

mercredi 21 février 2024

“Anatomie de l’Affiche rouge” : pour l’historienne Annette Wieviorka, il ne faut pas dissocier les vingt-trois martyrs du “groupe Manouchian”

L’« affiche rouge » 


contre la glu des origines

 

Mercredi 21 février, Missak et Mélinée Manouchian entreront au Panthéon.

Bonne nouvelle, il aura fallu 80 ans mais bonne nouvelle.

Mais pourquoi pas les vingt-trois de l’« affiche rouge » ? Pourquoi seulement Mélinée et Manouchian ? Il ne fut leur chef que durant les trois derniers mois, avant qu’ils soient tous fusillés ensemble, ce matin du 21 février 1944 où tout avait la couleur uniforme du givre. Non pas 23, mais 22 ce jour-là, 22 hommes. Il y avait une femme condamnée à mort aussi, la roumaine Olga Bancic. Elle fut exécutée plus tard, le 10 mai 1944 à Stuttgart, le cou tranché à la hache.

Leurs noms figureront sur une plaque près des Manouchian au Panthéon. Mais pourquoi pas tous ensemble ? Ils n’avaient pas demandé tout ça, ni à figurer sur l’« affiche rouge », ni à figurer au Panthéon comme décor pour le grand show de la macronie. Ils n’avaient réclamé la gloire ni les larmes. On entend déjà Macron, avec sa voix de cabotin et sa fausse émotion, faire l’éloge de ces étrangers et nos frères pourtant, alors même que sa loi « immigration » exploite la pire xénophobie, alors que même la loi du sol est remise en question, alors que l’extrême droite qu’il a favorisée est déjà sur le palier. Aujourd’hui, avec sa gueule de métèque, Manouchian serait bloqué à la frontière.

Aujourd’hui, combien d’étrangers de ce genre ne viendront jamais nous réinventer la France ?

Ceux de l’« affiche rouge » étaient polonais, arméniens, hongrois, italiens, espagnols, roumains et même français, peu leur importait, ils n’étaient pas cloués à leurs origines. Ils n’avaient pas leur terre collée à la semelle de leurs souliers, ils n’étaient pas retombés dans ce que Daniel Bensaïd appelait la « glu des origines ».

Ils étaient d’abord internationalistes. L’Internationale était leur acte de foi, leur cantique et leur feuille de route. Antifascistes aussi, ils avaient combattu contre Mussolini, contre Franco dans les Brigades internationales. C’était des ouvriers, des artisans, des tailleurs, des poètes parfois, mais surtout des « partisans ». FTP, MOI. Francs-tireurs et partisans, main-d’œuvre immigrée. Certains étaient juifs. C’était déterminant mais surtout pour les nazis. Les autres, quelle religion ? On dit que Manouchian a communié le matin avant d’être fusillé. Mais surtout, presque tous étaient communistes, voilà leur conviction. Amoureux de vivre à en mourir. Et à tuer puisqu’il le faut. « Tu ne fais pas de mal, tu ne fais que tuer des tueurs », disait Manouchian, le héros que la macronie s’apprête à célébrer. On attend que la phrase résonne sous les voûtes illustres et qu’elle se répète jusqu’au fin fond du monde.

La justice viendra sous leurs pas triomphants.

La macronie, c’est ni droite ni gauche. « Les extrêmes » se rejoignent. Ils sont excessifs et dangereux. Ce qui est juste, c’est le juste milieu. C’est le « en même temps ». Ni pour ni contre, bien au contraire. C’est l’état d’esprit de la collaboration. On sait ce qui sort de ce ventre mou. L’« affiche rouge » remet les extrêmes en lumière, pas d’arrangement. On ne met pas dans le même sac Hitler et le Front populaire.

Et la France, eux « qui criaient la France en s’abattant » ?

Pour quelle France mouraient-ils, ces étrangers ? La France de Laval et de la rafle du Vél’d’Hiv ? La France qui faisait suer le burnous dans nos belles colonies ? Ou celle d’aujourd’hui, lâche devant le massacre des enfants de Gaza ?

Alors, qu’auraient-ils préféré les vingt et trois de l’« affiche rouge » si on leur avait demandé : être oubliés ou être empaillés ?

Avant qu’ils aient répondu, les fusils fleurirent.

Daniel Mermet
 
__________________ 

“Anatomie de l’Affiche rouge” : 

pour l’historienne Annette Wieviorka, 

il ne faut pas dissocier les vingt-trois 

martyrs du “groupe Manouchian”


Comment l’Histoire a-t-elle fait de Missak Manouchian, bientôt panthéonisé avec sa femme, l’incarnation de tous les résistants de l’Affiche rouge ?

 
Alors que le couple Manouchian va entrer au Panthéon, Annette Wieviorka déconstruit le récit tissé autour de l’Affiche rouge. Photo Roger-Viollet

 

Par Nathalie Crom 
Publié le 14 février 2024

mardi 20 février 2024

Crise de l’eau : « Les Pyrénées-Orientales entre rassurisme et déni »

Crise de l’eau : 

« Les Pyrénées-Orientales 

entre rassurisme et déni »

 


 

8 février 2024

 

Face au manque d’eau, les Pyrénées-Orientales font l’inverse de ce qu’il faudrait faire, écrit ce militant dans cette tribune. Le département construit toujours plus et prône le technosolutionnisme.

David Berrué est militant écologiste dans les Pyrénées-Orientales.

_____________

 Les Pyrénées-Orientales connaissent une baisse tendancielle des précipitations depuis dix ans. Mais faut-il croire les statistiques ? Voilà des données établies par des climatologues probablement hors-sol. N’habitant pas le territoire. Venus de Lutèce faire leurs petites mesures mesquines du haut de leur idéologie alarmiste. Méfiance.



Plus sérieux est le ressenti collectif. Qui s’accorde à situer début 2020 la dernière vraie pluie, lors de la tempête Gloria. Il y a tout de même quatre ans. Mais n’est-ce pas là des variations saisonnières cycliques tout à fait naturelles, déjà observées à tel ou tel moment de l’histoire, sans qu’on en fasse une montagne ?

Lire aussi : Les Pyrénées-Orientales, asséchées par de mauvais choix politiques

Hélas, c’est justement compter sans le massif du Canigou. La montagne sacrée des Catalans, devenue baromètre de la catastrophe en cours. Que son pic soit blanc et tout va bien. Blanc = il y aura de l’eau au printemps. Mais pas cette année. Et là, plus grand monde ne rigole.

Pas d’eau, mais un golf, des routes et un parc démentiel



L’eau manque. Les sols sont secs. La végétation meurt. Les nappes sont au plus bas. L’eau de mer s’y infiltre, sur la côte. Des rivières et au moins un fleuve ne coulent plus depuis des mois. Les retenues et barrages se vident. La situation va mettre des années à se rétablir, si elle se rétablit. Et pourtant. Aux avant-postes du changement climatique, les Pyrénées-Orientales sont aussi le laboratoire de ce qu’il ne faut pas faire.



Admettons qu’il pleuve. La moindre goutte d’eau devrait pouvoir s’infiltrer dans le sol. Il faudrait arrêter les projets d’infrastructures entraînant leur imperméabilisation. Mais non. Cette rocade à 30 millions d’euros permettant de gagner trente secondes sur la route de stations de ski qui n’auront bientôt plus de neige : d’utilité publique. Ce morceau supplémentaire de contournement de l’agglomération de Perpignan : d’intérêt général. Ces 60 hectares dédiés à un nouveau super concept de parc à thème : on prend.

« Il serait dommage que ces bonnes terres échappent à la spéculation immobilière »



On pourrait se calmer sur l’urbanisation. Même des élus de droite commencent à le dire. Qu’importe. 35 000 nouveaux logements sont prévus rien que pour la plaine du Roussillon, tandis que des lotissements piscinables sortent de terre un peu partout. « Un territoire qui ne bâtit pas est un territoire qui meurt. » « Il faut bien que nos jeunes puissent se loger. » Et surtout, il faut construire avant que la loi sur la zéro artificialisation nette ne l’empêche. Et surtout, il serait dommage que toutes ces bonnes terres échappent à la spéculation immobilière.


Tout cela va aggraver la pression sur la ressource en eau ; pas de problème. On va puiser dans le karst des Corbières, au nord du département. Coût de l’opération, d’après Veolia : 20 millions d’euros. Pour récupérer 1 million de m3. À condition que le karst reste à niveau, ce qui dépend de pluies hypothétiques. On va creuser des retenues collinaires. Remplies grâce au ruissellement, quand et si ruissellement il y a. Ou à défaut par la réutilisation des eaux traitées des stations d’épuration, dans la mesure où elles ne sont pas déjà nécessaires au soutien des débits dans les rivières.

Enfin, on va dessaler l’eau de mer. Ce qui nécessite de l’énergie, implique des rejets néfastes pour l’écosystème marin et accélère le changement climatique. Mais que voulez-vous. On n’a rien sans rien.

Technosolutionnisme, rassurisme, déni



La chose importante est de ne pas faire flipper les gens. Comme le disent en substance les représentants des intérêts locaux du lobby touristique : il faut rassurer. Ne pas refaire « les erreurs de l’an passé », lorsqu’à force de documenter l’état de sécheresse du département les vacanciers se sont détournés de notre destination. Personne ne sait quel sera l’état de la ressource en eau d’ici l’été ? Surtout ne changeons rien. Et prière aux médias parisiens de s’intéresser à autre chose.



N’allons pas remuer le couteau dans la plaie. Par exemple, en ironisant sur l’avènement d’un nouveau golf, à Villeneuve-de-la-Raho, prétexte à la construction de 600 logements. Par exemple, en s’étonnant que la flotte serve à la production de neige artificielle dans les stations de ski, où l’on connaît des températures démentielles, alors que les réserves destinées aux besoins agricoles, plus bas dans la vallée, sont loin d’être constituées.



« L’agriculture ou la neige de culture ? » Au pire, la valorisation des terres cultivables passera par « l’agrivoltaïsme ». C’est-à-dire le déploiement de panneaux solaires par-dessus vignes ou brebis. Avec supplément de revenu pour des paysans comme chacun sait sans le sou. Une formule « gagnant-gagnant » comme on les aime. Avec juste en embuscade la transformation de terres nourricières en usine de production d’électricité. Ainsi qu’un léger impact sur les paysages. Bon. On ne peut pas tout avoir.

Lire aussi : Pyrénées-Orientales : « Si on n’y prend pas garde, une guerre de l’eau peut arriver »



Mais trêve de sarcasme. Une mission interministérielle s’est récemment et spécialement penchée sur le sort du Pays catalan. On va enfin s’occuper des milliers de forages agricoles ou domestiques illégaux. Enfin traquer les fuites dans les réseaux de distribution d’eau potable. Mieux contrôler les professionnels concernés par les mesures d’économie. Réutiliser les eaux usées et les eaux grises, quitte à « devancer la réglementation ». Créer un « observatoire de l’eau » et aussi fournir aux élus un « guide de la gestion économe de la ressource ». Refuser enfin les projets d’urbanisation si la commune manque d’eau — c’est l’esprit, reste à voir la lettre.



Dans l’attente, attention à la montée en radicalité. Après l’interdiction à la vente des piscines gonflables en 2023, les propriétaires des 27 000 piscines officiellement recensées dans les Pyrénées-Orientales seront tenus, en 2024, de les protéger d’une bâche pour parer à leur évaporation. On souhaite un bon été aux vendeurs de bâches.



Technosolutionnisme, rassurisme, déni : telle est par ici la Sainte Trinité, la résilience à la sauce catalane. Vous trouvez ça drôle ? Vous ne perdez rien pour attendre.

Précisions

Dans les tribunes, les auteurs expriment un point de vue propre, qui n’est pas nécessairement celui de la rédaction.
-  Titre, chapô et intertitres sont de la rédaction.

 

Source : https://reporterre.net/Crise-de-l-eau-Les-Pyrenees-Orientales-entre-rassurisme-et-deni#forums

lundi 19 février 2024

// La Lettre d'Info Alchimique //Au plaisir de vous croiser par ici ou par là ! à Prades 66500



Bonjour les Alchimistes ! 

Nous avons créé un groupe WhatsApp depuis lequel sont annoncés les évènements ponctuels, comme les concerts de dernière minute, les menus du jour, les nouveaux ateliers ou autres soirées spéciales.

Envoyez nous votre numéro au 07.69.89.19.51 
que l'on puisse vous y ajouter 
☺

Bonne semaine à vous ! 

++++
Exposition
L_espace_de_...
LUNDI
Renforcement...
tai_chi_marta
3_rue_de_l_h...
MARDI_RESTAU
ECRITURE
Nidra
MERCREDI
Screenshot_2...
Renforcement...
IMG_0047_0
JEUDI
9F755CE6-625...
VENDREDI
3_rue_de_l_h...
ATELIER_LA_V...
Renforcement...
samedi_RESTAU



L'équipe de l'Alchimie