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jeudi 28 octobre 2021

Greta Thunberg : « L’inaction climatique est un choix délibéré »

Greta Thunberg : 

« L’inaction climatique 

est un choix délibéré »

 

 13 octobre 2021

 

Capture d'écran de l'entretien réalisé en visioconférence.

 

« Aucune action pour le climat n’est trop petite », dit Greta Thunberg, interviewée chez elle, en Suède, en visioconférence. Elle souligne l’importance du militantisme écologiste et dénonce les politiciens aux « discussions interminables qui sont rarement suivies d’actions ». Son souhait : que la crise climatique soit, enfin, traitée comme une urgence.

La militante Greta Thunberg, initiatrice des « grèves de l’école pour le climat » a été interviewée le 6 octobre 2021 dans son appartement à Stockholm, en Suède, par NBC News, Reuters et The Nation. Il est republié ici — dans une version traduite et plus concise — dans le cadre de Covering Climate Now, une collaboration mondiale de plus de 250 médias pour renforcer la couverture des changements climatiques.


Covering Climate Now — À la conférence Youth4Climate le 28 septembre, en Italie, vous avez employé l’expression « bla-bla-bla » qui est devenue virale. À qui ce « bla-bla-bla » était-il adressé ?

Greta Thunberg — Il visait surtout les personnes qui gouvernent le monde aujourd’hui. J’ai repris des paroles prononcées par de nombreux dirigeants mondiaux, et il m’a paru évident que cette expression les traduisait parfaitement. Je m’adressais donc à un grand nombre de personnes.

En général, les paroles ne m’intéressent pas, on en entend tellement… Bien sûr, elles sont utiles quand elles aboutissent à quelque chose, mais dans le contexte actuel, elles ne servent à rien. Comme nous avons pu le constater depuis des décennies, et comme nous continuons de le constater aujourd’hui, on substitue les paroles à l’action. Ce sont des mots prononcés par les dirigeants pour dire qu’ils font quelque chose, alors qu’en réalité ce n’est pas le cas.



Pouvez-vous citer des dirigeants sur la scène mondiale qui prennent la situation climatique au sérieux et dont les actions sont en accord avec leurs paroles ?

Personne n’est dans ce cas de figure aujourd’hui. Bien sûr, il y a beaucoup d’individus qui souhaitent en faire plus et qui essaient de faire pression de toutes les manières possibles, mais aucun dirigeant mondial ne prend des mesures suffisantes. Ce serait formidable si c’était le cas. Ce serait super, car ils pourraient montrer le chemin aux autres et le monde pourrait les suivre. Imaginez ce qui se passerait si un seul pays commençait à agir comme s’il s’agissait d’une urgence… Mais malheureusement il n’en existe aucun aujourd’hui.

Nous avons pu voir les réactions face au Covid : la pandémie a été qualifiée d’urgence planétaire. Les gens se sont mobilisés et des milliards de dollars ont été investis.

Pensez-vous que l’urgence climatique soit traitée de la même manière que l’urgence Covid ?

Objectivement – et surtout si on regarde les réactions au Covid à travers le monde –, on peut dire que la crise climatique n’est pas traitée comme une urgence. Elle ne l’est pas et ne l’a jamais été.



Si vous conseilliez un dirigeant mondial et qu’il vous demandait : « Greta, selon vous, quelle est la première mesure que je devrais prendre aujourd’hui ? », que lui diriez-vous ?

Une mesure fondamentale serait de commencer à éduquer les gens sur l’urgence climatique, puis d’agir face à cette situation d’urgence. On ne pourra pas réellement changer les choses sans le soutien des populations de la planète. Mais comment avoir leur soutien alors qu’elles ne sont pas au courant de toutes les retombées du dérèglement climatique, et que leurs dirigeants ne considèrent pas la crise comme une véritable urgence ?

Pensez-vous néanmoins que les citoyens sont en avance sur leurs dirigeants, qu’ils sentent que quelque chose de grave est en train de se passer et qu’il faut agir ?

Je crois que oui, et que dans de nombreuses régions du monde, la volonté d’agir des peuples est sous-estimée. Les sondages démontrent que beaucoup plus de personnes que nous ne le pensons souhaitent réellement prendre des mesures face au dérèglement climatique. De ce point de vue, les populations sont en avance par rapport à leurs dirigeants. Mais on entend surtout les paroles de certaines personnes qui font croire que la grande majorité ne souhaite pas qu’on agisse ou prenne des mesures. Ces voix occupent une place médiatique disproportionnée et on leur accorde beaucoup trop d’attention, car ce qu’ils disent n’est pas représentatif de l’ensemble de la population.

Quel est, selon vous, le prix à payer pour notre inaction, pour chaque jour perdu à attendre plutôt qu’à prendre des mesures globales, aussi petites ou grandes soient-elles ?

Nous constatons déjà les effets dévastateurs de l’inaction et de l’attente. Si nous continuons comme ça, la situation ne fera qu’empirer. Beaucoup plus de vies, de moyens de subsistance et d’écosystèmes seront perdus. Et un grand nombre de ces dommages seront irréversibles. C’est clair que des populations en souffrent déjà aujourd’hui, et que la situation ne fera qu’empirer et s’amplifier tant que nous choisirons d’attendre. Il faut comprendre que l’inaction climatique est un choix délibéré.

 

Au nord-est de l’Inde, les champs sont noyés par des crues imprévisibles dues au changement climatique et empirées par une urbanisation erratique. Septembre 2021. © Côme Bastin/Reporterre

 

La volonté d’agir en faveur du climat est surtout portée par les jeunes, des jeunes comme vous. Pensez-vous que les jeunes de ce monde ont un impact sur la politique climatique ?

Les jeunes ont, et ont eu, un impact important, surtout récemment. Bien sûr, nous n’avons pas le pouvoir de changer les choses, mais nous avons le pouvoir d’influencer d’autres personnes, d’influencer les adultes. Parce que nous ne pouvons rien faire sans les autres. Nous avons besoin de leur soutien, car nous ne sommes pas les décideurs. Nous avons besoin que tout le monde fasse pression sur les gouvernements. Les jeunes mènent ce combat depuis si longtemps maintenant, mais il nous faut de l’aide, nous ne réussirons pas seuls. Tout le monde répète que le combat des jeunes est tellement important – et, oui, c’est peut-être vrai – mais ça ne doit pas empêcher les autres d’agir, parce que nous avons besoin d’eux. Nous avons besoin que tout le monde nous aide.



Que répondez-vous à ceux qui disent : « Oh, c’est trop énorme. En quoi mes actions peuvent-elles changer quoi que ce soit ? »

Tous les activistes ont dû passer par des moments où ils se disent : « Je ne peux rien faire, je ne peux rien changer. » C’est le cas pour moi aussi. Mais je crois qu’ensemble nous avons prouvé que ce n’est pas vrai. Lorsqu’on se rassemble pour mobiliser les gens, organiser des événements et mener des campagnes qui peuvent avoir un impact massif, ça peut tout changer, ça peut changer la perception qu’a le public de ces questions. Aucune action n’est trop petite. Comme beaucoup d’autres, j’ai commencé très, très modestement, en essayant tout simplement de réduire mon empreinte carbone chez moi, puis nous sommes devenus militants et sommes descendus dans la rue. Et maintenant, nous formons un réseau de millions de personnes à travers le monde qui sont en contact tous les jours, qui se mobilisent et organisent des marches, etc.

« L’inaction est un choix fait en connaissance de cause »



Vous avez sans doute vu la vidéo montrant la fuite d’un oléoduc au large de la côte californienne, où plus de 450 000 litres de pétrole se sont déversés dans l’océan Pacifique. Qu’en avez-vous pensé ?

Évidemment, cela pourrait – et devrait – provoquer une prise de conscience. Malheureusement, on a vu tellement d’accidents similaires qu’on est devenus insensibles et qu’on n’a plus les bonnes réactions. Ces incidents se reproduisent tellement souvent… Mais bien sûr, je pense que c’est un signal clair que le modèle de notre société n’est pas durable. Il ne l’est vraiment pas, et c’est vrai dans tous les domaines. Parce que ces systèmes qui provoquent la destruction de l’environnement provoquent aussi le dérèglement du climat et ainsi de suite. Ça démontre tout simplement la nécessité d’un changement fondamental, un changement qui serait bénéfique pour tous.

Comment expliquez-vous que les gens n’entendent pas ce signal d’alarme ?

C’est parce que personne d’autre n’agit comme si nous étions en situation d’urgence. Les humains sont des animaux sociaux : on s’observe et on imite le comportement les uns des autres. Et puisque tout le monde autour de nous se comporte comme si tout était normal, comme si tout allait bien, c’est tout à fait normal que, nous aussi, on se comporte comme si tout allait bien.

Allez-vous assister à la COP26 en personne ou à distance ? À votre avis, quelle est l’efficacité de conférences mondiales sur le climat comme celle-ci ?

Je pense y assister en personne. Ces COP, telles qu’elles existent actuellement, ne mèneront à rien à moins d’une pression publique massive. Je crois quand même qu’elles ont le pouvoir de changer les choses, puisque tant de personnes s’y réunissent pour trouver des « solutions », quelles qu’elles soient. Dans l’état actuel des choses, ça ne mène à rien, parce que tout ça n’est que du bla-bla-bla : ce ne sont que des négociations et des discours vides, des discussions interminables qui sont rarement suivies d’actions. Mais, pour nous, c’est l’occasion de mobiliser le public, d’attirer l’attention sur la crise, d’expliquer que nous sommes face à une situation d’urgence… Enfin, je pense que la COP26 sera l’occasion pour nous de mobiliser le public autour du dérèglement climatique.

Quels résultats espérez-vous ? Quel moyen de pression aimeriez-vous voir adopté pour obliger les participants à agir davantage ?

Dans l’état actuel des choses, nous sommes très, très loin de ce qui est nécessaire. On est à mille lieues des préconisations de l’Accord de Paris et surtout de celle de rester en dessous de 1,5 °C par rapport au niveau préindustriel. Alors, pour moi, la réussite serait déjà l’adoption d’une attitude honnête, pointer l’écart entre ce que nous disons et ce que nous faisons vraiment. C’est primordial pour que nous puissions faire face à cette crise. Pour changer les choses, on doit d’abord reconnaître la situation dans laquelle on se trouve. On doit s’asseoir et essayer de comprendre où nous en sommes maintenant, ce que nous ne cherchons pas à faire aujourd’hui. Aujourd’hui, nous cherchons des petites solutions concrètes et symboliques pour donner l’impression que nous faisons quelque chose, n’importe quoi, sans vraiment nous attaquer au cœur du problème. Et lorsqu’on annonce des objectifs, on ne tient toujours pas compte de toutes les émissions de gaz à effet de serre ; lorsqu’il s’agit de réduire ces émissions, on utilise toujours une comptabilité créative, et ainsi de suite. Et tant que ce sera le cas, nous n’irons pas bien loin.

Vous avez exprimé votre inquiétude quant à l’absence d’une représentation équitable des pays les plus pauvres qui sont par ailleurs les plus touchés par le changement climatique.

C’est le cas à chacune de ces réunions. Il y a toujours une sous-représentation des pays les plus pauvres, ce qui est encore plus évident cette année, avec les restrictions de voyage et la mise en quarantaine de certains participants.

On a beaucoup parlé du fait que les pays riches n’ont pas tenu leur promesse de soutenir financièrement les pays les plus pauvres. On leur a aussi promis une aide pour développer une économie durable et pour atténuer les impacts du changement climatique.

Quelle est votre opinion là-dessus ?

Cette trahison est très symbolique. On parle beaucoup de trahison envers les jeunes et les générations futures, mais il y a aussi la trahison des pays les plus riches envers les pays les plus pauvres – des personnes les moins touchées envers celles qui sont les plus touchées. On n’est pas seulement en train de voler l’avenir de nos enfants, on est aussi en train de priver des millions de personnes dans le monde de leur présent. En refusant de tenir leurs promesses, de rembourser leur dette historique, les pays riches montrent très clairement où ils se positionnent et quelles sont leurs priorités. Et à chaque fois qu’ils ont l’occasion de faire quelque chose de concret, ils ne le font pas.

Que répondez-vous aux personnes qui disent : « Vous savez, pour nous, changer de mode de vie, d’énergies, de véhicules et de moyens de transport, ça coûterait beaucoup trop cher. On va perdre des emplois, les prix vont s’envoler… » ?

Les retardataires dans la lutte contre le changement climatique ainsi que les défenseurs du statu quo ont très bien réussi à nous faire croire que ces mesures nous feraient perdre de l’argent. Évidemment, ce n’est pas le cas et, bien sûr, comme nous le savons maintenant, l’inaction nous coûtera beaucoup, beaucoup plus cher. Nous perdrons beaucoup, beaucoup plus que si on agissait. D’ailleurs, c’est étrange que nous ayons toujours cette discussion.

Selon vous, qu’est-ce que le mouvement pour le climat a réalisé de meilleur au cours des deux dernières années et demie, et en quoi s’est-il montré défaillant ?

Le mouvement pour le climat a réussi à mettre l’accent sur l’urgence climatique et l’urgence écologique et, d’une certaine manière, à changer la norme sociale et le débat autour du climat. On a l’impression que le public prend lentement conscience des enjeux et commence à comprendre qu’il s’agit bien d’une urgence. Bien sûr, il y a encore un très, très long chemin à faire. On est encore loin de mener une action à la hauteur du défi, et ça ne pourra se faire que par un changement de perception ; le public doit percevoir le changement climatique comme une urgence, qu’il le reconnaisse en tant que tel. Et c’est ça que nous essayons de faire.

 

À Paris, en octobre 2019, lors de la « semaine de rébellion internationale » d’Extinction Rebellion. © NnoMan/Reporterre

Vous parlez de l’importance de l’opinion publique qui est la seule à pouvoir porter les changements nécessaires, y compris lors de la COP26 qui se tiendra prochainement. Quel est le rôle des médias à cet égard ?

Jusqu’à présent, les médias n’ont pas réussi à communiquer sur la crise climatique. Ces trente dernières années, ils ont eu la lourde responsabilité de sensibiliser l’opinion à la situation d’urgence dans laquelle on se trouve, et, aujourd’hui, on peut dire qu’ils ont échoué. Il y a bien sûr un grand nombre d’organisations de presse et de journalistes qui essaient de faire pression dans ce sens, et j’estime qu’ils ne reçoivent pas le soutien qu’ils méritent. Avec leur pouvoir de communication, les médias peuvent changer les mentalités et, aujourd’hui, ils sont une de mes plus grandes sources d’espoir.

Nous avons pu voir avec la pandémie du Covid, par exemple, que quand les médias ont décidé de la traiter comme une urgence, cela a changé les normes sociales du jour au lendemain. Et si les médias décidaient, avec toutes les ressources dont ils disposent, de changer réellement les choses, d’utiliser leur tribune pour le bien, alors ils pourraient toucher d’innombrables personnes en un rien de temps, avec des conséquences énormes, des conséquences positives.

Les entreprises de combustibles fossiles ont menti à propos du changement climatique pendant quarante ans. Que devrait-il arriver à des entreprises comme Exxon, BP et Chevron ? Devraient-elles être condamnées à payer des dommages et intérêts, en particulier aux communautés qui ont le plus souffert ?

Les mesures que vous évoquez me semblent raisonnables. Ces entreprises doivent être tenues pour responsables. Bien sûr, certains disent que nous aurons besoin d’elles pendant la transition… Mais je pense qu’elles doivent être tenues pour responsables de tous les dommages qu’elles ont causés. C’est la moindre des choses. Surtout pour les personnes dont la communauté, la santé et les moyens de survie ont été détruits par leurs actions.

On sait que l’abandon n’est pas une option pour vous, mais face à l’inertie des dirigeants malgré les manifestations et la réprobation de l’opinion publique, envisagez-vous de modifier votre stratégie, vos tactiques et votre théorie du changement ?

Je ne sais pas. Pour l’instant, on ne fait que répéter le même message comme un disque rayé, puis on descend dans la rue pour répéter ce même message parce qu’il n’a toujours pas changé. Nous devons le répéter jusqu’à ce que les gens comprennent. C’est notre seule option. Si on trouve d’autres moyens de communication qui fonctionnent mieux, on pourra éventuellement se diriger vers ça, je ne sais pas. Pour l’instant, on continue d’agir comme on l’a fait jusque-là.

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C’est maintenant que tout se joue…

La communauté scientifique ne cesse d’alerter sur le désastre environnemental qui s’accélère et s’aggrave, la population est de plus en plus préoccupée, et pourtant, le sujet reste secondaire dans le paysage médiatique. Ce bouleversement étant le problème fondamental de ce siècle, nous estimons qu’il doit occuper une place centrale et quotidienne dans le traitement de l’actualité.
Contrairement à de nombreux autres médias, nous avons fait des choix drastiques :

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En résumé, Reporterre est un exemple rare dans le paysage médiatique : totalement indépendant, à but non lucratif, en accès libre, et sans publicité.
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Précisions

Traduction : Chantal Nelson

 

Source : https://reporterre.net/Greta-Thunberg-L-inaction-climatique-est-un-choix-delibere?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_hebdo

mercredi 27 octobre 2021

Jane Goodall : « Je suis heureuse de faire partie du règne animal »

Jane Goodall : 

« Je suis heureuse 

de faire partie 

du règne animal »

 

Jane Goodall en 2018. Vincent Calmel

Entretien

Jane Goodall a passé la plus grande partie de sa vie auprès des chimpanzés et a révolutionné l’éthologie. Alors qu’elle publie « Le Livre de l’espoir », elle revient sur son parcours de pionnière et délivre un message optimiste, celui d’une alliance encore possible entre les humains et la nature.

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  • Recueilli par Aziliz Claquin,


La Croix L’Hebdo: Le Livre de l’espoir est votre dernier ouvrage. En ces temps troublés – pandémie de Covid-19, crise environnementale… –, pourquoi l’espoir reste-t-il de mise ?

Jane Goodall : Je réussis à garder espoir malgré tout, parce que j’ai vécu pendant la Seconde Guerre mondiale. Longtemps, la Grande-Bretagne a été seule contre l’Allemagne. Nous avions heureusement Winston Churchill, qui a su encourager le peuple britannique à penser : « Nous allons survivre, d’une manière ou d’une autre. » Il a fait son célèbre discours : « Nous allons les combattre sur les plages (…), nous allons les combattre dans les champs et dans les villes… » et on l’a entendu dire en aparté « Je vais les combattre avec des tessons de bouteille, parce que, bloody hell (“nom d’une pipe”), c’est tout ce qu’on a ! » Bref, nous n’avons pas été envahis, nous avons sauvé l’Europe. Si nous perdons espoir maintenant, avec tous ces immenses problèmes dont je suis parfaitement consciente, alors nous sombrons dans l’apathie et nous n’agissons pas. Et si nous ne faisons rien, c’est littéralement la fin ! Il n’y a jamais eu de moment plus important pour garder l’espoir. Si nous agissons ensemble à temps, nous pouvons commencer à ralentir la crise climatique. Nous savons ce que nous pouvons faire, mais allons-nous le faire ?

 


À seulement 26 ans, vous êtes partie dans la jungle tanzanienne observer les chimpanzés. Qu’est-ce qui vous a poussée à accepter une telle mission ?

J. G. : J’en rêvais depuis mes 10 ans. Il n’y a rien de courageux ou d’audacieux. C’est juste ce que je voulais faire. Et j’ai réussi à le faire, avec un peu de chance et de persévérance, et grâce à une mère exceptionnelle qui m’a soutenue.

Vous n’avez pas pensé que ce serait dangereux ?

J. G. : Les gens m’ont dit que c’était dangereux, et c’est vrai que les chimpanzés sont huit fois plus forts que nous, et qu’on trouve dans la réserve de Gombe (en Tanzanie, NDLR) presque tous les serpents venimeux d’Afrique… Mais pour moi, c’est un rêve qui se réalisait. Je voulais observer les animaux sauvages, et j’avais le sentiment qu’ils m’accepteraient. Je pensais que si je n’avais pas peur d’eux, et si je ne les effrayais pas, ils ne me feraient pas de mal. On disait que j’étais stupide. Mais les chimpanzés ne m’ont pas agressée, alors ce n’était pas si idiot, finalement !

 

Jane Goodall, dans sa tente, dans la réserve de Gombe, en Tanzanie. Hugo van Lawick

Vous étiez alors une jeune femme sans diplôme scientifique. Et pourtant, vous avez révolutionné l’étude des grands singes. Votre manque de formation vous a-t-il aidée à porter ce regard neuf sur les animaux ?

J. G. : J’observais les animaux comme je l’avais toujours fait. Les scientifiques m’ont dit que les animaux n’avaient pas de personnalité ni d’émotions, cependant j’avais appris de mon chien et de mes autres animaux que c’était faux ! Je ne crois pas que j’aurais été différente si j’étais allée à l’université, mais je ne peux pas en être sûre.

Quand ensuite, vous êtes entrée à l’université de Cambridge, a-t-on mis en cause votre légitimité ?

J. G. : Les scientifiques ne m’ont d’abord pas crue. Mais quand le National Geographic a envoyé Hugo van Lawick photographier et filmer mes découvertes, ils ont bien dû me croire ! Et puis j’ai eu le soutien de mon directeur de thèse, qui était l’un des trois meilleurs éthologues d’Europe à l’époque. Au début, il était très critique. Mais il est venu à Gombe voir les chimpanzés de ses propres yeux. Une fois rentré, il m’a écrit : « J’ai plus appris sur le comportement animal lors de ces deux semaines que pendant le reste de ma vie. »

Il m’a beaucoup aidée en me montrant comment présenter mes résultats de manière scientifique afin de n’être pas ridicule. Écrire les choses de façon à ne pas dire « c’est vrai », mais « c’est ce que j’ai vu, et c’est ce qui semble vrai ».

Jane Goodall suit attentivement les gestes de Gaïa et de sa mère, Gremlin qui veille sur ses jumeaux nourrissons. Kristin J. Mosher




Vous avez notamment montré à quel point les grands singes sont proches des hommes. Comment expliquez-vous la réticence à accepter notre proximité avec les primates ?

J. G. : Je pense que ça vient en partie de la religion. Souvenez-vous comme Darwin a été ridiculisé quand il a parlé d’évolution… Les religieux fondamentalistes n’y croyaient pas, et certains n’y croient toujours pas. À l’époque où j’ai commencé, beaucoup de scientifiques ne croyaient toujours pas en l’évolution. Pas pour nous. Les autres animaux pouvaient évoluer, mais nous étions à part. à Cambridge, on m’apprenait qu’il y avait entre nous et les autres animaux une différence de nature. Et ce furent les chimpanzés, biologiquement très proches de nous, qui ont fait voler en éclats cette pensée réductrice. Nous partageons 98,6 % de la composition de notre ADN avec les chimpanzés. Les humains aiment se sentir à part, mais on a découvert chez les chimpanzés différents attributs que l’on pensait spécifiquement humains. Progressivement, la barrière est cassée.

Et cela nous effraie ?

J. G. : Certaines personnes, peut-être, mais je ne vois pas pourquoi. Les animaux sont merveilleux, et pour la plupart plus sympathiques que nous ! Je suis très heureuse de faire partie du règne animal. Nous les humains, nous avons déraillé quelque part… Nous sommes très intelligents, nous pouvons aller sur Mars et parler par Zoom, mais voyez comme nous détruisons la planète ! Ce n’est pas très malin.

Parvenez-vous à expliquer ce paradoxe ?

J. G. : Il semble y avoir une réelle déconnexion entre le cerveau et le cœur humain. Les gens veulent réussir, gagner beaucoup d’argent, avoir du pouvoir. Ils n’ont pas envie de penser que ce qu’ils font nuit à la planète. C’est le grand combat d’aujourd’hui. La population augmente, avec d’un côté une terrible pauvreté, et de l’autre un mode de vie intenable. De plus en plus d’entreprises comprennent que la Terre a des ressources naturelles limitées. Certaines changent d’ailleurs leurs modes de production. Récemment, le PDG d’une grande société à Singapour m’a cité trois raisons de transformer sa société : « Premièrement, on ne peut pas continuer ainsi, parce que les ressources planétaires sont limitées. Deuxièmement, les consommateurs commencent à faire pression, refusant d’acheter des produits qui détruisent l’environnement ou imposent des conditions de travail indécentes. Troisièmement, ma fille de 12 ans, en rentrant de l’école, m’a demandé si mon métier nuisait à l’environnement… et je ne savais pas trop quoi dire. » Sa fille lui avait confié qu’elle espérait que la planète serait toujours aussi belle quand elle serait adulte. Il faut toucher au cœur. C’est ainsi qu’on peut faire changer les gens.

Quel est votre souvenir le plus marquant auprès des chimpanzés ?

J. G. : J’ai tellement de souvenirs inoubliables ! Je me rappelle particulièrement ce moment avec David Greybeard, le premier chimpanzé qui m’a laissé l’approcher. J’avais dans la main un pomelo, fruit que les chimpanzés adorent. Il a pris le pomelo dans ma main, et dans le même mouvement, il a serré très doucement mes doigts… À ce moment précis, nous avons communiqué, j’en suis sûre, à la manière qui précédait l’apparition du langage humain. On s’est parfaitement compris avec cette communication gestuelle. Voilà David. (Elle prend une photo sur son étagère.) Je l’ai toujours près de moi.


Une célèbre photo vous montre dans les bras d’un chimpanzé. Pouvez-vous tenter de décrire les sensations d’une telle étreinte ?

J. G. : Cette femelle chimpanzé, nommée Wounda, était orpheline. Elle est arrivée dans notre sanctuaire alors qu’elle était bébé, gravement blessée par la balle qui avait tué sa mère. Wounda a été soignée par Rebecca, la vétérinaire. Puis vers ses 9 ans, Wounda est tombée très malade, et Rebecca l’a sauvée à nouveau. Une fois rétablie, Wounda a été choisie pour faire partie des seize premiers chimpanzés à être libérés sur une des îles que nous a données le gouvernement congolais. La première fois que j’ai vu Wounda, c’était ce jour-là. Elle était dans une cage de transport, et se réveillait d’une anesthésie, parce qu’elle avait été examinée avant son départ pour l’île. Sur le bateau, il y avait des gens qu’elle connaissait, dont Rebecca et certains soigneurs, mais j’ai pensé qu’elle devait se sentir nerveuse. Alors je me suis assise près de sa cage, et je lui ai parlé en lui caressant les doigts, pour la rassurer. Quand elle est sortie de sa cage, sur l’île, Wounda poussait des petits cris nerveux et excités. Elle est d’abord allée vers Rebecca, et lui a présenté son arrière-train, geste de soumission chez les chimpanzés. Puis elle est montée sur sa cage, a regardé autour d’elle et ses yeux se sont arrêtés sur moi. Et elle m’a donné cette incroyable étreinte. Je n’y croyais pas ! Pourquoi moi ? Elle aurait dû câliner Rebecca, qui lui avait sauvé la vie deux fois ! Ou ses soigneurs ! C’était presque… magique ! Et très émouvant.

Vous avez partagé votre vie entière avec les animaux : les chimpanzés mais aussi les chiens, les chats… Que vous apportent-ils ?

J. G. : Ils ont quelque chose de pur. Je les aime, je les ai toujours aimés.

Tous ?

J. G. : Non, je ne peux pas dire que j’aime les moustiques… Mais j’aime tous les mammifères, et les oiseaux, et les reptiles, et les grenouilles, et aussi beaucoup d’insectes. Mais on n’aime pas les insectes comme on aime les primates, les éléphants ou les chiens. Plus ils sont proches de nous, plus l’amour qu’on porte aux animaux ressemble à celui qu’on ressent pour les humains. Je pense que beaucoup aiment leur chien ou leur chat bien plus qu’ils n’aiment les gens, parce qu’ils n’ont pas eu les bonnes personnes dans leur vie. Ils ont été abusés, abandonnés… Les humains peuvent être très méchants. Les chimpanzés aussi. Ils nous ressemblent trop pour être mon animal préféré.

Vous avez donc un animal préféré ? Lequel ?

J. G. : Le chien !

Pourquoi ?

J. G. : Parce que mon chien Rusty m’a appris tout ce que je sais sur les animaux. Il fut mon compagnon d’enfance, venait partout avec moi. En fait, s’il n’était pas mort, je ne serais pas allée en Afrique. Je n’aurais pas pu trahir son amour. C’est dire à quel point il était spécial.

Vous avez depuis longtemps constaté que la protection de l’environnement ne peut se faire sans celle des humains qui y vivent. Cette approche reçoit-elle l’attention qu’elle mérite ?

J. G. : De plus en plus de gens comprennent que la protection de l’environnement doit inclure les communautés locales. Quand j’ai commencé Tacare, en 1990, les organisations environnementales aidaient un peu les communautés locales, mais ne les impliquaient pas. Autour de Gombe, et dans les six autres pays d’Afrique où nous étudions les chimpanzés, les populations locales font partie de notre action. À Gombe et en Ouganda, on leur a appris à utiliser des smartphones pour surveiller la santé de leurs forêts. Quand j’ai lancé Tacare [Le Projet de reforestation et d’éducation du bassin versant dulac Tanganyika, NDR] avec George Strunden, qui avait travaillé plus de quinze ans en Tanzanie, il m’a dit : « Jane, dans un premier temps, nous n’allons pas parler d’environnement. Disons seulement que nous voulons améliorer leurs vies. » Aujourd’hui ces habitants sont devenus nos partenaires pour la protection de la nature, parce qu’ils comprennent qu’il ne s’agit pas juste de la vie sauvage, mais de notre futur.

 


Que répondez-vous à ceux qui considèrent que les animaux ne représentent pas un sujet majeur ?

J. G. : J’essaie d’expliquer comment la perte de biodiversité détruit les écosystèmes, et que nous dépendons de la santé des écosystèmes pour notre survie. Quant aux animaux… nous sommes des animaux, alors pourquoi devrions-nous toujours être si importants ? Les humains ont perdu la connexion avec la nature. Ils vivent dans des villes, et ne se rendent pas compte qu’ils dépendent de la nature. Nous essayons de le faire comprendre aux enfants, avec notre programme Roots and Shoots. Les enfants sont fascinés par la nature, dès le plus jeune âge, si on leur donne l’occasion de l’observer. Je me souviens de ce garçon de 3 ans, qui regardait attentivement ramper un escargot. Soudain, il l’a pris, est allé le poser sur une vitre, et a couru à l’intérieur pour l’observer d’en-dessous. Cet élan de curiosité ! On en voit le début avec les chimpanzés. Nous avions un film merveilleux, malheureusement perdu : une femelle chimpanzé qui tombe par hasard sur un rat mort. Elle s’installe au sol, appuyée sur les coudes, et observe le rat sous tous les angles, attrape la queue, la relève… C’est le début de la curiosité. Les animaux sont si différents de ce que nous avons pu penser ! Leur intelligence est étonnante. Pas seulement celle des grands singes, des éléphants, des baleines, mais aussi… Par exemple, avez-vous vu le film My Octopus Teacher ? (La Sagesse de la pieuvre). C’est incroyable ! Les pieuvres sont très intelligentes, et les calamars, toutes ces créatures qui sont mangées, découpées, traitées comme… Ce sont des êtres intelligents !

Êtes-vous végétarienne ?

J. G. : Oh oui, je suis végétarienne depuis la fin des années 1960. Et depuis la pandémie, quand je suis chez moi et peux choisir ce que je mange, je suis vegan. J’ai arrêté la viande après la lecture d’un livre du philosophe Peter Singer dans lequel il décrit des élevages industriels. Je n’y connaissais rien, et j’étais totalement choquée ! Quand j’ai ensuite vu un morceau de poulet dans mon assiette, je l’ai regardé et j’ai pensé : « Ceci est symbolique de la peur, de la souffrance et de la mort. » Qui voudrait manger de la peur, de la souffrance et de la mort ? Et puis il y a Pigcasso, cette truie rescapée d’une ferme industrielle en Afrique du Sud. La personne qui l’a sauvée est une artiste, et elle a remarqué que cette truie la regardait peindre. Un jour, elle a installé un chevalet, et donné à la truie un pinceau à tenir entre ses dents… Et Pigcasso adore peindre, elle utilise même plusieurs couleurs ! Certains chimpanzés aussi aiment peindre. Comme cette femelle, qui avait appris la langue des signes et pouvait donc dire ce qu’elle avait peint. Un jour, elle a tracé des lignes brisées. Son enseignante lui a demandé, en langue des signes, ce que c’était. Et qu’a répondu le chimpanzé ? « Une balle ». Elle avait dessiné les rebonds ! Le mouvement. Intéressant, non ? La langue des signes nous a vraiment aidés à comprendre comment pensent les grands singes.

Les individus que nous sommes peuvent se sentir impuissants face à l’ampleur des menaces qui pèsent sur la planète. Que peut-on faire ?

J. G. : Chaque individu a chaque jour de l’impact. Et on peut choisir quelle sorte d’impact on a. Le changement climatique est dû aux gaz à effet de serre, et le CO2 est le plus abondant. Que peut-on y faire ? D’abord, essayer de marcher, de pédaler ou d’emprunter les transports publics, et de ne pas trop utiliser la voiture, surtout seul. Ensuite, on peut manger moins de viande, ou pas du tout. Parce que la viande est très nocive pour l’environnement. Le bétail endommage d’immenses espaces. Je l’ai vu en Argentine, où il y avait des forêts, qui sont devenues des zones boisées, puis juste des broussailles. Les fermes industrielles abritent des milliards d’animaux, et il faut tous les nourrir. D’immenses zones sont dégagées pour cultiver leur nourriture. D’énormes quantités de carburant sont utilisées par des machines géantes qui émettent du CO2 pour conduire les céréales aux animaux, les animaux aux abattoirs, et la viande aux tables. Et tout ce bétail produit du méthane en digérant. Donc manger moins de viande, ou plus du tout, est très, très utile.

Ensuite, on peut s’interroger quand on consomme : ce produit que j’achète a-t-il abîmé l’environnement ? Fait-il du mal aux animaux ? Est-il bon marché à cause de salaires injustes ? Ce sont des petites choses que n’importe qui peut faire, à condition de ne pas être pauvre. Nous devons faire notre possible pour résorber la pauvreté parce que quand on est pauvre, on coupe les derniers arbres. On tente désespérément de gagner de l’argent en vendant du bois, ou d’avoir plus de terre pour cultiver de quoi nourrir sa famille. Et quand on est pauvre en ville, on achète le produit le moins cher, peu importe comment il a été fait.

Entre des photos de chimpanzés et d’éléphants, il y a sur votre étagère un crucifix… La foi vous aide-t-elle dans votre combat pour la planète ?

J. G. : Je n’ai plus la foi de mon enfance. Juste la conviction profonde qu’il existe une puissance spirituelle, mais je ne sais pas comment l’appeler. Certains disent Dieu, d’autres Allah… Les Amérindiens parlent du Créateur. J’ai la conviction qu’il y a un créateur, et que j’ai été mise sur cette planète pour donner de l’espoir aux humains dans une période sombre… c’est idiot, mais c’est ce que je ressens ! Chaque étape de ma vie m’a conduite où je suis aujourd’hui. Pourtant, je n’ai jamais voulu être cette sorte d’icône ! Ce que je voulais, c’est découvrir les animaux… et ça m’a menée là. Et c’est utile, alors je ne peux pas arrêter !

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En aparté


Ses dates


1934 Naissance à Londres.

1957 Rencontre, au Kenya, avec le paléoprimatologue Louis Leakey. Il lui confiera une mission d’observation des chimpanzés en Tanzanie.

1960 Commence ses observations de chimpanzés dans la jungle tanzanienne, accompagnée… par sa mère ! Découvre que les chimpanzés fabriquent des outils.

1963 Le magazine National Geographic commence à financer ses recherches.

1964 Mariage avec Hugo van Lawick, photographe et réalisateur pour le magazine.

1965 Doctorat en éthologie à l’université de Cambridge.

1974 Divorce.

1975 Mariage avec Derek Bryceson, directeur des parcs nationaux de Tanzanie.

1977 Création du Jane-Goodall Institute pour la protection de la biodiversité, l’aide au développement durable et l’éducation environnementale.

1980 Mort de son mari.

1986 Quitte la Tanzanie pour prôner la protection de l’environnement.

2002 Nommée « messagère de la paix » par le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan.

2004 Création de l’Institut Jane-Goodall France.

2021 Publication du Livre de l’espoir.

 

Son lieu


La forêt


« J’y ressens plus que partout ailleurs combien je fais partie intégrante du monde naturel. C’est là où je suis le mieux. Pendant les longues heures où j’étais seule dans la forêt de Gombe, en Tanzanie, je percevais à quel point tout est interconnecté. C’est ce que j’appelle la “tapisserie du vivant” : chaque espèce a son rôle à jouer. Si l’une disparaît, c’est un trou dans la tapisserie, et l’écosystème s’en trouve affaibli. »

 

Son inspiration


Les Amérindiens


« Les animaux, les fleurs, les arbres, les pierres sont pour eux comme des frères et sœurs. J’aime cette conception de la vie. »

 

Source :

https://www.la-croix.com/Jane-Goodall-Je-suis-heureuse-faire-partie-regne-animal-2021-10-15-1201180756?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_content=20211016&utm_campaign=NEWSLETTER__CRX_ENVIRONNEMENT_EDITO&_ope=eyJndWlkIjoiYTEzMDQ1MWU2NjI5MGVmMjVjMTFmN2NmY2Q1MzNjYzEifQ==

mardi 26 octobre 2021

Le souffle de Tehuantepec


C'est bientôt demain

Dimanche 17 octobre 2021

17 minutes  

par Antoine Chao

 

Le souffle de Tehuantepec

 

L'Isthme Tehuantepec est devenu le nouvel eldorado des grandes multinationales de l’énergie, dont EdF, qui verdissent leur image, en produisant de l’énergie « verte » au détriment des communautés autochtones qui sont délogées et spoliées de leurs territoires ancestraux

Cette semaine,  je rencontre deux représentants de la communauté Zapotèque, Andréa et Norberto, qui vivent à Union Hidalgo dans l’isthme de Tehuantepec au Mexique et se battent contre l’installation d’un 29 ème parc éolien dans ce secteur qui est réputé être le plus venteux du monde. 

EdF est assignée en justice au tribunal judiciaire de Paris, l’audience est prévue le 26 octobre, pour violation des droits fondamentaux de la communauté autochtone Zapotèque locale.

Parc éolien au Mexique : EDF ignore les droits des peuples autochtones

Jusqu’à présent, la communauté autochtone n’a pas été effectivement consultée sur ce projet –ce qui constitue une violation de ses droits. En conséquence, le 13 octobre 2020, l’organisation mexicaine de défense des droits de l’homme ProDESC et l’European Center for Constitutional and Human Rights, ainsi que des représentants d’Unión Hidalgo, ont engagé une action en justice en vertu de la loi sur le devoir de vigilance française. 

 L’objectif : exiger la prévention de nouvelles violations des droits fondamentaux de la communauté au consentement libre, informé et préalable (CLIP) ainsi que des risques graves pour leur intégrité physique en relation avec le projet de parc éolien d’EDF. Le CCFD-Terre Solidaire, Sherpa, les Amis de la Terre France, qui plaident pour l’adoption de législations contraignantes relatives au respect des droits humains et de l’environnement par les entreprises, soutiennent les représentants d’Union Hidalgo, ProDESC et ECCHR dans cette démarche. 

En vertu du droit français ainsi que des normes internationales établies dans les Principes Directeurs de l’ONU et de l’OCDE, les entreprises ont l’obligation de respecter les droits humains dans toutes leurs activités, tout au long de leur chaîne de valeur. Cela inclut également les violations des droits humains découlant des activités de leurs sous-traitants ou leurs fournisseurs. 

Cependant, dans le cas du parc éolien de Gunaa Sicarú, EDF n’a pas pris les mesures raisonnables appropriées permettant d’identifier les risques que ses activités font peser en matière de respect des droits humains et n’a pas mis en œuvre de mesures pour protéger les droits des populations autochtones, notamment en ce qui concerne leur droit au CLIP à être consultées, tel que garanti par le droit international. 

Par conséquent, EDF doit prendre ses responsabilités en cas de violation de ces droits, conformément à la loi française relative au devoir de vigilance adoptée en 2017. 

Même si le parc éolien aborde le sujet crucial du changement climatique, cela ne devrait jamais se faire au détriment des droits humains. Les entreprises doivent respecter les droits humains, y compris les droits spécifiques des populations autochtones, dans chacune de leurs activités. La participation d’autres acteurs à l’opération –qu’il s’agisse d’autres entreprises en tant que sous-traitants ou même des autorités de l’État –ne les libère pas de cette responsabilité.

 

Source : https://www.franceinter.fr/emissions/c-est-bientot-demain/c-est-bientot-demain-du-dimanche-17-octobre-2021

lundi 25 octobre 2021

Et si on ouvrait la LETTRE D'INFO ? :) de l'Alchimie, lieu culturel associatif de Prades, 66500

 


Bien le bonjour 

cher.e.s adhérent.e.s

 !

L'atelier créatif mensuel 

vous propose de vous préparer 

à Halloween !

 

Poursuivez la lecture de cet hebdomadaire et laissez parler vos envies de participer !

Respect du protocole sanitaire obligé

Bienvenue, et re-bienvenue à tout.e.s celles.ceux qui veulent faire vivre ce beau projet associatif.

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Petit puzzle de la charte

et si on jouait à réunir les morceaux ? 

 

Chaque semaine dans la lettre d'info, 

se trouvera une bribe de notre charte.

 

Les objectifs de l'Alchimie :

1.0

Créer un espace fédérateur.

Tous les adhérent.e.s sont encouragé.e.s à s'impliquer dans le fonctionnement de l'Alchimie et invité.e.s à devenir bénévoles et/ou à proposer des activités.

Les fondateurs de l'association ont voulu impulser une dynamique, qu'ils espèrent voir se prolonger au-delà de leur propre participation au projet.

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APPEL  

À BÉNÉVOLES

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À tous ceux qui meurent d'envie 

de s'investir un peu plus 

dans les actions... bienvenue !

MARDI

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 L'association a besoin de volontaires pour les services des mardis midi, à vous de vous proposer.

MERCREDI

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JEUDI

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VENDREDI

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Le choix d’auto-gestion dans une association en gouvernance partagée.
C’est intéressant si chaque adhérent.e devient acteur de son espace associatif.
Soyons nombreux à participer à
cette journée !

SAMEDI

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DIMANCHE

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Au plaisir de vous voir par ici ou par là

Tatiana Veronica & Mona pour L'Alchimie

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