Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
Mais pas que.
Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...

BLOG EN COURS D'ACTUALISATION...
...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...

vendredi 25 septembre 2020

Lettre d'info Soudaqui MLCPO Septembre Octobre

 

bienvenue

Bienvenue à nos nouveaux professionnels : 

 Bio d'Amélie  est une boutique bio en plein centre d'Amélie-les-Bains. Florent se fera un plaisir de vous accueillir dans ce tout nouveau magasin.

Abracada'branches basé à Canaveilles. Quentin propose ses services d'élagueur paysagiste : taille et soins des arbres, entretien de jardins et espaces verts, murs en pierres sèches, bancs en bois massif.

L'Assemblée Générale de l'association "Monnaie Locale Complémentaire, éthique, sociale et solidaire dans les Pyrénées Orientales" se déroulera à l'Ecofestival à Céret de 13h45 à 15h30. Tous nos adhérents sont conviés afin de valider le bilan moral et financier 2019, de discuter les orientations et budget de l'année à venir, et de désigner les membres de la direction collégiale.

Pour ceux qui ne seraient pas disponibles, cliquez sur ce lien : formulaire de procuration. 

Dimanche 27 septembre 10h-17h : Eco-Festival à Ceret.

Rejoignez nous à notre stand et à l'AG du Soudaqui. Voici le programme de la semaine de ce festival éco-citoyen.

Les chèvres des Tres Estelles- fromage de chèvre bio - Py

Céline et Sébastien sont éleveurs chevriers à Py depuis 2018. Leurs chèvres sont gardées en parcours entre 900 et 1600 m d'altitude. Ils travaillent à élaborer des fromages en accord avec ce que la nature peut offrir. Retrouvez Céline au marché de Prades les mardis matins, près de la Biocoop ou par vente en direct : 1 km après Py, route de Mantet

Elodie Dajon - maraichage bio - Conat

Elodie et Lenny sont exploitants agricoles depuis 2016. Ils se sont installés sur un terrain, au départ en friche, de 6000 m à Conat. Ils proposent une variété de légumes issus de l'agriculture biologique. Retrouvez le stand fleuri d'Elodie tous les mardis et samedis au marché de Prades et quelques uns de ses légumes à la Biocoop à Prades. 

L'idée du mois pour les professionnels

Rajouter le logo du soudaqui sur vos flyers / cartes de visite / site internet. Vous pouvez nous demander la version numérique du logo et nous nous ferons un plaisir de vous le transmettre.

contact

 

jeudi 24 septembre 2020

« Nous voulons un plan de sortie de l’agriculture industrielle en dix ans »

« Nous voulons un plan de sortie 

de l’agriculture industrielle 

en dix ans »



par Collectif





Voilà deux ans que le mouvement des Coquelicots, qui réclame la fin du recours aux pesticides de synthèse, a été lancé. Plus d’un million de signatures sont remises ce 15 septembre à la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili. L’enjeu désormais : sortir de l’agriculture industrielle en dix ans et installer un million de paysannes et paysans. Nous relayons leur appel, « Nous voulons des paysans ».

Nous avons tant besoin de paysans. Officiellement, ils ne sont plus que 430 000, alors qu’ils étaient encore 7,4 millions en 1946. Beaucoup seront partis à la retraite sous trois ans, et ne seront pas remplacés. Seront-ils demain moins de 150 000, rescapés au milieu d’un désert de machines et de détresse ? Sur une planète dévastée par la crise climatique, la mort des oiseaux et des insectes.

Nous avons tous cru que le glorieux travail de la terre pouvait être remplacé par le pétrole, les engins et la chimie. Nous, paysans et non-paysans. Cette vision nous a conduits dans une impasse. Un système absurde, celui de l’agriculture industrielle, nous prive de tout avenir commun. Des paysans endettés se suicident, les sols meurent, des maladies chroniques surgissent, la société se détourne de produits qu’elle ne veut plus manger.

Il faut donc changer. Nous voulons de grandes retrouvailles entre les paysans et tous ceux qui ont oublié leur passé. Nous voulons que l’immense énergie mise au service de l’industrialisation des campagnes serve aujourd’hui à reconstruire ce pays autour d’un seul mot, celui d’espoir. La France manque de millions de paysans heureux, fiers de nourrir la société tout en retrouvant l’harmonie avec la nature.

Seule leur présence permettra de faire face ensemble au grand défi climatique et à l’effacement de la biodiversité. Au passage, des milliers de petites villes et de villages ne seraient plus les oubliés des services publics, des transports, et de l’avenir. Il s’agirait aussi d’une révolution calme, bénéfique à l’équilibre spatial et psychique de tous.

Et c’est pourquoi nous voulons un plan de sortie de l’agriculture industrielle en dix ans. Il impose des investissements publics massifs, que nous estimons à 200 milliards d’euros au total, soit dix milliards par an. La crise du coronavirus montre qu’on peut mobiliser des budgets colossaux pour des causes bien moindre. Dans ce temps si bref, ce plan permettra à tous les paysans de le rester, et d’évoluer dans la direction souhaitée par la société. Mais il aidera aussi à installer un million de jeunes et moins jeunes, qui deviendront paysans en accédant à une terre que la spéculation foncière leur refuse.

Ce nouveau contrat social doit permettre de produire des aliments de qualité pour tous, sans pesticides, et de les vendre dans des circuits rémunérateurs et stables. L’objectif est fou, mais il est surtout réaliste. Ce qui serait fou, c’est de continuer sur la voie de la destruction des écosystèmes. De sacrifier la santé publique. D’ignorer les signaux qu’une planète exténuée nous envoie chaque jour. Il est temps de se lever et d’annoncer ce que nous voulons vraiment. Car il y a un chemin, et nous allons le parcourir. Ensemble.


Le mouvement des Coquelicots


Source : https://www.bastamag.net/Nous-voulons-des-paysans-installer-un-million-d-agriculteurs-plan-de-sortie-agriculture-industrielle-coquelicots-pesticides

mercredi 23 septembre 2020

Ce que les Coquelicots ont vraiment dit à Barbara Pompili…

 

Ce que les Coquelicots 

ont vraiment dit 

à Barbara Pompili…

 

 … après la lecture du texte qui suit, la ministre de la Transition Ecologique, sous les regards consternés de ses conseillers, a pris son stylo et signé l’Appel des coquelicots.

 

 


 
Plainte morale à l’encontre de Madame Barbara Pompili
Nous ne pouvons plus attendre, et vous faites pourtant comme si. La crise de la vie sur Terre, et donc en France, est totale. Vous le savez, mais vous faites semblant qu’il n’en est rien, préférant miser sur une carrière politique qui a fait de vous le numéro trois du gouvernement. De ce gouvernement qui se moque des dizaines de milliers de coquelicots de ce pays. Ceux qui chaque mois depuis deux ans alertent d’une manière pacifique devant des centaines de mairies françaises.

Aucun ministre, aucun élu de la République n’a jugé bon de seulement nous contacter. Ils auraient alors appris ce qu’est une démocratie vivante. La manière dont nous avons réuni patiemment, une à une, sur les places et les marchés, dans les salles d’attente des médecins, à la sortie des gares, 1.135.133 signatures pour l’interdiction des pesticides. Le tout à l’initiative d’une dizaine de citoyens, au départ sans un centime d’euro public ou privé. Ce mépris est une grave honte pour notre République, et il nous indigne.

Madame Pompili, vous êtes responsable. Vous êtes responsable personnellement, et nous n’acceptons pas les subterfuges habituels. Vous ne pouvez décemment vous abriter derrière des arguties. Oui, il y a l’État, les lobbies, l’économie. Mais oui, il existe un droit supérieur à tout autre, celui des écosystèmes sans lesquels nous ne sommes rien. Celui des bêtes et des plantes massacrées par les pesticides. Celui de la santé des humains. Celui des fabuleuses rivières, dont nous aimerions tant boire l’eau sans inquiétude.

C’est ce droit-là que vous devez défendre contre tous ceux, si nombreux, qui nous enfoncent dans une crise sans issue. Mais vous ne le faites pas. Et pour cette raison, le mouvement des Coquelicots dépose ce 15 septembre 2020 une plainte majeure contre vous. Elle n’est pas pénale, elle est morale. Et fondamentale. C’est une plainte solennelle pour non-respect de votre propre parole. C’est une plainte pour non-assistance à des milliards d’êtres vivants en danger de mort immédiate, dont le peuple des abeilles n’est qu’une première ligne. C’est une plainte qui restera. Cette flétrissure vous suivra tout au long de votre vie.

À moins que ?

Source : https://nousvoulonsdescoquelicots.org/2020/09/16/ce-que-les-coquelicots-ont-vraiment-dit-a-barbara-pompili/ 

mardi 22 septembre 2020

Cette semaine à l'Atelier de l'Entonnoir, Prades 66500

 


 

Adhésion obligatoire

Toujours à 5€, 

toujours en conscience !

Pour recevoir le mail hebdomadaire 

(la Gazette pour les intimes), 

vous pouvez désormais vous inscrire 

sur le site de l'asso!

 

https://www.atelierdelentonnoir.fr

 

 

image

image

image

image

image

MARDI


image

image

image

MERCREDI

image

image

SAMEDI


image

contact

Atelier de l'entonnoir                         

1 rue des marchands 66500 PRADES 04 68 97 06 12 contact@atelierdelentonnoir.fr evenements@atelierdelentonnoir.fr ateliers@atelierdelentronnoir.fr

 

Copyright © 2020 

Atelier de l'entonnoir
1 Rue des Marchands, 66500Prades, France

lundi 21 septembre 2020

L'intolérable réalité de la chasse à la glu

Allain Bougrain-Dubourg : 

« M. Macron 

ne comprend rien 

à la biodiversité, 

il est hors-sol »




5 septembre 2020


La saison de la chasse s’ouvre en France sous la bénédiction d’Emmanuel Macron, explique le président de Ligue pour la protection des oiseaux dans cet entretien, alors que les populations d’oiseaux déclinent à grande vitesse.

__________________________

Allain Bougrain-Dubourg est le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Il est l’auteur du récent livre On a marché sur la Terre, journal d’un militant, publié aux éditions Les Échappés) en mars 2020. Samedi 5 septembre se déroule, à Rochefort, l’assemblée générale de la LPO. Bérangère Abba, la secrétaire d’État à la biodiversité, y est attendue.



_________________________


Reporterre — Le 27 août, Emmanuel Macron a suspendu pendant un an la chasse à la glu mais dès le lendemain, sa ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, autorisait par arrêté le tir de 17.500 tourterelles des bois *


* Depuis la chasse à la tourterelle des bois a été interdite : https://lemurparle.blogspot.com/2020/09/le-conseil-detat-annule-la-chasse-de-la.html

Comment réagissez-vous ?


Allain Bougrain-Dubourg — Je suis écœuré. C’est en contradiction complète avec les attentes de la société. Aujourd’hui, l’opinion publique est devenue très sensible aux questions de la biodiversité et du bien-être animal mais le gouvernement méprise ces demandes.

C’est délirant. Alors que le déclin de la faune est dramatique, l’exécutif va autoriser, à nouveau, la chasse d’une espèce à l’agonie ! Les tourterelles des bois ont perdu 80 % de leur population en trente ans. L’Europe nous a déjà demandé de cesser le feu et la France a même été mise en demeure. Les scientifiques sont inquiets. Le Comité d’experts sur la gestion adaptative dit qu’il faut à tout prix arrêter l’abattage des tourterelles si on souhaite endiguer leur déclin d’ici dix ans. Pendant des années, on a laissé faire le braconnage. Dans le Médoc, on tirait les tourterelles dès le mois de mai à leur retour d’Afrique alors qu’elles allaient se reproduire.

Avec cette décision, j’ai l’impression que Barbara Pompili est définitivement en train de se noyer. Elle avait déjà plongé à cause des néonicotinoïdes, puis repris un peu d’oxygène avec la suspension de la chasse à la glu mais dès le lendemain, on lui a remis la tête sous l’eau avec l’autorisation de la chasse aux tourterelles. Je le dis avec tout le respect que je lui porte. Je la sais courageuse et déterminée mais, à l’évidence, ce n’est pas elle qui décide sur la chasse, c’est le président de la République, qui a une affinité particulière avec le milieu cynégétique. Je suis d’ailleurs étonné que ce soit lui qui s’exprime sur le sujet et qui explique comment on va gérer telle ou telle chasse. Est-ce là son rôle ? N’a-t-il pas d’autres priorités que de recevoir les chasseurs à l’Élysée pour parler de la glu et de pratiques d’un autre temps alors que nous traversons une crise économique, sociale et sanitaire ?




Rencontre entre Barbara Pompili et Willy Schraen, le président de la Fédération nationale des chasseurs, quelques jours après la nomination de la nouvelle ministre de la Transition écologique.




Est-ce un calcul politique de sa part ?

Oui, clairement. C’est une illustration du « en même temps ». Emmanuel Macron tente de donner aux uns et aux autres. Mais il ne faut pas oublier que s’il a suspendu pendant un an la chasse à la glu, c’est bien parce qu’il y était obligé. Le gouvernement s’est soumis aux injonctions de la Commission européenne afin d’éviter que la France soit poursuivie devant les tribunaux et devant la Cour de justice de l’Union européenne. Il n’avait pas le choix. La France ne respecte pas la directive oiseaux.

Pour être franc, je préfère, mille fois, débattre avec un Valéry Giscard d’Estaing, grand chasseur devant l’éternel qu’avec un Emmanuel Macron, qui ne chasse pas mais qui est complètement hors-sol. Il ne comprend rien à la biodiversité. Il nous a toujours traités, nous, les associations naturalistes, avec dédain. Il roucoule avec les chasseurs en espérant gagner le vote de la ruralité mais il se trompe. La ruralité, ce n’est pas les chasseurs ! Il y a 13 millions de ruraux et seulement un million de chasseurs, 4 % seulement sont agriculteurs. La plupart des chasseurs sont en réalité des gens des villes…





Pour vous opposer à l’abattage des tourterelles, vous avez décidé de saisir en référé le Conseil d’État, avez-vous des chances de gagner ?

En annonçant qu’il autorisait vendredi 28 août la chasse aux tourterelles, le gouvernement a été particulièrement inélégant. Il a pris l’arrêté la veille de l’ouverture de la chasse. Le temps que notre recours soit examiné, il se sera passé au moins une semaine pendant laquelle les chasseurs auront tout le loisir de tirer les tourterelles…

Mais sinon, oui, nous avons des chances de gagner ce recours. Nous avons déjà eu plusieurs victoires juridiques. Par exemple, nous avons gagné 13 fois contre l’État, qui tente chaque année de prolonger la chasse aux oies en février. France nature environnement a gagné trente fois devant le tribunal administratif pour s’opposer à la chasse au grand tétras dans les Pyrénées alors que cet oiseau est en état de conservation dramatique.

Une chose m’a toujours surpris en droit. Si un citoyen fait une faute et qu’il récidive, on va alourdir sa peine. Il risque de se retrouver en prison. Si l’État persiste dans l’erreur et est condamné à plusieurs reprises, treize fois de suite, comme pour la chasse aux oies en février, sa peine reste la même. C’est indécent. Il existe un décalage entre le traitement que l’on réserve aux citoyens et celui que l’on donne à l’État.


D’autres chasses dites traditionnelles restent, aussi, pour l’instant légales, notamment le piégeage avec des filets et des matoles dans le Sud-Ouest…

Tout à fait, au lieu de régler l’ensemble du problème d’un seul coup, le Président lâche au compte-goutte certaines mesures. Mais la Commission européenne n’est pas dupe, elle poussera la France à s’exécuter dans le bon sens sur ce sujet.


Vous alertez également sur le fait que plusieurs espèces d’oiseaux chassées en France sont menacées d’extinction…

Il y a 64 espèces d’oiseaux chassables en France contre une moyenne de 20 à 30 espèces chassées dans le reste de l’Europe. Sur ces 64 espèces, 18 sont sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et gravement en danger. Le candidat Macron que j’avais rencontré en tête-à-tête en 2017 s’était engagé à retirer les espèces menacées de la liste mais il ne l’a évidemment pas fait. Ce retournement a aussi contribué à la démission de Nicolas Hulot.

J’insiste, mais il faut bien comprendre que nous traversons une crise terrible en matière de biodiversité et c’est particulièrement visible chez les oiseaux. La population de moineaux friquets a diminué de 60 % ces dix dernières années, celle des moineaux domestiques de 73 %, celle des bouvreuils pivoines de 41 %, celle des bruants jaunes de 45 %. En 30 ans, les hirondelles rustiques ont perdu 42 % de leurs effectifs. En 18 ans, le nombre de verdiers d’Europe a diminué de 51 % et celui des chardonnerets de 35 %. En 2016, une loi avait été adoptée avec un titre ambitieux « la reconquête de la biodiversité ». Quatre ans plus tard, on peut observer que non seulement, on ne l’a pas reconquise mais on n’a même pas stabilisé son déclin. En France, seulement 20 % des écosystèmes remarquables sont dans un état de conservation favorable.


De manière générale, comment jugez-vous l’action du gouvernement en matière de biodiversité ?

Si le gouvernement a eu le mérite de suspendre plusieurs projets climaticides — Montagne d’or, Notre-Dame-des-Landes, Europacity —, il a eu peu d’engagements sur la biodiversité. En janvier 2019, au lendemain des Gilets jaunes, le président de la République écrivait dans une lettre adressée aux Français que la biodiversité devait être « gérée scientifiquement » pour ne pas pénaliser des secteurs industriels et agricoles. Cela donne une idée de sa vision. Son désintérêt est flagrant.


Qu’attendez-vous de la nouvelle secrétaire d’État à la biodiversité, Bérangère Abba ? Des internautes ont republié des photos d’elle posant devant un trophée de chasse…

Écoutez, on va bien voir. Je vais la rencontrer la semaine prochaine. Elle est attendue à l’assemblée générale de la LPO à Rochefort (samedi 5 septembre). Une fois de plus, je rappellerai nos propositions pour enrayer le déclin de la biodiversité.




À murmurer à l’oreille des puissants depuis des décennies, n’êtes vous pas lassé ?

Parfois, c’est un peu humiliant, d’autres fois c’est usant et « en même temps », comme dirait l’autre (rire), on voit qu’il y a une telle mobilisation de la société, un tel élan de solidarité et de gentillesse à l’égard de nos actions, que cela redonne le courage qui pouvait parfois manquer. Je reste un révolté. Cela fait vingt ans que je me déplace tous les mois de mai dans le Médoc pour m’opposer au braconnage des tourterelles des bois. Je continuerai.


Envisagez-vous dans les prochains mois à la LPO des actions de désobéissance civile, des oppositions sur le terrain, des manifestations ?

Malheureusement et contrairement aux chasseurs, nous avons peu de moyens pour organiser des manifestations ni beaucoup d’argent pour mener des campagnes publicitaires, même si nous sommes très soutenus dans l’opinion, comme le prouvent de récents sondages.
Nous avons décidé de rester dans le domaine de la légalité mais cela ne nous empêche pas d’utiliser une technique condamnée par certains que je trouve néanmoins remarquable, celle de L214, qui consiste à témoigner par l’image. C’est parce que l’on a placé des caméras cachées sur des sites de piégeage à la glu qu’on a pu montrer comment se comportaient les chasseurs et leurs violences.







Ces derniers mois, les tensions se sont accrues entre les écolos et les chasseurs, qui ont d’ailleurs manifesté contre l’Aspas, l’Association pour la protection des animaux sauvages, en août à Crest, dans la Drôme. Comment déminer cette situation ?


On peut craindre une escalade de la violence. Le gouvernement en est en partie responsable. Les chasseurs se sentent protégés au plus haut niveau. Tant que le président de République laissera croire aux chasseurs qu’ils ont un pouvoir exorbitant, il alimentera tous leurs espoirs, même les plus surréalistes. Il nourrit leur impunité. Le gouvernement a créé une cellule Déméter pour protéger les agriculteurs mais je constate qu’il n’a rien fait pour les naturalistes qui reçoivent régulièrement, comme moi, des insultes et des menaces de mort.


Le nouveau ministre de la Justice, Éric Dupont-Moretti, a préfacé le livre de Willy Schraen, le président de la Fédération nationale des chasseurs, où il critique « les ayatollahs de l’écologie ». Vous êtes-vous senti visé ?

Je connais bien Éric Dupont-Moretti et j’ai immédiatement échangé avec lui. Il m’a certifié qu’il en voulait à ceux qu’il considérait comme les plus extrêmes mais que les naturalistes que nous étions, de même que les écologistes d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), n’appartenaient pas à cette population qu’il pointait du doigt. Personnellement, je trouve que c’est plus qu’une maladresse : c’est une incitation au désordre. Cela dit, la préface a été écrite avant qu’il prenne ses fonctions et je ne pense pas qu’il aurait écrit la même chose s’il avait été garde des Sceaux.


Mais n’est-ce pas là l’illustration du poids du lobbying des chasseurs au plus haut sommet de l’État ?

Sans aucun doute, les dîners en ville, les chasses en Sologne, les amitiés particulières perdurent. Même si Jacques Chirac a tourné la page des chasses présidentielles, la complicité présidentielle avec le monde cynégétique perdure.


Le congrès mondial de l’Union internationale de conservation de la nature (UICN) se tiendra en janvier 2021 à Marseille. Quelles sont vos attentes 

Je souhaiterais ne pas vivre d’indécence. Si on n’a pas réglé les problèmes que nous évoquions, comme l’arrêt de la chasse à la tourterelle ou celle des espèces en mauvais état de conservation, je trouverais fort de café qu’on puisse roucouler d’aisance et d’orgueil en prétendant être un pays exemplaire en matière de biodiversité. Je rappelle que l’UICN a écrit au président de la République pour qu’il arrête la chasse à la tourterelle des bois. Or, qu’a fait le Président à cinq mois de ce congrès ? Il a signé un arrêté pour en abattre des milliers !

  • Propos recueillis par Gaspard d’Allens


  • On a marché sur la terre, Journal d’un militant, d’Allain Bougrain-Dubourg, édition Les Échappés, mars 2020, 336 p., 20 €.
______________________________


Puisque vous êtes ici…

... nous avons une faveur à vous demander. La crise environnementale s’accélère et s’aggrave, les citoyens sont de plus en plus concernés, et pourtant, le sujet reste à la marge dans le paysage médiatique. Cette crise étant le problème fondamental de ce siècle, nous estimons qu’elle doit occuper une place centrale dans l’information.
Contrairement à de nombreux autres médias, nous avons fait des choix drastiques :

  • celui de l’indépendance éditoriale, ne laissant aucune prise aux influences de pouvoirs. Le journal n’appartient à aucun milliardaire ou entreprise Reporterre est géré par une association à but non lucratif. Nous pensons que l’information ne doit pas être un levier d’influence de l’opinion au profit d’intérêts particuliers.
  • celui de l’accessibilité : tous nos articles sont en libre consultation, sans aucune restriction. Nous considérons que l’accès à information est essentiel à la compréhension du monde et de ses enjeux, et ne doit pas être dépendant des ressources financières de chacun.
  • celui de la logique : Reporterre traite de la crise environnementale, due entre autres à la surconsommation. C’est pourquoi le journal n’affiche strictement aucune publicité. De même, sans publicité, nous ne nous soucions pas de l’opinion que pourrait avoir un annonceur de la teneur des informations publiées.
Pour ces raisons, Reporterre est un modèle rare dans le paysage médiatique. Des dizaines de milliers de personnes viennent chaque jour s’informer sur Reporterre. Le journal est composé d’une équipe de journalistes professionnels, qui produisent quotidiennement des articles, enquêtes et reportages sur la crise environnementale et sociale. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable, indépendante et transparente sur cette crise est une partie de la solution.
Vous comprenez donc pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, le journal sera renforcé. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.


Soutenir Reporterre

___________________________________________


Lire aussi : Chasse aux oies cendrées : le discours malhonnête du ministre de Rugy

Source : Gaspard d’Allens pour Reporterre
Photos :
. chapô : Emmanuel Macron entouré de chasseurs (notamment, deuxième en partant de la gauche, Willy Schraen, le président de la Fédération nationale des chasseurs), lundi 27 août 2018, à l’Élysée, la veille de la démission de Nicolas Hulot.
. portrait : © Michel Pourny/MNHN


Source : https://reporterre.net/Allain-Bougrain-Dubourg-M-Macron-ne-comprend-rien-a-la-biodiversite-il-est-hors-sol?fbclid=IwAR0IpeUXvjnUVXyWpGMGmnQsbvxoiSlfmyVSqY10YYRADSoFabXi-iPfxXw

dimanche 20 septembre 2020

Ce que cache le masque


Ce que cache le masque


25 août 2020 / Hervé Kempf (Reporterre)




Porter le masque, d’accord. Mais la précaution rigoureuse qui s’applique au Covid devrait aussi se déployer pour d’autres maux tout aussi néfastes.
______________________________

De la campagne où, je l’avoue, j’ai passé de délicieuses vacances, on observait depuis deux semaines une étrange obsession urbaine : dans la confusion de spécialistes pas vraiment unanimes et de dirigeants manifestement ignorants de toute biologie, on comprenait que la pandémie était aux portes et qu’il fallait porter le masque en tout temps et en tout lieu. Et me voici dans la métropole où le brouhaha mascophile ne cesse pas.

Loin de moi l’envie de minorer la gravité du Covid-19.

Loin de moi l’intention de tirer la moindre conclusion du fait qu’il serait utile de rapporter les quelque onze morts qu’a provoqués quotidiennement cette maladie en août aux 1.676 morts de toutes causes qui surviennent en moyenne chaque jour.

Loin de moi l’idée de suggérer qu’il pourrait y avoir une disproportion entre les remèdes imposés par les autorités dans une ambiance étonnamment anxiogène et la réalité du mal.

Parce qu’en fait, je n’en sais pas assez pour juger, et que la prudence continue à rester l’option la plus raisonnable pour l’instant. Donc portons un masque quelque temps.

Mais il est permis de s’étonner de la focalisation univoque sur cette pandémie et sur le moment présent. On applique avec une rigueur extraordinaire le principe de précaution, soit. Mais pourquoi ne l’appliquer qu’au Covid-19 et pas à d’autres maux tout aussi néfastes voire davantage ? Si l’on était logique, il faudrait élargir cette attitude compréhensible de prévention du risque.

Depuis huit mois, on a compris que le virus Sars-Cov-2 provenait d’animaux de forêts tropicales mis en contact avec les humains du fait de la destruction de leurs habitats. L’urgente nécessité pour éviter que de nouveaux virus tels que le Sars-Cov-2 surgissent serait de lutter contre la destruction de ces forêts et plus largement de la biodiversité. Mais où voit-on la moindre amorce en Europe et en France de changement de la politique à l’égard des forêts africaines ? Quelle mesure a été prise pour limiter l’importation de soja d’Amazonie, pourtant dramatiquement détruite au Brésil par le gouvernement Bolsonaro ? Quand l’Europe et la France ont-ils affirmé nettement qu’ils ne signeraient pas le Mercosur, l’accord de libre-échange avec le Brésil et d’autres pays d’Amérique latine, tant que la déforestation ne cesserait pas ?

Un autre domaine où l’on attendrait la même mobilisation qu’à propos du port du masque serait d’engager une vraie politique de santé environnementale et alimentaire. On sait depuis le début de la pandémie que les personnes les plus à risque face au virus sont celles qui souffrent d’obésité et de diabète, des maladies largement déterminées par les usages sociaux et les pratiques alimentaires. Une des meilleures défenses face aux maladies épidémiques qui surviennent et qui surgiront de nouveau est d’être en bonne santé. Mais la politique de santé environnementale est en France en pleine régression, et rien n’a bougé depuis quelques mois dans le bon sens.

Les pandémies ne sont pas les seules nuisances qui menacent la santé collective. D’autres domaines mériteraient eux aussi l’attention sourcilleuse que les autorités déploient face au Covid. Un exemple majeur en est la pollution de l’air, qui est responsable en France de plus de 48.000 morts prématurées chaque année et de neuf millions dans le monde. L’État français n’en continue pas moins de ne rien faire à ce propos, et il a même été condamné lourdement en juillet dernier pour son inaction. Un constat ironique est que le confinement a eu des effets bénéfiques sur la santé : il aurait permis de réduire de 11.000 le nombre de morts dus à la pollution de l’air en Europe.

De même, on pourrait se mobiliser bien davantage pour éviter l’aggravation du changement climatique, dont les conséquences sanitaires envisagées par les experts sont dramatiques, notamment par les vagues de chaleur. Selon une étude parue en 2018, en l’absence d’importantes réductions des émissions de gaz à effet de serre, jusqu’à trois personnes sur quatre courront le risque de mourir de chaud à l’horizon 2100.

Donc, le masque, d’accord. Mais à condition qu’il ne nous cache pas la réalité des autres menaces tout aussi importantes que celle que pose le Covid. Et que l’on agisse aussi sérieusement à leur propos qu’à celui du coronavirus.

__________________________

Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.
Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.


Soutenir Reporterre
 
_____________________________

Source : Hervé Kempf pour Reporterre
Dessin : © Tommy Dessine/Reporterre


Source : https://reporterre.net/Ce-que-cache-le-masque?fbclid=IwAR0Sj3upmLcZZdTw1m72ZtyCP0xhYgqZsAwf1pGx-yjiscX0l2PAEfqDKps