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samedi 22 février 2014

Un Viticulteur Refuse de Polluer il Passe au Tribunal lundi 24 Février : Solidarité !



Côte-d'Or : un viticulteur refuse de traiter ses vignes avec des insecticides

Emmanuel Giboulot, viticulteur à Beaune (21) est convoqué le 24 février 2014 à 13 h 30 au tribunal de Dijon pour avoir refusé de traiter, à titre préventif, sa propre production avec un pesticide de pyréthrine (le pyrevert). Il encourt 30.000 euros d'amende et 6 mois d'emprisonnement.
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/condamne-avoir-refuse-polluer-nbsp-701.html

Adepte de l'agriculture biologique, un viticulteur de Côte-d'Or est convoqué devant la justice pour s'être opposé à l'utilisation d'un insecticide.
En juin, un arrêté préfectoral avait imposé le traitement de "l'ensemble des vignobles de la Côte-d'Or" au moyen "d'une application unique d'un insecticide" contre la cicadelle, insecte vecteur de la flavescence dorée, une maladie de la vigne présente notamment dans le Nord-Mâconnais, en Saône-et-Loire. "Je me suis refusé à faire ce traitement", a dit Emmanuel Giboulot, qui exploite dix hectares de vignes en biodynamie sur la Côte-de-Beaune et la Haute-Côte-de-Nuits.
On sait que le traitement systématique ne règle pas le problème", a-t-il poursuivi. "Même les insecticides naturels ne sont pas inoffensifs, car ils ne sont pas sélectifs et on détruit toute la faune auxiliaire. Or, notre approche en biodynamie, que l'on applique sur nos vignes depuis les années 1970, est de travailler sur les équilibres biologiques." 

Après un contrôle en juillet de la direction régionale de l'Agriculture, l'intéressé a fait l'objet d'une convocation devant le délégué du procureur de la République du tribunal d'instance de Beaune. Prévue le 12 novembre, sa comparution a été reportée à une date qui n'a pas encore été fixée. (Lundi 24 février 2014 ndlr)
Dans sa convocation, il est reproché au viticulteur un "refus d'effectuer les mesures de protection des végétaux contre les organismes nuisibles en l'espèce en refusant de traiter contre la flavescence dorée". Il encourt jusqu'à six mois d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende. "On a l'impression qu'on veut faire un exemple et qu'on manque de recul et de discernement sur les choses", a dit 

Emmanuel Giboulot. 



Source : http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/condamne-avoir-refuse-polluer-nbsp-701.html

Collectif de soutien à Emmanuel GIBOULOT

Emmanuel Giboulot, viticulteur à Beaune (21) est convoqué le 24 février 2014 à 13 h 30 au tribunal de Dijon pour avoir refusé de traiter, à titre préventif, sa propre production avec un pesticide de pyréthrine (le pyrevert). Il encourt 30.000 euros d'amende et 6 mois d'emprisonnement.


Pour éradiquer la cicadelle vectrice de la maladie de la flavescence dorée de la vigne présente notamment dans le nord Mâconnais, en Saône-et-Loire, les pulvérisations d’insecticides ont été rendues obligatoires en juin 2013 par un arrêté préfectoral sur l’ensemble des vignobles de la Côte d’Or excepté ceux du Châtillonnais et de l’Auxois. Et ce malgré l’absence de diagnostic préalable sur la présence avérée ou non de flavescence.

Emmanuel Ciboulot travaille justement depuis plus de 40 ans à préserver les équilibres biologiques de sa vigne. Viticulteur engagé en biodynamie, un mode de culture relativement proche de l'Agriculture Biologique, il exploite 10 ha de côtes-de-beaune et de hautes-côtes de nuits. Or, la biodynamie rejette catégoriquement l'épandage préventif de pesticides qui n’ont d’effets que ponctuels et à court terme mais qui risquent de détruire un écosystème équilibré mis en place depuis 43 ans par Emmanuel pour favoriser l’autorégulation des maladies et du parasitisme. 
La gestion sanitaire d’une maladie uniquement par des traitements chimiques systématiques, très dangereux pour l’environnement et dont l’efficacité n’est pas avérée, n’est pas en accord avec notre conception du vivant. Elle est contradictoire avec l’engagement de la France à réduire sa consommation de pesticides de 50% en 2018 (300 fois plus de résidus de pesticides dans le vin que dans l’eau). 
De plus en plus de viticulteurs font la démarche de certifier leurs domaines en bio afin de produire des raisins de qualité en supprimant l'emploi de produits de synthèses, préserver leur santé et celle de leurs salariés, préserver l'environnement, leur terroir et la pérennité de leur vignoble.
Cette gestion phytosanitaire est en outre une contre publicité pour les viticulteurs bourguignons qui, pour répondre à l'attente des clients demandeurs de produits biologiques, se sont engagés dans une démarche réglementée et contrôlée lisible par tous.

Ce n'est pas la 1ère fois que l'on opte pour des décisions inappropriées devant l'hôtel de la soit disant "urgence" : souvenons nous du "fameux" virus H1N1 de ces millions de vaccins commandés auprès des laboratoires pharmaceutiques... N'oublions pas non plus les foyers de tuberculose bovine qui ont donné lieu à des abattages entiers de cheptel sans que l'on ne décèle le moindre cas positif !

La place de l'homme au sein de la société n'est plus qu'une variable d'ajustement. Les problèmes engendrés par les modes intensifs de production agricole nous entrainent vers de mauvaises réponses et celle proposée par le Préfet ne fait pas exception.

Les organisations cosignataires demandent donc, pour les viticulteurs refusant le traitement insecticide systématique, la possibilité de suivre des procédures alternatives. La prospection collective régulière pour surveiller l’éventuelle apparition de pieds porteurs de flavescence et leur arrachage, ainsi que la détermination d’un zonage de traitement limité aux foyers avérés permettrait de suivre l’évolution de la situation tout en y apportant des réponses adaptées. 
Il est en outre nécessaire d’encourager la recherche sur les conditions de milieu qui influencent l’apparition de la maladie et sur les pratiques alternatives qui pourraient stimuler la résistance de la vigne à la flavescence.

Les organisations cosignataires demandent l’arrêt des poursuites judiciaires envers Emmanuel Giboulot et les viticulteurs qui ont refusé le traitement obligatoire en 2013, engagés dans une procédure alternative.

lundi 24 février
Pique-nique de soutien à Emmanuel GIBOULOT
RDV à 12h 13 Boulevard Clemenceau devant le Tribunal de DIJON





vendredi 21 février 2014

Notre-Dame-des-Landes n'est pas compensable ! - la Parisienne Libérée

Aujourd'hui deux articles et une vidéo pour la préservation de Notre Dame Des Landes en attendant la grande manifestation/démonstration de demain samedi à Nantes.





Source : http://www.laparisienneliberee.com/?email_id=42&user_id=294&urlpassed=aHR0cDovL3d3dy5sYXBhcmlzaWVubmVsaWJlcmVlLmNvbS9uZGRsLXBhcy1jb21wZW5zYWJsZS8%3D&controller=stats&action=analyse&wysija-page=1&wysijap=subscriptions

NDDL : Bon Sang, On A Oublié le Brouillard !

Notre Dame des Landes : bon sang, on a oublié le brouillard !

JACQUES BANKIR
mercredi 12 février 2014





C’est compliqué de faire un aéroport. Sur les zones humides, par exemple, un brouillard se lève souvent, qui gêne les avions non équipés et génère des coûts supplémentaires. Et plein d’autres problèmes techniques, que soulèvent les pilotes de Nantes Atlantique. Hmmm… désolé pour la photo, on n’y voyait plus rien.

LETTRE OUVERTE
Paris, 7 février 2014
Monsieur le Directeur Général,
A la suite de la lettre que je vous ai adressée le 31 décembre dernier, j’ai eu l’occasion de dialoguer avec des pilotes nantais et, à la réflexion, toute une série d’interrogations nous sont venues sur les aspects météorologiques. Ceux‐ci, à notre connaissance, ont été traités assez superficiellement.
Or, comme souligné dans ma dernière lettre, le budget initial annoncé pour Notre Dame des Landes est plus que serré. Pour pouvoir justifier l’investissement de 500 millions d’’euros, on a rogné dans tous les domaines et limité la capacité de l’aéroport, à l’ouverture, à 4 millions de passagers, ce qui est le trafic actuel de Nantes‐Atlantique. Comme je le disais précédemment, c’est la négation même de l’utilité de l’aéroport dont on n’imagine guère, à ce stade, qu’il puisse être opérationnel avant 2018 ou 2019.
On peut donc légitimement se poser la question du nombre d’’impasses qui ont pu être faites ici où là.
J’ai le privilège de l’âge et d’avoir vécu l’ouverture de Roissy‐Charles de Gaulle. Je me souviens parfaitement de ces jours, nombreux, les premières années, où le Bourget était parfaitement dégagé, Orly, légèrement dans le brouillard, et CDG, totalement inaccessible. Le mur de brouillard que l’on pénétrait sur les dix kilomètres qui séparent LBG de CDG, était spectaculaire. Le phénomène avait une telle ampleur que nous avions été amenés à baser un certain nombre de Caravelles au Bourget, pendant les périodes critiques.
Ce n’est pas un cas unique. On construit des aéroports là où l’on évitait d’’habiter, dans des zones humides et relativement désertes. Mais, dans le cas de CDG, lancé alors que le trafic croissait de 16 % par an et doublait tous les cinq ans, avec les quatre pistes, l’extension des installations passagers, fret et industrielles, tout ce qui a été construit aux alentours, les villages environnant étant devenus des villes et, surtout, les 500.000 mouvements, ces incidences se sont faites rares. Ce ne sera pas le cas de NDL où le nombre de mouvements prévus restera ridiculement faible selon vos propres prévisions tandis que l’’on évitera, espérons‐le, qu’’une ville se développe tout autour. Et cet aéroport doit être construit sur un plateau, à soixante mètres d’’altitude en moyenne, terriblement humide.
La contrainte du brouillard risque d’ailleurs d’être sévère pour les compagnies régionales, les charters et les low‐costs, soit la quasi‐totalité du trafic de Nantes, ce type de compagnies n’’ayant pas toujours la politique ou les moyens d’’investir et/ou de maintenir la qualification machines/équipages, s’agissant d’approches en catégorie 3.
Il y a enfin, le problème délicat du dégivrage, extrêmement polluant. Aéroports de Paris avait pris une infinité de précautions pour éviter la pollution d’une zone propre, de part et d’’autre de la ligne de séparation des eaux de l’Oise et de la Marne. On espère que l’impasse dans ce domaine, n’est pas totale.
Mes amis pilotes ont donc rédigé le mémo qui est joint à cette lettre.
Nous espérons que vous voudrez bien répondre à leurs questions.
Je vous prie d’’agréer, Monsieur le Directeur Général, l’’expression de mes salutations respectueuses.
Jacques Bankir
Lettre adressée à Monsieur Patrick Gandil, Directeur Général de l’Aviation Civile, DGAC, 50 rue Henri Farman, 75720 Paris cedex 15.
Pièces jointe : Memorandum du 7 février sur les questions posées par les pilotes, futurs utilisateurs de Notre Dame des Landes (ci-dessous)

Memorandum sur les questions posées par les pilotes, futurs utilisateurs de Notre Dame des Landes
Les pilotes de Nantes Atlantique se réunissent à échéance régulière pour faire le point sur l’avancement du projet de mise en œuvre de la future plate-forme de Notre Dame des Landes. Ces réunions ont pour objet premier d’analyser les études qui ont été menées par les autorités et les divers intervenants mandatés. Ce afin d’anticiper les conditions dans lesquelles les professionnels que nous sommes seront amenés à exploiter les infrastructures de ce futur aéroport avec pour priorité la sécurité des vols.
Des débats menés durant ces réunions, certes informelles, mais structurées et constructives, il ressort un certain nombre de questions qui n’ont toujours pas trouvé de réponses malgré la lecture approfondie des rapports d’études que nous nous sommes procurés, quelques fois publiés sous le sceau d’une confidentialité bien incompréhensible de notre point de vue de contribuables d’une part et de professionnels du transport aérien d’autre part. Peut-être aurons-nous des précisions sur les raisons pour lesquelles certaines informations n’ont pas été mises à la disposition du plus grand nombre.
Aussi, en propos liminaires, il est essentiel de préciser que les pilotes n’ont aucun a priori sur le projet de l’aéroport de Notre Dame des Landes. Ils veulent connaître, si le projet devait in fine aboutir, les conditions dans lesquelles ils pourraient être amenés à exercer leur activité professionnelle avec pour unique priorité de garantir la sécurité des clients que sont les passagers et par là même la leur. A cela il faut ajouter que les compagnies qui décideront de s’implanter sur cette plate-forme devront trouver toutes les facilités leur garantissant une exploitation fluide et continue.
C’est pourquoi nous soumettons les questions auxquelles il nous semble essentiel d’obtenir des réponses précises pour préparer sur le long terme les éventuelles formations qu’il sera probablement nécessaire de délivrer aux pilotes des compagnies qui exploiteront cet aéroport. Aéroport qui, selon les diverses pièces du projet, se présente comme un concentré de technologie, tant dans le domaine de la sécurité que celui également sensible du respect de l’environnement, ce dont nous ne doutons pas.
Nos questions concernent quatre grands thèmes que nous souhaitons évoquer et ce dans le cadre du budget initial :
A propos de la météorologie locale
Existe-t-il des études qui auraient dénombré le nombre de jours durant lesquels la visibilité est descendue en dessous de 500 mètres et ce pendant quelle durée ?
De la même façon, l’orientation des pistes a-t-elle tenu compte des occurrences de vents perpendiculaires aux axes, supérieurs à 30 kts, valeur au delà de laquelle bon nombre des avions modernes sont limités sur une piste mouillée, ce qui imposerait un déroutement ?
A-t-il été établi une statistique du nombre de jours qui imposeraient des procédures de dégivrage et d’antigivrage des avions avant leur vol ?
A propos de l’accessibilité aéronautique
Les documents en notre possession ne stipulent pas les types d’approches qui seront disponibles dès l’ouverture de l’aéroport, sur les 4 axes. Sera-t-il dès lors possible d’effectuer des approches de catégorie 2, de catégorie 3 ?
Un ILS est-il prévu d’être installé sur chacun des axes d’approche ? Quels types de rampe d’approche est-il prévu d’être installé sur chaque entrée de piste ?
Les contrôleurs disposeront-ils d’un radar d’approche sur la plate-forme ou simplement d’un déport radar qui pénalise quelque peu le flux de trafic compte tenu des espacements plus important qu’il impose ?
A propos de la protection de l’environnement
Le projet a-t-il prévu une baie spécifique pour effectuer les opérations de dégivrage/antigivrage ou sera-t-il possible de dégivrer au poste de stationnement ?
Sachant que l’aéroport sera sis sur une zone particulièrement humide et sensible, les produits de dégivrage, dangereux et polluants, seront-ils systématiquement collectés en vue de leur recyclage ?
Les procédures de départ antibruit seront-elles compliquées à suivre et feront-elles l’objet d’une surveillance particulière de l’ACNUSA ?
Existera-t-il des contraintes spécifiques quant à l’utilisation des inverseurs de poussée à l’atterrissage ? Même question pour l’utilisation des APU (Unité Auxiliaire de Puissance) ?
Les plans de descente en approche seront-ils « standards » ou seront-ils accentués pour minimiser l’impact des nuisances sonores ?
A propos de l’infrastructure et des équipements
Sachant qu’il est aujourd’hui encore très difficile sur bon nombre de terrains d’obtenir des coefficients de glissance lorsque les pistes sont contaminées, a-t-il été imposé au futur exploitant de la plate-forme de s’équiper en conséquence ?
Quels seront les équipements mis en œuvre en cas de situations imposant un dégivrage/antigivrage des avions ? Quels types de produits seront proposés ?
Aurons-nous la possibilité de connaître précisément la hauteur d’eau sur la piste avant le départ lors de fortes précipitations ?
Les taxiways seront-ils équipés de cheminements lumineux pilotables par le contrôleur pour minimiser les échanges radio inutiles, comme cela se fait depuis de nombreuses années chez nos amis britanniques ?
Sur quels arguments pertinents repose la décision qui a été prise de créer 2 pistes avec des axes convergents ?
La plate-forme disposera-t-elle d’un service météorologique digne de ce nom ou devra-t-elle se contenter d’une station automatique dont on connaît tous l’approximation toute relative des mesures et des relevés ?
Quel seront le niveau SSLIA maximum et les moyens de lutte contre l’incendie prévus pour l’exploitation de la plate-forme ?
Compte tenu que les taxiways sont plutôt rares, tout comme les postes de stationnement, qu’a-t-il été prévu par les autorités dans le cas où les postes de stationnement seraient tous occupés alors même que d’autres avions continueraient à se poser ? En pareils cas, les roulages risquent fort de durer plus longtemps ce qui occasionnera une pollution inutile en attendant qu’un ou plusieurs postes se libèrent.
En conclusion, les études qui ont été menées ou, en tout état de cause, qui ont été fournies aux divers acteurs qui seront susceptibles d’exploiter cet aéroport encore à l’état de projet, ne permettent pas de répondre à toutes ces questions qui sont pour nous, pilotes de transport, essentielles en matière de sécurité.
En espérant que ce memorandum apportera des réponses à nos légitimes interrogations.
Les pilotes de Nantes Atlantique

Source : Courriel à Reporterre de l’Acipa.
Consulter par ailleurs : Dossier Notre Dame des Landes.

NDDL : Richesse Remarquable en Amphibiens et Reptiles

Où l'on voit que les mesures compensatoires sont une vaste supercherie

La richesse de Notre Dame des Landes en amphibiens et reptiles est remarquable

JACQUES CASTANET (SOCIÉTÉ HERPÉTOLOGIQUE DE FRANCE)
vendredi 14 février 2014


Dans une lettre ouverte adressée au ministre de l’Ecologie, la Société herpétologique de France, qui regroupe les scientifiques spécialistes de ces animaux, détaille la richesse du site de Notre Dame des Landes en amphibiens et reptiles. La Société montre les insuffisances des études d’impact et la vacuité de la méthode "de compensation"

Monsieur le Ministre,
La Société Herpétologique de France, association agrée au titre de la protection de l’environnement, œuvre depuis 1971 à la connaissance, la protection et la préservation des Amphibiens et des Reptiles de notre pays.
À ce titre nous sommes particulièrement concernés par le projet de création de l’aéroport du Grand Ouest, à Notre-Dame- des-Landes, projet prenant place dans une zone tout particulièrement intéressante et patrimoniale au niveau national pour les Amphibiens et les Reptiles.
Aussi, par ce courrier, nous souhaitons attirer votre attention et vous alerter sur plusieurs points importants relatifs à l’impact de ce projet aéroportuaire et de sa desserte sur les Amphibiens et les Reptiles locaux, des mesures de compensation et d’accompagnement envisagées et d’une façon plus générale, sur le rôle d’expertise possible de notre société pour les questions relatives à la conservation des Reptiles et des Amphibiens dans notre pays.
Les Amphibiens et les Reptiles sont les vertébrés les plus menacés à l’échelle mondiale et leur situation est également précaire aux échelles européenne et nationale comme l’ont souligné en particulier les Listes rouges de l’UICN, ainsi que la récente évaluation nationale Natura 2000 dans le cadre de l’article 17 de la Directive « Habitats-Faune-Flore ». La France protège depuis longtemps ces organismes (Directive « Habitats-Faune-Flore », arrêté du 19 novembre 2007 fixant les listes des amphibiens et des reptiles protégés, etc.) et met en place actuellement pour certaines espèces des "Plans Nationaux d’Actions”. Cela n’empêche cependant pas la dégradation continue des habitats et de l’état des populations de la majorité des espèces.
Notre-Dame-des-Landes : un secteur remarquable pour les Amphibiens et les Reptiles
Le projet d’aéroport se situe dans un paysage de bocage qui comporte une vaste zone humide, dont la richesse spécifique et les abondances en Amphibiens ont été reconnues et soulignées, de tels secteurs étant devenus aujourd’hui rares au niveau régional voire même national. Le secteur en question accueille dix espèces d’Amphibiens et un hybride, et dix espèces de Reptiles, c’est-à-dire pratiquement toutes les espèces susceptibles d’être présentes dans ce type de milieu dans cette région !
Plusieurs travaux scientifiques ont mis en évidence l’intérêt des bocages pour les populations de Reptiles et d’Amphibiens dans l’ouest de la France. Le site concerné par le projet est un bocage serré et parsemé de plus d’une centaine de mares. La présence actuelle d’Amphibiens et de Reptiles en populations souvent denses et abondantes traduit donc bien l’état exceptionnel très favorable et la qualité des milieux, aussi bien à l’échelle du paysage qu’à celle des microhabitats du secteur. À titre d’exemple, la population de Lézard vivipare, Zootoca vivipara, est probablement l’une des plus importantes du département et les densités de Triton marbré, Triturus marmoratus, sont tout à fait exceptionnelles.
De plus, la zone du projet cumule des intérêts biogéographiques omis ou peu soulignés dans les études consultées :
. la présence d’une zone de contact entre deux espèces de serpents aux affinités biogéographiques contrastées, la Vipère péliade, Vipera berus (boréale) et la Vipère aspic, Vipera aspis(méridionale) ;
. une situation de sympatrie du Triton marbré, Triturus marmoratus, espèce méridionale, avec le Triton crêté, Triturus cristatus, espèce d’Europe centrale. Le milieu bocager dense favorise le Triton marbré. De plus, le Triton de Blasius, rare hybride de ces deux tritons, est présent sur l’ensemble du site.
De telles zones de contact entre espèces à affinités biogéographiques et climatiques contrastées sont très rares à l’échelle du territoire national et très localisées (souvent < 1 km pour les Reptiles). Ce type de zone fait l’objet actuellement d’études scientifiques importantes qui s’inscrivent dans le cadre des changements climatiques globaux. Le secteur nord de Nantes a d’ailleurs fait l’objet d’études historiques sur ce thème, non citées dans les documents consultés.
. Présence de la plus importante population de Lézard vivipare,Zootoca vivipara, du département. Cette espèce boréale se trouve ici sur une frange de son aire de répartition mondiale et cette particularité doit être soulignée.
Ce contexte géoclimatique est très particulier et il est donc illusoire d’envisager de « compenser » la perte ou la dégradation de tels secteurs et des espèces qu’ils hébergent.
Des carences de l’évaluation des impacts du projet sur les Amphibiens et les Reptiles
Il apparaît que les diagnostics écologiques concernant les Amphibiens et les Reptiles montrent des lacunes et affaiblissent l’évaluation des impacts. En plus des exemples que nous avons cités précédemment, il s’avère que les inventaires relatifs à ces animaux sont incomplets (mares non détectées, espèces non signalées, sous évaluations des effectifs, etc.).
À la lecture des documents, nous considérons que les fonctionnalités des habitats ont été insuffisamment évaluées. Par exemple, pour les Reptiles, aucune évaluation des disponibilités de lisières favorables n’a été menée, aucun secteur de ponte recherché, la typologie des habitats des Lézards non déterminée, etc.
De plus, les fonctionnalités ont été considérées non pas espèce par espèce, mais à l’échelle globale "des Reptiles" ou "des Amphibiens". Cette approche est incohérente d’un point de vue scientifique étant donné les grandes différences de biologie (comportements, stratégies démographiques et reproductrice, etc.) ou d’écologie (utilisation des habitats, besoins thermiques, etc.) des espèces présentes.
À titre d’exemple, le Pélodyte ponctué, Pelodytes punctatus, se reproduit préférentiellement dans des zones inondables temporaires ; or de telles zones n’ont pas été caractérisées correctement dans les études consultées. À l’inverse, le Crapaud épineux, Bufo spinosus (= Crapaud commun, Bufo bufo) préfère les grands plans d’eau stagnante, qu’évitent souvent les Pélodytes. De telles différences sont "effacées" dans les évaluations des impacts et des besoins compensatoires.
De l’inopportunité de la méthode d’évaluation du "besoin compensatoire”
L’importance de la structure et de la fonctionnalité des habitats pour les Amphibiens et les Reptiles, notamment en termes d’interconnexion, a été démontrée dans de nombreuses études, avec des spécificités espèce par espèce. Or dans les documents consultés, cette dimension, pourtant fondamentale pour la conservation des populations, a été totalement occultée au profit d’une autre approche non validée sur le plan scientifique. Il s’agit de mesures de surfaces, basées sur une notation par grand type d’habitat. C’est ainsi que se calcule le "besoin compensatoire”.
Du fait des arguments exposés précédemment, cette approche n’est pas pertinente pour les Amphibiens et les Reptiles, et ne correspond à aucun retour d’expérience en termes de biologie de la conservation. Une telle approche doit de ce fait être proscrite pour ces deux groupes.
Il existe pourtant une riche littérature scientifique et technique concernant la conservation des Amphibiens et des Reptiles. Nous sommes conscients qu’une évaluation espèce par espèce en prenant en compte leurs réelles exigences écologiques et biologiques, sur la base d’un protocole scientifique validé, aurait complexifié la définition des impacts et de leur compensation. Mais c’est la seule démarche fiable et pertinente qui aurait permis une évaluation au plus juste des impacts résiduels pour chaque espèce, et des mesures à mettre en place pour garantir la sauvegarde de leurs populations. En l’état actuel du dossier, les mesures proposées ne permettront pas de maintenir les populations d’Amphibiens et de Reptiles présentes.
Par ailleurs l’expansion des zones d’activités consécutive au projet (développement de l’infrastructure routière et ferroviaire par exemple) n’est pas prise en compte, tout particulièrement en termes de fonctionnalités écologiques. L’analyse des impacts résiduels se concentre sur les emprises lors de la mise en service (723 ha). L’emprise concessionnaire de la plateforme aéroportuaire (1 236 ha) ainsi que du programme viaire associé aurait été un périmètre plus pertinent. Or, les paysages risquent d’être profondément remaniés dans un rayon d’au moins 15 kilomètres et sur une longue période, encore non définie.
Les déplacements d’individus
Une partie des mesures d’accompagnement proposées repose sur le déplacement d’individus de deux espèces d’Amphibiens (le Triton marbré, Triturus marmoratus, et le Triton crêté, Triturus cristatus).
Concernant le déplacement d’individus, nous souhaitons rappeler que ce type de démarche doit être envisagé dans des cas spécifiques uniquement et avec une anticipation suffisante (création de nouveau milieu plusieurs années à l’avance ; évaluation des risques de transmission de pathogènes, etc.). Ce type de mesure ne peut être conduit dans l’urgence car les habitats d’accueil doivent être fonctionnels et exempts de l’espèce déplacée. Si les travaux démarrent au printemps 2014, les conditions de déplacements ne répondront pas à ces critères.
De plus, le déplacement d’individus n’est pas nécessairement une mesure de conservation efficace. En effet, la littérature scientifique indique souvent un échec des opérations de déplacement de Reptiles et d’Amphibiens si les sites d’accueil ne sont pas fonctionnels et/ou si le nombre d’individus capturés est insuffisant pour garantir la pérennité de la population. Mais la plupart du temps, les facteurs induisant les échecs constatés ne sont pas expliqués, ce qui indique que ces mesures ne sont actuellement pas maîtrisées.
Par précaution, ce type d’opération doit donc être réduit à des contextes spécifiques après une analyse approfondie. Il ne peut s’agir en aucun cas d’une mesure proposée « par défaut ». La création de nouveaux habitats (mares et réseau de haies) devrait être priorisée et faire l’objet d’études préalables sur un pas de temps adéquat pour s’assurer de leur valeur biologique.
Dans le cas présent, il n’existe pas de protocole défini pour cette action : nombre d’animaux capturés, stade de développement, nombre de mares d’accueil, pas de temps de l’opération, quel type de suivi scientifique ?
Enfin, nous nous interrogeons sur le choix du nombre d’espèces, car, pour ne parler que des Amphibiens, cette opération concerne seulement deux tritons, sur dix espèces recensées, soit seulement 20 % du cortège. Qu’en est-t-il des autres espèces présentes (par exemple le Pélodyte ponctué, Pelodytes punctatus, la Grenouille agile, Rana dalmatina, et la Grenouille de Lessona, Pelophylax lessonae) qui sont aussi protégées ainsi que leurs habitats au titre de l’article 2 de l’arrêté du 19 novembre 2007, inscrites à l’annexe IV de la Directive « Habitats-Faune-Flore », ainsi qu’à l’annexe 2 de la Convention de Berne. L’État français, qui a ratifié ces deux textes, doit de fait mettre en place toutes les mesures pour garantir la protection de ces espèces et de leurs habitats.
Afin de contribuer efficacement à la conservation des Amphibiens et des Reptiles, espèces globalement menacées sur notre territoire, nous espérons que l’ensemble des éléments avancés ci-dessus seront pris en compte, et nous restons à votre disposition pour les développements que vous pourriez souhaiter. D’une façon plus générale, nous vous rappelons que la SHF (Société herpétologique de France), association regroupant la majorité des spécialistes des Amphibiens et des Reptiles métropolitains, pourrait éclairer l’avis du CNPN (Conseil national de la protection de la nature) sur les différentes questions afférentes aux Reptiles et aux Amphibiens dans les dossiers qu’il doit traiter.
En vous remerciant par avance de l’attention que vous voudrez bien porter au présent courrier, soyez assuré, Monsieur le Ministre, de notre dévouement sincère et entier au service de l’herpétofaune de notre pays.
Pour la SHF, Jacques Castanet, Professeur honoraire Université P&M Curie, Président

Source : Courriel de la Société herpétologique de France
Photos :
. chapô : zootaca vivipara : Entomacrographic. Triton marbré (Wikipedia)
. Crapaud bufo spinosus : Herps
. Pelodytes punctatus : Reptiles et amphibiens de France

NDDL : Eau à Fleur de Terre ou Terre à Fleur d'Eau ?

SAUVÉS DES EAUX…

Pour la première fois depuis notre installation, nous avions cette année deux vêlages en janvier. Jusqu’à fin décembre, cela allait à peu près, mais depuis le début de l’année, les pluies ininterrompues ont gorgé les terrains d’eau. Avoir des bêtes dehors dans ces conditions n’est pas une partie de plaisir. Malgré les haies, les conditions sont éprouvantes pour les bêtes. Nous regardions les jours défiler en espérant des lendemains meilleurs ; les ventres s’arrondissaient et toujours de la pluie au programme.
A chaque fois, ne pouvant supporter de laisser la vache vêler sur le sol humide, nous l’avons ramenée au bâtiment des vaches laitières juste avant le début des contractions, et dans les deux cas sous de bonnes averses. Trier une bête au champ dans un lot n’est pas facile, mais avec de l’astuce et de la patience, ce fut fait. Et quel plaisir de les voir vêler au sec quelques heures plus tard… comme si le soulagement de trouver de bonnes conditions de vie les amenait à se mettre au travail et à donner la vie. Les veaux étaient bien vigoureux… 

Cette année, l’eau est à fleur de terre ou la terre à fleur d’eau ; 
on ne sait plus, tellement les deux sont mêlées. 
Difficile de croire qu’ici, sur ces terres, un aéroport pourrait voir le jour…


jeudi 20 février 2014

Espagne : Les Femmes Enregistrent leurs Corps au Registre de la Propriété

Deux articles à propos des femmes espagnoles et de la loi qui revient sur le droit à l'avortement.




Sur ces deux photos elles font la queue pour enregistrer leurs corps au même titre qu'un bien mobilier




JournalDesFemmes.com
 

En Espagne, plus de 200 femmes ont enregistré leurs corps au Registre de la propriété afin de protester contre la limitation de l'avortement votée par le gouvernement en décembre 2013.


Mercredi 5 février, près de 200 femmes ont répondu présentes à l'appel de l'artiste Yolanda Dominguez et sont venues de toute l'Espagne pour enregistrer leur corps au Registre de la propriété.
Un message culotté envoyé au gouvernement conservateur dirigé par Mariano Rajoy, deux mois après l'approbation d'un projet de loi controversé qui a restreint l'accès à l'avortement dans le pays. Des femmes ont donc tenu à certifier sur papier que leurs corps n'appartient pas à l'Etat auprès de différentes chambres de commerce.
"Aujourd'hui le corps des femmes a été moulé par et pour les autres, converti en un objet, utilisé comme une marchandise, agressé, manipulé et soumis à des stéréotypes impossibles", se révolte Yolanda Dominguez. "Nous en avons marre de nous faire dicter ce que nous devons faire avec notre corps, c'est pourquoi nous avons décidé d'exprimer notre colère d'une manière créative, avec une action collective", justifie-t-elle. D'après le quotidien espagnol El Pais, elle se serait montrée très satisfaite des répercutions de son initiative.
José Antonio Calvo González de Lara, qui a reçu les femmes, a déclaré qu'elles avaient "tous les droits du monde".
Samedi 8 février, une manifestation pro-IVG a réuni plusieurs milliers de personnes dans les rues de Madrid.
Source : 
http://www.journaldesfemmes.com/societe/magazine/c-est-mon-corps-et-j-en-atteste-0214.shtml


IVG : des Espagnoles enregistrent leur corps comme propriété privée



Pour protester contre le projet de loi Gallardon restreignant l’avortement, des Espagnoles ont fait enregistrer leur corps comme bien mobilier, rapporte le site féministe suisse l’Émilie.
Elles sont plusieurs centaines à s’être rendues au Registro Marcantil de Bienes Muebles (registre commercial des biens mobiliers) pour enregistrer leur corps comme propriété privée. L’enjeu est symbolique : affirmer leur refus de ce projet de loi qui vise à presque supprimer le droit à l’avortement.
« Nous voulons affirmer de façon officielle que notre corps nous appartient », explique l’artiste féministe engagée Yolanda Dominguez à l’Émilie. C’est elle qui a invité les femmes sur Twitter à faire enregistrer leur corps comme une marchandise afin de le protéger comme tel. Ainsi, elle espère que cette démarche crée un précédent juridique et que l’État n’ait pas de droit de leur interdirer d’avorter.
Après vérification, les fonctionnaires n’ont pas pu refuser l’acte. Dans les villes de Madrid, Bilbao, Pampelune, Séville, Barcelone et Pontevedra, l’administration a dû accepter les demandes de ces femmes qui refusent de voir l’État légiférer sur leur corps.
Le projet de loi Gallardon prévoit de revenir sur la légalisation de l’avortement votée en 2010 par le précédent gouvernement. Ce projet de loi limite strictement l’avortement aux cas de viol et de « risque grave pour la santé de la mère », ce risque devant être certifié par deux médecins différents avant la 12e semaine de grossesse.
Depuis la présentation du projet de loi au conseil des ministres, en décembre, des milliers de personnes ont défilé, à plusieurs reprises, dans les rues des villes espagnoles.

Source : http://www.politis.fr/Pour-defendre-l-IVG-des-espagnoles,25702.html